Eingabehelfer öffnen?
 
leo-frde

TopicLes jardins de la poésie, deuxième jardin298 replies    
Comment
Un endroit calme dans ce jardin, un rideau de verdure et une onde paisible nous invitent à nous installer là pour y lire les poèmes qui nous sont offerts chaque jour.

http://photos.creafrance.org/pois/3385_chateau-jardin-anglais-parc-de-chantilly....

Et je vous souhaite à tous beaucoup de bonheur dans ce très beau fil de poésie.

Nous somme tous priés de ne transcrire que des poèmes dont les auteurs sont morts depuis plus de 75 ans.



related discussion: Les jardins de la poésie, premier jardin


Korfs Verzauberung

Korf erfährt von einer fernen Base,
einer Zauberin,
die aus Kräuterschaum Planeten blase,
und er eilt dahin,
eilt dahin gen Odelidelase,
zu der Zauberin...

findet wandelnd sie auf ihrer Wiese,
fragt sie, ob sie sei,
die aus Kräuterschaum Planeten bliese,
ob sie sei die Fei,
sei die Fei von Odeladelise?
"Ja, sie sei die Fei!"

Und sie reicht ihm willig Krug und Ähre,
und er bläst den Schaum,
und sieh da, die wunderschönste Sphäre
wölbt sich in den Raum,
wölbt sich auf, als ob's ein Weltball wäre,
nicht nur Schaum und Traum.

Und die Kugel löst sich los vom Halme,
schwebt gelind empor,
dreht sich um und mischt dem Sphärenpsalme,
mischt dem Sphärenchor
Töne, wie aus ferner Hirtenschalme
dringen sanft hervor.

In dem Spiegel aber ihrer Runde
schaut v. Korf beglückt,
was ihm je in jeder guten Stunde
durch den Sinn gerückt:
Seine Welt erblickt mit offnem Munde
Korf entzückt.

Und er nennt die Base seine Muse,
und sieh da! sieh dort!
Es erfaßt ihn was an seiner Bluse
und entführt ihn fort,
führt fort aus Odeladeluse
nach dem neuen Ort...

Christian Morgenstern 1871 - 1914
Authoremg (454352) 09 May 11, 09:17
Comment
Un grand merci à emg pour l'ouverture de ce nouveau jardin.

A titre de souvenir, je colle ici l'introduction de moustique à l'ancien jardin numéro 2.

Mit grosser Freude eröffne ich den Poésie-Garten N° 2 und heisse alle Interessierten durch den blühenden Rosenbogen hineinzutreten.

Im Laufe der Jahrhunderte vermischten sich Hinweise aus Bibel und Legende, wonach Adam und Eva den Lavendel mit sich genommen hätten als sie aus dem Garten Eden vertrieben worden waren. Lavendel findet sich heutzutage beinahe in jedem Garten wieder. Lassen wir uns deshalb von seinem Duft durch diesen Faden begleiten....
Autor: moustique (308708) 13 May 10 09:54

#1AuthorClélia (601872) 09 May 11, 09:31
Comment
Merci emg !

Nous allions au verger cueillir des bigarreaux

Nous allions au verger cueillir des bigarreaux.
Avec ses beaux bras blancs en marbre de Paros
Elle montait dans l'arbre et courbait une branche ;
Les feuilles frissonnaient au vent ; sa gorge blanche,
O Virgile, ondoyait dans l'ombre et le soleil ;
Ses petits doigts allaient chercher le fruit vermeil,
Semblable au feu qu'on voit dans le buisson qui flambe.
Je montais derrière elle ; elle montrait sa jambe,
Et disait : "Taisez-vous !" à mes regards ardents ;
Et chantait. Par moments, entre ses belles dents,
Pareille, aux chansons près, à Diane farouche,
Penchée, elle m'offrait la cerise à sa bouche ;
Et ma bouche riait, et venait s'y poser,
Et laissait la cerise et prenait le baiser.

Victor HUGO (1802 - 1885)
#2Authorkitine (633017) 09 May 11, 09:42
Comment

La Cueillette des Cerises

Espiègle ! j'ai bien vu tout ce que vous faisiez,
Ce matin, dans le champ planté de cerisiers
Où seule vous étiez, nu-tête, en robe blanche.
Caché par le taillis, j'observais. Une branche,
Lourde sous les fruits mûrs, vous barrait le chemin
Et se trouvait à la hauteur de votre main.
Or, vous avez cueilli des cerises vermeilles,
Coquette ! et les avez mises à vos oreilles,
Tandis qu'un vent léger dans vos boucles jouait.
Alors, vous asseyant pour cueillir un bleuet
Dans l'herbe, et puis un autre, et puis un autre encore,
Vous les avez piqués dans vos cheveux d'aurore ;
Et, les bras recourbés sur votre front fleuri,
Assise dans le vert gazon, vous avez ri ;
Et vos joyeuses dents jetaient une étincelle.
Mais pendant ce temps-là, ma belle demoiselle,
Un seul témoin, qui vous gardera le secret,
Tout heureux de vous voir heureuse, comparait,
Sur votre frais visage animé par les brises,
Vos regards aux bleuets, vos lèvres aux cerises.

François Coppée (1842-1908)
#3AuthorClélia (601872) 09 May 11, 09:46
Comment
Liebe Emg, vielen herzlichen Dank für den wunderbaren neuen Garten.
Du hast ein Bild von einem wunderschönen Schwan gepostet, darf ich es mit einem Gedicht ergänzen?




Le cygne
A Victor Hugo.

I

Andromaque, je pense à vous ! Ce petit fleuve,
Pauvre et triste miroir où jadis resplendit
L'immense majesté de vos douleurs de veuve,
Ce Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit,

A fécondé soudain ma mémoire fertile,
Comme je traversais le nouveau Carrousel.
Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville
Change plus vite, hélas ! que le coeur d'un mortel) ;

Je ne vois qu'en esprit, tout ce camp de baraques,
Ces tas de chapiteaux ébauchés et de fûts,
Les herbes, les gros blocs verdis par l'eau des flaques,
Et, brillant aux carreaux, le bric-à-brac confus.

Là s'étalait jadis une ménagerie ;
Là je vis, un matin, à l'heure où sous les cieux
Froids et clairs le travail s'éveille, où la voirie
Pousse un sombre ouragan dans l'air silencieux,

Un cygne qui s'était évadé de sa cage,
Et, de ses pieds palmés frottant le pavé sec,
Sur le sol raboteux traînait son blanc plumage.
Près d'un ruisseau sans eau la bête ouvrant le bec

Baignait nerveusement ses ailes dans la poudre,
Et disait, le coeur plein de son beau lac natal :
" Eau, quand donc pleuvras-tu ? quand tonneras-tu, foudre ? "
Je vois ce malheureux, mythe étrange et fatal,

Vers le ciel quelquefois, comme l'homme d'Ovide,
Vers le ciel ironique et cruellement bleu,
Sur son cou convulsif tendant sa tête avide,
Comme s'il adressait des reproches à Dieu !

II

Paris change ! mais rien dans ma mélancolie
N'a bougé ! palais neufs, échafaudages, blocs,
Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie,
Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs.

Aussi devant ce Louvre une image m'opprime :
Je pense à mon grand cygne, avec ses gestes fous,
Comme les exilés, ridicule et sublime,
Et rongé d'un, désir sans trêve ! et puis à vous,

Andromaque, des bras d'un grand époux tombée,
Vil bétail, sous la main du superbe Pyrrhus,
Auprès d'un tombeau vide en extase courbée ;
Veuve d'Hector, hélas ! et femme d'Hélénus !

Je pense à la négresse, amaigrie et phtisique,
Piétinant dans la boue, et cherchant, l'oeil hagard,
Les cocotiers absents de la superbe Afrique
Derrière la muraille immense du brouillard ;

A quiconque a perdu ce qui ne se retrouve
Jamais, jamais ! à ceux qui s'abreuvent de pleurs
Et tètent la douleur comme une bonne louve !
Aux maigres orphelins séchant comme des fleurs !

Ainsi dans la forêt où mon esprit s'exile
Un vieux Souvenir sonne à plein souffle du cor !
Je pense aux matelots oubliés dans une île,
Aux captifs, aux vaincus !... à bien d'autres encor !

Charles BAUDELAIRE (1821-1867)

Herzlichst oopsy

#4Authoroopsy (491382) 09 May 11, 09:47
Comment
Le cygne

Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,
Le cygne chasse l'onde avec ses larges palmes,
Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil
A des neiges d'avril qui croulent au soleil ;
Mais, ferme et d'un blanc mat, vibrant sous le zéphire,
Sa grande aile l'entraîne ainsi qu'un lent navire.
Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,
Le plonge, le promène allongé sur les eaux,
Le courbe gracieux comme un profil d'acanthe,
Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante.
Tantôt le long des pins, séjour d'ombre et de paix,
Il serpente, et laissant les herbages épais
Traîner derrière lui comme une chevelure,
Il va d'une tardive et languissante allure ;
La grotte où le poète écoute ce qu'il sent,
Et la source qui pleure un éternel absent,
Lui plaisent : il y rôde ; une feuille de saule
En silence tombée effleure son épaule ;
Tantôt il pousse au large, et, loin du bois obscur,
Superbe, gouvernant du côté de l'azur,
Il choisit, pour fêter sa blancheur qu'il admire,
La place éblouissante où le soleil se mire.
Puis, quand les bords de l'eau ne se distinguent plus,
A l'heure où toute forme est un spectre confus,
Où l'horizon brunit, rayé d'un long trait rouge,
Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge,
Que les rainettes font dans l'air serein leur bruit
Et que la luciole au clair de lune luit,
L'oiseau, dans le lac sombre, où sous lui se reflète
La splendeur d'une nuit lactée et violette,
Comme un vase d'argent parmi des diamants,
Dort, la tête sous l'aile, entre deux firmaments.

René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907)
#5AuthorClélia (601872) 09 May 11, 09:53
Comment
Der Schwan

Diese Mühsal, durch noch Ungetanes
schwer und wie gebunden hinzugehn,
gleicht dem ungeschaffnen Gang des Schwanes.

Und das Sterben, dieses Nichtmehrfassen
jenes Grunds, auf dem wir täglich stehn,
seinem ängstlichen Sich-Niederlassen:

in die Wasser, die ihn sanft empfangen
und die sich, wie glücklich und vergangen,
unter ihm zurückziehen, Flut um Flut;

während er unendlich still und sicher
immer mündiger und königlicher
und gelassener zu ziehn geruht.


Rainer Maria Rilke (1875 – 1926)
#6AuthorClaus (243211) 09 May 11, 12:26
Comment

Le cygne et le cuisinier

Dans une ménagerie
De volatiles remplie
Vivaient le Cygne et l'Oison:
Celui-là destiné pour les regards du Maître,
Celui-ci pour son goût; l'un qui se piquait d'être
Commensal du jardin, l'autre, de la maison.
Des fossés du Château faisant leurs galeries,
Tantôt on les eût vus côte à côte nager,
Tantôt courir sur l'onde, et tantôt se plonger,
Sans pouvoir satisfaire à leurs vaines envies.
Un jour le Cuisinier, ayant trop bu d'un coup,
Prit pour Oison le Cygne, et le tenant au cou,
Il allait l'égorger, puis le mettre en potage.
L'oiseau, prêt à mourir, se plaint en son ramage.
Le Cuisinier fut fort surpris,
Et vit bien qu'il s'était mépris.
Quoi? je mettrais, dit-il, un tel chanteur en soupe!
Non, non, ne plaise aux Dieux que jamais ma main coupe
La gorge à qui s'en sert si bien,
Ainsi dans les dangers qui nous suivent en croupe
Le doux parler ne nuit de rien.

Jean de La Fontaine 1621 - 1695
#7Authoremg (454352) 09 May 11, 13:18
Comment
Das Eintauchen ins Land der Düfte liebe ich sehr, Maieriesli, Rosen, Lavendel........

Der Duft

Wer bist du, Unbegreiflicher: du Geist,
wie weißt du mich von wo und wann zu finden,
der du das Innere (wie ein Erblinden)
so innig machst, daß es sich schließt und kreist.

Der Liebende, der eine an sich reißt,
hat sie nicht nah; nur du allein bist Nähe.
Wen hast du nicht durchtränkt als ob du jähe
die Farben seiner Augen seist.

Ach, wer Musik in einem Spiegel sähe,
der sähe dich und wüßte, wie du heißt.
(Rainer Maria Rilke, gest. 1926)
#8Authormoustique (308708) 09 May 11, 14:23
Comment
Un cygne

Un cygne avance sur l'eau
tout entouré de lui-même,
comme un glissant tableau;
ainsi à certains instants
un être que l'on aime
est tout un espace mouvant.

Il se rapproche, doublé,
comme ce cygne qui nage,
sur notre âme troublée...
qui à cet être ajoute
la tremblante image
de bonheur et de doute.

Rainer Maria Rilke (1875 – 1926)

Danke, emg :-)
#9AuthorDana (236421) 09 May 11, 15:07
Comment
La Garrigue

Puisse ma libre vie être comme la lande
Où sous l'ampleur du ciel ardent d'un soleil roux,
Les fourrés de kermès et les buissons de houx
Croissent en des senteurs de thym et de lavande.

Louis-Xavier de RICARD (1843-1911)
http://farm3.static.flickr.com/2613/3885213664_7a52ccd412.jpg

#10AuthorClélia (601872) 09 May 11, 15:17
Comment
Un de mes poèmes préférés:

Je rêve de vers doux et d'intimes ramages,
De vers à frôler l'âme ainsi que les plumages,

De vers blonds où le sens fluide se délie
Comme sous l'eau la chevelure d'Ophélie,

De vers silencieux, et sans rythme et sans trame
Où la rime sans bruit glisse comme une rame,

De vers d'une ancienne étoffe, exténuée,
Impalpable comme le son et la nuée,

De vers de soir d'automne ensorcelant les heures
Au rite féminin des syllabes mineures.

Je rêve de vers doux mourant comme des roses.

Albert SAMAIN (1858-1900)
300 Autor Clélia (601872) 17 Jun 10 15:54

#11AuthorClélia (601872) 09 May 11, 18:24
Comment

Ich fürcht mich so vor der Menschen Wort.
Sie sprechen alles so deutlich aus:
Und dieses heißt Hund und jenes heißt Haus,
und hier ist Beginn und das Ende ist dort.

Mich bangt auch ihr Sinn, ihr Spiel mit dem Spott,
sie wissen alles, was wird und war;
kein Berg ist ihnen mehr wunderbar;
ihr Garten und Gut grenzt grade an Gott.

Ich will immer warnen und wehren: Bleibt fern.
Die Dinge singen hör ich so gern.
Ihr rührt sie an: sie sind starr und stumm.
Ihr bringt mir alle Dinge um.


Rainer Maria Rilke (1875 – 1926)
Aus: Mir zur Feier (1909)
#12AuthorClaus (243211) 09 May 11, 19:03
Comment

Du bist ein Schatten am Tage...

Du bist ein Schatten am Tage
Und in der Nacht ein Licht;
Du lebst in meiner Klage
Und stirbst im Herzen nicht.

Wo ich mein Zelt aufschlage,
Da wohnst du bei mir dicht;
Du bist mein Schatten am Tage
Und in der Nacht mein Licht.

Wo ich auch nach dir frage,
Find' ich von dir Bericht,
Du lebst in meiner Klage
Und stirbst im Herzen nicht.

Du bist ein Schatten am Tage,
Doch in der Nacht ein Licht;
Du lebst in meiner Klage
Und stirbst im Herzen nicht.

Friedrich Rückert (1788-1866)
#13AuthorClélia (601872) 09 May 11, 22:25
Comment
Und noch einmal Rainer Maria Rilke, diesmal wieder - wie im Beitrag 9 von Dana - in französischer Sprache:

Ce soir mon coeur fait chanter

Ce soir mon coeur fait chanter
des anges qui se souviennent...
Une voix, presque mienne,
par trop de silence tentée,

monte et se décide
à ne plus revenir ;
tendre et intrépide,
à quoi va-t-elle s'unir ?


Rainer Maria RILKE (1875-1926)
#14Authormars (236327) 09 May 11, 22:28
Comment
'Amitié'

Je connais un petit ange
Lequel n'a jamais mouillé
Sa blanche robe à la fange
Dont notre monde est souillé.

C'est lui qui donne le change
Au pauvre coeur dépouillé
Que l'amour, vautour étrange,
D'un bec cruel a fouillé.

Cet ange, qui vous ressemble,
Sous son aile nous rassemble
C'est la divine Amitié.

Son regard est doux et calme ;
Il m'offre sa chaste palme...
En voulez-vous la moitié ?

Louis-Honoré Fréchette (1839-1908)
2 Autor Isabelle. (609042) 13 May 10 18:52
#15AuthorClélia (601872) 10 May 11, 07:28
Comment
Eine Feder

Ein Federchen flog durch das Land;
Ein Nilpferd schlummerte im Sand
Die Feder sprach: "Ich will es wecken!"
Sie liebte, andere zu necken.
Aufs Nilpferd setzte sich die Feder
Und streichelte sein dickes Leder.
Das Nilpferd sperrte auf den Rachen
Und musste ungeheuer lachen.

- Joachim Ringelnatz 1883-1934 -
3 Autor Rhabarber (425989) 13 May 10 19:14
#16AuthorClélia (601872) 10 May 11, 07:29
Comment
LES ROSES DE SAADI

J'ai voulu ce matin, te rapporter des roses;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir.

La vague en a paru rouge et comme enflammée;
Ce soir ma robe encore en est toute embaumée:
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859)

19 Autor Clélia (601872) 14 May 10 23:15
#17AuthorClélia (601872) 10 May 11, 07:32
Comment
9 / Dana, c’est grâce à ce poème, qui visiblement n’est pas traduit, que j’ai appris que Rilke avait écrit tant de poèmes en français : je ne savais pas !


Ici-bas

Ici-bas tous les lilas meurent,
Tous les chants des oiseaux sont courts ;
Je rêve aux étés qui demeurent
Toujours...

Ici-bas les lèvres effleurent
Sans rien laisser de leur velours ;
Je rêve aux baisers qui demeurent
Toujours...

Ici-bas tous les hommes pleurent
Leurs amitiés ou leurs amours ;
Je rêve aux couples qui demeurent
Toujours..

François Sully Prudhomme 1839 - 1907
#18Authoremg (454352) 10 May 11, 08:26
Comment

Frühling


Der Frühling ist kommen, die Erde erwacht,
Es blühen der Blumen genug.
Ich habe schon wieder auf Lieder gedacht,
Ich fühle so frisch mich, so jung.

Die Sonne bescheinet die blumige Au' ,
Der Wind beweget das Laub.
Wie sind mir geworden die Locken so grau?
Das ist doch ein garstiger Staub.

Es bauen die Nester und singen sich ein
Die zierlichen Vögel so gut.
Und ist es kein Staub nicht, was sollt' es denn sein?
Mir ist wie den Vögeln zu Mut.

Der Frühling ist kommen, die Erde erwacht,
Es blühen der Blumen genug.
Ich habe schon wieder auf Lieder gedacht,
Ich fühle so frisch mich, so jung.

Adelbert von Chamisso (Gedichte über den Frühling), gest. 1838


Herzlichst oopsy
#19Authoroopsy (491382) 10 May 11, 11:24
Comment
Die Seele

Die Seele ist wie ein Wind,
der über die Kräuter weht,
wie der Tau,
der über die Wiesen träufelt,
wie die Regenluft,
die wachsen macht.

Desgleichen ströme der Mensch
Wohlwollen aus auf alle,
die da Sehnsucht tragen.

Ein Wind sei er,
der den Elenden hilft,
ein Tau,
der die Verlassenen tröstet.

Er sei wie die Regenluft,
die die Ermatteten aufrichtet
und sie mit Liebe erfüllt
wie Hungernde.

Hildegard von Bingen (1098 - 1179)
18 Autor Dana (236421) 14 May 10 20:38
#20AuthorClélia (601872) 10 May 11, 14:06
Comment
Das Alter

Hoch mit den Wolken geht der Vögel Reise,
Die Erde schläfert, kaum noch Astern prangen,
Verstummt die Lieder, die so fröhlich klangen,
Und trüber Winter deckt die weiten Kreise.

Die Wanduhr pickt, im Zimmer singet leise
Waldvöglein noch, so du im Herbst gefangen.
Ein Bilderbuch scheint alles, was vergangen,
Du blätterst drin, geschützt vor Sturm und Eise.

So mild ist oft das Alter mir erschienen:
Wart nur, bald taut es von den Dächern wieder
Und über Nacht hat sich die Luft gewendet.

Ans Fenster klopft ein Bot' mit frohen Mienen,
Du trittst erstaunt heraus – und kehrst nicht wieder,
Denn endlich kommt der Lenz, der nimmer endet.


Joseph Freiherr von Eichendorff
57 Autor mars (236327) 19 May 10 17:32
#21AuthorClélia (601872) 10 May 11, 14:10
Comment
An eine Äolsharfe

Angelehnt an die Efeuwand
Dieser alten Terasse,
Du, einer lustgebornen Muse
Geheimnisvolles Saitenspiel
Fang an
Fange wieder an
Deine melodische Klage!
Ihr kommet, Winde, fern herüber
Ach! von des Knaben,
der mir so lieb war,
Frisch grünende Hügel.
Und Frühlingsblüten unterwegs streifend,
Übersättigt mit Wohlgerüchen,
Wie süß bedrängt ihr dieses Herz
Und säuselt her in die Saiten,
Angezogen von wohllautender Wehmut
Wachsend im Zug meiner Sehnsucht,
Und hinsterbend wieder

Aber auf einmal,
Wie der Wind heftiger herstößt,
ein holder Schrei der Harfe
Wiederholt, mit zu süßem Erschrecken,
Meiner Seele plötzliche Regung;
Und hier - die volle Rose streut, geschüttelt:
All ihre Blätter vor meine Füße!


Eduard Mörike (1804-1875)
#22Authormars (236327) 10 May 11, 18:44
Comment
Frühlingsorakel

Du prophetscher Vogel du,
Blütensänger, o Coucou!
Bitten eines jungen Paares
In der schönsten Zeit des Jahres
Höre, liebster Vogel du;
Kann es hoffen, ruf ihm zu:
Dein Coucou, dein Coucou,
Immer mehr Coucou, Coucou.

Hörst du! ein verliebtes Paar
Sehnt sich herzlich zum Altar;
Und es ist bei seiner Jugend
Voller Treue, voller Tugend.
Ist die Stunde denn noch nicht voll?
Sag, wie lange es warten soll!
Horch! Coucou! Horch! Coucou!
Immer stille! Nichts hinzu!

Ist es doch nicht unsre Schuld!
Nur zwei Jahre noch Geduld!
Aber, wenn wir uns genommen,
Werden Pa-pa-papas kommen?
Wisse, daß du uns erfreust,
Wenn du viele prophezeist.
Eins! Coucou! Zwei! Coucou!
Immer weiter Coucou, Coucou, Cou.

Haben wir wohl recht gezählt,
Wenig am Halbdutzend fehlt.
Wenn wir gute Worte geben,
Sagst du wohl, wie lang wir leben?
Freilich, wir gestehen dirs,
Gern zum längsten trieben wirs.
Cou Coucou, Cou Coucou,
Cou, Cou, Cou, Cou, Cou, Cou, Cou, Cou, Cou.

Leben ist ein großes Fest,
Wenn sichs nicht berechnen läßt.
Sind wir nun zusammen blieben,
Bleibt denn auch das treue Lieben?
Könnte das zu Ende gehn,
Wär doch alles nicht mehr schön.
Cou Coucou, Cou Coucou :,:
Cou, Cou, Cou, Cou, Cou, Cou, Cou, Cou, Cou

(Mit Grazie in infinitum)


Johann Wolfgang von Goethe
#23AuthorClaus (243211) 10 May 11, 19:15
Comment
CHANSON

Perrette, nous irons au pré
Voir comme pousse la fleurette,
Printemps revient, faisons-lui fête,
Perrette, nous irons au pré.

Perrette, nous irons au bois,
Belles futaies ont fait toilette,
Dessous frémit la violette,
Perrette, nous irons au bois.

Perrette, nous irons au bal,
Y danserons la chevillette
Puis de baisers feront cueillette,
Perrette, au bal nous faut aller.

Geoffroy PEYNARD DE LA BANDOLIÈRE (1535-1571)
288 Autor Clélia (601872) 17 Jun 10 14:49
#24AuthorClélia (601872) 10 May 11, 22:21
Comment
LE POT DE FLEURS

Parfois un enfant trouve une petite graine,
Et tout d'abord, charmé de ses vives couleurs,
Pour la planter il prend un pot de porcelaine
Orné de dragons bleus et de bizarres fleurs.

Il s'en va. La racine en couleuvres s'allonge,
Sort de terre, fleurit et devient arbrisseau;
Chaque jour, plus avant, son pied chevelu plonge,
Tant qu'il fasse éclater le ventre du vaisseau.

L'enfant revient: surpris, il voit la plante grasse
Sur les débris du pot brandir ses verts poignards;
Il la veut arracher, mais la tige est tenace;
Il s'obstine, et ses doigts s'ensanglantent aux dards.

Ainsi germa l'amour dans mon âme surprise;
Je croyais ne semer qu'une fleur de printemps
C'est un grand aloès dont la racine brise
Le pot de porcelaine aux dessins éclatants.

Théophile GAUTIER (1811-1872)
285 Autor Clélia (601872) 17 Jun 10 14:28
#25AuthorClélia (601872) 10 May 11, 22:25
Comment
Alle Vögel sind schon da


Alle Vögel sind schon da, alle Vögel, alle.
Welch ein Singen, Musizieren, Pfeifen, Zwitschern, Tiriliern!
Frühling will nun einmarschieren, kommt mit Sang und Schalle.

Wie sie alle lustig sind, flink und froh sich regen!
Amsel, Drossel, Fink und Star und die ganze Vogelschar
wünschen dir ein frohes Jahr, lauter Heil und Segen.

Was sie uns verkünden nun, nehmen wir zu Herzen

Wir auch wollen lustig sein, lustig wie die Vögelein,
hier und dort, feldaus, feldein, singen, springen, scherzen.

Hoffmann von Fallersleben (Frühlingsgedichte), gest. 1874


Aus der Musikecke:
http://www.youtube.com/watch?v=vHC-Io6q3zg

Le coucou
http://www.youtube.com/watch?v=zS0TiMDAN4E

Herzlichst oopsy
#26Authoroopsy (491382) 11 May 11, 05:48
Comment
A QUELQUES PASSANTES

Mon âme est en fleur comme au mois de mai,
Et mon rêve arbore un drapeau de joie...
O le bon rayon que le ciel m'envoie!
Ma vie est un chant, mon cœur est aimé.

Tout le désespoir qui mouille ce livre
Provenait d'un pli de rose en mon lit,
Mon cœur est oiseau dans le bois de l'oubli...
Comme l'air est doux, comme il fait bon vivre!

Bonjour grand soleil: voici mon espoir,
Voici mon orgueil, fais-leur un peu signe;
Ils voulaient la grappe, ils ont une vigne;
Je t'offre un baiser, étoile du soir.

Je suis comme un roi, je porte une épée
Et l'ambition me brûle le sang;
Je vais te conter mon âme, ô passant!
Mon cheval hennit pour une épopée.

Louis DUCHOSAL (1862-1901)

101 Autor Clélia (601872) 24 May 10 09:29
#27AuthorClélia (601872) 11 May 11, 07:15
Comment

La coupe

Au temps des Immortels, fils de la vie en fête,
Où la Lyre élevait les assises des tours,
Un artisan sacré modela mes contours
Sur le sein d'une vierge, entre ses sœurs parfaite,

Des siècles je régnai, splendide et satisfaite,
Et les yeux m'adoraient... Quand, vers la fin des jours,
De mes félicités le sort rompit le cours,
Et je fus emportée au vent de la défaite.

Vieille à présent, je vis ; mais, fixe en mon destin,
Je vis, toujours debout sur un socle hautain,
Dans l'empyrée, où l'Art divin me transfigure.

Je suis la Coupe d'or, fille du temps païen ;
Et depuis deux mille ans je garde, à jamais pure,
L'incorruptible orgueil de ne servir à rien.

Albert SAMAIN 1858 - 1900
#28Authoremg (454352) 11 May 11, 07:26
Comment
Das Glück ist eine leichte Dirne,
Und weilt nicht gern am selben Ort;
Sie streicht das Haar dir von der Stirne
Und küßt dich rasch und flattert fort.

Frau Unglück hat im Gegenteile
Dich liebefest an's Herz gedrückt;
Sie sagt, sie habe keine Eile,
Setz sich zu dir ans Bett und strickt.

Heinrich HEINE (1797-1856)
268 Autor Clélia (601872) 16 Jun 10 15:55
#29AuthorClélia (601872) 11 May 11, 08:56
Comment
#30AuthorClélia (601872) 11 May 11, 09:03
Comment
Wolken

elomen elomen lefitalominal
wolminuscalo
baumbala bunga
acycam glastula feirofim flinsi

elominuscula pluplubasch
rallalalaio

endremin saxassa flumen flobollala
fellobasch falljada follidi
flumbasch

cerobadadrada
gragluda gligloda glodasch
gluglamen gloglada gleroda glandrid

elomen elomen lefitalominal
wolminuscalo
baumbala bunga
acycam glastala feirofim blisti
elominuscula pluplusch
rallabataio


Hugo Ball (1886 – 1927)
http://www.gedichte-lyrik-poesie.de/Ball_Wolken/index.html
#31AuthorClaus (243211) 11 May 11, 14:18
Comment

Frühling und Herbst


Fürwahr, der Frühling ist erwacht;
Den holden Liebling zu empfah'n,
Hat sich mit frischer Blumenpracht
Die junge Erde angetan.


Die muntern Vögel, lieberwärmt,
Begeh' n im grünen Hain ihr Fest.
Ein jeder singt, ein jeder schwärmt,
Und bauet emsig sich sein Nest.

Und Alles lebt und liebt und singt
Und preist den Frühling wunderbar,
Den Frühling, der die Freude bringt;
Ich aber bleibe stumm und starr.

Dir, Erde, gönn' ich deine Zier,
Euch, Sänger, gönn ich eure Lust,
So gönnet meine Trauer mir,
Den tiefen Schmerz in meiner Brust.

Für mich ist Herbst; der Nebelwind
Durchwühlet kalt mein falbes Laub;
Die Äste mir zerschlagen sind,
Und meine Krone liegt im Staub.

Adelbert von Chamisso (Frühlingsgedichte), gest. 1834
#32Authoroopsy (491382) 11 May 11, 17:30
Comment
Frühling über's Jahr

Das Beet schon lockert
Sich's in die Höh'
Da wanken Glöckchen
So weiß wie Schnee;
Safran entfaltet
Gewaltg'e Glut,
Smaragden keimt es
und keimt wie Glut.
Primeln stolzieren
So naseweis,
Schalkhafte Veilchen
Versteckt mit Fleiß;
Was auch noch alles
Da regt und webt,
Genug, der Frühling
Er wirkt und lebt.


Goethe
#33AuthorClaus (243211) 11 May 11, 18:29
Comment
#34AuthorDana (236421) 11 May 11, 19:54
Comment
'A une jeune fille'

Vous qui ne savez pas combien l'enfance est belle,
Enfant ! n'enviez point notre âge de douleurs,
Où le coeur tour à tour est esclave et rebelle,
Où le rire est souvent plus triste que vos pleurs.

Votre âge insouciant est si doux qu'on l'oublie !
Il passe, comme un souffle au vaste champ des airs,
Comme une voix joyeuse en fuyant affaiblie,
Comme un alcyon sur les mers.

Oh ! ne vous hâtez point de mûrir vos pensées !
Jouissez du matin, jouissez du printemps ;
Vos heures sont des fleurs l'une à l'autre enlacées ;
Ne les effeuillez pas plus vite que le temps.

Laissez venir les ans ! Le destin vous dévoue,
Comme nous, aux regrets, à la fausse amitié,
A ces maux sans espoir que l'orgueil désavoue,
A ces plaisirs qui font pitié.

Riez pourtant ! du sort ignorez la puissance
Riez ! n'attristez pas votre front gracieux,
Votre oeil d'azur, miroir de paix et d'innocence,
Qui révèle votre âme et réfléchit les cieux !

Victor HUGO (1802-1885)
161 Autor Isabelle. (609042) 30 May 10 17:11
#35AuthorClélia (601872) 11 May 11, 20:39
Comment
BALLADE

Mon jardin fut doux et léger,
Tant qu'il fut mon humble richesse:
Mi-potager et mi-verger,
Avec quelque fleur qui se dresse
Couleur d'amour et d'allégresse
Et des oiseaux sur des rameaux,
Et du gazon pour la paresse.
Mais rien ne valut mes ormeaux.

De ma claire salle à manger
Où du vin fit quelque prouesse,
Je les voyais tous deux bouger
Doucement au vent qui les presse
L'un vers l'autre en une caresse,
Et leurs feuilles flûtaient des mots.
Le clos était plein de tendresse.
Mais rien ne valut mes ormeaux.

Hélas! quand il fallut changer
De cieux et quitter ma liesse,
Le verger et le potager
Se partagèrent ma tristesse,
Et la fleur couleur charmeresse,
Et l'herbe, oreiller de mes maux,
Et l'oiseau surent ma détresse.
Mais rien ne valut mes ormeaux.

Paul VERLAINE (1844-1896)

182 Autor Clélia (601872) 02 Jun 10 13:31
#36AuthorClélia (601872) 11 May 11, 20:42
Comment
NUIT DU WALPURGIS CLASSIQUE

C'est plutôt le sabat du second Faust que l'autre.
Un rhythmique sabbat, rhythmique, extrêmement
Rhythmique.- Imaginez un jardin Lenôtre,
Correct, ridicule et charmant.

Des ronds-points; au milieu, des jets d'eau; des allées
Toutes droites; sylvains de marbre; dieux marins
De bronze; çà et là, des Vénus étalées;
Des quinconces, des boulingrins;

Des châtaigniers; des plants de fleurs formant la dune;
Ici, des rosiers nains qu'un goût docte effila;
Plus loin, des ifs taillés en triangles. La lune
D'un soir d'été sur tout cela.

Minuit sonne, et réveille au fond du parc aulique
Un air mélancolique, un sourd, lent et doux air
De chasse: tel, doux, lent, sourd et mélancolique,
L'air de chasse de Tannhauser.

Des chants voilés de cors lointains où la tendresse
Des sens éteint l'effroi de l'âme en des accords
Harmonieusement dissonants dans l'ivresse;
Et voici qu'à l'appel des cors

S'entrelacent soudain des formes toutes blanches,
Diaphanes, et que le clair de lune fait
Opalines parmi l'ombre verte des branches,
- Un Watteau rêvé par Raffet! -

S'entrelacent parmi l'ombre verte des arbres
D'un geste alangui, plein d'un désespoir profond,
Puis, autour des massifs, des bronzes et des marbres
Très lentement dansent en rond.

- Ces spectres agités, sont-ce donc la pensée
Du poète ivre, ou son regret, ou son remords,
Ces spectres agités en tourbe cadencée,
Ou bien simplement des morts?

Sont-ce donc ton remords, ô rêvasseur qu'invite
L'horreur, ou ton regret, ou ta pensée, - hein? - tous
Ces spectres qu'un vertige irrésistible agite,
Ou bien des morts qui seraient fous?-

N'importe! ils vont toujours, les fébriles fantômes,
Menant leur ronde vaste et morne et tressautant
Comme dans un rayon de soleil des atomes,
Et s'évaporent à l'instant

Humide et blême où l'aube éteint l'un après l'autre
Les cors, en sorte qu'il ne reste absolument
Plus rien, - absolument - qu'un jardin Lenôtre,
Correct, ridicule et charmant.

Paul VERLAINE (1844-1896)

37 Autor Clélia (601872) 17 May 10 11:33
#37AuthorClélia (601872) 11 May 11, 21:41
Comment

Der Geiger


Ein Geiger zog von Land zu Land,
Um seine Kunst zu zeigen,
Was je ein Menschenherz empfand,
Das wußt' er vorzugeigen.

Er spielte leis, er spielte stark,
In Tönen vielgestaltig,
Sein Geigen ging durch Bein und Mark,
Ergreifend allgewaltig.

Das Lob erschallt. Der Geiger stand
Und blickt in tiefen Sinnen:
"Den schönsten Klang, den ich gekannt,
Den hab' ich doch nicht inne.

Mein alter Vater spielte mir,
Als ich ein Kind, die Weise;
Sie klang (ich bebt' und weinte schier)
So wunderstark und leise.

Doch wie ich sinne hin und her,
Ich weiß sie nicht zu geigen,
Und Ruhe find' ich nimmermehr,
Bis sie mir wieder eigen." -

Er spricht's und spielet leis und stark,
Und sinnt und spielet wieder;
Geht auch sein Ton durch Bein und Mark,
Er senkt den Bogen nieder.

"O jammervolle Schnörkelei'n!
Ist das Musik zu nennen? -
Rasch packt' er Geig' und Bogen ein,
Um wild davon zu rennen.

Er wandert hin, er wandert her,
Dann wandert er nach Hause;
Das Haar wird grau, die Hand wird schwer,
Er wohnt in stiller Klause.

Doch sinnt er stehts und sinnet noch
Und findet nicht die Weise.
"Du guter Gott, erbarm' dich doch!
Gib Ruh' mir schwachem Greise!"

Der Knabe, den er geigen lehrt,
Sieht morgens einst ihn träumen.
Er lächelt sanft; er schwebt verklärt
Wohl jetzt in lichten Räumen.

Als er erwachet, spricht er mild:
"Dank, Dank dir, Herr da droben!
Ich sah im Traum des Vaters Bild
Von Silberhaar umwoben.
Die Weise, die ich nimmer fand,
Hört' ich ihn kräftig geigen.
O gib die Geige von der Wand!
Jetzt ist der Klang mein eigen."

Der Knabe reicht die Geige dar,
Der Alte spielt die Weise,
Der Knabe horcht, - es klingt so klar,
So wunderstark und leise.

Die alte Hand ermattet nicht,
Stets schallt es voller tönend,
Dem Aug' entströmt ein selig Licht,
Das alte Haupt verschönend.

Da stirbt der Ton, der Bogen fällt,
Es kniet und schluchzt der Knabe.
Der Alte noch die Geige hält;
Legt ihn auch so zu Grabe!

von Friedrich von Sallet 1812 - 1848
#38Authoremg (454352) 12 May 11, 08:43
Comment
Wind und Geige

Drinnen im Saal eine Geige sang,
sie sang von Liebe so wild, so lind.
Draussen der Wind durch die Zweige sang:
Was willst du, Menschenkind?

Drinnen im Saale die Geige sang:
Ich will das Glück, ich will das Glück!
Draussen der Wind durch die Zweige sang:
Es ist das alte Stück.

Drinnen im Saale die Geige sang:
Und ist es alt, für mich ist's neu.
Draussen der Wind durch die Zweige sang:
Schon mancher starb an Reu.

Der letzte Geigenton verklang;
die Fenster wurden bleich und blind;
aber noch lange sang und sang
im dunklen Wald der Wind ...

Was willst du, Menschenkind ...

Christian Morgenstern (1871 - 1914)
#39AuthorDana (236421) 12 May 11, 09:01
Comment
Die Geige

O weh! o weh!
Wie mir das durch die ganze Seele reißt!
In's Henkers Nahmen, ich bin keine Flöte!
Wie kann man mich so quälen,
Alle meine Töne unterdrücken,
Und kneifen und schaben und kratzen,
Bis ein fremdes quinkelirendes Geschrey herausschnarrt?
Ich kenne meine eigene Stimme nicht wieder,
Ich erschrecke vor mir selber
In diesen unwohlthätigen Passagen.
Ei! ei! daß ein andrer Geist
Doch auch einmal so mit dir umspringen möchte,
Damit du alle Menschlichkeit verläugnen müßtest
Und dich dem Thiere gleich gebehrden.
Innerlich schmerzt mich die Musik
Die da unten wohnt und von wilden Klängen vernichtet wird,
Eine Kolik ängstigt mich durch und durch,
Der Resonanzboden wird von Gicht befallen,
Der Steg winselt und wimmert.
Wie ein Clarinett soll ich mich gebehrden,
Jetzt dem Basson verglichen werden,
Er reißt mir noch die melodische Zunge aus,
Lange werd' ich liegen müssen und mich besinnen,
Eh' ich diesen Schrecken verwinden kann.
Ei so kneif, du kneifender Satan!
Es wird ihm selber sauer,
Es neigt zu Ende mit der verfluchten Sonate,
Ach weh! o weh'! o! welche Gefühle!
Die Ribben, die Seiten, der Rücken,
Alles wie zerschlagen! ––


Ludwig Tieck (gest. 1853)
#40Authormars (236327) 12 May 11, 13:24
Comment
Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l'aube de ses pleurs au point du jour l'arrose;

La grâce dans sa feuille, et l'amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d'odeur;
Mais, battue ou de pluie, ou d'excessive ardeur,
Languissante elle meurt, feuille à feuille déclose.

Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la Terre et le Ciel honoraient ta beauté,
La Parque t'as tuée, et cendre tu reposes.

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif et mort ton corps ne soit que roses.

Pierre de Ronsard (1524-1585)
271 Autor Clélia (601872) 16 Jun 10 17:34
#41AuthorClélia (601872) 12 May 11, 13:45
Comment
Der Geiger

Mich zwingts aus innerstem Gefühle,
es meiner Geige gleichzutun
und über allem Tongewühle
auf einer Wolke auszuruhn.

Ich will das Leben nicht erfassen
im ungestümen Bogenstrich -
im ruhigen Sichgehenlassen
erobre diese Welt mein Ich.

Indes im Tanz der Notenglieder
sich meine Melodie befreit,
steige besänftigt auf und nieder
die eigene Empfindsamkeit.

Alfons Petzold (1882 - 1923)
#42AuthorDana (236421) 12 May 11, 13:53
Comment
#43AuthorClélia (601872) 12 May 11, 14:09
Comment
Die Wolke

Die letzte der Wolken nach Sturmes Gedräue
Nur du fliegst dahin durch die heitere Bläue,
Nur du wirfst den Schatten hinab auf die Au,
Nur du hüllst den festlichen Mittag in Grau.

Noch jüngst überdeckte den Himmel dein Dunkel
Und drohend umwand dich der Blitze Gefunkel,
Geheimnisvoll tönte den Donner dein Mund,
Du tränktest mit Regen den durstigen Grund.

Genug, geh von hinnen! die Zeit ist entwichen,
Die Erde ward kühl und die Stürme verstrichen
Und streichelnd die Blätter der Bäume gelind
Vom ruhigen Himmel verjagt dich der Wind.


Alexander Puschkin (1799 – 1837)
Aus dem Russischen von Henry von Heiseler (1875 – 1928)

_________
Gedräue: das Gedränge, das Drohen
http://www.duden.de/rechtschreibung/draeuen
#44AuthorClaus (243211) 12 May 11, 18:13
Comment
Gewitter im Mai

In Blüten schwamm das Frühlingsland,
Es wogte weiß in schwüler Ruh;
Der dunkle feuchte Himmel band
Mir schwer die feuchten Augen zu.

Voll Reu' und Leid hatt' ich den Mai
Gegrüßt und seinen bunten Flor;
Nun zog er mir im Schlaf vorbei,
Verträumt von dem vergrämten Thor!

Da war ein Donnerschlag gescheh'n,
Ein einziger; den Berg entlang
Hört' ich Erwachender vergeh'n,
Erschrocken seinen letzten Klang!

„Steh' auf! steh auf! entraffe dich
Der trägen thatenlosen Reu'!“
Durch Thal und Herz ein Schauer strich,
Das Leben blühte frisch und neu.


Gottfried Keller (1819 – 1890)
#45AuthorClaus (243211) 12 May 11, 18:16
Comment
Jules Supervielle (1884-1960): L'orage
http://sejh.pagesperso-orange.fr/sejh/supervie.html#10
#46AuthorClélia (601872) 12 May 11, 18:18
Comment
A la fenêtre, pendant la nuit

Les étoiles, points d'or, percent les branches noires ;
Le flot huileux et lourd décompose ses moires
Sur l'océan blêmi ;
Les nuages ont l'air d'oiseaux prenant la fuite ;
Par moments le vent parle, et dit des mots sans suite,
Comme un homme endormi.

Tout s'en va. La nature est l'urne mal fermée.
La tempête est écume et la flamme est fumée.
Rien n'est, hors du moment,
L'homme n'a rien qu'il prenne, et qu'il tienne, et qu'il garde.
Il tombe heure par heure, et, ruine, il regarde
Le monde, écroulement.

L'astre est-il le point fixe en ce mouvant problème ?
Ce ciel que nous voyons fut-il toujours le même ?
Le sera-t-il toujours?
L'homme a-t-il sur son front des clartés éternelles ?
Et verra-t-il toujours les mêmes sentinelles
Monter aux mêmes tours ? [...]

Victor Hugo
184 Autor mars (236327) 07 Jul 10 08:24

#47AuthorClélia (601872) 12 May 11, 18:23
Comment
Pluie

Il pleut. J'entends le bruit égal des eaux ;
Le feuillage, humble et que nul vent ne berce,
Se penche et brille en pleurant sous l'averse ;
Le deuil de l'air afflige les oiseaux.

La bourbe monte et trouble la fontaine,
Et le sentier montre à nu ses cailloux.
Le sable fume, embaume et devient roux ;
L'onde à grands flots le sillonne et l'entraîne.

Tout l'horizon n'est qu'un blême rideau ;
La vitre tinte et ruisselle de gouttes ;
Sur le pavé sonore et bleu des routes
Il saute et luit des étincelles d'eau.

Le long d'un mur, un chien morne à leur piste,
Trottent, mouillés, de grands boeufs en retard ;
La terre est boue et le ciel est brouillard ;
L'homme s'ennuie : oh ! que la pluie est triste !

René-François SULLY PRUDHOMME (1839 - 1907)
#48Authorkitine (633017) 12 May 11, 18:33
Comment
Regen in der Dämmerung

Der wandernde Wind auf den Wegen
War angefüllt mit süßem Laut,
Der dämmernde rieselnde Regen
War mit Verlangen feucht betaut.

Das rinnende rauschende Wasser
Berauschte verwirrend die Stimmen
Der Träume, die blasser und blasser
Im schwebenden Nebel verstimmen.

Der Wind in den wehenden Weiden,
Am Wasser der wandernde Wind,
Berauschte die sehnenden Leiden,
Die in der Dämmerung sind.

Der Weg im dämmernden Wehen,
Er führte zu keinem Ziel,
Doch war er gut zu gehen
Im Regend, der rieselnd fiel.

Hugo von Hofmannsthal (1874-1929)

266 Autor oopsy (491382) 16 Jun 10 12:48
#49AuthorClélia (601872) 13 May 11, 08:35
Comment
Regen in der Dämmerung

Der wandernde Wind auf den Wegen
War angefüllt mit süßem Laut,
Der dämmernde rieselnde Regen
War mit Verlangen feucht betaut.

Das rinnende rauschende Wasser
Berauschte verwirrend die Stimmen
Der Träume, die blasser und blasser
Im schwebenden Nebel verstimmen.

Der Wind in den wehenden Weiden,
Am Wasser der wandernde Wind,
Berauschte die sehnenden Leiden,
Die in der Dämmerung sind.

Der Weg im dämmernden Wehen,
Er führte zu keinem Ziel,
Doch war er gut zu gehen
Im Regend, der rieselnd fiel.

Hugo von Hofmannsthal (1874-1929)

266 Autor oopsy (491382) 16 Jun 10 12:48
#50AuthorClélia (601872) 13 May 11, 08:41
Comment
Wüsst ich genau, wie dies Blatt
Aus seinem Zweig hervorkam,
Schwieg ich auf ewige Zeit still,
Denn ich wüsste genug.

- Hugo von Hofmannsthal -, gest. 1929
#51Authormoustique (308708) 13 May 11, 08:42
Comment

L’albatros

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Charles Baudelaire 1821 - 1867
#52Authoremg (454352) 13 May 11, 08:46
Comment
#53AuthorClaus (243211) 13 May 11, 09:27
Comment
Regentag

Der Regen fällt. In den Tropfentanz
Starr ich hinaus, versunken ganz
In allerlei trübe Gedanken. Mir ist,
Als hätt' es geregnet zu jeder Frist,
Und alles, so lange ich denken kann,
Trüb, grau und nass in einander rann,
Als hätte es nie eine Sonne gegeben,
Als wäre nur immer das ganze Leben,
Die Jahre, die Tage, die Stunden all,
Ein trüber, hastiger Tropfenfall.

Gustav Falke (1853-1916)
220 Autor Rhabarber (425989) 06 Jun 10 19:17
#54AuthorClélia (601872) 13 May 11, 09:32
Comment
Es glänzt die bläuliche Silberwelle...


Der Neckar

In deinen Tälern wachte mein Herz mir auf
Zum Leben, deine Wellen umspielten mich,
Und all der holden Hügel, die dich
Wanderer! kennen, ist keiner fremd mir.

Auf ihren Gipfeln löste des Himmels Luft
Mir oft der Knechtschaft Schmerzen; und aus dem Tal,
Wie Leben aus dem Freudebecher,
Glänzte die bläuliche Silberwelle.

Der Berge Quellen eilten hinab zu dir,
Mit ihnen auch mein Herz und du nahmst uns mit,
Zum stillerhabnen Rhein, zu seinen
Städten hinunter und lustgen Inseln.

Noch dünkt die Welt mir schön, und das Aug entflieht
Verlangend nach den Reizen der Erde mir,
Zum goldenen Paktol, zu Smyrnas
Ufer, zu Ilions Wald. Auch möcht ich

Bei Sunium oft landen, den stummen Pfad
Nach deinen Säulen fragen, Olympion!
Noch eh der Sturmwind und das Alter
Hin in den Schutt der Athenertempel

Und ihrer Gottesbilder auch dich begräbt,
Denn lang schon einsam stehst du, o Stolz der Welt,
Die nicht mehr ist. Und o ihr schönen
Inseln Ioniens! wo die Meerluft

Die heißen Ufer kühlt und den Lorbeerwald
Durchsäuselt, wenn die Sonne den Weinstock wärmt,
Ach! wo ein goldner Herbst dem armen
Volk in Gesänge die Seufzer wandelt,

Wenn sein Granatbaum reift, wenn aus grüner Nacht
Die Pomeranze blinkt, und der Mastixbaum
Von Harze träuft und Pauk und Cymbel
Zum labyrinthischen Tanze klingen.

Zu euch, ihr Inseln! bringt mich vielleicht, zu euch
Mein Schutzgott einst; doch weicht mir aus treuem Sinn
Auch da mein Neckar nicht mit seinen
Lieblichen Wiesen und Uferweiden.


Friedrich Hölderlin (1784 – 1843)

_______
Paktol: Paktolos (heutiger türkischer Name Sart Çayı), Fluss nahe der ägäischen Küste der Türkei
Smyrna (heutiger türkischer Name: Izmir), frühe griechische Stadt in Kleinasien
Ilion: Troja
Sunium: Kap Sounion (auch Sunion)

related discussion: Les jardins de la poésie, premier jardin
#55AuthorClaus (243211) 13 May 11, 09:37
Comment
Die Gedichte von Moustique in # 51 und von Rhabarber in # 54 sprechen mich unwahrscheinlich an.

@ Für alle, die diesen schönen Garten lieben :-))




Geh aus, mein Herz

Geh aus, mein Herz, und suche Freud
In dieser lieben Sommerzeit
An deines Gottes Gaben;
Schau an der schönen Gärten Zier
Und siehe, wie sie mir und dir
Sich ausgeschmücket haben.

Die Bäume stehen voller Laub,
Das Erdreich decket seinen Staub
Mit einem grünen Kleide;
Narcissus und die Tulipan,
Die ziehen sich viel schöner an
Als Salomonis Seide.

Die Lerche schwingt sich in die Luft,
Das Täublein fleugt aus seiner Kluft
Und macht sich in die Wälder;
Die hochbegabte Nachtigall
Ergetzt und füllt mir ihrem Schall
Berg, Hügel, Tal und Felder.

Die Glucke führt ihr Völklein aus,
Der Storch baut und bewohnt sein Haus,
Das Schwälblein speist die Jungen;
Der schnelle Hirsch, das leichte Reh
Ist froh und kömmt aus seiner Höh
ins tiefe Gras gesprungen.

Die Bächlein rauschen in dem Sand
Und malen sich und ihren Rand
Mit schattenreichen Myrten;
Die Wiesen liegen hart dabei
Und klingen ganz vom Lustgeschrei
Der Schaf und ihrer Hirten.

Die unverdrossne Bienenschar
Fleucht hin und her, sucht hie und dar
Ihr edle Honigspeise.
Des süßen Weinstocks starker Saft
Bringt täglich neue Stärk und Kraft
In seinem schwachen Reise.

Der Weizen wächset mit Gewalt,
Darüber jauchzet Jung und Alt
Und rühmt die große Güte
Des, der so überflüssig labt
Und mit so manchem Gut begabt
Das menschliche Gemüte.

Ich selbsten kann und mag nicht ruhn;
Des großen Gottes großes Tun
erweckt mir alle Sinnen;
Ich singe mit, wenn alles singt,
Und lasse, was dem Höchsten klingt,
Aus meinem Herzen rinnen.

Ach, denk ich, bist du hier so schön
Und lässt du uns so lieblich gehn
Auf dieser armen Erden,
Was will doch wohl nach dieser Welt
Dort in dem reichen Himmelszelt
Und güldnem Schlosse werden!

Welch hohe Lust, welch heller Schein
Wird wohl in Christi Garten sein!
Wie muss es da wohl klingen,
Da so viel tausend Seraphim
Mit eingestimmtem Mund und Stimm
Ihr Alleluja singen!

O wär ich da, o stünd ich schon,
Ach, süßer Gott, für deinem Thron
Und trüge meine Palmen:
So wollt ich nach der Engel Weis
Erhöhen deines Namens Preis
Mit tausend schönen Psalmen!

Doch gleichwohl will ich, weil ich noch
Hier trage dieses Leibes Joch,
Auch nicht gar stille schweigen;
Mein Herze soll sich fort und fort
An diesem und an allem Ort
Zu deinem Lobe neigen:

Hilf mir und segne meinen Geist
Mit Segen, der vom Himmel fleußt,
dass ich dir stetig blühe!
Gib, dass der Sommer deiner Gnad
In meiner Seelen früh und spat
Viele Glaubensfrücht erziehe!

Mach in mir deinem Geiste Raum,
dass ich dir werd ein guter Baum,
Und lass mich wohl bekleiben;
Verleihe, dass zu deinem Ruhm
Ich deines Gartens schöne Blum
Und Pflanze möge bleiben!

Erwähle mich zum Paradeis
Und lass mich bis zur letzten Reis
An Leib und Seele grünen;
So will ich dir und deiner Ehr
Allein und sonsten keinem mehr
Hier und dort ewig dienen.

Paul (Paulus) Gerhardt (Frühlingsgedichte), gest. 1642

Erklärungen: Völklein = kleines Volk, mE allerdings ein nicht üblicher Diminutiv
Schwälblein = kleine Schwalbe bzw. Kosewort im Diminutiv
gülden = litt. für goldig, vergoldet
fleußt = fließen
Glaubensfrücht = die Früchte des Glaubens
Blum = Blume
Paradeis = Paradies
Reis = Reise

Herzlichst oopsy
#56Authoroopsy (491382) 13 May 11, 09:50
Comment
Mailied

Wie herrlich leuchtet
Mir die Natur!
Wie glänzt die Sonne!
Wie lacht die Flur!

Es dringen Blüten
Aus jedem Zweig
Und tausend Stimmen
Aus dem Gesträuch

Und Freud und Wonne
Aus jeder Brust.
O Erd, o Sonne!
O Glück, o Lust!

O Lieb, o Liebe!
So golden schön,
Wie Morgenwolken
Auf jenen Höhn!

Du segnest herrlich
Das frische Feld,
Im Blütendampfe
Die volle Welt.

O Mädchen, Mädchen,
Wie lieb ich dich!
Wie blickt dein Auge!
Wie liebst du mich!

So liebt die Lerche
Gesang und Luft,
Und Morgenblumen
Den Himmelsduft,

Wie ich dich liebe
Mit warmem Blut,
Die du mir Jugend
Und Freud und Mut

Zu neuen Liedern
Und Tänzen gibst.
Sei ewig glücklich,
Wie du mich liebst.

J. W. Goethe (1749-1832)
108 Autor Claus (243211) 25 May 10 14:34
#57AuthorClélia (601872) 13 May 11, 10:42
Comment
#58Authormars (236327) 13 May 11, 17:39
Comment

Frühlingsbotschaft


Leise zieht durch mein Gemüt
Liebliches Geläute.
Klinge, kleines Frühlingslied,
Kling hinaus ins Weite.

Kling hinaus bis an das Haus,
Wo die Veilchen sprießen!
Wenn du eine Rose schaust,
Sag, ich lass sie grüßen.

Heinrich Heine (Frühling Gedichte), gest. 1854

Herzlichst oopsy
#59Authoroopsy (491382) 13 May 11, 18:37
Comment
Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous

Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous,
Où la guerre, la paix, l'amour, la haine, l'ire,
La liesse, l'ennui, le plaisir, le martyre
Se suivent tour à tour et se jouent de nous.

Ce Monde est un théâtre où nous nous jouons tous
Sous habits déguisés à malfaire et médire.
L'un commande en tyran, l'autre, humble, au joug soupire ;
L'un est bas, l'autre haut, l'un jugé, l'autre absous.

Qui s'éplore, qui vit, qui joue, qui se peine,
Qui surveille, qui dort, qui danse, qui se gêne
Voyant le riche soûl et le pauvre jeûnant.

Bref, ce n'est qu'une farce, ou simple comédie
Dont, la fin des joueurs la Parque couronnant,
Change la catastrophe en triste tragédie.

André Mage de FIEFMELIN (1560 - 1603)
#60AuthorMarsupilami_24 (654487) 14 May 11, 06:48
Comment
Posté dans le jardin précédent par mars, un poème doux-amer d'Erich Kästner:

Sachliche Romanz. Cliquer au bas du texte pour l'entendre (Patience, il ne s'affiche pas tout de suite):
http://www.gedichte.vu/?sachliche_romanze.html
#61AuthorClélia (601872) 14 May 11, 08:43
Comment
CAUCHEMAR

J'ai vu passer dans mon rêve
- Tel l'ouragan sur la grève,-
D'une main tenant un glaive
Et de l'autre un sablier,
Ce cavalier

Des ballades d'Allemagne
Qu'à travers ville et campagne,
Et du fleuve à la montagne,
Et des forêts au vallon,
Un étalon

Rouge-flamme et noir d'ébène,
Sans bride, ni mors, ni rêne,
Ni hop! ni cravache, entraîne
Parmi des râlements sourds
Toujours! toujours!

Un grand feutre à longue plume
Ombrait son œil qui s'allume
Et s'éteint. Tel, dans la brume,
Eclate et meurt l'éclair bleu
D'une arme à feu.

Comme l'aile d'une orfraie
Qu'un subit orage effraie,
Par l'air que la neige raie,
Son manteau se soulevant
Claquait au vent,

Et montrait d'un air de gloire
Un torse d'ombre et d'ivoire,
Tandis que dans la nuit noire
Luisaient en des cris stridents
Trente-deux dents.

Paul VERLAINE (1844-1896)

45 Autor Clélia (601872) 18 May 10 12:17
#62AuthorClélia (601872) 14 May 11, 08:50
Comment

La nuit de mai (fragment)

Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure
Que les séraphins noirs t'ont faite au fond du cœur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur;
L'océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur;
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort se recommande à Dieu.
Poète, c'est ainsi que font les grands poètes.
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le cœur ;
Leurs déclamations sont comme des épées :
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant;
Mais il y pend toujours quelques gouttes de sang.

Alfred de Musset, 1810 - 1857
#63Authoremg (454352) 14 May 11, 08:51
Comment
La manufacture de porcelaine d'Augarten à Vienne:
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d9/Augarten_porzellan-manufaktur...

(tiré de leur site)
Die Geschichte von Augarten Wien, einer der ältesten Porzellanmanufakturen, beginnt vor fast 300 Jahren im Jahr 1718.

Wiener Porzellan ist berühmt für seine zarte und anmutige Form, die Reinheit der Linien und die exquisite Ausarbeitung. Neben der vorzüglichen Handwerksarbeit, der künstlerischen Gestaltung und den modernen technischen Hilfsmitteln vereint Augarten auf unvergleichliche Art ehrwürdige Tradition mit zeitgenössischem Kunstverständnis.

Ein Rundgang durch die heutige Erzeugungsstätte im ehemaligen kaiserlichen Lustschloss Augarten vermittelt einen unauslöschlichen Eindruck, mit wie viel Liebe zum Detail an der Herstellung jedes einzelnen Stückes gearbeitet wird. Im Unterschied zu Fabrikware wird jeder einzelne Arbeitsgang – vom Ansetzen der Rohmasse bis zum fertigen Stück – von Hand ausgeführt.

Wikipédia:

Service en porcelaine Marie Thérèse, créé au dix-huitième siècle pour un pavillon de chasse:
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0c/Porzellan_Augarten_Vienna_200...
Vaisselle impériale:
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/39/Imperial_Porcelain_Manufactor...

Boîtes en porcelaine ornées de la fameuse rose viennoise.

Service officiel, avec les armoiries de l'Autriche en or:
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a8/Porzellan_Augarten_Vienna_200...

Bibelots:
Cavalier de l'école d'équitation espagnol:
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b5/-Porzellan_Augarten_Vienna_20...

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/dd/Grassi_Familie_des_Erzherzog_...
Famille du Duc Léopold

Page publicitaire:
http://www.augarten.at/
#64AuthorClélia (601872) 14 May 11, 09:17
Comment
Désolée la contribution précédente devait bien sûr figurer dans le fil sur Vienne! Je vais l'y transférer et corriger les erreurs qu'elle contient.
#65AuthorClélia (601872) 14 May 11, 09:17
Comment
Chère Clélia, moi qui ai fait de la peinture sur porcelaine, je suis ravie de voir ces belles images ici : c’est de la poésie sur table !
#66Authoremg (454352) 14 May 11, 10:07
Comment
Tu es gentille, emg, je me suis passablement embrouillée. Le service Marie-Thérèse a disparu dans la tourmente On peut le voir, ainsi que les images ci-dessus, en cliquant directement sur la page de wikipédia que j'ai collée dans le fil de Marsupilami (photos à droite du texte).
#67AuthorClélia (601872) 14 May 11, 11:01
Comment
Liebekrank

Die Berge stehn in Waldespracht
Die Wiesen leuchten grün,
Die Sonn am blausten Himmel lacht,
Mir wird das Herz so kühn.

Es ist der Frühling auf der Flur,
Es ist die Freude da,
Die Menschenbrust und die Natur
Sie fühlen sich so nah.

Und aus dem wunderschönen Bund
Entspringen möcht das Glück,
Blieb in dem tiefen Herzensgrund
Die Liebe nicht zurück.

Die Liebe hat nur Eifersucht,
Sie hat nur ewge Pein.
Sie ist es, die am Ende flucht
Dem guten Sonnenschein.


Ludwig Eichrodt (1827 – 1892)
#68AuthorClaus (243211) 14 May 11, 15:04
Comment
Schön, dass in den Poesiegärten auch einmal Ludwig Eichrodt (1827 – 1892) vorkommt, Claus! Ich stamme aus der Gegend, in der er lange lebte. Eichrodt erfand die Figur des schwäbischen Dorflehrers Gottlieb Biedermeier, einen Mensch, dem „seine kleine Stube, sein enger Garten, sein unansehnlicher Flecken und das dürftige Los eines verachteten Dorfschulmeisters zu irdischer Glückseligkeit verhelfen“. Nach dieser Figur wurde später die ganze Epoche benannt! Im Übrigen war Eichrodt seit seiner Schulzeit mit Viktor von Scheffel befreundet und mit Theodor Storm – Dichterjurist wie er selbst – führte Eichrodt einen lebhaften Briefwechsel ...

Hier ein weiteres Liebesgedicht von ihm:

Liebeslied

Es ist so gut und leicht gesagt,
Ich liebe, liebe dich,
Man hat so schnell sich eingeliebt,
So ganz herzinniglich.
Man fällt sich um den Hals und küßt,
Bis man vor Liebe trunken ist;
Und kann sein Glück nicht fassen,
Und will sein Glück nicht lassen.

Und wenn man einmal Abschied nimmt,
Ist man zum Tod betrübt;
Da fühlt man erst, da weiß man erst,
Wie sehr man sich geliebt.
Man küßt sich fort und bleibt allein,
Man weint sich aus und schickt sich drein,
Und träumet unterdessen,
Und kann sich nicht vergessen.

Und süß ist auch, wenn aus der Fern
Die Grüße kommen, gehn -
Was aber drum am schönsten bleibt,
Das ist das Wiedersehn.
Da wird man stumm vor Schreck und Freud,
Und möcht in alle Ewigkeit
Sich aneinander weiden,
Und nun und nimmer scheiden.
#69Authormars (236327) 14 May 11, 18:18
Comment
Noch ein Eichrodt-Gedicht, da wir gerade bei diesem Dichter sind ...

Einst

An dich allein denk ich so gerne,
Zu dir flieht mein Gedanke hin!
Die süßen braunen Augensterne
Sie gehn mir nimmer aus dem Sinn.

Ich muß mit ihren Feuerblicken
Sie überall und immer sehn,
Sie kommen meinen Traum zu schmücken,
Ich seh sie Nachts am Himmel stehn.

Denk ich der Stunden jener trauten,
Da wir wie Kinder fort und fort
Uns lächelnd in die Augen schauten,
Beseligt ohne Kuß und Wort.

Da wir erquickten Geist und Sinne
An allem Trefflichen der Welt,
Da wir allmälig wurden inne,
Was uns beflügelt und beseelt. -

Und denk ich jenes Augenblickes,
Da ich den ersten Kuß gewagt,
Und denk ich des verrauschten Glückes,
Da du mir keinen Kuß versagt -

Und denk ich, wie die Monden flossen,
Wo dann wir, Brust an Brust gepreßt,
Uns in die Arme liebend schlossen,
So innig lang, so heiß, so fest -

Ach! Wenn ich jener Zeit gedenke,
Die wie ein goldner Traum verblich,
Und in den alten Traum mich senke,
So weiß ich nur: ich liebte dich!
#70Authormars (236327) 15 May 11, 10:52
Comment

Correspondances


La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

Charles Baudelaire 1821 - 1867
#71Authoremg (454352) 15 May 11, 11:36
Comment

Vorfrühling

Es läuft der Frühlingswind
Durch kahle Alleen,
Seltsame Dinge sind
In seinem Wehn.

Er hat sich gewiegt,
Wo Weinen war,
Und hat sich geschmiegt
In zerrüttetes Haar.

Er schüttelte nieder
Akazienblüten
Und kühlte die Glieder,
Die atmend glühten.

Lippen im Lachen
Hat er berührt,
Die weichen und wachen
Fluren durchspürt.

Er glitt durch die Flöte
Als schluchzender Schrei,
An dämmernder Röte
Flog er vorbei.

Er flog mit Schweigen
Durch flüsternde Zimmer
Und löschte im Neigen
Der Ampel Schimmer.

Es läuft der Frühlingswind
Durch kahle Alleen,
Seltsame Dinge sind
In seinem Wehn.

Durch die glatten
Kahlen Alleen
Treibt sein Wehn
Blasse Schatten.

Und den Duft,
Den er gebracht,
Von wo er gekommen
Seit gestern Nacht.

Hugo von Hofmannsthal (Frühlingsgedichte), gest. 1929

Herzlichst oopsy
#72Authoroopsy (491382) 15 May 11, 12:13
Comment
http://weilwirunslieben.wordpress.com/page/13/


Die Eisheiligen

Max Herrmann-Neiße (1886 – 1941)



Maiwinter

Rose Ausländer (1901 – 1988)
_______
Im Original
weiss: weiß
blühen: blühn
#73AuthorClaus (243211) 15 May 11, 23:33
Comment
Ernst ist der Frühling, seine Träume

Ernst ist der Frühling, seine Träume
Sind traurig, jede Blume schaut
Von Schmerz bewegt, es bebt geheime
Wehmut im Nachtigallenlaut.

O lächle nicht, geliebte Schöne,
So freundlich heiter, lächle nicht!
Oh, weine lieber, eine Träne
Küß ich so gern dir vom Gesicht.

(Heinrich Heine (1797-1856)
54 Autor moustique (308708) 19 May 10 12:03
#74AuthorClélia (601872) 16 May 11, 07:49
Comment
Das Alter

Hoch mit den Wolken geht der Vögel Reise,
Die Erde schläfert, kaum noch Astern prangen,
Verstummt die Lieder, die so fröhlich klangen,
Und trüber Winter deckt die weiten Kreise.

Die Wanduhr pickt, im Zimmer singet leise
Waldvöglein noch, so du im Herbst gefangen.
Ein Bilderbuch scheint alles, was vergangen,
Du blätterst drin, geschützt vor Sturm und Eise.

So mild ist oft das Alter mir erschienen:
Wart nur, bald taut es von den Dächern wieder
Und über Nacht hat sich die Luft gewendet.

Ans Fenster klopft ein Bot' mit frohen Mienen,
Du trittst erstaunt heraus – und kehrst nicht wieder,
Denn endlich kommt der Lenz, der nimmer endet.


Joseph Freiherr von Eichendorff (1788-1857)
57 Autor mars (236327) 19 May 10 17:32
#75AuthorClélia (601872) 16 May 11, 07:53
Comment
En complément du 62, le poème de Supervielle intitulé L'Allée

Le cavalier, symbole mystérieux du temps qui passe et de la mort:
http://home.nordnet.fr/~sdelbecque/anima/supervi1.htm
#76AuthorClélia (601872) 16 May 11, 07:56
Comment
Die Venus 1




Geburt der Venus

An diesem Morgen nach der Nacht, die bang
vergangen war mit Rufen, Unruh, Aufruhr, -
brach alles Meer noch einmal auf und schrie.
Und als der Schrei sich langsam wieder schloß
und von der Himmel blassem Tag und Anfang
herabfiel in der stummen Fische Abgrund -:
gebar das Meer.
 
Von erster Sonne schimmerte der Haarschaum
der weiten Wogenscham, an deren Rand
das Mädchen aufstand, weiß, verwirrt und feucht.
So wie ein junges grünes Blatt sich rührt,
sich reckt und Eingerolltes langsam aufschlägt,
entfaltete ihr Leib sich in die Kühle
hinein und in den unberührten Frühwind.
 
Wie Monde stiegen klar die Kniee auf
und tauchten in der Schenkel Wolkenränder;
der Waden schmaler Schatten wich zurück,
die Füße spannten sich und wurden licht,
und die Gelenke lebten wie die Kehlen
von Trinkenden.
 
Und in dem Kelch des Beckens lag der Leib
wie eine junge Frucht in eines Kindes Hand.
In seines Nabels engem Becher war
das ganze Dunkel dieses hellen Lebens.
Darunter hob sich licht die kleine Welle
und floß beständig über nach den Lenden,
wo dann und wann ein stilles Rieseln war.
Durchschienen aber und noch ohne Schatten,
wie ein Bestand von Birken im April,
warm, leer und unverborgen, lag die Scham.
 
Jetzt stand der Schultern rege Waage schon
im Gleichgewichte auf dem graden Körper,
der aus dem Becken wie ein Springbrunn aufstieg
und zögernd in den langen Armen abfiel
und rascher in dem vollen Fall des Haars.
 
Dann ging sehr langsam das Gesicht vorbei:
aus dem verkürzten Dunkel seiner Neigung
in klares, waagrechtes Erhobensein.
Und hinter ihm verschloß sich steil das Kinn.
 
Jetzt, da der Hals gestreckt war wie ein Strahl
und wie ein Blumenstiel, darin der Saft steigt,
streckten sich auch die Arme aus wie Hälse
von Schwänen, wenn sie nach dem Ufer suchen.
 
Dann kam in dieses Leibes dunkle Frühe
wie Morgenwind der erste Atemzug.
Im zartesten Geäst der Aderbäume
entstand ein Flüstern, und das Blut begann
zu rauschen über seinen tiefen Stellen.
Und dieser Wind wuchs an: nun warf er sich
mit allem Atem in die neuen Brüste
und füllte sie und drückte sich in sie, -
daß sie wie Segel, von der Ferne voll,
das leichte Mädchen nach dem Strande drängten.
 
So landete die Göttin.
 
Hinter ihr,
die rasch dahinschritt durch die jungen Ufer,
erhoben sich den ganzen Vormittag
die Blumen und die Halme, warm, verwirrt,
wie aus Umarmung. Und sie ging und lief.
 
Am Mittag aber, in der schwersten Stunde,
hob sich das Meer noch einmal auf und warf
einen Delphin an jene selbe Stelle.
Tot, rot und offen.

Rilke, gest. 1926

Ulrich Tukur liest die Geburt der Venus – der Clip ist auch etwas für das Auge !
http://www.youtube.com/watch?v=hZwIacYoukk





Vénus

Ciel ! un fourmillement emplit l'espace noir,
On entend l'invisible errer et se mouvoir ;
Près de l'homme endormi tout vit dans les ténèbres.
Le crépuscule, plein de figures funèbres,
Soupire ; au fond des bois le daim passe en rêvant ;
A quelque être ignoré qui flotte dans le vent
La pervenche murmure à voix basse : je t'aime !
La clochette bourdonne auprès du chrysanthème
Et lui dit : paysan, qu'as-tu donc à dormir ?
Toute la plaine semble adorer et frémir ;
L'élégant peuplier vers le saule difforme
S'incline ; le buisson caresse l'antre ; l'orme
Au sarment frissonnant tend ses bras convulsifs ;
Les nymphaeas, pour plaire aux nénuphars pensifs,
Dressent hors du flot noir leurs blanches silhouettes ;
Et voici que partout, pêle-mêle, muettes,
S'éveillent, au milieu des joncs et des roseaux,
Regardant leur front pâle au bleu miroir des eaux,
Courbant leur tige, ouvrant leurs yeux, penchant leurs urnes,
Les roses des étangs, ces coquettes nocturnes ;
Des fleurs déesses font des lueurs dans la nuit,
Et, dans les prés, dans l'herbe où rampe un faible bruit,
Dans l'eau, dans la ruine informe et décrépite,
Tout un monde charmant et sinistre palpite.
C'est que là-haut, au fond du ciel mystérieux,
Dans le soir, vaguement splendide et glorieux,
Vénus rayonne, pure, ineffable et sacrée,
Et, vision, remplit d'amour l'ombre effarée.

Victor HUGO (1802-1885)


Herzlichst oopsy
#77Authoroopsy (491382) 16 May 11, 08:55
Comment

Demain, dès l'aube...

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo 1802 - 1885
#78Authoremg (454352) 16 May 11, 09:56
Comment
Stances de l'impossible

L'été sera l'hiver et le printemps l'automne,
L'air deviendra pesant, le plomb sera léger :
On verra les poissons dedans l'air voyager
Et de muets qu'ils sont avoir la voix fort bonne.
L'eau deviendra le feu, le feu deviendra l'eau
Plutôt que je sois pris d'un autre amour nouveau.

Le mal donnera joie, et l'aise des tristesses !
La neige sera noire, et le lièvre hardi,
Le lion deviendra du sang acouardi,
La terre n'aura point d'herbes ni de richesses ;
Les rochers de soi-même auront un mouvement
Plutôt qu'en mon amour il y ait changement.

Le loup et la brebis seront en même étable
Enfermés sans soupçon d'aucune inimitié ;
L'aigle avec la colombe aura de l'amitié
Et le caméléon ne sera point muable :
Nul oiseau ne fera son nid au renouveau
Plutôt que je sois pris d'un autre amour nouveau.

La lune qui parfait en un mois sa carrière
La fera en trente ans au lieu de trente jours ;
Saturne qui achève avec trente ans son cours
Se verra plus léger que la lune légère :
Le jour sera la nuit, la nuit sera le jour
Plutôt que je m'enflamme au feu d'un autre amour.

Les ans ne changeront le poil ni la coutume,
Les sens et la raison demeureront en paix,
Et plus plaisants seront les malheureux succès
Que les plaisirs du monde au cœur qui s'en allume.
On haïra la vie, aimant mieux le mourir
Plutôt que l'on me voie à autre amour courir.

On ne verra loger au monde l'espérance ;
Le faux d'avec le vrai ne se discernera,
La fortune en ses dons changeante ne sera,
Tous les effets de mars seront sans violence,
Le soleil sera noir, visible sera Dieu
Plutôt que je sois vu captif en autre lieu.

Amadis JAMYN (±1538 - ±1592)
#79AuthorMarsupilami_24 (654487) 16 May 11, 11:18
Comment
Merci pour Amadis Jamyn, Marsupilami_24, je crois qu’il n’a encore jamais paru dans le fil de poésie : Clélia saurait nous renseigner si je devais avoir tort !
#80Authoremg (454352) 16 May 11, 11:51
Comment
Ich versuche, das im Beitrag 77 zweimal angeschlagene Venus-Thema mit Amadis Jamyn (# 79, 80) zu kombinieren und sein Gedicht im Originalton einzustellen:

La nuit menoit ses feux etincelans
En son beau char : De Vénus la naissance
En son grand lit gisoit sans violence,
Et doucement les flots alloient roulans.

Le doux sommeil arrosoit toute chose,
Non ma paupière; ah! elle ne fut close
Tant que Phebé guida ses noirs chevaux.

Vostre portrait qui dans mes yeux séjourne,
Qui comme il veut me tourne et me retourne,
Me fit souffrir mille et mille travaux.

Zum letzten Wort des Gedichts: Travail bedeutete früher ja "Qual, Last", da das Wort angeblich auf gallorom. tripalium zurückgeht "aus drei Pfählen bestehendes Folterwerkzeug".
#81Authormars (236327) 16 May 11, 12:13
Comment
Dis-moi, ma simple et ma tranquille amie

Dis-moi, ma simple et ma tranquille amie,
Dis, combien l'absence, même d'un jour,
Attriste et attise l'amour ,
Et le réveille, en ses brûlures endormies ?

Je m'en vais au-devant de ceux
Qui reviennent des lointains merveilleux
Où, dès l'aube, tu es allée ;
Je m'assieds sous un arbre, au détour de l'allée ;
Et, sur la route, épiant leur venue,
Je regarde et regarde, avec ferveur, leurs yeux
Encor clairs de t'avoir vue.

Et je voudrais baiser leurs doigts qui t'ont touchée,
Et leur crier des mots qu'ils ne comprendraient pas,
Et j'écoute longtemps se cadencer leur pas
Vers l'ombre où les vieux soirs tiennent la nuit penchée.

Emile VERHAEREN (1855-1916)

@ emg: Marsupilami nous fait en effet découvrir un nouveau poète.
#82AuthorClélia (601872) 16 May 11, 12:36
Comment
An den Frühling

Willkommen, schöner Jüngling.
Du Wonne der Natur.
Mit deinem Blumenkörbchen
Willkommen auf der Flur.

Ei, ei, da bist ja wieder.
Und bist so lieb und schön.
Und freu'n wir uns so herzlich,
entgegen dir zu geh'n.

Denkst auch noch an mein Mädchen?
Ei, Lieber, denke doch.
Dort liebte mich das Mädchen,
Und's Mädchen liebt mich noch.

Fürs Mädchen manches Blümchen
Erbat ich mir von dir -
Ich komm und bitte wieder,
Und du ? - du gibst es mir ?

Willkommen, schöner Jüngling,
Du Wonne der Natur.
Mit deinem Blumenkörbchen
Willkommen auf der Flur !


Friedrich von Schiller (1759 – 1805)
#83AuthorClaus (243211) 16 May 11, 21:08
Comment
Zitronenfalter im April

Grausame Frühlingssonne,
Du weckst mich vor der Zeit,
Dem nur in Maienwonne
Die zarte Kost gedeiht!
Ist nicht ein liebes Mädchen hier,
Das auf der Rosenlippe mir
Ein Tröpfchen Honig beut,
So muss ich jämmerlich vergehn
Und wird der Mai mich nimmer sehn
In meinem gelben Kleid.


Eduard Mörike (1804 – 1875)
deutscher Lyriker der Schwäbischen Schule

_________
beut: bietet (ältere Form)
#84AuthorClaus (243211) 16 May 11, 21:15
Comment
Frühlingsregen

Regne, regne, Frühlingsregen,
weine durch die stille Nacht!
Schlummer liegt auf allen Wegen,
nur dein treuer Dichter wacht ...

lauscht dem leisen, warmen Rinnen
aus dem dunklen Himmelsdom,
und es löst in ihm tiefinnen
selber sich ein heißer Strom,

läßt sich halten nicht und hegen,
quillt heraus in sanfter Macht ...
Ahndevoll auf stillen Wegen
geht der Frühling durch die Nacht.

Christian Morgenstern (1871 - 1914)

Passt zu related discussion: Les jardins de la poésie, premier jardin
#85AuthorDana (236421) 16 May 11, 21:22
Comment
Dieu, qu'il la fait bon regarder

Dieu, qu'il la fait bon regarder,
La gracieuse, bonne et belle !
Pour les grands biens qui sont en elle,
Chacun est prêt de la louer.

Qui se pourroit d'elle lasser ?
Toujours sa beauté renouvelle,
Dieu, qu'il la fait bon regarder,
La gracieuse, bonne et belle !

Par deça ne dela la mer
Ne sçay dame ne damoiselle
Qui soit en tous biens parfais telle ;
C'est un songe que d'y penser.
Dieu, qu'il la fait bon regarder !

Charles d'Orléans (1394-1465)
#86AuthorIsabelle. (609042) 16 May 11, 21:56
Comment
Gemeinfrei 2012

Liste der Literaten, Schriftsteller und Wissenschaftler, deren Werke im Jahr 2012 gemeinfrei werden:
† 1941.

http://de.wikisource.org/wiki/Wikisource:Gemeinfrei_2012
#87AuthorClaus (243211) 16 May 11, 22:13
Comment
L'allée

Fardée et peinte comme au temps des bergeries
Frêle parmi les noeuds énormes de rubans,
Elle passe sous les ramures assombries,
Dans l'allée où verdit la mousse des vieux bancs,
Avec mille façons et mille afféteries
Qu'on garde d'ordinaire aux perruches chéries.
Sa longue robe à queue est bleue, et l'éventail
Qu'elle froisse en ses doigts fluets aux larges bagues
S'égaie un des sujets érotiques, si vagues
Qu'elle sourit, tout en rêvant, à maint détail.
- Blonde, en somme. Le nez mignon avec la bouche
Incarnadine, grasse, et divine d'orgueil
Inconscient. - D'ailleurs plus fine que la mouche
Qui ravive l'éclat un peu niais de l'oeil.

Paul VERLAINE (1844-1896)
http://storage.canalblog.com/48/28/119589/46827216.jpg
#88AuthorClélia (601872) 16 May 11, 22:26
Comment
Soulagement

Quand je n'ai pas le cœur prêt à faire autre chose,
Je sors et je m'en vais, l'âme triste et morose,
Avec le pas distrait et lent que vous savez,
Le front timidement penché vers les pavés,
Promener ma douleur et mon mal solitaire
Dans un endroit quelconque, au bord d'une rivière,
Où je puisse enfin voir un beau soleil couchant.

O les rêves alors que je fais en marchant,
Dans la tranquillité de cette solitude,
Quand le calme revient avec la lassitude !
Je me sens mieux.

Je vais où me mène mon cœur.
Et quelquefois aussi, je m'assieds tout rêveur,
Longtemps, sans le savoir, et seul, dans la nuit brune,
Je me surprends parfois à voir monter la lune.

Eudore Évanturel (1854-1919)
#89AuthorMarsupilami_24 (654487) 17 May 11, 06:12
Comment

A quoi songeaient les deux cavaliers ...

La nuit était fort noire et la forêt très-sombre.
Hermann à mes côtés me paraissait une ombre.
Nos chevaux galopaient. A la garde de Dieu !
Les nuages du ciel ressemblaient à des marbres.
Les étoiles volaient dans les branches des arbres
Comme un essaim d'oiseaux de feu.

Je suis plein de regrets. Brisé par la souffrance,
L'esprit profond d'Hermann est vide d'espérance.
Je suis plein de regrets. O mes amours, dormez !
Or, tout en traversant ces solitudes vertes,
Hermann me dit : «Je songe aux tombes entr'ouvertes ;»
Et je lui dis : «Je pense aux tombeaux refermés.»

Lui regarde en avant : je regarde en arrière,
Nos chevaux galopaient à travers la clairière ;
Le vent nous apportait de lointains angelus; dit :
«Je songe à ceux que l'existence afflige,
A ceux qui sont, à ceux qui vivent. -- Moi, lui dis-je,
Je pense à ceux qui ne sont plus !»

Les fontaines chantaient. Que disaient les fontaines ?
Les chênes murmuraient. Que murmuraient les chênes ?
Les buissons chuchotaient comme d'anciens amis.
Hermann me dit : «Jamais les vivants ne sommeillent.
En ce moment, des yeux pleurent, d'autres yeux veillent.»
Et je lui dis : «Hélas! d'autres sont endormis !»

Hermann reprit alors : «Le malheur, c'est la vie.
Les morts ne souffrent plus. Ils sont heureux ! j'envie
Leur fosse où l'herbe pousse, où s'effeuillent les bois.
Car la nuit les caresse avec ses douces flammes ;
Car le ciel rayonnant calme toutes les âmes
Dans tous les tombeaux à la fois !»

Et je lui dis : «Tais-toi ! respect au noir mystère !
Les morts gisent couchés sous nos pieds dans la terre.
Les morts, ce sont les coeurs qui t'aimaient autrefois
C'est ton ange expiré ! c'est ton père et ta mère !
Ne les attristons point par l'ironie amère.
Comme à travers un rêve ils entendent nos voix.»

Victor HUGO (1802-1885)
#90AuthorClélia (601872) 17 May 11, 07:07
Comment

La vie est un songe

Tout n'est plein ici bas que de vaine apparence,
Ce qu'on donne à sagesse est conduit par le sort,
L'on monte et l'on descend avec pareil effort,
Sans jamais rencontrer l'état de consistance.

Que veiller et dormir ont peu de différence,
Grand maître en l'art d'aimer, tu te trompes bien fort
En nommant le sommeil l'image de la mort,
La vie et le sommeil ont plus de ressemblance.

Comme on rêve en son lit, rêver en la maison,
Espérer sans succès, et craindre sans raison,
Passer et repasser d'une à une autre envie,

Travailler avec peine et travailler sans fruit,
Le dirai-je, mortels, qu'est-ce que cette vie ?
C'est un songe qui dure un peu plus qu'une nuit.

Jacques Vallée Des Barreaux 1599 - 1673
#91Authoremg (454352) 17 May 11, 08:41
Comment
J’ai dû aller jusqu’au Canada pour trouver Eudore Évanturel, Marsupilami! Ce poème me plaît beaucoup, doit-on le lire avec l’accent de là-bas?
#93Authoremg (454352) 17 May 11, 11:33
Comment
@ oopsy: Wie süss dieser Igel ist, ein bisschen bin ich "kindlich" geblieben denn ich mag illustrierte Kinderbücher u. eben solche Clips genauso wie Tiefgründiges bis zum heutigen Tag......:-))

Igel und Agel

Ein Igel saß auf einem Stein
und blies auf einem Stachel sein.
Schalmeiala, schalmeialü!
Da kam sein Feinslieb Agel
und tat ihm schnigel schnagel
zu seinen Melodein.
Schnigula schnagula
schnaguleia lü!

Das Tier verblies sein Flötenhemd ...
,Wie siehst Du aus so furchtbar fremd!?'
Schalmeiala, schalmaialü -.
Feins Agel ging zum Nachbar, ach!
Den Igel aber hat der Bach
zum Weiher fortgeschwemmt.
Wigula wagula
waguleia wü
tü tü ..

(Christian Morgenstern, gest. 1914)
#94Authormoustique (308708) 17 May 11, 11:56
Comment
@ Liebe Moustique, ich finde es wunderbar, wenn man sich ein bisschen Kindlichkeit bewahren konnte! Ab und an einmal "kindisch" zu sein und herzlich lachen und sich kindlich freuen zu können, ist in meinen Augen die beste Lebensmedizin.

Herzlichst oopsy
#95Authoroopsy (491382) 17 May 11, 12:03
Comment
A propos "kindisch", vous souvenez-vous du premier poème appris (par cœur) à l'école ?
Moi, c'est celui-ci :

La biche

La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux :
Son petit faon délicieux
A disparu dans la nuit brune.

Pour raconter son infortune
A la forêt de ses aïeux,
La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux.

Mais aucune réponse, aucune,
A ses longs appels anxieux !
Et le cou tendu vers les cieux,
Folle d'amour et de rancune,
La biche brame au clair de lune.

Maurice ROLLINAT (1846 - 1903)
#96Authorkitine (633017) 17 May 11, 12:09
Comment
Il est dans l'île lointaine
http://a7.idata.over-blog.com/652x894/2/92/14/51/divers/IMAG0024.jpg

Il est dans l'île lointaine
Où dort la péri*,
Sur le bord d'une fontaine,
Un rosier fleuri

Qui s'orne toute l'année
Des plus belles fleurs.
Il est une coupe ornée
De mille couleurs,


Dont le sein de marbre voile
Les flots d'un doux vin.
Il est une blanche étoile
Au rayon divin,


Qui verse de blanches larmes
Au coeur des lys blancs.
Il est un seuil, plein de charmes
Pour mes pas tremblants,


Où je vais poser ma tête
Pour me reposer.
Il est un jardin en fête
Plus doux qu'un baiser,


Qui le soir, au clair de lune,
Tressaille embaumé,
C'est ton front, ta tresse brune,
Ta lèvre, ô Fatmé !

Théodore de Bainville (1823-1891)

*fée dans les contes persans
#97AuthorClélia (601872) 17 May 11, 12:31
Comment
Souvenir

Quand il pâlit un soir, et que sa voix tremblante
S’éteignit tout à coup dans un mot commencé ;
Quand ses yeux, soulevant leur paupière brûlante,
Me blessèrent d’un mal dont je le crus blessé ;
Quand ses traits plus touchants, éclairés d’une flamme
Qui ne s’éteint jamais,
S’imprimèrent vivants dans le fond de mon âme,
Il n’aimait pas, j’aimais !

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)
#98AuthorClélia (601872) 17 May 11, 16:10
Comment
Supervielle: Encore frissonnant et autres poèmes:
http://www.eternels-eclairs.fr/jules-supervielle-florilege-poemes.php#Encore frissonnant

Les liens vers les poèmes ne marchent pas très bien. Faire descendre la page pour voir les textes.

Correction 88: S'égaie en des sujets érotiques...
#99AuthorClélia (601872) 18 May 11, 06:21
Comment
Les Ombres

Trouant de tes rayons sans nombre
Le feuillage léger,
Soleil,
Tu promènes, comme un berger,
Le tranquille troupeau des ombres
Dans les jardins et les vergers.

Dès le matin, par bandes,
Sitôt que le ciel est vermeil,
Elles s’étendent
Des enclos recueillis et des humbles maisons.
Leur masse lente et mobile
Ornent les toits de tuiles
Et les pignons ;
Les angélus des petites chapelles
D’une voix grêle les rappellent ;
Midi les serre en rond
Autour des troncs.
En petits tas, elles prolongent leur sieste
Jusqu’au moment où s’animent les champs :
L’heure sonnant alors joyeuse et preste
Les disperse sur le penchant
Des talus verts et des collines.
Déjà les brouillards fins tissent leurs mousselines
Fines,
Mais les ombres se ravivent encor
Et s’allongent et s’étalent dans le décor
Et le faste sanglant des fleurs et des fruits rouges,
Et ne rentrent qu’au soir où plus ni vent ni bruit
Ne bougent,
Toutes ensemble, au bercail de la nuit.

Émile VERHAEREN (1855-1916)
http://www.flickr.com/photos/diegojack/4655702273/
#100AuthorClélia (601872) 18 May 11, 07:21
Comment
En 1843, Victor Hugo perd sa fille Léopoldine, qui s’est noyée dans la Seine.

J’ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline.

Dans l’âpre escarpement qui sur le flot s’incline,
Que l’aigle connaît seul et seul peut approcher,
Paisible, elle croissait aux fentes du rocher.
L’ombre baignait les flancs du morne promontoire ;
Je voyais, comme on dresse au lieu d’une victoire
Un grand arc de triomphe éclatant et vermeil,
À l’endroit où s’était englouti le soleil,
La sombre nuit bâtir un porche de nuées.
Des voiles s’enfuyaient, au loin diminuées ;
Quelques toits, s’éclairant au fond d’un entonnoir,
Semblaient craindre de luire et de se laisser voir.
J’ai cueilli cette fleur pour toi, ma bien-aimée.
Elle est pâle, et n’a pas de corolle embaumée,
Sa racine n’a pris sur la crête des monts
Que l’amère senteur des glauques goémons ;
Moi, j’ai dit : Pauvre fleur, du haut de cette cime,
Tu devais t’en aller dans cet immense abîme
Où l’algue et le nuage et les voiles s’en vont.
Va mourir sur un cœur, abîme plus profond.
Fane-toi sur ce sein en qui palpite un monde.
Le ciel, qui te créa pour t’effeuiller dans l’onde,
Te fit pour l’océan, je te donne à l’amour. —
Le vent mêlait les flots ; il ne restait du jour
Qu’une vague lueur, lentement effacée.
Oh ! comme j’étais triste au fond de ma pensée
Tandis que je songeais, et que le gouffre noir
M’entrait dans l’âme avec tous les frissons du soir !

Victor Hugo 1802 - 1885
#101Authoremg (454352) 18 May 11, 08:59
Comment
Licht und Schatten

Schwarz ihre Brauen,
Weiß ihre Brust,
Klein mein Vertrauen,
Groß doch die Lust.

Schwatzhaft mit Blicken,
Schweigend den Zung,
Alt das Mißglücken,
Wunsch immer jung;

Arm, was ich brachte,
Reich meine Lieb;
Warm, was ich dachte,
Kalt, was ich schrieb.


Franz Grillparzer (1791 – 1872)
#102AuthorClaus (243211) 18 May 11, 12:48
Comment
Die Venus 2



Vénus,
La joie est morte au jardin de ton corps
Et les grands lys des bras et les glaïeuls des lèvres
Et les grappes de gloire et d'or,
Sur l'espalier mouvant que fut ton corps,
ont morts.

Les cormorans des temps d'octobre ont laissé choir
Plume à plume, leur deuil, au jardin de tes charmes ;

Mélancoliques, les soirs
Ont laissé choir
Leur deuil, sur tes flambeaux et sur tes armes.

Hélas ! Tant d'échos morts et mortes tant de voix !
Au loin, là-bas, sur l'horizon de cendre rouge,
Un Christ élève au ciel ses bras en croix :
Miserere par les grands soirs et les grands bois !

Vénus,
Sois doucement l'ensevelie,
Dans la douceur et la mélancolie

Et dans la mort du jardin clair ;
Mais que dans l'air
Persiste à s'exalter l'odeur immense de ta chair.

Tes yeux étaient dardés, comme des feux d'ardeur,
Vers les étoiles éternelles ;
Et les flammes de tes prunelles
Définissaient l'éternité, par leur splendeur.

Tes mains douces, comme du miel vermeil,
Cueillaient, divinement, sur les branches de l'heure,
Les fruits de la jeunesse à son éveil ;
Ta chevelure était un buisson de soleil ;

Ton torse, avec ses feux de clartés rondes,
Semblait un firmament d'astres puissants et lourds ;
Et quand tes bras serraient, contre ton coeur, l'Amour,
Le rythme de tes seins rythmait l'amour du monde.

Sur l'or des mers, tu te dressais, tel un flambeau.
Tu te donnais à tous comme la terre,
Avec ses fleurs, ses lacs, ses monts, ses renouveaux
Et ses tombeaux.

Mais aujourd'hui que sont venus
D'autres désirs de l'Inconnu,
Sois doucement, Vénus, la triste et la perdue,
Au jardin mort, parmi les bois et les parfums,
Avec, sur ton sommeil, la douceur suspendue
D'une fleur, par l'automne et l'ouragan, tordue.

Tes mains douces, comme du miel vermeil,
Cueillaient, divinement, sur les branches de l'heure,
Les fruits de la jeunesse à son éveil ;
Ta chevelure était un buisson de soleil ;

Ton torse, avec ses feux de clartés rondes,
Semblait un firmament d'astres puissants et lourds ;
Et quand tes bras serraient, contre ton coeur, l'Amour,
Le rythme de tes seins rythmait l'amour du monde.

Sur l'or des mers, tu te dressais, tel un flambeau.
Tu te donnais à tous comme la terre,
Avec ses fleurs, ses lacs, ses monts, ses renouveaux
Et ses tombeaux.

Mais aujourd'hui que sont venus
D'autres désirs de l'Inconnu,
Sois doucement, Vénus, la triste et la perdue,
Au jardin mort, parmi les bois et les parfums,
Avec, sur ton sommeil, la douceur suspendue
D'une fleur, par l'automne et l'ouragan, tordue.

Émile VERHAEREN, gest. 1916

Bien cordialement oopsy
#103Authoroopsy (491382) 18 May 11, 15:13
Comment
Le Remous

Tout se tait maintenant dans la ville. Les rues
Ne retentissent plus sous les lourds tombereaux.
Le gain du jour compté, victimes et bourreaux
S’endorment en rêvant aux richesses accrues ;
Plus de lampe qui luise à travers les carreaux.

Tous dorment en rêvant aux richesses lointaines.
On n’entend plus tinter le métal des comptoirs ;
Parfois, dans le silence, un pas sur les trottoirs
Sonne, et se perd au sein des rumeurs incertaines.
Tout est désert : marchés, théâtres, abattoirs.

Tout bruit se perd au fond d’une rumeur qui roule.
Seul, aux abords vivants des gares, par moment,
Hurle en déchirant l’air un aigu sifflement.
La nuit règne. Son ombre étreint comme une foule.
— Oh ! Ces millions d’yeux sous le noir firmament.

La nuit règne. Son ombre étreint comme un mystère ;
Sous les cieux déployant son crêpe avec lenteur,
Elle éteint le sanglot de l’éternel labeur ;
Elle incline et remplit le front du solitaire ;
Et la vierge qui dort la laisse ouvrir son cœur.

Voici l’heure où le front du poète s’incline ;
Où, comme un tourbillon d’abeilles, par milliers
Volent autour de lui les rêves réveillés
Dont l’essaim bourdonnant quelquefois s’illumine ;
Où dans l’air il surprend des frissons singuliers.

L’insaisissable essaim des rêves qui bourdonne
L’entoure ; et dans son âme où l’angoisse descend
S’agite et s’enfle, avec un reflux incessant,
La houle des désirs que l’espoir abandonne :
Amour, foi, liberté, mal toujours renaissant.

Comme une houle épaisse où fermente la haine
De la vie, en son cœur plus caché qu’un cercueil,
S’élève et vient mourir contre un sinistre écueil
L’incurable dégoût de la clameur humaine
Dont la nuit au néant traîne le vain orgueil !

Léon DIERX (1838-1912)
http://farm1.static.flickr.com/18/70862407_d5ef2ae4c8.jpg
http://www.flickr.com/photos/bunny/70861067/in/photostream/
http://www.flickr.com/photos/bunny/70862111/in/photostream/
http://www.flickr.com/photos/bunny/70860989/in/photostream/

Lausanne, la nuit.
#104AuthorClélia (601872) 18 May 11, 20:43
Comment
Les Constellations

Clydie, au crépuscule assise dans les fleurs,
Regarde, à l’orient, de ses beaux yeux rêveurs
Les constellations, claires géométries,
Au velours bleu du soir fixer leurs pierreries.
Mélanthe les indique et, le doigt vers les cieux,
Les nomme par leurs noms doux et mystérieux :
Pégase, le Dragon, Cassiopée insigne,
Andromède et la Lyre, et la Vierge et le Cygne,
Et le grand Chariot qui brille éblouissant
Et, seul, n’a point de part aux bains de l’Océan.
La majesté des dieux avec l’ombre descend,
Donnant une âme auguste aux choses familières.
Sur le bord opposé du golfe, des lumières
Brillent ; par instants glisse et s’éloigne un bateau.
Le bruit des rames va s’affaiblissant sur l’eau…
Et les amants, dont l’âme au firmament s’abîme,
Enivrés de la nuit transparente et sublime,
Parfois ferment les yeux et soudain, ô douceur !
Retrouvent tout le ciel étoilé dans leur cœur.

Albert SAMAIN (1858-1900)
http://eric.lamarque.free.fr/?images/nuit.jpg
#105AuthorClélia (601872) 18 May 11, 22:31
Comment
Ein einfaches Gedicht, das irgendwie an Wilhelm Busch und Ringelnatz erinnert:

*Verblühter Löwenzahn*
Josef Guggenmos (1922 – 2003)

http://www.schulzens.de/Grundschule/Allgemeines/Gedichte_1/gedichte_1.html#g1-9
(weiter unten)
#106AuthorClaus (243211) 18 May 11, 23:34
Comment
Sous un habit de fleurs, la Nymphe que j'adore

Sous un habit de fleurs, la Nymphe que j'adore,
L'autre soir apparut si brillante en ces lieux,
Qu'à l'éclat de son teint et celui de ses yeux,
Tout le monde la prit pour la naissante Aurore.

La Terre, en la voyant, fit mille fleurs éclore,
L'air fut partout rempli de chants mélodieux,
Et les feux de la nuit pâlirent dans les Cieux,
Et crurent que le jour recommençait encore.

Le Soleil qui tombait dans le sein de Thétis,
Rallumant tout à coup ses rayons amortis,
Fit tourner ses chevaux pour aller après elle.

Et l'Empire des flots ne l'eût su retenir ;
Mais la regardant mieux, et la voyant si belle,
Il se cacha sous l'onde et n'osa revenir.

Vincent Voiture (1597 - 1648)
#107AuthorMarsupilami_24 (654487) 19 May 11, 06:24
Comment
Aha! Oho! Surprise! Surprise!


Humor

Es sitzt ein Vogel auf dem Leim,
er flattert sehr und kann nicht heim.
Ein schwarzer Kater schleicht herzu,
die Krallen scharf, die Augen gluh.
Am Baum hinauf und immer höher
kommt er den armen Vogel näher.
Der Vogel denkt: Weil das so ist,
und weil mich doch der Kater frißt,
so will ich keine Zeit verlieren,
will noch ein wenig quinquilieren
und lustig pfeifen wie zuvor.
Der Vogel, scheint mir, hat Humor.

Wilhelm Busch 1832 - 1908
#108Authoremg (454352) 19 May 11, 08:44
Comment
@ 106

Claus, du hast mich an ein weiteres schönes Gedicht von Guggenmos erinnert. Es wurde unlängst an der Deutschen Schule Rom in einer ersten Klasse zur lyrischen Einführung in das Thema Frühling genutzt. Es heißt "Die Tulpe" und beginnt so:

Dunkel
war alles und Nacht.
In der Erde tief
die Zwiebel schlief,
die braune.
...

Das ganze Gedicht ist über den Link zu finden, den du gepostet hast:

http://www.schulzens.de/Grundschule/Allgemeines/Gedichte_1/gedichte_1.html#g1-7
#109Authormars (236327) 19 May 11, 11:57
Comment
Die Venus 3


Die himmlische und irdische Venus


Mich ließ Apoll auf Parnaßes Höhen
Die himmlische und ird´sche Venus sehen;
Die ein umgab von Tugenden ein Thor:
Ich sah bey ihr die Weisheit selber stehen;
Ihr Finger wieß entfernt des Glückes Thor.
Die zwot´umhüpft von Scherzen und von Freuden,
Warf Rosen aus, sang Amorn lächelnd vor.
Wähl´, sprach Apoll, die würdigste von beyden!
Gelehrter Gott, versetzt ich demuthsvoll:
Gebiete nicht, daß ich sie trennen soll:
Gewähre mir, dan so nur geh ich sicher!
Die für mich selbst, die dort für meine Bücher.

Johann Nikolaus Götz, gest. 1781

Herzlichst oopsy
#110Authoroopsy (491382) 19 May 11, 12:00
Comment
@ moustique qui enrichit régulièrement ce fil de très beaux poèmes:

Souvenir, souvenir... Quelques-uns des poèmes choisis pour toi l'an dernier à l'occasion de ton anniversaire et postés dans l'ex-deuxième jardin (plusieurs d'entre eux - ceux de Dana, oopsy etc. - étaient malheureusement trop récents pour être retranscrits ici):

De Pierrot:

Ganz herzlichen Glückwunsch, moustique!
Dies fand ich (und denk Dir die Jahreszahl zurecht ...)

Friedrich Rückert (1788-1866)

40. Geburtstag

Mit vierzig Jahren ist der Berg erstiegen,
wir stehen still und schau'n zurück,
dort sehen wir der Kindheit stilles liegen
und dort der Jugend lautes Glück.

Noch einmal schau, und dann gekräftigt weiter.
Erhebe deinen Wanderstab!
Hin dehnt ein Bergesrücken sich, ein breiter,
und hier nicht, drüben gehts bergab.

Nicht atmend aufwärts brauchst du mehr zu steigen,
die Ebne zieht von selbst dich fort;
dann wird sie sich mit dir unmerklich neigen,
und eh du's denkst, bist du im Port.

58 Autor Pierrot (236507) 19 May 10 18:02

Ein Gleiches ...

Ich wünsche, dass dein Glück
sich jeden Tag erneue,
dass eine gute Tat
dich jede Stund erfreue!
Und wenn nicht eine Tat,
so doch ein gutes Wort,
das selbst im Guten wirkt,
zu guten Taten fort.
Und wenn kein Wort,
doch ein Gedanke schön und wahr,
der dir die Seele mach
und rings die Schöpfung klar.

Friedrich Rückert (1788-1866)

59 Autor Pierrot (236507) 19 May 10 18:17

De mars:

Und was meint der alte Goethe zum Alter?

Das Alter ist ein höflich Mann:
Einmal übers andre klopft er an;
Aber nun sagt niemand: Herein!
Und vor der Türe will er nicht sein.
Da klinkt er auf, tritt ein so schnell,
Und nun heißt's, er sei ein grober Gesell.

61 Autor mars (236327) 19 May 10 22:34

Tous mes voeux de bonheur et de succès pour cette nouvelle étape de ta vie!

Un peu de nostalgie:

L'anniversaire

Oh ! qui me donnera d'aller dans vos prairies,
Promener chaque jour mes tristes rêveries,
Rivages fortunés où parmi les roseaux
L'Yonne tortueuse égare au loin ses eaux !
Oui, je veux vous revoir, poétiques ombrages,
Bords heureux, à jamais ignorés des orages,
Peupliers si connus, et vous, restes touchants,
Qui m'avez inspiré jadis mes premiers chants

Félix ARVERS (1806-1850)
http://2009sediments.files.wordpress.com/2010/05/bord_de_l_yonne.jpg
#111AuthorClélia (601872) 19 May 11, 13:56
Comment
Die Stadt

Am grauen Strand, am grauen Meer
Und seitab liegt die Stadt;
Der Nebel drückt die Dächer schwer,
Und durch die Stille braust das Meer
Eintönig um die Stadt.

Es rauscht kein Wald, es schlägt im Mai
Kein Vogel ohn Unterlaß;
Die Wandergans mit hartem Schrei
Nur fliegt in Herbstesnacht vorbei,
Am Strande weht das Gras.

Doch hängt mein ganzes Herz an dir,
Du graue Stadt am Meer;
Der Jugend Zauber für und für
Ruht lächelnd doch auf dir, auf dir,
Du graue Stadt am Meer.


Theodor Storm (1817 – 1888)
#112AuthorClaus (243211) 19 May 11, 23:07
Comment
@emg
Je ne connais pas assez bien l'accent québécois pour pouvoir te dire si le poème serait encore plus beau ;-)

Songe, songe Mortel, que tu n'es rien que cendre

Songe, songe Mortel, que tu n'es rien que cendre
Et l'asseuré butin d'un funeste cercueil,
Porte haut tes desseins, porte haut ton orgueil,
Au gouffre du neant il te faudra descendre.

Qu'est enfin un Cesar, et qu'est un Alexandre
Dont les armes ont mis tant de peuples en dueil ?
Ils sont où les grandeurs doivent toutes se rendre
Et toutes se briser comme contre un écueil.

Que ces exemples donc ton esprit humilient,
Et que tes vanitez sous de tels Roys se plient,
Ils furent en leur temps plus que tu n'es au tien !

Cependant il n'en reste après tant de merveilles
Qui furent des humains la perte ou le soustien,
Qu'un peu de poudre au vent, et de bruit aux aureilles.

Charles de Vion d'Alibray (±1600 - ±1653)
#113AuthorMarsupilami_24 (654487) 20 May 11, 06:03
Comment
Dernières paroles du poète

Je vais mourir, je vais bientôt mourir ; qu’on ouvre
La croisée et que j’aie un rayon de soleil
Sur mon lit et la ronde endormeuse des mouches ;
Que tout le jour sourie à mon dernier sommeil ;
Qu’on me couvre de fleurs, que l’air frais du matin
M’apporte encor les clairs effluves du jardin
Où mon frère aux cheveux dorés creuse le sable.
Je vais mourir ; il ne faut pas vous attrister,
Nous sommes ici-bas des roses de passage
Qu’un vent plein de sel pur souffle à l’Eternité.
Mes soeurs, priez, ma mère… ô mère, êtes-vous là ?
Entrelacez mes doigts sans force au crucifix
Et donnez le baiser du soir à votre fils ;
Dites paisiblement : le Seigneur l’appela.
Parlez, souriez-moi, prenez mes mains… Vous êtes
Frémissante et mon coeur vous devine inquiète…
C’est que je fus vraiment un enfant de caresse ;
Ah ! oui, tous les parfums qui font oublier, toutes
Les vénéneuses fleurs qu’on cueille au bord des routes…
Ce fut bref comme un doigt qui descend une harpe
Et mon printemps s’est envolé comme une écharpe.
Vous m’aviez fait tendre et câlin, pardonnez-moi ;
La chair est chose douce à la chair, j’étais jeune,
Et je vous ai caché de plus amers émois,
Quand, ma mère, vous vous cachiez pour pleurer seule.
Mais j’offre ma prière humble et fervente à Dieu
Dont la clarté palpite en moi légère et neuve
Comme un papillon blanc passe sur le ciel bleu.
- La rumeur du dehors ruisselle comme un fleuve ;
Les gens joyeux, leur livre en main, vont à la messe. -
Je sens mon coeur obscur s’éteindre et j’ai des larmes
Aux yeux comme le ciel nocturne a des étoiles.
La vie en moi semble un chant qui s’éloigne et cesse.
J’implore, ô juste Dieu, votre bonté profonde :
Et maintenant, brisez ma ruche dans ce monde,
Qu’ouvrant son vol enfin vers les célestes landes,
Mon âme, fugitive abeille d’or, se fonde
Dans l’essaim frémissant des cloches du dimanche.

28 novembre 1897

Charles GUÉRIN (1873-1907)
http://storage.canalblog.com/19/76/169554/50862736.jpg
#114AuthorClélia (601872) 20 May 11, 06:45
Comment

L'isolement

Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.

Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N'éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : " Nulle part le bonheur ne m'attend. "

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire;
Je ne demande rien à l'immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ;
Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puîs-je, porté sur le char de l'Aurore,
Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi !
Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

Alphonse de Lamartine 1790 - 1869
#115Authoremg (454352) 20 May 11, 08:34
Comment
In emg's wunderschönem Musikfaden habe ich im Zusammenhang mit einem Komponistenrästel ein Gedicht von Théophile Gauthier eingestellt: related discussion: ♫ Moments musicaux II , Beitrag 126.
#116Authormars (236327) 20 May 11, 09:52
Comment
Am Walde

Am Waldsaum kann ich lange Nachmittage,
Dem Kuckuck horchend, in dem Grase liegen;
Er scheint das Tal gemächlich einzuwiegen
Im friedevollen Gleichklang seiner Klage.

Da ist mir wohl, und meine schlimmste Plage,
Den Fratzen der Gesellschaft mich zu fügen,
Hier wird sie mich doch endlich nicht bekriegen,
Wo ich auf eigne Weise mich gehage.

Und wenn die feinen Leute nur erst dächten,
Wie schön Poeten ihre Zeit verschwenden,
Sie würden mich zuletzt noch gar beneiden.

Denn des Sonetts gedrängte Kränze flechten
Sich wie von selber unter meinen Händen,
Indes die Augen in der Ferne weiden.

1830

Eduard Mörike (1804-1875)
214 Autor Claus (243211) 06 Jun 10 00:04
#117AuthorClélia (601872) 20 May 11, 10:04
Comment
Die Venus 4


En ces temps merveilleux où la théologie
Fleurit avec le plus de sève et d'énergie,
On raconte qu'un jour un docteur des plus grands,
Après avoir forcé les cœurs indifférents ;
Les avoir remués dans leurs profondeurs noires ;
- Après avoir franchi vers les célestes gloires
Des chemins singuliers à lui-même inconnus,
Où les purs esprits seuls peut-être étaient venus, -
- Comme un homme monté trop haut, pris de panique,
S'écria, transporté d'un orgueil satanique :
Jésus, petit Jésus ! Je t'ai poussé bien haut !
Mais, si j'avais voulu t'attaquer au défaut
De l'armure, ta honte égalerait ta gloire,
Et tu ne serais plus qu'un fœtus dérisoire !

Immédiatement sa raison s'en alla.
L'éclat de ce soleil d'un crêpe se voila ;
Tout le chaos roula dans cette intelligence,
Temple autrefois vivant, plein d'ordre et d'opulence,
Sous les plafonds duquel tant de pompe avait lui.
Le silence et la nuit s'installèrent en lui,
Comme dans un caveau dont la clef est perdue.
Dès lors il fut semblable aux bêtes de la rue,
Et, quand il s'en allait sans rien voir, à travers
Les champs, sans distinguer les étés des hivers,
Sale inutile et laid comme une chose usée,
Il faisait des enfants la joie et la risée.

Poèmes de Charles Baudelaire, gest. 1867

Herzlichst oopsy
#118Authoroopsy (491382) 20 May 11, 11:38
Comment
Malines

Vers les prés le vent cherche noise
Aux girouettes, détail fin
Du château de quelque échevin,
Rouge de brique et bleu d’ardoise,
Vers les prés clairs, les prés sans fin…

Comme les arbres des féeries,
Des frênes, vagues frondaisons,
Êchelonnent mille horizons
A ce Sahara de prairies,
Trèfle, luzerne et blancs gazons.

Les wagons filent en silence
Parmi ces sites apaisés.
Dormez, les vaches ! Reposez,
Doux taureaux de la plaine immense,
Sous vos cieux à peine irisés !

Le train glisse sans un murmure,
Chaque wagon est un salon
Où l’on cause bas et d’où l’on
Aime à loisir cette nature.
Faite à souhait pour Fénelon.

Paul VERLAINE (1844-1896)

http://images.gadmin.st.s3.amazonaws.com/n8406/images/detail/379210_bam-chateau-...
#119AuthorClélia (601872) 20 May 11, 17:34
Comment
Zum heutigen Thema im Kaffeehaus:
Sandburgen und Sandskulpturen:
related discussion: XIX. Kulturcafé




Eine Welt in einem Sandkorn zu erblicken
Und einen Himmel in einer wilden Blume
Heißt Unendlichkeit in einer Hand zu halten
Und die Ewigkeit in einer Stunde einzuschließen.

William Blake, gest. 1827



Wenn ich dereinst ganz alt und schwach,
und's ist mal ein milder Sommertag,
so hink ich wohl aus dem kleinen Haus
bis unter den Lindenbaum hinaus.
Da setz ich mich dann im Sonnenschein
einsam und still auf die Bank von Stein,
denk an vergangene Zeiten zurücke
und schreibe mit meiner alten Krücke
und mit der alten, zitternden Hand
so vor mir in den Sand.

Wilhelm Busch, gest. 1908



Ein kleines Steinchen rollte munter
von einem hohen Berg herunter.
Und als es durch den Schnee so rollte
ward es viel größer als es wollte.
Da sprach der Stein mit stolzer Miene:
"Jetzt bin ich eine Schneelawine".
Er riß im Rollen noch ein Haus
und sieben große Bäume aus.
Dann rollte er ins Meer hinein
und dort versank der kleine Stein.

Joachim Ringelnatz. gest. 1934

Fortsetzung folgt.

Herzlichst oopsy

#120Authoroopsy (491382) 21 May 11, 08:28
Comment

L'Horloge

Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit: "Souviens-toi!
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;
Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.
Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote: Souviens-toi! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit: Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!
Remember! Souviens-toi! prodigue! Esto memor!
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.
Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh! la dernière auberge!),
Où tout te dira Meurs, vieux lâche! il est trop tard!"

Charles Baudelaire 1821 - 1867
#121Authoremg (454352) 21 May 11, 09:17
Comment
Un très beau poème nostalgique:

Emile Nelligan: Le jardin d'antan:
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/emile_nelligan/le_jardin_d_an...
#122AuthorClélia (601872) 21 May 11, 09:45
Comment
Und hier ein trauriges Gedicht zum Thema "Mohn":

In Flanders Fields

In Flanders fields the poppies blow
Between the crosses, row on row,
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.

We are the dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved, and were loved, and now we lie
In Flanders fields.

Take up our quarrel with the foe:
To you from failing hands we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.

John Alexander McCrae (1872 - 1918)


Auf Flanderns Feldern

Auf Flanderns Feldern blüht der Mohn
Zwischen den Kreuzen, Reihe um Reihe,
Die unseren Platz markieren; und am Himmel
Fliegen die Lerchen noch immer tapfer singend
Unten zwischen den Kanonen kaum gehört.

Wir sind die Toten. Vor wenigen Tagen noch
Lebten wir, fühlten den Morgen und sahen den leuchtenden Sonnenuntergang,
Liebten und wurden geliebt, und nun liegen wir
Auf Flanderns Feldern.

Nehmt auf unseren Streit mit dem Feind:
aus sinkender Hand werfen wir Euch
Die Fackel zu, die Eure sei, sie hoch zu halten.
Brecht Ihr den Bund mit uns, die wir sterben
So werden wir nicht schlafen, obgleich Mohn wächst
Auf Flanderns Feldern.

Zu diesem Gedicht:

http://de.wikipedia.org/wiki/In_Flanders_Fields
#123AuthorDana (236421) 21 May 11, 19:45
Comment
Infiniment triste: le merveilleux poème d'Aragon: Les lilas et les roses:
http://www.tadine.ca/poesie/aragon/lilas.shtml
#124AuthorClélia (601872) 21 May 11, 20:47
Comment
Im Sommer war das Gras so tief,
Daß jeder Wind daran vorüberlief.
Ich habe da dein Blut gespürt
Und wie es heiß zu mir herüberrann.
Du hast nur mein Gesicht berührt.
Da starb er einfach hin, der harte Mann,
Weils solche Liebe nicht mehr gibt...

Ich hab mich in dein rotes Haar verliebt.
Im Feld den ganzen Sommer war
Der rote Mohn so rot nicht wie dein Haar.
Jetzt wird es abgemäht, das Gras,
Die bunten Blumen welken auch dahin.
Und wenn der rote Mohn so blaß
Geworden ist, dann hat es keinen Sinn,
Daß es noch weiße Wolken gibt...

Ich hab mich in dein rotes Haar verliebt.
Du sagst, daß es bald Kinder gibt,
Wenn man sich in dein rotes Haar verliebt,
So rot wie Mohn, so weiß wie Schnee.

Im Herbst da kehren viele Kinder ein,
Warum solls auch bei uns nicht sein?
Du bleibst im Winter auch mein rotes Reh,
Und wenn es tausend schönere gibt...
Ich hab mich in dein rotes Haar verliebt.
(François Villon, gest.1464)
#125Authormoustique (308708) 21 May 11, 20:59
Comment
La chaude Chanson

La guitare amoureuse et l’ardente chanson
Pleurent de volupté, de langueur et de force
Sous l’arbre où le soleil dore l’herbe et l’écorce,
Et devant le mur bas et chaud de la maison.

Semblables à des fleurs qui tremblent sur leur tige,
Les désirs ondoyants se balancent au vent,
Et l’âme qui s’en vient soupirant et rêvant
Se sent mourir d’espoir, d’attente et de vertige.

- Ah ! quelle pâmoison de l’azur tendre et clair !
Respirez bien, mon cœur, dans la chaude rafale,
La musique qui fait le cri vif des cigales,
Et la chanson qui va comme un pollen sur l’air.

Anna de NOAILLES (+ 1933)
http://3.bp.blogspot.com/_LQlsD_r07d0/TEhDT_h_iBI/AAAAAAAAAkw/DmMbKcbIOWA/s1600/...
#126AuthorClélia (601872) 21 May 11, 21:21
Comment
Zu 121: L’horloge / Baudelaire


Die Uhr

Monika Fahrenbach-Wachendorff (*1934)

http://www.mylene-farmer.de/text_dat/pdf_deutungen/ainsi/l_horloge_kompl.pdf
#127AuthorClaus (243211) 22 May 11, 00:15
Comment
Der verliebte Maikäfer

Glühwürmchen, steck's Laternchen an!
ich will ein Ständchen bringen,
zur roten Tulpe führ' mich hin,
da wohnt meine schöne Fliege drin,
die hört so gern mich singen!"

Maikäfer spricht's, der eitle Geck;
er knüpft nach Stutzerweise
sein braunes Röckchen zierlich auf,
zieht kraus die Flügel draus herauf,
und macht sich auf die Reise.

Auf gold'nem Stühlchen saß daheim
schön' Fliege gar app'titlich,
trank ihren Tau in guter Ruh,
aß etwas Blumenstaub dazu
und war so recht gemütlich.

Da leuchtet's durch die rote Wand,
sie war gar fein gewoben;
da summt es drauß,
da wankt und schwankt das Tulpenhaus,
Maikäferchen saß oben.

Schön' Fliege denkt: "Du alter Narr,
du kommst mir recht zu passe!"
Sie fliegt zum Dach und giesset schlau
einen ganzen großen Tropfen Tau
dem Käfer auf die Nase.

Kalt Wasser, von so zarter Hand
auf heißes Blut gegossen,
das kühlt ein ewnig heftig ab,
Maikäfer stürzt im Nu herab,
als wär' er tot geschossen.

Doch kaum erholt er sich vom Schreck,
da spricht er ohn' Verdriessen:
"Das Zuckerkind! wie denkt sie mein!
wollt' mich mit süßem Trank erfreu'n,
tät nur zu viel vergiessen!"

Schön' Fliege macht die Äuglein zu
und meint: der kommt nich wieder;
da summt es drauß, da brummt es drauß,
es wankt und schwankt das Tulpenhaus,
Maikäferchen kam wieder.

Schön' Fliege denkt: "Nun warte, Wicht!
Ich will im Takt dich rütteln!"
Sie fliegt vom Wand zu Wand herum,
daß sich die ganze Tulpenblum',
als wär ein Sturm, muß schütteln.

Wer hoch in Liebesträumen schwebt,
sieht nicht auf Steg und Wegen;
die Tulpenwände waren glatt,
und eh's der Käfer merken tat,
hat unden er gelegen.

Doch kaum erholt er sich vom Schreck,
vergessen war das Leiden:
"O je! wie bin ich doch beglückt,
mein Ständchen hat sie so entzückt,
daß hoch sie sprang vor Freuden!"

Schön' Fliege, bald im Schlummer schon,
sie denkt: der kommt nicht wieder;
da summt es drauß, da brummt es drauß,
es wankt und schwankt das Tulpenhaus,
Maikäferchen kam wieder.

"Jetzt hab' ich den Gesellen satt,
soll mir nicht wieder kommen;
ist nur die Sonne erst erwacht
und hat mein Häuschen aufgemacht,
dann soll's ihm schlecht bekommen!"

Und wie die liebe Sonne
durch die ersten Fügen blinket,
da stürmt im Fluge sie hervor,
schlägt mit den Flügeln ihm um's Ohr,
daß tief ins Gras er sinket.

Doch bald erholt er sich vom Schreck:
"Nun ist mein Glück vollkommen!
Sie wollt' mich küssen offenbar,
da mußte grad ich dummer Narr
ihr untern Flügel kommen!

Glühwürmchen! Glühwürmchen!
Glühwürmchen, lisch dein Lichtchen aus,
mußt nicht so viel vergeuden!
wir brauchen's heute Abend doch,
da kommen wir viel früher noch!
es macht ihr tausend Freuden!


Robert Reinick (1805 – 1852)
#128AuthorClaus (243211) 22 May 11, 02:36
Comment
127 / Merci, Claus, pour la traduction du poème de L'Horloge de Baudelaire: tu possèdes une très grande quantité de poèmes avec leur traduction!


Rèves ambitieux

Si j’avais un arpent de sol, mont, val ou plaine,
Avec un filet d’eau, torrent, source ou ruisseau,
J’y planterais un arbre, olivier, saule ou frêne,
J’y bâtirais un toit, chaume, tuile ou roseau.

Sur mon arbre, un doux nid, gramen, duvet ou laine,
Retiendrait un chanteur, pinson, merle ou moineau.
Sous mon toit, un doux lit, hamac, natte ou berceau,
Retiendrait une enfant, blonde, brune ou châtaine.

Je ne veux qu’un arpent ; pour le mesurer mieux,
Je dirais à l’enfant la plus belle à mes yeux :
« Tiens-toi debout devant le soleil qui se lève ;

Aussi loin que ton ombre ira sur le gazon,
Aussi loin je m’en vais tracer mon horizon. »
— Tout bonheur que la main n’atteint pas n’est qu’un rêve !

Joséphin Soulary 1847 - 1871
#129Authoremg (454352) 22 May 11, 09:57
Comment
Souvenir (extrait)

Le ciel, aux lueurs apaisées,
Rougissait le feuillage épais,
Et d’un soir de mai, doux et frais,
On sentait perler les rosées.

Tout le jour, le long des sentiers,
Vous aviez, aux mousses discrètes,
Cueilli les pâles violettes
Et défleuri les églantiers.

Vous aviez fui, vive et charmée,
Par les taillis, en plein soleil ;
Un flot de sang jeune et vermeil
Pourprait votre joue animée.

L’écho d’argent de votre voix
Avait sonné sous les yeuses,
D’où les fauvettes envieuses
Répondaient toutes à la fois.

Et rien n’était plus doux au monde
Que de voir, sous les bois profonds,
Vos yeux si beaux, sous leurs cils longs,
Etinceler, bleus comme l’onde !

O jeunesse, innocence, azur !
Aube adorable qui se lève !
Vous étiez comme un premier rêve
Qui fleurit au fond d’un coeur pur !

Le souffle des tièdes nuées,
Voyant les roses se fermer,
Effleurait, pour s’y parfumer,
Vos blondes tresses dénouées.

Et déjà vous reconnaissant
A votre grâce fraternelle,
L’Etoile du soir, blanche et belle,
S’éveillait à l’Est pâlissant.

C’est alors que, lasse, indécise,
Rose, et le sein tout palpitant,
Vous vous blottîtes un instant
Dans le creux d’un vieux chêne assise.

Un rayon, par l’arbre adouci,
Teignait de nuances divines
Votre cou blanc, vos boucles fines.
Que vous étiez charmante ainsi !

Autour de vous les rameaux frêles,
En vertes corbeilles tressés,
Enfermaient vos bras enlacés,
Comme un oiseau fermant ses ailes ...

Charles-Marie LECONTE DE LISLE
(1818-1894)
http://www.flickr.com/photos/7208148@N02/4172588506/in/photostream/
Autres œuvres de Monet à droite de l'image.
#130AuthorClélia (601872) 22 May 11, 14:47
Comment
Être aimé

Écoute-moi. Voici la chose nécessaire :
Être aimé. Hors de là rien n'existe, entends-tu ?
Être aimé, c'est l'honneur, le devoir, la vertu,
C'est Dieu, c'est le démon, c'est tout. J'aime, et l'on m'aime.
Cela dit, tout est dit. Pour que je sois moi-même,
Fier, content, respirant l'air libre à pleins poumons,
Il faut que j'aie une ombre et qu'elle dise : Aimons !
Il faut que de mon âme une autre âme se double,
Il faut que, si je suis absent, quelqu'un se trouble,
Et, me cherchant des yeux, murmure : Où donc est-il ?
Si personne ne dit cela, je sens l'exil,
L'anathème et l'hiver sur moi, je suis terrible,
Je suis maudit. Le grain que rejette le crible,
C'est l'homme sans foyer, sans but, épars au vent.
Ah ! celui qui n'est pas aimé, n'est pas vivant.
Quoi, nul ne vous choisit ! Quoi, rien ne vous préfère !
A quoi bon l'univers ? l'âme qu'on a, qu'en faire ?
Que faire d'un regard dont personne ne veut ?
La vie attend l'amour, le fil cherche le noeud.
Flotter au hasard ? Non ! Le frisson vous pénètre ;
L'avenir s'ouvre ainsi qu'une pâle fenêtre ;
Où mettra-t-on sa vie et son rêve ? On se croit
Orphelin ; l'azur semble ironique, on a froid ;
Quoi ! ne plaire à personne au monde ! rien n'apaise
Cette honte sinistre ; on languit, l'heure pèse,
Demain, qu'on sent venir triste, attriste aujourd'hui,
Que faire ? où fuir ? On est seul dans l'immense ennui.
Une maîtresse, c'est quelqu'un dont on est maître ;
Ayons cela. Soyons aimé, non par un être
Grand et puissant, déesse ou dieu. Ceci n'est pas
La question. Aimons ! Cela suffit. Mes pas
Cessent d'être perdus si quelqu'un les regarde.
Ah ! vil monde, passants vagues, foule hagarde,
Sombre table de jeu, caverne sans rayons !
Qu'est-ce que je viens faire à ce tripot, voyons ?
J'y bâille. Si de moi personne ne s'occupe,
Le sort est un escroc, et je suis une dupe.
J'aspire à me brûler la cervelle. Ah ! quel deuil !
Quoi rien ! pas un soupir pour vous, pas un coup d'oeil !
Que le fuseau des jours lentement se dévide !
Hélas ! comme le coeur est lourd quand il est vide !
Comment porter ce poids énorme, le néant ?
L'existence est un trou de ténèbres, béant ;
Vous vous sentez tomber dans ce gouffre. Ah ! quand Dante
Livre à l'affreuse bise implacable et grondante
Françoise échevelée, un baiser éternel
La console, et l'enfer alors devient le ciel.
Mais quoi ! je vais, je viens, j'entre, je sors, je passe,
Je meurs, sans faire rien remuer dans l'espace !
N'avoir pas un atome à soi dans l'infini !
Qu'est-ce donc que j'ai fait ? De quoi suis-je puni ?
Je ris, nul ne sourit ; je souffre, nul ne pleure.
Cette chauve-souris de son aile m'effleure,
L'indifférence, blême habitante du soir.
Être aimé ! sous ce ciel bleu - moins souvent que noir -
Je ne sais que cela qui vaille un peu la peine
De mêler son visage à la laideur humaine,
Et de vivre. Ah ! pour ceux dont le coeur bat, pour ceux
Qui sentent un regard quelconque aller vers eux,
Pour ceux-là seulement, Dieu vit, et le jour brille !
Qu'on soit aimé d'un gueux, d'un voleur, d'une fille,
D'un forçat jaune et vert sur l'épaule imprimé,
Qu'on soit aimé d'un chien, pourvu qu'on soit aimé !

14 mars 1874


Victor HUGO (1802 – 1885)
#131AuthorClaus (243211) 22 May 11, 17:42
Comment
Zum Thema Sand
et particulièrement pour Clélia :-))



Ne souffre pas; tu vois, je suis pourtant moi-même,
Malgré les multiples aspects.
Tu cherchais le repos ? Peut-être que tu m'aimes
Pour cette absence de ta paix !

Concevais-tu vraiment que le bonheur existe ?
Que l'on donne un ordre au destin ?
N'avais-tu donc jamais, d'un oeil lucide et triste,
Vu le lent retour des matins ?

Dans l'immense ouragan où combattent les choses,
Poursuivais-tu d'autres loisirs
Que ces instants secrets où le désir compose
Un baume d'âme et de plaisir ?

- L'amour n'est pas un don qui rend plaisante et stable,
La vie aux sursauts coutumiers;
Il fait mieux mesurer l'immensité des sables,
Le puits distant sous les palmiers !

Les travaux des humains, comme ceux des abeilles,
Vaquent aux soins de la cité,
Mais tout l'effort profond ne rêve et ne conseille
Que l'apaisante volupté;

C'est elle la chétive et complète patrie
Dont l'être est sans cesse exilé;
Acceptons que le sort protège et contrarie
Un voeu toujours renouvelé !

Acceptons que demain, comme aujourd'hui, demeure
Un jour d'espoir et de chagrin;
Il est beau de goûter le plaisir souverain
Dans l'étroit calice d'une heure !

Je refuse de croire à des jours aplanis
Où pour nous deux l'injuste chance
Arrêterait soudain, dans le temps infini,
L'oscillement de ses balances.

Certes j'eusse voulu charger d'un gai bonheur
Ma méditative caresse,
Mais peut-être ai-je mieux apparenté nos coeurs
Si je t'ai donné la tristesse...

Poèmes de Anna de Brancovan,
comtesse de Noailles, gest. 1933

Herzlichst oopsy
#132Authoroopsy (491382) 22 May 11, 18:31
Comment
Merci beaucoup pour la comtesse de Noailles, oopsy:

Encore du sable que j'ai retrouvé dans l'ancien jardin numéro 2, une évocation saisissante du désert postée par mars:

Les éléphants

Le sable rouge est comme une mer sans limite,
Et qui flambe, muette, affaissée en son lit.
Une ondulation immobile remplit
L'horizon aux vapeurs de cuivre où l'homme habite.

Nulle vie et nul bruit. Tous les lions repus
Dorment au fond de l'antre éloigné de cent lieues;
Et la girafe boit dans les fontaines bleues,
Là-bas, sous les dattiers des panthères connus.

Pas un oiseau ne passe en fouettant de son aile
L'air épais ou circule un immense soleil.
Parfois quelque boa, chauffé dans son sommeil,
Fait onduler son dos où l'écaille étincelle.

Tel l'espace enflammé brûlé sous les cieux clairs,
Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes,
Les éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes,
Vont au pays natal à travers les déserts.

D'un point de l'horizon, comme des masses brunes,
Ils viennent, soulevant la poussière, et l'on voit,
Pour ne point dévier du chemin le plus droit,
Sous leur pied large et sûr crouler au loin les dunes.

Celui qui tient la tête est un vieux chef. Son corps
Est gercé comme un tronc que le temps ronge et mine;
Sa tête est comme un roc et l'arc de son échine
Se voûte puissamment à ses moindres efforts.

Sans ralentir jamais et sans hâter sa marche,
Il guide au but certain ses compagnons poudreux
Et, creusant par derrière un sillon sablonneux,
Les pèlerins massifs suivent leur patriarche.

L'oreille en éventail, la trompe entre les dents,
Ils cheminent, l'oeil clos. Leur ventre bat et fume,
Et leur sueur dans l'air embrasé monte en brume,
Et bourdonnent autour mille insectes ardents.

Mais qu'importent la soif et la mouche vorace,
Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé?
Ils rêvent en marchant du pays délaissé,
Des forêts de figuiers où s'abrita leur race.

Ils reverront le fleuve échappé des grands monts,
Ou nage en mugissant l'hippopotame énorme,
Où, blanchis par la lune et projetant leur forme,
Ils descendaient pour boire en écrasant les joncs.

Aussi, pleins de courage et de lenteur, ils passent
Comme une ligne noire, au sable illimité;
Et le désert reprend son immobilité
Quand les lourds voyageurs à l'horizon s'effacent.


(Recueil : poésies barbares)
232 Autor mars (236327) 09 Jun 10 17:00
http://www.foreveryoung.org.uk/Volunteering/images/elephantsC.jpg
#133AuthorClélia (601872) 23 May 11, 08:42
Comment

D’un vanneur de blé, aux vents

A vous, troupe légère,
Qui d'aile passagère
Par le monde volez,
Et d'un sifflant murmure
L'ombrageuse verdure
Doucement ébranlez,

J'offre ces violettes,
Ces lis et ces fleurettes,
Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses,
Tout fraîchement écloses,
Et ces œillets aussi.

De votre douce haleine
Éventez cette plaine,
Éventez ce séjour,
Cependant que j'ahane
A mon blé que je vanne
A la chaleur du jour.

Joachim Du Bellay 1522 – 1560
#134Authoremg (454352) 23 May 11, 09:24
Comment
Da die Sonne so herrlich scheint :

Geh aus mein Herz und suche Freud
In dieser schönen Sommerzeit
An deines Gottes Gaben
Schau an der schönen Gärtenzier
Und siehe wie sie mir und dir
Sich ausgeschmücket haben

Die Bäume stehen voller Laub
Das Erdreich decket seinen Staub
Mit einem grünen Kleide
Narzissen und die Tulipan
Die ziehen sich viel schöner an
Als Salomonis Seide

Die Lerche schwingt sich in die Luft
Das Täublein fliegt auf seiner Kluft
Und macht sich in die Wälder
Die hochbegabte Nachtigall
Ergötzt und füllt mit ihrem Schall
Berg Hügel Tal und Felder

Die Glucke führt ihr Völklein aus
Der Storch baut und bewohnt sein Haus
Das Schwälblein speist die Jungen
Der schnelle Hirsch das leichte Reh
Ist froh und kommt aus seine Höh
In´s tiefe Gras gesprungen

Die Bächlein rauschen in dem Sand
Und malen sich an ihrem Rand
Mit schattenreichen Myrten
Die Wiesen liegen hart dabei
Und klingen ganz vom Lustgeschrei
Der Schaf´ und ihrer Hirten

Die unverdroßne Bienenschar
Fliegt hin und her, sucht hier und da
Ihr edle Honigspeise
Des süßen Weinstocks starker Saft
Bringt täglich neue Stärk’ und Kraft
In seinem schwachen Reise

Der Weizen wächset mit Gewalt
Darüber jauchzet jung und alt
Und rühmt die große Güte
Des, der so überflüssig labt
Und mit so manchem Gut begabt
Das menschliche Gemüte

Ich selber kann und mag nicht ruhn
Des großen Gottes großes Tun
Erweckt mir alle Sinnen
Ich singe mit, wenn alles singt
Und lasse was dem Höchsten klingt
Aus meinem Herzen rinnen

Ach denk ich bist Du hier so schön
Und läßt Du’s uns so lieblich gehn
Auf dieser armen Erde
Was will doch wohl nach dieser Welt
Dort in dem reichen Himmelszelt
Und güldnen Schlosse werden?

Welch hohe Lust, welch heller Schein
Wird wohl in Christi Garten sein!
Wie wird es da wohl klingen?
Da so viel tausend Seraphim
Mit unverdroßnem Mund und Stimm
Ihr Halleluja singen

Oh wär ich da, o stünd ich schon
Ach süßer Gott vor Deinem Thron
Und trüge meine Palmen!
So wollt ich nach der Engel Weis’
Erhöhen Deines Namens Preis,
Mit tausend schönen Psalmen

Doch gleichwohl will ich weil ich noch
Hier trage dieses Leibes Joch
Auch gar nicht stille schweigen.
Mein Herze soll sich fort und fort
An diesem und an allem Ort
Zu Deinem Lobe neigen

Hilf mir und segne meinen Geist
Mit Segen, der vom Himmel fleußt,
Daß ich Dir stetig blühe;
Gib, daß der Sommer Deiner Gnad
In meiner Seele früh und spat
Viel Glaubensfrücht erziehe

Mach in mir Deinem Geiste Raum,
Daß ich Dir werd ein guter Baum,
Und laß mich Wurzeln treiben;
Verleihe, daß zu Deinem Ruhm,
Ich Deines Gartens schöne Blum
Und Pflanze möge bleiben

Erwähle mich zum Paradeis,
Und laß mich bis zur letzten Reis
An Leib und Seele grünen;
So will ich Dir und Deiner Ehr
Allein und sonstern Keinem mehr
Hier und dort ewig dienen

Paul Gerhardt - 1656, (1607 - 1676)
69 Autor Dana (236421) 21 May 10 07:59
#135AuthorClélia (601872) 23 May 11, 13:55
Comment
Thema: Strassen und Wege


Markt und Straßen stehn verlassen,
still erleuchtet jedes Haus;
sinnend geh ich durch die Gassen.
Alles sieht so festlich aus.
An den Fenstern haben Frauen
buntes Spielzeug fromm geschmückt.
Tausend Kindlein stehn und schauen,
sind so wunderstill beglückt.
Und ich wandre aus den Mauern
bis hinaus ins freie Feld.
Hehres Glänzen, heilges Schauern,
wie so weit und still die Welt!
Sterne hoch die Kreise schlingen.
Aus des Schnees Einsamkeit
steigts wie wunderbares Singen.
O du gnadenreiche Zeit!

Joseph Karl Benedikt Freiherr von Eichendorff, gest. 1857

Herzlichst oopsy
#136Authoroopsy (491382) 23 May 11, 19:36
Comment
Als Ergänzung zu 133 ein weiteres Tier-Gedicht von Leconte de Lisle (gest. 1894) aus seinen Poèmes barbares:

Les larmes de l’ours


Le roi des runes vint des collines sauvages.
Tandis qu' il écoutait gronder la sombre mer,
l' ours rugir, et pleurer le bouleau des rivages,
ses cheveux flamboyaient dans le brouillard amer.
Le skalde immortel dit : −quelle fureur t' assiège,
ô sombre mer ? Bouleau pensif du cap brumeux,
pourquoi pleurer ? Vieil ours vêtu de poil de neige,
de l' aube au soir pourquoi te lamenter comme eux ?
− roi des runes ! Lui dit l' arbre au feuillage blême
qu' un âpre souffle emplit d' un longfrissonnement,
jamais, sous le regard du bienheureux qui l' aime,
je n' ai vu rayonner la vierge au col charmant.
− roi des runes ! Jamais, dit la mer infinie,
mon sein froid n' a connu la splendeur de l' été.
J' exhale avec horreur ma plainte d' agonie,
mais joyeuse, au soleil, je n' ai jamais chanté.
− roi des runes ! Dit l' ours, hérissant ses poils rudes,
lui que ronge la faim, le sinistre chasseur ;
que ne suis−je l' agneau des tièdes solitudes
qui paît l' herbe embaumée et vit plein de douceur ! -
et le skalde immortel prit sa harpe sonore :
le chant sacré brisa les neuf sceaux de l' hiver ;
l' arbre frémit, baigné de rosée et d' aurore ;
des rires éclatants coururent sur la mer.
Et le grand ours charmé se dressa sur ses pattes :
l'amour ravit le coeur du monstre aux yeux sanglants.
et, par un double flot de larmes écarlates,
ruissela de tendresse à travers ses poils blancs.
#137Authormars (236327) 23 May 11, 20:49
Comment
Stille Tränen

Du bist vom Schlaf erstanden
Und wandelst durch die Au',
Da liegt ob allen Landen
Der Himmel wunderblau.

So lang du ohne Sorgen
Geschlummert schmerzenlos,
Der Himmel bis zum Morgen
Viel Tränen niedergoss.

In stillen Nächten weinet
Oft mancher aus den Schmerz,
Und morgens dann ihr meinet,
Stets fröhlich sei sein Herz.

Justinus Kerner (1786 -1862)
#138AuthorDana (236421) 23 May 11, 21:03
Comment
Des larmes d'amour récoltées dans l'ancien jardin numéro 2:

'Claire fontaine'

Claire fontaine où rossignole
Un rossignol jamais lassé,
N'es-tu pas le charmant symbole
D'un cher passé ?

Source de fraîche mélodie,
Qui fait fleurir, sous nos frimas,
Ce rosier blanc de Normandie,
Qui ne meurt pas !

À ce bouton de rose blanche,
L'hiver ne fut jamais fatal,
Non plus qu'au chêne qui se penche
Sur ton cristal.

Oh ! c'est une peine immortelle
Qui s'épanche, en larmes d'amour,
Dans la naïve ritournelle
De l'ancien jour.

C'est un reflet des ciels de France,
Ô fontaine, que tu fais voir,
Dans la limpide transparence
De ton miroir.

Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931)
115 Autor Isabelle. (609042) 25 May 10 22:11

#139AuthorClélia (601872) 24 May 11, 07:43
Comment
Des larmes douces-amères...

Le pardon

Pour peu que votre image en mon âme renaisse,
Je sens bien que c’est vous que j’aime encor le mieux.
Vous avez désolé l’aube de ma jeunesse,
Je veux pourtant mourir sans oublier vos yeux,

Ni votre voix surtout, sonore et caressante,
Qui pénétrait mon coeur entre toutes les voix,
Et longtemps ma poitrine en restait frémissante
Comme un luth solitaire encore ému des doigts.

Ah ! j’en connais beaucoup dont les lèvres sont belles,
Dont le front est parfait, dont le langage est doux.
Mes amis vous diront que j’ai chanté pour elles,
Ma mère vous dira que j’ai pleuré pour vous.

J’ai pleuré, mais déjà mes larmes sont plus rares ;
Je sanglotais alors, je soupire aujourd’hui ;
Puis bientôt viendra l’âge où les yeux sont avares,
Et ma tristesse un jour ne sera plus qu’ennui.

Oui, pour avoir brisé la fleur de ma jeunesse,
J’ai peur de vous haïr quand je deviendrai vieux.
Que toujours votre image en mon âme renaisse !
Que je pardonne à l’âme au souvenir des yeux !

René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907)
#140AuthorClélia (601872) 24 May 11, 07:46
Comment
Clélia, ″ton″ poème me plaìt beaucoup !

Le Loup et la Cigogne

Les Loups mangent gloutonnement.
Un Loup donc étant de frairie
Se pressa, dit-on, tellement
Qu'il en pensa perdre la vie :
Un os lui demeura bien avant au gosier.
De bonheur pour ce Loup, qui ne pouvait crier,
Près de là passe une Cigogne.
Il lui fait signe ; elle accourt.
Voilà l'Opératrice aussitôt en besogne.
Elle retira l'os ; puis, pour un si bon tour,
Elle demanda son salaire.
"Votre salaire ? dit le Loup :
Vous riez, ma bonne commère !
Quoi ? ce n'est pas encor beaucoup
D'avoir de mon gosier retiré votre cou ?
Allez, vous êtes une ingrate :
Ne tombez jamais sous ma patte. "

Jean de La Fontaine 1621 – 1695
#141Authoremg (454352) 24 May 11, 10:13
Comment
Da wir in einem dt.-frz. Forum sind, ist vielleicht auch einmal wieder eine Gedicht-Übersetzung interessant. Hier eine dt. Version der La Fontaine-Fabel:

Der Wolf und der Storch

Es schlingt der Wolf mit Gier.
Als einst ein solches Tier
Gelage hielt, geschah's zu seinem Todesschrecken,
Daß ihm ein Knochen blieb in seiner Kehle stecken.
Er meinte schon, er müsse alsobald verrecken,
Da kommt zum Glück für unsern Mann,
Der nicht mehr schrein noch sprechen kann,
Ein Storch vorbei. Dem macht er Zeichen,
Und seiner stummen Sprache schenkt der Storch Gehör:
Er läßt sich mitleidvoll erweichen,
Zu dienen als Operateur.
Er packt den Knochen, zieht mit Kraft
Und hat ihn bald herausgeschafft.
Und nun verlangt er für sein Retterwerk den Lohn.
»Was? Deinen Lohn?« entgegnet ihm der Wolf voll Hohn;
»Mein Freund, du spaßest jedenfalls.
Ist das nicht schon genug, daß heil du deinen Hals
Aus meinem Maul herausgebracht?
O Undank! Lauf und nimm dich ja vor mir in acht!«

Ich stelle fest, dass u. a. der Reimzwang zu erheblichen Unterschieden zwischen den beiden Versionen führt ...
#142Authormars (236327) 24 May 11, 16:58
Comment
142 / Tu as raison, mars, mais le rythme et la couleur diffèrent aussi


L'usage du temps

L'homme n'a rien du temps que l'instant qu'il possède,
Quand le temps est perdu, sa perte est sans remède :
Après tant d'embarras, tant de peine et de bruit,
On se trouve à la fin et sans temps et sans fruit.
Chacun se donne en proie au siècle qui l'entraîne,
Au plaisir qui l'amuse, au dessein qui le gêne,
Et comme s'il régnait une fatale loi,
Chacun fait ce qu'il peut pour n'être point à soi.
Homme trop partagé, possède-toi toi-même,
Fais servir tout le temps à ton bonheur suprême :
Chaque instant recueilli te vaut l'éternité.
Ne perds point tant de biens après la vanité.
N'attends pas à demain ; prends pour toi la journée :
Celle que l'on possède est la plus fortunée.
Le présent te regarde, et non pas l'avenir
Ne laisse point couler ce que tu peux tenir.
L'avare ne dit point : à demain la fortune ;
Il prend pour amasser la rencontre opportune.
Il abandonne au temps son esprit et son corps.
Le temps est son grand bien, le fond de ses trésors.
De notre illusion l'oubli du temps dérive.
De nos sens enchantés la fausse perspective
Nous montre de bien loin la mort et le tombeau ;
Et l'homme après un siècle à mourir est nouveau.
Ainsi perdant les jours, et comptant par années,
Cent ans dans son erreur ne sont que cent journées.
Le temps pousse le temps d'un insensible effort :
Et vivre, c'est toujours s'approcher de la mort. [...]

François Malaval 1627 - 1719
#143Authoremg (454352) 25 May 11, 07:53
Comment
Merci emg! Sur le même thème, un ravissant poème d'Isabelle, posté dans l'ancien jardin:

'Caligula - IIème chant'

De roses vermeilles
Nos champs sont fleuris,
Et le bras des treilles
Tend à nos corbeilles
Ses raisins mûris.

Puisque chaque année
Jetant aux hivers
Sa robe fanée,
Renaît couronnée
De feuillages verts,

Puisque toute chose
S'offre à notre main
Pour qu'elle en dispose,
Effeuillons la rose,
Foulons le raisin ;

Car le temps nous presse
D'un constant effort ;
Hier la jeunesse,
Ce soir la vieillesse,
Et demain la mort.

Étrange mystère !
Chaque homme à son tour
Passe solitaire
Un jour sur la terre ;

Mais pendant ce jour,
De roses vermeilles
Nos champs sont fleuris,
Et le bras des treilles
Tend à nos corbeilles
Ses raisins mûris.

Gérard de NERVAL (1808-1855)

252 Autor Isabelle. (609042) 13 Jun 10 12:14

#144AuthorClélia (601872) 25 May 11, 09:06
Comment
Duft'ger Blüten leise Ranken

Duft'ger Blüten leise Ranken
Sind im Morgenwind erwacht,
Doch die zartesten Gedanken
Schenkte mir die Mitternacht.

Manches Liebchen zu beglücken
Brach ich Rosen früh am Tag,
Doch der Zweig, ein Grab zu schmücken,
Blaß im Licht der Sterne lag.

Heißer Hoffnung heimlich Wähnen
Düftet mir der Morgenstrauß;
Meiner Nächte stille Tränen
Lockt der müde Mond heraus.


Rudolf Presber 1868 - 1935
http://de.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Presber

Herzlichst oopsy
#145Authoroopsy (491382) 25 May 11, 16:02
Comment
Wahrscheinlich deckt sich diese Liste der gemeinfreien Dichter mit der von Claus:

http://hor.de/gedichte/

Herzlichst oopsy
#146Authoroopsy (491382) 25 May 11, 16:07
Comment
Ein subversives, nicht gemeinfreies Erdgebet von Robert Gernhardt:

http://www.womenweb.de/community/usersite/templates/usersite_userarticle.asp?cry...
#147AuthorDana (236421) 25 May 11, 16:23
Comment

Pendant la tempête

La barque est petite et la mer immense ;
La vague nous jette au ciel en courroux,
Le ciel nous renvoie au flot en démence :
Près du mât rompu prions à genoux !

De nous à la tombe, il n'est qu'une planche.
Peut-être ce soir, dans un lit amer,
Sous un froid linceul fait d'écume blanche,
Irons-nous dormir, veillés par l'éclair !

Fleur du paradis, sainte Notre-Dame,
Si bonne aux marins en péril de mort,
Apaise le vent, fais taire la lame,
Et pousse du doigt notre esquif au port.

Nous te donnerons, si tu nous délivres,
Une belle robe en papier d'argent,
Un cierge à festons pesant quatre livres,
Et, pour ton Jésus, un petit saint Jean.

Théophile Gautier 1811 - 1872
#148Authoremg (454352) 26 May 11, 09:17
Comment

An die Träume


Bunte Kinder schwarzer Nacht,
Die ihr Lebensmüden
Oft das Leben reizend macht,
Und mit süßem Frieden

Gern den Traurenden erfreut,
Und dem Hoffnungslosen
Eure Rosenlauben leiht,
Wo ihn Freuden kosen,

Webt aus sanfter Phantasie,
Aus den schönsten Bildern,
Hold wie Engel Melodie,
Wenn sie Himmel schildern -

Ruhig wie des Morgens Gruß,
Wie des Abends Wehen -
Leise, wie der Weste Kuß,
Wie der Elbe Blähen -

Reizend, wie sein eignes Bild -
Träume meinem Holden;
Liebe, die mein Herz erfüllt,
Soll den Traum vergolden.

Sophie Albrecht, gest. 1840
http://de.wikipedia.org/wiki/Sophie_Albrecht


Träume in der Malerei
:
Henri Rousseau: Der Traum
http://www.malerei-meisterwerke.de/images/henri-rousseau-der-traum-08601.jpg

Der falsche Traum
http://www.kunstnet.de/werk/120169-der-falsche-traum

Paulines Traum
http://www.kunstnet.de/werk/26106-paulines-traum

http://www.atelier-popp.de/malerei/bilder/traum_1_g.jpg

Fortsetzung folgt, herzlichst oopsy
#149Authoroopsy (491382) 26 May 11, 11:25
Comment
Merci oopsy pour les rêves -) !

C'est le temps des cerises (voir contributions 2 et 3):

Nous devons ces cerises noires à Dana!

Lob der schwarzen Kirschen

Des Weinstocks Saftgewächse ward
Von tausend Dichtern laut erhoben;
Warum will denn nach Sängerart
Kein Mensch die Kirsche loben?

O die karfunkelfarbne Frucht
In reifer Schönheit ward vor diesen
Unfehlbar von der Frau versucht,
Die Milton hat gepriesen.

Kein Apfel reizet so den Gaum
Und löschet so des Durstes Flammen;
Er mag gleich vom Chineser-Baum
In ächter Abkunft stammen.

Der ausgekochte Kirschensaft
Giebt aller Sommersuppen beste,
Verleiht der Leber neue Kraft
Und kühlt der Adern Aeste;

Und wem das schreckliche Verboth
Des Arztes jeden Wein geraubet,
Der misch ihn mit der Kirsche roth
Dann ist er ihm erlaubet;

Und wäre seine Lunge wund,
Und seine ganze Brust durchgraben:
So darf sich doch sein matter Mund
Mit diesem Tranke laben.

Wenn ich den goldnen Rheinstrandwein
Und silbernen Champagner meide,
Dann Freunde mischt mir Kirschblut drein
Zur Aug- und Zungenweide:

Dann werd′ ich eben so verführt,
Als Eva, die den Baum betrachtet,
So schön gewachsen und geziert,
Und nach der Frucht geschmachtet.

Ich trink und rufe dreymal hoch!
Ihr Dichter singt im Ernst und Scherze
Zu oft die Rose, singet doch
Einmal der Kirschen Schwärze!

Anna Louisa Karsch (1722 - 1791)
196 Autor Dana (236421) 04 Jun 10 11:05
#150AuthorClélia (601872) 26 May 11, 13:51
Comment
Un poème "trop" récent de Léo Larguier, intitulé rêverie, transplanté de l'ancien jardin numéro 2 (il y est également parlé de cerises):

http://les-jardins-de-denise.over-blog.com/article-31278785.html
#151AuthorClélia (601872) 26 May 11, 13:56
Comment
Claus et Isabelle avaient posté le temps des cerises dans les jardins effacés!

Le temps des cerises

Quand nous en serons au temps des cerises,
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête.
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au coeur.
Quand nous en serons au temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court, le temps des cerises,
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles.
Cerises d'amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang.
Mais il est bien court le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant.

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour
Evitez les belles.
Moi qui ne crains pas les peines cruelles,
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour.
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi des chagrins d'amour.

J'aimerai toujours le temps des cerises :
C'est de ce temps-là que je garde au coeur
Une plaie ouverte,
Et dame Fortune, en m'étant offerte,
Ne saurait jamais calmer ma douleur.
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au coeur.

Jean-Baptiste CLEMENT (1837-1903)
191 Autor Isabelle. (609042) 03 Jun 10 20:10

http://www.flickr.com/photos/gillyan9/4743386046/in/photostream/
#152AuthorClélia (601872) 26 May 11, 13:59
Comment
Der Kirschenbaum

Heut hatt' ich einen Kindertraum.
Sein Inhalt war: ein Kirschenbaum,
Sonst nichts. Der war so kirschenschwer,
Man sah von seinem Grün nichts mehr.

Der rote Baum stand ganz allein
Und strahlte nur von Sonnenschein.
Die Kirschen waren wie aus Glas,
Was für ein heller Glanz war das!

Wie ich so in die Kirschen guck',
Aus jeder Kirsche, wie ein Spuk,
In kirschen-, kirschenrotem Licht
Lacht mir entgegen mein Gesicht.

Zehntausend Kirschen sicherlich,
Nicht übertrieben, zählte ich;
Nun stellt euch vor, zehntausendmal
Lacht' ich mich an im Sonnenstrahl!

Da ich schon lange aufgewacht,
Hab' ich noch vor mich hingelacht
Und lag und lag noch halb im Traum
Und lachte in den Kirschenbaum.

Hugo Salus (1866 - 1929)
#153AuthorDana (236421) 26 May 11, 21:06
Comment
Très joli, merci Dana!

De Pierrot:

Voyelles

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A noir, corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grand fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silence traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Arthur Rimbaud (1854-1891)
22 Autor Pierrot (236507) 15 May 10 10:10
#154AuthorClélia (601872) 27 May 11, 06:57
Comment
Ancien jardin numéro 2: d'emg:

Aquarelliste

Yvonne sérieuse au visage pâlot
A pris du papier blanc et des couleurs à l'eau
Puis rempli ses godets d'eau claire à la cuisine.
Yvonnette aujourd'hui veut peindre. Elle imagine
De quoi serait capable un peintre de sept ans.
Ferait-elle un portrait ? Il faudrait trop de temps
Et puis la ressemblance est un point difficile
À saisir, il vaut mieux peindre de l'immobile
Et parmi l'immobile inclus dans sa raison
Yvonnette a fait choix d'une belle maison
Et la peint toute une heure en enfant douce et sage.
Derrière la maison s'étend un paysage
Paisible comme un front pensif d'enfant heureux,
Un paysage vert avec des monts ocreux.
Or plus haut que le toit d'un rouge de blessure
Monte un ciel de cinabre où nul jour ne s'azure.
Quand j'étais tout petit aux cheveux longs rêvant,
Quand je stellais le ciel de mes ballons d'enfant,
Je peignais comme toi, ma mignonne Yvonnette,
Des paysages verts avec la maisonnette,
Mais au lieu d'un ciel triste et jamais azuré
J'ai peint toujours le ciel très bleu comme le vrai.

Guillaume APOLLINAIRE (1880-1918)
29 Autor emg (454352) 16 May 10 10:15
#155AuthorClélia (601872) 27 May 11, 07:03
Comment
D'oopsy:

Der goldne Sonnenschein.

Das gibt der Erde erst den Glanz
Und Weihe der Natur,
Macht ihr zum schönsten Feierkleid
Die blütenärmste Flur,
Macht ihr den Bach zum Perlenband,
Zum Schmuck den schlecht’sten Stein –
Liegt leuchtend über aller Welt
Der goldne Sonnenschein!

O doppelt glücklich, wem dann auch
Des Lebens Sonne glüht!
Wer froh, mit freiem Wandersinn,
Durch Wald und Auen zieht!
Die Lerche schwingt sich jubelnd auf,
Und jauchzend stimmt er ein –
Liegt leuchtend über aller Welt
Der goldne Sonnenschein!

Doch sank auch deines Tags Gestirn,
Und ward es in dir Nacht –
Schau nur hinaus in Gottes Flur,
Wenn alles blitzt und lacht!
Es schleicht sich auch in’s ärmste Herz
Ein Strahl des Lichts hinein,
Liegt leuchtend über aller Welt
Der goldne Sonnenschein!

Ernst Scherenberg
107 Autor oopsy (491382) 25 May 10 12:29
#156AuthorClélia (601872) 27 May 11, 07:19
Comment
De moustique:

Der Rauch de Bertolt Brecht:
51 Autor moustique (308708) 19 May 10 07:36

http://www.busuu.com/topic/1181976/0/quot-der-rauch-quot-und-quot-vergnuegungen-...

Je me permets d'y ajouter:

Fumée

Là-bas, sous les arbres s'abrite
Une chaumière au dos bossu;
Le toit penche, le mur s'effrite,
Le seuil de la porte est moussu.

La fenêtre, un volet la bouche;
Mais du taudis, comme au temps froid
La tiède haleine d'une bouche,
La respiration se voit.

Un tire-bouchon de fumée,
Tournant son mince filet bleu,
De l'âme en ce bouge enfermée
Porte des nouvelles à Dieu.

Théophile Gautier (1811-1872)
http://www.lesbalgyciens.com/peintures/images/chemineefumantepetite.jpg
#157AuthorClélia (601872) 27 May 11, 07:30
Comment
Le temps des cerises est donc déjà passé...?


La cueillette des cerises

Espiègle ! j'ai bien vu tout ce que vous faisiez,
Ce matin, dans le champ planté de cerisiers
Où seule vous étiez, nu-tête, en robe blanche.
Caché par le taillis, j'observais.
Une branche, Lourde sous les fruits mûrs, vous barrait le chemin
Et se trouvait à la hauteur de votre main.
Or, vous avez cueilli des cerises vermeilles,
Coquette ! et les avez mises à vos oreilles,
Tandis qu'un vent léger dans vos boucles jouait.
Alors, vous asseyant pour cueillir un bleuet
Dans l'herbe, et puis un autre, et puis un autre encore,
Vous les avez piqués dans vos cheveux d'aurore ;
Et, les bras recourbés sur votre front fleuri,
Assise dans le vert gazon, vous avez ri ;
Et vos joyeuses dents jetaient une étincelle.
Mais pendant ce temps-là, ma belle demoiselle,
Un seul témoin, qui vous gardera le secret,
Tout heureux de vous voir heureuse, comparait,
Sur votre frais visage animé par les brises,
Vos regards aux bleuets, vos lèvres aux cerises.

François Coppée 1842 – 1908
#158Authoremg (454352) 27 May 11, 09:33
Comment
Le colibri

Le vert colibri, le roi des collines,
Voyant la rosée et le soleil clair
Luire dans son nid tissé d'herbes fines,
Comme un frais rayon s'échappe dans l'air.

Il se hâte et vole aux sources voisines
Où les bambous font le bruit de la mer,
Où l'açoka rouge, aux odeurs divines,
S'ouvre et porte au coeur un humide éclair.

Vers la fleur dorée il descend, se pose,
Et boit tant d'amour dans la coupe rose,
Qu'il meurt, ne sachant s'il l'a pu tarir.

Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée,
Telle aussi mon âme eût voulu mourir
Du premier baiser qui l'a parfumée !

Leconte de Lisle 1818 - 1894
#159Authoremg (454352) 27 May 11, 09:33
Comment
Psst


Träume deine Träume in Ruh.
Wenn du niemandem mehr traust,
Schließe die Türen zu,
Auch deine Fenster,
Damit du nichts mehr schaust.
Sei still in deiner Stille,
Wie wenn dich niemand sieht.

Auch was dann geschieht,
Ist nicht dein Wille.
Und im dunkelsten Schatten
Lies das Buch ohne Wort.
Was wir haben, was wir hatten,
Was wir ...
Eines Morgens ist alles fort.

Ringelnatz, gest. 1934


Die Träumerei von Schumann:
http://www.youtube.com/watch?v=SuxspFxKrD0

Herzlichst oopsy
#160Authoroopsy (491382) 27 May 11, 13:07
Comment
Sehnsucht

Ach, aus dieses Tales Gründen,
Die der kalte Nebel drückt,
Könnt ich doch den Ausgang finden,
Ach wie fühlt ich mich beglückt!
Dort erblick ich schöne Hügel,
Ewig jung und ewig grün!
Hätt ich Schwingen, hätt ich Flügel,
Nach den Hügeln zög ich hin.

Harmonien hör ich klingen,
Töne süßer Himmelsruh,
Und die leichten Winde bringen
Mir der Düfte Balsam zu,
Goldne Früchte seh ich glühen,
Winkend zwischen dunkelm Laub,
Und die Blumen, die dort blühen,
Werden keines Winters Raub.

Ach wie schön muß sich‘s ergehen
Dort im ewgen Sonnenschein,
Und die Luft auf jenen Höhen,
O wie labend muß sie sein!
Doch mir wehrt des Stromes Toben,
Der ergrimmt dazwischen braust,
Seine Wellen sind gehoben,
Daß die Seele mir ergraust.

Einen Nachen seh ich schwanken,
Aber ach! der Fährmann fehlt.
Frisch hinein und ohne Wanken,
Seine Segel sind beseelt.
Du mußt glauben, du mußt wagen,
Denn die Götter leihn kein Pfand,
Nur ein Wunder kann dich tragen
In das schöne Wunderland.


Friedrich Schiller (1759 – 1805)
#161AuthorClaus (243211) 27 May 11, 15:36
Comment
Josephine

Das Hochamt war. Der Morgensonne Blick
Glomm wunderbar im süßen Weihrauchscheine;
Der Priester schwieg; nun brauste die Musik
Vom Chor herab zur Tiefe der Gemeine.
So stürzt ein sonnetrunkner Aar
Vom Himmel sich mit herrlichem Gefieder,
So läßt Jehovens Mantel unsichtbar
Sich stürmend aus den Wolken nieder.

Dazwischen hört` ich eine Stimme wehen,
Die sanft den Sturm der Chöre unterbrach;
Sie schmiegte sich mit schwesterlichem Flehen
Dem süß verwandten Ton der Flöte nach.

Wer ists, der diese Himmelsklänge schickt?
Das Mädchen dort, das so bescheiden blickt.
Ich eile sachte auf die Galerie;
Zwar klopft mein Herz, doch tret ich hinter sie.

Hier konnt` ich denn in unschuldsvoller Lust
Mit leiser Hand ihr festlich Kleid berühren,
Ich konnte still, ihr selber unbewußt,
Die nahe Regung ihres Wesens spüren.

Doch, welch ein Blick und welche Miene,
Als ich das Wort nun endlich nahm,
Und nun der Name Josephine
Mir herzlich auf die Lippen kam!
Welch zages Spiel die braunen Augen hatten!
Wie barg sich unterm tiefgesenkten Schatten
Der Wimper gern die ros`ge Scham!

Und wie der Mund, der eben im Gesang
Die Gottheit noch auf seiner Schwelle hegte,
Sich von der Töne heil`gem Ueberschwang
Zu mir mit schlichter Rede herbewegte!

O dieser Ton - ich fühlt es nur zu bald -
Schlich sich ins Herz und macht es tief erkranken;
Ich stehe wie ein Träumer in Gedanken,
Indes die Orgel nun verhallt,
Die Sängerin vorüberwallt,
Die Kirche aufbricht und die Kerzen wanken.


Eduard Mörike (1804-1875)
#162Authormars (236327) 27 May 11, 21:30
Comment

Es waren drei junge Leute...

Es waren drei junge Leute,
die liebten ein Mädchen so sehr.
Der eine war der Gescheute,
floh zeitig über das Meer.

Er fand eine gute Stelle
und ward seiner Jungend froh,
und lebt als Junggeselle
noch heut auf Borneo.

Der Zweite schied mit Weinen.
Er sang seiner Liebe Leid
und ließ es gebunden erscheinen
just um die Weihnachtszeit.

Das kalte Herz seiner Dame,
die Quelle all seines Wehs,
macht ihm die schönste Reklame
auf allen ästhetischen Tees.

Der Dritte nur war dämlich,
wie sich die Welt erzählt.
Er liebte die Holde nämlich
und hat sich mit ihr vermählt;

Und sitzt jetzt ganz bescheiden
dabei mit dummen Gesicht,
wenn sie von den anderen beiden
mit Tränen im Auge spricht.

Ludwig Eichrodt 1827 - 1892
#163Authoremg (454352) 28 May 11, 09:01
Comment
Les Saisons


Transformant les horizons
Où les nuages s’amassent,
D’un pas léger les Saisons
Passent.

L’Hiver frileux et subtil,
Parmi son pâle cortège,
Est blanc comme un lys, quand il
Neige.

Le Printemps, dans les palais
Sous ses fleurs cache les marbres,
Et pose des nids dans les
Arbres.

Sous les grands cieux triomphants,
L’Été, plein d’apothéoses,
Dore les fronts des enfants
Roses;

Et le rouge Automne, cher
Au vendangeur, nous enseigne
Par son raisin dont la chair
Saigne.

Théodore de BANVILLE (1823-1891)
#164AuthorClélia (601872) 28 May 11, 09:16
Comment
Les Saisons


Transformant les horizons
Où les nuages s’amassent,
D’un pas léger les Saisons
Passent.

L’Hiver frileux et subtil,
Parmi son pâle cortège,
Est blanc comme un lys, quand il
Neige.

Le Printemps, dans les palais
Sous ses fleurs cache les marbres,
Et pose des nids dans les
Arbres.

Sous les grands cieux triomphants,
L’Été, plein d’apothéoses,
Dore les fronts des enfants
Roses;

Et le rouge Automne, cher
Au vendangeur, nous enseigne
Par son raisin dont la chair
Saigne.

Théodore de BANVILLE (1823-1891)
http://www.nikibar.com/expositions/peintures-HW/Les_saisons.jpg
#165AuthorClélia (601872) 28 May 11, 09:18
Comment

Eilt die Sonne...

Eilt die Sonne nieder zu dem Abend,
Löscht das kühle Blau in Purpurgluten,
Dämmrungsruhe trinken alle Gipfel.

Jauchzt die Flut hernieder silberschäumend,
Wallt gelassen nach verbrauster Jugend,
Wiegt der Sterne Bild im Wogenspiegel.

Hängt der Adler, ruhend hoch in Lüften,
Unbeweglich wie in tiefem Schlummer;
Regt kein Zweig sich, schweigen alle Winde.

Lächelnd mühelos in Götterrhythmen,
Wie den Nebel Himmelsglanz durchschreitet,
Schreitet Helios schwebend über Fluren.

Feucht vom Zaubertau der heil'gen Lippen
Strömt sein Lied den Geist von allen Geistern
Strömt die Kraft von allen Kräften nieder

In der Zeiten Schicksalsmelodien,
Die harmonisch ineinander spielen
Wie in Blumen hell und dunkle Farben.

Und verjüngter Weisheit frische Gipfel,
Hebt er aus dem Chaos alter Lügen
Aufwärts zu dem Geist der Ideale.

Wiegt dann sanft die Blumen an dem Ufer,
Die sein Lied von süßem Schlummer weckte,
Wieder durch ein süßes Lied in Schlummer.

Hätt ich nicht gesehen und gestaunet,
Hätt ich nicht dem Göttlichen gelauschet,
Und ich säh den heil'gen Glanz der Blumen,

Säh des frühen Morgens Lebensfülle,
Die Natur wie neugeboren atmet,
Wüßt ich doch, es ist kein Traum gewesen.

Bettina von Arnim, gest. 1859

Herzlichst oopsy
#166Authoroopsy (491382) 28 May 11, 10:31
Comment
Encore une larme!

Diamant du coeur

Tout amoureux, de sa maîtresse,
Sur son coeur ou dans son tiroir,
Possède un gage qu'il caresse
Aux jours de regret ou d'espoir.

L'un d'une chevelure noire,
Par un sourire encouragé,
A pris une boucle que moire
Un reflet bleu d'aile de geai.

L'autre a, sur un cou blanc qui ploie,
Coupé par derrière un flocon
Retors et fin comme la soie
Que l'on dévide du cocon.

Un troisième, au fond d'une boîte,
Reliquaire du souvenir,
Cache un gant blanc, de forme étroite,
Où nulle main ne peut tenir.

Cet autre, pour s'en faire un charme,
Dans un sachet, d'un chiffre orné,
Coud des violettes de Parme,
Frais cadeau qu'on reprend fané.

Celui-ci baise la pantoufle
Que Cendrillon perdit un soir ;
Et celui-ci conserve un souffle
Dans la barbe d'un masque noir.

Moi, je n'ai ni boucle lustrée,
Ni gant, ni bouquet, ni soulier,
Mais je garde, empreinte adorée
Une larme sur un papier :

Pure rosée, unique goutte,
D'un ciel d'azur tombée un jour,
Joyau sans prix, perle dissoute
Dans la coupe de mon amour !

Et, pour moi, cette obscure tache
Reluit comme un écrin d'Ophyr,
Et du vélin bleu se détache,
Diamant éclos d'un saphir.

Cette larme, qui fait ma joie,
Roula, trésor inespéré,
Sur un de mes vers qu'elle noie,
D'un oeil qui n'a jamais pleuré !

Théophile GAUTIER (1811-1872)
#167AuthorClélia (601872) 28 May 11, 16:40
Comment
Jägers Abendlied

Im Felde schleich' ich still und wild,
Gespannt mein Feuerrohr,
Da schwebt so licht dein lieblich Bild,
Dein süßes Bild mir vor.

Du wandelst jetzt wohl still und mild
Duch Feld und liebes Tal,
Und ach! mein schnell verrauchend Bild,
Stellt sich dir's nicht einmal?

Des Menschen, der die Welt durchstreift
Voll Unmut und Verdruß,
Nach Osten und nach Westen schweift,
Weil er dich lassen muß.

Mir ist es, denk' ich nur an dich,
Als in den Mond zu sehn;
Ein stiller Friede kommt auf mich;
Weiß nicht, wie mir geschehn.


Johann Wolfgang von Goethe (1749 – 1832)
#168AuthorClaus (243211) 28 May 11, 18:51
Comment
Etoile du soir

Pâle étoile du soir, messagère lointaine,
Dont le front sort brillant des voiles du couchant,
De ton palais d’azur, au sein du firmament,
Que regardes-tu dans la plaine ?

La tempête s’éloigne, et les vents sont calmés.
La forêt, qui frémit, pleure sur la bruyère ;
Le phalène doré, dans sa course légère,
Traverse les prés embaumés.

Que cherches-tu sur la terre endormie ?
Mais déjà vers les monts je te vois t’abaisser ;
Tu fuis, en souriant, mélancolique amie,
Et ton tremblant regard est près de s’effacer.

Étoile qui descends vers la verte colline,
Triste larme d’argent du manteau de la Nuit,
Toi que regarde au loin le pâtre qui chemine,
Tandis que pas à pas son long troupeau le suit, -

Étoile, où t’en vas-tu, dans cette nuit immense ?
Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux ?
Où t’en vas-tu si belle, à l’heure du silence,
Tomber comme une perle au sein profond des eaux ?

[...]

Alfred de MUSSET (1810-1854)
#169AuthorClélia (601872) 28 May 11, 21:07
Comment
*Le Possédé*

Le soleil s'est couvert d'un crêpe. Comme lui,
Ô Lune de ma vie! emmitoufle-toi d'ombre
Dors ou fume à ton gré; sois muette, sois sombre,
Et plonge tout entière au gouffre de l'Ennui;

Je t'aime ainsi! Pourtant, si tu veux aujourd'hui,
Comme un astre éclipsé qui sort de la pénombre,
Te pavaner aux lieux que la Folie encombre
C'est bien! Charmant poignard, jaillis de ton étui!

Allume ta prunelle à la flamme des lustres!
Allume le désir dans les regards des rustres!
Tout de toi m'est plaisir, morbide ou pétulant;

Sois ce que tu voudras, nuit noire, rouge aurore;
II n'est pas une fibre en tout mon corps tremblant
Qui ne crie: Ô mon cher Belzébuth, je t'adore!


Charles BAUDELAIRE (1821 – 1867)




Der Besessene

Die Sonne überzog ein Schleier. Wie ihr Strahl,
O meines Lebens Mond, hüll dich in warme Schatten;
Umwölk dich oder schlaf! Sei stumm, und im Ermatten
Vergeh und sinke in der Leere nächtig Tal!

So lieb ich dich! Doch wenn du heut mit einem Mal,
Wie Sterne neu erglühn, die sich verdunkelt hatten,
Der Tollheit deinen Glanz zu schauen willst gestatten,
So ist es gut! Entfahr der Scheide, scharfer Stahl!

Entzünde deinen Blick an tausend Kerzenlichtern,
Entzünde die Begier in fühllosen Gesichtern!
Nur Lust kommt mir von dir, Kraft oder Müdigkeit;

Sei alles, was du willst, schwarz Dunkel, rote Frühe,
Kein Nerv ist mir im Leib, der nicht erbebt und schreit:
Mein Fürst Beelzebub! Du bists, für den ich glühe!


Wolf Graf von Kalckreuth (1887 – 1906)
#170AuthorClaus (243211) 28 May 11, 21:16
Comment

Pech

Wahrlich aus mir hätte vieles
Werden können in der Welt,
Hätte tückisch nicht mein Schicksal
Sich mir in den Weg gestellt.

Hoher Ruhm war zu erwerben,
Wenn die Waffen ich erkor;
Mich den Kugeln preis zu geben,
War ich aber nicht der Thor.

Um der Musen Gunst zu buhlen
War ich minder schon entfernt;
Ein Gelehrter wär' ich worden,
Hätt' ich lesen nur gelernt.

Bei den Frauen, sonder Zweifel,
Hätt' ich noch mein Glück gemacht,
Hätten sie mich aller Orten
Nicht unmenschlich ausgelacht.

Wie zum reichen Mann geboren,
Hätt' ich diesen Stand erwählt,
Hätte nicht vor allen Dingen
Immer mir das Geld gefehlt.

Ueber einen Staat zu herrschen,
War vor allen ich der Mann,
Meine Gaben und Talente
Wiesen diesen Platz mir an.

König hätt' ich werden sollen,
Wo man über Fürsten klagt.
Doch mein Vater war ein Bürger,
Und das ist genug gesagt.

Wahrlich aus mir hätte vieles
Werden können in der Welt,
Hätte tückisch nicht mein Schicksal
Sich mir in den Weg gestellt.

Adelbert von Chamisso 1781 - 1838
#171Authoremg (454352) 29 May 11, 09:49
Comment
En guise d'arc en ciel, le dimanche matin

En guise d'arc en ciel, le dimanche matin,
Neufiesme jour d'octobre apparut une dame :
Son oeil estoit si clair que de sa vive flame,
Il eut pu faire fondre un roc diamantin.

Tout le peuple flechit son courage mutin
Esprit de grand' merveille, et jetta l'oeil et l'ame
Bien hautement en l'air ou l'horison s'enflamme,
De ceste impression que formoit le destin.

Un soleil jeune et beau, malgré l'obscure nue,
En riant luy monstroit sa face revenue,
Apres avoir long temps autre part esclairé :

Il luy communiqua ses lumieres plus belles
Il borda son habit des couleurs naturelles,
De vert, de rouge brun, de jaune et d'azuré.

Guillaume LE BRETON (1550-?)
#172Authorkitine (633017) 29 May 11, 10:44
Comment
Larmes

Larmes aux fleurs suspendues,
Larmes de sources perdues
Aux mousses des rochers creux ;

Larmes d'automne épandues,
Larmes de cors entendues
Dans les grands bois douloureux ;

Larmes des cloches latines,
Carmélites, Feuillantines...
Voix des beffrois en ferveur ;

Larmes, chansons argentines
Dans les vasques florentines
Au fond du jardin rêveur ;

Larmes des nuits étoilées,
Larmes de flûtes voilées
Au bleu du pare endormi ;

Larmes aux longs cils perlées,
Larmes d'amante coulées
Jusqu'à l'âme de l'ami ;

Gouttes d'extase, éplorement délicieux,
Tombez des nuits ! Tombez des fleurs ! Tombez des yeux !

Et toi, mon coeur, sois le doux fleuve harmonieux,
Qui, riche du trésor tari des urnes vides,
Roule un grand rêve triste aux mers des soirs languides.

Albert SAMAIN (1858-1900)
http://www.flickr.com/photos/jeremyflavien/3422745875/in/photostream/
#173AuthorClélia (601872) 29 May 11, 14:24
Comment

Kokain

Wände
Tisch
Schatten und Katzen
Grüne Augen
Viele Augen
Millionenfache Augen
Das Weib
Nervöses zerflatterndes Begehren
Aufflackerndes Leben
Schwälende Lampe
Tanzender Schatten
Kleiner Schatten
Großer Schatten
Der Schatten
Oh - der Sprung über den Schatten
Er quält dieser Schatten
Er martert dieser Schatten
Er frißt mich dieser Schatten
Was will dieser Schatten
Kokain

Aufschrei
Tiere
Blut
Alkohol
Schmerzen
Viele Schmerzen
Und die Augen
Die Tiere
Die Mäuse
Das Licht
Dieser Schatten
Dieser schrecklich große schwarze Schatten.

Anita Berber, gest. 1928
http://de.wikipedia.org/wiki/Anita_Berber

oopsy
#174Authoroopsy (491382) 29 May 11, 15:25
Comment
Fantaisie

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très-vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C'est sous Louis treize; et je crois voir s'étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue... et dont je me souviens !

Gérard de NERVAL (1808-1855)
#175AuthorClélia (601872) 30 May 11, 08:09
Comment

Douce et belle bouchelette

Ainsi, ma douce guerrière
Mon coeur, mon tout, ma lumière,
Vivons ensemble, vivons
Et suivons

Les doux sentiers de la jeunesse :
Aussi bien une vieillesse
Nous menace sur le port,
Qui, toute courbe et tremblante,
Nous entraîne chancelante
La maladie et la mort.

Rémy Belleau 1528 – 1577
#176Authoremg (454352) 30 May 11, 10:02
Comment

Ich denke dein

Ich denke dein, wenn sich im Blütenregen
Der Frühling malt,
Und wenn des Sommers mildgereifter Segen
In Ähren strahlt.

Ich denke dein, wenn sich das Weltmeer tönend
Gen Himmel hebt,
Und vor der Wogen Wut das Ufer stöhnend
Zurücke bebt.

Ich denke dein, wenn sich der Abend rötend
Im Hain verliert,
Und Philomelens Klage leise flötend
Die Seele rührt.

Beim trüben Lampenschein in bittren Leiden
Gedacht ich dein;
Die bange Seele flehte nah am Scheiden:
Gedenke mein!

Ich denke dein, bis wehende Zypressen
Mein Grab umziehen;
Und auch in Tempes Hain soll unvergessen
Dein Name blühn.

Friederike Sophie Christiane Brun, gest. 1835

Herzlichst oopsy
#177Authoroopsy (491382) 30 May 11, 10:39
Comment
Besonders für Clélia und Isabelle, die Nerval sehr schätzen ...

Une femme est l'amour


Une femme est l'amour, la gloire et l'espérance ;
Aux enfants qu'elle guide, à l'homme consolé,
Elle élève le coeur et calme la souffrance,
Comme un esprit des cieux sur la terre exilé.

Courbé par le travail ou par la destinée,
L'homme à sa voix s'élève et son front s'éclaircit ;
Toujours impatient dans sa course bornée,
Un sourire le dompte et son coeur s'adoucit.

Dans ce siècle de fer la gloire est incertaine :
Bien longtemps à l'attendre il faut se résigner.
Mais qui n'aimerait pas, dans sa grâce sereine,
La beauté qui la donne ou qui la fait gagner ?


Gérard de NERVAL (1808-1855)
#178Authormars (236327) 30 May 11, 19:21
Comment
Le matin

Le voile du matin sur les monts se déploie.
Vois, un rayon naissant blanchit la vieille tour;
Et déjà dans les cieux s'unit avec amour,
Ainsi que la gloire à la joie,
Le premier chant des bois aux premiers feux du jour.

Oui, souris à l'éclat dont le ciel se décore! -
Tu verras, si demain le cercueil me dévore,
Un soleil aussi beau luire à ton désespoir,
Et les mêmes oiseaux chanter la même aurore,
Sur mon tombeau muet et noir!

Mais dans l'autre horizon l'âme alors est ravie.
L'avenir sans fin s'ouvre à l'être illimité.
Au matin de l'éternité
On se réveille de la vie,
Comme d'une nuit sombre ou d'un rêve agité.

Victor HUGO (1802 – 1885)


Der Morgen

O sieh den Morgen lächelnd sich entschleiern,
O sieh den Turm, wie er von Strahlen glüht.
Horch! Wie dem Ruhm die Freude, zieht
Des jungen Tages ersten Feuern
Entgegen schon der Wälder erstes Lied.

Ja, lächle nur bei all dem Schönen.
Dieselbe Sonne leuchtet deinen Tränen,
Wenn morgen mich der dunkle Sarg verschlingt.
Ob meinem Grabe von denselben Tönen
Erschallt der Wald, davon er heute klingt?

Dann aber wird die Seele selig schweben
Im Grenzenlosen über Raum und Zeit.
Im Morgenrot der Ewigkeit
Wird man erwachen einst vom Leben,
Gleichwie aus wüster Traumgesichte Streit.


Übersetzung: Ferdinand Freiligrath (1810 – 1876)
#179AuthorClaus (243211) 30 May 11, 20:04
Comment
Lied aus dem Spanischen

Gestern liebt ich,
Heute leid ich,
Morgen sterb ich:
Dennoch denk ich
Heut und morgen
Gern an gestern.

G.E. Lessing (1729 - 1781)

65 Autor Dana (236421) 20 May 10 09:49

#180AuthorClélia (601872) 31 May 11, 07:14
Comment
Unruhige Nacht

Heut ward mir bis zum jungen Tag
Der Schlummer abgebrochen,
Im Herzen ging es Schlag auf Schlag
Mit Hämmern und mit Pochen.
Als trieb sich eine Bubenschar
Wild um in beiden Kammern,
Gewährt hat, bis es Morgen war,
Das Klopfen und das Hammern.
Nun weist es sich bei Tagessschein,
Was drin geschafft die Rangen;
Sie haben mir im Herzensschrein
Dein Bildnis aufgehangen!

Conrad Ferdinand Meyer (1825-1898)

70 Autor moustique (308708) 21 May 10 08:14

#181AuthorClélia (601872) 31 May 11, 07:20
Comment
Beaucoup de cavaliers noirs et inquiétants galopent dans l'ancien jardin numéro 2. Nous devons celui-ci à Claus:

Der schwarze Ritter

Pfingsten war, das Fest der Freude,
Das da feiern Wald und Heide.
Hub der König an zu sprechen:
»Auch aus den Hallen
Der alten Hofburg allen
Soll ein reicher Frühling brechen!«

Trommeln und Trommeten schallen,
Rote Fahnen festlich wallen.
Sah der König vom Balkone;
In Lanzenspielen
Die Ritter alle fielen
Vor des Königs starkem Sohne.

Aber vor des Kampfes Gitter
Ritt zuletzt ein schwarzer Ritter.
»Herr! wie ist Eur Nam und Zeichen?«
»Würd ich es sagen,
Ihr möchtet zittern und zagen,
Bin ein Fürst von großen Reichen.«

Als er in die Bahn gezogen,
Dunkel ward des Himmels Bogen,
Und das Schloß begann zu beben.
Beim ersten Stoße
Der Jüngling sank vom Rosse,
Konnte kaum sich wieder heben.

Pfeif und Geige ruft zu Tänzen,
Fackeln durch die Säle glänzen;
Wankt ein großer Schatten drinnen.
Er tät mit Sitten
Des Königs Tochter bitten,
Tät den Tanz mit ihr beginnen.

Tanzt im schwarzen Kleid von Eisen,
Tanzet schauerliche Weisen,
Schlingt sich kalt um ihre Glieder.
Von Brust und Haaren
Entfallen ihr die klaren
Blümlein welk zur Erde nieder.

Und zur reichen Tafel kamen
Alle Ritter, alle Damen.
Zwischen Sohn und Tochter innen
Mit bangem Mute
Der alte König ruhte,
Sah sie an mit stillem Sinnen.

Bleich die Kinder beide schienen;
Bot der Gast den Becher ihnen:
»Goldner Wein macht euch genesen.«
Die Kinder tranken,
Sie täten höflich danken:
»Kühl ist dieser Trunk gewesen.«

An des Vaters Brust sich schlangen
Sohn und Tochter; ihre Wangen
Täten völlig sich entfärben.
Wohin der graue,
Erschrockne Vater schaue,
Sieht er eins der Kinder sterben.

»Weh! die holden Kinder beide
Nahmst du hin in Jugendfreude,
Nimm auch mich, den Freudelosen!«
Da sprach der Grimme
Mit hohler, dumpfer Stimme:
»Greis! im Frühling brech ich Rosen. «


Ludwig Uhland (1787 – 1862)
76 Autor Claus (243211) 21 May 10 14:18

#182AuthorClélia (601872) 31 May 11, 07:31
Comment
Un tableau saisissant de Horace Vernet illustrant la ballade de Lénore de Gottfried August Bürger.
http://www.bloodylucy.com/images/illustrationsarticles/VernetLabaladedeLenore.jp...

Cette ballade raconte la chevauchée nocturne du spectre d'un chevalier qui entraîne sa fiancée dans la mort.
http://de.wikisource.org/wiki/Leonore

en français:
http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre1642.html#page_1

voir aussi sur le thème du cavalier noir: 76, 92, 62 et 182
#183AuthorClélia (601872) 31 May 11, 07:46
Comment

Möwenflug

Möwen sah um einen Felsen kreisen
Ich in unermüdlich gleichen Gleisen,
Auf gespannter Schwinge schweben bleibend,
Eine schimmernd weiße Bahn beschreibend,
Und zugleich im grünen Meeresspiegel
Sah ich um dieselben Felsenspitzen
Eine helle Jagd gestreckter Flügel
Unermüdlich durch die Tiefe blitzen.
Und der Spiegel hatte solche Klarheit,
Daß sich anders nicht die Flügel hoben
Tief im Meer, als hoch in Lüften oben,
Daß sich völlig glichen Trug und Wahrheit.
Allgemach beschlich es mich wie Grauen,
Schein und Wesen so verwandt zu schauen,
Und ich fragte mich, am Strand verharrend,
Ins gespenstische Geflatter starrend:
Und du selber? Bist du echt beflügelt?
Oder nur gemalt und abgespiegelt?
Gaukelst du im Kreis mit Fabeldingen?
Oder hast du Blut in deinen Schwingen?

Conrad Ferdinand Meyer 1825 - 1898
#184Authoremg (454352) 31 May 11, 08:49
Comment

Das Auge flog voran

Das Auge flog voran.
Im Stern verstrickt der Fuß.
Die hingerissene Sonne
Sinkt im Spiegel.
Um jede Wassermühle
Blutet Licht.


Die Tänzerin

Denn tanzen muss sie.
Dem tollen Rad verflochten
Gliedert sie Chaos,
Schwendet Quellen,
Stampft zuckende Krater.
Im Drang
Des großen Taktes
Tanzt sie Gestirne.

Bess Brenck-Kalischer, gest. 1933
http://de.wikipedia.org/wiki/Bess_Brenck-Kalischer


Tänzerinnen in der Malerei:

Degas
http://www1.artflakes.com/artwork/products/136782/poster/136782.jpg?1287599196

Blaue Tänzerinnen
http://www0.artflakes.com/artwork/products/136759/poster/136759.jpg?1287591043

Russische Tänzerinnen
http://media.kunst-fuer-alle.de/img/41/m/41_00037871~russische-taenzerinnen.jpg

Natürlich kommt er auch noch :-))
http://images.easyart.com/i/prints/rw/de_easyart/sm/2/5/Jane-Avril--1899-Henri-d...

http://www.oceansbridge.com/paintings/german/Henri_de_Toulouse-Lautrec_031_OBNP2...

http://cache2.allpostersimages.com/p/LRG/8/867/WB8J000Z/poster/toulouse-lautrec-...

Slow, slow, quick, quick, slow .........

Herzlichst oopsy

#185Authoroopsy (491382) 31 May 11, 10:01
Comment
Un peu sur le même thème que le poème de Nerval posté par mars et pour lequel je le remercie.

J’allais par des chemins perfides

J’allais par des chemins perfides,
Douloureusement incertain.
Vos chères mains furent mes guides.

Si pâle à l’horizon lointain
Luisait un faible espoir d’aurore ;
Votre regard fut le matin.

Nul bruit, sinon son pas sonore,
N’encourageait le voyageur.
Votre voix me dit : " Marche encore !"

Mon cœur craintif, mon sombre cœur
Pleurait, seul, sur la triste voie ;
L’amour, délicieux vainqueur,

Nous a réunis dans la joie.

Paul VERLAINE (1844-1896)
http://cdafal68.org/wp-content/gallery/chemins/chemin_lac_montagne.jpg
#186AuthorClélia (601872) 31 May 11, 18:15
Comment
Traum vom Fliegen

Und wieder mir träumte, ich wäre geflogen,
und diesesmal war es doch sicherlich wahr,
denn ich hatte so leicht wie die Luft ja gewogen
und hatte die Knie an den Körper gezogen,
und es ging wie im Flug, im beherztesten Bogen
hoch über der schwergewichtigen Schar,
es war keine Täuschung, ich war nicht betrogen,
es flogen die Stunden, die Tage, das Jahr.

Mit fliegenden Hoffnungen vollgesogen,
so wach' ich mit müderen Gliedern auf.
Zu Lande ist Leben; und angelogen,
vom leichtesten Trug an der Nase gezogen,
aus allen Himmeln zur Erde geflogen,
da lieg' ich, da liegen die Lügen zuhauf.
Und trotzdem bleib' ich dem Traume gewogen,
so läuft er sich leichter, der Lebenslauf.

Karl Kraus (1874 - 1936)
#187AuthorDana (236421) 31 May 11, 18:50
Comment
Spectacle rassurant

Tout est lumière, tout est joie.
L'araignée au pied diligent
Attache aux tulipes de soie
Les rondes dentelles d'argent.

La frissonnante libellule
Mire les globes de ses yeux
Dans l'étang splendide où pullule
Tout un monde mystérieux.

La rose semble, rajeunie,
S'accoupler au bouton vermeil
L'oiseau chante plein d'harmonie
Dans les rameaux pleins de soleil.

Sous les bois, où tout bruit s'émousse,
Le faon craintif joue en rêvant :
Dans les verts écrins de la mousse,
Luit le scarabée, or vivant.

La lune au jour est tiède et pâle
Comme un joyeux convalescent ;
Tendre, elle ouvre ses yeux d'opale
D'où la douceur du ciel descend !

Tout vit et se pose avec grâce,
Le rayon sur le seuil ouvert,
L'ombre qui fuit sur l'eau qui passe,
Le ciel bleu sur le coteau vert !

La plaine brille, heureuse et pure;
Le bois jase ; l'herbe fleurit.
- Homme ! ne crains rien ! la nature
Sait le grand secret, et sourit.

Victor Hugo (1802-1885)
#188AuthorClélia (601872) 01 Jun 11, 07:55
Comment
#189AuthorClélia (601872) 01 Jun 11, 08:07
Comment
Einen Sommer lang

Zwischen Roggenfeld und Hecken
Führt ein schmaler Gang;
Süßes, seliges Verstecken
einen Sommer lang.

Wenn wir uns von ferne sehen,
Zögert sie den Schritt,
Rupft ein Hälmchen sich im Gehen,
Nimmt ein Blättchen mit.

Hat mit Ähren sich das Mieder
Unschuldig geschmückt,
Sich den Hut verlegen nieder
In die Stirn gerückt.

Finster kommt sie langsam näher,
Färbt sich rot wie Mohn;
Doch ich bin ein feiner Späher,
Kenn die Schelmin schon.

Noch ein Blick in Weg und Weite,
Ruhig liegt die Welt,
Und es hat an ihre Seite
Mich der Sturm gesellt.

Zwischen Roggenfeld und Hecken
Führt ein schmaler Gang;
Süßes, seliges Verstecken
Einen Sommer lang.

Detlev von Liliencron (1844-1909)
10 Autor moustique (308708) 13 May 10 22:11
http://www.flickr.com/photos/twiga_swala/2334209212/in/photostream/
#190AuthorClélia (601872) 01 Jun 11, 09:43
Comment

Es waren drei junge Leute...

Es waren drei junge Leute,
die liebten ein Mädchen so sehr.
Der eine war der Gescheute,
floh zeitig über das Meer.

Er fand eine gute Stelle
und ward seiner Jungend froh,
und lebt als Junggeselle
noch heut auf Borneo.

Der Zweite schied mit Weinen.
Er sang seiner Liebe Leid
und ließ es gebunden erscheinen
just um die Weihnachtszeit.

Das kalte Herz seiner Dame,
die Quelle all seines Wehs,
macht ihm die schönste Reklame
auf allen ästhetischen Tees.

Der Dritte nur war dämlich,
wie sich die Welt erzählt.
Er liebte die Holde nämlich
und hat sich mit ihr vermählt;

Und sitzt jetzt ganz bescheiden
dabei mit dummen Gesicht,
wenn sie von den anderen beiden
mit Tränen im Auge spricht.

Ludwig Eichrodt 1827 - 1892

#191Authoremg (454352) 01 Jun 11, 09:56
Comment

Abendbild

Grau der Himmel, grau die Erde,
Grau das weite dürre Land,
Sonn'verbrannte nied're Sträucher,
Schwarzer Sumpf und heißer Sand;

Doch schon weben in der Ferne
Abendnebel, dünn' und leicht,
Ihre grauen feuchten Schleier
Und die träge Stille weicht.

Denn ein mildes kühles Lüftchen,
Wie der reine Athemzug
Eines schlafumfang'nen Kindes,
Hemmt der Vögel matten Flug.

Aus den Büschen, still sich regend,
Ein geheimes Flüstern bricht,
Leise klagt's im Sumpf und silbern
Spiegelt sich das Mondenlicht. -

Ada Christen, gest. 1901
http://de.wikipedia.org/wiki/Ada_Christen



"Abendbilder"

http://www.thur.de/~carsten/Fallschirm/Bilder/abendstimmung200410250.jpg

http://farm5.static.flickr.com/4043/4486021249_49f2e2b455.jpg

http://www.eriksmail.de/Templates/070519hafen/StilHoheSchaar4p190507.jpg

http://www.langballig.de/media/custom/137_1626_1_g.JPG?1191549637

Herzlichst oopsy
#192Authoroopsy (491382) 01 Jun 11, 14:02
Comment
Wie soll ich meine Seele halten,
dass sie nicht an deine rührt?
Wie soll ich sie hinheben über dich zu andern Dingen?
Ach gerne möcht ich sie bei irgendwas
Verlorenem im Dunkel unterbringen
an einer fremden stillen Stelle,
die nicht weiterschwingt, wenn deine Tiefen schwingen.
Doch alles, was uns anrührt, dich und mich,
nimmt uns zusammen wie ein Bogenstrich,
der aus zwei Saiten eine Stimme zieht.
Auf welches Instrument sind wir gespannt?
Und welcher Geiger hat uns in der Hand?
O süsses Lied.

(Rainer Maria Rilke, gest.1926)
(Aus: Neue Gedichte (1907)
#193Authormoustique (308708) 01 Jun 11, 21:00
Comment

Sérénade du ″Passant″

Mignonne voici l'Avril
Le soleil revient d'exil ;
Tous les nids sont en querelles,
L'ai est pur, le ciel léger,
Et partout on voit neiger
Des plumes de tourterelle.

Fuis, le miroir séduisant,
Où tu nattes à présent,
L'or de tes cheveux de fée ;
Laisse là rubans et nœuds ;
Car les buissons épineux,
T'auront bientôt décoiffée.

Prends, pour que nous nous trouvions,
Le chemin des papillons
Et des frêles demoiselles,
Viens, car tu sais qu'on t'attend
Sous le bois, près de l'étang,
Où vont boire les gazelles.

François Coppée
#194Authoremg (454352) 02 Jun 11, 10:01
Comment

Erinnerung

Hier will ich sitzen und ruhen
An diesem lieblichen Ort,
Will schweifen lassen das Auge
Ins Weite von Ort zu Ort.

Will stille sitzen und denken
An Alles was ich geliebt,
Will Alles, Alles vergessen,
Was mich verletzt und betrübt.

Und kann ich es denn verbannen,
Woran ich nicht denken will?
Wie bleibt es beim frohen Erinnern
Im Herzen so öd und so still!

Es sind so innig verbunden
In mir die Freuden und Wehn,
Dass nur vereint sie entschlummern,
Vereinigt nur auferstehn!

Luise Büchner, gest. 1877
http://de.wikipedia.org/wiki/Luise_Büchner

Herzlichst oopsy
#195Authoroopsy (491382) 02 Jun 11, 11:10
Comment


Pendant la pluie


Après une chaleur si dure
Tout se rafraîchit pour l’instant.
La pluie est absorbée autant
Par le roc que par la verdure.

Terrains noirs, sillons bruns et roux,
Prés et bois, les pentes, les trous,
Toute la campagne qui songe
S’en imbibe, la boit, l’éponge.

Les pauvres herbes altérées,
Les mousses du val, du coteau,
La pompent goulûment cette eau,
Qui les rendra plus colorées !

Le limon fait comme le sable
Restant sec sous son brillanté,
Il aspire l’humidité…
Et l’ornière est inremplissable.

En haut de ce chêne une pie
Savoure son humectement
Avec un tel ravissement
Qu’elle en paraît tout ébaubie.

La bergère a quitté son arbre
Pour avoir le corps plus mouillé ;
Là-bas un vieux, stupéfié,
Dans l’immobilité d’un marbre,

Ruisselle comme les feuillages ;
Moi, de mon coin pierreux, j’observe les nuages,
Au tintement de l’eau sur le gravier qui luit ;

Et je me surprends à sourire :
Ce gazouillis claquant me rappelant le bruit
Que fait l’huile fumante en une poêle à frire.

Maurice ROLLINAT (1846-1903)
#196AuthorClélia (601872) 02 Jun 11, 11:57
Comment
Noch einmal Gérard de Nerval (1808-1855)

(siehe auch 178)

Le ballet des heures

(Le Dieu Pan parle :)

Les heures sont des fleurs l'une après l'autre écloses
Dans l'éternel hymen de la nuit et du jour ;
Il faut donc les cueillir comme on cueille les roses
Et ne les donner qu'à l'amour.

Ainsi que de l'éclair, rien ne reste de l'heure,
Qu'au néant destructeur le temps vient de donner ;
Dans son rapide vol embrassez la meilleure,
Toujours celle qui va sonner.

Et retenez-la bien au gré de votre envie,
Comme le seul instant que votre âme rêva ;
Comme si le bonheur de la plus longue vie
Était dans l'heure qui s'en va.

Vous trouverez toujours, depuis l'heure première
Jusqu'à l'heure de nuit qui parle douze fois,
Les vignes, sur les monts, inondés de lumière,
Les myrtes à l'ombre des bois.

Aimez, buvez, le reste est plein de choses vaines ;
Le vin, ce sang nouveau, sur la lèvre versé,
Rajeunit l'autre sang qui vieillit dans vos veines
Et donne l'oubli du passé.

Que l'heure de l'amour d'une autre soit suivie,
Savourez le regard qui vient de la beauté ;
Être seul, c'est la mort ! Être deux, c'est la vie !
L'amour c'est l'immortalité !
#197Authormars (236327) 02 Jun 11, 17:39
Comment
Un de mes poèmes préférés, récupéré du troisième jardin.

http://image-photos.linternaute.com/image_photo/550/fontaines-jardins-prives-par...


L'INFANTE

Mon âme est une infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée dans la rade.

Aux pieds de son fauteuil, allongés noblement,
Deux lévriers d'Ecosse aux yeux mélancoliques
Chassent quand il lui plaît, les bêtes symboliques
Dans la forêt du Rêve et de l'Enchantement.

Son page favori, qui s'appelle Naguère,
Lui lit d'ensorcelants poèmes à mi-voix,
Cependant qu'immobile, une tulipe aux doigts,
Elle écoute mourir en elle leur mystère...

Le parc alentour d'elle étend ses frondaisons,
Ses marbres, ses bassins, ses rampes à balustres;
Et, grave, elle s'enivre à ces songes illustres
Que recèlent pour nous les nobles horizons.

Elle est là résignée, et douce, et sans surprise,
Sachant trop pour lutter comme tout est fatal,
Et se sentant, malgré quelque dédain natal,
Sensible à la pitié comme l'onde à la brise.

Elle est là résignée, et douce en ses sanglots,
Plus sombre seulement quand elle évoque en songe,
Quelque Armada sombrée à l'éternel mensonge,
Et tant de beaux espoirs endormis sous les flots.

Des soirs trop lourds de pourpre où sa fierté soupire,
Les portraits de Van Dyck aux beaux doigts longs et purs,
Pâles en velours noirs sur l'or vieilli des murs,
En leurs grands airs défunts la font rêver d'empire.

Les vieux mirages d'or ont dissipé son deuil,
Et dans les visions où son ennui s'échappe,
Soudain - gloire ou soleil - un rayon qui la frappe
Allume en elle tous les rubis de l'orgueil.

Mais d'un sourire triste elle apaise ces fièvres;
Et, redoutant la foule aux tumultes de fer,
Elle écoute la vie - au loin - comme la mer...
Et le secret se fait plus profond sur ses lèvres.

Rien n'émeut d'un frisson l'eau pâle de ses yeux,
Où s'est assis l'Esprit voilé des Villes mortes;
Et par les salles, où sans bruit tournent les portes,
Elle va, s'enchantant de mots mystérieux.

L'eau vaine des jets d'eau là-bas tombe en cascade,
Et, pâle à la croisée, une tulipe aux doigts,
Elle est là, reflétée aux miroirs d'autrefois,
Ainsi qu'une galère oubliée dans la rade.

Mon âme est une infante en robe de parade.

Albert SAMAIN (1858-1900)


185 Autor Clélia (601872) 07 Jul 10 09:41
#198AuthorClélia (601872) 02 Jun 11, 23:04
Comment

Rêverie

Qu'importe qu'en un jour on dépense une vie,
Si l'on doit en aimant épuiser tout son coeur,
Et doucement penché sur la coupe remplie,
Si l'on doit y goûter le nectar du bonheur.

Est-il besoin toujours qu'on achève l'année ?
Le souffle d'aujourd'hui flétrit la fleur d'hier ;
Je ne veux pas de rose inodore et fanée ;
C'est assez d'un printemps, je ne veux pas d'hiver.

Une heure vaut un siècle alors qu'elle est passée ;
Mais l'ombre n'est jamais une soeur du matin.
Je veux me reposer avant d'être lassée ;
Je ne veux qu'essayer quelques pas du chemin


Elisa MERCOEUR (1809-1835)
#199AuthorNaloer (417884) 03 Jun 11, 09:43
Comment

Le soupir ambigu

Soupir, subtil esprit de flamme
Qui sors du beau sein de Madame,
Que fait son coeur, apprends-le-moi ?
Me conserve-t-il bien la foi ?
Ne serais-tu pas l'interprète
D'une autre passion secrète
Ô cieux ! qui d'un si rare effort
Mites tant de vertus en elle,
Détournez un si mauvais sort
Qu'elle ne soit point infidèle,
Et faites plutôt que la belle
Vienne à soupirer de ma mort,
Que non pas d'une amour nouvelle.

François Tristan L’Ermite 1601- 1655
#200Authoremg (454352) 03 Jun 11, 09:53
Comment


Abschied von der Jugend

Wie der zitternde Verbannte
Steht an seiner Heimat Grenzen,
Rückwärts er das Antlitz wendet,
Rückwärts seine Augen glänzen,
Winde die hinüberstreichen,
Vögel in der Luft beneidet,
Schaudernd vor der kleinen Scholle,
Die das Land vom Lande scheidet;

Wie die Gräber seiner Toten,
Seine Lebenden, die süßen,
Alle stehn am Horizonte,
Und er muß sie weinend grüßen;
Alle kleinen Liebesschätze,
Unerkannt und unempfunden,
Alle ihn wie Sünden brennen
Und wie ewig offne Wunden;

So an seiner Jugend Scheide
Steht ein Herz voll stolzer Träume,
Blickt in ihre Paradiese
Und der Zukunft öde Räume,
Seine Neigungen, verkümmert,
Seine Hoffnungen, begraben,
Alle stehn am Horizonte,
Wollen ihre Träne haben.

Und die Jahre die sich langsam,
Tückisch reihten aus Minuten,
Alle brechen auf im Herzen,
Alle nun wie Wunden bluten;
Mit der armen kargen Habe,
Aus so reichem Schacht erbeutet,
Mutlos, ein gebrochner Wandrer,
In das fremde Land er schreitet.

Und doch ist des Sommers Garbe
Nicht geringer als die Blüten,
Und nur in der feuchten Scholle
Kann der frische Keim sich hüten;
Über Fels und öde Flächen
Muß der Strom, daß er sich breite,
Und es segnet Gottes Rechte
Übermorgen so wie heute.

Annette von Droste-Hülshoff, gest. 1848


Das Alter

http://www.planet-wissen.de/alltag_gesundheit/alter/aelter_werden/img/Tempx_alte...

http://www.ferienatelier.de/picts/das-alter_1986-oel.jpg

http://img.fotocommunity.com/Natur/Landschaften/das-alter-a19490211.jpg

Herzlichst oopsy
#201Authoroopsy (491382) 03 Jun 11, 10:31
Comment
La rose de l'infante

Elle est toute petite ; une duègne la garde.
Elle tient à la main une rose et regarde.
Quoi ? que regarde-t-elle ? Elle ne sait pas. L'eau ;
Un bassin qu'assombrit le pin et le bouleau ;
Ce qu'elle a devant elle ; un cygne aux ailes blanches,
Le bercement des flots sous la chanson des branches,
Et le profond jardin rayonnant et fleuri.
Tout ce bel ange a l'air dans la neige pétri.
On voit un grand palais comme au fond d'une gloire,
Un parc, de clairs viviers où les biches vont boire,
Et des paons étoilés sous les bois chevelus.
L'innocence est sur elle une blancheur de plus ;
Toutes ses grâces font comme un faisceau qui tremble.
Autour de cette enfant l'herbe est splendide et semble
Pleine de vrais rubis et de diamants fins ;
Un jet de saphirs sort des bouches des dauphins.
Elle se tient au bord de l'eau ; sa fleur l'occupe ;
Sa basquine est en point de Gênes ; sur sa jupe
Une arabesque, errant dans les plis du satin,
Suit les mille détours d'un fil d'or florentin.
La rose épanouie et toute grande ouverte,
Sortant du frais bouton comme d'une urne verte,
Charge la petitesse exquise de sa main ;
Quand l'enfant, allongeant ses lèvres de carmin,
Fronce, en la respirant, sa riante narine,
La magnifique fleur, royale et purpurine,
Cache plus qu'à demi ce visage charmant
Si bien que l'oeil hésite, et qu'on ne sait comment
Distinguer de la fleur ce bel enfant qui joue,
Et si l'on voit la rose ou si l'on voit la joue.
Ses yeux bleus sont plus beaux sous son pur sourcil brun.
En elle tout est joie, enchantement, parfum ;
Quel doux regard, l'azur ! et quel doux nom, Marie !
Tout est rayon ; son oeil éclaire et son nom prie.
Pourtant, devant la vie et sous le firmament,
Pauvre être ! elle se sent très grande vaguement ;
Elle assiste au printemps, à la lumière, à l'ombre,
Au grand soleil couchant horizontal et sombre,
A la magnificence éclatante du soir,
Aux ruisseaux murmurants qu'on entend sans les voir,
Aux champs, à la nature éternelle et sereine,
Avec la gravité d'une petite reine ;
Elle n'a jamais vu l'homme que se courbant ;
Un jour, elle sera duchesse de Brabant ;
Elle gouvernera la Flandre ou la Sardaigne.
Elle est l'infante, elle a cinq ans, elle dédaigne.
Car les enfants des rois sont ainsi ; leurs fronts blancs
Portent un cercle d'ombre, et leurs pas chancelants
Sont des commencements de règne. Elle respire
Sa fleur en attendant qu'on lui cueille un empire ;
Et son regard, déjà royal, dit : C'est à moi.
Il sort d'elle un amour mêlé d'un vague effroi.
Si quelqu'un, la voyant si tremblante et si frêle,
Fût-ce pour la sauver, mettait la main sur elle,
Avant qu'il eût pu faire un pas ou dire un mot,
Il aurait sur le front l'ombre de l'échafaud.

La douce enfant sourit, ne faisant autre chose
Que de vivre et d'avoir dans la main une rose,
Et d'être là devant le ciel, parmi les fleurs.

Le jour s'éteint ; les nids chuchotent, querelleurs ;
Les pourpres du couchant sont dans les branches d'arbre ;
La rougeur monte au front des déesses de marbre
Qui semblent palpiter sentant venir la nuit ;
Et tout ce qui planait redescend ; plus de bruit,
Plus de flamme ; le soir mystérieux recueille
Le soleil sous la vague et l'oiseau sous la feuille.

Pendant que l'enfant rit, cette fleur à la main,
Dans le vaste palais catholique romain
Dont chaque ogive semble au soleil une mitre,
Quelqu'un de formidable est derrière la vitre ;
On voit d'en bas une ombre, au fond d'une vapeur,
De fenêtre en fenêtre errer, et l'on a peur ;
Cette ombre au même endroit, comme en un cimetière,
Parfois est immobile une journée entière ;
C'est un être effrayant qui semble ne rien voir ;
Il rôde d'une chambre à l'autre, pâle et noir ;
Il colle aux vitraux blancs son front lugubre, et songe ;
Spectre blême ! Son ombre aux feux du soir s'allonge ;
Son pas funèbre est lent comme un glas de beffroi ;
Et c'est la Mort, à moins que ce ne soit le Roi. [...]

Cependant, sur le bord du bassin, en silence,
L'infante tient toujours sa rose gravement,
Et, doux ange aux yeux bleus, la baise par moment.
Soudain un souffle d'air, une de ces haleines
Que le soir frémissant jette à travers les plaines,
Tumultueux zéphyr effleurant l'horizon,
Trouble l'eau, fait frémir les joncs, met un frisson
Dans les lointains massifs de myrte et d'asphodèle,
Vient jusqu'au bel enfant tranquille, et, d'un coup d'aile,
Rapide, et secouant même l'arbre voisin,
Effeuille brusquement la fleur dans le bassin.
Et l'infante n'a plus dans la main qu'une épine.
Elle se penche, et voit sur l'eau cette ruine ;
Elle ne comprend pas ; qu'est-ce donc ? Elle a peur ;
Et la voilà qui cherche au ciel avec stupeur
Cette brise qui n'a pas craint de lui déplaire.
Que faire ? le bassin semble plein de colère ;
Lui, si clair tout à l'heure, il est noir maintenant ;
Il a des vagues ; c'est une mer bouillonnant ;
Toute la pauvre rose est éparse sur l'onde ;
Ses cent feuilles, que noie et roule l'eau profonde,
Tournoyant, naufrageant, s'en vont de tous côtés
Sur mille petits flots par la brise irrités ;
On croit voir dans un gouffre une flotte qui sombre.
" Madame, dit la duègne avec sa face d'ombre
A la petite fille étonnée et rêvant,
Tout sur terre appartient aux princes, hors le vent. "

Victor HUGO (1802-1885)
http://www.hortus3d.com/images/j_can_1a.jpg
#202AuthorClélia (601872) 03 Jun 11, 14:12
Comment
Le Banc de Pierre

Au fond du parc, dans une ombre indécise,
Il est un banc, solitaire et moussu,
Où l’on croit voir la Rêverie assise,
Triste et songeant à quelque amour déçu.
Le Souvenir dans les arbres murmure,
Se racontant les bonheurs expiés ;
Et, comme un pleur, de la grêle ramure
Une feuille tombe à vos pieds.

Ils venaient là, beau couple qui s’enlace,
Aux yeux jaloux tous deux se dérobant,
Et réveillaient, pour s’asseoir à sa place,
Le clair de lune endormi sur le banc.
Ce qu’ils disaient, la maîtresse l’oublie ;
Mais l’amoureux, cœur blessé, s’en souvient,
Et dans le bois, avec mélancolie,
Au rendez-vous, tout seul, revient.

Pour l’œil qui sait voir les larmes des choses,
Ce banc désert regrette le passé,
Les longs baisers et le bouquet de roses
Comme un signal à son angle placé.
Sur lui la branche à l’abandon retombe,
La mousse est jaune, et la fleur sans parfum ;
Sa pierre grise a l’aspect de la tombe
Qui recouvre l’Amour défunt !…

Théophile GAUTIER (1811-1872)
http://camillethey.com/ima/surfinia_gesland.jpg
#203AuthorClélia (601872) 03 Jun 11, 19:13
Comment

Le Lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
Jeter l’ancre un seul jour ?

Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s’asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
10 Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère
20 Laissa tomber ces mots :

« Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

« Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

« Mais je demande en vain quelques moments encore,
30 Le temps m’échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore
Va dissiper la nuit.

« Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! »

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,
Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,
S’envolent loin de nous de la même vitesse
40 Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
50 Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu’il soit dans ton repos, qu’il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface
60 De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

Alphonse de Lamartine 1789 - 1869
#204Authoremg (454352) 04 Jun 11, 09:17
Comment

Wisst es!

Wißt, mich betrübt die Schönheit, die ihr preist,
Ich schaue bitteres Menschenelend sprießen
Auf diesem Stern... wie soll mein Geist
Dann seine hehre Schönheit rein genießen?

Wißt, mich betrübt die Schönheit, die ihr preist,
Denn durch des Wohllauts kunstgeformter Schöne
Klingt mir der Wehlaut, der mein Herz zerreißt,
Der Daseinsqual naturgewalt'ge Töne.

Ada Christen, gest. 1901

Herzlichst oopsy
#205Authoroopsy (491382) 04 Jun 11, 10:50
Comment
Der alte Mann

Das Haus wuchs hoch
Im Stadtgewog.
Hinauf - hinaus der Mieter zog -
Geht alles seinen Gang.

Die Nacht vergeht,
Der Lärm ersteht.
Der Herbstwind nach dem Sommer weht -
Geht alles seinen Gang.

Der Junge lärmt.
Ein Weib sich härmt.
Der alte Mann die Hände wärmt -
Geht alles seinen Gang.

Ist Alles Wechsel ohne Ende,
Im Lebensjahr, im Schutz der Wände.
Geht alles seinen Gang -
Wie lang?

Gerrit Engelke, gest. 1918 in Frankreich
http://de.wikipedia.org/wiki/Gerrit_Engelke

Herzlichst oopsy
#206Authoroopsy (491382) 04 Jun 11, 10:51
Comment
Der Lindenbaum

Am Brunnen vor dem Tore
Da steht ein Lindenbaum;
Ich träumt' in seinem Schatten
So manchen süßen Traum:

Ich schnitt in seine Rinde
So manches liebe Wort;
Es zog in Freud und Leide
Zu ihm mich immer fort.

Ich mußt' auch heute wandern
Vorbei in dieser Nacht,
Da hab' ich noch im Dunkeln
Die Augen zugemacht.

Und seine Zweige rauschten,
Als riefen sie mir zu:
Komm her zu mir, Geselle,
Hier find'st du deine Ruh!

Die kalten Winde bliesen
Mir grad ins Angesicht,
Der Hut flog mir von Kopfe,
Ich wendete mich nicht.

Nun bin ich manche Stunde
Entfernt von jenem Ort,
Und immer hör' ich's rauschen:
Du fändest Ruhe dort!

von Wilhelm Müller (1794-1897)
10 Autor emg (454352) 19 Jun 10 11:11
http://leclairon.blog.lemonde.fr/files/2008/09/notre-dame-lure-tilleul.122043329...
#207AuthorClélia (601872) 04 Jun 11, 19:54
Comment

Aux modernes

Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,
Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,
Châtrés dès le berceau par le siècle assassin
De toute passion vigoureuse et profonde.

Votre cervelle est vide autant que votre sein,
Et vous avez souillé ce misérable monde
D'un sang si corrompu, d'un souffle si malsain,
Que la mort germe seule en cette boue immonde.

Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin
Où, sur un grand tas d'or vautrés dans quelque coin,
Ayant rongé le sol nourricier jusqu'aux roches,

Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,
Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,
Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches.

Charles-Marie LECONTE DE LISLE (1818-1894)
#208Authoremg (454352) 05 Jun 11, 11:04
Comment
Das Wort

Sprich nie ein liebeloses Wort,
denn es ist nicht ein leerer Schall.
Du sendest es zwar von dir fort,
doch bleibt es bei dir überall.

Es geht mit dir, wohin du gehst,
begleitet dich auf Schritt und Tritt,
und ob du es auch nicht verstehst,
es nimmt sogar noch andre mit.

So wächst die liebelose Schar,
die nichts als Böses von dir spricht,
und was zuerst ein Wort nur war,
das wird zum Spruch einst im Gericht.

Karl May, gest. 1912

Herzlichst oopsy
#209Authoroopsy (491382) 05 Jun 11, 11:38
Comment
Buddha

Als ob er horchte. Stille: eine Ferne...
Wir halten ein und hören sie nicht mehr.
Und er ist Stern. Und andre große Sterne,
die wir nicht sehen, stehen um ihn her.

O er ist alles. Wirklich, warten wir,
daß er uns sähe? Sollte er bedürfen?
Und wenn wir hier uns vor ihm niederwürfen,
er bliebe tief und träge wie ein Tier.

Dann das, was uns zu seinen Füßen reißt,
das kreist in ihm seit Millionen Jahren.
Er, der vergißt, was wir erfahren,
und der erfährt, was uns verweist.

Rainer Maria Rilke
#210AuthorTigrou (459790) 05 Jun 11, 13:49
Comment
Ici-bas

Ici-bas tous les lilas meurent,
Tous les chants des oiseaux sont courts ;
Je rêve aux étés qui demeurent
Toujours…

Ici-bas les lèvres effleurent
Sans rien laisser de leur velours ;
Je rêve aux baisers qui demeurent
Toujours…

Ici-bas tous les hommes pleurent
Leurs amitiés ou leurs amours ;
Je rêve aux couples qui demeurent
Toujours…

René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907)
#211AuthorClélia (601872) 05 Jun 11, 16:33
Comment
Als sie ihr Bildniss schildern sollte

Mein Freund, o! thu dir nicht Gewalt;
Kennst du mich gleich nicht von Gestalt,
Deswegen fasse keine Grillen;
Den Kummer will ich dir bald stillen.
Ich setze schon die Feder an.
Mit dieser wird dir kund gethan:
Du sollst mein Bild in Reimen lesen,
Mein Ansehn und mein ganzes Wesen.
Ich bin nicht klein, ich bin nicht groß,
Ich geh bedeckt und niemals bloß.
Mit aufgeräumten frohen Minen
Such ich der ganzen Welt zu dienen.
Ich bin nicht stark; ich bin nicht schwach;
Mein Fuß ist schnell, kein Ungemach
Setzt meine Seel aus ihren Schranken;
Mein fester Sinn pflegt nicht zu wanken.
Ich liebe Kunst und Wissenschaft
Und lache wenn man sich vergafft.

Christiana Mariana von Ziegler, gest. 1760
http://de.wikipedia.org/wiki/Christiana_Mariana_von_Ziegler





Aus der Zauberflöte, Dies Bildnis ist bezaubernd schön
http://www.youtube.com/watch?v=0TnruLf_haY

Aus der Oper Tosca, Wie sich die Bilder gleichen
http://www.youtube.com/watch?v=GPR6PJ1qkag

Herzlichst oopsy

#212Authoroopsy (491382) 06 Jun 11, 09:41
Comment
JUIN (extrait)

Les prés ont une odeur d’herbe verte et mouillée,
Un frais soleil pénètre en l’épaisseur des bois ;
Toute chose étincelle, et la jeune feuillée
Et les nids palpitants s’éveillent à la fois.

Les cours d’eau diligents aux pentes des collines
Ruissellent, clairs et gais, sur la mousse et le thym ;
Ils chantent au milieu des buissons d’aubépines
Avec le vent rieur et l’oiseau du matin.

Les gazons sont tout pleins de voix harmonieuses,
L’aube fait un tapis de perles aux sentiers,
Et l’abeille, quittant les prochaines yeuses,
Suspend son aile d’or aux pâles églantiers.

Leconte de l'Isle (1818-1894)


#213AuthorClélia (601872) 06 Jun 11, 10:03
Comment

L’Art

Oui, l'oeuvre sort plus belle
D'une forme au travail
Rebelle,
Vers, marbre, onyx, émail.

Point de contraintes fausses !
Mais que pour marcher droit
Tu chausses,
Muse, un cothurne étroit.

Fi du rhythme commode,
Comme un soulier trop grand,
Du mode
Que tout pied quitte et prend !

Statuaire, repousse
L'argile que pétrit
Le pouce
Quand flotte ailleurs l'esprit :

Lutte avec le carrare,
Avec le paros dur
Et rare,
Gardiens du contour pur ;

Emprunte à Syracuse
Son bronze où fermement
S'accuse
Le trait fier et charmant ;

D'une main délicate
Poursuis dans un filon
D'agate
Le profil d'Apollon.

Peintre, fuis l'aquarelle,
Et fixe la couleur
Trop frêle
Au four de l'émailleur.

Fais les sirènes bleues,
Tordant de cent façons
Leurs queues,
Les monstres des blasons ;

Dans son nimbe trilobe
La Vierge et son Jésus,
Le globe
Avec la croix dessus.

Tout passe. - L'art robuste
Seul a l'éternité.
Le buste
Survit à la cité.

Et la médaille austère
Que trouve un laboureur
Sous terre
Révèle un empereur.

Les dieux eux-mêmes meurent,
Mais les vers souverains
Demeurent
Plus forts que les airains.

Sculpte, lime, cisèle ;
Que ton rêve flottant
Se scelle
Dans le bloc résistant !

Théophile GAUTIER 1811-1872
#214Authoremg (454352) 06 Jun 11, 10:03
Comment
Juin

Dans cette vie où nous ne sommes
Que pour un temps si tôt fini,
L'instinct des oiseaux et des hommes
Sera toujours de faire un nid ;

Et d'un peu de paille ou d'argile
Tous veulent se construire, un jour,
Un humble toit, chaud et fragile,
Pour la famille et pour l'amour.

Par les yeux d'une fille d'Ève
Mon coeur profondément touché
Avait fait aussi ce doux rêve
D'un bonheur étroit et caché.

Rempli de joie et de courage,
A fonder mon nid je songeais ;
Mais un furieux vent d'orage
Vient d'emporter tous mes projets ;

Et sur mon chemin solitaire
Je vois, triste et le front courbé,
Tous mes espoirs brisés à terre
Comme les oeufs d'un nid tombé.

François COPPÉE (1842-1908)
#215AuthorClélia (601872) 06 Jun 11, 10:08
Comment
Leiden weinen ohne Tränen

Winter in der Brust,
Und durch argen Schnee
Müssen die Gedanken
Und durch Nebelblust,
Drinnen Krähen zanken.

Und doch stehen drunten
In den Sommerbeeten
Stolz die bunten Rosen,
Als ob nie und nimmer
Sie vergehen täten.

Winter in der Brust
Und der Sorgen Wust.
Muß vom toten Gestern
Blut mir borgen für das Morgen.
Tausend Nöte gähnen,
Und es meiden mich
Selbst des Trostes Schwestern —
Meine Leiden weinen ohne Tränen.
Leuchtkäfer ziehen durch die Juninacht

Wie Blicke, die ins Dunkel fliehen,
Ist dort im Abendlaub ein sacht Gefunkel —
Leuchtkäfer ziehen durch die Juninacht.

Ich möchte mich ins Gras hinknien
Still wie ein Schläfer, der die Welt vergißt
Und nur ein Traum bei hellen Blicken ist,
Von denen keiner dir am Tage lacht;
Die nur in vager Heimlichkeit entstehen
Und über schwüle Abendwiesen gehen,
Von einer heißen Nacht zur Welt gebracht.
Ich hab' zu jenen Blicken ein Gesicht erdacht
Von zager Schönheit, daß der Tag nicht wagt
Mehr aufzusehen, und allein die Nacht
Tastend mit sachten Lichtern sucht und fragt.

Max Dauthendey (1867-1918)
#216AuthorTigrou (459790) 06 Jun 11, 11:16
Comment
Vivants

Oui. Je comprends qu'on aille aux fêtes,
Qu'on soit foule, qu'on brille aux yeux,
Qu'on fasse, amis, ce que vous faites,
Et qu'on trouve cela joyeux ;
Mais vivre seul sous les étoiles,
Aller et venir sous les voiles
Du désert où nous oublions,
Respirer l'immense atmosphère ;
C'est âpre et triste, et je préfère
Cette habitude des lions.


Victor HUGO (1802-1885)
#217AuthorNaloer (417884) 06 Jun 11, 11:17
Comment
Willkommen, Naloer, in diesem schönen Poesiegarten! Auch ich mag Victor Hugo, zum Beispiel dieses Gedicht:

Melancholia

(extrait)

... Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : - Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l'enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, oeuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les coeurs la pensée,
Et qui ferait - c'est là son fruit le plus certain ! -
D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l'homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !


Victor HUGO (1802-1885)
#218Authormars (236327) 06 Jun 11, 17:08
Comment

Madrigal
Über die Wiege eines Kindes

Du schläfst in Ruh,
Und bildest dir nicht ein,
Die kleine Wiege werde
Auf dieser schnöden Erde
Das Vorbild deines größren Schicksals seyn.
Die Wiege wirft dich hin und her:
So wirst du auch nach mehren Jahren
Des Schicksals Spielwerk wohl erfahren.
Es wird sich stets bemühn,
Dich öfters hin und her zu ziehn.

Sidonia Hedwig Zäunemann, gest. 1740
http://de.wikipedia.org/wiki/Sidonia_Hedwig_Zäunemann

seyn = sein
ziehn = ziehen
größren = größeren

Herzlichst oopsy
#219Authoroopsy (491382) 07 Jun 11, 09:22
Comment
Zur Melancholie fällt mir auch ein Gedicht ein:

Ode on Melancholy

No, no! go not to Lethe, neither twist
Wolf's-bane, tight-rooted, for its poisonous wine;
Nor suffer thy pale forehead to be kiss'd
By nightshade, ruby grape of Proserpine;
Make not your rosary of yew-berries,
Nor let the beetle, nor the death-moth be
Your mournful Psyche, nor the downy owl
A partner in your sorrow's mysteries;
For shade to shade will come too drowsily,
And drown the wakeful anguish of the soul.


But when the melancholy fit shall fall
Sudden from heaven like a weeping cloud,
That fosters the droop-headed flowers all,
And hides the green hill in an April shroud;
Then glut thy sorrow on a morning rose.
Or on the rainbow of the salt sand-wave,
Or on the wealth of globed peonies;
Or if thy mistress some rich anger shows,
Emprison her soft hand, and let her rave,
And feed deep, deep upon her peerless eyes.

She dwells with Beauty—Beauty that must die;
And Joy, whose hand is ever at his lips
Bidding adieu; and aching Pleasure nigh,
Turning to poison while the bee-mouth sips:
Ay, in the very temple of Delight
Veil'd Melancholy has her sovran shrine,
Though seen of none save him whose strenuous tongue
Can burst Joy's grape against his palate fine;
His soul shall taste the sadness of her might,
And be among her cloudy trophies hung.

John Keats

Ode auf die Melancholie

Nein, nein, geh nicht zur Lethe, preß dir nicht
Vom Eisenhut, zähwurzlig, Gift ins Glas –
Wenn Nachtschatten dein bläßliches Gesicht
Auch küßt, die Purpurfrucht Proserpinas;
Flicht keine Eibenbeern zum Rosenkranz,
Auch Totenuhr und Totenkopf laß sein
Als Klagepsyche, und als Freund im Leid
Trau der zerzausten Eule niemals ganz:
Der Schattenzug stellt sich zu schleppend ein
Und schluckt der Seele wache Ängstlichkeit.

Doch wenn Melancholie vom Himmel fährt
Wie eine Wolke plötzlich tränen will,
Die alle schlaffen Blütenkelche nährt
Und Hügel hüllt ins Grabtuch des April –
Dann schöpf von Morgenrosen neuen Mut,
Von Regenbogen, Dünen, Salz und Sand
Und reichem, kugligem Päonienflor;
Und zeigt die Herrin köstlich ihre Wut,
Laß sie nur rasen, fang die zarte Hand
Und dring tief, tief in diese Augen vor.

Sie lebt mit Schönheit – Schönheit, die bald stirbt;
Mit Freude, deren Kußhand ewig winkt
Und sagt Adieu – und Wonnen nah verdirbt,
Schon Gift wird, da der Bienenmund noch trinkt.
Ja, selbst im Tempel höchsten Glücks versteckt
Melancholie noch ihren Hochaltar,
Nimmt, wessen Zunge des Glücks Traube sprengt
Am feinen Gaumen, ihn auch einzig wahr;
Sein Geist wird, ihre Trauermacht geschmeckt,
Zu ihren düsteren Trophäen gehängt.

John Keats

Leider habe ich keine französische Übersetzung gefunden. 2005/2006 gab es zum Thema Melancholie eine Ausstellung. Leider habe ich sie mir nicht ansehen können, doch mein Mann hatte das Glück und war begeistert. Er hat den Katalog zur Ausstellung gekauft, der unglaublich interessant ist und einem das Wesen der Melancholie, ein Begriff, der nicht immer so wie heute ausschließlich negativ besetzt wurde, näher bringt. Auch das Gedicht von Keats zeigt die, wenn auch schmerzvollen, so doch auch positiven Seiten der Melancholie.
#220AuthorTigrou (459790) 07 Jun 11, 10:01
Comment
#222AuthorDana (236421) 07 Jun 11, 11:08
Comment
Une inattention m’a fait reproduire un poème trop récent qui été effacé sur demande : merci à oopsy. Il s’agissait du N° 221.


Kritik des Herzens

Die Selbstkritik hat viel für sich.
Gesetzt den Fall, ich tadle mich,
So hab' ich erstens den Gewinn,
Daß ich so hübsch bescheiden bin;
Zum zweiten denken sich die Leut,
Der Mann ist lauter Redlichkeit;
Auch schnapp' ich drittens diesen Bissen
Vorweg den andern Kritiküssen;
Und viertens hoff' ich außerdem
Auf Widerspruch, der mir genehm.
So kommt es denn zuletzt heraus,
Daß ich ein ganz famoses Haus.

Wilhelm Busch 1832 - 1908
#223Authoremg (454352) 07 Jun 11, 12:02
Comment

Juin

Pendant avril et mai, qui sont les plus doux mois,
Les couples, enchantés par l’éther frais et rose,
Ont ressenti l’amour comme une apothéose ;
Ils cherchent maintenant l’ombre et la paix des bois.

Ils rêvent, étendus sans mouvement, sans voix ;
Les cœurs désaltérés font ensemble une pause,
Se rappelant l’aveu dont un lilas fut cause
Et le bonheur tremblant qu’on ne sent pas deux fois.

Lors le soleil riait sous une fine écharpe,
Et, comme un papillon dans les fils d’une harpe,
Dans ses rayons encore un peu de neige errait.

Mais aujourd’hui ses feux tombent déjà torrides,
Un orageux silence emplit le ciel sans rides,
Et l’amour exaucé couve un premier regret.

René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907)
#224AuthorClélia (601872) 07 Jun 11, 12:19
Comment
Encore le mois de juin

I

On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin -
A des parfums de vigne et des parfums de bière...

II

- Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
D'azur sombre, encadré d'une petite branche,
Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche...

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête...
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête...

III

Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
- Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l'ombre du faux col effrayant de son père...

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif...
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...

IV

Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.
Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire !...

- Ce soir-là..., - vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade...
- On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.

Arthur RIMBAUD (1854-1891)

16 Autor Isabelle. (609042) 14 May 10 10:15

#225AuthorClélia (601872) 07 Jun 11, 12:29
Comment
J'arrive où je suis étranger

Louis Aragon (1897-1982)

http://www.feelingsurfer.net/garp/poesie/Aragon.Etranger.html
#226AuthorNaloer (417884) 07 Jun 11, 12:36
Comment
Schöne Junitage


Mitternacht, die Gärten lauschen,
Flüsterwort und Liebeskuss,
bis der letzte Klang verklungen,
weil nun alles schlafen muss –
Flussüberwärts singt eine Nachtigall.


Sommergrüner Rosengarten,
sonnenweisse Stromesflut,
sonnenstiller Morgenfriede,
der auf Baum und Beeten ruht –
Flussüberwärts singt eine Nachtigall.


Strassentreiben, fern, verworren,
reicher Mann und Bettelkind,
Myrtenkränze, Leichenzüge,
tausendfältig Leben rinnt –
Flussüberwärts singt eine Nachtigall.


Langsam graut der Abend nieder,
milde wird die harte Welt,
und das Herz macht seinen Frieden,
und zum Kinde wird der Held –
Flussüberwärts singt eine Nachtigall.


Detlev von Liliencron(Friedrich Adolf Axel Freiherr von Liliencron), geb. 3. Juni 1844 in Kiel, gest. 22. Juli 1909

http://farm4.static.flickr.com/3182/4565830052_ebbb2c661b.jpg
#227AuthorClélia (601872) 07 Jun 11, 18:28
Comment
If I can stop one heart from breaking,
I shall not live in vain;
If I can ease one life the aching,
Or cool one pain,
Or help one fainting robin
Unto his nest again,
I shall not live in vain.


Emily Dickinson (1830 – 1886)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Emily_Dickinson



Könnt ich nur ein Herz am Brechen hindern

Übersetzung: Alinya
http://www.alinya.de/werke-gedichte-uebersetzungen-heart.htm
Werke > Gedichte > Gedichtübersetzungen
#228AuthorClaus (243211) 07 Jun 11, 19:14
Comment

Wir bleiben alle Kinder

Und wird die Welt auch noch so alt,
Der Mensch, er bleibt ein Kind!
Zerschlägt sein Spielzeug mit Gewalt,
Wie eben Kinder sind!

Wann alles erst in klein zerstückt
Und nichts mehr zu verderben,
So sucht er wieder - neubeglückt -
Und spielt dann mit den Scherben.

Carl Spitzweg (1808-1885)
#229Authoremg (454352) 08 Jun 11, 10:21
Comment
Enfant, je m'étais dit...

Enfant, je m'étais dit et souvent répété :
" Jamais, jamais d'amour ; c'est assez de la gloire ;
En des siècles sans nombre étendons ma mémoire,
Et semons ici-bas pour l'immortalité. "

Plus tard je me disais : " Amour et volupté,
Allez, et gloire aussi ! que m'importe l'histoire ?
Fantôme au laurier d'or, vierges au cou d'ivoire,
Je vous fuis pour l'étude et pour l'obscurité. "

Ainsi, jeune orgueilleux, ainsi longtemps disais-je ;
Mais comme après l'hiver, en nos plaines, la neige
Sous le soleil de mars fond au premier beau jour,

Je te vis, blonde Hélène, et dans ce coeur farouche,
Aux rayons de tes yeux, au souffle de ta bouche,
Aux soupirs de ta voix, tout fondit en amour.

Charles SAINTE-BEUVE (1804-1869)
#230AuthorClélia (601872) 08 Jun 11, 10:47
Comment
#231AuthorClélia (601872) 08 Jun 11, 12:49
Comment
#232AuthorClélia (601872) 08 Jun 11, 12:49
Comment
Pour d'obscures raisons, j'aime beaucoup le poème de Sainte-Beuve en #230 et 5 minutes après la lecture, j'ai toujours ce sourire (niais) sur le visage.

Un autre poème fleur bleue:

Il n'y a pas d'amour heureux
Louis Aragon (1897-1982)
http://www.feelingsurfer.net/garp/poesie/Aragon.Amour.html
#233AuthorNaloer (417884) 08 Jun 11, 15:03
Comment
Aragon fleur bleue ?????

#234AuthorPauvre Lelian (719620) 08 Jun 11, 15:11
Comment
Sincèrement, je n'ai pas envie de discuter sur les sens de l'expression fleur bleue. Remplace par sentimental si tu veux :)
#235AuthorNaloer (417884) 08 Jun 11, 15:19
Comment
Merci Naloer de participer à l'élaboration de ce jardin!

Encore une fileuse: Les couplets de la fileuse de Philippe Soupault:
http://dentellesdencre.canalblog.com/archives/poesie/p50-0.html
#236AuthorClélia (601872) 08 Jun 11, 15:49
Comment
La chanson du rouet

O mon cher rouet, ma blanche bobine,
Je vous aime mieux que l'or et l'argent !
Vous me donnez tout, lait, beurre et farine,
Et le gai logis, et le vêtement.
Je vous aime mieux que l'or et l'argent,
O mon cher rouet, ma blanche bobine !

O mon cher rouet, ma blanche bobine,
Vous chantez dès l'aube avec les oiseaux ;
Eté comme hiver, chanvre ou laine fine,
Par vous, jusqu'au soir, charge les fuseaux
Vous chantez dès l'aube avec les oiseaux,
O mon cher rouet, ma blanche bobine.

O mon cher rouet, ma blanche bobine,
Vous me filerez mon suaire étroit,
Quand, près de mourir et courbant l'échine.
Je ferai mon lit éternel et froid.
Vous me filerez mon suaire étroit,
O mon cher rouet, ma blanche bobine !

Leconte De Lisle (1818-1894)
148 Autor emg (454352) 05 Jan 11 10:26
#237AuthorClélia (601872) 08 Jun 11, 15:56
Comment
Was bedeutet die Bewegung

Was bedeutet die Bewegung
Bringt der Ostwind frohe Kunde?
Seiner Schwingen frische Regung
Kühlt des Herzens tiefe Wunde.

Kosend spielt er mit dem Staube,
Jagt ihn auf in leichten Wölkchen,
Treibt zur sichern Rebenlaube
Der Insekten frohes Völkchen.

Lindert sanft der Sonne Glühen,
Kühlt auch mir die heißen Wangen,
Küßt die Reben noch im Fliehen
Die auf Feld und Hügel prangen.

Und mich soll sein leises Flüstern
Von dem Freunde lieblich grüßen,
Eh noch diese Hügel düstern
Sitz ich still zu seinen Füßen.

Und du magst nun weiter ziehen,
Diene Frohen und Betrübten,
Dort wo hohe Mauern glühen
Finde ich den Vielgeliebten.

Ach, die wahre Herzenskunde,
Liebeshauch, erfrischtes Leben
Wird mir nur aus seinem Munde,
Kann mir nur sein Athem geben.

Marianne von Willemer, gest. 1860
http://de.wikipedia.org/wiki/Marianne_von_Willemer



"Bewegung in der Malerei"

http://www.poison.maettig.com/images/Bewegung.jpg

Das ist ein Akt, der die Treppe hinabsteigt, das muss man wissen :-))
http://fp.tsn.at/lustaufkunst/b604.jpg

J. Rabitsch
http://www.artoffer.com/_images_user/8046/101687/large/Josef-Rabitsch-Abstraktes...

F. Marc
http://www.echo-muenster.de/files/imagecache/fullnode_468width/files/photos/Marc...

S. Bucher
http://sergiusbuchner.de/malerei27.jpg

Bewegung - Skulpturen

http://www.lautringer.de/Kunst-in-der-Stadt-Kaiserslaut/Kunst-in-der-Stadt-Kaise...

http://www.siwikultur.de/kulturpur/wp-content/uploads/2010/04/kp2010_stroot.jpg

http://www.artoffer.com/_images_user/7409/81183/large/Simon-Schade-Bewegung-Gese...

Herzlichst oopsy
#238Authoroopsy (491382) 08 Jun 11, 18:21
Comment
Ein Klassiker, den meine Eltern in der Schule lasen, ich aber nicht. Fast 30 Jahre nach dem Abi habe ich das Gedicht im Internet gesucht und gefunden. Obwohl oder gerade weil diese Ballade dem modernen Leser recht phantastisch verkommen muss, ist sie einfach "schön" zu lesen mit ihren Reimen, ihrem Spannungsbogen und dem unerwarteten Ausgang.


Die Bürgschaft

Zu Dionys dem Tyrannen schlich
Damos, den Dolch im Gewande,
Ihn schlugen die Häscher in Bande.
Was wolltest du mit dem Dolche, sprich!
Entgegnet ihm finster der Wütherich.
“Die Stadt vom Tyrannen befreien!”
Das sollst du am Kreuze bereuen.

. . .
. . .
http://de.wikisource.org/wiki/Die_B%C3%BCrgschaft


Friedrich Schiller (1759 – 1805)
#239AuthorClaus (243211) 08 Jun 11, 23:12
Comment
Noch einmal ein Gedicht........

Wie das Meer
ist die Liebe:
unerschöpflich,
unergründlich,
unermeßlich:
Woge zu Woge
stürzend gehoben,
Woge um Woge
wachsend verschlungen,
sturm- und wetter-geberdig nun,
sonneselig nun,
willig nun dem Mond
die unaufhaltsame Fläche -
doch in der Tiefe
stetes Walten ewiger Ruhe,
ungestört,
undurchdringbar dem irdischen Blick,
starr verdämmernd in gläsernes Dunkel -
und in der Weite
stetes Wirken ewiger Regung,
ungestillt,
unentwirrbar dem irdischen Blick,
wild verschwimmend im Licht der Lüfte:
Aufrausch der Unendlichkeit
ist das Meer
ist die Liebe.

Richard Dehmel (1863-1920)

78 Autor moustique (308708) 21 May 10 17:52
#240AuthorClélia (601872) 09 Jun 11, 07:18
Comment
Der alte Garten

Kaiserkron und Päonien rot,
Die müssen verzaubert sein,
Denn Vater und Mutter sind lange tot,
Was blühn sie hier so allein?

Der Springbrunnen plaudert noch immerfort
Von der alten schönen Zeit,
Eine Frau sitzt eingeschlafen dort,
Ihre Locken bedecken ihr Kleid.

Sie hat eine Laute in der Hand,
Als ob sie im Schlafe spricht,
Mir ist, als hätt ich sie sonst gekannt -
Still, geh vorbei und weck sie nicht!

Und wenn es dunkelt das Tal entlang,
Streift sie die Saiten sacht,
Da gibt's einen wunderbaren Klang
Durch den Garten die ganze Nacht.

Joseph von Eichendorff
133 Autor mars (236327) 27 May 10 19:45
#241AuthorClélia (601872) 09 Jun 11, 07:30
Comment
Une bonne fortune

Il ne faudrait pourtant, me disais-je à moi-même,
Qu'une permission de notre seigneur Dieu,
Pour qu'il vînt à passer quelque femme en ce lieu.
Les bosquets sont déserts ; la chaleur est extrême ;
Les vents sont à l'amour l'horizon est en feu ;
Toute femme, ce soir, doit désirer qu'on l'aime.

S'il venait à passer, sous ces grands marronniers,
Quelque alerte beauté de l'école flamande,
Une ronde fillette, échappée à Téniers,
Ou quelque ange pensif de candeur allemande :
Une vierge en or fin d'un livre de légende,
Dans un flot de velours traînant ses petits pieds ;

Elle viendrait par là, de cette sombre allée,
Marchant à pas de biche avec un air boudeur,
Ecoutant murmurer le vent dans la feuillée,
De paresse amoureuse et de langueur voilée,
Dans ses doigts inquiets tourmentant une fleur,
Le printemps sur la joue, et le ciel dans le coeur.

Elle s'arrêterait là-bas, sous la tonnelle.
Je ne lui dirais rien, j'irais tout simplement
Me mettre à deux genoux par terre devant elle,
Regarder dans ses yeux l'azur du firmament,
Et pour toute faveur la prier seulement
De se laisser aimer d'une amour immortelle.


Alfred de MUSSET (1810-1857)


#242AuthorNaloer (417884) 09 Jun 11, 08:01
Comment

Chanson d'été

Le soleil brûlant
Les fleurs qu'en allant
Tu cueilles,
Viens fuir son ardeur
Sous la profondeur
Des feuilles.

Cherchons les sentiers
A demi frayés
Où flotte,
Comme dans la mer,
Un demi-jour vert
De grotte.

Des halliers touffus
Un soupir confus
S'éléve
Si doux qu'on dirait
Que c'est la forêt
Qui rêve...

Chante doucement ;
Dans mon coeur d'amant
J'adore
Entendre ta voix
Au calme du bois
Sonore.

L'oiseau, d'un élan,
Courbe, en s'envolant,
La branche
Sous l'ombrage obscur
La source au flot pur
S'épanche.

Viens t'asseoir au bord
Où les boutons d'or
Foisonnent...
Le vent sur les eaux
Heurte les roseaux
Qui sonnent.

Et demeure ainsi
Toute au doux souci
De plaire,
Une rose aux dents,
Et ton pied nu dans
L'eau claire.

Albert Samain 1858 - 1900
#243Authoremg (454352) 09 Jun 11, 09:34
Comment
In unserem Garten sind die Kirschen reif geworden, deshalb möchte ich hier das Kirschbaumgedicht von Johann Peter Hebel bringen, den ich als badischen Landsmann ohnehin schätze.

Das Lied vom Kirschbaum

Zum Frühling sagt der liebe Gott
"Geh, deck dem Wurm auch seinen Tisch!"
Gleich treibt der Kirschbaum Laub um Laub,
vieltausend Blätter, grün und frisch.

Das Würmchen ist im Ei erwacht,
es schlief in seinem Winterhaus;
es streckt sich, sperrt sein Mäulchen auf
und reibt die blöden Augen aus.

Und darauf hat's mit stillem Zahn
an seinen Blätterchen genagt;
es sagt: "Man kann nicht weg davon!
Was solch Gemüs' mir doch behagt!"-

Und wieder sagt der liebe Gott:
"Deck jetzt dem Bienchen seinen Tisch!"
Da treibt der Kirschbaum Blüt' an Blüt",
vieltausend Blüten, weiß und frisch.

Und's Bienchen sieht es in der Früh
im Morgensonnenschein und fliegt heran
und denkt: Das wird mein Kaffee sein;
was ist das kostbar Porzellan!

Wie sind die Täßchen rein gespült!"
Es steckt sein Züngelchen hinein,
es trinkt und sagt: Wie schmeckt das süß!
Da muß der Zucker wohlfeil sein!"

Zum Sommer sagt der liebe Gott:
"Geh, deck dem Spatzen seinen Tisch!"
Da treibt der Kirschbaum Frucht an Frucht,
vieltausend Kirschen, rot und frisch.

Und Spätzchen sagt: "Ist's so gemeint?
ich setz' mich hin, ich hab' App'tit,
das gibt mir Kraft in Mark und Bein,
stärkt mir die Stimm' zu neuem Lied."-

Da sagt zum Herbst der liebe Gott:
"Räum fort, sie haben abgespeist!"
Drauf hat die Bergluft kühl geweht,
und 's hat ein bissel Reif geeist.

Die Blätter werden gelb und rot,
eins nach dem andern fällt schon ab,
und was vom Boden stieg herauf,
zum Boden muß es auch hinab.

Zum Winter sagt der liebe Gott:
"Jetzt deck, was übrig ist, mir zu!"
Da streut der Winter Flocken drauf;
nun danket Gott und geht zur Ruh'!


Johann Peter Hebel, 1760-1826
#244Authormars (236327) 09 Jun 11, 13:44
Comment

Zwei Augen wie Sterne


Zwei Augen wie Sterne
Die sähen so gerne
Das wonnige Licht,
Und dürfen es nicht;
Die hellen Karfunklen
Die könnten verdunklen
Das sonnige Licht,
Und dürfen es nicht.
O Liebesverlangen!
In Kerker gefangen,
Sind die Augen so minniglich,
Die Lippen so wonniglich,
Die Worte die milden,
Die Locken so gülden,
Es bricht mir das Herz
Vor Leidmuth und Schmerz.
Ich sehe bis an den Tod
Die Lippen rosinroth
Und sollt ich nimmer genesen,
Dächt ich doch an ihr minniglich Wesen,
An ihr Blicken so mild,
An das schönste Frauenbild,
Und sollt ich Schmach und Tod erwerben
Das Mägdlein minnt ich und sollt ich sterben

Karoline von Günderode, gest. 1806
http://de.wikipedia.org/wiki/Karoline_von_Günderrode


Die Augen von:

Liz Taylor
http://opalkatze.files.wordpress.com/2011/03/liz.jpg

Greta Garbo
http://www.greta-garbo.de/bilder-presse/gretagarbo.jpg

Marlene Dietrich
http://3.bp.blogspot.com/_Nod5f2vKNKo/TRdCpkMsWOI/AAAAAAAAGj8/nfpBiwypP3Y/s1600/...

Vivian Leigh
http://www.seraphicpress.com/images/Leigh,%20Vivien%20.jpg



einer Giraffe :-))
http://shiton.files.wordpress.com/2010/09/giraffe1.jpg

eines Alpakas :-))
http://www.syltmail.de/tierpark_tinnum/alpaka.jpg

Herzlichst oopsy


#245Authoroopsy (491382) 09 Jun 11, 14:11
Comment
soll ich Dir meine auch schicken :-)?
#246AuthorElbkatze (688694) 09 Jun 11, 15:53
Comment
Servus Elbkatze! Selbstverständlich gerne! In ihnen liegt sicherlich auch ganz viel Poesie, herzlichst :-)) oopsy
#247Authoroopsy (491382) 09 Jun 11, 16:24
Comment
Rêves ambitieux

Si j’avais un arpent de sol, mont, val ou plaine,
Avec un filet d’eau, torrent , source ou ruisseau,
J’y planterais un arbre, olivier, saule ou frêne,
J’y bâtirais un toit, chaume, tuile ou roseau.

Sur mon arbre, un doux nid, gramen, duvet ou laine,
Retiendrait un chanteur, pinson, merle ou moineau ;
Sous mon toit, un doux lit, hamac, natte ou berceau,
Retiendrait une enfant, blonde, brune ou châtaine.

Je ne veux qu’un arpent ; pour le mesurer mieux,
Je dirais à l’enfant la plus belle à mes yeux :
« Tiens-toi debout devant le soleil qui se lève ;

Aussi loin que ton ombre ira sur le gazon,
Aussi loin je m’en vais tracer mon horizon. »
— Tout bonheur que la main n’atteint pas n’est qu’un rêve !

Joséphin Soulary (1815-1891)
93 Autor emg (454352) 22 May 10 10:36
#248AuthorClélia (601872) 09 Jun 11, 18:09
Comment
Ehrgeiz

Ich habe meinen Soldaten aus Blei
Als Kind Verdienstkreuzchen eingeritzt.
Mir selber ging alle Ehre vorbei,
Bis auf zwei Orden, die jeder besitzt.

Und ich pfeife durchaus nicht auf Ehre.
Im Gegenteil. Mein Ideal wäre,
Dass man nach meinem Tod (grano salis)
Ein Gässchen nach mir benennt, ein ganz schmales
Und krummes Gässchen, mit niedrigen Türchen,
Mit steilen Treppchen und feilen Hürchen,
Mit Schatten und schiefen Fensterluken.

Dort würde ich spuken.


Joachim Ringelnatz (1883 – 1934)
#249AuthorClaus (243211) 09 Jun 11, 19:31
Comment
Pour faire le portrait d'un oiseau

Peindre d'abord une cage
. . .
. . .
http://xtream.online.fr/Prevert/oiseaux.html


Jacques PRÉVERT (1900 – 1977)
#250AuthorClaus (243211) 09 Jun 11, 19:52
Comment
Spruch

Drüben von dem sel'gen Lande
Kommt ein seltsam Grüßen her,
Warum zagst du noch am Strande?
Graut dir, weil im falschen Meer
Draußen auf verlornem Schiffe
Mancher frische Segler sinkt?
Und von halbversunknem Riffe
Meerfei nachts verwirrend singt?
Wagst du's nicht draufhin zu stranden,
Wirst du nimmer drüben landen!

Joseph von Eichendorff (1788 - 1857)

#251AuthorDana (236421) 10 Jun 11, 07:44
Comment

Heimgang in der Frühe

In der Dämmerung,
Um Glock zwei, Glock dreie,
Trat ich aus der Tür
In die Morgenweihe.

Klanglos liegt der Weg,
Und die Bäume schweigen,
Und das Vogellied
Schläft noch in den Zweigen.

Hör ich hinter mir
Sacht ein Fenster schließen.
Will mein strömend Herz
Übers Ufer fließen?

Sieht mein Sehnen nur
Blond und blaue Farben?
Himmelsrot und Grün
Samt den andern starben.

Ihrer Augen Blau
Küsst die Wölkchenherde,
Und ihr blondes Haar
Deckt die ganze Erde.

Was die Nacht mir gab,
Wird mich lang durchbeben,
Meine Arme weit
Fangen Lust und Leben.

Eine Drossel weckt
Plötzlich aus den Bäumen,
Und der Tag erwacht
Still aus Liebesträumen.

Detlev von Liliencron 1844 - 1909
#252Authoremg (454352) 10 Jun 11, 08:57
Comment
Schattenküsse, Schattenliebe

Schattenküsse, Schattenliebe,
Schattenleben, wunderbar!
Glaubst du, Närrin, alles bliebe
Unverändert, ewig wahr?

Was wir lieblich fest besessen,
Schwindet hin, wie Träumerein,
Und die Herzen, die vergessen,
Und die Augen schlafen ein.

Heinrich Heine (1797 - 1856)
88 Autor Dana (236421) 21 May 10 21:16
#253AuthorClélia (601872) 10 Jun 11, 09:40
Comment
Abenddämmerung

Am blassen Meeresstrande
Saß ich gedankenbekümmert und einsam.
Die Sonne neigte sich tiefer, und warf
Glührote Streifen auf das Wasser,
Und die weißen, weiten Wellen,
Von der Flut gedrängt,
Schäumten und rauschten näher und näher -
Ein seltsam Geräusch, ein Flüstern und Pfeifen,
Ein Lachen und Murmeln, Seufzen und Sausen,
Dazwischen ein wiegenliedheimliches Singen -
Mir war, als hört ich verschollne Sagen,
Uralte, liebliche Märchen,
Die ich einst, als Knabe,
Von Nachbarskindern vernahm,
Wenn wir am Sommerabend,
Auf den Treppensteinen der Haustür,
Zum stillen Erzählen niederkauerten,
Mit kleinen horchenden Herzen
Und neugierklugen Augen; -
Während die großen Mädchen,
Neben duftenden Blumentöpfen,
Gegenüber am Fenster saßen,
Rosengesichter,
Lächelnd und mondbeglänzt.

Heinrich Heine (1797 - 1856)
63 Autor moustique (308708) 20 May 10 07:52

Remarque: moustique avait posté une traduction peut-être trop récente de ce poème. Je le colle ici en allemand.

http://www.visoflora.com/images/original/new-dawn-se-paye-un-ecrin-de-verdure-vi...
#254AuthorClélia (601872) 10 Jun 11, 09:54
Comment
Ballade vom Namenlosen


Er lebte weil er geboren war,
Er fand keinen anderen Grund.
Die Mutter liebte ganz früh sein Haar,
Einmal Eine dann seinen Mund,
Doch war es nicht wichtig und verging
Auch schnell, bevor ers ermessen.
Alles in allem war so gering -
Er hatte als er zu sterben anfing
Sich schon seit Jahren vergessen.



Weg im Nebel

Nun wird die Spur der Füße langsam ungetan,
Und aus der Tiefe, aus der tiefen Tiefe steigt
Das Trübe, schwadengrauer Nebel himmelan.

Nun wird der Augen-Aufblick langsam leer,
Und aus der Höhe, aus der hohen Höhe neigt
Die Wolke sich, sinkt Nebel erdwärts schwer.

Nun drängt zu dem verwandten Un-Gesicht
Das Wesenlose aus den fahlen Gründen
Und hebt sich sehnend ins versäumte Licht.

Nun flieht, was war: es fliehen Busch und Baum,
Flieh'n Berg und Tal, die sich zur Flucht verbünden,
Es fliehst du, Herz. Es floh'n die Zeit, der Raum.

Land wurde Meer. Meer wurde schwälend Schaum.
Ihn schlürft, sich fröstelnd zu entzünden,
Das ungelebte Leben und der ungeträumte Traum.

Maria Luise Weissmann, gest. 1919



"Nebel in der Malerei"

http://www.artists.de/pictures/user_images/thumbs/211084_im-purpur-nebel-1.jpg

http://www.augensound.de/l17358-klassische_malerei-torbogen_im_nebel.jpg

http://www.kunstnet.de/werk/46411-im-nebel

http://www.foresti-kunst.de/Malerei/neu8.jpg

Herzlichst oopsy



#255Authoroopsy (491382) 10 Jun 11, 12:19
Comment
Le soleil, moins ardent, luit clair au ciel moins dense.
Balancés par un vent automnal et berceur,
Les rosiers du jardin s'inclinent en cadence.
L'atmosphère ambiante a des baisers de sœur.

La nature a quitté, pour cette fois son trône
De splendeur, d'ironie et de sérénité:
Clémente, elle descend, par l'ampleur de l'air jaune,
Vers l'homme, son sujet pervers et révolté.

Du pan de son manteau que l'abîme constelle,
Elle daigne essuyer les moiteurs de nos fronts,
Et son âme éternelle et sa forme immortelle
Donne calme et vigueur à nos cœurs mous et prompts.

Le frais balancement des ramures chenues,
L'horizon élargi plein de vagues chansons,
Tout, jusqu'au vol joyeux des oiseaux et des nues,
Tout aujourd'hui console et délivre. - Pensons.

Paul VERLAINE (1844-1896)
261 Autor Clélia (601872) 11 May 10 10:16

http://www.labonnegraine.com/602-1098-thickbox/rosier-liane-paul-s-himalayan-mus...
#256AuthorClélia (601872) 10 Jun 11, 13:37
Comment
Blaue Stunde (blue hour, heure bleue) ist ein poetischer Begriff für die Zeit der Dämmerung zwischen Sonnenuntergang und nächtlicher Dunkelheit, auch für die Zeit kurz vor Sonnenaufgang. Während dieser Zeit besitzt der tiefblaue Himmel in etwa dieselbe Helligkeit wie das künstliche Licht von Gebäude- und Straßenbeleuchtungen.
Die blaue Stunde am beginnenden Abend sensibilisiert die Sinne und Intuition, sie füllt Freiräume, Inspiration kehrt ein.
http://view.stern.de/de/picture/Meer-Wolken-Licht-Farbe-blaue-Stunde-DomRep-2032...


Blaue Stunde

Ich trete in die dunkelblaue Stunde
. . .
http://www.anthologie.de/007.htm


Gottfried Benn (1886 – 1956)
#257AuthorClaus (243211) 10 Jun 11, 19:48
Comment
Hier nochmal

http://www.fixpoetry.com/feuilleton/fixative/568.html

und darunter noch ein (nicht gemeinfreies) Gedicht von Ingeborg Bachmann mit dem Titel

Die blaue Stunde.
#258AuthorDana (236421) 10 Jun 11, 21:00
Comment
Aus dem "Rilke Projekt" Mario Adorf liest "Aufgang oder Untergang" von Rainer Maria Rilke, gest. 1926

http://www.youtube.com/watch?v=OaYHzcn_s-c

Herzlichst oopsy
#259Authoroopsy (491382) 11 Jun 11, 10:41
Comment
#260Authoroopsy (491382) 11 Jun 11, 10:58
Comment
DANS LES BOIS

D'autres, - des innocents ou bien des lymphatiques,-
Ne trouvent dans les bois que charmes langoureux,
Souffles frais et parfums tièdes. Ils sont heureux!
D'autres s'y sentent pris - rêveurs - d'effrois mystiques.

Ils sont heureux! Pour moi, nerveux, et qu'un remords
Épouvantable et vague affole sans relâche,
Par les forêts je tremble à la façon d'un lâche
Qui craindrait une embûche ou qui verrait des morts.

Ces grands rameaux jamais apaisés, comme l'onde,
D'où tombe un noir silence avec une ombre encor
Plus noire, tout ce morne et sinistre décor
Me remplit d'une horreur triviale et profonde.

Surtout les soirs d'été: la rougeur du couchant
Se fond dans le gris bleu des brumes qu'elle teinte
D'incendie et de sang; et l'angélus qui tinte
Au lointain semble un cri plaintif se rapprochant.

Le vent se lève chaud et lourd, un frisson passe
Et repasse, toujours plus fort, dans l'épaisseur
Toujours plus sombre des hauts chênes, obsesseur,
Et s'éparpille, ainsi qu'un miasme, dans l'espace.

La nuit vient. Le hibou s'envole. C'est l'instant
Où l'on songe aux récits des aïeules naïves...
Sous un fourré, là-bas, là-bas, des sources vives
Font un bruit d'assassins postés se concertant.

Paul VERLAINE (1844-1896)
106 Autor Clélia (601872) 25 May 10 11:27

#261AuthorClélia (601872) 11 Jun 11, 14:55
Comment
Récupéré de l'ancien deuxième jardin:
Blaise Cendrars, poète "trop récent"
http://www.lirecreer.org/biblio/classiques/lettre/index.html
295 Autor oopsy (491382) 17 Jun 10 15:31
#262AuthorClélia (601872) 11 Jun 11, 15:57
Comment
Die blaue Blume

Ich suche die blaue Blume.
Ich suche und finde sie nie.
Mir träumt, daß in der Blume
mein gutes Glück mir blüh.

Ich wandre mit meiner Harfe
durch Länder, Städt und Au`n.
Ob nirgends in der Runde
die blaue Blume zu schaun.

Ich wandre schon seit lange,
hab lang gehofft, vertraut.
Doch ach, noch nirgends hab ich
die blaue Blume geschaut.


Joseph von Eichendorff (1788 – 1857)


Die blaue Blume ist ein zentrales Symbol der Romantik. Sie steht für Sehnsucht und Liebe und für das metaphysische Streben nach dem Unendlichen. Die Bedeutung der blauen Blume entwickelte sich später auch zum Zeichen für den Wunsch nach dem fernen Fremden und einem Symbol der Wanderschaft.
http://de.wikipedia.org/wiki/Blaue_Blume
#263AuthorClaus (243211) 11 Jun 11, 22:06
Comment
La pervenche
http://pages.videotron.com/dauphine/images/pervenche700x450.jpg

La Pervenche

Pâle fleur, timide pervenche
Je sais la place où tu fleuris,
Au pied des monts, ton front se penche
Pour mieux charmer nos yeux épris !

C'est dans un sentier qui se cache
Sous ses deux bords de noisetiers
Où pleut, sur l'ombre qu'elle tache
La neige des blancs églantiers

Une source tout près palpite
Où s'abreuve le merle noir ;
Il y chante et moi je médite
Souvent de l'aube jusqu'au soir.

O fleur ! que tu en dis des choses
A mon amour, quand je reviens,
Quand tu me parles à lèvres closes,
Et que mon coeur écoute le tien...

Alphonse de LAMARTINE, décédé, le 28 février 1869.

Le myosotis:
http://94.23.8.188/~datavip/medias/0709/naturellement-vip-blog-com-942998img-421...

Le Myosotis, Rosemonde Gérard (1871-1953):
http://francais.agonia.net/index.php/poetry/13948820/Le_myosotis
Le Myosotis, Robert Desnos (1900-1945):
http://francais.agonia.net/index.php/poetry/1833545/email.html

Le bleuet:
http://www.fond-ecran-image.fr/galerie-membre/fleur-bleuet/bluet2.jpg

Ronde:

Dansez, les petites filles,
Toutes en rond.
En vous voyant si gentilles,
Les bois riront.

Dansez, les petites reines,
Toutes en rond.
Les amoureux sous les frênes
S'embrasseront.

Dansez, les petites folles,
Toutes en rond.
Les bouquins dans les écoles
Bougonneront.

Dansez, les petites belles,
Toutes en rond.
Les oiseaux avec leurs ailes
Applaudiront.

Dansez, les petites fées,
Toutes en rond.
Dansez, de bleuets coiffées,
L'aurore au front.

Dansez, les petites femmes,
Toutes en rond.
Les messieurs diront aux dames
Ce qu'ils voudront.

Victor Hugo (1802-1885)
#264AuthorClélia (601872) 11 Jun 11, 23:26
Comment

Trost in Tränen

Wie kommt's, daß du so traurig bist,
Da alles froh erscheint?
Man sieht dir's an den Augen an,
Gewiß, du hast geweint.

"Und hab' ich einsam auch geweint,
So ist's mein eigner Schmerz,
Und Tränen fließen gar so süß,
Erleichtern mir das Herz."

Die frohen Freunde laden dich,
O komm' an unsre Brust!
Und was du auch verloren hast,
Vertraue den Verlust.

"Ihr lärmt und rauscht und ahnet nicht,
Was mich, den Armen, quält.
Ach nein, verloren hab' ich's nicht,
Sosehr es mir auch fehlt."

So raffe denn dich eilig auf,
Du bist ein junges Blut.
In deinen Jahren hat man Kraft
Und zum Erwerben Mut.

"Ach nein, erwerben kann ich's nicht,
Es steht mir gar zu fern.
Es weilt so hoch, es blinkt so schön,
Wie droben jener Stern."

Die Sterne, die begehrt man nicht,
Man freut sich ihrer Pracht,
Und mit Entzücken blickt man auf
In jeder heitern Nacht.

"Und mit Entzücken blick ich auf,
So manchen lieben Tag;
Verweinen laßt die Nächte mich,
Solang ich weinen mag."

So raffe denn dich eilig auf,
Du bist ein junges Blut.
In deinen Jahren hat man Kraft
Und zum Erwerben Mut.

"Ach nein, erwerben kann ich's nicht,
Es steht mir gar zu fern.
Es weilt so hoch, es blinkt so schön,
Wie droben jener Stern."

Die Sterne, die begehrt man nicht,
Man freut sich ihrer Pracht,
Und mit Entzücken blickt man auf
In jeder heitern Nacht.

"Und mit Entzücken blick ich auf,
So manchen lieben Tag;
Verweinen laßt die Nächte mich,
Solang ich weinen mag."

Johann Wolfgang von Goethe 1749 - 1832
#265Authoremg (454352) 12 Jun 11, 10:26
Comment
J'aime l'araignée

J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,
Parce qu'on les hait ;
Et que rien n'exauce et que tout châtie
Leur morne souhait ;

Parce qu'elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu'elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;

Parce qu'elles sont prises dans leur oeuvre ;
Ô sort ! fatals noeuds !
Parce que l'ortie est une couleuvre,
L'araignée un gueux;

Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes,
Parce qu'on les fuit,
Parce qu'elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit...

Passants, faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !

Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie
De les écraser,

Pour peu qu'on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La vilaine bête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !

Victor HUGO (1802-1885)
#266Authorkitine (633017) 12 Jun 11, 11:39
Comment

Die Ruhe


Vergebner, heißer Wunsch nach Ruh,
Was sättigt dich? Was stillt die Schmerzen
Des unruhvollen, bangen Herzen?
Was heilt die tiefen Wunden zu?

Auf der Welt ist nichts zu finden.
Reichthum, Wollust, Ehre schwinden,
und uns bleibt, nach dem Genuß,
Ekel und Verdruß.

Umsonst such ich ein dauernd Glück
In allen Gütern dieses Lebens.
Sie fliehn zu schnell, und, ach! vergebens
Ruff ich, ermüdend, sie zurück.

Meine Jugend, deren Ende
Ich durch Suchen nach verschwende,
Meine beste Zeit verschwand,
Eh ich Ruhe fand.

Allein bey Dir, der meiner Brust
Den Trieb noch schenkte, Dich zu lieben,
Bey Dir, mein Gott, bin ich geblieben,
Du warst, und bist noch meine Lust.

Du, Du wiegtest, voll Erbarmen,
In den väterlichen Armen,
O wie sanft! die Herzen ein,
Daß sie ruhig seyn.

Johanne Charlotte Unzer, gest. 1782
http://de.wikipedia.org/wiki/Johanna_Charlotte_Unzer

Ruff = rufe
bey = bei
seyn = sein


"Ruhe"

http://view.stern.de/de/picture/1543972/Katze-Ruhe-Schlaf-Tastatur-schlafende-ka...

http://www.konzept-fitness.de/Lebensphilosophie/Ruhe.jpg

http://img.fotocommunity.com/Menschen/Menschen-in-der-Freizeit/Ruhe-a19113326.jp...

http://www.heise.de/imagine/2iqUzO9MlDu96hi0isnxqWi9qoY/gallery/Ruhe-am-Strand.j...

Herzlichst oopsy
#267Authoroopsy (491382) 12 Jun 11, 19:47
Comment
Immer sind es die Menschen

http://gabrielastagebuch.blogspot.com/2008_06_01_archive.html
(im unteren Drittel)


Rose Ausländer (1901 – 1988)
geborene Rosalie Beatrice Scherzer, war eine aus der Bukowina stammende deutsch- und englischsprachige Lyrikerin. Sie lebte in den USA, in Rumänien und Deutschland.
#268AuthorClaus (243211) 12 Jun 11, 19:49
Comment
Dein Lied erklang, ich habe es gehöret...Dein Lied erklang, ich habe es gehöret,

Wie durch die Rosen es zum Monde zog;
Den Schmetterling, der bunt im Frühling flog,
Hast du zur frommen Biene dir bekehret,
Zur Rose ist mein Drang,
Seit mir dein Lied erklang!

Dein Lied erklang, die Nacht hat′s hingetragen,
Ach, meiner Ruhe süßes Schwanenlied!
Dem Mond, der lauschend von dem Himmel sieht,
Den Sternen und den Rosen muß ich′s klagen,
Wohin sie sich nun schwang,
Der dieses Lied erklang!

Dein Lied erklang, es war kein Ton vergebens,
Der ganze Frühling, der von Liebe haucht,
Hat, als du sangest, nieder sich getaucht
Im sehnsuchtsvollen Strome meines Lebens,
Im Sonnenuntergang,
Als mir dein Lied erklang!

Clemens Brentano (1778 - 1842)
223 Autor Dana (236421) 08 Jun 10 09:06
#269AuthorClélia (601872) 12 Jun 11, 23:02
Comment
Du bist die Ruh'
Der Friede mild,
Die Sehnsucht du
Und was sie stillt.

Ich weihe dir
Voll Lust und Schmerz
Zur Wohnung hier
Mein Aug' und Herz.

Kehr' ein bei mir,
Und schließe du
Still hinter dir
Die Pforten zu.

Treib andern Schmerz
Aus dieser Brust!
Voll sei dies Herz
Von deiner Lust.

Dies Augenzelt
Von deinem Glanz
Allein erhellt,
O füll' es ganz.

Friedrich Rückert (1788-1866)
Das Ende der Welt in Schwetzingen:
http://www.flickr.com/photos/17663261@N03/2637306254/in/photostream/
#270AuthorClélia (601872) 12 Jun 11, 23:14
Comment
La Voix

Je ne veux de personne auprès de ma tristesse
Ni même ton cher pas et ton visage aimé,
Ni ta main indolente et qui d’un doigt caresse
Le ruban paresseux et le livre fermé.

Laissez-moi. Que ma porte aujourd’hui reste close ;
N’ouvrez pas ma fenêtre au vent frais du matin ;
Mon cœur est aujourd’hui misérable et morose
Et tout me paraît sombre et tout me semble vain.

Ma tristesse me vient de plus loin que moi-même,
Elle m’est étrangère et ne m’appartient pas,
Et tout homme, qu’il chante ou qu’il rie ou qu’il aime,
À son heure l’entend qui lui parle tout bas,

Et quelque chose alors se remue et s’éveille,
S’agite, se répand et se lamente en lui,
À cette sourde voix qui lui dit à l’oreille,
Que la fleur de la vie est cendre dans son fruit.

Henri de Régnier (1864-1936)
http://www.folp.free.fr/Open.php?getTabSigIdeImg=2459

Robert Desnos: La Voix:
http://devoirs.fr/francais/poeme-de-robert-desnos-la-voix-68426.html
#271AuthorClélia (601872) 13 Jun 11, 09:47
Comment
La Voix.

Mon berceau s'adossait à la bibliothèque,
Babel sombre, où roman, science, fabliau,
Tout, la cendre latine et la poussière grecque,
Se mêlaient. J'était haut comme un in-folio.
Deux voix me parlaient. L'une, insidieuse et ferme,
Disait: «La Terre est un gâteau plein de douceur;
Je puis (et ton plaisir serait alors sans terme!)
Te faire un appétit d'une égale grosseur.»
Et l'autre: «Viens! oh! viens voyager dans les rêves,
Au delà du possible, au delà du connu!»
Et celle-là chantait comme le vent des grèves,
Fantôme vagissant, on ne sait d'où venu,
Qui caresse l'oreille et cependant l'effraie.
Je te répondis: «Oui! douce voix!» C'est d'alors
Que date ce qu'on peut, hélas! nommer ma plaie
Et ma fatalité. Derrière les décors
De l'existence immense, au plus noir de l'abîme,
Je vois distinctement des mondes singuliers,
Et, de ma clairvoyance extatique victime,
Je traîne des serpents qui mordent mes souliers.
Et c'est depuis ce temps que, pareil aux prophètes,
J'aime si tendrement le désert et la mer;
Que je ris dans les deuils et pleure dans les fêtes,
Et trouve un goût suave au vin le plus amer;
Que je prends très souvent les faits pour des mensonges,
Et que, les yeux au ciel, je tombe dans des trous.
Mais la voix me console et dit: «Garde tes songes:
Les sages n'en ont pas d'aussi beaux que les fous !»

Charles Baudelaire (1821-1867)
http://l.ha.free.fr/Peintures/Aivazovsky/Images/Aivazovsky_Le%20port%20d%27Odess...
#272AuthorClélia (601872) 13 Jun 11, 10:05
Comment
Allégorie du Pélican

La Muse

Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure
Que les séraphins noirs t'ont faite au fond du cœur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur;
L'océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur;
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort se recommande à Dieu.

Poète, c'est ainsi que font les grands poètes.
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le cœur ;
Leurs déclamations sont comme des épées :
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant;
Mais il y pend toujours quelques gouttes de sang.

Extrait de La Nuit de Mai
Alfred de Musset 1810 - 1857
#273Authoremg (454352) 13 Jun 11, 10:14
Comment
La Voix / Charles Baudelaire


Die Stimme

In einer jener hohen Büchernischen,
Drin düstre Weisheit, leichter Märchentand,
Römischer Moder, griechischer Staub sich mischen,
Stand meine Wiege. – Wie ein Folioband
Nicht höher war ich, als zwei Stimmen klangen.
Die erste sprach: »Süß ist die Welt und dein,
Denn ohne Grenzen mach' ich dein Verlangen,
Und dein Genuß wird ohne Grenzen sein.«
»O folge mir!« hört' ich die zweite klingen,
»Zieh durch der Träume, durch der Wunder Land!«
Süß klang der Ton wie leichten Seewinds Singen.
Weiß nicht, woher er kam, wohin er schwand,
Das Ohr umschmeichelnd und den Sinn erschreckend.
»Ja, holde Stimme!« rief ich. – Da begann
Mit jenem Tag, stets neue Qualen weckend,
Mein Leid und meine Not. In nichts zerrann
Der Erde Zier. In schwarzen Abgrunds Wallen
Seh' wunderlicher Welten Schatten ich,
Hellsichtigkeit, als Opfer dir verfallen,
Folgt meinem Fuß der Schlange giftiger Stich.
Und Sehern gleich lieb' ich seit jener Stunde
Die Wüste und des Meers Verlassenheit,
Mich schmerzt das Glück, ich lache jeder Wunde,
Aus herbstem Trank schlürf ich noch Süßigkeit.
Oft scheint mir Wahrheit, was den andern Lüge,
Ich strauchle, denn zum Himmel blick' ich starr,
Da spricht die Stimme: »Wahr des Herzens Flüge,
Viel seliger als der Weise träumt der Narr.«


Übertragung: Therese Robinson (1797 – 1870)
#274AuthorClaus (243211) 13 Jun 11, 19:11
Comment
Die Stadt

Sehr weit ist diese Nacht. Und Wolkenschein
Zerreißet vor des Mondes Untergang.
Und tausend Fenster stehn die Nacht entlang
Und blinzeln mit den Lidern, rot und klein.

Wie Aderwerk gehn Straßen durch die Stadt,
Unzählig Menschen schwemmen aus und ein.
Und ewig stumpfer Ton von stumpfem Sein
Eintönig kommt heraus in Stille matt.

Gebären, Tod, gewirktes Einerlei,
Lallen der Wehen, langer Sterbeschrei,
Im blinden Wechsel geht es dumpf vorbei.

Und Schein und Feuer, Fackeln rot und Brand,
Die drohn im Weiten mit gezückter Hand
Und scheinen hoch von dunkler Wolkenwand.


Georg Heym (1887 – 1912)
Entstanden 1911

Trotz seines kurzen Lebens wurde Georg Heym einer der wichtigste Vertreter des Expressionismus.
#275AuthorClaus (243211) 13 Jun 11, 23:34
Comment
Zum Thema Mond im Kaffeehaus:

Freund Mond

Du alter Zaubermeister
Schleichst wieder durch die Nacht
Und lenkest deine Geister
Mit deines Blickes Macht.

Im Wolkenmantel schreitest
Du bald vermummt einher,
Bald Glanzes Fülle breitest
Du über Land und Meer.

Dein leuchtend Schweigen wirket
Auf Erden wundermild,
Und was dein Schein umzirket,
Tauscht Wesen und Gebild.

Geheimnisvolle Schatten
Und träumerisches Licht
Wirft über Berg und Matten
Dein ruhig Angesicht.

Und machst du Felsen wanken
Aufblitzen hartes Erz,
Was träufst du für Gedanken
Ins weiche Menschenherz.

Zu dir schreit Angst und Jammer
Aus tiefer Not empor,
Zu dir hebt in der Kammer
Sehnsucht die Händ´ empor.

Auf deinen Beistand bauet
Hoffnung in jedem Kleid,
Dir wird getrost vertrauet
Der Liebe Lust und Leid.

Nachtwandler, deine Bahnen
Zieh unter Sternen hin,
Das Volk darf es nicht ahnen,
Dass ich dein Günstling bin.

Julius Wolff, gest. 1910
http://de.wikipedia.org/wiki/Julius_Wolff

Herzlichst oopsy
#276Authoroopsy (491382) 14 Jun 11, 09:44
Comment

Le jardin mouillé

La croisée est ouverte, il pleut
Comme minutieusement,
A petit bruit et peu à peu
Sur le jardin frais et dormant.

Feuille à feuille la pluie éveille
L'arbre poudreux qu'elle verdit ;
Au mur, on dirait que la treille
S'étire d'un geste engourdi.

L'herbe frémit, le gravier tiède
Crépite et l'on croirait là-bas
Entendre sur le sable et l'herbe
Comme d'imperceptibles pas.
Le jardin chuchote et tressaille,
Furtif et confidentiel ;
L'averse semble maille à maille
Tisser la terre avec le ciel...

Henri de Régnier 1864 – 1936
#277Authoremg (454352) 14 Jun 11, 10:36
Comment
Da im Kulturcafé, wie oopsy schon andeutete, gerade der Mond das große Thema ist, habe ich dort heute ein Mond-Gedicht von Georg-Heym gepostet related discussion: XX. Kulturcafé , aber vor allem auch Goethes so bekanntes Gedicht ...

An den Mond

Füllest wieder Busch und Tal
Still mit Nebelglanz,
Lösest endlich auch einmal
Meine Seele ganz;

Breitest über mein Gefild
Lindernd deinen Blick,
Wie des Freundes Auge mild
Über mein Geschick.

Jeden Nachklang fühlt mein Herz
Froh- und trüber Zeit,
Wandle zwischen Freud' und Schmerz
In der Einsamkeit.

Fließe, fließe, lieber Fluß!
Nimmer werd' ich froh;
So verrauschte Scherz und Kuß
Und die Treue so.

Ich besaß es doch einmal,
was so köstlich ist!
Daß man doch zu seiner Qual
Nimmer es vergißt!

Rausche, Fluß, das Tal entlang,
Ohne Rast und Ruh,
Rausche, flüstre meinem Sang
Melodien zu!

Wenn du in der Winternacht
Wütend überschwillst
Oder um die Frühlingspracht
Junger Knospen quillst.

Selig, wer sich vor der Welt
Ohne Haß verschließt,
Einen Freund am Busen hält
Und mit dem genießt,

Was, von Menschen nicht gewußt
Oder nicht bedacht,
Durch das Labyrinth der Brust
Wandelt in der Nacht.


Johann Wolfgang von Goethe
(gest. 1832)
#278Authormars (236327) 14 Jun 11, 19:33
Comment
Liebeszauber

Schwül wird diese Nacht. Am Himmelsbogen
Ziehn die Wolken dichter sich zusammen,
Breit beglänzt von Wetterleuchtens Flammen
Und von roten Blitzen scharf durchzogen.

Alles Leben ist in sich verschlossen,
Kaum nur, daß ich mühsam Atem hole;
Selbst im Beete dort die Nachtviole
Hat den süßen Duft noch nicht ergossen.

Jedes Auge wär’ schon zugefallen,
Doch die Herzen sind voll Angst und zittern
Vor den zwei sich kreuzenden Gewittern,
Deren Donnergrüße bald erschallen.

Jene Alte schleppt sich zur Kapelle,
Doch sie wird den Heil’gen nicht erblicken,
Eh’ die Wolken ihre Blitze schicken,
Betend kauert sie sich auf der Schwelle.

Ist das nicht des Liebchens taube Muhme?
Ja! So will ich hier nicht länger weilen,
Will zu ihr, zu ihrem Fenster eilen,
Und dort lauschen, statt am Heiligtume.

Weiß ich’s denn? Kann nicht ein Blitz da zünden?
Kann ich, wenn ich aus der Glut sie rette,
Nicht – o daß er schon gezündet hätte! –
Ihr mein süß Geheimnis endlich künden?

Sieh, da bin ich schon! Beim Lampenlichte
Sitzt sie, in die weiße Hand das Köpfchen
Stützend, mit noch aufgeflochtnen Zöpfchen,
Stillen Schmerz im blassen Angesichte.

Horch, der erste Donnerschlag! Es krachen
Tür und Tor! Sie scheint es nicht zu hören!
Wessen denkt sie? Wüßt’ ich’s, würd’ ich schwören:
Heut noch will ich den Garaus ihm machen.

Sie erhebt sich. Willst du dich entkleiden?
Gute Nacht! Warum? Zur rechten Stunde
Löscht sie selbst das Licht, und gibt dir Kunde:
Mehr ist nicht erlaubt! Dann magst du scheiden!

Was? Sie knüpft ein Tuch um ihre Locken?
Hüllt sich in der Muhme alten Mantel?
Ist sie – Oder stach mich die Tarantel?
Wird sie – Die Besinnung will mir stocken!

Ja, schon knarrt die Tür. Da kommt sie. Nimmer
Würd’ ich selbst sie, so vermummt, erkennen,
Hätt’ ich nicht – – Die Lampe läßt man brennen,
Daß es scheint, man sei im frommen Zimmer.

Rasch an mir vorbei! Sie ist, wie alle!
Folg ich ihr? Ja freilich! Um zu schauen,
Ob man ihr mit braunen oder blauen
Augen – schwarze hab ich selbst – gefalle.

Waldhorn-Klänge aus dem Jägerhäuschen!
Beim Gewitter? Oh, das ist ein Zeichen!
So ist das der Jüngling sondergleichen?
Wohl! Doch nächstens pflücken wir ein Sträußchen.

Und weshalb? Hat sie dir was versprochen?
Nein! Und dennoch muß ich sie verklagen,
Daß sie, ja, so darf, so darf ich sagen,
Einen stillen Bund mit mir gebrochen.

Weiter! Weiter? So vergib, Geliebte!
Doch wohin? Hier zieht der Wald sich düster,
Und dort wohnt die Alte an der Rüster,
Die in mancher dunklen Kunst Geübte.

Gilt es der? Halt ein! Dein Herz muß klopfen!
Rastlos donnert’s ja, zur Feuergarbe
Schwillt der Blitz, blutrot wird seine Farbe,
Und noch immer fällt kein milder Tropfen.

Fort! Und fort! Und unter falschen Bäumen,
Die der Blitz – – Ihr näher! daß sie keiner
Treffen kann, der mich verschont, nicht einer!
Schritt auf Schritt ihr nach! Wer würde säumen!

Ist sie nun am Ziel? Da ist die Hütte!
Ja, sie pocht. Man öffnet ihr. Ich spähe
Durch den Ritz. Wer weiß, was ihr geschähe,
Wenn ich nicht – – Ein Kreis! Sie in der Mitte!

Wie sie da steht, fast zum Schnee erbleichend,
Und die Alte, in der Ecke kauernd,
Dreht ein Bild aus Wachs. Sie sieht es schauernd.
Jetzt spricht die zu ihr, das Bild ihr reichend:

Zieh dir nun die Nadel aus den Haaren,
Rufe den Geliebten, laut und deutlich,
Und durchstich dies Bild, dann wirst du bräutlich
Ihn umfangen und ihn dir bewahren.

Schweigt, ihr Donner! Praßle noch nicht, Regen,
Daß ich noch den einen Laut vernehme,
Ob er auch des Herzens Schlag mir lähme
Und der Pulse feuriges Bewegen!

Wie sie zögert! Wie sie mit Erröten
In die Locken greift und eine Nadel
Auszieht auf der Alten stummen Tadel
Und noch säumt, als gälte es, zu töten!

Endlich zückt sie die, und – meine Sinne
Reißen! – ruft – hinein! Zu ihren Füßen! _–
Ruft mich selbst mit Worten, stammelnd-süßen,
Als den einen, den sie heimlich minne! – –

Und dem Zagen kommt der Mut, behende
Weicht die Tür. Wer durfte sich erfrechen,
Ruft die Alte, und den Zauber brechen? –
Ohne Furcht! Hier kommt nur, der ihn ende!

Sie entweicht mit holden Schamgebärden;
Da umschließt er sie, und Glut und Sehnen
Löst bei beiden sich in linden Tränen,
Die der Mensch nur einmal weint auf Erden.

Und so stehn sie, wechseln keine Küsse,
Still gesättigt und in sich versunken,
Schon berauscht, bevor sie noch getrunken,
In der Ahnung dämmernder Genüsse.

Und auch draußen löst sich jetzt die Schwüle,
Die zerrißnen Wolken, regenschwanger,
Schütten ihn herab auf Hain und Anger,
Und hinein zur Hütte dringt die Kühle.

Als nun auch der Regen ausgewütet,
Wallen sie, die Alte gern verlassend,
Kinderfromm sich an den Händen fassend,
Wieder heim, von Engeln still behütet.

Als sie aber scheiden will, da ziehen
Glühendheiß die Nachtviolendüfte
An ihm hin im sanften Spiel der Lüfte,
Und nun küßt er sie noch im Entfliehen.


Friedrich Hebbel (1813 – 1863)
#279AuthorClaus (243211) 14 Jun 11, 20:35
Comment
Mond und Sonne oder Sonne und Mond


Im Juni

Ich lag im Wald. Gleich Flammenpfeilen sandte
Die Sonne ihre Strahlen auf die Flur.
Mein Haupt war müd‘ und meine Stirne brannte.

Im Juni war’s. Die muntern Lerchen schwiegen;
Den raschen Schlag des Finken hört‘ ich nur
Und hörte summend nur die Bienen fliegen.

Ich schlummert‘ ein, von Waldesgrün geborgen.
Mich führt‘ ein Traum zu Jugendtagen, fern,
Und zeigte mir der Kindheit goldnen Morgen.

Wie ward so wohl mir auf dem moos’gen Pfühle!
So mag die Blume von dem Morgenstern
Wohl träumen in der Mittagssonnenschwüle.


Friedrich Emil Rittershaus (1834 – 1897)
#280AuthorClaus (243211) 14 Jun 11, 21:03
Comment
Der Abend

Mit toten Heldengestalten
Erfüllst du Mond
Die schweigenden Wälder,
Sichelmond --
Mit der sanften Umarmung
Der Liebenden,
Den Schatten berühmter Zeiten
Die modernden Felsen rings;
so bläulich erstrahlt es
Gegen die Stadt hin,
Wo kalt und böse
Ein verwesend Geschlecht wohnt,
Der weißen Enkel
Dunkle Zukunft bereitet.
Ihr mondverschlungnen Schatten
Aufseufzend im leeren Kristall
Des Bergsees.


Georg Trakl (1887 – 1914)
#281AuthorClaus (243211) 14 Jun 11, 21:09
Comment
Douceur du soir !...

Douceur du soir ! Douceur de la chambre sans lampe !
Le crépuscule est doux comme une bonne mort
Et l'ombre lentement qui s'insinue et rampe
Se déroule en fumée au plafond. Tout s'endort.

Comme une bonne mort sourit le crépuscule
Et dans le miroir terne, en un geste d'adieu,
Il semble doucement que soi-même on recule,
Qu'on s'en aille plus pâle et qu'on y meure un peu.

Des tableaux appendus aux murs, dans la mémoire
Où sont les souvenirs en leurs cadres déteints,
Paysage de l'âme et paysages peints,
On croit sentir tomber comme une neige noire.

Douceur du soir ! Douceur qui fait qu'on s'habitue
A la sourdine, aux sons de viole assoupis ;
L'amant entend songer l'amante qui s'est tue
Et leurs yeux sont ensemble aux dessins du tapis.

Et langoureusement la clarté se retire ;
Douceur ! Ne plus se voir distincts ! N'être plus qu'un !
Silence ! deux senteurs en un même parfum :
Penser la même chose et ne pas se le dire.

Georges RODENBACH (1855-1898)
http://farm6.static.flickr.com/5266/5602578070_d188182889.jpg
#282AuthorClélia (601872) 14 Jun 11, 22:23
Comment

Fantaisie

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très-vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C'est sous Louis treize; et je crois voir s'étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue... et dont je me souviens !

Gérard de NERVAL 1808 – 1855
#283Authoremg (454352) 15 Jun 11, 07:05
Comment
Merci beaucoup Claus pour la traduction de La Voix de Baudelaire!

Ne dites pas : la vie est un joyeux festin ...

Ne dites pas : la vie est un joyeux festin ;
Ou c'est d'un esprit sot ou c'est d'une âme basse.
Surtout ne dites point : elle est malheur sans fin ;
C'est d'un mauvais courage et qui trop tôt se lasse.

Riez comme au printemps s'agitent les rameaux,
Pleurez comme la bise ou le flot sur la grève,
Goûtez tous les plaisirs et souffrez tous les maux ;
Et dites : c'est beaucoup et c'est l'ombre d'un rêve.

Jean Moréas (1856-1910)
http://farm4.static.flickr.com/3444/3798310477_6ae8ec40c5.jpg
#284AuthorClélia (601872) 15 Jun 11, 07:22
Comment
Der Mond, der auch nicht recht mehr munter,
hüllt sich in Wolken und geht unter.

Wilhelm Busch, gest. 1908




Mondendinge


Dinge gehen vor im Mond,
die das Kalb selbst nicht gewohnt.

Tulemond und Mondamin
liegen heulend auf den Knien.

Heulend fletschen sie die Zähne
auf der schwefligen Hyäne.

Aus den Kratern aber steigt
Schweigen, das sie überschweigt.

Dinge gehen vor im Mond,
die das Kalb selbst nicht gewohnt.

Tulemond und Mondamin
liegen heulend auf den Knien...

Christian Morgenstern, gest. 1914



Als Mondkalb wurden im 16. Jahrhundert fehlgebildete Kälber von Hausrindern bezeichnet, deren Fehlbildungen man auf einen schädlichen Einfluss des Mondes zurückführte.
Der Dichter Christian Morgenstern benutzte den Begriff in seinen Galgenliedern (etwa in dem Gedicht Das aesthetische Wiesel). In einer ironischen Bedeutungskonkretisierung lässt H.G. Wells die erstaunten Protagonisten seines Science-Fiction-Romans Die ersten Menschen auf dem Mond (1901) bei einer Reise zu dem Erdtrabanten auf tatsächliche Mondkälber (mooncalves) treffen. Seit Mai 2006 erscheint in Berlin eine Behindertenzeitung mit dem Titel Mondkalb, die diesen Begriff ironisch aufnimmt.
http://de.wikipedia.org/wiki/Mondkalb

Herzlichst oopsy
#285Authoroopsy (491382) 15 Jun 11, 08:35
Comment
Commune présence
René Char (1907-1988)

http://egophelia.free.fr/pouvoir/char.htm
#286AuthorNaloer (417884) 15 Jun 11, 08:54
Comment
Neuer Frühling

Sorge nie, daß ich verrate
Meine Liebe vor der Welt,
Wenn mein Mund ob deiner Schönheit
Von Metaphern überquellt.

Unter einem Wald von Blumen
Liegt, in still verborgner Hut,
Jenes glühende Geheimnis,
Jene tief geheime Glut.

Sprühn einmal verdächtge Funken
Aus den Rosen - sorge nie!
Diese Welt glaubt nicht an Flammen,
Und sie nimmts für Poesie.

Heinrich Heine (1797-1856)
34 Autor moustique (308708) 16 May 10 22:34

http://a10.idata.over-blog.com/0/52/94/19/photos/nice-36.jpg
#287AuthorClélia (601872) 15 Jun 11, 14:46
Comment
Siehst du die Stadt?

Siehst du die Stadt, wie sie da drüben ruht,
Sich flüsternd schmieget in das Kleid der Nacht?
Es gießt der Mond der Silberseide Flut
Auf sie herab in zauberischer Pracht.

Der laue Nachtwind weht ihr Atmen her,
So geisterhaft, verlöschend leisen Klang:
Sie weint im Traum, sie atmet tief und schwer,
Sie lispelt, rätselvoll, verlockend bang ...

Die dunkle Stadt, sie schläft im Herzen mein
Mit Glanz und Glut, mit qualvoll bunter Pracht:
Doch schmeichelnd schwebt um dich ihr Widerschein,
Gedämpft zum Flüstern, gleitend durch die Nacht.


Hugo von Hofmannsthal (1874 – 1929)
#288AuthorClaus (243211) 15 Jun 11, 19:41
Comment
Splendide, merci, Claus:

Sur le même thème:

Il fera longtemps clair ce soir

Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent,
La rumeur du jour vif se disperse et s'enfuit,
Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit,
Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent...

Les marronniers, sur l'air plein d'or et de lourdeur,
Répandent leurs parfums et semblent les étendre ;
On n'ose pas marcher ni remuer l'air tendre
De peur de déranger le sommeil des odeurs.

De lointains roulements arrivent de la ville...
La poussière, qu'un peu de brise soulevait,
Quittant l'arbre mouvant et las qu'elle revêt,
Redescend doucement sur les chemins tranquilles.

Nous avons tous les jours l'habitude de voir
Cette route si simple et si souvent suivie,
Et pourtant quelque chose est changé dans la vie,
Nous n'aurons plus jamais notre âme de ce soir...

Anna de NOAILLES (1876-1933)
http://farm5.static.flickr.com/4026/4459733639_f1bacd2366.jpg
#289AuthorClélia (601872) 15 Jun 11, 20:30
Comment
Ritt im Mondenschein

Herz zum Herzen ist nicht weit
Unter lichten Sternen,
Und das Aug` vom Tau geweiht,
Blickt zu lieben Fernen;
Unterm Hufschlag klingt die Welt,
Und die Himmel schweigen,
Zwischen beiden mir gesellt,
Will der Mond sich zeigen.

Zeigt sich heut in roter Glut
An dem Erdenrande,
Gleich als ob mit heißem Blut
Er auf Erden lande,
Doch nun flieht er scheu empor,
Glänzt in reinem Lichte,
Und ich scheue mich auch vor
Seinem Angesichte.


Achim von Arnim (1781 – 1831)

257 Autor Chaostranslater (459860) 15 Jun 11 19:43
#290AuthorClaus (243211) 15 Jun 11, 20:39
Comment
#291AuthorClaus (243211) 15 Jun 11, 21:13
Comment
Die Rose im Meer

Es schwamm im Meer, im rauschenden Meer,
Eine sturmgebrochne Rose her,
Eine Rose, voll und licht;
Sie schwamm auf schaukelnder Wogenbahn
Hinab, hinan,
Rings um sie rauschte der Ozean,
Und er verschlang sie nicht.

Wie ein rosig Weib, das traumbesiegt
Auf grüner, schwellender Matte liegt,
So lag sie auf grüner Flut;
Der blühende Schein, der Farbenduft
In Meer und Luft
Durchglomm die smaragdene Wassergruft
Mit reiner Rosenglut.

Die Wellen küßten sich gar nicht satt.
Auf perlenstrahlender Lagerstatt
Erwachte die Fei der See:
Was leuchtet über dem feuchten Schwall
Allüberall?
Es flammt wie der glühende Sonnenball
Und tut dem Auge nicht weh!

Die Muscheln schminkten sich rosenrot,
Die Korallen schämten sich fast zu Tod,
Verwundert schaute das Meer:
Wo kamest du her, wer magst du sein,
Du schöner Schein?
Fielst du vom Felsen ins Meer hinein,
Fielst du vom Himmel her?

Der Welt erkältender Wellentau
Durchschwimmst du allein, du schöne Frau,
Und machst ihn farbig erglühn.
Wir wissen es nicht, woher du schwammst,
Woher du flammst,
Ob du von der Erde, vom Himmel stammst,
Genug, wir sehen dich blühn!

(Moritz Graf von Strachwitz, gest. 1847)
#292Authormoustique (308708) 15 Jun 11, 21:17
Comment
Dehn a umglegt hod

"Waun ea und i uns nua
im Beisl hedn droffn,
. . .
. . .
http://myweb.dal.ca/waue/Trans/Hardy-ManHeKilled.html


The Man He Killed / Thomas Hardy (1840 – 1928)

Übersetzt im Wiener Dialekt: Walter A. Aue (* 1935)
#293AuthorClaus (243211) 15 Jun 11, 21:54
Comment
Sonntag

Die Nacht war kaum verblühet,
Nur eine Lerche sang
Die stille Luft entlang.
Wen grüßt sie schon so frühe?

Und draußen in dem Garten
Die Bäume übers Haus
Sahn weit ins Land hinaus,
Als ob sie wen erwarten.

In festlichen Gewanden
Wie eine Kinderschar,
Tauperlen in dem Haar,
Die Blumen alle standen.

Ich dacht: ihr kleinen Bräute,
Was schmückt ihr euch so sehr? –
Da blickt' die eine her:
»Still, still, 's ist Sonntag heute.«

»Schon klingen Morgenglocken,
Der liebe Gott nun bald
Geht durch den stillen Wald.«
Da kniet ich froherschrocken.

Joseph Freiherr von Eichendorff (1788-1857)
23 Autor oopsy (491382) 15 May 10 13:02

Manchmal ist jeder Tag ein Sonntag ....
http://adjaya.canalblog.com/images/jardin_fleuri.jpg
#294AuthorClélia (601872) 16 Jun 11, 07:09
Comment

Sommertraum

Golddurchflammte Ätherwogen,
Schwerer Äste grüne Bogen,
Süss verwob′ne Träumerei′n ...
Sommer, deine warmen Farben,
Helle Blumen, gold′ne Garben
Leuchten mir ins Herz hinein ...

In dem Wald, dem dämm′rig düstern,
Hörst du′s rauschen, lispeln, flüstern,
Elfenmärchen - Duft und Schaum ...?
Blumenkinder nicken leise,
Lauschen fromm der alten Weise
Von des Waldes Sommertraum ...

Und der See, der windumfächelt
Lallend plätschert, sonnig lächelt,
Netzt das Schilf aus lauem Born ...
Rosen blühen am Gelände,
Rosenglut, wo ich mich wende,
Und im Herzen tief ein Dorn ...

Lisa Baumfeld (1877 - 1897)
32 Autor Dana (236421) 16 May 10 15:45
http://farm3.static.flickr.com/2642/4169527402_bf16bc385c.jpg
#295AuthorClélia (601872) 16 Jun 11, 07:25
Comment
Immer wieder

Der Winter ging, der Sommer kam.
Er bringt aufs neue wieder
Den vielbeliebten Wunderkram
Der Blumen und der Lieder.

Wie das so wechselt Jahr um Jahr,
Betracht ich fast mit Sorgen.
Was lebte, starb, was ist, es war,
Und heute wird zu morgen.

Stets muss die Bildnerin Natur
Den alten Ton benützen
In Haus und Garten, Wald und Flur
Zu ihren neuen Skizzen.
Wilhelm Busch (1832-1908)

40 Autor moustique (308708) 17 May 10 16:12

http://www.flickr.com/photos/diegojack/5637376351/in/photostream/
http://www.flickr.com/photos/diegojack/5237768115/

Merci à moustique pour son magnifique poème 292 (Die Rose im Meer)
#296AuthorClélia (601872) 16 Jun 11, 07:38
Comment
Es schauen die Blumen alle

Es schauen die Blumen alle
Zur leuchtenden Sonne hinauf;
Es nehmen die Ströme alle
Zum leuchtenden Meere den Lauf.

Es flattern die Lieder alle
Zu meinem leuchtenden Lieb
Nehmt mit meine Tränen und Seufzer,
Ihr Lieder, wehmütig und trüb!

Heinrich Heine, gest. 1856


Von den heimlichen Rosen


Oh, wer um alle Rosen wüsste,
die rings in stillen Gärten stehn
oh, wer um alle wüsste, müsste
wie im Rausch durchs Leben gehn.

Du brichst hinein mit rauhen Sinnen,
als wie ein Wind in einen Wald
und wie ein Duft wehst du von hinnen,
dir selbst verwandelte Gestalt.

Oh, wer um alle Rosen wüsste,
die rings in stillen Gärten stehn
oh, wer um alle wüsste, müsste
wie im Rausch durchs Leben gehn.

Christian Morgenstern, gest. 1914


Die Gedichte habe ich ausgewählt, weil ich so einen hübschen Link mit Blumen in meiner heutigen Zeitung fand:
http://www.kleinezeitung.at/allgemein/bauenwohnen/garten/multimedia.do?action=sh...

Herzlichst oopsy
#297Authoroopsy (491382) 16 Jun 11, 09:30
Comment

Dans les bois

Au printemps l'oiseau naît et chante :
N'avez-vous pas ouï sa voix ?...
Elle est pure, simple et touchante,
La voix de l'oiseau - dans les bois !

L'été, l'oiseau cherche l'oiselle ;
Il aime - et n'aime qu'une fois !
Qu'il est doux, paisible et fidèle,
Le nid de l'oiseau - dans les bois !

Puis quand vient l'automne brumeuse,
il se tait... avant les temps froids.
Hélas ! qu'elle doit être heureuse
La mort de l'oiseau - dans les bois !

Gérard de Nerval 1808 - 1855
#298Authoremg (454352) 16 Jun 11, 10:04
Comment
Lesebuch

Wunderliches Buch der Bücher
ist das Buch der Liebe;
aufmerksam hab ich's gelesen:
wenig Blätter Freuden,
ganze Hefte Leiden;
einen Abschnitt macht die Trennung.
Wiedersehn! ein klein Kapitel,
fragmentarisch. Bände Kummers
mit Erklärungen verlängert,
endlos, ohne Maß.
O Nisami! - doch am Ende
hast den rechten Weg gefunden;
Unauflösliches, wer löst es?
Liebende sich wieder findend.

Johann Wolfgang von Goethe (1749 - 1832)
#299AuthorDana (236421) 16 Jun 11, 14:58
Comment
#300AuthorDana (236421) 16 Jun 11, 15:19
i Only registered users are allowed to post in this forum