Werbung - LEO ohne Werbung? LEO Pur
LEO

Sie scheinen einen AdBlocker zu verwenden.

Wollen Sie LEO unterstützen?

Dann deaktivieren Sie AdBlock für LEO, spenden Sie oder nutzen Sie LEO Pur!

 
  •  
  • Übersicht

    Sprachlabor

    Mein eigener Roman - hallo, ihr lieben Helferlein!

    Betrifft

    Mein eigener Roman - hallo, ihr lieben Helferlein!

    Kommentar
    ich möchte einen Roman schreiben und reich und berühmt und begehrt werden. Da mir die Weiber in Frankreich besser gefallen als hier in Deutschland, sollte ich v.a. im französischsprachigen Raum berühmt werden, also muss ich einen französischen Roman publizieren (die Französinnen lesen wohl kaum Deutsch, hehe).

    Leider spreche ich kein Französisch (ich kann diese gutturale Sprache nicht ausstehen), und darum möchte ich jem. hilfsbereiten finden, der/die mir die Arbeit abnimmt, Ruhm und Ehre aber mir überlässt.

    Ich habe mir irgendwas mit einer toten Frau, einem kokainsüchtigen Pandabären und einem gerontosexuellen Dorfpolizisten mit Übergewicht vorgestellt.

    Ort der Handlung sollte vornehmlich ein FKK-Strand in der Bretagne sein.

    Die Sprache sollte etwas vulgär, aber dennoch sehr lässig scheinen (selber bin ich auch so, ein absoluter Frauenschwarm). Da ich lange Sätze langweilig und mühsam finde, sollten solche möglichst nicht vorkommen. Es wäre irgendwie unglaubwürdig, wenn der Stil meines Romans nicht meiner Sprache entspräche, oder seht ihr da kein Problem?

    Unter dem Umfang habe ich mir so gegen 320 Seiten vorgestellt.

    Da ich (noch) nicht reich bin, kann ich dem lieben Helferlein keine Batzen geben, aber so wie ich die Benutzer dieses Forums einschätze, treibt sie vornehmlich die Freude an Sprachen an.

    Vielen Dank

    PS: ginge es so bis August 2005?
    VerfasserLars-Rüdiger06 Apr. 05, 14:05
    Kommentar
    :-)

    nun, den ersten kapitel haben wir schon, oder?
    #1Verfasserfab06 Apr. 05, 14:17
    Kommentar
    möchte dir ja nicht auf die Nerven gehen fab, aber das Wort Kapitel ist und bleibt neutrum ;-)
    #2Verfasserunknown_spirit06 Apr. 05, 17:26
    Kommentar
    <à moi> gleich zweimal? das ist zuviel des Guten </à moi>
    #3Verfasserunknown_spirit06 Apr. 05, 17:28
    Kommentar
    @fab: Das ist ein Kapitelverbrechen => Guillotine !
    #4Verfasserzet06 Apr. 05, 17:49
    Kommentar
    couic !
    #5Verfasserfab06 Apr. 05, 18:31
    Kommentar
    Chapitre 1

    La jeune femme à demi nue était trouvée par M. Erronais, le flic du village proche. Il lui fallait faire un rapport, comme il l’avait appris à l’école. Découvrir un cadavre à la plage, c’est pas la même chose comme trouver un saucisson dans un hot-dog. C’est plutôt une surprise fâcheuse. M. Erronais en contraire, il était un professionnel, il se mit des gants et examina le cadavre avec soin. Pas d’ recours à la force reconnaissable !

    Il transpirait. L’ours panda, un cocaïnomane, faisait du bruit. « ouui, j’sais, mon beau ! c’est le temps de ta ration. Attends ! » Il faisait chaud à la poste de police. M. Erronais essayait d’articuler ses impressions : « La mort est partout, devant nous, derrière nous ». Il avait l'orgueil de sa culture et avança : « C'est la mort qui console, hélas, et qui fait vivre » il conclut, se tourna vers son ami domestique et lui donna 1 gramme de la cocaïne qu’il avait confisquée le jour précédent.

    Il n’avait jamais travaillé avec une personne morte. Mais, comme il avait l’habitude de dire « chaque jour il faut faire une expérience nouvelle ! », il était confiant. « Ben ! », il murmura, « un cadavre ne parle pas, ne fait pas de signes ! Tu seras difficile de collaborer, non ? » L’heure des repas c’est pas l’heure de travail, il débraya et visa le bistro pour y remplir sa brioche énorme.
    #6Verfasserbu07 Apr. 05, 09:34
    Kommentar
    Pendant ce temps, le panda, stimulé par la coke, ne trouva rien d'autre à faire que d'examiner à son tour le maccabée. N'avait-il pas été, dans une vie antérieure, médecin-légiste ? Un coup d'oeil lui suffisait pour constater que la morte n'était pas banale ...
    #7Verfasserétiennette07 Apr. 05, 10:10
    Kommentar
    Un coup d'oeil lui suffisait pour constater que la morte n'était pas banale ...

    Car une inscription couvrait son torse "atao Breizh", c'était donc un meurtre politique se dit M Erronais qui transpirait de grosses gouttes plus salées que la mer.
    #8Verfasserrb07 Apr. 05, 10:48
    Kommentar
    … quand il revint de sa pause de midi. Le panda consulta le dictionnaire breton et réclama - vu la situation exceptionnelle - une portion extra du stimulant cocaïne. M Erronais - plein d'indulgence - lui en offrit deux grammes et en prisa un. « Et voilà «, le panda dit, « "atao Breizh", ça veut dire… » « T-t-u paparles ? », M Erronais bafouilla étonné. « Bien sûr, mon maître ! Je suis d’origine un perroquet qui a subi un changement d’espèce. C’est aussi la raison de ma consommation effrénée du coke, à cause du mal… » « Ben, alors… » M Erronais conclut « puis j’ai un adjoint, bien ça, et comme t’es accro de coke, t’depends de moi, n’est pas ? Donc, dis-moi, ça veut dire quoi cette expression "atao Breizh" ? » « "atao Breizh", c’est… » en ce moment là le panda avait un collapsus circulatoire et, en tombant, dévora le dictionnaire breton (en passant le dernier specimen repérable) sans le vouloir. « C’est trop ! » M Erronais disait, « « c’est beaucoup plus trop ! Une femme morte, un panda qui m’a dupé et voilà il est mort ce perroquet-panda, c’est quoi ça ? Non, il respire ! » Et vraiment, il vécut, mais le dictionnaire breton était perdu pour toujours moins deux heures…
    #9Verfasserbu07 Apr. 05, 11:24
    Kommentar
    Ihr könntet ja einen Geschichtenthread einrichten, so wie drüben im englischen Forum!
    ;-)
    #10Verfasserunknown_spirit07 Apr. 05, 11:29
    Kommentar
    Erronais, errant au nez des badauds entre-temps amassés aux portes de la connaissance, ultime reconnaissance portuaire, se remit à suer à grosses gouttes, qui eurent le mérite de nettoyer la rue portuaire -- comme toutes les rues littorales -- du sang inutilement répandu.
    mais quelle utilité futile, fut-elle inusité, pensa erronais en hommage au dictionnaire breton amputé d'une infinie tranche de temps moins deux heures.
    à propos, une tranche de thon pour mon midi, que je vais pas chercher à quatorze heures, j'ai faim, c'est ínfiniment plus utile de rechercher un troquet au taquet sans badauy aux aguets.
    #11Verfasserfab07 Apr. 05, 11:40
    Kommentar
    le nez du panda pissait à gros bouillon du sang , il avait trop abusé de la corinne se dit M. Erronnais en poussant un grand soupir. M. Erronnais employait maintenant le mot corinne pour désigner le stimulant préféré de son animal de compagnie . Auparavant il avait toujours parlé de coco mais depuis qu' un inspecteur venu de la ville lui avait dit d'un ton suffisant que coco c'était l'abréviation pour communiste , il avait choisi le mot corinne qu'il avait trouvé dans son dictionnaire Français - Francilien.
    M. Erronnais n'aimait pas les gens de de l'île de France, rien que le nom d'île lui semblait ridicule. D'ailleurs Paris ne voulait-il pas dire Par-Ys pareil à Ys? C'était donc eux qui nous copiait.
    - Je préfère être un cul-terreux qu'un faux-cul dit-il d'un ton vengeur .

    Le Panda continuait à saigner en plus il ronflait et le sang faisait des bulles en sortant de son nez.
    _ bon sang mais c'est bien sûr !!C'était une allusion au groupe Breizh Atao, de sinistre mémoire!
    Mais peut-être que le meurtrier voulait seulement brouiller les pistes..
    #12Verfasserrb07 Apr. 05, 12:12
    Kommentar
    Chapitre 2

    Les touristes à la plage du naturisme avaient bien aperçu les incidents hors-ligne. Tous étaient venus et attendaient nus devant la poste de police. Quel spectacle terrifiant ! Des culs hâlés, des mots étrangers (surtout des langues germains) - une foule si énorme qu’on craignait des gestations involontaires. Distrait par les curieux Eronnais décida de les effaroucher. Il prit son révolver et tira des coups sur la demi-lune. Celle-ci disparu offensée derrière un nuage. La masse naturiste paniqua et allongea ! Quel gâchis ! Tous ces bâtards en neuf mois !
    L’ex-perroquet farfouilla dans son sac pour lui extraire une cassette de Breizh Atao. La musique distrayait Eronnais des réflexions politiques. « A-t-on tué à cause de la protection contre la copie ? » il se demanda. Le médecin légiste du bouddhisme ex-perroquet et ours panda nia. « Non », il détrompa son maître, « moi, j’pense que c’était un meurtre par jalousie ! Regarde-là ! sur son dos il y du bâton de rouge ! La coupable était une femme ou un homme travesti, qui est très improbable à la plage du naturisme, n’est-ce pas ? »
    Eronnais hocha ! « C’est très raisonnable ! Mais, arrête cette musique, j’en ai raz le bol ! C’était certes une femme, et, si une femme tue une femme la raison est toujours l’amour ! Puis, on y go arrêter toutes les femmes de la région ! » Les deux se mirent en route, avec intention d’interroger la population féminine...
    #13Verfasserbu07 Apr. 05, 13:04
    Kommentar
    Dehors les naturistes avaient tous pris la poudre d’escampette, seuls les naturistes germaniques étaient encore présents. Eux,habituellement si respectueux des lois ignoraient visiblement que le nudisme était en fait interdit. Erronais ne faisait que le tolérer, sur la plage séparée par la dune de la plage principale.
    Oui , normalement Erronnais fermait les yeux. Mais là, les touristes germaniques dépassaient les bornes: Excités par la soudaine montée d’adrénaline qui les avaient submergés lorsqu’Erornais avait tiré sans sommations , ils décompressaient à leur façon en forniquant joyeusement à l’endroit même où ils étaient tombés tout à l’heure pour éviter les balles d’Erronnais. Une vraie orgie!

    - Merde cria Eronnais , en se tapant sur le front, et dire que la procession du Pardon à la Mer doit passer ici d’une minute à l’autre avec Monsieur le Curé en tête!

    - La grande, celle qui réunit tout le village ? balbutia le Panda corinné et émoustillé à la vue des germains fornicateurs. Mon Dieu ! Il faut faire quelque chose.
    #14Verfasserrb07 Apr. 05, 14:18
    Kommentar
    Si seulement je savais l'Allemand je leur lirais l'arrêté municipal interdisant le naturisme gémit Erronnais
    #15Verfasserrb07 Apr. 05, 14:22
    Kommentar
    Eronnais s’énerva. Il regarda un mec laid en lui demandant son nom en allemand : « vii isst ir Naame ? ». L’homme camus, chauve, au ventre de buveur de bière et avec le zob désastreusement riquiqui répondit : « Mein Name ist Lars-Rüdiger, wieso fragen Sie mich ? » - Eronnais l’ignora blasé, c’est le comportement op-portun aux hommes appelés Lars-Rüdiger.

    Eronnais monta en voiture où le panda était en train de s’corinner. « Ces barbares ! Pourquoi les laisser entrer la France ? » Le panda éternua. « J’veux dire, ils ont la mer du Nord, pourquoi ne vont-ils pas là à s’exposer ? » Il partit, la population féminine attendait à être interrogée !

    Le refrain d’une chanson Breizh Atao trottait dans la tête du flic. Sa bagnole courut sur la pierraille de la ruelle. Quand ils passèrent la maison de retraite Eronnais éprouva la convoitise qu’il avait crue franchie : sa geronto-sexualité ! Il appuya sur le champignon pour s’y contenir ! Le panda croyait que la Corinne faisait toujours effet à Eronnais. « Maître, t’es sûr qu’un flic corinné n’est pas favorable à la criminalité organisée ? » « Tais-toi, je suis en train de lutter contre ma gerontosexualité, comprends ? C’est grave, toujours je vois ou écoute ou sens des personnes vieilles, je rends chaud ! Ne te moques pas, salaud, ou j’ vais t’introduire à mon ami sodo-mite ! » Le panda se tut, et on saisit sa motivation.
    #16Verfasserbu07 Apr. 05, 14:40
    Kommentar
    - Ne fais pas cela supplia le Panda soudain dégrisé en plus si ton copain zoophile ressemble à Lars Rüdiger...
    Je te promets solennellement de ne plus être raciste ni gérontophobe. D’ailleurs continua le Panda tu as besoin de moi, tu es tellement cocainé que tu es parti en laissant les Allemands forniquer sur la place. Tu comptes sans doute sur une ondée pour les disperser et bien manque de pot il n’a pas plu pendant toute la semaine Moi , j’ai une idée il faut leur crier bien fort „Dort am Strand ist Freibier für Alle“ pour les entrainer vers la plage.

    -D’accord, répondit Erronnais et après la procession on interroge la gente féminine. Toi tu interroges les jeunettes et moi les vieilles.

    #17Verfasserrb07 Apr. 05, 15:25
    Kommentar
    Retour ! Le panda carillonna en utilisant le mégaphone ce qu’ils avaient arrangé. La meute se mit en marche, direction plage. Un éclair plus tard Monsieur le Curé apparut en compagnie des habitants du village. Rien n’indiquait au Sodome et Gomorrhe qui avait eu lieu devant la poste de police il y avait des instants. Les rues propres comme toujours ! « Oufff ! », soupira Eron-nais, « on a eu d’la chance, non ? » Le panda était content de leur action : « On mérite une ration extra, n’est-ce pas ? » « Oui, bien sûr ! En avance ! » « Et l’interrogation, on la fait demain, ça va ? » demanda le panda. « Oui, ça ne presse pas ! » Malheu-reusement le coke accroissait le besoin sexuel de M. le flic Eronnais. Brusquement il a du zèle. « Allons-y, ce qu’on peut faire aujourd’hui, on fait aujourd’hui. Il s’agit toutefois d’une tueuse, peut-être d’une massacreuse ! C’est notre devoir ! »

    [@rb: "Toi tu interroges les jeunettes et moi les vieilles" c'est génial! moi, je m'en vais au week-end, au relire lundi!]
    #18Verfasserbu07 Apr. 05, 15:51
    Kommentar
    C'est qu'il y avait du pain sur la planche. Depuis la prise du pouvoir par Adolf bin Khomeini et son parti national-islamique à Berlin, il n'était plus question de se faire rôtir la quéquette ou les roploplos au soleil mouillé de la Mer du Nord ou de la Mer Baltique. Finis également la viande porc, et Dieu sait que c'est déprimant une choucroute sans jambonneau, ainsi que le la bière et le Coca, breuvage satanique par excellence. Le voile faisait donc plutôt mauvais ménage avec le dirndl, et la moitié du pays, réduite à une diète aussi inhumaine, était au portes de la mort par inanition alors que l'autre se trouvait au bord du suicide. Depuis, ce n'était plus une vague d'acier qui déferlait sur le pays une fois par an, c'était carrément l'étale. Les touristes refusaient simplement de regagner leurs Kachelöfen, s'étaient arrêtés là où le nouveau régime les avait surpris et avaient fini par se sédentariser à proximité des plages et des boîtes de nuit.
    #19VerfasserDarth Kroko07 Apr. 05, 16:57
    Kommentar
    au fait, vous avez regardé à http://www.copacabana.de/ ?

    da wäre lars-ruediger@copacabana.de erstaunt, daß es das geibt, mit *dem* inhalt auch noch (die mail-adresse ist natürlich ein fake).
    #20Verfasserfab08 Apr. 05, 01:33
    Kommentar
    « Et l’interrogation, on la fait demain, ça va ? » demanda le panda. « Oui, ça ne presse pas ! » Malheu-reusement le coke accroissait le besoin sexuel de M. le flic Eronnais. Brusquement il a du zèle. « Allons-y, ce qu’on peut faire aujourd’hui, on fait aujourd’hui. Il s’agit toutefois d’une tueuse, peut-être d’une massacreuse ! C’est notre devoir ! »

    Eronnais attendit, les ouailles entonnèrent un dernier chant . Au premirer rang, une petite víeille au visage de pomme ridée et qui chantait d’une voix aigrelette l’émut particuliérement. Ses cheveux gris soigneusement tirés en arriere disparassaient sous une haute coiffe- assez haute en tout cas pour servir de cachette à une arme pensa-il . C’est avec elle qu’il commencerait son „interrogation“ pensa Erronnais avec un élan non dénué de concupiscence.

    Le curé semblait un peu fatigué par la messe de Pardon qu’il avait tenu au pied du calvaire en granit tout en haut de la falaise, face à l’océan.
    La procession qui s’en était suivie n’avait pas été de tout repos non plus. Les enfants de choeur , de vrais petits chenapans, s’étaient disputés tout au long du chemin pour l’insigne privilège de porter les bannières. Ils s’étaient même battus à coup de missels et d’encensoir. Le curé avait réussi à rétablir discrètement l’ordre à coups de taloches sournoises distribuées sur la nuqe de ces graines de Satan. Heureusement le gros de la troupe absorbé par les prières et les chants ne s’était aperçu de rien.
    M. le Curé s’empressa donc de bénir une dernière fois la foule des fidèles . Il avait l’oreille délicate et se sentit soulagé de ne plus les entendre chanter faux.
    #21Verfasserrb08 Apr. 05, 13:06
    Kommentar
    Erronnais s’épongeait le front, il faudrait que j’arrête la coke pour le bromure. Pour se calmer il s’efforça de penser à Heidi Klum. Ce truc, qui fonctionnait aussi avec Pamela Anderson était infaillible. Cette chair ferme et fraîche , ces teints immaculés , ces bouches sans dentier , ces corps minces musclés et bronzés, ces regards pétillants tout cela avait le don de lui donner la nausée et il redevenait maître de ses sens affolés.
    Par le mégaphone il s’adressa à la foule.

    -Chers amis, l’heure est grave. Dans notre commune de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer, un crime abominable a été commis. Tout indique qu’une femme est l’auteur de ce crime affreux.
    C’est pourquoi j’invite les femmes à se rendre à la salle des fêtes pour une interrogation. Cette interrogation sera notée sur 20 et aura une incidence sur le coefficients des marées. Donc je vous conseille de vous donner de la peine. .
    Mon assistant, M. Panda prendra en charge les femmes de moins de 60 ans, tandis que j’interrogerais les femmes de plus de 60 ans.
    #22Verfasserrb08 Apr. 05, 13:07
    Kommentar
    « Ben ! », pensa le Panda en se mouchant, « c’est une drôle de lutte contre sa gerontosexualité, ça ! Moi, je serais heureux de ne pas interroger les sourdes et aveugles. » Eronnais calcula « 20 heures moins 17 heures, c’est trois heures d’ différence, assez temps à passer en revue ce qu’on a déjà appris : une femme morte, à demi nue, trop jeune (à mourir et en général), un panda avec plus d’expérience que toutes les élèves de la terminale de 1922 réunies, de la luxure boréale, du pot avec la pro-cession et maintenant le devoir de n’interroger que les femmes sans offenser la PNPC, la Partie Nationale des Phallocrates. Et tous ça un mercredi ! ».

    Il voulait abandonner St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer pour le temps jusqu’à huit heures et le grand showdown à la salle de fête (au pied de la lettre !). Comme on avait déduit que la source du crime était une femme sans doute, l’achèvement du cas ne demanda que de la patience. Le panda indiqua le chemin, la voiture ralentit : voilà une baie si pittoresque qu’on préférait y passer le temps avec son amante et pas avec son chef ou bien son adjoint… Le panda s’endormit et, comme tou-jours dormant le jour, il rêva de Mme Perroquette, son adorée sexy de sa vie aviaire précédente. M Eronnais avait bien envie de se reposer, mais était trop nerveux vu le soir imminent.
    #23Verfasserbu11 Apr. 05, 09:13
    Kommentar
    Le PNPC, le Parti National des Phallocrates ne protesta pas . D’une part les statistiques étaient toutes concordantes et indiquaient que plus de 80% des meurtriers étaient des hommes, le déséquilibre était si flagrant que même les machos avaient donné leur accord pour laisser quelques crimes de second ordre être commis par ces dames . Ainsi un semblant de parité et de quotas étaient respectés. La morale était sauve.
    D’autre part , l’heure choisie par Erronais , 20 heures, convenait parfaitement au PNPC : D’ici là les femmes auraient le temps de préparer un bon diner que les hommes pourraient savourer en silence et en toute tranquillité devant une rediffusion de téléfoot.

    Erronnais se trouvait génial d’avoir recours à une „INTERROGATION“ à la place du sempiternel „INTERROGATOIRE“. Ses méthodes innovatrices lui vaudraient sûrement le compliment de ses chefs . Il se voyait déjà à la une de L’Ouest-Éclair, avec ce titre „Erronnais: l’étoile montante de la police régionale“

    #24Verfasserrb11 Apr. 05, 11:30
    Kommentar
    Donc il écrivit les questions qu’il poserait.


    1) Où a- t-on trouvé le cadavre? (3 points)

    2) Quelle est la recette du Kouign Aman? (3 points)

    3) De quel sexe est la victime? ( 3 points)

    4) Combien d’huîtres a ouvert le champion du monde d’ouvreurs d’huîtres en une heure? (3 point)

    5) Qu’est ce qu’il y avait d’inscrit sur le cadavre? (3 points)

    6) Le fard breton est-il meilleur avec des sultanines ou des pruneaux? (2 points)

    7) Comment la victime a-t-elle été tuée? ( 3 points)


    Erronais était très satisfait de son questionnaire. Nul doute que la meurtrière voulant faire un bon score se trahirait.......
    #25Verfasserrb11 Apr. 05, 11:31
    Kommentar
    Erronnais voulut se récompenser par une dose de coke mais sa petite boite à priser qui renfermait sa dose journalière était déjà vide . Il ouvrit donc le coffre de sa voiture où il avait un sachet d’un kilo de coke dans son sac a provision.
    Il l’ouvrit et constata avec horreur en reniflant fortement que le sachet ne contenait que de la farine. Il avait emmené ce matin de bonne heures la propriétaire de . „Ti-Krampouezh“ (la crêperie ) faire les coures et elle avait acheté entre autres plus de 20 kilos de farine , un sachet avait du glisser de ses sacs à provisions dans le coffre et elle avait pris par mégarde la coke.

    Son visage se figea dans un rictus douloureux. Il imaginait Madame Kermarec officiant comme d’habitude en public dans sa crêperie. Elle prenait une louche de pâte à crêpe cocainée la faisait cuire sur sa tuile de fonte et lançait à l‘aveuglette des crêpes cocainées par dessus son épaule qu’elle réussissait à faire aterrir exactement dans les assiettes disposées à cet effet sur le comptoir.
    Paniqué par cette vision, il secoua son fainéant de panda, qui tout à ses rêve murmura seulement „oui ma douce“.



    #26Verfasserrb11 Apr. 05, 11:32
    Kommentar
    Un cri d’effroi interrompit les sombres ruminations d’Erronnais.Il se retourna en direction du bruit.

    Une espèce de monstre entièrement couvert de goémon qui lui tenait lieu de vêtement gesticulait et moulinait des bras sur la route, faisant fuir en criant les rares passants .

    Erronais l’arme au poing se dirigea sans appréhension vers cette malheureuse créature . Arrivée à sa hauteur il reconnut le regard porcin , le visage de saindoux et la calvitie de Lars Rüdiger. Le varech lui collait littéralement à la peau. Il semblait avoir été enduit de colle et roulé dans le goemon.

    Que s’était-il passé? Et en plus comment le savoir, car Lars Rüdiger ne parlait que l’allemand.

    #27Verfasserrb11 Apr. 05, 11:34
    Kommentar
    Il n’avait pas d’pitié avec ce brut Allemand comme il ne paraissait pas au danger mortel. Il se tourna vers son ami. « J’vais te montrer ma douceur ! » il brama en lui donnant un coup fort, « La boulangère Kermarec va gaspiller tout le coke aux gens ignorants qui ne savent pas savourer de l’effet de la Corinne ! » Le Panda ne voulait pas accepter que Mme Perroquette avait été irréelle, imaginée, songée. Il regarda l’heure et, en s’étirant, réalisa avec horreur qu’il était déjà huit heures moins dix minutes. « Il nous faut dégrouiller ! Regarde ! » il bredouilla en montrant l’heure à son maître. « Tu sais que les femmes, au moins celles que tu veux ’interroger’ normalement se couchent très tôt, comment ‘interroger’ la coupable si elle dort ? » le Panda demanda d’une façon impertinente. Eronnais enragea. Il prit la clé de la voiture et monta, le Panda le suivit…
    #28Verfasserbu11 Apr. 05, 11:57
    Kommentar
    Arrivés à la salle de fête bondée les deux reconnaissaient que toutes les gens féminines avaient obéi. Eronnais commença : « Mesdames ! Vous savez pourquoi nous nous sommes… »

    Tout d’un coup une fenêtre cassa. Une pierre boulait sur le fond, enveloppée par un papier. Le panda releva la pierre d'achop-pement et la donna à M Eronnais qui déroula le papier. Il supposait que c’était un communiqué, bien sûr le communiqué de la coupable. Il connaissait cette manière de faire part par des films anciens qu’il aimait assez bien. Le papier était en fait un billet coup ! En pattes de mouches la coupable avait écrit :

    ‘Chèr ami enmi,
    moi je fais la mort du femme.
    Répondre en Allemagne (!) si voulez savoir plu !
    Votre enmi,
    Copa Cabana’

    « Ô juste ciel ! Le déballage de la tueuse ! C’est indiscutablement une impertinence de nous demander de répondre en Alle-mand, la langue des barbares et des femmes peu attirantes ! » il exclama (en faisant allusion à Oliver Kahn et Heidi Klum) et destitua toutes les femmes de la salle sauf une bisaïeule du troisième gradin qui lui avait fait de l'œil durant l’interrogation. Il compta se promener et voire même aller dîner avec elle. Le panda se gratta la tête : »Tout d’abord cette criminelle tue une femme, puis elle brise une fenêtre innocente, et à la fin elle nous force à collaborer en communiquant en Allemand ! » M Eron-nais décida de ne plus y rechercher et commanda la traduction de ce qu’il allait dicter au Panda :

    « Madame tueuse, Madame Copa Cabana !
    C’est avec joie que nous avons reçu votre lettre. Veuillez s.v.p. à l’avenir nous faire parvenir vos billets de façon traditionnelle, c’est-à-dire dans une enveloppe et à la boîte aux lettres ? Merci en avance, avec nos meilleures salutations, M Eronnais et son adjoint le Panda ! »
    #29Verfasserbu11 Apr. 05, 12:03
    Kommentar
    Le Panda était baba de ce qu’on lui voulait faire. Traduire ? Allemand ? « ça serrait mieux d’être écartelé que ça, mon âme ! », il geignit. Le regard d’Eronnais lui signalait qu’il n’y avait aucune marge de manœuvre et, si on connaissait mieux au flic on pourrait aviser qu’il était en train de rendre impatient. C’était l’heure de dîner et pas des études linguistiques du moins pour lui-même.

    Laissé seul le Panda consultait les dictionnaires à la main. Il n’avait aucune expérience de traduire même si, comme Eronnais admettait, le Panda disposait d’une faculté des langues extraordinaire. Après trois heures il ne voyait plus que des voyelles et opta de ne plus bosser. Il prit une prise et s’en alla.
    #30Verfasserbu11 Apr. 05, 12:04
    Kommentar
    La nuit était brève et houleuse. Eronnais avait des rêves aventureux et son adjoint ruminait comment obtenir la traduction. Lui, il n’arriverait pas à la faire lui-même et le service d’un traducteur était hasardeux comme le cas était rigoureusement secret (le service d’une traductrice était même plus irresponsable car celle-ci, on ne sait jamais, pourrait être la coupable). Il avait enten-du parler d’un forum français allemand à l’Internet. « Peut-être là on pourrait trouver des gens qui traduiraient mon texte ? » Il doutait son idée en vertu de la même raison comme juste avant. Le cas était trop délicat ! Enfin, il ne voyait que cette solution. Mais, il fallait feinter les internautes. Le matin il plaça sa demande :

    ‘Qui sait aider à un élève dépassé ?

    Commentaire:
    Salut! À l’école il me faut écrire une réponse fictive en Allemand à une lettre (également fictive !) qu’un flic reçoit du coupable. Mon prof est une nulle, je n’ai jamais rien appris chez lui et maintenant il me demande de faire ça !
    Qui a pitié de moi ?

    Le texte :

    'Madame tueuse, Madame Copa Cabana !
    C’est avec joie que nous avons reçu votre lettre. Veuillez s.v.p. à l’avenir nous faire parvenir vos billets de façon traditionnelle, c’est-à-dire dans une enveloppe et à la boîte aux lettres ? Merci en avance, avec nos meilleures salutations, M Eronnais et son adjoint le Panda ! ‘’

    Merci d’avance et bonne journée

    Le Panda’

    Il éteignit son ordinateur et allait acheter le petit-déjeuner.
    #31Verfasserbu11 Apr. 05, 12:04
    Kommentar
    Eronnais arriva à la poste de police et trouva M Panda au petit-déjeuner : il avait acheté du grain et du thé bambou qu’il consommait avec délectation. Eronnais grommela. Le Panda leva les yeux. « Je suis si fatigué ! » lamenta Eronnais. « Je n’en veux absolument rien savoir ! » le Panda cria résolu, « toi, t’es mon chef, t’as une disposition très extravagante et ce que tu fais durant ton loisir ça ne me touche pas du tout ! » « O là là », Eronnais était penaud. Il s’assit. « Maître, le président de la PNPC vient de téléphoner. Il est en colère, j’te dis ! Voilà, son numéro ! » Eronnais n’avait aucune idée pourquoi un politicien s’intéressait à lui, à ce moment là. Le monde ne s’était pas encore rendu compte de sa méthode avancée qui lui ferait le plus célèbre policier de la nation. Il se complaisait dans sa gloire future. Pour les dames âgées des réminiscences suaves seront évoquées par le génie de M Eronnais, il établit une comparaison entre le génie de Charles de Gaulle et le sien, avant l’air ab-sent. M Panda le pinça. « Appelle ! » Il appela le Président de la PNPC…
    #32Verfasserbu12 Apr. 05, 11:38
    Kommentar
    « Raphall ! »
    « Bonjour, c’est M Eronnais, le policier de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer, est-ce que je parle avec M le Prési… »
    « Non, mon balourd, c’est moi qui parle avec vous : Ce que vous avez fait, vous personne incapable, c’est nul, sacre bleu ! Hier soir vous avez congédié toutes les femmes à huit heures et cinq minutes. Qu’est-ce que vous avez pensé ? Vous avez eu l’intention de quoi avec ça ? Vous êtes un imbécile, mon dieu ! »
    « Ehh, pourquoi fâchez-vous, Monsieur ? Il y avait une attaque contre moi et mon adjoint, une lettre de la suspecte ! Il me fallait renvoyer les femmes à la maison… »
    « Et les conséquences ? Aviez-vous envisagé les conséquences ? Nous, les hommes à la maison, regardant le foot, buvant notre petite bière, un soir en tranquillité pour les hommes, c’est demander trop ? » M le Président Gode-Michel Raphall exalta, ses cris aigus faisaient mal aux oreilles de M Eronnais, « je vous conseille » il chuchota amicalement, « vous allez inviter les per-sonnes gracieuses de nouveau, aujourd’hui soir, à huit heures. Sinon j’entre en contact avec votre supérieur ! Compris » Il claqua le combiné.

    « Trou du cul ! » Eronnais exclama. « Ce cabotin ! En passant, t’as fait la traduction, mon cher ? » Le Panda nia « mais j’ai mis une demande dans un forum Internet ! » « T’es fou ou quoi ? C’est… » « Ne t’énerve pas ! j’ai triché ! Moi c’était un élève noyé qui a besoin d’aide, c’est bonne idée, hein ? » Oui » avoua Eronnais.

    Il prit la gazette et lut du meurtre à la plage, « son » meurtre, bien entendu, qui a fait la une de son journal préféré. En contre-bas il y était écrit que ce jour les équipes de foot locales joueraient à huit heures. « Hm, » il pensait « Le hooligan téléphonique est au même temps un hooligan de foot ! » « Je vais regarder si qqn. a déjà répondu à ma demande ! » dit M Panda et s’en alla.
    #33Verfasserbu12 Apr. 05, 11:39
    Kommentar
    M le Président Gode-Michel Raphall

    mdr
    #34Verfasserrb12 Apr. 05, 12:30
    Kommentar
    @bu
    la suite la suite!!!

    #35Verfasserrb12 Apr. 05, 14:23
    Kommentar
    @rb : je suis en train, mais je compte sur toi, définitivement !
    #36Verfasserbu12 Apr. 05, 14:25
    Kommentar
    Eronnais écouta M Panda taper le nom du site Internet dans son ordinateur. « Regardons » murmura celui-ci en attendant. « Maître, viens, dans un instant on sait plus de notre traduction ! » M Eronnais alla et examina l’écran : Il y en avait un lion-ceau mignon en haut, une pub pour une entreprise Allemande et…, quel plaisir pour la vue ! Quel joyau ! Eronnais était stupé-fait. Dehors la petite vieille au visage de pomme ridée passa. Eronnais croyait qu’il connaissait ce bijou de septante ans. « T’as vu cette femme d’haute coiffure ? » il demanda M Panda. Celui-ci regarda par la fenêtre et rit : »Tu veux dire cette copie noire et blanche de Marge Simpson ? Pourquoi demandes-tu ? » « L’autre jour mon instinct policier l’a singularisée au sein de la procession du Pardon à la Mer. Elle pourrait cacher une arme dans sa coiffure, n’est-ce pas ? » « Bien sûr, mais » M Panda faisait une pause, « est-ce que c’est interdit ? » « Quoi, cacher une arme dans sa coiffure ? Non, pas interdit, mais suspect. Elle pourrait être la tueuse ! » « Bien sûr, mais la jeune femme n’était pas tuée avec un pistolet ni un coutelas. Je pense plutôt que c’était ton instinct sexuel qui l’a singularisée. » « Tais-toi, salaud, et souviens-toi de mon ami zoophile, M Panda ! ».
    #37Verfasserbu12 Apr. 05, 14:39
    Kommentar
    M Eronnais sortit à grands pas. Panda le suivit galopant à cause de l’échauffement de M Eronnais, il craignait le pire. Dans la rue il n’y avait personne. La femme – certainement pas la championne bretonne du cent mètres – était disparue. Aucune trace d’elle. « Tu l’a vue, toi aussi, non ? » Eronnais pria. « Non ! » mentit M Panda. « Bien sûr, tu l’as vue, dis-moi que c’est comme ça ! » Eronnais était en train de flipper. Panda attendait une demi minute jusqu’il le disculpa des fantasmes. Ils entrèrent la poste de police et s’assirent devant l’ordinateur. Sur l’écran des lettres bien composées avertissaient :

    ‘Pour quoi non répondre ?
    Voulez que je fait morte autre femme ?
    Venir à baie pitoresk ou vous dormiessaiez ièr. Aujourd’oui à 8 heures, tous les deux et : pas d’ police !
    Copa Cabana’

    « Une lettre d'intimidation ! » s’écria Eronnais. « A huit heures, tous les deux ! C’est très ignoble, ça. Et : pas d’ police, pah ! Comme si nous avions besoin de la police, canaille ! Nous savons nous débrouiller nous-mêmes, n’est-ce pas, M Panda ? N’est-ce pas ? Ce gredin scélérat ! » Sa voix devint rauque, M Panda resta tranquille. « Cool, Raoul ! » il interjeta, « On va lui carder le poil, promis ! ». Il regardait dans le miroir comme il prenait une prise d’ la Corinne et oui, il était assez cool à son avis.
    #38Verfasserbu12 Apr. 05, 14:39
    Kommentar
    Quel malheur ! Il fallait choisir entre la fureur de M le Président Raphall et le péril de Mme Copa Cabana. M le Président demanda de faire l’interrogation à huit heures et Mme Copa Cabana voulait que Eronnais et Panda apparaissaient à la baie à huit heurs – l’un excluait l’autre !
    #39Verfasserbu12 Apr. 05, 15:53
    Kommentar
    Quel dilemme en effet!! J'adore ton style truculent ! Qu'est ce que cela doit donner quand tu écris en allemand

    Je te laisse continuer pour ne pas brouiller l'intrigue.
    #40Verfasserrb13 Apr. 05, 07:00
    Kommentar
    @rb : c'est pas du tout ce que je veux ! aux divers passages de toi je suis tombé de rire et je me suis blessé gravement en conséquence ! En effet, j'aime l'alternance de ton style, tes idées folles et au même temps cultivées et ta compétence bretonne et de ce que j'écris moi.

    Et, par ailleurs, j'ai besoin de toi comme il me faut trouver la coupable et l'arrêter, regarde M Eronnais et M Panda : chaqu'un d'eux n'arriverait jamais à le faire soi-même, n'est-ce pas ? C'est la même chose avec nous !

    J'avance en attendant tes contributions !
    #41Verfasserbu13 Apr. 05, 08:28
    Kommentar
    ok mais sois patiente car je n'ai pas trop le temps. En tout cas c'est promis pour cet après midi
    #42Verfasserrb13 Apr. 05, 08:39
    Kommentar
    formidable !
    On a tous le temps car Lars-Rüdiger demanda de terminer le livre de 320 pages jusqu'août (suppose qu'il compte prendre le livre à la Bretagne quand il a ses vacances !)
    #43Verfasserbu13 Apr. 05, 08:49
    Kommentar
    Le regard de M Eronnais était si éperdu que M Panda l’apitoyait. Il fallait entamer quelque chose afin que le désarroi n’éliminât pas son chef. « Eronnais ! Écoute ! J’ai une idée : pourquoi n’allons-nous pas à la crêperie Kermarec et avalons toutes les crêpes, ça euphorisera ! » « Quelle trouvaille, ton trait d'esprit ! » Eronnais applaudit, ravivé par la perspective d’une bouffe particulièrement stimulante. Les deux montèrent en voiture…
    « Ça coûte d’rester calme vue la jolie Mme Kermarec et ses crêpes ! » Eronnais essayait de dire, il était si excité qu’il ne sût guère conduire ni parler. « Mme Kermarec te plait ? Bien qu’elle soit jeune, au fait elle a seulement soixante-quatre ans ! » « Peut-être elle est un peu novice, mais elle est jolie, non ? « M Panda rit. « Quoi, tu fais allusion à ma gerontosexualité, tu t’moques de moi ? Vas-y ! Vas à pied ! Si t’as d’la chance, je te laisserai deux ou trois crêpes, salaud ! » Il arrêta brusquement, ouvrit la portière droite et faisait signe à M Panda de s’en aller. « Ah non, mon chef, je n’ me moque pas ! C’est seulement que je ne comprends pas comment tu choisit tes objets de volupté, c’est ça ! » Eronnais calma : » Ben, mais tu comprends que c’est pas du tout facile pour moi ? » « Oui, mon maître, je comprends ! » Les deux continuaient et arrivèrent chez Mme Kermarec.
    #44Verfasserbu13 Apr. 05, 10:11
    Kommentar
    Celle-ci était en forme, elle travaillait comme dix personnes super motivées de vingt ans. « Elle me parait un peu hyperactive, non ? » M Panda demanda. « Zut alors, les crêpes, elle les a mangées ! » Eronnais riposta. La crêperie Kermarec, normalement une oasis de tranquillité au sein de la vie hectique était hic et nunc un enfer speed : Tous les clients bavardèrent et gesticulè-rent, se levèrent et s’assirent d’une seconde à l’autre. Le portrait d’Albert Camus était comme toujours accroché à la paroi, l’observateur calme, distant. Ses tristes yeux enfantaient la réminiscence d’une citation correspondante à la situation altérée de la crêperie. M Eronnais entonna : « Il n’y a que le Paradis et l'Enfer, et on ne peut être que sauvé ou damné ! » Il était tout à fait évident qu’on était venu tard, et Mme Kermarec cria : » Toutes préparées et vendues ! Revenez demain, Messieurs, désolée ! »
    #45Verfasserbu13 Apr. 05, 10:12
    Kommentar
    Mann, ich kann kein französisch!!!!:-(( Kann mir das mal jemand ins deutsche oder ins englische übersetzen. Büüütttteeeee!!!!
    #46VerfasserRaven13 Apr. 05, 10:28
    Kommentar
    Dépites les deux s’en allèrent. Cet après-midi subitement n'avait plus de sens. Ils allaient à la poste de police pour s’y creuser la tête comment remédier l’impossibilité d’être à deux lieus si loin l’un de l’autre concurremment. La situation était parfaitement égale à l’apothéose d’une comédie de Molière.
    Après une demi-heure à la poste le Panda découvrit la solution. Le truc était simple et génial : comme on ne peut pas être à deux lieus à la même temps et jouer à pile ou face est pour les mollassons, M Eronnais et M Panda décidèrent qu’ils allaient chercher un étalagiste pour y acheter deux pupes. Celle-ci seraient habillées comme eux-mêmes, les originales et ses clones feraient le redoublement de M Eronnais et M Panda. Eronnais, on avait accordé aux causes pas officielles, ferait l’interrogation avec la pupe ressemblant à M Panda alors que M Panda rencontrait Mme Copa Cabana, accompagné par la pupe de M Eronnais. Comme ça, tous les deux exigences seraient remplies !
    #47Verfasserbu13 Apr. 05, 13:06
    Kommentar
    Eronnais avait demandé le Panda de lui assister en distribuant les questionnaires avant d’aller à la baie. Ceux-ci étaient impri-més sur papier fleuré afin que les femmes fussent enivrées par l’odeur voluptueuse. Cette méthode n’était pas traitée dans le manuel policier et constituait une autre innovation de M Eronnais qui élevait peu à peu l’échelle professionnelle – le jour de sa présidence s’approchait d'heure en heure ! « Maintenant il me faut de la coco « il se dit en pensant à l’inspecteur fat venu de la ville et il sourit » bientôt il sera mon subalterne, hihihi ! » Son sourire n’était pas du tout arrogant ou sadique. Sa confiance en l'avenir lui faisait gai. Eronnais était d’une nature gentille et plein d’amour de la justice.
    Né le 9 novembre 1970, baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit le dimanche suivant dans l’église du village par l’abbé Calvaire. Appelé Didier, il grandissait au bord de l’océan Atlantique. Son père, un berger, attachait de l'importance à la justice et l’égalité, le démontrant avec ses brebis. Aucune d’elles ne méritait plus que l’autre. L’égalité ovine serait le phare moral pour M Eronnais, le fils du berger. L’amour vers des citations il l’avait adopté de son père également. Celui-ci avait l’habitude de citer Victor Hugo : « Qui sauve les loups tue les brebis » quand il s’agissait d’une conversation politique agricole.
    La mère d’Eronnais était une femme accorte, patiente et sage. L’amour dont elle disposait aurait suffi pour vingt enfants. Eron-nais, le flic qui fera honneur au nom de sa famille, était l’enfant unique. Elle appelait « C’est midi, Didi ! » quand elle avait préparé le déjeuner. Elle mourut le jour de son dixième anniversaire de soixante-deux ans, laissant son fils seul avec son mari qui était devenu alcoolique en attendant. La raison de sa négligence avait eu l’abattage nocturne couard de deux tiers de son troupeau. Le coupable n’avait jamais été capturé. La biographie d’Eronnais : du pain bénit pour les freudiens !
    #48Verfasserbu13 Apr. 05, 13:06
    Kommentar
    Didier Eronnais lisait son questionnaire auquel il avait ajouté la huitième question, la question prépondérante :

    1) Où a-t-on trouvé le cadavre? (3 points)
    2) Quelle est la recette du Kouign Aman? (3 points)
    3) De quel sexe est la victime? (3 points)
    4) Combien d’huîtres a ouvert le champion du monde d’ouvreurs d’huîtres en une heure? (3 point)
    5) Qu’est ce qu’il y avait d’inscrit sur le cadavre? (3 points)
    6) Le fard breton est-il meilleur avec des sultanines ou des pruneaux? (2 points)
    7) Comment la victime a-t-elle été tuée? (3 points)
    8) Corrigez la phrase suivante : « Venir à baie pitoresk ou vous dormiessaiez ièr ! » (3 points)

    L’idée de derrière la tête était bien sûr que la coupable serrait la seule de ne pas trouver quelque chose faux dans cette cacographie comme la phrase était de sa maternité littéraire. Le total était 23 points. Eronnais attendait que presque toutes arriveraient le maximum sauf une personne qui, ça dépendait de la connaissance de la cuisine bretonne, ne ferait que 20 points.
    #49Verfasserbu13 Apr. 05, 13:07
    Kommentar
    @Bu
    tu es vraiment prolifique à l'imagination débordante bu , ma contribution n'est déjà plus d#actualité et aujourd'hui je n'ai même plus le temps de te lire. je vais l'imprimer
    Tu peux me laisser conconcter qqchose avant de continuer? (je posterai demain)
    Merci
    #50Verfasserrb13 Apr. 05, 13:33
    Kommentar
    @rb : bien sûr, j'ai fini à ce passage-là "...la cuisine bretonne, ne ferait que 20 points." je serais heureux d'avancer avec des nouvelles idées !
    #51Verfasserbu13 Apr. 05, 13:54
    Kommentar
    @rb: ... de toi, naturellement ! Oui, c'est toujours le problème et la question si l'autre a déjà ecrit l'histoire à un point ou ce qu'on vient de composer est obsolète... je reste prudent (?)
    #52Verfasserbu13 Apr. 05, 13:59
    Kommentar
    Il se trouvait particulièrement astucieux d’avoir doté la question numéro 6 , une questions subjective ,de seulement 2 points il supprima seulement le d superfétatoire au mot far.
    Mais son euphorie retomba vite, lorsqu’il s’aperçut que ses réserves de cocaine touchaient à leur fin. Pour se consoler, il pensa spontanément à Rozenn Kermarec, elle était la seule étoile qui brillait en ce moment dans son coeur assombri. Elle était vraiment survoltée tout à l’heure , elle s’était même pendue à son cou en riant frénétiquement. Il aurait pu profiter de la situation et l’emmener faire crac-crac tralala , mais Erronais était un vrai gentleman qui respectait ces dames. Même quand il allait aux putes: Il ne marchandait jamais (merde quoi! On n’était pas dans un souk mais au bordel) et il payait toujours rubis sur l’ongle ( le double du tarif des clients ordinaires alors qu‚en plus pour les flics depuis la loi Sarkozy sur le racolage passif c’était le plus souvent gratuit) et non avec des chèques en bois comme le faisait certains surtout en fin de mois.
    #53Verfasserrb14 Apr. 05, 11:49
    Kommentar
    Panda entra en fanfare une assiette de crêpes à la main
    -TalaTala tin!!!..Regarde ces belles crêpes pâte cocaine, spécialité maison Kermarec .Tu étais tellement obnubilé par la Kermarec tout à l‘heure que tu n’as même pas remarqué les crêpes qui collaient au plafond et pendaient aux lustres. La pauvre Rozenn , elle semble avoir perdu -du moins pour aujourd’hui- son habilité légendaire à faire sauter les crêpe et à leur faire exécuter des triples saltos! Donc moi qui n’ai pas les yeux dans ma braguette comme certains, je les ai récupérées ces crêpes , ni vu ni connu.
    Le visage de Didier Erronais s’éclaira.
    - Au fait, ajouta Panda il faudra dire à Rozenn Kermarec de décrocher la la photo d’Albert Camus du mur
    - Pourquoi, c’est son petit fils, Yann-Loic, qui l’a donné à sa grand-mère. Il est en pleine crise d’adolescence , et se la joue mélancolique en trouvant la vie est absurde et n’a pas de sens..
    - Ok, je ne veux pas vexer Yann-Loic, mais seulement un petit malin a remplacé la cigarette que Camus tenait à la main par un gros pétard et ça fait mauvais genre. Et toi tu n’as rien remarqué! En plus il y avait autre chose..
    #54Verfasserrb14 Apr. 05, 11:50
    Kommentar
    - Quoi? demanda Didier Erronais
    - Le Panda triomphait, ainsi l’amour rendait bien aveugle...
    - Sur le manteau de la cheminée , dans un pot , il y avait deux plants de marihuana en guise de plantes vertes. Je me demande bien qui les a offerts à Rozenn. Mais bon aujourd’hui on ne pouvait rien dire ils étaient tous survoltés. Les pauvres ils n’ont pas l’habitude...
    #55Verfasserrb14 Apr. 05, 11:51
    Kommentar
    Avec les crêpes sauvées par l’ingénieux Pands le besoin de coco de Didier Erronais était provisoirement assouvi. Mais par la suite, il lui faudrait donc faire une descente au „Repaire des Brigands „ un bouge infâme fréquenté par une faune interlope qui contrôlait la contrebande régionale. Il s’agissait essentiellement de la contrebande de contrefaçon et de cigarettes mais ils avaient toujours de la coke pour soudoyer Erronais.
    Tout à coup, Erronais se sentit coupable : Son addiction l’amenait à piétiner ses principes.. Mais ses mécanismes de protection pour le maintien de sa santé psychique et d’une image positive de soi lui firent se rappeler que Sherlock Holmes lui même était cocainomane, mais qu’en plus Agatha Christie avait le défaut d’être abominablement conservatrice.
    La coco c’était donc le prix à payer pour son extraordinaire sagacité, le revers de la médaille en quelque sorte. Oui Erronais se trouvait extraordinairement perspicace, il était bien le seul mais que voulez vous, la coco rend mégalo.
    Perdu dans ses rêvasseries oiseuses, Didier Erronais remarqua seulement que le Panda pérorait encore et toujours . Quel bavard ce Panda.! Lui il avait complètement perdu le fil de la conversation.
    - Les huîtres sont transexuelles et les coquilles St Jacques hermaphrodites, alors toi en fait tu n’es pas si anormal que cela avec de tels exemples et franchement regarde, si on compare avec ton copai n zoophile...

    Erronais n’eut pas à répondre à ces élucubrations, trois coups brefs frappés à la porte l’en dispensèrent.
    - Entrez dit Erronais

    #56Verfasserrb14 Apr. 05, 11:52
    Kommentar
    Mme Alice Noiraud, présidente du MLB, Mouvement de Libération des Bretonnes (Bretonnes dans la dénomination du mouvement se rapportait aussi bien aux femmes bretonnes qu’aux vaches bretonnes qui étaient le plus souvent de la couleur du drapeau breton pour les plus belles d’entre elles appelées les Bretonnes Pie-Noire . Elles étaient, somme toute, plus nombreuses que les femmes bretonnes ce qui assurait une plus large base et une plus grande représentativité au mouvement).

    Panda aimait bien les Bretonnes Pie-Noire,qui portaient comme lui les couleurs du drapeau régional, sauf que lui était d’origine chinoise.
    Il avait pris lui même beaucoup de photos de ces belles bretonnes . Il avait même ouverte un site qui leur était entièrement consacré http://perso.wanadoo.fr/armorique/, tant il était passionné. Il avait même voulu qu’Erronais le prenne en photo avec elles car de par leur couleur elles étaient parfaitement assorties à lui.
    #57Verfasserrb14 Apr. 05, 11:53
    Kommentar
    Pour ce faire , Erronais, l’appareil de photo en bandoulière et le Panda avaient grimpé par dessus la clôture électrifiée d’un pâturage, et Panda aprés avoir choisi la plus belle génisse avait passé sa grosse patte autour de son cou et s’était appuyé joue contre joue à elle. Erronais était en train de régler le cadrage quand tout à coup, Alphonse, le taureau, avait vu rouge et avait chargé. Erronais Pendant prirent les jambes à leur cou..
    Erronais avait perdu dans la calvacade son portefeuille avec tous ses papiers et ses cartes de crédit (aux tranches toutes corrodées car c’est avec elles qu’il tassait sa coke). Mais Alphonse le taureau , qui imaginait sans doute que l’argent contenu dans le portefeuille était destiné à corrompre son harem d’innocentes génisses , restait immobile et menaçant, auprès du portefeuille, prêt à combattre.
    Ils n’avaient pu le récupérer qu’à la nuit tombée, éclairés par une torche à l’aide d’un lancé prêté par un pêcheur amateur.

    Bon trêve de digression. Continuons.

    #58Verfasserrb14 Apr. 05, 11:53
    Kommentar
    Mme Alice Noiraud’était l’ennemie jurée de Gode-Michel Rafall.

    Je suis venue porter plainte dit-elle. ..
    Erronais enviait les flics de la ville qui n’avait qu’une enquête à mener......

    - Je vous écoute

    -Voilà la municipalité a publié une annonce de recrutement pour la place de l’idiot du village. C’est discriminatoire et pourquoi pas une idiote de village ? C’est une place subventionnée par la CEE, pour la sauvegarde des traditions. Donc je porte plainte contre la municipalité.
    - Pourquoi vous vouliez poser votre candidature eut le culot de demander Erronais
    - C’est vraiment pathétique, un flic qui essaie de faire de l’esprit, répondit-elle en haussant les épaules avec dédain.

    Panda enregistra la plainte car c’était son devoir. On ne prenait plus rien à la légères . Toutes ces histoires avaient été juridicisées et pénalisées.
    #59Verfasserrb14 Apr. 05, 11:54
    Kommentar
    En partant elle s’arrêta à la hauteur d’Erronais
    - Et vous je vous préviens, dans votre enquête sur le meutre de la plage, vous avez intérêt à trouver une coupable parce que franchement il y en a marre du sexisme de la police! Savez vous qu’il n’y a pratiquement pas de femmes serial-killers? Regardez, lisez ces articles cela vous instruira, .dit elle en lui tendant un exemplaire du trimestriel „Nana“ dont elle était la rédactrice en chef. Elle avait toujours quelques exemplaires de la revue dans son sac pour les donner en punition à tous les gens qu’elles rencontraient au cours de ses longues journées. Erronais ne put refuser.

    - je vous ai à l’oeil mon gars, dit-elle en claquant la porte.

    - Pétasse, commenta Erronais assez fort

    - La porte se rouvrit brusquement : - vous avez dit quelque chose?
    - Non mentit effrontément Erronais. De toute façon il s’en foutait complètement. Depuis l’affaire Effenberg on savait qu’il était vraiment très onéreux d’insulter un policier . Par contre se faire insulter par un policier demeurait une prestation gratuite.

    #60Verfasserrb14 Apr. 05, 11:55
    Kommentar
    Ce n’est pas le tout, il faut que j’aille au „Repaire des Brigands“ pour la coco dit Erronnais . Tu m'accompagnes..

    Dehors, dans le cadre des échanges interculturels bilatéraux Paris-Province prévus par la loi sur la décentralisation des gamins du pays embusqués derrière un bosquet s’adonnaient à des activités édifiantes : Ils jetaient avec leur lances-pierre des pierres et des compliments avec leur bouches à un groupe de jeunes vacanciers de la région parisienne qui pour sa part s’était retranché derrière le monument aux morts..

    - Parigots têtes de veau!
    - Hey Bretons têtes de con!
    - Banlieusards, têtes de lard!
    - Côtes d’Armor, côtes de porc!
    #61Verfasserrb14 Apr. 05, 11:59
    Kommentar
    zut c'est dommage que l'on ne puisse corriger ses contributions avec Léo!!
    #62Verfasserrb14 Apr. 05, 12:04
    Kommentar
    @rb : Alice Noiraud et Gode-Michel Raphall - la couple des rêves ! ça, ça continue bien, non ? à bientôt
    #63Verfasserbu14 Apr. 05, 12:33
    Kommentar
    @bu.
    oui il faudra que ces deux là se rencontrent!
    J'attends ta contrib pour faire avancer l'intrigue parce que moi je brode pas mal sur la couleur locale
    #64Verfasserrb14 Apr. 05, 14:14
    Kommentar
    @rb : Oui, c'est vrai que tu ne brodes pas mal sur la couleur locale (que je ne connais pas du tout, désolé, mais ça me parait très authentique:) La dernière fois que je visitais la Bretagne j'avais 6 ans). je vais au week-end et serais de retour lundi matin, je n'ai pas eu le temps de me creuser la tête aujourd'hui, mais il ne faut pas avancer aussi rapidement qu'auparavant, à mon avis... bonne week-end
    #65Verfasserbu14 Apr. 05, 14:57
    Kommentar
    oui car ça en devient trop décousu .
    Bon week end à toi aussi.
    #66Verfasserrb14 Apr. 05, 15:07
    Kommentar
    @rb : t'es génial !
    #67Verfasserbu18 Apr. 05, 12:50
    Kommentar
    M Panda avait bien sûr bien envie de l’accompagner. Ils sortirent de la station et se dirigèrent vers la voiture. Ayant passés le monument aux morts il fallait dépêcher comme les têtes de veau et les têtes de con s’étaient unis après avoir remarqué l'ennemi public numéro un : les flics. Ils lancèrent des pierres, Eronnais et Panda déboulèrent et arrivèrent à la voiture.

    Bong et bong, des pierres sur le toit de voiture !

    « Têtes de têtards ! »

    Eronnais pesta en accélérant. Il paraissait content en conduisant. M Panda le regarda du côté et hocha silencieusement la tête de droite à gauche.

    « Patron ? »

    « Oui, Panda ? »

    « Dis-moi, cette contrebande où on va maintenant, tu la protèges, non ? »

    Eronnais se taisait.

    « C’est pas un reproche de ma part, je veux savoir. Tu les abrites et en revanche ils t’approvisionnent en coco. Ils ne sont pas découverts comme dealer et toi, tu as de la corinne gratis, non ? »

    Eronnais rit.

    « T’es bien, mon cher ! T’es un amateur des films policiers, n’est-ce pas ? Non, écoute : la contrebande que l’on va rendre visite, elle est tout à fait anodine. La contrebande n’existe que pour la frime, c’est-à-dire c’est une contrefaçon d’une contrebande de contrefaçon. Ces bandits sont des profs des belles lettres en retraite qui cherchent à travailler sans être dérangés par des fonctionnaires opiniâtres de la culture venus de Paris à disperser des subventions de l'État aux écrivains régionaux. Ils ne sont pas du tout criminels, mais un peu singuliers… »
    #68Verfasserbu18 Apr. 05, 12:51
    Kommentar
    Eronnais savoura la mine perplexe de M Panda. Celui-ci demanda :

    « Et pourquoi la coco et les cigarettes ? »

    « Afin de rester crédibles ! Imagine une rafle de police et rien n’est trou-vé ! Tout le monde saurait en cinq sec que c’est des hommes honorables et les fonctionnaires seraient de retour ! »

    « Et pourquoi du bakchich pour toi ? »

    « Afin que je leur assiste de maintenir leur réputation douteuse ! »

    M Panda ne comprenait plus rien. L’inversion de la criminalité, ça, c’était bien trop pour lui. Surtout qu’il s’agissait d’un cercle d’écrivains qui refu-sait les subsides. Eronnais interpréta le visage pensif de Panda correcte-ment. Il ajouta :

    « C’est des drôles d’écrivains, tu vas voir. Ils ne font que des alpha bêti-ses bêtasses ! »

    Entre-temps ils étaient arrivés, sortirent de la voiture et entrèrent au ga-letas.

    « Ahh, M le Policier, bienvenu ! »

    « Salut, les profs ! »

    « La contraïne est déjà emballé et cachée derrière le contrevent ! »

    Les écrivains ne parlaient que ça, chaque phrase contenait au moins un mot commençant avec « contr ». M Panda trouvait tout ça tout absurde et était heureux de sortir le bouge et de sniffer de la Corinne. Ce qu’ils al-laient faire an abondance, les deux, à la station de police. Ils contrôlèrent l’aptitude de leurs pupes, c’était donc une bonne idée !

    M Panda demanda la clé de la voiture et s’en alla vers la baie à rencontrer l’anonyme.
    #69Verfasserbu18 Apr. 05, 12:51
    Kommentar
    Arrivé à la baie il installa la pupe de M Eronnais à côté de soi-même et attendait. La bonne brise qu’il y avait faisait vibrer celle-ci. Il était déjà 10 heures quand une voix commanda de ne pas tourner.

    « Allez-y tout droit ! »

    « Mais, la marée haute est en train d’arriver ! »

    M Panda réalisa que ça n’était pas une excursion joyeuse. Les ondes se soulevaient et s'abaissaient. Les pieds déjà baignés il chercha de convain-cre l’anonyme de l’absurdité de ses actions.

    « Quoi veux-tu ? »

    « Je veux rien, mon ami. Mais, vous que voulez-vous ? »

    « Nous ? Nous ne voulions rien non plus ! »

    « Pourquoi est-ce que nous nous sommes rencontrés, donc ? »

    « C’est toi qui nous a commandé de venir. Quoi sais-je pourquoi ! »

    « Silence, les gars ! Avancez ! Non ! Arrêtez-vous ! »

    M Panda avait un funeste pressentiment, ses mains étaient attachées l’une à l’autre, la même chose avec ses pieds.

    « Maintenant, avancez ! Baignez-vous, allez-y ! »

    La situation était désespérée. M Panda se croyait dans le ciné comme il voyait son documentaire, son enfance et adolescence d’oiseau en couleur, sa vie d'adulte d’ours panda en noir et blanc. C’était pas un navet mais non plus un blockbuster ! Il avança en raccrochant le substitut de son ami dont il aurait eu si besoin ! C’était l’heure de l’adieu du monde ! L’eau lui était montée jusqu'au cou et à la longue il devenait recru. Maintenant il fallait nager afin de ne se pas noyer. Il avait les jambes ankylosées qui refusèrent le service.
    #70Verfasserbu18 Apr. 05, 12:52
    Kommentar
    Il s’éveilla sur la plage, une personne inconnue y était présente.

    « Du hast Glück gehabt, dass ich vorbeikam ! »

    « C’est quoi, ça? Je ne comprends rien du tout ! »

    « Du wärst beinahe ertrunken, Dein Freund aber, er ist in den Fluten um-gekommen, das tut mir leid ! »

    M Panda ne comprenait pas ce que voulait dire Lars-Rüdiger, mais il eut conscience de que cet homme lui avait sauvé la vie.

    « Merci, merci bien, sauveteur ! »

    Mais l’homme était déjà disparu catimini. Panda s’étonna et monta en voiture trempé jusqu'aux os or heureux.
    #71Verfasserbu18 Apr. 05, 12:52
    Kommentar
    Et Eronnais dans l'intervalle, comment était-il se battu? Avait-il supporté la confrontation avec quelques douzaines des femmes ? Lui seul, avait-il ? Il avait, voire même beaucoup plus que ça ! Il remportait un vrai triomphe sans pareil ! Lui, la superstar, désiré par les femmes, éloquent, charmant, plein d’esprit ! Les dames étaient venues manger dans la main de lui.

    Comment ça ? Il avait pris une prise de la cocaïne (ce qui causait la lo-gorrhée) et avait reconsidéré les réflexions et comparaisons qu’avait fait M Panda, ceux-ci au sujet des huîtres et les coquilles St Jacques. Tout ça lui avait confirmé, il se sentait tout à fait normalo. En plus, il semblait si professionnel et jovial à côté de M Panda qui était assez raide et de mar-bre ce soir là, c’était pas son soir, pauvre Panda !

    Il avait distribué les questionnaires après avoir fait un petit topo sur le crime en général et le meurtre par jalousie en particulier. Puis il attendait nonchalant jusqu’à les femmes eussent terminé le questionnaire et ra-massa les formulaires. Il prit congé d’elles sans rater le coche de badiner avec une dame jeune par comparaison. Mais, cette nuit là, pas d’folies, il fallait accorder la priorité.

    Il allait à la poste de police où M Panda attendait. Celui-ci tremblait et avait de la peine à expliquer ce qui lui était passé. M Eronnais apaisa son adjoint en lui donnant un petit coup et un verre de schnaps.
    #72Verfasserbu18 Apr. 05, 12:53
    Kommentar
    Dans la station les deux se mirent à exploiter les réponses des femmes. Le résultat de l’évaluation était époustouflant. Les questions 1, 2, 3, 5 et 7 n’avaient pas étés ripostés par personne. La réponse à question numéro 6 faisait une première différence : Une seule femme avait choisi les sulta-nines à la place des pruneaux comme la majorité ! Une indication ? On ne voulait pas condamner d’une manière précipitée. Donc les deux examinè-rent la réponse à question 8, mais, sacrément, ni une personne avait su corriger la phrase complètement fausse (Rappelons-nous : il fallait corri-ger la phrase suivante : « Venir à baie pitoresk ou vous dormiessaiez ièr ! »).

    « Ces femmes ! »

    Eronnais gémit et soudain il réalisa qu’ils avaient oublié de demander les femmes de déclarer son nom sur le questionnaire. Quelle purée ! Tout ce travail en vain (sauf que le Président du PNPC était satisfait) !

    Eu égard au reproche du sexisme par Mme Noiraud, M Eronnais voulait savoir si les hommes réussissent mieux en corrigeant la cacographie. Il chargea M Panda d’aller faire une enquête dans les bars. Bref, le résultat était le même : les hommes également ne savaient pas corriger la phrase visiblement fausse.

    « C’est un état intolérable ! Il faut que j’écrive à l'Académie ! »
    #73Verfasserbu18 Apr. 05, 12:53
    Kommentar
    M Eronnais farfouilla dans son bureau, trouva un papier net et pas froissé et écrivait :

    « St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer
    Le 23 août 2004

    Messieurs Immortels, Mesdames Immortelles !

    Sous l’investigation d’un meurtre à St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer nous avons découvert que la phrase « Venir à baie pitoresk ou vous dormiessaiez ièr ! » n’est pas identifiée fausse par cent pour cent de la population (le sexe joue un rôle mineur).
    La grammaire - à mon avis - ne représente pas un système rigide et défini par des théoriciens. Elle est - à mon avis - plutôt un livre de normes qui s’est développé depuis longtemps et est toujours en train d’évoluer. Compte tenu de la nature démocratique de la langue, notre connaissance nous incite à l’action.
    Je ne vous prie pas, Messieurs et Mesdames, de bouleverser la langue française, mais de cataloguer la phrase citée dans la liste des expressions justes.

    Veuillez agréer, Messieurs Immortels, Mesdames Immortelles, l'expression de mes salutations respectueuses !

    Didier Eronnais, agent de police de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer »
    #74Verfasserbu18 Apr. 05, 12:54
    Kommentar
    Le matin les deux étaient assez fatigués. Panda avait rêvé et rêvassé son expérience traumatisante, Eronnais par contre avait eu des rêves gra-cieux, doux et même excitants.

    La vie ne leur sourit pas concernant l’investigation. L’interrogation n’avait pas produit une connaissance approfondie du cas. A nouveau il fallait des méthodes inventives. M Eronnais était sûr qu’à la plage on trouverait des indications du meurtre. Mais, comme tout le monde connaissait le flic et son Panda (même les touristes depuis Eronnais avait tiré des coups) ils ne pouvaient pas y aller sans provoquer des remous. Il finit par juger qu’il ne restait que se déguiser tout le corps pour faire une investigation secrète. Quelle option avaient-ils de le faire? Ils considèrent le modèle « motard » en blouson et casque. !!!!! Il faisait – ils convenirent - trop chaud et ainsi travailler serrait trop dur. Ils discutaient jusque le Panda avait une idée audacieuse. Il la proposa et Eronnais donna son d’accord. Maintenant, ils continuaient à discuter, qui allait se déguiser ? Aucun … volontaire.

    Le remède : le lot !

    M Eronnais écourta une des deux allumettes.

    « L’allumette plus courte perd, d’accord ? » M Eronnais demanda.

    « D’accord ! » M Panda répondit.

    L’autre escamota les deux pièces en bois dans ses poings, seulement un petit peu faisait saillie. Le Panda choisit une allumette, barguigna, toucha l’autre, changea d’opinion de nouveau et prit celle qu’il avait choisie au début.

    Le Panda avait saisi le billet perdant : « Zut ! » il grommela.
    #75Verfasserbu18 Apr. 05, 12:54
    Kommentar
    Il lui fallait se déguiser en femme musulmane et aller lézarder à la plage. Ainsi il ne pouvait pas être reconnu par personne.

    Voilà après une demi-heure le fruit du travail était mûr et si doux que M Panda aurait pu bourlinguer dans les ruelles serrées de Téhéran sans frapper les yeux vernaculaires, si persuasif Persan qu’il eut bon appétit du repas halal.

    « Va-t’en ! » Eronnais commanda d’un ton croisade, « d’abord la tâche, par la suite le plaisir ! »

    M Panda chercha la direction de Mecque.

    « Mais, il va être l’heure du salat d’une minute à l’autre ! « il implora la compréhension de son chef qui était tout à fait neutre par rapport aux religions diverses. Mais la prière de M Panda était en vain.

    « Ne sois pas si assidu ! »

    Une jolie brise faisait flotter les vêtements amples autour du corps de M Panda. Il descendit de la dune qui séparait la plage principale de la plage du nudisme. Alors il côtoya la mer en observant la foule nue. Personne ne se faisait remarquer. C’était une journée belle, aucun indice de la vio-lence, de la haine ou de quelque chose pareil. M Panda s’assit dans le sable brûlant et attendait.
    #76Verfasserbu18 Apr. 05, 12:55
    Kommentar
    Un homme s’approchait à lui, c’était, comme M Panda constata, Lars-Rüdiger. Maintenant il était déjà très proche, s’assit à coté de la femme musulmane, la regarda et susurra en formant sa bouche comme s’il avait voulu embrasser l’inconnue :

    »Moi, j’t’adore sous ton tchador ! »

    M Panda se dégoûta de l’importun:

    « N’a-t-il aucune respect envers le sexe contraire et les reli-gions différentes? «, il pensait et voulait ajouter « et les espèces ! », mais c’était déplacé et inique comme Lars-Rüdiger ne pouvait pas savoir qu’il se traitait d’un Panda et pas d’une personne.

    M Panda se taisait de façon persévérante. Il avait envie d’en venir aux mains. Le conseil « tranquille » oscillait dans sa tête, comme dans une chambre d’écho. Il fallait se contenir.

    La voix cliquetant pénétra dans ses pensées :

    « Allô ? Dieses unhöfliche Geschöpf, wie will man da eine Ferienbekannt-schaft schliessen, wenn einem niemand zuhört? »

    Lars-Rüdiger se leva et s’en alla.
    #77Verfasserbu18 Apr. 05, 12:55
    Kommentar
    @bu
    ich habe mich wirklich kaputt gelacht.
    aber was ist la pupe?"Arrivé à la baie il installa la pupe de M Eronnais à côté de soi-même et attendait"

    ich schreibe auch etwas morgen
    #78Verfasserrb18 Apr. 05, 13:53
    Kommentar
    @rb : naja, "la pupe" sollte eigentlich die (Schaufenster-)Puppe sein (ist im Leo drin, kann aber die Insektenpuppe oder was weiss ich alles bedeuten)...
    ich freu mich drauf!
    #79Verfasserbu18 Apr. 05, 14:00
    Kommentar
    Schaufensterpuppe = le mannequin de vitrine
    aufblasbare Puppe = la poupée gonflable.
    La pupe Nymphe des mouches et autres insectes diptères ou lépidoptères
    #80Verfasserrb18 Apr. 05, 14:32
    Kommentar
    @rb : merci, c'est déjà publié... "les pupes" me semblaient un peu rares
    #81Verfasserbu18 Apr. 05, 14:38
    Kommentar
    la poste = die Post das Gebäude
    die post ( was in den briefkasten eingeworfen wird) =le courrier
    le poste de police, le commisseriat de police = das Polizeirevier
    #82Verfasserrb18 Apr. 05, 14:42
    Kommentar
    @rb: das dauert länger als ein Jahr, wenn Du mir die Korrekturen so mitteilst (es kommen dann ja wohl noch einige stilistische hinzu!). Vielleicht können wir zum Schluss dann ein Wordfile hin- und herschicken?
    Die Geschichte ist mir jedenfalls wichtiger als die Grammatik, ich freue mich auf Deinen Beitrag!
    #83Verfasserbu18 Apr. 05, 14:50
    Kommentar
    ich lese sehr gerne mit und die stilistischen, grammatikalischen usw. Besonderheiten grenzen an Surrealismus - bitte so lassen.
    #84Verfasserétiennette18 Apr. 05, 14:54
    Kommentar
    ich nehm das mal als Kompliment: danke
    #85Verfasserbu18 Apr. 05, 15:12
    Kommentar
    @étiennette: nein, im Ernst: steht es so schlimm um mein Franz.?
    #86Verfasserbu18 Apr. 05, 15:31
    Kommentar
    @bu: ziemlich viele Germanismen, aber das ist wie das Salz in der Suppe. Grosses Vokabular mit Assoziationen und Kombinationen, die kein Franzose wagen würde ... aber genial.
    Quelle loufoquerie - chapeau !
    #87Verfasserétiennette18 Apr. 05, 15:47
    Kommentar
    oui oui je suis de l'avis d'étiennette
    #88Verfasserrb19 Apr. 05, 07:17
    Kommentar
    @étiennette & rb: blöd, kann man ein Posting nicht zurücknehmen. Eigentlich wollte ich das gar nicht fragen... en avant ! On a déjà 30-40 pages environ !
    #89Verfasserbu19 Apr. 05, 09:10
    Kommentar
    d'accord mais je n'ai pas encore eu le loisir de commencer. ^Mais je vais m'y mettre ce midi. promis.J'ai déjà la suite dans la tête
    #90Verfasserrb19 Apr. 05, 09:34
    Kommentar
    Je ne peux participer activement à la production mais je suis de tout coeur avec vous.
    #91Verfasserétiennette 19 Apr. 05, 09:36
    Kommentar
    @rb : je pense qu'il n'est opportun de hâter, l'histoire est un trou noir en rapport avec le temps (du moins pour moi). une contrib par semaine par chaque'un, ça serait assez bien, non ?
    #92Verfasserbu19 Apr. 05, 09:47
    Kommentar
    @bu
    oui oui ouf, je suis soulagée car je voulais obéir à ton injonction "en avant"!!, je posterai donc ma contrib demain ou jeudi et je vais pouvoir déjeuner normalement.
    #93Verfasserrb19 Apr. 05, 11:27
    Kommentar
    @Bonjour Bu
    Je vais poster ce que j'ai déjà écrit mais ce n'est que la première partie, donc je te demande de ne pas poster jusqu'à demain, car demain je poste la deuxième partie .

    oui l'histoire est un grand trou noir avec le temps pour moi aussi. PS. Je viens de te relire, quel rythme rapide et tout cela plein de naturel en plus il y a des expressions cultissimes !!!
    #94Verfasserrb20 Apr. 05, 12:28
    Kommentar
    Le Panda suivit Lars Rüdiger des yeux. Après tout il lui avait sauvé la vie. C’est alors qu‘il remarqua que Lars n’avait pas d’ombre!! Il trouva cela plus que louche, même très pourri. il prit une voix doucereuse et l’appela
    -Lars,
    -Lars se retourna tout joyeux, en plus elle a deviné mon nom cela doit être un omen !!! Merci Aphrodite Venus et Cupidon Dieux de l’Amour ,Amour toi même.!! Fou de joie, il ressentit un besoin irrépréssible de chanter:
    Je t'adore sous ton tchador
    Mon aimé petit chat d'or
    Chez moi l'amour est fort
    Toujours toujours et encore
    Je t'aimerai jusqu'à la mort
    Lars s’étonnait lui même : il pouvait chanter en français! Il essaya de le parler ,ouvrit sa grande bouche – Schmalz., schmalz....- meine orientalische prinzessin, meine Herzdame, du bist der Traum meiner schlaflosen Nächte - un peu de saindoux qu’il avait accumulé dans ses grosses bajoues commençait déjà à fondre sous cette süßholzraspeln-Attacke il arrêta donc car c‘était de l‘allemand . Parlé c’était de l’allemand, chanté c’était du français. Il avait acquis par miracle des connaissances en français. Seulement il n’ en avait que la maîtrise chantée . Qu’importe il abhorrait par ailleurs cette langue gutturale. Et à son grand dépit il ne comprenait pas ce qu’il chantait.
    #95Verfasserrb20 Apr. 05, 12:35
    Kommentar
    Deux policiers (même sur la plage de nudistes on voyait qu’il s’agissait de policiers allemands car leurs uniformes vert-bouteille, beiges et caca d’oie avaient complètement déteint sur leur peau, si bien que même à poil, ils avaient l’air habillés) regardèrent dans leur direction . Il faut dire que le spectacle de Lars, nu comme un ver, et chantant à tue-tête , agenouillé devant une femme entièrement voilée de noir, avait de quoi intriguer. Mais les deux policiers vacanciers se rappelèrent que leur devoir du moment était de se reposer aussi se tournèrent –ils à nouveau vers la mer, comme le recommandait leur magazine „Freund und Helfer „ dans un article consacré à ce sujet car „La contemplation de celle-ci est un véritable élixir, un baume immense pour l’âme , susceptible d‘évacuer tout le stress et bien plus encore si affinités‘“. Par mesure disciplinaire, d‘accompagnement et de retorsion ils s’astreignaient aussi pendant 10 jours à jeuner. Ils nettoyaient ainsi leurs intestins qu’ils aimaient avoir propres, et éliminaient ainsi toutes sortes de toxines. La patronne de l’Hôtel „l’Herminette“ où ils étaient descendus avait le coeur fendu en pensant aux estomacs volumineux de ces grands gaillards qu’elle n’avait pas le droit de remplir. Mais pour être honnête, le manque à gagner impliqué par ces estomacs qui restaient obstinément vides et ces gosiers où ne coulaient que de l‘eau arômatisée aux sels laxatifs, n’était pas étranger non plus à son chagrin.
    Et dire cette grève de la faim n’avait même pas des motifs politiques!
    #96Verfasserrb20 Apr. 05, 12:37
    Kommentar
    Le panda se penchait toujours plus en arrière et Lars au même rythme toujours plus en avant.. Pauvre Panda !! Le ballon qui lui servait de sein droit avait glissé hors du soutien gorge qu’il portait sous son tchador. Il devait donc à la fois tenir son ballon-nichon droit et protéger ce dernier des approches de Lars qui tentait d’y frotter son torse velu.(en réalité le torse était lisse et les poils postiches)-Ces poils étaient une grande nouveauté.il avait les achetés le matin même, après avoir vu dans la Bild une publicité vantant les mérites de ces poils postiches qui décuplait l’aspect viril de tout mâle-lambda le rendant instantanément mâle-alpha.).

    Le panda qui voulait en savoir plus sussura: – Où est passée ton ombre?
    Lars répondit en chantant sur un air de musique noire la bouche en coeur: –Je ne comprends pas-
    -Quel idiot !! pensa le Panda.
    Le Panda montra du doigt le soleil et sa propre ombre. Ensuite il demanda -und Du ? en pointant son doigt à l’endroit où l’ombre de Lars Rüdiger aurait dû logiquement se trouver.-Wo ist? Cette fois , Lars comprit la question
    Il essaya de chanter mais les notes restèrent coincées dans sa gorge, il s’éclaircit la voix en toussant : des doubles croches, des triolets, quelques blanche pointées et une ronde s’envolèrent de sa bouche et regagnèrent le ciel d’où elles étaient originaires . Pour le moment semblait-il , il devrait se contenter de la prosaique parole:
    #97Verfasserrb20 Apr. 05, 12:38
    Kommentar
    -das ist die Meerjungfrau es ist gestern passiert, als ich versuchte das Leben eines Pandabärs zu retten. Um dies zu tun ,mußte ich zuerst regelrecht über meinen eigenen Schatten springen und als ich es tat, hat die Meerjungfrau die Gunst des Augenblickes genutzt und meinen Schatten geklaut ! Dann ist sie damit weggeschwommen . Ich hatte soviel Angst, dass ich geflüchtet bin, bis zu einer Grotte, die ich die ganze Nacht wegen der Flut nicht verlassen konnte.

    Le panda qui ,grâce à Leo ,savait un peu d’allemand n‘ayant compris que „mehr Jungfrau“ répondit
    - bien sûr que je suis plus que vierge, je suis boutonnée , cousue, et j’entends le rester jusqu’à mon mariage autrement Reza et Fahrid mes frères feront „couic“ il s’arrêta pour simuler pantominiquement un couteau qui tranche la gorge.
    En s’inventant les deux frères vengeurs, le Panda espérait se soustraire aux avances intempestives de Lars. Mais en vain , car celui ci remarquait bien que le Panda qui hochait maintenant la tête n’avait rien compris. Il lui fit signe de le suivre vers la mer.
    #98Verfasserrb20 Apr. 05, 12:39
    Kommentar
    Lars n’en revenait pas de sa chance, car son séjour avait vraiment mal commencé:surpris en flagrant délit de voyeurisme, il avait été, en représailles, roulé dans la sève et le goemon. Il avait fait sensation lorqu’il avait du traverser le village dans cette tenue . À l’hôtel et avait passé la soirée à se débarrasser de son accoutrement varechien qui puait le poisson pourri. Le jour suivant , sur la place du marché, une troupe de théâtre ambulant l’avait spontanément invité à venir jouer dans leur pièce. Il avait accepté avec joie sans savoir que le rôle de l’ork qui se fait taper dessus par les hobbits ( c’est à dire tous les les enfants du public ) lui était réservé ....
    Sa représentation avait été triomphalement douloureuse. Et pour couronner le tout :le panda, la sirène et le vol de son ombre avec au bout la fuite et la nuit froide humide et solitaire passée dans la grotte.

    Enfin foin de mauvais souvenir, ade scoumoune poisse , mauvais oeil et autres calamités, la roue du destin avait tourné. Il se félicitait d’avoir acheté les poils postiches aux effets si foudroyants sur la gent féminine.

    Pendant ce temps Erronais passait un mauvais quart d’heure.

    Il avait convoqué le maire à propos de la plainte d’Alice Noiraud
    Le maire Edern Keramanac'h flanqué de deux adjoints Yann-Ber Kerosen et Gwyon Kerinvel fulminait

    - Monsieur Erro-Niais, il déformait toujours son nom pour bien marquer son mépris...
    #99Verfasserrb20 Apr. 05, 12:42
    Kommentar
    @rb : j'ai commencé à lire, mais ne peux pas continuer à présent, merde ! Je ne peux guère attendre !
    Chanter vs. parler français, c'est très poétique ! Comment va-t-elle avancer, l'histoire ?
    Je ne vais pas poster jusqu'à ce que tu aies fini ta contrib (je sarrais heureux de la lire demain après-midi comme je n'ai pas d'access internet le vendredi et le week-end)...
    à demain
    #100Verfasserburavi20 Apr. 05, 13:53
    Kommentar
    @Chanter vs. parler français, c'est très poétique ! Comment va-t-elle avancer, l'histoire
    Tiens la valeur symbolique m'avait échappée..
    Comment elle va avancer l'histoire sûrement pas comme je l'imagine puisqu'après ma contribution de ce midi ce sera à ton tour d'écrire une contrib donc l'histoire que j'ai complète dans ma tête prendra un autre tournant, c'est que je trouve super.
    #101Verfasserrb21 Apr. 05, 07:29
    Kommentar
    @bu


    Dommage je n'ai pas pu finir la moitié et en plus c'est baclé de ce que j'avais en tête par manque de temps, désolée
    #102Verfasserrb21 Apr. 05, 12:34
    Kommentar
    - Mais quoi donc pour la volonté de Dieu avez vous validé cette plainte ? répliqua le citoyen-maître, le doigt hissé en l’air et la voix tremblante de germanismes.
    - Parce qu’ainsi c’est la loi, monsieur le maître-maire répondit Erronais
    - Ah bien!! Ce serait la première fois que vous vous occuperiez avec de la loi contredit le maître-maire avec le visage rouge éclatant et la langue aiguisée.
    - Quoi voulez vous dire avec? demanda Erronais le regard étonné
    - Cela ne sert à rien de nier pour sauver votre peau, vous misérable cochon! Nous avons un témoin qui a tiré des photos hier au „Repaire des Brigands“
    - Erronnais sentit la sueur froide lui courir en bas du dos comme un fleuve.
    - Quoi sont ces prétendues preuves? déglutit-il en avalant
    - Ici sont-elles et le maître-maire lança des photos dans la direction d’Erronais qui aurait voulu le plus volontiers disparaître dans un trou de souris plus petit que la tête de l’aiguille.
    - Sur les photos on pouvait mal distinguer sa rencontre avec les contras car comme il se doit la photo avait été prise à contre-jour. Les contras, ainsi nommait-il le groupe de profs pensionnés qui tentait désespérement d’échapper aux subsides de Paris.
    #103Verfasserrb21 Apr. 05, 12:36
    Kommentar
    Ces profs vivaient dans la clandestinité depuis que le sémillant Jack Lang avait mis en place des escouades de la culture. Ces brigades de fonctionnaires formées dans une grande école l’ENDDP (École Nationale pour la Dilapidation des Deniers Publics) étaient redoutables. Elles sillonnaient toute la France à la recherche de victimes. Celles, qui par faiblesse physique ou morale ne pouvaient leur échapper étaient enrôlées de force dans le courant principal de la culture officielle et devait contribuer à l’abêtissement général, ou bien ils se noyaient dans les canaux de l‘information.. Mais nos profs avaient dit - Empruntons à l’hermine sa devise „plutôt la mort que la souillure“ et restons avec nos archaismes comportementaux au lieu de devenir des débiles mentaux..
    - Mais qui à tiré cette photo de moi? Eut-il la présence d’esprit de demander
    - Nolwenn Le Coz-Pensec
    Ainsi la vieille fessue (c’était la traduction son patronyme, bien qu’elle n‘ait pas encore 35 ans) avait encore frappé!! C’était une „vieille“ copine d’Erronais du temps où il aimait les jeunettes. Elle l’appelait encore mon Didoudidinais. Et elle le poursuivait parfois de ses assiduités, car étant reporter à l’Ouest-Èclair elle voulait obtenir de lui des informations exclusives. C’était une sorte de Calamity Janes de l‘ouest de la France. Erronais sentit une pierre lui tomber du coeur . Il ne pouvait s’agir que d’une tentative d’intimidation, Nolwenn ne ferait jamais vraiment rien de sérieux contre lui.
    #104Verfasserrb21 Apr. 05, 12:37
    Kommentar
    D’ailleurs se souvint-il , les profs prenaient toute sorte de précautions. Ils avaient des goelands guetteurs perchés sur le toit et Le „Repaire des Brigands“ disposait d’une plaque tournante avec laquelle on pouvait changer de décor. Bouge infâme d’une part pour effrayer les gens, temple des belles lettres de l’autre. Et les profs prenaient soin de détruire leurs oeuvres une fois achevées. Qu’importe!! disaient-ils l’important c’est l‘ être et elles furent!

    Erronais se sentit coléreux à cause du truc du maire pour l’intimider. Mais cette colère il s’efforça de la conduire vers le bas.
    - Heureusement Il eut une idée : -
    -Nous pourrions introduire une élection pour le poste de l’idiot du village, cela ferait très démocratique et polirait votre image vers le haut. Et comme cela la plainte d’Alice Noiraud deviendrait obsolète!!
    Et pour ce bouge comptez sur moi dit-il . Il ferait mine d’enquêter et devrait emmener quelques profs en garde à vue pour faire plaisir au maire.
    Erronais cherchait des mots-ailés pour exprimer ce qu’ils pensaient mais n’en trouva malheureusement pas
    -Le maître-citoyen était très content, très bien et il partit. En compagnie de ses deux acolytes.
    Juste après la musulmane et Lars Rüdiger qui portait le mannequin , entrèrent
    - Tu t’y connais toi en Sirène ??. cria le Panda tandis que Lars était bien déçu de se retrouver au commissériat !
    #105Verfasserrb21 Apr. 05, 12:39
    Kommentar
    @rb : patience (Gut Ding will Weile... et c'est le cas avec tes contribs, pas la Weile mais gut Ding) ! j'attends ta contrib finie, ça vaut le retard, je suis sûr. Et s'il y a des lecteurs (sauf étiennette) il leur faut patienter également... bonne week-end,
    #106Verfasserbu21 Apr. 05, 13:00
    Kommentar
    bon week end à toi aussi
    #107Verfasserrb21 Apr. 05, 13:26
    Kommentar
    - Si je m’y connais en sirènes ? dit Erronais. Non, mais en tout cas assez pour te dire que, lui, dit-il en montrant Lars Rüdiger du doigt , eh bien ce n’en est pas une hihi!! Celui, ainsi désigné, était en train de se demander , ce que sa musulmane de conquête avait l’intention de d’entreprendre avec le trio constitué de sa propre personne , d’ Erronais et de son mannequin. Il n’avait pas encore perdu l’espoir...

    Le Panda dégrafa son tchador et le laissa glisser parterre, les ballons qui lui tenaient lieu de poitrine rebondirent sur le sol . Lars écarquilla les yeux, incrédule : Que de poils ! Une vraie fourrure ! C’en était trop pour Lars Rüdiger qui tomba dans les pommes, emportant dans sa chute le mannequin d’Erronais.
    - Bah, quelle petite nature, ils les faisaient plus robustes avant, commenta le Panda, le label « made in Germany » ne tient plus ce qu’il promet..
    - Tant mieux, dit Erronais comme cela on va pouvoir sniffer tranquille. Ce qu’ils firent en aspirant bruyamment.
    #108Verfasserrb25 Apr. 05, 07:12
    Kommentar
    - Bon, maintenant occupons nous de lui, maître-chef, dit le Panda, il dit avoir vu une Vierge de la Mer, hier, à l’heure et l’endroit de mon rendez vous avec la mystérieuse Mme Copa Cabana.
    - Une Vierge de la Mer , tu veux dire une Sirène ? le corrigea Erronais
    - Oui, oui c’est cela. Putain!! Me voilà aussis aussi atteint de germanitite ? Pourtant je me suis fait vacciné, je te jure mon chef,
    - T’en fais pas, tu n’y peux rien c’est comme la grippe il y a toujours de nouvelles souches de virus. L’année dernière c’était bien pire, c’est l’anglotite qui sévissait, tout le monde en était atteint et disait » n’est-il pas , fait-il, est-ce pas » et autres loufoqueries en fin de phrase.
    - Mais au fait, elles sont vraiment vierges comme ils le disent, les sirènes ?
    - J’en sais rien, je ne sais même pas comment elles se reproduisent,

    Erronais était tout excité, il serait le premier flic au monde à confondre et arrêter une sirène. Lui, le fils du berger ! L’homme est le berger de l’Être et le berger était son père. Donc il était le fils de l’Homme. Erronais se sentait plus que grandiose, grandissime. Une multitude de violons jouaient spécialement pour lui au firmament
    #109Verfasserrb25 Apr. 05, 07:12
    Kommentar
    - Ce n’est pas le tout, il faut le réveiller. Le Panda secoua Lars qui ne bougea pas d’un poil.
    - Mets ta patte sur sa bouche dit Erronais, faut le faire respirer par le nez.
    Erronais prit de la corinne qu’il frotta dans les narines de Lars.
    Lars se reveilla instanténement.
    - Mais il ne parle qu’allemand se souvint tout à coup Erronais en retombant sur le sol des réalités.
    - T’en fais pas, mon maître, dit le Panda, il faut le faire chanter.
    - J’ai plein de défauts, je le sais, dit Didi Erronais, mais au moins pas celui d’être un maître-chanteur. Même si je connais une maîtres-chanteuse dans le genre très chiante ajouta-t’il en pensant à la Calamity Jane du Grand Ouest, Nolwenn Le Coz.
    - Mais non, il faut le faire chanter pour de vrai, quand il chante il s’exprime en français. Peut-être qu’il a des origines perroquettes lui aussi.

    Lars ne comprenait rien à ce qu’il lui arrivait . Son taux de testotérone avait considérablement chuté depuis le striptease du Panda. Il se dirigea vers la porte de sortie.

    Le Panda le rattrapa et le força a s’asseoir
    - Tu vas chanter dit-il
    Mais Lars, l’air buté, se taisait.
    #110Verfasserrb25 Apr. 05, 07:13
    Kommentar
    Je vais incliner la lampe de bureau de manière à ce qu’elle brille directement dans ses yeux, pour l’aveugler. Dans de vieux films en noir et blanc que je voyais pendant mon enfance bariolée , alors que j’étais encore un perroquet, les flics faisaient toujours cela en hurlant « Maintenant tu vas parler, ordure ! ! » Et je pense qu ‘en plus, quelques claques seraient très persuasives.
    - Non, non, protesta Erronais d’un ton décidé, il était plutôt contre la violence, car sa maman l’avait élevé dans l’amour et la douceur. Je je vais t’en donner des claques moi-même ! dit-il en menacant le Panda du poing Qui plus est, Lars Rüdiger n ‘est même pas soupçonné, c’est un témoin, pas un prévenu
    - Ich will mit einem deutschsprechenden Anwalt reden dit Lars
    - Ta gueule ! cria le Panda
    - Mais qu’est ce qui te prends ? demanda Erronais, enfin , voyons, il t’a sauvé la vie.
    - Je sais pas, dit le Panda penaud. C’est peut-être la corinne qui me rend agressif.
    - Calme toi, autrement tu n’en auras plus .
    - Ah non pas cela mon chef. Pitié pour moi ! dit le Panda d’une voix implorante. C’est son hypocrisie, qui me rend agressif. Même si les fausses déclarations d’amour ne sont pas considérées comme un délit cela reste toutefois à mes yeux de l’escroquerie sentimentale. Puis il se retourna vers Lars :
    #111Verfasserrb25 Apr. 05, 07:14
    Kommentar
    - Chante donc, nom d’une pipe!! Satané une fois encore !! Fichu et cousu !! grogna le Panda
    Mais Lars boudait et ne disait rien du tout.
    - Peut-être que si on mettait de la musique, cela l’inciterait à chanter dit Erronais. Il ouvrit un placard où il entreposait des classeurs, de la corinne, du whisky , du calva et une chaîne hifi avec radio satellite. Ils essayèrent toutes sortes de musique sur diverses stations, mais de la samba au rock, du pop , du blues , de la chanson au techno en passant par la country et la volksmusik , rien ne fit chanter Lars.
    -Faudrait trouver quelque chose pour le stimuler
    - Tu n’as qu’à lui montrer comment tu danses la danse du ventre dit Erronais en rigolant
    - Pff, j’ai une autre idées je vais chercher de l’or du Rhin, il est liquide et on le nomme bière, dit le Panda.

    À la troisième cannette de bière, Lars, eut envie de dormir et demanda grâce. Mais il ne chantait toujours pas.
    - J’ai une idée chef, faudrait formuler notre demande en allemand.
    - Tiens, mais c’est pas con comme idée dit Erronais, admiratif. Quelquefois ce Panda était vraiment génial.
    Il regarda dans Leo, comment on tournait ce genre de demande en allemand
    - Sing doch mal um Himmelswillen bitte
    #112Verfasserrb25 Apr. 05, 07:14
    Kommentar
    Lars qui comprenait enfin ce qu’on attendait de lui ouvrit la bouche pour chanter, mais la portée toute entière, avec ses notes, ses silences, ses soupirs ses bémols, ses dièzes et sa clef de sol, s’enfuit de sa bouche.
    - Ferme la fenêtre hurla le Panda, autrement elle va s’échapper et sans la musique, Lars ne peut pas chanter. Erronais ferma la fenêtre précipitamment..
    Lars, abasourdi, regardait les notes accrochées sur la portée, onduler en rythme, sous le plafond.
    - Allez essayons d’ attraper ces foutues notes pour lui les faire réingurgiter.
    - Je vais chercher des épuisettes dit le Panda .
    Il se glissa par la porte.
    Ils revint assez vite. Erronais amena une petite échelle double et ils se mirent à chasser la portée récalcitrante avec leurs épuisette sautant , courant, montant sur l’échelle en redescendant pour y remonter et à force de contorsions multiples et d’ acrobaties diverses, ils parvinrent finalement à la rendre prisonnière de leurs filets.

    #113Verfasserrb25 Apr. 05, 07:15
    Kommentar
    Le Panda se dirigea, la portée dans son filet, vers Lars Rüdiger.

    - Amène un entonnoir, je vais lui boucher le nez pour qu’il ouvre la bouche
    À l’aide de l’entonnoir ils réussirent à faire avaler la portée à Lars. Celui ci toussait et était devenu rouge écarlate. Ils lui donnèrent un verre d’eau. Et lui tapèrent dans le dos pour atténuer son hoquet.

    - As tu vu une Sirène?
    - So jetzt sing doch!!
    Et Lars chanta avec une voix de ténor.

    J’étais hier soir tout seul sur la plage,
    J’admirais le ciel rose, qui sur la mer nage
    Quand je vis Panda dans les flots s’enfoncer
    Je sautai sur mon ombre et dans ma lancée
    Je touchais par mégarde la main d’une sirène
    Elle m’agrippe et s’enfuit, mon ombre à la traîne

    #114Verfasserrb25 Apr. 05, 07:16
    Kommentar

    Erronais avait ouvert son encyclopédie et lut l’article consacré aux Sirènes.
    - Cela me semble typique des Morgans qui, comme leur nom l’indique, sont nées de la mer. Elles emmènent dans leur royaume au fonds de l’océan ceux qui leur touchent la main ou les cheveux. Apparement Lars a eu de la chance, il a réussi à la fuir. Autrement tu connais d’autres Sirènes dans les parages ?
    - Dahut la fille du Roi Grallon, dit le Panda
    - Oui, mais elle trempe ses nageoires dans la baie de Douarnenez plutôt qu’ici.
    - Et les traces de rouge à lèvres, tu crois qu’elles prennent du rouge à lèvres waterproof les sirènes ?
    Le Panda demanda à Lars
    - Est-ce qu’elle était maquillée la Sirène ?
    - Je ne sais pas j’étais occupé à lui échapper, chanta Lars

    #115Verfasserrb25 Apr. 05, 07:17
    Kommentar
    A peine eut-il achevé la dernière mesure que le vent se leva et fit vibrer les vitres
    - Merde, dit Erronais, cette montée brusque du vent annonciateur de la tempête, me fait penser à Nol…
    - Dididoudinais cria une voix tonitruante du dehors.
    Erronais avait deviné juste : le tornado en jupons, la Calamity Jane du Grand Ouest de la France, qui avait provoqué ces brusques coups de vents s’appelait bien Nolwenn Le Coz-Pensec.
    Il poussa un grand soupir, plein de résignation.
    Panda qui ne voulait pas assister au massacre fut soudain pris de zèle et marmona quelque chose à propos de la paperasse. Il entraina Lars, dans une pièce attenante, pour enregistrer sa plainte sur le vol de son ombre et son témoignage à propos de la Sirène.

    La porte sauta presque de ses gonds, des papiers volèrent, des mouches tombèrent du mur, la poussière ,dans les rayons de lumière, virevolta et Nolwennn entra. Elle était armée de son appareil photo et comme elle avait la gâchette facile, elle tira en rafales quelques photos du pauvre Erronais qui avait la bouche ouverte et l’air ahuri.
    #116Verfasserrb25 Apr. 05, 07:17
    Kommentar
    - Tu as vraiment l’air de plus en plus bête, dit-elle en guise de salutations, le doigt toujours posé sur le déclencheur. Ainsi ,elle possédait une série de photos où Erronais servait à illustrer l’âpreté de la condition humaine . Elle l’avait pris se grattant le nez au feu rouge ou bien se grattant l’entrejambe, alors qu’il se croyait inobservé . Elle l’avait aussi photographié de dos, urinant sur la falaise, puis de face, remontant sa braguette d’un air satisfait. À l’issue de gueuletons bien arrosés, elle avait éternisé son regard brouillé, son air somnolent, et son teint rougeaud. Elle l’avait aussi photographié encaissant un coup de poing, lors d’une manifestation paysanne. Ou bien au réveil, elle l’avait surpris les yeux bouffis et les cheveux en pétard, le menton ombré par la barbe, baillant à se décrocher la machoire.
    - Je crois que j’ai quelque chose que tu aimerais diablement bien avoir, mon Dididoudinais
    - De quoi veux tu parler ? demanda Erronais, le ton faussement innocent.
    #117Verfasserrb25 Apr. 05, 07:18
    Kommentar
    - Je pense que le maire a également très envie lui aussi de ce cadeau. Il en bave même, j’en suis sûre. J’ai aiguisé son appétit , qu’il a d’ailleurs très vorace, avec mes photos anodines mais en lui laissant entendre entendre… Tiens, elle s’approcha de lui, n’est ce pas une petite poussière blanche qui s’accroche à l’orée de tes naseaux mon Dididoudinais ? demanda-t-elle avec un sourire narquois.
    - Qu’est ce que tu veux ? demanda-t-il
    - Tout, sur le meurtre de la plage.
    - D’accord, murmura-t-il en se jurant de ne rien lui dire sur les sirènes. D’abord détruis toutes les photos dit-il et les négatifs
    - Mais tu sais que tu peux me faire confiance, mon Dididoudinais, alors dis moi quelle est l’identité de la victime ?

    Fortsetzung folgt.. à suivre.... à ton tour bu
    #118Verfasserrb25 Apr. 05, 07:19
    Kommentar
    incroyable. il me faut changer ce qui est dans ma tête (pas le Hirn!), comme t'as avançé comme je l'aurais fait moi (ganz grob bloss), il me faut du temps, ok? quandmême: à Bientôt,
    #119Verfasserbu25 Apr. 05, 09:08
    Kommentar
    Bien sûr prends ton temps.
    #120Verfasserrb25 Apr. 05, 10:34
    Kommentar
    @rb : demain ma contrib sera finie et postée...
    #121Verfasserbu26 Apr. 05, 15:33
    Kommentar
    @bu
    Quelle chance que le "demain" de ta contrib d'hier soit déjà l'aujourd'hui de cette journée!
    #122Verfasserrb27 Apr. 05, 09:31
    Kommentar
    » Aux cinq cents diables cette femme ! » Eronnais pesta silencieusement.

    Il regretta illico d’avoir dit ça, ne fallait-il pas tabler sur tout ? Ne fallait-il pas s’occuper même d’une Sirène délinquante ? Tout était possible main-tenant et invoquer les diables pourrait s’avérer très dangereux.

    « Écoute, Nolwenn, j’te raconte tout, mais pas ici et pas maintenant. Je dirais que nous allons dîner. Je connais un resto hors le village, il s’appelle « Naon Am Bez Bemnoz », très sympa, très chic, très romanto ! Ça te plait ? »

    Nolwenn hésitait, réfléchissait. Elle avait espéré recevoir les infos sur-le-champ. Par contre un dîner avec son Dididoudinais était attrayant (il était le mec idéal pour aller dîner : plein et large d’esprit, charmant, généreux, et - c’était le bénef majeur - il ne s’attendait pas à qu’on allât niquer en raison d’avoir offert le dîner et le vin).

    « Volontiers, mon Dididoudinais ! À 7 heures et demi je serai ici, au com-missariat, je t’attendrai dehors ! »

    « À bientôt ! », Eronnais dit un peu trop joyeux.

    Nolwenn était déjà disparue, elle ne pouvait plus avoir des soupçons.

    « Du moins, il me restent quelques heures à goupiller comment je vais illusionner cette reine de toutes les amazones ! »

    En attendant M Panda avait fini avec la plainte contre la Sirène. Il invita Lars-Rüdiger à sortir à la condition qu'il n’allât pas quitter le village. Celui-ci, toujours abruti par la Coco, enroué et déboussolé, se leva et ouvrit une fenêtre par laquelle il voulait sortir.

    « Pas par là, andouille ! », cria M Panda.

    Lars-Rüdiger ne comprenait pas le sens des mots mais bien sûr l’intonation de la phrase. Il tourna et alla vers la porte, l’ouvrit et trébucha au dehors en chantant :

    « Au revoir, Messieurs flics !
    Excusez-moi, ma marotte, mon tic,
    Voilà, je m’en vais, je m’en vais de hic
    Clique-claque, claque-clique !
    Au revoir, Messieurs flics ! »
    #123Verfasserbu27 Apr. 05, 12:35
    Kommentar
    « Zut ! Quelle clientèle ! », récrimina M Eronnais, « je vais travailler comme pompiste ! »

    M Panda soupira, c’était exactement ce qu’il venait de penser. La clientèle était plus qu’absurde chez eux :

    « C’est demander trop d’avoir s’occuper des pickpockets ordinaires ? »

    « Panda, j’ai besoin de toi ! Nolwenn me rackette, cette vache ! Elle veut savoir tout du cas, qu’est-ce que je vais lui dire ce soir ? Je ne peux pas l’ébruiter le cas ! »

    « Pourquoi tu lâches ? »

    « Elle a pris des photos désavantageuses de moi… »

    « Ben, ça ne m’étonne pas du tout ! »

    « Silence ! Un peu plus constructif, s’il te plait ! »

    En ce moment là le téléphone rouge sonnait.

    « Eronnais ! Oui ! Ouai ! Oui, bien sûr ! Ouai ! Mhh, oui ! »

    « Et ? », M Panda demanda après le coup.

    « C’était le maire, en cas urgent ! »

    « Quoi ça ? »

    « T’sais, demain samedi soir, aura lieu la fête inauthentique pour les tou-ristes, ce fest-noz faux. Et vu le meurtre il y a deux jours il craint que le massacreur ou la massacreuse ne s’adonne à son loisir à nouveau. Bref, il veut qu’on supervise le tumulte gai ! »

    « Et moi, j’ai prévu d’aller danser moi-même… »

    « Toi ? Danser ? », Eronnais rigola.

    « Oui ! Si tout suit comme auparavant je change de travail, et pourquoi pas comme ours savant ? Mais pour ça, bien sûr, je dois savoir danser. »

    « Ben, tu pourrais amalgamer ta profession actuelle avec celle de l’avenir et gardienner undercover ? »

    M Panda brodait le scénario et conclut : pourquoi pas?

    Les deux concertèrent qu’il était grand temps de faire la pause de midi. Le temps avait passé, rien à blâmer, elle ne sait faire rien d’autre. Le matin avait été aliéné, les contemporains méchants, le bonheur faisait la grasse mat, un homme tombé dans les pommes et un rançonnement par une vieille copine ! En résumé : la vie emmerdait.
    #124Verfasserbu27 Apr. 05, 12:36
    Kommentar
    L’en-passant n° 1 quant à la vie : Le malheur est un animal de troupeau !

    L’en-passant n° 2 quant à la vie : La fortune est une gérante d’un stock d’idées limitées.

    De retour : Ça, ça n’était pas toute la vérité. Il y avait quelque chose (au moins, avec des différences individuelles entre Eronnais et Panda) qui brillait comme un lustrine dans le borgne château de M Le Comte Dracu-la : la coco. Voluptueux les deux préparèrent une ribouldingue de cocaïne, Didier Squiban jouait à la radio la pièce « Ar Paotr Yaouank Kozh (Le Céli-bataire) », l’air idéal à reposer. Le piano faisait perceptible les ondes répé-titives de la mer, les cris des oiseaux libres et la puanteur des poissons morts à la plage. Quel Walhalla de ce côté-ci ! Les deux avaient bien méri-té la récré.

    Un bruit sourd. Voilà le lot niais frappa à la porte humaine. Celle s’ouvrit. Dans l’encadrement Mme Alice Noiraud apparut, hors d’haleine, houleuse, le visage congestionné. Elle essayait de parler, sans succès. Dans les mains elle tenait une photo polaroïd qu’elle voulait donner au policier. Elle n’arriva pas à faire cela car elle tomba dans les pommes d’abord.

    Ô injuste destin autoplagiatoire ! Quel retour de la fortune ! Veux-tu écra-ser la volonté de vivre des hommes éreintés sur terre avec des réitéra-tions banales et stupides comparables seulement aux émissions des chaî-nes de télé privée ?

    Mais, que voulez-vous ? L’intendant en chef céleste ne discute pas, il s’en fout du salut de l'âme, il agit en coordonnant les caprices de la fortune !
    #125Verfasserbu27 Apr. 05, 12:37
    Kommentar
    Eronnais pouvait rattraper la pauvre Mme Noiraud. La photo tomba par terre. M Panda la releva : sur la photo on pouvait distinguer des taches lilas et blanches dans un ensemble de couleur verte.

    « C’est quoi ça, alors ? »

    M Panda montra la photo à Eronnais qui s’occupait de la femme évanouie.

    « Je dirais que c’est un dessin abstrait ! Mme la Présidente aura commen-cé à peindre à l'aquarelle ! »

    Eronnais expliqua gaiement. Un tel incident bien revigore, non ?

    « Et pourquoi vient-elle nous en montrer une photo, en outre si surexpo-sée ? »

    « L’expert c’est moi, les circonstances indiquent que son dessin précieux a été chipé par un grand connaisseur en art… »

    Il pouffa de rire. Mme Noiraud, toujours vautrant dans les pommes, écar-quilla les yeux :

    « J’ai bien remarqué ça, copain ! »

    Elle retomba. Eronnais et Panda s’étonnèrent de son attention. Elle était évanouie à nouveau et ronflait dans les bras de M Didier Eronnais. Celui-ci regarda son visage qu’il trouvait assez gracieux. C’était toutefois la pre-mière fois qu’il était attiré par une femme presque juvénile considérés les 38 ans qu’elle avait (exclusse Nolwenn, mais celle était négligeable grâce au temps qui avait passé depuis).

    « C’est une jolie femme, quand elle dort et ne s’emporte pas ! »

    Il éprouvait de la tendresse, il n’aurait jamais pu s’imaginer cette femme si nécessiteuse et paisible, comme un enfant endormi. Elle s’éveilla. Tou-jours torpide Mme Noiraud tentait de s’exprimer :

    « Quelqu’un méprisable a eu le toupet de colorer les vaches Pies Noirs, le symbole de la Bretagne et des femmes libérées ! »

    Elle hoqueta avant de continuer :

    « Et je sais ce qui a fait cela ! C’était ce fils de chute Gueaude-Michel Ra-phall, Monsieur Le honorable Président du honorable Parti National des honorables Phallocrates ! Il veut nous attribuer d’être des lesbiennes ! Et même les vaches, lutin ! »
    #126Verfasserbu27 Apr. 05, 12:37
    Kommentar
    Et vraiment ! Instruits, les deux flics voyaient sur la photo - surexposée et prise dans l’herbage – des vaches blanches et violacées.

    M Panda commença à fumer :

    « Quelle bassesse ! Convertir les vaches qui rient, et en passant si repré-sentatives, en vaches tristes ! Quelle bassesse ! »

    Didier Eronnais se tenait coi. L’action nocturne lui chagrinait d’une ma-nière incompréhensible. C’était une douche écossaise, c’était beaucoup, même pour un policier ! Les Pies Lilas sur la photo, très lamentable, ces vaches.

    « Et pauvre Alphonse avec un troupeau des vaches lesbiennes ! » conclut-il d’une manière erronée.

    M Panda avait l’air triste.

    « Il me faut ! »

    Il sortit en grommelant entre ses dents quelque chose qu’il lui fallait faire dehors. Après une demi-heure il revint. Son pelage était blanc et lilas. Eronnais ne pouvait guère croire ses yeux. Il lui demanda s’il s’était joint aux punks par colère.

    « Je n’ai fait que ce qui est le devoir de nous tous : je me suis solidarisé avec les vaches ! », proclama le récalcitrant.


    M Eronnais avait laissé seul M Panda avec Mme Noiraud maîtrisée par le revers de fortune et avait monté en voiture, avec destination du bureau du PNPC. C’était bien manifeste que Gueaude-Michel Raphall avait tiré les ficelles regardant l’attentat aux vaches. En fait, le décodage de la symbo-lisation des couleurs était vachement enfantin – quel affront à M Eronnais, le policier brûlant les étapes !

    C’était deux heures de l’après-midi, il avait dit qu’il serait de retour à cinq heures et demie (par mesure de précaution).
    #127Verfasserbu27 Apr. 05, 12:38
    Kommentar
    M Panda prenait soin de Mme Noiraud, il lui avait offert un verre d’eau ce qu’elle refusait et puis un petit verre de gnôle qu’elle acceptais volontiers. Elle racontait comment elle avait été réveillée par le téléphone. Son amie Bara Gouine était passée l’herbage et avait découvert l’impertinence fleu-richrome. D’abord elle l’avait interprété comme publicité tapageuse, si rivalisé était le marché chocolatier qu’il fallait compter sur tout. Mais sou-dainement elle avait réalisé ce qu’il s’était passé : le coloris des vaches afin d’insulter le Mouvement de Libération des Bretonnes. En effet, le but était atteint !

    Mme Noiraud outragea le macho Raphall. Sa syncope avait cédé à un courroux. Sa colère était incommensurable. Elle intentait se venger de lui :

    « Ce bâtard, pauvre mère qui lui a donné la vie et son amour, maudit fils ! Tu vas payer pour ça ! »

    « Une femme outragée dans son honneur, c'est-à-dire dans ce qu'elle a de plus précieux » M Panda cita Stendhal dans ses pensées en s’approchant spirituellement à M Eronnais.

    Il tentait de modérer sa colère :

    « Écoutez, Madame, ce salaud va payer, je vous jure sur mon addiction de la coco, hmm, je voulais dire sur mon addiction de la noix de coco. Mais la punition est l’affaire de l’avocat général. M Eronnais est déjà allé interro-ger M Raphall, soyez patiente, Madame ! »

    Mme Noiraud se calmait. Elle demandait un autre verre de schnaps, hurla un « cheers », avalait la gnôle et commençait à pleurer.

    « Si mon chef la voyait comme ça, quel triomphe ! » il pensait, mais la pitié vainquait le superbe.

    Il l’embrassait ce qui la soulageait.
    #128Verfasserbu27 Apr. 05, 12:38
    Kommentar
    « À propos l’avocat général, avez-vous déjà retrouvé la trace du massa-creur ? »

    « Hmm, non… pas encore. Mais on est en train d’… »

    « Ça ne m’étonne pas du tout. Regardons votre bureau, quel bordel ! »

    Elle dit en commençant à analyser la situation de l’ameublement.

    « Je vous aide à réarranger votre bureau selon Feng shui, ça sera très utile, l’âme a besoin de l’ordre, la géomancie remédiera ! »

    M Panda observait Mme Noiraud avec horreur, il n’arriva pas à empêcher son zèle car elle avait l’air heureux en effectuant son idée.
    #129Verfasserbu27 Apr. 05, 12:39
    Kommentar
    Eronnais était accueilli avec plaisir chez M Raphall. Celui l’avait vu venir par la fenêtre. Une tirade d'invectives suivie par une grimace de dégoût débordait de son bureau. M Raphall était fâché, apparemment.

    « Le flic vient me rendre visite, pourquoi n’allez-vous pas arrêter la meur-trière ? »

    « C’est autre cas ! Je viens vous interroger à propos du coloris des va-ches, qu’est-ce que vous en savez ? »

    « Moi et des vaches, ha ! Je sais qu’il leur faut demeurer dans la cuisine, se taire et préparer le repas et bien sûr satisfaire quelques besoins natu-rels, ou a-t-il des attributions nouvelles réservées aux vaches depuis peu ? »

    « Très rigolo de votre part, Raphall ! Dois-je vous expliquer ce qu’il s’est produit la nuit précédente ? »

    « J’en ai entendu parler, la police n’est plus si vite qu’auparavant… C’est les vaches lilas dont vous veuillez m’interroger, non ? »

    « Ouai, qu’est-ce que vous en savez ? »

    « Peu ! Que quelqu’un les a colorées de lilas ? »

    « Bingo ! »

    « J’ai pensé que c’est l’haute couture de Shanghai ! »

    « Vous êtes super coopératif, merci bien ! Ce qui intéresse est la culpabili-té ! »

    « Eh bien, quoi venez-vous ici… »
    #130Verfasserbu27 Apr. 05, 12:39
    Kommentar
    « Afin de vous demander si vous av… »

    « Non, mon ami ! Pas comme ça ! Vous ne prenez pas au sérieux que c’était moi, suis-je un coiffeur vache, eh, suis-je ? Non, M Policier, allez-y raconter des contes de fées aux élèves ! »

    M Raphall devenait agressif, il avait l’air d’en venir aux coups, M Eronnais comptait sur tout, mais surtout sur un coup du coude du Président fou du PNPC, ce qui aurait été un coup politique, strictement parlant.

    Eronnais ne voulait pas hasarder sa santé, il préférait se retirer à être battu comme un chien bâtard.

    « Je serai de retour, n’abandonnez pas le village jusqu’à ce que le cas « Vache lilas » soit résolu, vous jusqu'au-boutiste ! »

    « Personne ne me fait faire quelque chose, mon lobby est ithyphallique-ment superpuissant ! », Raphall cria d'une voix tonitruante.

    Eronnais jugea cet homme phallocentriste assez dérisoire, ou, comme il avait l’esprit à faire un calembour : « ridicul ».

    Revenir bredouille, ce n’avait pas été le but d’Eronnais. Mais risquer sa vie à cause des vaches lilas ? Non, un tel brutalo on devait filocher. Une tâche pour M Panda, Raphall fauterait l’un ou l’autre jour…
    #131Verfasserbu27 Apr. 05, 12:40
    Kommentar
    M Panda avait la bougeotte. Il était déjà six heures, Eronnais n’était pas revenu, sans téléphoner, et ça, ça ne correspondait pas à sa nature. M Panda réfléchissait, il y avait quelqu’un qui leur voulait du mal, peut-être Eronnais était pris au piège par ce criminel ? Cela lui donnait bien du sou-ci.

    M Panda allait chercher le vélo officiel pour aller scruter les rues et les champs, les chemins et les jardins, les plages et la brousse ! Tellement de possibles localités à garrotter une persona non grata. M Panda s’attendait à une recherche longue. Sur sa bicyclette il ressassait des idées noires, absent il naviguait son vélo et sortait du village sans s’en rendre compte. Il avançait - toujours accompagné par quelques douzaines des papillons noirs - et pédala contre quelque chose assez dure et lourd si bien qu’il fût immobilisé brusquement. Il tomba et se trouva sur la calandre d’une voi-ture familière. Il avait carambolé avec la voiture policière.

    Il descendit de la voiture et la regarda, elle était vide, puis son vélo. Celui était en miettes.

    « C’est de la ferraille ! »

    « Quel sérail ? »

    M Panda avait entendu une voix faible. Il contourna la voitura et trouva M Eronnais blottir contre la honte des regards publiques potentiels. Il était menotté !
    #132Verfasserbu27 Apr. 05, 12:40
     Beitrag #133­ wurde gelöscht.
    Kommentar
    « Il faut appuyer sur le champignon, Nolwenn probablement est déjà arri-vée au commissariat. »

    M Eronnais dit et monta en voiture. Les deux conduisaient vers le village.

    « Didier, écoute, Mme Noiraud…, je ne pouvait pas l’empêcher… elle a… »

    « Qu’importe Noiraud à présent ? De l’attention à Nolwenn ! »

    « Non, écoute, n’entre pas au commissariat ! »

    « Aujourd’hui ? Non, je suis en retard. Aujourd’hui il me faut focaliser Nolwenn ! »

    « Ben, c’est ça, freine là ! Je vais chez le mécanicien… »

    « Bon, salut, Panda. »

    « À bientôt, chef, bonne chance avec la Nolwenn ! »

    M Panda sortit pour aller faire réparer le biclou policier. M Eronnais avança au poste où il se joignit à Nolwenn.
    #134Verfasserbu27 Apr. 05, 12:41
    Kommentar
    Dans la voiture elle commença à interroger Eronnais. Il ne voulait pas encore parler du meurtre :

    « Attend, ma belle ! D’abord on réjouit du soir, on aura assez temps à parler du métier, non ? »

    Il sourit. Nolwenn le regarda en souriant.

    « En fait, il est mon type, mon petit coco ! » elle pensa.

    Ils arrivèrent au restaurant « Naon Am Bez Bemnoz ». Un garçon ouvrit la porte et les escortait à la table. Une chandelle, des serviettes blanches, la vue de la mer, l’atmosphère était plus qu’agréable. On commandait le dîner et du vin et parlait de la jeunesse commune.

    Eronnais changea de sujet :

    « Tu connais l’orchestre « Atao Breizh » ? »

    Elle pouffa de rire :

    « Je ne travaille pas au ressort culturel, mais je suis définitivement sûre que « Breizh Atao », ça c’est le nom juste, n’est pas un ensemble musi-cal ! Dididoudinais, t’es tellement absorbé par ta vie policière que tu ne saches même pas distinguer un parti nationaliste obsolete de la culture ? »

    Il rougit. Elle prit sa main, et continuait :

    « « Breizh Atao » a été fondé par Morvan Marchal et un autre mec dont j’ai oublié le nom. Ils n’étaient pas du tout harmonieux ! S’ils avaient joué des instruments, ils auraient inventé le punk, je suppose ! »

    « Mais, j’ai une cassette audio avec leur album « Me A Gomz Gant Ma Amezeg Beb Mintin ». La chanson « Tá Páiste Aici » me plait formidable. »

    « Ben, puis il y a des musiciens politiques qui font référence aux sépara-tistes. Mais, pourquoi demandes-tu ? »

    « Sans sujet, à cause de la musique. Le vin est bon, non ? »

    « Il est formidable, Dididoudinais ! »

    « Ne m’appelle pas ainsi, Nolwenn, tu sais que je n’aime pas ça. »

    « Allez, Dididoudinais ! C’est ton nom ! »

    Elle sourit et lança une œillade.
    #135Verfasserbu27 Apr. 05, 12:41
    Kommentar
    « Mon Dididoudinais ! Raconte-moi du meurtre ! » elle pria, la voix cou-verte d’une couche de sucre.

    « Tu sais que je ne tromperais jamais ta confiance… »

    « Ben, Nolwenn, tout ce que j’ai appris jusqu'à présent c’est que c’était une femme, d’environs 24 ans… »

    Il hésitait.

    « Mais comment m’assurer que ça ne ferai pas la une de L’Ouest-Éclair demain ? »

    « Dididoudinais ! Ne m’attribue pas des arrière-pensées malveillantes ! Je t’aime trop pour t’embarrasser, franchement, avance ! »

    « Ok, M Panda et moi, nous soupçonnons que la meurtre a été commise par jalousie, vraisemblable par une femme. »

    « Par une femme ? Tu connais les statistiques ? Elles indiquent que plus de 80% des meurtres sont commis par des hommes, c’est-à-dire que vous vous acharnez à vingt pourcents ? C’est très hardi ! »

    « Il y avait du bâton de rouge sur le dos de la victime et en plus le nom « Atao Breizh » ! »

    « Ah, je comprends, la musique, la meurtre. Et maintenant tu vas arrêter le batteur du groupe ? »

    « Non, je viens d’expliquer qu’il s’agit d’une femme, la meurtrière ! »

    Nolwenn avait bien compris. Elle essayait de le faire fauter en mimant l’innocente. Eronnais aimait cette attitude, il ne la suspectait pas de la simuler. Sa naïveté (celle de Nolwenn) lui rappelait du comportement démentiel des vieilles femmes.

    « C’est tout ! »

    Il regarda Nolwenn qui était un peu déçue.
    #136Verfasserbu27 Apr. 05, 12:42
    Kommentar
    « Déjà ? »

    « Bof, non, attend : le cas s’est transformé à une dimension politique ! Alice Noiraud est absolument assurée de la culpabilité masculine, tandis que Gueaude-Michel Raphall conjecture une femme comme meurtrière. Le maire, ton ami intime, il s’en fout de la culpabilité, il ne demande qu’une personne n’importe qui ! Les deux pôles sexistes et un maire blasé. »

    « C’est une position assez agréable que vous avez, une position de hors-jeu. Je ne te jalouse pas, pauvre Dididoudinais ! »

    Le garçon servait le dessert, des fraises avec du sucre glace. Nolwenn et Eronnais se mirent à manger. Eronnais commença à raconter de la défail-lance de Mme Noiraud. Il émailla le récit. Quel rapport hilarant ! Il culmina à l’idée de la féministe Alice Noiraud peignant l’art abstrait. Nolwenn big-banga de rire. Le sucre glace était tourbillonné, la bouche de Nolwenn et surtout la peau au-dessus de la lèvre supérieure étaient couvertes du sucre glace. Eronnais réagit prompt et prit une photo d’elle avec l’appareil photo VGA de son portable.

    « En cas elle est récidiviste demain. » il pensa.
    #137Verfasserbu27 Apr. 05, 12:42
    Kommentar
    Il ne fallait pas se faire de la bile. Nolwenn Le Coz-Pensec avait apparem-ment tombée amoureuse de M Eronnais. Et comme elle était une femme qui ne souhaitait rien plus qu’un homme aimant et une famille, elle déci-dait de subordonner sa profession à l’amour.

    Eronnais régla l’addition. Nolwenn remercia avec un baiser sur la joue. Eronnais voulait la demander s’il pouvait la reconduire à la maison quand elle proposa d’aller flâner à la plage. Il faisait assez chaud, une brise ten-dre frôlait la peau, Nolwenn avait l’idée de se baigner. Eronnais se tâtait, il n’était pas fonceur.

    « Allez, Dididoudinais ! On y go ! »

    Elle l’invita en se dévêtant. Toujours il hésitait, elle était déjà nue dans les ondes quand elle demandait :

    « Didi, c’est quoi, pourquoi ne viens-tu me joindre à la mer ? »

    « J’sais pas… » Eronnais répondit entravé.

    « Quel homme discret ! » elle se dit.

    Nolwenn sortit de l’eau et courut vers Eronnais. Elle était toute mouillée et embrassa le policier habillé. Elle le transbahuta vers la mer et le poussa d'une secousse si forte qu’il chuta dans l’eau. Nolwenn lui suivit en riant.
    #138Verfasserbu27 Apr. 05, 12:43
    Kommentar
    @bu

    J'ai mal aux côtes à force de rire

    #139Verfasserrb27 Apr. 05, 13:40
    Kommentar
    @bu
    je pensais que tu étais une nana mais maintenant je dirais que tu es un mec
    #140Verfasserrb27 Apr. 05, 13:47
    Kommentar
    @rb : n'importe le sexe (et pas découvert) ! Tu sais que tes chapitres courbaturent ? Je vais en boitant depuis 3 semaines environ... mais c'est bosser écrire en français une histoire si absurde, j'te dis...
    #141Verfasserbu27 Apr. 05, 14:00
    Kommentar
    ..". mais c'est bosser écrire en français une histoire si absurde, j'te dis..".

    Oui oui nous en sommes tous conscients. Bravo!!
    #142Verfasserrb27 Apr. 05, 14:06
    Kommentar
    @rb : c'est pas que je voulais venir chercher des lauriers, je voulais dire que ce flemmard Lars-Rüdiger a demandé assez beaucoup avec ses 320 pages ! Mais, maintenant je repose, en avance ta musique !
    #143Verfasserbu27 Apr. 05, 14:10
    Kommentar
    mais les fleurs je voulais les envoyer quand même, je sais que tu ne vas pas à la pêche aux compliments, je ne serais pas capable de faire la même chose en allemand.

    Tu connais LR?
    #144Verfasserrb27 Apr. 05, 14:18
    Kommentar
    LR?
    #145Verfasserbu27 Apr. 05, 14:23
    Kommentar
    Lars Rüdiger
    #146Verfasserrb27 Apr. 05, 14:24
    Kommentar
    pardon, j'ai consumé toute ma présence d'esprit. Mais retour à ta question : nous-faut-il résoudre toutes les circonstances quant à l'histoire ? Je pense que non et j'ajoute : "Ich will mit einem deutschsprechenden Anwalt reden!"
    #147Verfasserbu27 Apr. 05, 14:32
    Kommentar
    @bu
    oui, ne trahissons pas le mystère de l'être pour l'ignorance des certitudes!
    #148Verfasserrb27 Apr. 05, 14:42
    Kommentar
    @rb : ne faissons pas cela ! je m'en vais, des idées dans les bagages à main et en attendant la suite ! salut
    #149Verfasserbu27 Apr. 05, 14:48
    Kommentar
    @bu
    Deiz mat!
    ich werde mich daran machen dein werk fortzusetzen..
    Mais j'ai quelques problèmes concernant la continuité et la plausibilité psychologique. Qu'une femme de 38 ans se mette à chialer comme une gamine de 18 ans, ou qu'une femme carriériste abdique ses ambitions professionnelles par amour pour ce niais d'Erronais. Enfin, nous sommes au royaume de l'absurde! et je vais trouver une solution ce ne sont pas les idées qui me manquent

    dibenn sizhun mat ha kenavo dilun!
    #150Verfasserrb28 Apr. 05, 08:09
    Kommentar
    @rb : Deiz mat également. Je ne doute pas que ta narration (?) n'aille (?)réssoudre les problèmes psycho- et logiques.

    Quant à Alice : la gnôle combinée avec le soulagement d'avoir cafardé produit un effet très déconcertant...

    Quant à Nolwenn : peut-être le travail n'a jamais été qu'un substitut (freudiennement parlant) des sentiments opprimés.

    Ce ne sont que deux interprétations (ou bien trucs) entre plusieurs !

    "dibenn sizhun mat ha kenavo dilun" ?

    très réjouissant à l'avance...
    #151Verfasserbu28 Apr. 05, 08:25
    Kommentar
    @bu, rb: Sans vouloir interférer dans votre trame ...
    ne pourrait-on pas introduire un atavisme sino-nippon-quelque chose de Nolwenn pour expliquer son attirance pour le gros (Sumo etc.). N'oublions pas que nous avons déjà des notes bridées avec le Panda et le Fen Shui ...
    Mais ce n'est qu'une petite remarque de votre lectrice attentive.
    #152Verfasserétiennette28 Apr. 05, 08:50
    Kommentar
    @etiennette
    "pour le gros (Sumo etc.)."

    ah oui au fait en plus il est gros ce niais, mince je l'avais oublié.
    Etiennette, on te décernera la médaille d'or de la lectrice méritante!
    #153Verfasserrb28 Apr. 05, 09:09
    Kommentar
    @bu
    "dibenn sizhun mat ha kenavo dilun" ? "
    veut dire
    Bon week-end et à lundi
    #154Verfasserrb28 Apr. 05, 09:10
    Kommentar
    @rb et étiennette : c'est mon loisirs aujourd'hui (sourire), or je suis tout à fait prêt à quoi qu'ils sont des idées loufes. Je pense que jusqu'à maintenant on est parvenu à une histoire assez cohérente, ce qui me plait beaucoup. Des atavismes et autres trucs d'une telle nature sont très bienvenues... j'ai confiance en la dramaturgie et scénographie de rb. On verra (quel joie lundi matin) !
    dibenn sizhun
    #155Verfasserbu28 Apr. 05, 09:22
    Kommentar
    @rb : le poulet rôti sur l'assiette m'a demandé de radier la partie suivante :

    "Il ne fallait pas se faire de la bile. Nolwenn Le Coz-Pensec avait apparem-ment tombée amoureuse de M Eronnais. Et comme elle était une femme qui ne souhaitait rien plus qu’un homme aimant et une famille, elle déci-dait de subordonner sa profession à l’amour."

    Comme ça, la suite est encore plus la tienne !
    #156Verfasserbu28 Apr. 05, 13:04
    Kommentar
    @bu
    dibenn sizhun = week end ( littéralement fin des sept sommeils) mad, mat ( bon)

    donc schönes Wochende= dibenn sizhun mat

    oui oui je trouvais aussi que cette phrase faisait un peu "deus ex machina", tout est possible à condition de le rendre plausible dans un système donné. Mais j'ai déjà intégré cette phrase dans mon récit de toute façon.
    #157Verfasserrb29 Apr. 05, 06:59
    Kommentar
    La lune semblait géante, bientôt elle sombrerait dans la mer. La voûte étoilée se mirait dans l’océan et parfois une vague plus forte venait troubler son reflet qui se mettait à trembler, comme pris d’un immmense frisson. Puis, la mer, reprenait, à nouveau, sa respiration calme et régulière . Son souffle se mêlait au souffle de l’univers .
    La mer les enlaçait de ses bras salés et de ses doigts d’écume .
    Submergés par cette embrassade marine qui les dépassaient, ils se tenaient étroitement serrés, l’un contre l’autre, leurs bouches jointes dans un long baiser .
    Une vague tumultueuse rompit leur étreinte en les noyant sous sa fougue. L’eau salée les firent tousser, ils rièrent. Nolwenn sortit de l’eau, un éclat de lune tomba juste sur ses seins aux mamelons durcis par l’eau froide. Elle tremblait légèrement, la chair hérissée . Elle se pencha pour ramasser ses vêtements épars sur le sable…
    Didi quant à lui, avait été entraîné par une vague de reflux, et se trouvait toujours dans l’eau, il se leva, l’eau lui arrivait à mi-cuisses. Ses cheveux dégouttaient , ses habits ruisselaient, et des embruns s’étaient égarés dans ses cils. Il sentit quelque chose lui frôler les jambes, il plongea les mains dans l’eau et toucha la peau lisse d’un gros poisson. Au même moment il entendit Nolwenn l’appeler :
    – Souris, mon Didi !
    Déjà, l’incorrigible brandissait un appareil photo et appuyait . Elle poussa un cri .
    #158Verfasserrb02 Mai 05, 07:05
    Kommentar
    - oh , j’ai vu une comme une ombre, une tête derrière toi sortir et replonger dans l’eau..
    L’énorme poisson se dégagea d’un mouvement vigoureux et s’éloigna …
    Comme un éclair une pensée lui traversa l’esprit la Sirène ?? Mais il préféra se taire. Il faudrait regarder les photos de Nolwenn.
    - Je n’ai absolument rien vu, dit-il.
    Il la rejoignit, en grelottant. Nolwenn se blottit contre lui , et lui montrant le triskell qui pendait à son cou dit:
    - Nous avons goûté à la terre et à la mer il ne nous manque plus que le feu. Viens donc à la maison je brûlerai une grosse bûche rien que pour toi et je ferai un grog pour nous réchauffer.
    Ils coururent vers la voiture le sable collait à leurs pieds. Didi mit le chauffage et il prit la la route qui menait chez Nolwenn
    #159Verfasserrb02 Mai 05, 07:06
    Kommentar
    Elle habitait une maison en granit blond, bordée d’hortensias bleus et roses . Sur le perron, un chat roux l’attendait.
    Dans le vestibule, elle pria Didi de patienter, s’éloigna et revint avec des serviettes et un peignoir moelleux:
    - Prends cela, va te réchauffer sous une douche bien chaude, pendant que j’allume le feu dans le salon.
    Quand il eut fini, le feu brûlait déjà dans l’âtre derrière une vitre. Un orchestre de jazz égrenait ses notes, la lumière était douce. Nolwenn sourit et dit :
    - Je vais me doucher aussi.
    Elle revint enveloppée dans un négligé en satin ivoire, murmura :
    - Je vais préparer un thé pour nous réchauffer, et disparut dans la cuisine.
    Elle en rapporta un plateau sur lequel étaient disposés des verres à thé , une théière, une bouteille de rhum , une petite louche et un sucrier. Elle versa le thé noir aromatisé dans les verres , ajouta un peu de rhum , prit la louche y versa du sucre brun puis le recouvrit de rhum. A l’aide de l’ allume-feu, elle chauffa la louche, puis inclina celle ci pour flamber le rhum. Le sucre fondait et caramélisait sous les flammes. Elle versa le sucre enflammé dans le verre à thé et le lui tendit. . Elle se fit aussi flamber du rhum. Le verre à la main, elle ne prit pas place à côté de Didi sur le canapé mais directement sur le tapis devant la cheminée .
    - J’adore voir les flammes qui crépitent , c’est une belle récompense quand on a eu froid ou quand dehors la tempête mugit. Si c’est cela l’enfer, je viens te rejoindre lucifer dit-elle.
    - À la différence qu’en enfer on n’est pas devant les flammes mais dedans, dit Didi un peu affolé de la voir incanter le Malin.

    #160Verfasserrb02 Mai 05, 07:07
    Kommentar
    Didi était satisfait, que cette journée, qui avait si mal commencé trouvait une issue heureuse .

    Il avait cependant donné un petit coup de pouce au destin. Le restaurant Naon am Baise Bemnoz dont il connaissait bien le patron (il lui faisait sauter des contraventions), disposait des tous derniers flacons du vin herbé que Tristan et Yseultl a Blonde avaient bu par mégarde. Ces flacons qui se trouvaient dans les bagages de Tristan quand il revint en Bretagne pour épouser Yseult la Blanche avaient été retrouvés par hasard et par le patron du restaurant qui était un spéléologue confirmé, au cours d’une de ses expéditions. Ce vin agissait comme un sortilège et rendait mutuellement amoureux ceux qui le buvaient. Des requins américains mandantés par le géant pharmaceutique Pfizer, qui avait entendu parler de la légende avaient cherché des années, de ce philtre en vain . De toute façon on ne pouvait le reproduire, car le savoir et la magie des druides étaient nécéssaires à sa fabrication. Lorsque le patron du Baise Bemnoz avait trouvé ce philtre il en avait donné à boire, par malice, aux deux employés américains de Pfizer qui rôdaient à la même époque dans la région et les deux compères étaient devenus fous amoureux l’un de l’autre. Ils avaient dû divorcer à cause de cela. Pourtant les effets de ce philtre druidique s’étaient atténués au cours des siècles et ne duraient à présent pas plus de 24 heures.
    Didi avait donc 24 heures pour convaincre Nolwenn, du moins s’il voulait la garder..
    D’ailleurs Nolwenn se sentait elle aussi, bizarre et à côté de ses pompes.
    #161Verfasserrb02 Mai 05, 07:08
    Kommentar
    Elle était un peu ivre et dit :
    - Il faut savoir déposer les armes parfois dans la vie. Ma vie est un éternel combat, toujours à l’affût d’une photo, d’une histoire exclusive, mon Dididoudinais, je me rends dit-elle en levant les bras en l’air. Rendez vous mes yeux, vous êtes cernés ajouta-t-elle en riant. Puis elle rabaissa les bras. Tu sais pourquoi je t’aime ? demanda-t-elle soudain, c’est parce que tu ressembles un peu à un sumo, mais en bien moins gros, où sont tes poignées d’amour., montre fit-elle en le chatouillant. Puis elle sortit et revint avec de l’huile de massage parfumée et dit :
    - Je vais te masser mon sumo, pour que ton corps brille , tu seras un flic luisant sinon reluisant. Et tu mimeras le sumo, rien que pour m oi, après je te parlerais de tao.
    Mais déjà une autre idée avait germé dans sa tête. Elle, se leva brusquement courut dans la chambre et revint habillée de voiles vaporeux de couleurs pastel.
    - Je vais danser la danse des sept voiles, dit-elle, en mettant la musique appropriée, l’opéra Salomé. Elle dansa donc devant un Dididoudinais subjugué. Sa gérontophilie qu’il n’avait heureusement jamais concrétisée était bien une lubie cocainesque destinée à se fuir.
    - À la fin de la danse elle était nue , de qui demanderait -elle la tête , s’inquiéta Didi? Mais elle s’approcha simplement de lui en disant :
    - Tu ne trouves pas que mes tétons ressemblent à des framboises ? Tu veux y goûter ?

    Il sut caresser le corps de son amante, et tirer de cet instrument réceptif la mélodie intemporelle de l’amour. Puis, cette mélodie, ils la jouèrent en duo et trouvèrent les bons accords.
    #162Verfasserrb02 Mai 05, 07:09
    Kommentar
    Alors que les tourtereaux roucoulaient amoureusement , le Panda, seul dans son appartement, sous les toits d’un petit immeuble portuaire, ne chômait pas. Il rédigeait une proposition de loi d’initiative populaire ayant pour objet la punition des fausses déclarations d’amour sur le modèle des fausses déclarations de revenus. Dans cette proposition de loi, il prévoyait un délit pour blessures involontaires ayant entraîné le bris d’un cœur sans intention de le briser. Panda était un grand sentimental et se voyait dans le rôle d’un Robin des Bois des amoureux déçus, le Don Quichotte des amoureux floués. L’effondrement d’Alice Noiraud, habituellement si intransigeante, l’avait touché, et il pressentait qu’une blessure non cicatrisée avait provoqué ce déluge lacrymal pour le moins inattendu. Ah cŽétait sidéral il fallait liberer le forces phénoménales , les énergies chorales et orchestrales. Opérer la fusion verbale du cœur et de l’esprit, avec la double faculté de sentir et de comprendre. C’était fondamental.
    Il était content de son travail : c’est pas mal.
    À présent, il ne lui manquait plus que les 75 000 signatures nécéssaires pour pouvoir présenter sa propositiondevant l’Assemblée Nationale. Une broutille !! pensa-t-il, avec optimisme. Tout à coup il se sentit très fatigué.

    #163Verfasserrb02 Mai 05, 07:09
    Kommentar
    Le lendemain , Didi se réveilla d’excellente humeur, une odeur de café lui chatouillait les narines qui se dirent » le café c’est bien mais cela ne vaut pas la corinne. »
    Nolwenn entra et lui apporta une tasse de café au lit
    - Tu es mimi quand tu dors, j’ai fait des photos de toi lui dit-elle en l’embrassant. Je vais chercher des croissants.
    Didi se leva, et marcha en tenant sa tasse à la main. Nolwenn avait laissé l’appareil photo d’hier soir sur la table, il le prit visionna le display et alla dans le bureau , rencontra dans le corridor le chat roux qui avait l’air de fort mauvais poil et qui feula méchamment en le voyant .Il alluma l’ordinateur de Nolwen,n agrandit les clichés qu’elle avait pris hier soir alors qu’il était encore dans l’eau, sur l’un deux, ,on voyait distinctement une tête émerger de l’eau derrière ,du côté même où il avait senti les écailles de poisson.
    - Mince serait -ce une preuve de l’existence de la sirène ? Il imprima la photo à plusieurs exemplaires remit tout en état dans le bureau, reposa l’appareil à l’endroit où il l’avait trouvé et roula les photos dans un sac en plastique qu’il fourra dans la poche intérieure de sa veste qui était toujours mouillée.
    Au même instant Nolwenn revint avec les croissants. Le chat accourut et se frotta ostensiblement contre ses jambes, il était visiblement jaloux de Didi et mécontent de l’indifférence de Nolwenn à son égard.
    - Viens,mon minou, je vais te donner à manger dit-elle en se dirigeant vers la cuisine. Le chat la suivit, non sans omettre de tirer la langue à Didi en passant.
    Didi, pendant ce temps, mit la table. Ils déjeunèrent de croissants, de beurre salé , de confiture et de café au lait.
    #164Verfasserrb02 Mai 05, 07:10
    Kommentar
    - Tiens c’est le jour des bandes dessinées dit-elle, j’ai vu quelqu’un qui en était atteint en allant chez la boulangère.
    - Tu veux dire, qu’il se promenait avec une bulle bulle trahissant ses sentiments au dessus de la tête ? Cela arrive parfois lors de grandes marées de vives eaux. C’est marrant cela, hier Raphalle avait cela. Il doit être particulièrement sensible. Remarque, hier à moi aussi, il est arrivé un truc pas possible. Et il conta à Nolwenn comment il avait procédé à sa propre interpellation. Il mourait de honte mais elle devait le savoir !
    - Tu as une personnalité multiple, mais ne t’en fais pas, c’est courant chez les personnages de fiction qui sont crées par plusieurs auteurs, et doivent évoluer sous différentes plumes. Il n’y a pas de quoi s’alarmer. Après tout c’est peut-être l’auteur qui se sent prisonnier de lui-même, ou de ses propres faiblesses, que sais-je ? Ne te fais pas de la bile à cause de cela !

    #165Verfasserrb02 Mai 05, 07:11
    Kommentar
    Didi était encore en peignoir, ses vêtements étaient mouillés, il se changerait au commissariat, il espérait que personne ne le verrait entrer dans cette tenue. Il ouvrit la portière à Nolwenn puis monta à son tour dans la voiture, et lui demanda :
    - Je te conduis au travail ?
    - Non , dit –elle d’un air décidé, je t’accompagne. Après tout pourquoi me démener comme une dératée toute la journée alors qu’ en restant avec toi je suis à la source de l’ information !
    Que c’est excitant mon Didi, je ne sais même plus pourquoi on s’est quittés il y a 15 ans, ah folle jeunesse.
    - Enfin maintenant je pourrais installer mon QG au commissariat.
    Didi , diplomatique, n’osa pas pour le moment protester. Dans la boite à gants il chercha sa corinne.
    - C’est pas la peine de chercher , je l’ai jetée dit fièrement Nolwenn. Je tiens à ta santé.
    - Mais tu sais que je suis un personnage de fiction, alors ma santé elle tient plutôt à des mots qu’à mon comportement envers diverses drogues, donc tu aurais pu au moins me laisser la joie d’une bonne ligne.
    - A propos ta ligne je pensais qu’un peu de jogging… On fera du tai chi et après on joggera jogger ensemble sur leschemins de bord de mer.
    - -de , compléta Didi , en réprimant un soupir.
    #166Verfasserrb02 Mai 05, 07:12
    Kommentar
    En route un SAMU passa en trombe, et prit la direction du sentier des douaniers. –
    - Tiens, je veux savoir ce qui se passe, dit Didi et il fit demi-tour.
    Le SAMU s’arrêta à proximité du « Repaire des Brigands », Didi descendit en peignoir et demanda à un prof qui était dehors, que s’est-il passé.
    - C’est Ewen , dit le prof qui était déguisé en brigand et avait donc la mine patibulaire, il a fait une chute du haut de la falaise.
    Merde se dit Didi, voilà bien un mauvais moment pour demander de la corinne . Il demanda tout haut :- C’est grave sa vie est en danger ?
    - Non, répondit le prof à la mine patibulaire, c’est un miracle, physiquement il est indemme, il n’a pas chuté physiquement mais en revanche, il a drôlement chuté intellectuellement, c’est affreux dit-il au bord des larmes. On l’a remonté au « Repaire des Brigands » sur un brancard, et quand il a ouvert les yeux et il a dit qu’il voulait voir Le Loft et des soap operas. Il a même scandé vive la TV réalité ! Quelle déchéance lui , qui était si courageux et dont l’œuvre ésotérique et le style abscons résistaient vaillamment et valeureusement à toute analyse. Il faut l’opérer d’urgence ..
    L’ambulance partit pin- pon –pin -- pin –pon –pin -–pin-pon-pin. emmenant le pauvre prof.

    #167Verfasserrb02 Mai 05, 07:13
    Kommentar
    Didi réusit à se faufiler sans être vu dans le commissariat et se changea.
    Une lettre de l’Académie Française, était parmi le courrier :

    Cher mortel,
    Nous avons bien reçu votre lettre.
    Nous espérons, que vous comprendrez parfaitement, qu’étant immortels, nous avons toute l’éternité pour y répondre plus amplement.
    Veuillez agréer, cher mortel, l’expression de nos salutations apitoyées et condescendantes.

    Les immortelles, les immortels.

    #168Verfasserrb02 Mai 05, 07:13
    Kommentar
    - Mais qu’est-ce qu’il fout le Panda il n’est pas encore là !dit Didi. En attendant je vais passer à la pharmacie, je n’ai rien pour me raser ici.
    Alors qu’il s’apprêtait à entrer dans la pharmacie ils croisa les deux policiers allemands, qui venaient de se procurer leurs laxatifs préférés. L’un des deux l’aborda :
    - Bonchour trés/adoré M. Le Bo/lici/er dit -il . Il sortit de sa poche un papier et le lut avec application.
    - Perm/ettez moi de nous pré/senter, che suis M. Heil et ici foici mon collégue M. Fasten. Nous sommes des pol/ i /ssons allemands euh excusez moi nous sommes des policiers allemands en va /cances dans vautre char/mante villache et nous voudrions bien éch/anger des/ écussons pour fêter la fra/ternité policière dans le monde entier. Nous/ affons décha une
    coll/ecti/on de 2000 écussons et insignes du monde entier de la fra/ter/ni/té pol/ic/ière. Il sortit une photo de son portefeuille : on y voyait une grande vitrine à l’interieur de laquelle se trouvait une multitude de petits compartiments de même dimension. Ces compartiments, en bois de merisier, disposaient chacun d’un éclairage individuel et leurs parois arrière éteint tendues de velours noir. Dans chaque compartiment un écusson différent était fixé au velours.Visiblement M. Heil était très fier de sa belle collection.
    - C’est vraiment très beau, dit Erronais, magnifique ! Je serais content de vous accueillir pour un pot de la fraternité policière interfrontalière. Je suis très flatté que notre modeste insigne vienne enrichir votre belle collection. Vous pouvez passez à 19 heures au commissariat, on prendra l’apéritif avec des amuse-gueules.
    #169Verfasserrb02 Mai 05, 07:15
    Kommentar
    - Déssolé, nous ne bufons pas, seulement de l’eau et nos sels laxatifs.
    - Eh bien tant pis, nous buverons de l’eau à la santé de tous les constipés de ce monde dit Erronais avec un large sourire, en espérant ne pas être compris. Donc à ce soir… je vais inviter la presse pour éterniser cet évenement ajouta-t-il en pensant à Nolwenn.
    - Un chose encore, M. le Policier très adoré, dit Heil, en sortant deux billets de 20 euros de son portefeuille, regardez ces noten, on me les a donné en échange de la monnaie chez le apothicaire. Les billets de 20 euros portaient les traces de l’usage peu orthodoxe qui en avait été fait. On voyait u’ils avaient été soigneusement roulés et qu’une encoche en forme de triangle avait été taillée dans le coin pour faciliter l’aspiration de corinne.
    Erronais lui prit les deux billets des mains, les examina – Oui félicitation, dit –il sans rougir, plusieurs de ces billets sont en circulation, oui j’en ai déjà vu ici. Sans aucun doute, une bande de passage pendant la saison touristique. Mais je garde ces deux billets, je les ferai examiner, ce sont des pièces à conviction.
    - oui, oui bien entendu, dit M. Heil avec un grand sourire. Il était très satisfait de se voir soulager de 40 euros pour la bonne cause.
    Erronais était content de retrouver ses billets. Il fit encore un signe de la main à Heil et Fasten et pénétra dans la pharmacie en songeant à l’ídéal de l’internationale policière et à un monde où les gouvernements purement technicien seraient de simples centrales à gérer les affects, les finalités humaines étant laissées de côté.
    #170Verfasserrb02 Mai 05, 07:16
    Kommentar
    Le portable d’Erronais sonna, c’était le Panda qui appelait en disant : » viens au siège du PNPC, il y a eu une explosion. »
    Erronais , toujours pas rasé sauta dans sa voiture, passa chercher Nolwenn mit son gyrophare et fonça .
    Devant le siège du PNPC, le Panda les attendait déjà, il avait retrouvé sa couleur habituelle.
    - Quoi, une explosion ! s’exclama Erronais
    Nolwenn avait déjà saisi son appareil photo.
    - Ouais, regarde ils ont fait sauter les deux menhirs qui étaient placés dans le jardin devant le PNPC , de chaque côté de l’allée..

    Ces menhirs avaient ceci de remarquable qu’ils étaient taillés en forme de phallus et ils munis à leur base des accessoires idoines. On les surnommaient « Les Zizis du PNPC »
    - Il fallait une bonne charge de dynamite pour faire sauter cela, ils faisaient presque 2,50 mètres
    - Sans parler des « bijoux de famille » regarde, ils sont littéralement fendus en deux, ouaahh..
    - Une vengeance d’Alice Noiraud !
    - Tu y crois toi ?
    Le Panda haussa les épaules
    #171Verfasserrb02 Mai 05, 07:17
    Kommentar
    Gueaude-Michel Raphall n’était plus que l’ombre de lui même, il se tenait là, immobile, le teint gris, le visage pétrifié comme s’il voulait faire ressuciter ses chères pierres assassinées dans les traits de son visage. Il ne put fournir aucune information susceptible de faire avancer l’enquête. Des riverains qui avaient été réveillés par le bruit de l’explosion vers les 3 heures du matin et avaient téléphoné à Gueaude-Michel pour le prévenir. Les voisins n’avaient rien observé d’anormal. Gueaude-Michel avait alors appelé le numéro d’urgence de la police, mais n’avait pu joindre que le Panda, Erronais ne s’étant pas manifesté.
    Erronais lui dit : - Qui sème le vent récolte la tempête
    Raphall ne réagit pas, son agressivité de la veille avait été pulvérisée dans l’explosion.
    Il n’était d’aucune aide, et il n’y avait pas de témoin aussi Erronais dit :
    - Allez ce n’était que des menhirs, vous irez en acheter d’autres chez Obélix, notre marchand de menhirs. Et vous les ferez encore plus grands.
    Il s’approcha du Panda et Nolwenn et dit :
    - Allons voir Alice Noiraud, notre peintre amateur ! Allez, au MLB !

    #172Verfasserrb02 Mai 05, 07:17
    Kommentar

    Dehors la plupart des gens portaient des couvre-chefs, par crainte de voir leurs sentiments révélés par de traîtresses bulles de bande-dessinées. De toute façon ces précautions semblaient non-justifiées car vraiment très peu de gens étaient frappés par cette maladie.

    Alice Noiraud n’était pas au PNPC, mais Bara Gouine son adjointe, leur dit qu’ils pourraient la trouver à la station –service, où elle s’occupait de »ces pauvres vaches martyres, ces innocentes victimes. »
    Un troupeau de vaches violettes attendaient devant la chaîne de lavage automatique des voitures Alice conduisait les vaches à l’intérieur les shampouinait manuellement, puis à l’aide d’un tuyau d’arrosage les débarassaient de leur honteux maquillage.. Elle portait des lunettes noires pour cacher son chagrin et elle était en sueur. Absorbée par sa tache elle ne remarqua pas leur présence Erronais dut crier.
    - Ah c’est vous dit-elle, un peu effrayée, alors vous avez trouvé les auteurs de ce lâche attentat ?
    - Non dit-il mais , en fait , on..
    - Eh bien moi ce qui me chiffonne, interrompit Alice Noiraud, c’est la façon dont ils ont déjoué la vigilance d’Alphonse le taureau , car il ne laisse personne s’approcher de ses vaches hormis Augustin, l’agriculteur. C’est lui d’ailleurs qui a amené les vaches ici.
    - Peut-être qu’ils lui ont montré un calendrier de vaches pin-ups, en porte-jaretelles dit le Panda
    Nolwenn se pinça les lèvres pour ne pas rire.
    - Très drôle, on remarque l’humour fin des machos dit Alice Noiraud sérieusement car elle était trop fière d’être crispée et trop imbue de sa dignité pour se laisser aller à rire. Elle semblait avoir oubliée l’épisode de la veille où elle sanglotait dans les bras du Panda. La gnôle avait des effets si ravageurs sur elle qu’elle préférait sûrement les oublier bien vite.
    #173Verfasserrb02 Mai 05, 07:18
    Kommentar
    - Non on venait en fait pour parler de l’explosion qui a détruit des « Zizis du PNPC » cette nuit.
    - C’est pas vrai, mais c’est super cela dit Alice Noiraud, bien fait pour l’autre guignol de Raphall , lui avec ses symboles phalliques érigés vers le ciel alors qu ‘en réalité cela pendouille lamentablement et piteusement plus des Ÿ du temps .
    Là , Nolwenn ne put se retenir de rire, Erronais lui fit les gros yeux.
    - Où étiez vous cette nuit ? demanda-t-il à Alice Noiraud.
    - Dans mon lit évidemment.
    - Seule ?
    - Oui. Mais vous pensez que j’ai quelque chose à voir avec cette explosion, simplement parce que je me bats pour la libération des bretonnes et le droit de vote des vaches, mais vous pensez tout de travers, mon pauvre ami. Une vengeance si minable, non.
    #174Verfasserrb02 Mai 05, 07:19
    Kommentar
    - De même dans l’affaire du meutre de la plage vous pensez que je suis pour un meurtrier et bien vous vous trompez, j’exige, par souci de parité une meurtrière, après tout, assassin, c’est une vocation qui peut tout aussi bien convenir à une femme.


    Erronais voyait qu’il n’avait rien à tirer d ‘Alice Noiraud, et il n’avait pas de preuves cette affaire était un mystère non résolu de plus. Erronais se demandait déjà ce qu’il dirait au procureur.

    Ils retournèrent au commissariat. Nolwenn partit au journal où elle voulait aussi déjeuner.
    #175Verfasserrb02 Mai 05, 07:19
    Kommentar
    Il fallait s’occuper en priorité du meurtre de la plage et Erronais avait une idée.
    - Tu sais que la Sirène voulait emmener Lars Rüdiger dans son Royaume au fonds de l’océan, car il a eu le malheur de la toucher à la main.. Elle a échoué et n’a pu s’emparer que de son ombre,. Il faudrait utiliser Lars Rüdiger comme appât. On pourrait l’inviter à une remise de la médaille du courage car il t’a sauvé la vie, dit Erronais en se tournant vers le Panda. Et il faudrait faire en sorte que la Sirène apprenne cela elle enragerait de le voir récompenser, et essaiera sûrement de se venger. Mais attention, personne ne doit savoir que l’on soupçonne une sirène.

    - Si on lui remettait la médaille demain soir lors du fest-noz proposa le Panda, mais tu crois qu’une Sirène peut se déplacer sur la terre ferme ? Peut-être qu’elle a une complice, souviens toi du mot qui nous a été lancés à travers la fenêtre…
    - Ou peut-être faudrait-il mieux aller en mer, et tirer derrière nous, Lars Rüdiger, en ski nautique, ou dans un filet…
    #176Verfasserrb02 Mai 05, 07:20
    Kommentar
    @rb : bonjour, seulement survolé ton texte, mais déjà ravi par ta dramaturgie... je veux du temps à lire, hélas !
    #177Verfasserbu02 Mai 05, 08:49
    Kommentar
    @rb : j'ai lu tout, j'ai ri comme un fou, j'aime tous les personnages du texte ! Et c'est trop des boutades géniales à détailler ! Mais : « Si on lui remettait la médaille demain soir lors du fest-noz proposa le Panda", c'est le même jour, le samedi, non ?

    #178Verfasserbu02 Mai 05, 09:52
    Kommentar
    N'exagère pas je trouve tes contribs plus drôles, et puis je me laisse aller à faire des commentaires , mais après tout on peut se le permettre ici, car c'est pour rire.
    #179Verfasserrb02 Mai 05, 10:38
    Kommentar
    @rb : ta modestie !
    #180Verfasserbu02 Mai 05, 10:59
    Kommentar
    @bu
    non je suis sincère car quand je te lis il y a l'effet de surprise en bonus.
    #181Verfasserrb02 Mai 05, 11:14
    Kommentar
    @rb : oui, ce qu'il te faut réparer !
    #182Verfasserbu02 Mai 05, 11:29
    Kommentar
    En cherchant le mot estran, pour zatapathique, je remarque que dans ce texte"Il lui fit signe de le suivre vers la mer.


    "Là j'ai oublié d'insérer le passage en question

    Lars n’en revenait pas de sa chance, car son séjour avait vraiment mal commencé:surpris en flagrant délit de voyeurisme, il avait été, en représailles, roulé dans la sève et le goemon. Il avait fait sensation lorqu’il avait du traverser le village dans cette tenue . "
    que dans ce texte il manque tout un passage où Lars s’arrête sur l’estran prend un os de seiche pour dessiner une sirène dans le sable mouillé afin que la musulmane comprenne de quoi il veut parler.
    #183Verfasserrb02 Mai 05, 11:54
    Kommentar
    @bu
    @rb : oui, ce qu'il te faut réparer !

    Was meinst du damit?
    #184Verfasserrb02 Mai 05, 11:55
    Kommentar
    @rb : puis, excplicite le passage (j'ai fait un fichier word, là on peut toujours corriger) ! "oui, ce qu'il te faut réparer !" : afin de ne pas faire l'histoire trop absurde !
    #185Verfasserbu02 Mai 05, 12:05
    Kommentar
    Ich verstehe es immer noch nicht tut mir leid.
    #186Verfasserrb02 Mai 05, 12:07
    Kommentar
    maintenant je crois avoir compris, non l'effet de surprise vient de l'inattendu.
    #187Verfasserrb02 Mai 05, 13:02
    Kommentar
    "En s’inventant les deux frères vengeurs, le Panda espérait se soustraire aux avances intempestives de Lars. Mais en vain , car celui ci remarquait bien que le Panda qui hochait maintenant la tête n’avait rien compris. Il lui fit signe de le suivre vers la mer. "
    Ici le passage manquant:
    Il s’arrêta sur l’estran prit un os de seiche en guise de crayon et dessina sur le salbe mouillé une Sirène aux cheveux longs et à la poitrine imposante
    - Oh une Sirène ! dit le Panda . Quoi une Sirène, pensa-t-il Mme Copa Cabana une Sirène!
    Àu même moment une grosse vague ramena le mannequin déguisé en Erronais sur le rivage.
    - Rapporte moi cela dit le Panda, d’une voix à faire bouillir le sang d’un eunuque et il montra le mannequin
    Lars Rüdiger, heureux de rendre service à son inconnue à la beauté délicatement voilée s'executa.
    - Le Panda fit signe à Lars Rüdiger de le suivre, car il voulait l’emmener au commissariat

    - Viens suis moi dit –il . Cette Sirène changeait tout il fallait en apprendre davantage.

    Lars Rüdiger trottina, tout joyeux, derrière la musulmane, en portant le mannequin d’Erronais sous le bras"
    Fin du passage manquant. et suite

    ... Lars n’en revenait pas de sa chance, car son séjour avait vraiment mal commencé:surpris en flagrant délit de voyeurisme, il avait été, en représailles, roulé dans la sève et le goemon.
    #188Verfasserrb03 Mai 05, 07:41
    Kommentar
    @rb : c'est beaucoup plus compréhensible comme ça ! je suis en train de couver l'avance pour la faire se développer...
    #189Verfasserbu03 Mai 05, 08:45
    Kommentar
    "je suis en train de couver l'avance pour la faire se développer... "

    bu
    C'est cela couvre bien ma cocotte !! une inspiration telle que la tienne c'est comme une maladie, ça demande un temps d'incubation:))
    Mais c'est le genre de maladie qu'on aimerait bien contracter.
    #190Verfasserrb03 Mai 05, 09:03
    Kommentar
    @rb : oui, nous, les moribonds dans l'hôpital littéraire
    #191Verfasserbu03 Mai 05, 09:14
    Kommentar
    non dans le poulailler littéraire puisqu'on dit couve et non couvre
    #192Verfasserrb03 Mai 05, 09:21
    Kommentar
    « Si on lui remettait la médaille ce soir lors du fest-noz » proposa le Pan-da, mais tu crois qu’une Sirène peut se déplacer sur la terre ferme ? Peut-être qu’elle a une complice, souviens toi du mot qui nous a été lancés à travers la fenêtre… »

    « Ou peut-être faudrait-il mieux aller en mer, et tirer derrière nous, Lars-Rüdiger, en ski nautique, ou dans un filet… » proposa Eronnais en ouvrant la porte.

    Didier Eronnais presque tomba dans les pommes en voyant l’ordre minu-tieux, quelle disposition hostile au travail ! Comme si une troupe armée jusqu'aux dents des chiffons et des détergents, d’une réglette et d’un niveau d’eau avait pris d’assaut le commissariat de M Didier Eronnais. La symétrie était frappante, l’harmonie des meubles presque malsaine. Didier eut le mal de mer, il eut envie de gerber dans la corbeille à papier.

    « Didi… » le Panda chuchota, « désolé, je ne pouvais pas l’empêcher, cette pauvre Alice, elle avait l’air si heureux… »

    En ce moment Nolwenn entra et margauda d’une voix pâtissière :

    « Allô ! »

    Après trois secondes d’étonnement, ayant révisé sa voix, elle ajouta :

    « Qu’est-ce qui s’est passé là ? Évidement le qi négatif a été transformé en qi positif, ça amène le bonheur ! »

    « Gerbe de là avec telles explications ! Comme si nous n’avions pas assez à nous en occuper ! Le meurtre, les vaches, l’explosion, le chapardage de l’ombre Allemande et maintenant, c'est encore pire ! »

    Eronnais désespéra.

    « Vous savez combien de temps il me faut afin de restaurer mon bu-reau ? », il demanda furibard.

    « Si on coopère étroitement » Nolwenn dit en souriant, « dans une demi-heure on aura le bordel usuel, allons-y ! »

    Les trois se mirent à déplacer l’ordre chinois…

    #193Verfasserbu04 Mai 05, 14:07
    Kommentar
    Samedi après-midi comme d’habitude : la promenade de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer surpeuplée, les touristes flânaient en attendant quelque chose exceptionnel bien qu’ils sussent que ça ne passerait pas alors que les habitants du village essayaient de tirer profit de l’ennui des vacanciers en leur promettant quelque chose exceptionnel.

    Un homme-sandwich moult contradictoire marchait dans les rues. On y reviendra plus tard !

    Yann-Loic, 15 ans, slalomait à planche à roulettes russes entre les oisifs, son moral avait amélioré depuis deux jours de manière étrange, pour ainsi dire magique. Sa joie de vivre semblait intarissable.

    Ce jour là il était allé à la crêperie de sa grand-mère pour déjeuner gratis et fétichiser Albert Camus à la paroi, avec lequel, comme il sentait, il avait beaucoup en commun. Il avait pris congé de Rozenn et était retourné au jardin public pour y traîner avec ses copains.

    Ceux-ci lui paraissaient très alanguis et faibles. Ils glandaient, sous le nuage de l’ambiance dépressive ils se frappaient, ils bornaient leur intérêt à l’existentialisme, ils faisaient l’élevage des papillons noirs, ils n’aspiraient qu’à mourir. S’ils devenaient actifs ils ne voulaient que discu-ter le sujet central parmi les pubertaires :

    « Était-il, Albert Camus, un philosophe existentialiste ou plutôt un huma-niste sceptique ou bien les deux ? »
    #194Verfasserbu04 Mai 05, 14:07
    Kommentar
    C’était un groupe assez mou. Si tout au plus ils commençaient à bouillon-ner d'énergie, c’était seulement au sujet de Jean-Paul Sartre. Comme ils le détestaient ! D’habitude ils l’invectivaient en lui dédiant des poèmes, par exemple comme suit :

    « Tu ne connais pas vieux Sartre ?
    Ben, j’te décris ce Jean-Paul :
    Il souffre de la dartre,
    Sa peau de la roséole.
    Ses dents sont jaunâtres,
    Ses pensées flageolent.
    Maintenant tu connais Sartre :
    Quelle toquarde bestiole ! »

    Il avait abandonné ses copains et était allé chercher son skate de l’armoire de sa chambre. Il faisait des mois qu’il ne l’avait pas utilisé. Il avait continué au magasin de musique et acheté un compact de Nirvana, comme il avait entendu parler que Kurt Cobain, le chanteur, avait été un existentialiste musical, or plein d’énergie, du moins jusqu’à ses derniers mois suicidaires.

    Quoi qu’il en fût concernant ces considérations trash, Yann-Loic était sou-lagé d’avoir distancé cette bande armée du spleen, il ressentait une liberté inconnue.
    #195Verfasserbu04 Mai 05, 14:07
    Kommentar
    Le même soir, la nuit et le lendemain Yann-Loic avait passé en parcourant les alentours, il s’était rendu compte de qu’il frappait les yeux nubiles, qu’on lui aimait bien, que le monde offrait beaucoup plus que la mélanco-lie chérie. Quelle vitesse, la vie, quelle joie !

    Il avait fait nuits blanches deux fois et avait bien envie de faire des folies. A nouveau l’occasion était donnée durant la pause café de l’homme-sandwich : il découvrit le sandwich de celui, c’est-à-dire les deux affiches publicitaires. Il sortit son feutre et ajouta quelques mots au slogan sur l’un des deux affiches. Il voulait le répéter sur l’autre, mais un homme lui en empêcha grommelant de qu’il suffisait comme ça.

    Après sa pause l’homme-sandwich cherchait à se faire remarquer en an-nonçant :

    » Le monde, prêtez attention à ma poitrine ! Regardez mon dos, la foule ! »

    Personne ne le donna aucune attention. Mais, ça aurait valu les trente secondes à regarder.

    Sur la poitrine de l’homme-sandwich le PNPC recrutait des jeunes mem-bres mâles, masculins, virils. Une illustration montrant un homme attaché au four devait instruire les illettrés (du moins le PNPC ne surestimait pas la moitié masculine de la population), les lettres énormes explicitaient le message : « Avant que les femmes se comportent en nanas despoti-ques ! »

    Dans le dos le MLB cherchait à mobiliser des femmes engagées. Une pho-to des vaches Pies Lilas assistait à convaincre les femmes de la nécessité d’un mouvement puissant. Là, on ne s’était non plus abstenue de formuler un slogan : « Des droits égaux pour les femmes et les hommes ! (et les vaches) » mais l’indication des vaches avait été écrite par main.
    #196Verfasserbu04 Mai 05, 14:08
    Kommentar
    L’auteur, c’était bien sûr Yann-Loic. Il continuait son slalom, arrivait à la plage où il s’assoyait sur un bloc de roche. Il recommença à se demander quel pouvait être cet état inconnu, cette microgravité de la cogitation. Il se sentait comme un ballon gonflé à l'hélium, planant au-dessus de la mélancolie et l’ennui de la vie quotidienne et banale.

    En revanche, la perte du segment majeur de son cercle d'amis lui laissait orphelin, abandonné. Il fallait prendre une décision : ou la vie éclipsée avec ses camarades ou la vie sereine en cherchant des nouveaux potes. Une voix sombre le réveilla :

    « T’es pensif, mon gars ? Moi aussi, la vie ne sourit pas tous les jours, tu sais ? Je viens d’être confronté avec la réalité venimeuse, avec la perni-ciosité de la vie. Je viens d’entrapercevoir l’enfer, mon gars ! »

    Yann-Loic se tourna, l’homme qui était en train de larmoyer, ne l’avait-il pas empêché de crayonner sur la deuxième affiche ? Celui continua :

    « Mais, il y a un rayon d'espoir ! »

    Il faisait une pause rhétorique afin d’impressionner.

    « C’est les jeunes hommes ! C’est avec satisfaction que je t’ai observé inférioriser le MLB sur l’affiche de l’homme-sandwich. Tu déprécies les femmes, non ? »

    « Moi ? Non, pas du tout ! Pourquoi ? »

    « Pas encore, tu préférais dire ! Tu les connaîtras ! »

    « J’pense que je les connais assez bien à présent ! »

    « Non, tu ne les connais guère ! Elles sont des vaches immodestes et ré-voltées, elles délaissent leur devoir imposé ! »

    « Qu’est-ce que vous voulez ? »
    #197Verfasserbu04 Mai 05, 14:09
    Kommentar
    « Je veux que tu puisses vivre dans un monde bien intact, sans l’épée de Damoclès toujours pendant au-dessus de ta tête et ta bite ! »

    « Écoutez, Monsieur, je ne comprends pas du tout ce que vous voulez dire, et je vous prie de me laisser seul, merci ! »

    L’homme de visage rouge d’exaspération cria :

    « Regarde, gamin, tu te rendras compte de la servitude de laquelle tu ne saurais plus te débarrasser ! Tu te souviendras de moi et ça sera trop tard ! »

    M Raphall ne cessait pas de faire des ravages et comme Yann-Loic voulait finir ses considérations concernant sa vie, il prit son skate et s’en alla.

    « Quel homme bizarroïde ! » pensa-t-il.

    Il cherchait l’homme-sandwich afin de corriger sa contribution publique. Maintenant, ça ne serait pas une babiole réviser son œuvre comme l’honneur professionnel de l’homme-sandwich était intégral. En vertu de la loi Pub du 31 décembre 1992 seulement les descendants de George John Montagu, 6ème Compte de Sandwich, étaient autorisés à travailler comme hommes-sandwichs. Pierre-Jakez Montagu en était l’unique breton : sa situation obligeait, son métier lui faisait fier comme Artaban.

    Yann-Loic entra dans la pharmacie et acheta un médicament diurétique. Celui il ajouta en surdose au thé de l’homme-sandwich qui était dans un bidon. Il s’assoyait et attendait le moment quand Pierre-Jakez devrait se dépêcher. Après 10 minutes on y était, pauvre Pierre-Jakez n’arriva guère à se débarrasser des affiches et courut vers le bistro plus proche. Yann-Loic se leva et essuya la référence aux vaches, contourna les affiches afin de modifier la phrase du PNPC : « Avant que les femmes importent des bananas érotiques ! »

    Il rempocha son feutre et relut l’avertissement du PNPC : « Mieux comme ça ! ». Il avait l’intention d’aller rendre visite à sa chérie in spe Gweuz Gwenanenn qu’il avait rencontrée la veille dans le bar touristique où elle travaillait.
    #198Verfasserbu04 Mai 05, 14:09
    Kommentar
    On avait décidé d’honorer Lars-Rüdiger en vertu de son courage. M Panda allait le communiquer à Lars-Rüdiger qui avait franchi son high de la coco. L’honneur ne le prenait pas au dépourvu comme il était en train de passer le temps en s’assurant soi-même de son génie :

    Lars-Rüdiger, ignoble capteur, orgueilleux homme de lettres, cabotin van-tard et intellectuel douteux était en train de parader au paradis de la plage : quel dommage moral pour la foule désintéressée par ce zigoto brut ! Le livre qu’il promenait avait été agglutiné par soi-même, quel tra-vail bâclé ! Son nom - Lars-Rüdiger Schnepfinger - n'était-il pas semblable auxquels qu’il avait mémorisés une soirée sans télé après ne pas avoir été en mesure de payer la taxe de télévision. Il itérait la liste :

    Anatole France (Froschfresser)
    Henri Bergson (Weinbergschneckenzüchter)
    Thomas Mann (Junkie)
    Thomas Stearns Eliot (ah, Cats !)
    Albert Camus (Schnappsnase)
    Jean-Paul Sartre (ehrenloser Packesel)

    M Panda avait de la peine à se faire remarquer au lauréat du prix Nobel en herbe. Il regarda le livre minable, son titre était « Roman Policier Bre-ton ».

    « Un roman français, comme est-ce qu’on note une histoire chantée ? Peut-être il l’a écrite sur feuillets de musique ? », M Panda s’étonnait de ce mec Allemand, « mais ensuite ça serait une opéra ou une chanson… »
    #199Verfasserbu04 Mai 05, 14:09
    Kommentar
    « Lars-Rüdiger ! » il l’appela « Lars-Rüdiger ! »

    « Womit kann ich Ihnen dienen ? » celui demandait bénin.

    » Merde, la langue ! »

    M Panda mima l’incident de la plage, comme Lars-Rüdiger l’avait sauvé la vie et essaya de lui expliquer qu’il en était très reconnaissant. Dans le sable il traça une horloge qui montra huit heures et un croquis du village et de la place de Barzaz Breiz où la remise du prix aurait lieu. Lars-Rüdiger avait l’air de ne pas comprendre, et afin de pallier ça M Panda ramassa un peu du fucus et fit une couronne et la donna à Lars-Rüdiger.

    Un sourire décorait son visage :

    « Ahh, Sie wollen mein literarisches Genie ehren ! Ich hätte Ihnen nie zugetraut, wahre Literatur erkennen zu können, als Hilfspolizistpanda! »

    M Panda ne comprenait rien. Ça lui était égal, Lars-Rüdiger avait compris qu’il serait attendu à huit heures, le reste n’importait guère…


    Il revenait au commissariat où ils voulaient préparer la remise postiche du prix. Didier était là, seul car Nolwenn s’était retirée.

    « Salut, Didi ! Je viens de rencontrer la petite vieille au visage de pomme ridée, elle est toujours près de toi ! »

    Eronnais ne répondit pas, il fumait de colère :

    « Maintenant, mon ami, dis-moi ce qui s’est passé avec Alice ! »

    « Je suis désolé, Didi, elle pleurait comme une Madeleine, comme les Chutes du Niagara ! Tu aurais dû la voir : Le déluge biblique était une petite douche en comparaison, l’Amazone est une rivière microsco…»

    « Ta gueule ! »

    Eronnais endiablait, il courut vers M Panda qui - à son tour - se réfugiait derrière le percolateur. Il ne s’attendait qu’à quelques coups de son chef, mais M Panda, comme tous les ours panda, était pacifiste et croyait à la puissance des paroles.
    #200Verfasserbu04 Mai 05, 14:10
    Kommentar
    « Didier, chef ! Écoute ! C’est pas si grave, non ? On a déjà fait… on peut discuter… »

    M Panda ne pouvait plus parler comme Eronnais l’avait déjà colleté.

    « Une rixe au poste policier, Didi, arrête ! Attend ! Si la presse en a vent, ça serait très pénible ! »

    « La presse : quand on en a besoin, elle arrive ! », exulta Nolwenn qui se mit à prendre une photo après l’autre.

    Elle riait et s’assit. Elle voulait attendre jusque les deux terminaient la bagarre. Mais ça durait trop longtemps, après cinq minutes elle les sépa-ra :

    « Les gars, écoutez ! C’est pas le moment de se battre, arrê-tez maintenant ! »

    Eronnais et Panda levèrent les yeux, ils avaient honte. M Eronnais se mit à s’expliquer quand la sonnerie vibra.

    Nolwenn alla vers la porte et l’ouvra.

    Un courrier demanda : « M le policier Didier Eronnais ? »

    « Non, attendez ! Dididoudinais, un courrier ! »

    Eronnais joignit Nolwenn.

    « M le policier Didier Eronnais ? »

    « Oui, c’est moi ! »

    « J’ai un envoi pour vous, Monsieur, veuillez signer s.v.p. ? »

    « E-ron-nais, voilà ! » Didier signa.
    #201Verfasserbu04 Mai 05, 14:10
    Kommentar
    « Voilà l’envoi, bonne journée! »

    Le courrier se reporta vers son travail. Eronnais posa la boîte en fer-blanc et l’enveloppe sur la table. M Panda vint, Eronnais ouvrit l’enveloppe, il fit la lecture :

    « Voilà ce qui se passe si on ne m’obéit… »

    « Aiiihh ! » M Panda avait ouvert la boîte durant la lecture. Dans celle il y avait une main noire, bizarrement elle était transparente. Elle commença à bouger à la longue.

    « Regardez, une main coupée ! »

    Les trois regardaient dans la boîte, la dégueulasse s’associa, et mainte-nant c’était M Panda qui devait débagouler dans la corbeille à papier qui avait eu de la chance avec Eronnais il n’y avait que des heures.

    « Incroyable, c’est quoi, ça ? » Nolwenn voulait savoir.

    « Je continue : Voilà ce qui se passe si on ne m’obéit pas : la main d’ombre est l’avant-garde. Je vais avancer avec l’avant-bras et ainsi de suite, sans scrupule ! Encore une fois : si vous ne faites pas ce que je revendique, mon otage d’ombre sera charcuté ! »

    Eronnais laissait tomber la lettre par terre. Il exclama à haute voix :

    « Ô injustes ciels ! Nous sommes extorqués de quelqu’un et nous avons aucune idée ce qu’il nous faut faire, quelle mistoufle ! »

    M Panda s’étant rétabli douta la professionnalité de l’expéditeur :

    « C’est assez gaga de menacer sans déclarer le but de l’intimidation ! On ne peut pas savoir réagir à ça ! »

    « Regardez là ! » Nolwenn dit doucement.
    #202Verfasserbu04 Mai 05, 14:11
    Kommentar
    Au-dessous de la porte un bout de papier bougea vers l’intérieur du com-missariat, Nolwenn le releva et lut :

    « Désolée (la deuxième e rayée), oublié d’articuler mon exigence : débus-quez les teutons, rapide ! »

    « Ah, ben, de la germanophobie ! C’est à titre indicatif ! »

    « C’est la Sirène ! C’est la Sirène ! » M Panda exulta, « On va la… »

    Il détala en expliquant qu’un billet ne pouvait pas bouger lui-même.

    Les rues désertes, il ne rencontrait personne, il faisait chaud, les gens passaient le temps à la plage venteuse ou dans leur maisons ombreuses.

    Il revint bredouille. En attendant la main était allé chercher un stylo et une fiche et avait commencé à écrire.

    Nolwenn et Eronnais s’étaient distancés en observant l’apparition du fan-tôme. La main d’ombre arrêta. M Panda prit la fiche et tâcha de lire le message.

    « Quel gribouillage ! C’est absolument impossible à décoder ! »

    La main d’ombre saisit le stylo et écrivit :

    « Entschuldigen Sie bitte meine Sauschrift, ich gehörte einem Rechtshän-der, bin aber eine linke Hand, ich werde mir Mühe geben, leserlich zu schreiben ! »

    « C’est Allemand ! » remarqua Nolwenn.
    #203Verfasserbu04 Mai 05, 14:11
    Kommentar
    « Donc c’est la main d’ombre de Lars-Rüdiger, par conséquent c’est la Sirène qui nous rackette ! », conclut M Panda.

    « Ou quelqu’un a achetée la main « second hand » ! », Nolwenn interje-ta.

    La main d’ombre fit un doigt à Nolwenn.

    « Va-t’en ! » Nolwenn répliqua.

    « Ne t’énerve pas, c’est l’humour tudesque ! » Eronnais expliqua et s’adressa à la main d’ombre :

    « Koennen si mir saguenn, wehr si abguetrent at ? Wahr es ein Sirèn, meine ein Mehrjunfrau ? »

    « Nein, entschuldigen Sie! Jedesmal wenn ich in absolute Dunkelheit komme, werde ich neu formatiert. Meine Grundfähigkeiten gehen dabei nicht verloren, aber meine Erinnerungen schon. Ich kann Ihnen leider keine Auskunft über den Täter geben ! Aber ich bin mir sicher, dass es keine Meerjungfrau gewesen sein kann, denn im Wasser hätte ich mich aufgelöst, als Schattenhand bin ich allergisch auf Wasser ! »

    La main d’ombre nota.
    #204Verfasserbu04 Mai 05, 14:12
    Kommentar
    « Bien, que concluons-nous ? Selon toute vraisemblance c’était pas la Sirène, en outre la lettre est exempte d'erreur et ne termine pas par le nom « Copa Cabana » ! C’est pas le même auteur qu’auparavant ! »

    Eronnais avait l’air shérif, il éprouva son génie criminalistique, ignorant que sa conclusion rendait le cas encore plus compliqué. Il sortit les deux billets qu’il avait reçus de policiers Allemands Heil et Fasten, racla la coco et fit deux lignes dont il offrit une à M Panda en disant :

    « On a bien mérité ça ! »

    « Et moi ? » protesta Nolwenn, « Si vous ne savez pas vous en abstenir, je n’ai pas envie de le faire non plus, donne-moi, Dididoudinais ! »

    « Volontiers, ma chère ! »

    Il savait bien qu’une fois cocaïnée elle ne voudrait plus se priver de la poudre, et ça, ça délesterait sa vie énormément…
    #205Verfasserbu04 Mai 05, 14:12
    Kommentar
    « Peut-être c’est des nationalistes » gambergea Nolwenn, « ça serait très raisonnable vu l’indication d’Atao Breizh ! »

    « On connaît ça, c’est vrai ! Bien que je comprenne ces gens qui n’aiment pas ces têtes teutonnes, je ne peux pas comprendre comment outrepas-ser les limites morales, non, M Panda ? »

    M Panda ne s’occupait plus de la discussion, il était en train de gagner le bras de fer contre la main d’ombre.
    #206Verfasserbu04 Mai 05, 14:34
    Kommentar
    @rb : de retour vendredi (dès aujourd'hui je serai là tous les jours sauf le week-end)...
    #207Verfasserbu04 Mai 05, 14:47
    Kommentar
    @bu
    je me suis vraiment bien marrée. Dis donc tu ne me rends pas la tâche facile , avec ton " débus-quez les teutons, rapide ", c'est vraiment embarrassant pour moi.
    #208Verfasserrb04 Mai 05, 15:21
    Kommentar
    @bu
    sous ta plume cela passe pour de l'autodérision
    #209Verfasserrb04 Mai 05, 16:05
    Kommentar
    @rb : si ça t'embarrasse, ignore ! il ne te faut pas réagir par paliers, tu peux le laisser à moi. Et en outre, je suis sûr que tu trouveras une solution charmante, pas d'problème pour toi... déjà impatient,
    #210Verfasserbu06 Mai 05, 08:56
    Kommentar
    @bu, rb: j'ai rattrapé mon retard de lecture ... et avoue d'avoir maintenant du mal à suivre l'histoire. Il y a beaucoup de personnages et d'histoires imbriquées. Je m'accroche cependant et attends avec impatience le dénouement ...
    #211Verfasserétiennette06 Mai 05, 14:44
    Kommentar
    @bu, étiennette
    Ich habe noch nichts geschrieben. mea culpa.
    #212Verfasserrb09 Mai 05, 08:10
    Kommentar
    @étienette :

    Les personnages

    Didier Eronnais :Policier de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer
    M Panda :son adjoint
    Alice Noiraud :Mme la Présidente du MLB, Mouvement de Libération des Bretonnes
    Bara Gouine :son adjointe
    Gueaude-Michel Raphall :M le Président du PNPC, Parti National des Phallocrats
    Nolwenn Le Coz-Pensec :reporter à l’Ouest-Èclair
    Lars-Rüdiger :touriste allemand
    Les profs des belles lettres :les contras
    Rozenn Kermarec :femme de la crêperie
    Yann-Loic :son neveu
    Gweuz Gwenanenn :une amie de Yann-Loic
    Petite vieille au visage de pomme ridée :une femme suspecte
    Edern Keramanac'h :Maire
    Yann-Ber Kerosen :son Adjoint 1
    Gwyon Kerinvel :son Adjoint 2
    Des vaches Pies Lilas :Symbole de la Bretagne et des femmes libérées
    Une sirène :voleuse de l’ombre de Lars-Rüdiger ?
    Flics allemands, Heil & Fasten:touristes
    XXX :La patronne de l’Hôtel „l’Herminette“
    #213Verfasserbu09 Mai 05, 08:15
    Kommentar
    @rb : mais tu veux continuer, non ? Pas de stress ! (j'ai une jolie idée concernant la germanophobie..., si celle te dégoûte)
    #214Verfasserbu09 Mai 05, 08:18
    Kommentar
    mais tu veux continuer, non ?

    oui oui bien sûr, mais je n'ai pas eu le loisir d'y réfléchir encore moins d'écrire, en plus j'ai un rhume carabiné, mais je m'y attelle. Toutefois j'ai quand mêmeun peu honte .
    #215Verfasserrb09 Mai 05, 08:26
    Kommentar
    Yann-Loic est le petit-fils de Rozenn Kermarec
    #216Verfasserrb09 Mai 05, 08:31
    Kommentar
    George John Montagu, 6ème Comte de Sandwich : Homme Sandwich
    #217Verfasserrb09 Mai 05, 08:35
    Kommentar
    @rb : ooops, i did it again ! Neffe und Enkel verwechsle ich immer im dt., dann ist's ja logo, wenn auch die Übersetzung falsch ist.
    #218Verfasserbu09 Mai 05, 08:45
    Kommentar
    @rb : qu'est-ce que tu veux concernant la germanophobie ? et: Pierre-Jakez Montagu est l'Homme-sandwich, le compte est son ancêtre...
    #219Verfasserbu09 Mai 05, 08:48
    Kommentar
    Merci beaucoup pour la liste des protagonistes. J'y vois plus claire.
    #220Verfasserétiennette09 Mai 05, 08:49
    Kommentar
    qu'est-ce que tu veux concernant la germanophobie

    aucune idée, tu me vends la tienne?:

    Pierre-Jakez Montagu est l'Homme-sandwich, le compte est son ancêtre

    Pierre-Jakez comme Pierre-Jakez Helias,

    #221Verfasserrb09 Mai 05, 08:57
    Kommentar
    @rb : à propos vendre une idée, c'est pas nécéssaire. ou tu le fais avec ton humeur et ton charme habituel ou tu le laisses à moi, le fest-noz et beaucoup plus sont à disposition (ich finde es wunderbar, dass wir in der Regel keine Abmachungen treffen, wie's weitergeht). Mais, j'aimerais savoir (sans hâte) si la germanophobie sera la mienne...
    #222Verfasserbu09 Mai 05, 09:17
    Kommentar
    ich finde es wunderbar, dass wir in der Regel keine Abmachungen treffen, wie's weitergeht

    Ja ich finde uns einfach wunderbar


    Mais, j'aimerais savoir (sans hâte) si la germanophobie sera la mienne...
    bu

    oui oui, puisque c'est ta spécialité:))
    #223Verfasserrb09 Mai 05, 09:33
    Kommentar
    @rb : "Ja ich finde uns einfach wunderbar", ton ironie !
    #224Verfasserbu09 Mai 05, 09:43
    Kommentar
    :" "Ja ich finde uns einfach wunderbar", ton ironie ! "

    Da hast du recht eigentlich sollte es heissen:" ich finde mich wunderbar":)
    #225Verfasserrb09 Mai 05, 09:57
    Kommentar
    @rb : aber du übernimmst dennoch den nächsten Part, gell!
    #226Verfasserbu09 Mai 05, 10:23
    Kommentar
    @bu
    "den nächsten Part"

    vi vi promis
    #227Verfasserrb09 Mai 05, 10:52
    Kommentar
    Lars Rüdiger, tout en marchant le long de la promenade, préparait mentalement son discours pour la remise de prix. Il se voyait portant une couronne de lauriers sur la tête qui évoquerait celle que Jules César avait portée avant lui.
    - Quel malheureux, ce Jules César ! Après tout il n’a pas eu la chance de faire ma connaissance.
    Du haut de son piédestal, Lars se laisserait applaudir par une foule en délire. (C’est fou comme les foules ont tendance à délirer). Il avait vu des affiches annonçant le fest-noz et il en était tout ému, car il pensait tout simplement que ces festivités auraient spécialement lieu en son honneur.
    - Le langage est la demeure de l’Être, les penseurs et les poètes sont les gardiens de cette maison, marmonna-t-il en reprenant mot pour mot Heidegger. Cet emprunt ne le gênait pas, mais comme il visait malgré tout l’originalité, il omettait soigneusement de citer ses sources. De toute façon c’était la seule chose qu’il connaissait d’Heidegger et sans nul doute le public en connaîtrait encore moins. „Pour briller table sur l’ignorance de tes victimes „telle était sa devise . Il suffisait se donner une prestance intimidante et nul n’osait remettre votre autorité en question.
    Il continua:
    - Et l’allemand est la langue de l‘ Être, donc en tant qu’Allemand penseur-poète, je suis trois fois plus que le commun des mortels. Il sourit satisfait:
    - Ce sera un bon commencement pour mon discours, de démontrer d’emblée ma triple supériorité dit-il

    Il décida de s’arrêter à la terrasse d’un café.

    #228Verfasserrb10 Mai 05, 10:55
    Kommentar
    Il décida de s’arrêter à la terrasse d’un café. Il heurta un tout jeune homme qui voulait s’asseoir à la même table que lui. C’était la seule table de libre, aussi Lars Rüdiger fit signe au jeune homme de s’asseoir à cette table qu’ils se partageraient. L’adolescent n’était autre que Yann-Loïc, qui voulait voir Gweuz Gwenannen, l’élue de son coeur et de ses hormones. Celle ci n’avait pas bonne réputation et on disait que l’expression „courir la gueuse“ devrait en fait s’écrire „courir la Gweuz (Gweuz=lèvre) „ tant elle semblait avoir été spécialement inventée pour elle. Toutefois cette mauvaise réputation ne dérangeait pas Yann-Loïc qui n’écoutait pas les ragots et avait de toute façon les idées larges: un axiome stendhalien n’affirmait-il pas que „la proximité de la mer exclut la petitesse“? En plus il était plutôt partageur. Non, là n’était pas le problème,, il se demandait surtout comme attirer l’attention de Gégé (ainsi l’avait-il surnommée) sur lui. Le mieux serait de la sauver, décida-t-il, les chevaliers sauvaient toujours la princesse en détresse. – Si seulement elle pouvait être en danger, soupira-t-il.

    #229Verfasserrb10 Mai 05, 12:41
    Kommentar
    Gweuze arriva un plateau vide à la main et demanda

    - Que voulez vous boire?
    - Une grenadine dit Yann-Loïc en souriant béatement à Gweuze. Puis pris d’une subite inspiration d’amoureux il leva brusquement le bras et fit tomber le plateau que Gweuze portait à la main..
    - Excusez moi dit-il
    Gweuze se pencha pour ramasser le plateau, Yann-Loïc en profita pour s’emparer par surprise de la main de Lars Rüdiger , il laissa retomber cette main lourdement sur le postérieur de Gweuze. Celle-ci sursauta en poussant un petit cri, elle se redressa et vit la main de Lars. Aussitôt, Yann-Loïc se rua sur Lars en disant „Enlève tres grosses pattes du cul de la demoiselle“ Lars très choqué retira vivement sa main. Il pensa, „ Ils sont fous ces St Plougtrifouilskellins“. Découragé par tant de mauvaise fois il préféra s'éloigner. Tout le monde sur la terrasse le suivit du regard, la mine dégoûtée.

    -Ah si seulement ils savaient quel génie ils ont en face d’euxx, il en feraient une autre tête, pensa Lars.
    Gweuze sourit à Yann-Loïc
    - Merci, tu es un vrai gentleman, tu t’appelles comment?
    - Yann-Loïc
    - Tu es gentil, Yann, as tu envie de venir avec moi au fest-noz demanda Gweuze Gwenannen, en souriatn
    Oui, dit Yann-Loïc . Il jubilait.
    #230Verfasserrb10 Mai 05, 12:42
    Kommentar
    Au commissariat:
    Erronais avait du mal à ne pas succomber aux avances de Nolwenn, qui, sous l’influence de la corinne devenait câline, mais la présence du Panda aurait dû tenir la chandelle le fit tenir bon.
    - Je dois discuter des modalités de la remise de médaille à Lars Rüdiger prétexta-t-il. Nolwenn haussa les épaules et décida de dépenser son énergie superflue dans la rédaction d’un article .
    La main d’ombre, remarquant que personne ne l’observait , en profita pour s’échapper par la fenêtre. Elle était bien contente de ne plus être attachée à une ombre et savourait sa nouvelle autonomie. Elle se glissait le long des murs, exultant. Elle aurait pu jouer sans difficulté le concerto pour la main gauche de Ravel, mais elle avait plutôt envie de jouer des mauvais tours que de la musique.

    - Donc le maire donne la médaille du mérite à Lars Rüdiger pour son courage exceptionnel, pour avoir au péril de sa vie sauver celle de M. Panda.. Il serre Lars Rüdiger dans ses bras, lui épingle la médaille et Nolwenn fait la photo. Pendant ce temps, le Panda déguisé en breton à chapeau rond danse la gavotte et observe les lieux pour repérer la meurtrièrer, et moi.. dit Erronais.
    #231Verfasserrb12 Mai 05, 12:51
    Kommentar
    Il farfouillait dans divers tiroirs , cherchant un bloc notes
    -Quelle conne cette Noiraud avec son Feng Shui ! pesta-t-il
    - Feng, le vent, Shui, l’eau dit Nolwenn rêveusement.
    - Peut-être, mais en attendant je ne retrouve pas mon bloc-notes die Erronais furieux et il donna, pour calmer sa rage un coup de pied dans la corbeille à papier qui valsa dans la pièce en répendant sur le sol les vomissures qu’elle contenait.
    -Beurk ça pue se plaignit Nolwenn,

    - Tu va nous nettoyer cela dit Erronais au Panda
    - C’est pas juste, j’appartiens à une espèce protégée en voie de disparition, je suis syndiqué au WWF, ils vont te traîner devant les prud’hommes si tu continues comme cela

    - C’est bon , c’est bon , je le fais moi-même, dit Erronais. Et armé d’un seau d’eau et d’une éponge, il s’attela à cette tâche ingrate.
    #232Verfasserrb12 Mai 05, 12:52
    Kommentar

    Il avait tout juste fini quand le téléphone sonna. Nolwenn décrocha
    - C’est pour toi, Dididoudinais dit Nolwenn
    - Bonjour M. Erronais, je suis le directeur du Centre d’autopsie Death Care. Je téléphone pour vous annoncer une bien mauvaise nouvelle. ..
    - Allez-y dit Erronais
    - Le cadavre que vous nous avez livré mercredi a malheureusement disparu
    - Couahhh? coassa Erronais
    - Oui, répondit le directeur d’une voix calme. Nous avions entreposé le cadavre dans une de nos chambres froides high tech, nec plus ultra au sous-sol, en compagnie d’autres cadavres de très bonne qualité. Et tout à l’heure, comme nous voulions loger un nouvel arrivant, nous avons remarqué la disparition de votre cadavre nommé „Meurtre de femme à St Plougtrifouillsekll-les-Goellans-sur- Mer.

    - C’est le seul qui manque? Y-a –t-il des traces d’effraction?

    - Ouinon, répondit l’employé.

    - Quoi c’est oui ou c’est non bon sang de bon sang cria Erronais

    - Oui pour la première question, non pour la deuxième

    - Incapable hurla Erronais, qui écumait de rage et avait du mal à garder son sang froid face à cet interlocuteur imperturbable. Il raccrocha en fulminant.
    Nolwenn et le Panda regardaient Erronais médusé

    - Mais qui peut donc enlever ce cadavre ?

    C’est peut-être quelqu’un qui veut faire danser les cadavres qu’il a dans sa cave dit le Panda
    Didi le regarda d‘ un ari furibond.
    - C’est pas le moment de rigoler.
    #233Verfasserrb12 Mai 05, 12:54
    Kommentar
    - Non cela me paraît trop macabre, cette histoire de cadavre volé, enfin on ne prend pas de tels risques pour une si sinistre mascarade ! dit Nolwenn. Elle se tut, réfléchit
    - Et si le cadavre avait été volé pour être plastiné?
    - Hein ???? dit Didi
    - .La plastination est une méthode pour préparer et conserver les cadavres. Cette méthode a été mise au point par un anatomiste allemand Gunther von Hagens. D’ailleurs, lui même ressemble à un fantôme. Il organise des expositions itinérantes avec ces corps plastinés, où l’on voit les muscles, les organes , ça lui rapporte un argent fou.
    - Arrête ou je vais devoir gerber dit le Panda
    - Tiens à propos il n’a pas encore plastiné de panda, dit Nolwenn,
    - Mais alors tu veux dire que Gunther von Hagens est venu ici pour voler un cadavre? demanda Didi, incrédule
    - Non, lui il se fournit en Chine où il a ses ateliers . Mais il se peut qu’il ait fait des émules. Par exemple, il pourrait très bien s’agir d’un apprenti-plastineur, en manque d’outils de travail.
    - Tu parles d’une vocation, „plastineur“ , dit Didi en faisant une grimace de dégoût.
    - Pourquoi pas , ce serait des nouvelles oeuvres d’art, non plus des représentations de l’humain et des facultés humaines, mais l’humain fournira la matière première et essentielle.
    - C’est vraiment décadent
    - Dé- cadent veut dire hors de la cadence, en fait c’est bien dans la marche du temps ...
    #234Verfasserrb18 Mai 05, 12:31
    Kommentar
    Ils entendirent quelqu’un chanter dehors, ils se penchèrent à la fenêtre
    - À la faible humanité reliée par le langage comme jadis les boeufs par le joug, Mais combien ce lien est incertain, fragile vacille déliquescent..
    - Eh bien dit le Panda c’est lui notre Lars préfére qui prétend avoir vu une Sirène?
    - Quoi fit Nolwenn intéréssée? Une Sirène vraiment ?
    - Mais non, le Panda veut dire que Lars Rüdiger a succombé aux chants des Sirènes sophistiques et qu’il en est complètement obnubilé dit Didi rapidement.
    Déjà les pensées de Nolwenn avaient continué leur voyage dans les méandres de son cerveau.
    - Il est grand temps que j’aille au marché, il va fermer et on n’a pas encore déjeuné,

    Quand Nolwenn fut partie, Didi dit au Panda
    - Et si c’était la sirène qui avait récupéré le cadavre?

    Il vit la petite vieille au visage de pomme ridée passer en voiture. Elle avait gardé sa haute coiffe de bigouden, et elle était obligée de laisser sa vitre ouverte pour la laisser dépasser par la portière, car le toit de la voiture n’était pas assez haut
    - tu as vu, cria Didi excité, même en conduisant, elle ne se sépare pas de sa coiffe, c’est pas normal de conduire comme cela elle va attraper le torticolis. Que peut-elle bien cacher en-dessous?
    - Bah attendons après le déjeuner dit le Panda, qui craignait qu’Erronais retombe dans ces amours anciens pour les anciennes.
    #235Verfasserrb18 Mai 05, 12:33
    Kommentar
    Ils entendirent quelqu’un chanter dehors, ils se penchèrent à la fenêtre
    - À la faible humanité reliée par le langage comme jadis les boeufs par le joug, Mais combien ce lien est incertain, fragile vacillant déliquescent..
    - Eh bien dit le Panda c’est lui notre Lars préfére qui prétend avoir vu une Sirène?
    - Quoi fit Nolwenn intéréssée? Une Sirène vraiment ?
    - Mais non, le Panda veut dire que Lars Rüdiger a succombé aux chants des Sirènes sophistiques et qu’il en est complètement obnubilé dit Didi rapidement.
    Déjà les pensées de Nolwenn avaient continué leur voyage dans les méandres de son cerveau.
    - Il est grand temps que j’aille au marché, il va fermer et on n’a pas encore déjeuné,

    Quand Nolwenn fut partie, Didi dit au Panda
    - Et si c’était la sirène qui avait récupéré le cadavre?

    Il vit la petite vieille au visage de pomme ridée passer en voiture. Elle avait gardé sa haute coiffe de bigouden, et elle était obligée de laisser sa vitre ouverte pour la laisser dépasser par la portière, car le toit de la voiture n’était pas assez haut
    - tu as vu, cria Didi excité, même en conduisant, elle ne se sépare pas de sa coiffe, c’est pas normal de conduire comme cela elle va attraper le torticolis. Que peut-elle bien cacher en-dessous?
    - Bah attendons après le déjeuner dit le Panda, qui craignait qu’Erronais retombe dans ces amours anciens pour les anciennes.
    #236Verfasserrb18 Mai 05, 12:34
    Kommentar
    Bara Gouine parcourait le marché pour vendre la revue „Nana“ et elle distribuait de petits bouquets de pois papillon qu’on appelle aussi „pois bleus“ aux passantes. Elle prenait grand soin de préciser le nom latin de cette fleur;.Clitoria Ternatea.
    Geaude-Michel Raphall, quant à lui, arpentait le marché en vendant de petits morceaux des deux anciennes sculptures embématiques du PNPC. Il espérait ainsi réunir des fonds pour acheter de nouveaux menhirs.
    Dans un tournant , il ne put éviter Bara Gouine: ils tombèrent littéralement nez-à-nez-
    Elle l’apostropha
    - vous vendez les vestiges de votre oeuvre oppressive morceau par morceau, tout comme on l’a fait en son temps pour le mur de Berlin? Remarquez, c’était aussi un symbole de la tyrannie. Je vois avec plaisir que vous avez capté l’analogie.
    - oh, vous, occupez vous plutôt de vos vaches, elle deviennent violettes de jalousie à ce que j’ai entendu dire, dit Geaude-Michel Raphall, il prit sa respiration et ajouta. Comment osez vous bafouer les valeurs traditionnelles , naturelles, sempiternelles, étern- il dut s’interrompre, ayant épuisé son stock d’ailes pour une même phrase., il toussota, ces valeurs donc que je défends.? C’est un combel vous vous moquez des forces telluriques !! Mes sculptures c’était du tellurisme appliqué, c’était ma chair qui s’est faite pierre, de la chair pétrifiée, du pygmalion en sens inverse. Maintenant ce sont les débris de mon coeur brisé que je suis obligé de vendre.
    - Allen, ne devenez pas sentimental, voyons un grand phallo comme vous!! Je vais vous offrir un beau bouquet de mes pois papillon que l’on nomme aussi clitorie de ternate, admirez en au passage la délicatesse. Admirez-en la couleur , la texture.
    #237Verfasserrb18 Mai 05, 12:35
    Kommentar
    - - Pff, par contre dans la tête ce n’est pas un pois papillon que vous avez mais un pois chiche, un tout petit, s’emporta Raphall.
    - Et vous vos paroles entretiennent le même rapport avec votre cerveau que celui qu’entretient l’urine avec les reins, répliqua Bara Gouine.

    Nolwenn passa à leur hauteur, mais ne s’arrêta pas, car elle était pressée, elle se rendit directement à la halle au poisson. Elle laissa de côté les stands de crustacés où des homards agitaient tristement leurs pattes, les pinces attachés par un élastique pour les empêcher de pincer. Dididounais tu vas vivre d’amour et de coquillages, pensa-t-elle, et elle acheta quelques kilos de moules. On va faire des moules en éclade à la crique de la Cornue . Il me faut encore des aiguilles de pin.

    #238Verfasserrb18 Mai 05, 12:36
    Kommentar
    Une fois qu’elle eut acheté les aiguilles de pin, elle dut repasser par le marché. La prise de bec entre Geaude-Michel Raphall et Bara Gouine avait attiré quelques badauds, réjouis par cette algarade impromptue, qui leur apportait une diversion bienvenue.
    - - Bientôt, les femmes qui peuvent déjà se repoduire par insémination artificielle, se reproduiront par parthénogénèse et vous serez tous superflus dit Bara Gouine à Geaude-Michell Raphall. L’humanité se confondra enfin avec sa meilleure moitié! Alors que vous, vous aurez encore besoin du corps des femmes pour vous reproduire, même par clonage.
    - Ce n’est qu’une question de temps pour que l’on puisse s’en passer dit Geaude-Michell Raphall écarlate.

    Les badauds se marraient applaudissaient avec malice pour encourager les combattants.

    Ils sont fous à lier ces deux là pensa Nolwenn qui se promit de raconter cela à Didi pour le divertir. C’est dingue ce que les gens inventent pour ne pas s’emmerder ici-bas. Elle repensa chemin faisant à l’altercation et eut une idée...
    #239Verfasserrb19 Mai 05, 12:48
    Kommentar
    Déjà elle arrivait au commissariat, et ils partirent tous les trois en voiture pour la crique de la Cornue. Ils se garèrent sur la falaise et durent suivre un sentier sinueux et très escarpé pour accéder à la crique. Ils furent récompensés de leurs efforts, par la solitude. Ils écoutèrent un instant les roulis des vagues et contemplèrent la mer en silence: c’était de l’infini mouvant à la portée des yeux. Puis Nolwenn sortit d’un sac une grande plaque d’ardoise qu’elle avait mise depuis le matin à tremper dans l’eau, disposa soigneusement les moules sur la tranche en commençant par le milieu et les recouvrit d’une couche épaisse d’aiguilles de pin . Elle alluma le tout dans un endroit protégé du vent, invisible qui soufflait.

    Ils mangèrent les moules avec de la baguette beurrée de la salade et des fruits. Le Panda se dit in petto que la petite vieille au visage de pomme ridée, en ce moment même, mijotait sûrement quelque bon petit plat.
    Nolwenn raconta l’altercation entre Raphall et Gouine dont elle avait été le témoin. Didi rit aux larmes.
    #240Verfasserrb19 Mai 05, 12:50
    Kommentar
    - Tu sais cela m’a fait penser aux clichés de la victime, je les ai vus en t’aidant à refoutre un peu de bordel dans ton bureau après le passage de la tornade féministe, fengshuiste et fondamentaliste, Alice Noiraud.
    - Quel rapport? demanda Didi
    - En voyant Raphoall monter sur ses ergots, bomber son jabot, bref „coquetiser“ comme un malade, et en entendant Gouine caqueter comme une poule surexcitée je n’ai pu m’empêcher de penser au Yin-Yang, ces deux principes cosmiques et complémentaires . Tu sais je pratique le tai-chi, je m’y connais un peu.
    - Et alors ? demanda Didi, d’une voix inquiete : depuis sa mésaventure avec le Feng-Shui, toute allusion à la pensée asiatique le rendait nerveux.
    - Et bien tu as écrit dans ton rapport que sur le corps de la victime, atao breizh était inscrit au rouge à lèvres.
    - Oui
    - En regardant de plus près les clichés, à l’aide d’une loupe on se rend compte que ce que tu as pris pour un „a“ est en fait un simple point d’énumération, d’introduction en quelque sorte. Il est même légèrement estompé mais si on compare au second „a“ on voit la différence. Le second „a“ est dessiné très distinctement .
    - ? demanda Didi du regard
    - Si la meurtrière voulait faire référence à Breizh atao, le groupe indépendantiste, pourquoi aurait-elle écrit atao Breizh?
    - De la même façon que l’on écrit atao feal da viken, par exemple, cela n’a peut-être donc rien à voir avec le mouvement collaborationiste dit Didi, tu sais Nolwenn, le breton est une langue vernaculaire en passe de disparaître, très peu de gens le parlent couramment.

    #241Verfasserrb19 Mai 05, 12:51
    Kommentar
    - D’accord mais laisse moi revenir à mon Yin-Yang, à cause de leur querelle stupide j’ai pensé au tao et par conséquent à l’inscription sur le corps de la victime, cette inscription a plutôt quelque chose à voir avec le tao, tiens pour preuve un des auteurs s’appelle bu. Pour le tao, bu c’est la divination, l’idéogramme ancien représente la carapace d’une tortue, car on se servait de la carapace de tortue comme medium pour la voyance..
    - et rb, cela a une signification pour le tao? interrogea le Panda , qui vu ses origines aurait dû le savoir
    - ben non , avoua Nolwenn.
    - C’est sûr il se passe des choses étranges , Lars Rüdiger par exemple s’est mis soudain à chanter, dit Didi
    - Et bien le chant c’est chang , l’idéogramme ancien représente 3 bouches qui chantent à l’unisson. Je me souviens encore du commentaire:
    - Et elle cita de mémoire
    - „Tu chantes, Ce chant vient-il vraiment de toi?
    - Est-ce le peintre qui tient le pinceau?
    - Tu as une voix, mais cette voix est-ce bien ta voix?
    - Tu chantes et parfois, miracle, un chant retentit, qui ne doit rien à la technique, qui n’a jamais été couché sur une partition.."
    #242Verfasserrb19 Mai 05, 12:53
    Kommentar
    - - ou bien pense à la main d’ombre qui écrit en allemand. Shu c’est l’écriture et l’idéogramme ancien représentait une main tenant un portemine, je me souviens seulement du début du commentaire, Y-a –t-il un système spirituel sans le mot? Les calligraphes spirituels libèrent ce que la vie a gravé en eux. Cele exige une....
    - Mais cette main est aussi une ombre, interrompit Didi
    - L’ombre c’est Ying, sans ombre on ne peut percevoir la lumière, sans lumière il n’y a pas d’ombre, les ombres sont toujours projetées par quelque chose. Pour comprendre l’ombre il faut connaître son origine.
    - Veux-tu devenir un des ces être légendaires et fabuleux, sans ombre éthérique?

    Didi dit
    - C’est comme une énigme, un rébus idéo-phonogramme, un puzzle qu’il faudrait reconstituer.... Il faut que j’y réfléchisse cet après-midi, il se tourna vers le Panda
    - Tu peux prendre ton après midi
    - Tant mieux, j’ai l’intention de créer un dazibao pour promouvoir ma proposition de loi répondit le Panda
    #243Verfasserrb19 Mai 05, 12:55
    Kommentar
    Ils remontèrent le sentier escarpé et arrivèrent à la voiture. En chemin il déposa Nolwenn à la plage car elle voulait se baigner. Alors qu’il arrivait à la place de l’église il remarqua une figure vêtue d'un costume sombre qui lui fit de grands signes, c’était Monsieur Le Curé.
    Il stoppa net.
    - Que se passe-t-il demanda Didi
    - Venez dit le curé, c’est trop grave pour en parler sur le parvis
    Il conduisit le panda et Didi dans la sacristie,
    -il les pria de s’asseoir à une petite table de bois ciré
    Lorque le curé voulut prendre place à son tour autour de la table un gros bruit de pet se fit entrendre
    - Le curé se releva en soupirant, et prit le coussin péteur que des enfants de choeur avaient placé là par facétie pour le jeter dans un coin.
    - Ce que j’ai à vous dire vous paraîtra bizarre, mais je jure que je n’ai pas consommé de vin de messe, d’ailleurs les petits galopins l’ont remplacé par du vinaigre de vin, si bien que l’autre dimanche alors que je célébrais la messe, j’ai du le recracher devant tous les fidèles..
    Bien que célibataire, le curé était accablé d’enfants : il y avait les enfants de choeur , ceux du catéchisme des jeunesses bibliques , les scouts, le guides, les louveteaux , les jeannettes. Cette marmaille bruyante , turbulente, trépidante était plus éprise d’amusement que de prière.
    Pauvre curé son sacerdoce était loin d‘être une sinécure ..
    #244Verfasserrb19 Mai 05, 12:57
    Kommentar
    je vous écoute dit Erronais
    - - Voilà ce matin , en ouvrant l’Eglise alors que je v oulais répéter mon homélie j’ai entendu l’orgue jouer des chansons à boire et des chansons paillardes, d’abord je n’ai vu personne et en m’approchant, j’ai vu une main noire, un main gauche excessivement laide, c’était comme si elle n’avait pas de consistance, comme si elle était faite d’ombre et de nuit. Elle ne ne peut qu’appartenir au malin..

    - Qu’avez vous fait ? demanda Didi qui avait aussitôt fait le rapprochement avec la main d’ombre.
    - Je suis allé vers elle et je l’ai aspergée d’eau bénite en disant vade retro satanas
    - Que s’est-il passé?

    Et bien elle s’est enfuie mais aux endroits où l’eau bénite l’a atteinte elle s’était comme dissoute, il y a avait plusieurs trous, on pouvait voir à travers.
    - Ils quittèrent le curé en promettant d’enquêter sur cette affaire
    - Vous ne venez pas à la messe dit le curé à Erronais pourtant Madame feu-votre mère était une bonne chrétienne à ce que me disent les anciennes qui l’ont connue.
    Erronais glissa un billet dans la main du curé en le priant de faire dire des prières pour sa mère.

    #245Verfasserrb19 Mai 05, 12:58
    Kommentar
    Didi avait besoin de réfléchir et il passa tout l’arprès midi seul au commissariat à faire des recherches , à appeler des spécialistes, à consulter des banques de données.

    Heil et Fasten arrivèrent à l’heure , à 18 heures 30 tintantes , c’est dire qu’ils étaient en avance. Nolwenn n’était pas encore arrivée avec le mousseux la crème de cassis et les amuse-gueule.
    Ils semblaient un peu las et ployaient imperceptiblement sous le poids des obligations qu’ils s’infligeaient quotidiennement. Ils avaient un pensum chargé composé de diverses excursions qui leur permettaient de visiter systématiquement la région. En plus ils faisaient leur jogging tous les jours nageaient , faisaient des randonnées à pied, du vélo et jouaient au tennis. Et toutes ces activités ils s’y adonnaient le ventre vide.
    Ils leur restaient cependant assez d’énergie pour broyer la main d’Erronais au lieu de la serrer normalement.
    #246Verfasserrb19 Mai 05, 12:59
    Kommentar
    Ils examinaient avec curiosité le commissariat, Erronais avait étalé plein de papiers sur son bureau, cet après midi
    Heureusement l'arrivée de Nolwenn mit fin au sentiment de malaise que ressentait Erronais qui ne savait pas quoi dire à ses invités. . Elle était souriante leur souhaita la bienvenue, leur posa quelques questions. Elle se fit montrer les photos de leurs collections d’insigne ,feignit de s’y intéresser
    Elle prépara des kirs royaux qu’elle leur donna d’autorité. Ils protestèrent pour la forme, mais burent quand même. L’alcool sur leur estomac vide fit son effet ils se mirent à manger avec voracité les amuse-gueule. Ils étaient très gais et quand le Panda arriva déguisé en breton pour se rendre au fest-noz, ils trouva face à une petite bande joyeuse.
    - Allez vous venez avec nous au fest-noz dit Erronais
    - Ce n’est pas de refus dirent Heil et Fasten qui s’appelaient maintenant Heinz et Bernd.

    #247Verfasserrb19 Mai 05, 13:01
    Kommentar
    La petite bande joyeuse qu’avait joignit M Panda rigolait. M Heil savait un peu Français, il traduisait les plaisanteries en Allemand. Ainsi, M Panda qui essayait à travailler écouta rire Nolwenn, Didier et Heinz, et vingt secondes plus tard, le perçant rire de Bernd surgit comme écho.

    Le téléphone sonna, M Panda le répondit :

    « Allô ! »

    Une femme se présenta comme naturaliste (ne pas confondre avec naturiste !), Mme Diaphane Eiter, physicienne. Elle voulait parler à M Eronnais.

    « Écoutez, Madame, c’est pas possible maintenant ! » il mentit pour des raisons compréhensibles.

    « Ben, puis-je parler avec vous concernant la main d’ombre ? »

    « Oui, bien sûr, je suis l’adjoint de M Eronnais, j’y suis au courant ! »

    « Ben, écoutez, il m’a priée de découvrir le mystère de la main d’ombre. J’ai demandé un résumé à l’avance de M Eronnais ce qu’il m’a fait parvenir. Après m'être immergée dans celui j’ai trouvé la solution : Parmis les physiciens on a concerté que la lumière réfracte en franchissant la surface de l’eau. Étant donné les circonstances la déclaration de la main d’ombre « denn im Wasser hätte ich mich aufgelöst, als Schattenhand bin ich allergisch auf Wasser ! » doit être interprétée comme perception subjective. Physiquement parlant, « die Auflösung » serrait un processus physique tout à fait normal et réversible. Parler d’une déréalisation est audace, transcendantal et manque bien de tout rapport avec la réalité, c’est-à-dire c’est bullshit, excusez ma façon de parler ! Veuillez s.v.p. consulter un philosophe métaphysique ou bien appliquer un détecteur de mensonges car la main d’ombre pourrait chercher à camoufler la réalité ! »
    #248Verfasserbu27 Mai 05, 12:27
    Kommentar
    « Et vous en êtes sûre, Madame ? »

    « Absolument, Monsieur ! Je peux facturer mon expertise à quelle adresse ? »

    M Panda était estomaqué et pantois de la promptitude de Mme Eiter, il se ressaisit et la donna l’adresse.

    « C’était pas du tout professionnel, parler des détails si délicats vu la présence des civils. » se dit M Panda.

    Il craignit que l’un ou l’autre n’eût appris quelque chose, mais en regardant le quatuor, il se rendit compte que ça c’était très, très improbable.

    Nolwenn ne suivit guère à préparer les kirs royaux que picolaient les trois flics et elle. Le téléphone tinta. M Panda voulait le décrocher, mais Eronnais avait réagi comme un guépard :

    « Société de la pêche en amateur de Rennes ! »

    Il raccrocha le combiné et rit. Nolwenn et les flics pouffèrent de rire. Le téléphone sonna de nouveau.

    « Allô ? Non, c’est pas la police ! Ni la Société de la pêche amateur de Rennes ! C’est les membres honoraires chtimis du schproum ! »

    Il raccrocha et rit, également Nolwenn et Heinz et Bernd, celui en vingt secondes de retard. Le téléphone sonna de nouveau. M Panda se dépêcha :

    « Police de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer, vous parlez avec M Panda, j’écoute…, non, je n’ai rien en commun avec de la pêche ni le schproum… non, pas du tout, j’y suis seul, vous aurez fait un faux numéro, Madame… mais… quoi qu’il en soit, à quel égard téléphonez-vous ? »

    M Panda regarda M Eronnais, l’air rembruni.

    « Oui, je viens, vous dites au marché ? Oui, je serai là en quinze minutes, au revoir ! »
    #249Verfasserbu27 Mai 05, 12:28
    Kommentar
    Il dit aux fêtards :

    « Je m’en vais, de la trouble à l’ordre public au marché, on se rencontre à huit heures pour rendre hommage a notre ami Lars-Rüdiger ! »

    Il fit un clin d'œil à Didier qui copia cette mimique à grande peine. Nolwenn ouvrit la quatrième bouteille de la Crème de Cassis et du champagne, M Panda partit.


    Sept heures et demi, sur la place de Barzaz Breiz. Lars-Rüdiger s’était drapé dans une toile servant de toge romaine, la couronne de fucus flétri garnissait son intellect. Il chanta :

    « Regardez-moi,
    Je suis le plus sage du quartier
    J'suis l'bien lettré
    Dès qu'on me voit
    On se sent tout comme détrompé
    Comme éclairé
    Lorsque j'arrive
    Les gens ils me citent par cœur
    Regards penchés
    Bien malgré moi (hé)
    Je suis le plus sage du quartier »

    Oui, la coco rend mégalo, l’esprit sexy. Lars-Rüdiger jouissait les gens qui le regardaient, c’était la sensation que devait avoir eu Jules César devant le peuple romain : l’autorité illimitée !

    « Bei mir hingegen fusst die uneingeschränkte Autorität nicht auf rücksichtsloser Machtgier, sondern auf schöngeistiger Noblesse ! » se dit Lars-Rüdiger, fredonnant le dernier mot.

    « Meine dreifache Überlegenheit macht mich im Gegensatz zu ihm zum wahren Genie, zum Ausbund an Humanismus und Bildung ! »

    Lars-Rüdiger paradait fièrement, les gens lui dévisagèrent. Il exclama :

    « Ja, das hättet ihr nie geglaubt, einen derart illustren Gast in eurem Kaff begrüssen zu dürfen, n’est-ce pas ! »

    La réjouissance à l'avance lui faisait chanter. Personne ne le comprit, il interpréta leur étonnement comme admiration et leur distance comme retenue vu son génie ostensible. Sa démarche fière fut brusquement altérée par une tape d’Eronnais complètement pété.
    #250Verfasserbu27 Mai 05, 12:28
    Kommentar
    « Wer wagt es, meine Kreise zu st… »

    « Bonsoir, Monsieur Lars-Rüdiger ! Très enchanté de vous décerner à la médaille du courage ! »

    Lars-Rüdiger ne pigeait que dalle, il se tut.

    « Ne soyez pas si modeste, Lars-Rüdiger ! Tout le monde a conscience de ce que vous avez fait ! Réjouissez l’heure de votre gloire ! »

    Eronnais lui demanda si on pouvait commencer. Celui haussa les épaules. Heinz Heil se joignit avec intention d’aider.

    « Hallo Lars-Rüdiger, mein Name ist Heinz Heil, ich werde übersetzen, was Dir mein Freund, Herr Eronnais, sagt… »

    « Oh, Sie sprechen Französisch ? Haben Sie meinen französischen Roman gelesen ? »

    Heinz Heil nia. Son Français n’était pas assez bon pour lire de la littérature française.

    « Schade, ich hätte nur zu gerne gewusst, was… »

    Eronnais s’adressa à Lars-Rüdiger et l’interrompit. Il lui remercia d’avoir sauvé la vie de son adjoint et ami, M Panda. Il l’abreuva de compliments. Mais, Lars-Rüdiger parut insatisfait, il grimaça son visage pâle. M Panda le réalisa et s’approcha à Eronnais en dansant la gavotte et lui chuchota que probablement Lars-Rüdiger s’était attendu à un panégyrique à son œuvre littéraire. Il faisait des pas de danse au rythme binaire pour l’auditoire qui applaudit à cet intermède bienvenu.
    #251Verfasserbu27 Mai 05, 12:29
    Kommentar
    Eronnais improvisa en ressortant des termes littéraires. Il n’avait jamais aimé la littérature à l’école à cause de l’exégèse. « Lire oui ! Mais creuser la tête ? Non ! » était sa devise en rapport avec la littérature. Heil traduisit et Lars-Rüdiger se délecta à la flatterie. La référence au sauvetage du Panda, il avait connaissance du passage parce qu’il était partiellement écrit en Allemand, la référence au sauvetage du Panda par contre le défrisa :

    « Die Rettung des Pandas ist in diesem Buch wirklich keine Schlüsselstelle, soviel ich weiss ! Wahrscheinlich ist der Herr Polizist literarisch nicht sehr gebildet, aber kann man ihm das übelnehmen ? »

    Le maire félicita Lars-Rüdiger, Nolwenn fit des photos, M Panda dansa la gavotte et vit la main d’ombre au loin. Elle était en train de carotter une mobylette. Lui, il ne pouvait pas aller la capturer comme il fallait finir la danse. Eronnais attacha la médaille du courage au poitrail de Lars-Rüdiger. Il le piqua intentionnellement afin d’obtenir une prise de sang de l’honoré. A propos prise, Eronnais se rendit compte de qu’il ne restait que rien de la Coco, insuffisant pour fêter la réalisation du plan avec Nolwenn et M Panda.
    #252Verfasserbu27 Mai 05, 12:29
    Kommentar
    « Où allons-nous après ces balivernes cagotes ? » demanda Edern Keramanac'h, le maire, flanqué par Yann-Ber Kerosen et Gwyon Kerinvel, ses adjoints féaux. Ceux avaient ouvert une bouteille de méthanol qu’ils burent goulûment.

    « On pourrait rendre visite chez Mme Noiraud et discuter l’annonce de recrutement pour la place de l’idiot du village… » Eronnais proposa, mais fut interrompu par le maire :

    « Zut, j’ai pas envie der bosser, plutôt des vacances, non, je veux lever la coude ! »

    « Chef, si tu me demandais : le bar « Lonker », les teutons y vont, il y a de la bière… », suggéra Yann-Ber Kerosen.

    « Je t’ai pas demandé, mais on y go ! »

    « Et nous ? » Didier demanda à Nolwenn et M Panda.

    « On y go ! » Nolwenn imita le ton dépréciatif du maire.

    « Ben, on y go ! » dit M Panda, qui, en s’abstenant toute la journée avait une soif intolérable. Il n’importait où on allait, mais bien sûr qu’on allait.

    D’accord on allait au Lonker.

    Ils s’assirent et attendirent. Après cinq minutes le maire devint nerveux, il faisait Gwyon Kerinvel aller se plaindre chez la serveuse. Celui s’éleva.

    « Nana, écoute, on a soif, maintenant, pas demain, demain on sera mort ! Viens nous servir ! »

    Gweuz Gwenanenn rendit muette.

    « T’as pas d’oreille, fillette ? Je t’adresse la parole ! »

    « Casse-toi ! » Yann-Loïc avait la hardiesse d’objecter.

    Son désir s’était réalisé, maintenant il pouvait s’ébattre comme chevalier et sauver sa petite princesse en détresse. Mais, il pensait, l’autre ennemi, Lars-Rüdiger, il l’aurait préféré à ce brutalo. Il se repentit d’avoir abandonné ses copains suicidaires, ce mec était pire que le raisonnement le plus décourageant d’Albert Camus, plus noir, plus menaçant et surtout il était vivant et là.
    #253Verfasserbu27 Mai 05, 12:30
    Kommentar
    Heureusement Nolwenn intervint :

    « Gwyon, tu ne vas pas te bigorner ! »

    Elle s’approcha à lui et susurra :

    « Assieds-toi ou veux-tu que j’ébruite ta liaison avec Klask Penn ? T’as conscience de que ça te coûterait ton boulot si le maire s’en rendait compte ! »

    Gwyon Kerinvel rougit, arrêta et fit demi-tour.

    « Excusez ce mec ennuyant ! » elle s’adressa à Gweuz et Yann-Loïc.

    Elle returna à sa table, et Gweuz vint les demander ce qu’ils aimaient boire.

    « Des seaus de la bière ! » meugla Yann-Ber Kerosen qui voulait plaire à son chef par sa malotruété.

    « Ouai ! » celui tonitrua « des baignoires de la bière ! Je veux de la « Nonnenpisse » ! » comme il appelait toutes les bières Allemandes.

    Nolwenn, Didier et M Panda étaient fiers de leur maire, oui, la politique est une chose importante, réservée aux gens bien cultivés. Néanmoins ils restèrent et buvèrent comme des vide-bouteilles.

    Le maire tourna vers Eronnais :

    « Écoute flic, jusqu'à mercredi je veux que tu termines le cas du meurtre, c’est pénible que tu ne l’ais pas encore terminé ! Mais, j’ai pas envie d’en parler plus, prosit ! » il exclama.

    Ses adjoints blatérèrent en chœur : « Proscrit ! »

    Didier réagit pas, il sortit son mobile et écrivit un texto aux profs :

    « Je vais vous rendre visite demain à 14 heures. D.E. D’ailleurs : pourriez-vous rechercher l’expression ‘Reizh’ pour moi ? D’ailleurs 2nd : comment va le copain soudainement fan des soap operas ? »

    Il finit son hanap et demanda un autre.

    Comme les protagonistes n’allaient pas garder en mémoire cette soirée il n’est que décent de nous retirer et les livrer à eux-mêmes.
    #254Verfasserbu27 Mai 05, 12:30
    Kommentar
    Mme Gouine et M Raphall avaient discuté et disputé leurs divergences pendant tout le soir, toute la nuit et le matin car ils n’avaient pas su s’arrêter d’ergoter. Et, par ailleurs, la liberté d’action et de mouvement était limitée : ils étaient bouclés !

    M Panda avait du les alpaguer et coffrer à cause du trouble à l'ordre public. Malheureusement les deux cellules de prison de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer étaient dans la même chambre dans la maison du poste policier, séparées seulement par un treillage en fer. Ils étaient fatigués. Ils avaient divagué un peu. Bara Gouine réalisa que Raphall était en train de s’endormir, le moment qu’elle avait attendu pendant toute la nuit ! Elle mit de côté toute sa philanthropie en reprenant le début de leur débat :

    « M Raphall, vous avez fait allusion à Pygmalion, le sculpteur grec, qui créait une statue dont il tombait amoureux… »

    « Hi-er… » il répondit prononçant une diérèse par fatigue, « hier, j’avoue, un nuage de sentimentalité s’est emparé de moi ! »

    « Mais, en fait, l’analogie n’est pas si erronée ! »

    « Eronnais ? Allez-vous-en avec ce policier incapable, Madame ! »

    « Erroné, pas Eronnais ! Même si votre malentendu acoustique me parait très indiqué ! »

    Les deux rirent. Un ennemi conjoint unit, même si on pisse l’un sur autre.

    Entre-temps la main d’ombre avait glissé dans la cellule. Elle profita de la penombre provenant du manque d’une ampoule, la cellule n’avait pas été utilisée pendant vingt ans. La main d’ombre, experte en se repérer avec peu de vue et ingénieuse en facéties, trouva les rossignols de Bara Gouine et Gueaude-Michel Raphall. Hérissée d'allant elle se mit à les ramasser…
    #255Verfasserbu27 Mai 05, 12:30
    Kommentar
    « Non, M Raphall, sincèrement. Vous avez parlé du Pygmalion en sens inverse. Le sens inverse réfère à l’extirpation de vos menhirs symboliques, mais, si on considère votre motivation d’édifier des pénis énormes comme emblème de votre parti, le Pygmalion figure en sens même : lui, il a sculpté une statue et a tombé amoureux de son œuvre… »

    « Je ne discerne aucune analogie ! Moi, j’ai fait créer des sculptures de ce que j’avais estimé depuis ma naissance ! »

    « Oui, c’est vrai, mais, laissez-moi expliquer ! Maintenant, on peut s’imaginer, une statue si attrayante mais frigide ne fait pas plaisir. Ben, qu’est-ce qu’il fait, votre Pygmalion ? Il se met à implorer Aphrodite d’animer son œuvre afin que la statue devienne une femme humaine. »

    « Qu’est-ce que vous voulez dire, Maman, eh, non Madame ? » Raphall demanda furieux. « Que j’essayais d’implorer Aphrodite de donner vie aux menhirs ? Que j’aimerais que des braquemarts gigantesques paradent dans mon jardin ? »

    « Ah non, M Raphall, pas du tout ! Non, non, quel drôle d’imagination ! »

    Bara Gouine pouffa de rire, M Raphall dit :

    « Et de toute manière, je ne compterais jamais sur une créature féminine ! »

    « Je n’y suis pas encore, écoutez : Selon Hésiode Aphrodite naquit des flots fécondés par le sexe d'Ouranos, tranché par son fils Cronos. Ce que je veux dire : la déesse qui sait animer un idéal est le fruit d’une castration, en d'autres termes, la vie ne peut se produire que par l’émasculation du lignage, du passé, exécuté par Cronos, le temps ! »

    M Gueaude-Michel Raphall était stupéfait, irrité. Sa furie croîtra, nerveusement il chercha à changer de sujet :

    « Savez-vous, les vaches, par qui ont-elles été colorées ? »
    #256Verfasserbu27 Mai 05, 12:31
    Kommentar
    « Attendez, Raphall ! Je n’ai pas encore fini. Moi, je conclus que vous souffrez l’angoisse de castration, vous… »

    « Calmez-vous ! »

    « En outre, Pygmalion était misogyne… »

    « Garce ! Vous m’emmerdez, putain ! »

    « Mais, ça ne change rien. Le temps est venu, M Ra-Phall ! Cronos vient de s’éveiller. Il est grand temps qu’il coupe les biroutes machistes, oui ! »

    À défaut d'arguments il cherchait à s'exprimer par d'autres moyens voulant ramasser les pierres Ouranosiennes dont il n’avait pas encore vendu ni une et les catapulter vers la personne qu’il détestait le plus ce moment là. Quelle surprise démoralisante ! Les pierres étaient disparues ! Il tourna et découvrit au milieu de la chambre un mandala consistant en pierre et fleurs. Dans le calice de chaque fleur il y avait un tout petit morceau des phallus pétrifiés…
    #257Verfasserbu27 Mai 05, 12:31
    Kommentar
    Didier Eronnais ronflait comme un ours anesthésié, cuvant sa mixture des boissons, ignorant de la torture dont souffrait Raphall. Sa tête de plomb faisait mal, il tourna. Marrant, il avait entendu des voix et l’impression floue qu’une foule s’était rendue chez lui, dans sa chambre. Même plus bizarre : il n’avait pas seulement entendu du Français, mais même de l’Allemand. Dans le demi-sommeil ce fait lui alarmait, sa santé psychique était définitivement menacée comme des rêves en Allemand n’étaient pas son dada. Il essayait de récapituler la nuit, sans succès. Tout dont il se souvenait était une gomme noire !

    « Une gomme ? » Eronnais se demanda, « une gomme ? Bon sang, pourquoi une gomme ? ».

    La gomme dont il se souvenait avait gommé la nuit de sa mémoire et s’était restée seule à la mémoire car elle ne possédait pas la faculté autogommante. C’est si simple, même si un peu aberrant, admis.

    Préoccupé par le cynisme clandestin de son propre psychisme il rendormit. O là là, encore des mots Allemands. C’était grave. Horrifié Eronnais sursauta, il regarda la chambre : il était seul. Était-ce le début d’une paranoïa Allemande ?
    #258Verfasserbu27 Mai 05, 12:32
    Kommentar
    Eronnais se demandait s’il était dépassé par la profession policière.

    « L’extorsion germanophobe », il pensa, « peut-être ça m’a affecté plus que j’ai cru ! Toute la semaine était si accaparante, aujourd’hui je prends un congé, pas d’travail, ça sera mieux pour moi, il me faut prêter attention à la santé ! »

    Il irait demander si Nolwenn avait envie d’aller à la baie pittoresque où il avait passé des heures avec M Panda devant l’interrogation interrompue il y avait quatre jours. Il s’allongea sur le lit, les voix avaient amuï. « Nein ! » il entendait et tourna vers la bibliothèque d’où était venu le non Allemand. La télé était allumée. A la longue Eronnais rappelait comme il avait regardé une émission des fourmis sur Télé Bretonnante avant de dormir.

    Sur l’écran de téléviseur Didier voyait un attroupement sur la place de Barzaz Breiz. Au-dessus des têtes réunies deux calicots planaient. A la fin inférieure d’elles deux hommes obèses agrippaient la manche en bois, l’un lisant le magazine « Freund und Helfer », l’autre soumettant son nez à un sondage pour des mucosités nasales sèches et agglutinées. Les deux policiers Allemands Heil et Fasten s’étaient installés sur une couverture en laine, l’air déterminé, entêté.

    Sur l’un calicot on lisait : « Contre la Allemanofobie », sur l’autre : « No a la broui frankoallemande ! »

    La voix du reporter expliquait :

    « Bonjour, Mesdames, Messieurs, ici Klask Penn de Télé Bretonnante. On est là à la place de Barzaz Breiz où il y a un bouchon de foule. Comme on vient d’apprendre la cause d’elle sont deux policiers de l’Allemagne, M Heil et M Fasten, qui manifestent leur colère contre la germanophobie. Ils viennent de proclamer qu’ils ne termineront leur grève de la faim jusqu’à l’heure quand une excuse officielle leur sera remise ! Je vais essayer de parler avec un des deux, espérons qu’ils parlent français… »
    #259Verfasserbu27 Mai 05, 12:32
    Kommentar
    La caméra télé fit une rotation et suivit le reporter. Celui arriva chez les deux policiers et demanda :

    « Quel est le but de votre grève, Monsieur ? »

    « Notre bu, c’est qu’on s’éxcuse genou ! »

    « Et pourquoi ? »

    « Pars que on a insulté les Allemands on général, on weut nu mettre a maiso ! »

    « Dites-moi, Monsieur, qui est-ce que vous a insulté, d'où avez vous connaissance de la germanophobie ? »

    « Hièr soir, on woulait visite M Eronnais, le policie, et avant de entrer dans la poste de police on a entendu lui crie qu’il y avait du allemanophobie ! »

    « Et maintenant vous avez l’intention de rester là et continuer votre grève de la faim jusqu’à quand ? »

    « Nou restons la jusqu’on resua un pardon officiel ! »

    « Et vous avez parlé avec M Eronnais, le policier, de la germanophobie ? »

    « Non, Monsieur, on a parlé d’autres choses… »

    « Mais, Monsieur, n’est-il pas un peu hâtif de… »

    Ce moment là, une femme se dirigea entre le reporter et M Heil. Elle était très nerveuse et poussa M Heil :

    « Quel tripotage ! Quelle magouille ! Arrêtez de canarder, vous vacanciers ingrats ! »

    « Écoutez, Madame, c’est pas le moment d’interrompre ! Nous y donnons une interview avec M… »

    « Bien sûr c’est le moment de parler, la vérité ignore l’heure indue ! Les deux flics sont mes clients depuis quatre jours, ils n’ont jamais mangé ni une miette, ils jeûnent tous les jours et expliquer qu’ils font la grève de la faim, c’est opportuniste, menteur et intolérable ! »

    La foule devenait agitée. Jusqu’à ce moment là elle avait été impartiale et partiellement amusée, maintenant elle se fractionna en deux groupes : les touristes allemands et les Français, un tumulte était en train de se produire.
    #260Verfasserbu27 Mai 05, 12:33
    Kommentar
    Le reporter était pantois, quand même il arriva à demander à M Heil :

    « C’est vrai que vous avez déjà jeûné quatre jours, M Heil ? »

    « Déjeune, nu ? Ah, no, merci bien, très genti ! Mai, nu faison la grève de faim ! »

    « Non, non, Monsieur, j’ai demandé si c’est vrai que vous avez dé-jà jeû-né, quatre jours sans manger ! »

    « Wui, c’est gomm sa ! » celui répondit fier.

    « Mais, si vous jeûnez depuis quatre jours, vous ne pouvez pas vous mettre en grève de la faim, c’est illicite ! »

    M Klask Penn, s’adressa à la foule curieuse :

    « Qu’est-ce que vous en pensez, c’est juste de se mettre en grève de la faim en déjà jeûnant ? Ne parait-il pas un peu opportuniste ? »

    Klask Penn savait que l’intégration de la population était très populaire chez les téléspectateurs. Lui, il voulait brûler les étapes, il fallait se comporter comme agitateur, galvaniser le peuple quelles que fussent les conséquences.

    La foule protesta « fi ! », « escroquerie ! » et « imposture ! ». M Heinz Heil réagit prompt, il exclama :

    « Bien, nou abstinons de sel laxatiff si sa vou fait heureu, on boira eau déminéralisée ! »

    Eronnais, le berger des lois et de l’ordre, était incapable d’intervenir. Il sentait que l’affaire sur la place de Barzaz Breiz devenait périlleuse. La grève de la faim de Heinz et Bernd transmise par Télé Bretonnante lui rappelait à la veille. Apparemment ses deux « deutschen Kollegen », comme ils s’étaient présentés Heil et Fasten, avaient été complètement saouls après leur rendre visite chez lui, au commissariat, et la production en masse des kirs royaux par Nolwenn.

    « Ils auront oublié qu’ils ont mangé en abondance, les soûlauds ! »
    #261Verfasserbu27 Mai 05, 12:33
    Kommentar
    Eronnais était toujours dans son lit et ne pouvait que regarder l’événement télétransmis. L’atmosphère était dangereuse, des devises agressives, on en irait aller aux mains. On lançait des cellulaires, les calicots étaient dardés, les groupes opposants se mirent à se battre, il ne restait qu’une distance de cinq mètres à les départager.

    De vue prise de près Klask Penn expliquait en s’adressant aux téléspectateurs qu’il s’agissait d’une grève d’abstention de sels laxatifs.

    Tout d'un coup une petite vieille femme se mit entre les deux groupes martiaux, elle cria :

    « Arrête ! »

    La mimique de son visage de pomme ridée dénonça son émotion. Elle annonça :

    « Excusez-moi, calmez-vous, Mesdames, Messieurs ! Bitte entschuldigent Si sisch, Dame und Erren ! C’est toute ma faute ! Je vais vous expliquer, calmez-vous, s’il vous plait ! »

    L’attroupement se calmait, on voulait entendre ce qu’allait dire cette vieille singulière. Télé Bretonnante télédiffusait la scène en direct, la femme poursuivit sa parole :

    « C’est une longue histoire, j’ai causé l’incident de la germanophobie, ce tumulte. Hier soir, j’ai passé le poste de la police et j’ai entendu parler les policiers dedans. Ils discutaient quelque chose dont j’ignorais le contexte, mais j’ai compris que l’occasion de me venger était absolument parfaite ! »

    La vieille pausait. Elle semblait très excitée, puis elle continuait :

    « J’ai fait glisser un communiqué sous la porte dans laquelle j’ai demandé de chasser les Allemands ! Et maintenant vous voudriez savoir pourquoi ça, non ? »

    Elle huma.
    #262Verfasserbu27 Mai 05, 12:34
    Kommentar
    « Moi, j’étais une jolie femme autrefois, il y a des décennies. La dernière année de la seconde guerre mondiale j’ai rencontré un soldat Allemand qui avait déserté la Wehrmacht. Je lui ai donné l’abri, et comme nous étions jeunes et fous, nous sommes tombés amoureux tous les deux. Combien des mois a-t-on passé dans l’intimité, la passion cachée et le danger d’être découverts. Il m’a engrossée et quand la guerre touchait à sa fin, il déballonna, à maison, chez sa femme chipie, ce fritz salaud ! Toute ma vie j’ai attendu une occasion de me venger de lui… »

    Les caméras filmaient la confidence, la vieille se penchait sur son passé. Eronnais était soulagé que, de toute évidence, il ne fallait plus de lui, son moral passa de La mineur à Ut majeur, il était vrai que cette femme avait dérangé St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer un dimanche matin mais elle avait également empêché une mêlée, peut-être une guerre civile, voire même une guerre entre l’Allemagne et la France, ce qui aurait embarrassé l’amitié entre Schröder et Chirac, ce qui aurait obligé les souverains des superpuissances à prendre fait et cause ou pour l’un ou pour l’autre.

    « Une guerre mondiale aurait été la conséquence logique. » conclua Eronnais.
    #263Verfasserbu27 Mai 05, 12:34
    Kommentar
    « Je suis très désolée, je n’ai pas su que cette affaire mienne et personnelle deviendrait si importante, je n’ai pas voulu généraliser mon ex, je regrette, suis très désolée, je m’excuse à tous les Allemands ! »

    Klask Penn commenta la scène :

    « Voilà un spectacle touchant touche à sa fin ! Rien ne surpasse un raccommodement entre des personnes en brouille ! Regardez cette vieille qui vient de soulager sa conscience, comme… »

    En ce moment là la coiffure de la vieille remua, déclina comme la Tour Penchée de Pise et quelque chose non identifiable apparut. Eronnais plissa les yeux, mais il était impossible d’identifier ce qui se mouvait. Un raton ?

    Mme Tramail Hat, la patronne de l’Hôtel „l’Herminette“ alla demander pardon chez M Heil et M Fasten, ses clients qu’elle avait accusés d’être opportunistes et menteurs (ce qu’ils étaient au sens strict). Elle invita tous les gens à prendre un pot de la fraternisation et la réconciliation dans le jardin de son hôtel.

    Une procession hétérogène (Français/Allemand, politique/apolitique) se mit en marche avec direction de l’Hôtel „l’Herminette“. La file plantigrade se bougea avec dignité, la petite vieille au visage de pomme ridée en première position, les mains serrées par M Heil et M Fasten, desquels elle était tombée amoureuse par réminiscence et par un sentiment de culpabilité. Klask Penn les accompagna en parlant aux téléspectateurs, les caméras étaient positionnées et repositionnées, le maire, qui avait apparemment regardé la télé, joignit la foule, et après une demi-heure de procéder on arriva chez Mme Tramail Hat. Elle avait mis le paquet ayant fait préparer un repas abondant et brasser de la Josefi-Bock importée illégalement de la Bavière avec de la Coreff bretonne. Le mélange avait un goût rebutant, mais l’idéalisme triomphait les nerfs gustatifs.
    #264Verfasserbu27 Mai 05, 12:35
    Kommentar
    Eronnais, ayant regardé le spectacle, sentait que ça serrait bien de se faire montrer à la foule. Mais avant il fallait téléphoner à Télé Bretonnante et leur demander de lui faire parvenir une bande vidéo de la scène velue sur la Place de Barzaz Breiz. Peut-être on trouverait la solution en regardant la scène au ralenti :

    « Tout s'excuse ici-bas, hormis la maladresse » il se dit en se levant.

    Il sortit de sa maison, intention de se joindre à la foule dans le jardin de Tramail Hat, un Bloody Mary gratis porterait remède à sa gueule de bois. Il avait l’air pugiliste, il n'embaumait pas la rose…
    #265Verfasserbu27 Mai 05, 12:35
    Kommentar
    @rb : ça-y-est et voilà, je suis mort ! à la tienne, rb ! bonne week-end (faut voter chez vous, non ?)
    #266Verfasserbu27 Mai 05, 12:40
    Kommentar
    Heinz Heil avait pitié de la petite vieille qui après des décénnies avouait son infâmie et risquait des sanctions sociales, l’opprobre morale et qui sait même la tonte de sa grise chevelure!.
    - Et dire que tu nous a raconté que le père de ton enfant était un héros de la résistance originaire de l’ile de Batz, tué lors d’un sabotage de rails., glappit une autre vieille. En réalité elle enviait la petite vieille qui avait monopolisé à son profit les deux Allemands Heil et Fasten: assise entre les deux elle jouissait de leur attention exclusive.
    À ces mots, la petite vieille haussa les épaules.
    - Je suis vieille, je n’ai plus longtemps à vivre, tout cela m’est bien égal, non je ne regrette rien.
    - D’un geste théâtral elle retira sa coiffe, une hermine d’une blancheur ímmaculée s’en échappa et alla se réfugier sous la table.La vieille recelait encore d’autres trésors sous sa coiffe:.un pistolet de l’Attackmacht, trois photos jaunies de son Fritz salaud, et trois lettres de celui ci
    - J’ai toujours protégé mon secret en le portant sous ma coiffe, depuis il ne s’est pas passé un jour sans que je pense à ce Fritz.
    #267Verfasserrb06 Jun. 05, 07:35
    Kommentar
    - Vous safez que Che souis une policière allemande et che beux fou aider pour retrouver votre Fritz Chalo,dit Heinz Heil ch’est un abandon de famille. un scandale, une ignominie.! C’est plus qu’un crime une faute dit-il citant Talleyrand. Fotre enfant a droit à une pension alimentaire
    - oui monsieur Einz Aal ma fille va prendre sa retraite cette année elle aurait bien besoin du soutien de son père.
    - Après tout on n’a qu’un père
    - oui on a bien Quimper en Bretagne
    - Donc dit Einz Aal en regardant une des photos, votre déserteur s’appelait Fritz Chalo
    - Mais non, Fritz salaud c’est son surnom pas son nom. Il s’appelait Helmut Lang, il était originaire d’Oldenburg. Il avait 20 ans.
    - Très bien dit Heinz Heil il examina les photos, qui portaient les stigmates des séances de vaudou que la petite vieille leur avait fait subir.. En effet,les photos étaient criblées de minuscules trous d’épingles surtout au niveau des yeux. Il s’arrêta sur l’une d’elles qui montrait Helmut Lang en uniforme de la Wehrmacht
    -. À oui je m’y connais en insignes Il porte l’uniforme de la régimente d’infanterie VII –BA de le Wehrmacht surnomméeReichsadler. Ce ne sera pas un problème pour le retrouver s’il vit encore et surtout s’il vit toujours en Allemagne, car , il n’y a plus de secret bancaire on peut donc le retrouver très facilement au niveau national
    #268Verfasserrb06 Jun. 05, 07:36
    Kommentar
    On entendit des rires fuser en cascade , ils se retournèrent pour découvrir les raisons de l’hilarité partagée.:les gens riaient en voyant Lars Rüdiger passer dans la rue.
    Lars s’était procuré un petit char romain qui provenait des accessoires du film Astérix, le Gaulois.et le faisait tirer par un cheval.de trait. Debout sur son char , drapé dans une toge romaine et dans sa vanité démesurée. il salua le peuple d’un air paternaliste et bienveillant. «Ils rient de bonheur en me voyant, et oui c’est pour eux un immense privilège» pensa-t-il.

    #269Verfasserrb06 Jun. 05, 07:37
    Kommentar
    On entendit des rires fuser en cascade , ils se retournèrent pour découvrir les raisons de l’hilarité partagée.:les gens riaient en voyant Lars Rüdiger passer dans la rue.
    Lars s’était procuré un petit char romain qui provenait des accessoires du film Astérix, le Gaulois.et le faisait tirer par un cheval.de trait. Debout sur son char , drapé dans une toge romaine et dans sa vanité démesurée. il salua le peuple d’un air paternaliste et bienveillant. «Ils rient de bonheur en me voyant, et oui c’est pour eux un immense privilège» pensa-t-il.

    Erronais, après avoir téléphoné à la télé bretonnante décida pour une fois de faire passer le devoir avant le plaisir et de se rendre donc d’abord auprès de ses prisonniers Geaude et Bara. C’est seulement après qu’il irait à l’Herminette. où un bloody mary. l’attendait à l’œil et au comptoir . Il avait l’intention de libérer ses prisonniers et de ne pas prolonger leur garde-à vue. Seulement ceux-ci devraient se reconnaître coupables de trouble à l’ ordre public et s’engager à rembourser les dommages qu’ils avaient causés aux stands des marchands de légumes et de volailles .À l’apogée de la prise de bec, et au comble de l’hystérie, Gouine s’était emparée. d’un poulet plumé. Elle avait tenu le poulet plumé , à la chair flasque et jaunâtre, par le cou. Ellet l’avait agité devant elle en criant -Voici l’homme Raphall exactement comme l’a défini Platon «un bipède dépourvu de plumes» ah oui, sans conteste il vous ressemble bien.
    Furieux , à court de salive et à bouts d’arguments, Raphall s’était retranché derrière le stand d’un marchand des quatre-saisons et avait essayé de réduire Gouine au silence en la bombardant de melons, de salades, de pêches et de poires.

    D’ailleurs ces deux là étaient détenus dans des conditions qui démentissaient les exigences les plus élémentaires posées par traités internationaux en vigueur.
    #270Verfasserrb06 Jun. 05, 07:39
    Kommentar
    Au seuil de la porte frontale du commissariat , il s’arrêta. Un silence qui enveloppait tout , lourd comme un voile épais jeté sur le commissariat, un silence pénétrant et inquiétant qui n’augurait rien de bon ,pesait comme un mur de plomb. Didier qui connaissait la vitalité et la pugnacité, des combattants s’étonnait de ce silence annonciateur d’ une trève à laquelle aucun des acteurs n’aurait jamais consenti volontairement.
    .
    Avec un pincement prémonitoire au cœur, il prit une torche électrique et emprunta l’escalier faiblement éclairé qui conduisait aux cellules souterraines. La salle était mal éclairée, heureusement que la lueur de sa torche y remédiait partiellement. .Il laissa promener le faisceau de lumière et vit que les murs étaient couverts de grafittis vulgaires, peints en grosses letttre rouges «à bas les flics et le fisc,» «Erronais aux chiottes» « «mort aux cons…et Dieu sait s’il y en a», les portes des cellules étaient ouvertes, la grosse clef ne pendait plus au mur mais était dans la serrure d’une des portes ouvertes. Les deux oiseaux s’étaient bel et bien envolés. Ils étaitent complètement siphonnés, d’accord, mais cette qualité leur conférait-elle pour autant des ailes?
    #271Verfasserrb06 Jun. 05, 07:39
    Kommentar
    - Merde gémit Erronais: il avait espéré pouvoir les forcer à retirer leurs plaintes à cause des vaches violettes et de l’explosion des menhirs ouranosiens. Cela aurait au moins fait deux dossiers de bouclés. Mais ils n’ont pas pu s’échapper, j’ai bloqué les fenêtres et la porte par le grillag de sécurité dont j’ai moi seul la clef.. .
    - Il ne put achever sa phrase, car BANG un coup violent, asséné sur sa nuque l’en empêcha . Il vit seulement des étoiles de diverses couleurs danser devant ses yeux puis une obscurité profonde avant de perdre tout à fait connaissance.
    - Allez vite dit Geaude-Michel à Bara, portons le et enfermons comme il le mérite ce salaud
    Gouine prit Erronais par les jambes et ils le portèrent jusqu’au lit dans une cellule puis. fermèrent celle ci avec la grosse clef
    C’était la première fois qu’elle faisait ce qu’un homme lui demandait de faire. Sa soif de vengeance était plus grande encore que ses principes . Elle avait momentanément abandonné l’idée de châtrer Geaude-Michel.
    - Au fait où elle est la main, demanda Bara, je ne l’ai plus vu depuis qu’elle nous a délivrés.
    - Elle a du glisser dehors quand Erronais est rentré
    - Regarde il a l’air fin cet Erronais. Ils éclatèrent de rire tous les deux, et c’était la première fois qu’ils se regardaient sans haine. Un forfait commis en commun cela a le même effet que la chaleur sur une tige de bois: et permet de rapprocher sans casse les extrêmités.

    #272Verfasserrb06 Jun. 05, 07:40
    Kommentar
    Dehors sur la promenade Lars Rüdiger déclamait, tel un acteur antique et sans tics.
    -Le monde entier est une vaste scène de théâtre. Et tous les hommes et les femmes en sont les acteurs.! Lars Rüdiger corrigea mentalement la phrase de Shakespeare, tous les hommes et les femmes en sont les figurants et j’en suis l’acteur principal. Il sourit, Narcisse c’était de la gnognote à côté de moi, du pipi de chat, un vrai pauvre type tout juste bon à se noyer dans son reflet sur l’eau.! Moi l’amour que je me porte est bien plus profond et exigeant. Cette conscience, la mienne qui qui se retourne sur elle même et se découvre si parfaite ne peut que se vénérer, s’adorer. Vraiment c’est pur, c’est haut, c’est beau.
    Ach que tous les autres semblent bien piètres quand on est soi-même un génie!! En fait, il aurait dû dire combien de jours je fus piètre et manquais de génie.So ist est, laissa-t-il échapper à haute voix, car il ne se sentait plus de joie.
    - Was haben Sie gesagt demanda une Allemande qu’il connaissait de vue.
    - www répondit Lars Rüdiger
    - World Wild Web? demanda la touriste?
    - Nein, es heißt was willst du Weib? Ich spreche mit Abkürzungen, denn ich will nicht durch einen profanen Gebrauch der Wörter deren sakralen Charakter nehmen.
    - LmaA répondit le touriste du tac au tac
    - Vas je ne te hais point répondit Lars Rüdiger en chantonnant.
    #273Verfasserrb06 Jun. 05, 07:41
    Kommentar
    - Quel rhéteur celui là commenta une autre passante qui avait entendu la classique réplique..
    - Ja da hast du Recht ich bin de Retter antwortete Lars. Ich habe dem Panda das Leben gerettet, aber ich werde noch mehr Leute retten.
    Ainsi cette femme l’admirait car il avait sauvé le Panda, il la suivit lui montra sa médaille, me connaissez vous je suis le fin lettré auteur du roman breton.
    - Pff fit la femme en accélérant le pas.
    Lars se retrouva seul à nouveau mais cela ne le dérangea pas le moins du monde car il se sentait ivre après cette séance de masturbation mentale. Que ce soit à l’étage supérieur ou au rez-de-chaussére, les onanistes font bande à part.

    En route il fit monter Bara Gouine et Geaude-Michell Raphall à bord de son petit char- Les fugitifs qui figuraient une version soft et allégée du couple Bonnie Parker et Clyde Barrow faisaient du stop devant le commissariat.. Lars leur dit que cheval de trait symbolisait le Pégase qui l’emmenerait dans le ciel lyrique, là où les muses l’attendaient.

    #274Verfasserrb06 Jun. 05, 07:41
    Kommentar
    Ils s’arrêtèrent à l’Herminette où la fête battait son plein d’alcool et de musique.

    Bernd Fasten chantait des chansons d’Udo Jürgens au karaoke. Einz Aal dansait avec la petite vieille, mais comme il était de nouveau ivre, il dansait fort de travers et marchait sans cesse sur les pieds de sa partenaire, si bien que la petite vieille perdit patience- mais ma fois vous avez trop bu
    Seuls les mots vous avez trop bu se frayèrent un chemin à travers les brumes et les vapeurs d’alcool qui flottaient dans le cerveau embué de Heinz Hei «bu murmura-t-il Que voulez vous avec ce bu, ah ah mais si je me souviens bien c’est lui qui m’a traité d’obèse, dit-il mais je vais lui casser la gueule à celui là.».Je vais me virtualiser dans l’univers purement cérébral du net, et j’errerai dans le dédale des connexions qui sont des connexions sidérales et phénoménologiquement parlant neuronales. On dut le retenir car il voulait entrer, dans l’écran de l’ordinateur démodé qui trônait sur le comptoir d’accueil de l’hôtel.. Bernd Fasten interrompit son tour de chant pour aider Heinz à regagner sa chambre
    #275Verfasserrb06 Jun. 05, 07:42
    Kommentar
    Pendant ce temps,le «TPP» (le trio politique et pithécanthrope) formé par Edern Keraman’ach, Yann-Ber Kerosen et Gwyon Kerinvel, se pavanait sur la promenade.Ils se déplaçaient toujours à trois pour des raisons de sécurité offensive et défensive.
    Un bonimenteur moustachu avait installé un stand, et vantait les mérites des OGM (organismes génétiquement modifiés). Il était habillé d’une salopette en jean et portait une chemise à carreaux . Son travestissement en militant vert-écolo placide et pacifique était parachevé par une perruque broussailleuse et de fines lunettes dorées. Il voulait ainsi inspirer la confiance en reprenant le look des militants écolos. Sur sa table ils avait disposé différentes corbeilles qui contenaient des artichauts dépouillés jusqu’à leurs cœurs qu’ils avaient géants, de superbes épis de mais des tomates, des fraises…
    - - Regarde cette tapette d’écolo, pouffa Kerinvel en donnant des coups de coudes complices et fraternels dans les côtes d’Edern Keraman’ach., son Maître Absolu, Donneur de Pain et Pourvoyeur d’Opinions.. Kerinvel aimait montrer sa connivence avec les mâles hétéros dominants par des manifestations ostensibles de virilité souveraine. Il espérait ainsi d’éviter prophylactiquement les soupçons que son célibat prolongé pourraient susciter au sujet de son orientation sexuelle.
    #276Verfasserrb06 Jun. 05, 07:43
    Kommentar
    La tapette écolo qui n’avait heureusement rien entendu, s’adressa à eux avec un sourire avenant.::
    - Regardez très chers Messieurs ces cœurs d’artichauts géants., ne sont-ils pas superbes? dit il à leur intention.
    -Vous leur avez donné des anabolisants à ces cœurs d’artichaut? demanda Kerosen qui s’y connaissait en la matière, car il pratiquait le body building sporadiquement et la gonflette chimique constamment. Il gloussait en disant cela, se trouvant très spirituel. Quand il entendait ses propres plaisanteries, il ne pouvait s’empêcher de rire, comme s’il venait juste de les découvrir en s’entendant les raconter. À vrai dire c’était le cas, car il ne prenait jamais la peine de penser avant d’ouvrir la bouche.
    - Le cœur c’est aussi un muscle ajouta-t-il juste pour le cas où l’autre tapette d’écolo , perdu dans ses rêves de verdure et de nature n’aurait pas capté.
    - Mais non, répondit vivement.. le bonimenteur travesti en écolo,. Je ne propose rien de cette chimie immonde, c’est l’avenir grandiose que je vous peins, la révolution génétique , l’appropriation par l’homme du capital génétique planétaire ! ! Vous rendez vous compte on a découvert le code de la vie , le jackpot est à nous, profitez en vous aussi, achetez nos semences!!
    - et posséder le code, cela vous permet de comprendre mieux les origines dela vie ? demanda Edern Keraman’ach, pour montrer à ses subordonnés qu’il maîtrisait les situations imprévues.

    #277Verfasserrb06 Jun. 05, 07:44
    Kommentar
    - Ce n’est pas cela l’important la recherche fondamentale! Occupons nous plutôt des applications pratiques, plus de maladies! Le rendement économique immédiat!. Nous pourrons mettre de la pomme de terre dans la tomate et de la cerise dans le raison., pardon dans le raisin. Nous pourrons oser toutes les combinations imaginables et l’on mettrae de l’oiseau dans l’homme et du poisson aussi. Il exultait trépignait d’excitation, car son propre discours le faisait entrer en transes. Imaginez vous donc, l’homme-oiseau-poisson , nouveau et omnipotent pourra voler dans les cieux et séjourner sous l’eau...

    Fatigués par ce flots de paroles ineptes qui leur rappelaient la démagogie de leurs propres discours dont la portée de toute façon leur échappait toujours. (eh oui n’étaient pas politiciens pour rien) , le TPP continua son chemin et sa patrouille, l’air altier, unis comme les doigts de la main.
    #278Verfasserrb06 Jun. 05, 07:45
    Kommentar
    Au même moment Didier se réveillait lentement. Il avait la bouche pâteuse, sèche à cause des excès de la veille. Son crâne était endolori par le traître coup.qu’il avait reçu sur la nuque. Les murs faisaient la ronde, des mandalas fleuris zigzaguaient dans l’air,et lui donnaient le tournis, il eut un haut-le-cœur. Il s’efforça de garder les yeux ouverts , «où-suis-je?» murmura-t-il.. Il reconnut avec effroi la cellule. Il se retrouvait pour la deuxième fois prisonnier en l’espace de quelques jours.
    Il fouilla dans ses poches, son agresseurs lui avait par bêtise et dans la précipitation.laissé son portable- Je vais appeler le Panda pour me déliver- quand même c’est vachement humiliant de lui demander de venir ici. songea-t-il.. Mon prestige de supérieur hiérachique et hiératique va en prendre un drôle de coup.
    De fait il se sentait aussi humilié que le jour où son père au cours de l’opération «des pierres contre les fusils», lors d’un rassemblement de militants bretons contre le projet de l’installation d’une centrale nucléaire sur la pointe de Feunteun Aod à Plogoff ,avait pris la parole alors qu’il était complètement soûl.. Son père était devenu ce jour là l’objet de la risée générale et le destinataire privilégié des quolibets.C’était l’année même de la mort de la mère de Didier qui avait à l’époque seulement 10 ans.
    #279Verfasserrb06 Jun. 05, 07:46
    Kommentar
    Son père avait emmené ses grégaires de brebis à Plogoff. Ce fut une grande aventure que de conduire les brebis à travers les champs, les routes les ponts et les chemins,sur une grande distance. Les brebis étaient égalitairement stupide set ne songaient qu’à brouter la même herbe et à produire une quantité égale de laine, de lait,de crottes et d’agneaux . Par cette transhumance, le père de Didier entendait soutenir l’action des militants écologistes et espérait en même temps oublier son chagrin.
    Sur place, l ’ambiance avait été survoltée . Des militants avaient vendu leurs terrains de plusieurs hectares., mètre carré par mètre carré à d’autres militants, rien que pour faire chier l’administration qui brandissait la menace de l’expropriation du site.. Les politiques ,devant la détermination de la population , avaient préféré abandonner le projet.
    Décidément songea Didier en se prenant la tête dans les mains, l’alcool n’est pas la bonne méthode pour dissiper son chagrin. Certaines peuplades de Papouasie ont pour coutume de se couper des phalanges à la mort d’être chers. Les bouts de doigts manquants se rappellent à leurs souvenirs , ils continuent à en éprouver la sensation. Par cette amputation ils sont sûrs de je ne jamais oublier leurs chers disparus, de s’en souvenir toujours et de ne jamais les trahir. . Sous nos latitudes les mutilations sont plutôt d’ordre psychique, et même si on ne les voit pas, elles font autant sinon plus de dégâts.
    #280Verfasserrb06 Jun. 05, 07:47
    Kommentar
    Le Panda décrocha à la cinquième sonnerie.
    - .Hey Panda dit Didi-d’une voix confite, peux tu venir au commissariat me délivrer? Et il lui raconta sa mésaventure en quelques mots.
    Le Panda éclata d’un rire strident c’est pas vrai, ben à ta place je crierai pas cela sur la place publique. Puis il ajouta- t-il, mmm , voyons voir, si j’ai le temps, après tout aujourd’hui c’est mon jour de congé et en tant qu’adjoint je n’ai pas à répondre aux appels d’urgence.
    - Ne me laisse pas tomber, Panda, si tu viens je t’emmène chez les contras, j’ai rendez vous avec eux, dans un quart d’heures.
    - J’arrive tout de suite dit le Panda.

    Le Panda réussit à pénétrer dans le commissariat car Erronais l’avait laissé
    ouvert, mais arrivé en bas il ne trouva aucune clef., les coupables l’avaient prise avec eux.
    - Je peux pas te déliver il n’y a pas de clef ! Et sur ce il se retourna et fit mine de partir, aurevoir
    - Reeesteee cria Erronais
    -T’as une clef de rechange?demanda le Panda
    - Non, dut avouer Erronais,. Il n’avait jamais songé à faire un double de cette grosse clef. Il se sentait de plus en plus comme un héros niais, à la merci du bon vouloir d’autrui. Et ce bon vouloir est imprévisible parcimonieux , lunatique.
    Le Panda rit.
    - Ben chef tu vas rester ici,
    - Non supplia Erronais s’il te plaît fait quelque chose
    #281Verfasserrb06 Jun. 05, 07:48
    Kommentar
    - Attends j’ai une idée. Le Panda partit et revint quelques instants plus tard. On a la clef pour le grilles de sécurité dehors, je l’ai ouverte et on va arracher la fenêtre,
    - Comment?
    - J’ai demandé à Augustin l’agriculteur, tu sais celui qui a le troupeau de vaches violettes, de venir avec son tracteur on va arracher la fenêtre.
    Le plus dur fut d’hisser Erronais qui était légèrement bedonnant à travers les fenêtres du souterrain. Le Panda dut enduire l’ouverture de savon, et Erronais dut se déshabiller entièrement pour s’enduire lui aussi de savon liquide.
    Pour une fois, Nolwenn n’était pas là pour éterniser en photos, la sortie de Didier nu comme un vers et luisant de savon qui faisait des bulles de savon en parlant en valait pourtant le coup.
    Il rentra dans le commissariat et se changea et se mit en route vers les contras.
    #282Verfasserrb06 Jun. 05, 07:49
    Kommentar
    Flashback
    Nolwenn avait essayé plusieurs fois de joindre son Dididounais, celui avait mis son portable étant en modus silencieux . Elle avait emporté la veille subrepticement le hanap dans lequel,selon Bu, Didier . avait bu. Elle ne trouvait pas qu’il ressemblât aux hanaps habituels. Ce matin, elle s’était levé ede très bonne heure malgré des douleurs post-soûlographiques et pré-menstruelles. Elle avait examiné avec attention le hanap et l’avait photographié.. Elle trouvait qu’il ressemblait à une copie du Graal, tel qu’il était représenté sur les vitraux de l’église de Tréhorenteuc.
    Mais par quels chemins cet objet avait-il pu arrivers.ici à St Plougtriffouillskell- Les-Goellans-sur-Mer? Qui en fabriquait ? Elle sortit prendre un bol d’air avant de prendre son bol de café..

    Il pleuvait mais cela ne faisait rien, c’était une petite pluie fine et douce qui lavait le matin neuf des soucis de la veille. Et puis Nolwenn avait le soleil en elle.. Il y a des aubes calmes qui par les restes d’obscurité qu’elles contiennent nous font voir avec plus de clarté.Car nous aussi ,sommes faits d’ombres et de lumière. - De mon point de vue je n’ai pas tort. pensa-t-elle. «Attention la vue ne doit pas cacher la vision» lui répondit un poète chinois Xuyna-Jue sans en avoir été interrogé.
    Au loin des bateaux de pêche voguaient escortés par lesmouettes.
    Des monstres de granit surplombaient l’océan , la gueule ouverte sur de béants abîmes. Le vent hurlant lui fouettait le visage, de sa cravache pleine de sel et d’iode. Les lames écumaient leur rage dans de furieux jets de salive blanches.
    #283Verfasserrb06 Jun. 05, 07:50
    Kommentar
    - J’aime vivre ici hors du temps et du présent dans un lieu oú les rumeurs et les remous , le bruit et la fureur qui agitent le monde n’arrivent pas. Seulement, Cronos le temps nous a rattrapés ces dernièrs jours soupira-t-elle en pensant aux derniers évènements et dans sa hâte il a mis les bouchées doubles.
    Elle n’avait croisé personne pendant sa promenade. Sur le chemin du retour elle rencontra Gweuz et Yann-Loic.
    -Bonjour leur dit-elle
    - Demat répondirent-ils en chœur. Puis Yann-Loic, continua son soliloque.
    - L’absurde est une conséquence de la rencontre entre la rationnalité humaine et l’indifférence du monde à son égard, ce conflit est sans issue et cependant la conscience aiguë que Sysiphe a de sa damnation est en même temps son triomphe. Il faut imaginer Sisyphe heureux, expliquait Yann-Loic à Gweuze qui l’écoutait d’une oreille distraite ..
    - Toi , tu n’as encore jamais embrassé defille, lui répondit-elle, t’as la trouille ?
    ...............................................................................
    #284Verfasserrb06 Jun. 05, 07:51
    Kommentar
    Didi arriva chez les contras, le goeland guetteur cria à leur arrivée, cependant personne n’apparut sur le seuil pour saluer les visiteurs.
    Didier poussa la porte du bouge infâme qui était sombre enfumé et désert.. Il agita une sonnette secrète.
    - C’est Didi dit Didi,
    - Entre répondit une voix, je ne peux pas venir , tu connais le passage secret. Didi activa le mécanisme qui permettait d’ouvrir une petite porte au fond de l’âtre. Le Panda le suivit
    - Il n’y a personne?
    - Si, si, lève la tête
    En haut un contra peignait le plafond qui reproduisait le ciel....
    - Mais où as tu laissé ton échelle s’exclama Didi?
    Le contra ne tenait au plafond que par son seul pinceau auquel il s’agrippait fébrilement.
    -Je me suis perdu en spéculations j’ai embrassé des utopies avec lesquelles j’ai construit des cathédrales métaphysiques d’une beauté incomparable, certes, mais si osées, si fragiles, si finement entrelacées,de la vraie dentelle. Mais elles ne reposent sur rien d’autres que sur des voûtes idéalement idéales….
    - Et maintenant tu as peur de te briser les os en redescendant de tes sommets métaphyisques, sans échelle pour t’y aider ?
    -oui avoua le contra, penaud, regarde c’est vachement haut
    #285Verfasserrb06 Jun. 05, 07:52
    Kommentar
    Le Panda alla chercher dans la remise une échelle et aida le contra à redescendre des hauteurs de sa pensée .
    - Merci dit le contra, tout tremblant..
    En bas ils conversèrent autour d’une bolée de cidre.
    -Au fait ton texto, Breizh veut-dire Bretagne , et que veux tu savoir de plus tu ne l’as pas fini il me semble
    - tao, c’est un enseignement religieux chinois.qui mêle diverses croyances. Le cadavre portait cette inscription.
    - il lui résuma en quelques mots la situation.
    - Qui veut dire le chemin, tu sais ton histoire comme tu me la présentes c’est clair, il y a sûrement un rapport avec la ville bretonne (Breizh) de Lorient elle s’appelle L’orient car de ce port que les navires partaient pour l’Asie, les pays où les jours commencent plus tôt.
    - Ben oui dit le Panda c’est par là que je suis arrivé.
    - Et comment va Ewen qui après la terrible chute de quotient intellectuel, qu’il a subie en dégringolant de la falaise?
    - Tu sais de nos jours c’est l’art et la culture qui dégringolent comme ça. Je crois que sa chute brutale est typique pour notre époque. Mais ils l’ont opéré. Maintenant il va mieux seulement il est dans une chambre de décompression
    - Comme pour les plongeurs ?Comment cela se fait-il?.
    - Son cerveau a tellement rétréci tu sais la falaise fait 70 mètres ce qui veut dire qu’il a perdu 70% de son volume.
    #286Verfasserrb06 Jun. 05, 07:54
    Kommentar
    Le Panda siffla mince alors . 70 %
    - Son cerveau peut retrouver un plein volume mais seulement par étapes.Il est dans une boite de décompression,
    - Comme un homme-grenouille dit le Panda
    Didier s’exclama
    Mais c’est la solution.
    -Quoi?
    - Des hommes-grenouilles pour retrouver trace de la Sirène ou de sous-marins, meux que le ski nautique
    - Quelle Sirène? demanda le contra,
    -Didier sortit la photo que Nolwenn avait prise de lui, alors qu’il se relevait des vagues., il montra la tête
    - Tu y crois toi aux Sirènes.?
    - Chaque légende contient une part de vérité car elles parlent des croyances réelles ou fantasmées des hommes à un moment donné ou de qui les fait rêver.
    - Peut-être que la meurtrière veut seulement faire diversion en mettant en scène une Sirène. suggéra le Panda.
    Didi était excité,
    - et la perte d’ombre de Lars Rüdiger ?
    - Lars Rüdiger c’est un être qui par sa personnalité refuse l’ombre, un être qui se veut et se voit tout en lumière.
    Ils parlèrent aussi du vol de cadavre et de la piste des apprentis plastineurs
    - Des légendes parlent de Sirènes vivant dans des oasis marins capables à l’aide de baumes péciaux de ranimer les morts. Dit le contra.-
    -Et le plastineur?
    - Possible qu’ils ait fait des émules, après tout c’est très lucratif.
    - Tu crois qu’il existe un trafic?
    - von Hagens achète ses cadavre en Chine normalement, dit le Panda.
    #287Verfasserrb06 Jun. 05, 07:55
    Kommentar
    - Au fait que disait exactement le rapport d’obductions ?
    - Il faudra les relire, la victime était-elle une victime choisie ou simplement une victime du hasard parce qu'elle se trouvait là au mauvais endroit au mauvais moment.

    - Et si l’absence d’ombre est le fruit de la personnalité de Lars Rüdiger que vient faire la main d’ombre? objecta tout à coup Didi.

    Personne ne sut trouver une réponse plausible.

    Il jet a un coup d’œil sur sa montre, et dit:
    - ouh il est grand temps d’appeler Nolwenn on devait se retrouver à la baie pittoresque
    Le contra qui voulait rester anonyme car il craignait les honneurs de la République et les hommages de la Patrie reconnaissantdit à Didi en partant
    - N’oublie pas ta corinne , descend en chercher en bas notre contra chimiste vient d’en fabriquer de la fraîche exprès pour toi, mon garçon..
    Comme si Erronais aurait pu oublier sa corinne!!
    - Au Revoir.
    #288Verfasserrb06 Jun. 05, 07:58
    Kommentar
    Les deux policiers retournèrent au poste de police. M Panda voulait renga-ger l’enquête. Eronnais se tenait à l'écart :

    « Panda, tu dois comprendre, ma santé, elle est précieuse, il me faut la garder. Je ne travaillerai pas aujourd’hui. J’avais si mal à la tête ce matin par épuisement de travail : Je vais paresser avec Nolwenn ! »

    « Bien, je vais au commissariat, de toute façon personne n’y est à passer les dimanches avec moi, je m’y suis habitué. Toutefois un macchabée m’attend, par nature immobile il est fidèle ! »

    « Panda ! Il est disparu… »

    « Merde pour ceux qui m’ont affabulé ! »

    Eh bien, quelle était l’utilité d’une journée libre si on n’avait même pas un semicopain soiffard à faire de la conversation ?

    « Bonjour tristesse ! » Eronnais pensa.

    « Écoute, Panda, on pourrait aller dîner ce soir avec Nolwenn, au « Naon Am Bez Bemnoz », t’as envie ? Ce resto est super ! »

    « Chef, t’es un copain, mais, j’ai pas d’argent pour la bouffe exquise ! »

    « Ben, comme t’as pas un salaire, et, il faut dire ça, tu es l’appui de moi, je t’invite ! »

    Le visage de M Panda s’éclaira. Il demanda un peu de la coco et se mit à ouvrir la porte du poste de police.

    « À huit heures et demi, ça va ? »

    « Oui, bien sûr, à bientôt ! »
    #289Verfasserbu09 Jun. 05, 16:03
    Kommentar
    M Panda entra et s’assit. Il présuma, encouragé par la supposition de Nolwenn, que le message écrit sur le macchabée était un chiffrage ou bien une énigme en lettres. Si on analysa les mots profondément c’était clair que le coupable n’avait pas voulu écrire « Atao Breizh » mais l’énumération « a) tao b) reizh ». Peut-être l’écriture était un indice ? Puis l’exégèse par le contra anonyme, qui avait apparemment recherché le terme « Breizh » au lieu de « Reizh », était un tao erroné, un chemin qui pilota à un cul-de-sac. On ne pouvait pas l’imputer, l'oxygène se raréfie en altitude mentale.

    « Bien » se dit M Panda en soliloque, « bien, l’expression chinois ‘Tao’ signifie ‘la voie’ ou ‘le chemin’ comme on vient d’apprendre, mais ‘Reizh’ ? »

    Il médita, ‘Reizh’, Reizh’… Les deux flics Allemands, n’avaient-ils pas cla-mé le mot ‘reizend’ dans un intervalle d'une minute la veille ? Il consulta le dictionnaire allemand-français qu’avait commandé Didier par la toile.

    « Reitturnier, Reitunterricht, Reiz, reizbar… Reiz ? Voilà, le Reiz : excita-tion, irritation, stimulus, attrait, charme… Mais, le ‘H’ manque, puis ‘reizh’, c’est faux si Allemand. Donc ça voudrait dire « a) chemin b) attrait ». Mais, ça, ça ressemble à une recette de nouvelle cuisine ou aux instruc-tions assez imprécises de bricolage bien abstrait. »
    #290Verfasserbu09 Jun. 05, 16:04
    Kommentar
    M Panda était démoralisé. Ses « copains » s’amusaient tandis qu’à lui, par manque de relations sociaux, à lui il ne restait que le travail et, quelle purée de travail ! Ayant le cafard il prit une prise de la coco. Le besoin d'activité était régénéré !

    « Si on regarde le manque du verbe auxiliaire comme ellipse, comparable aux proverbes Latins, on pourrait lire « la voie est l’attrait » ou « l’excitation est le chemin » ou pareil ! »

    « Et si ce mot est Breton ? »

    Il farfouilla ses documents et la bibliothèque…

    « Merde, le dictionnaire breton fait défaut ! C’est celui que j’ai avalé ! »

    Par la fenêtre il vit Rozenn Kermarec passer. De prompte réaction il s’éleva et pencha par la fenêtre :

    « Excusez-moi, Madame, est-ce que vous savez le Breton ? »

    « Bien sûr, mon ami, comme enfant je n’ai que parlé du Breton… »

    « Vous voulez dire que vous n’avez pas parlé que du Breton ? »

    « Non, que je n’ai que parlé du Breton ! »

    « Quoi qu’il en soit ! Pourriez-vous me dire ce que veut dire le mot ‘Reizh’ ? »

    « Bien sûr, mon fils, ‘Reizh’ est ou un adjective très amplement applicable qui veut dire : droit, juste, équitable, probe, correct, normal, docile, ferré, compétent et habile ou un nom signifiant : droit, loi, règle morale, bon ordre, la normale et état normal. »

    « Merci bien, Madame, très gentil ! Au revoir ! »

    « Au revoir ! »

    « Bon ! Reizh est un terme de la morale, quel fondement apte pour un meurtre ! Si on assemble ‘Tao’ et ‘Reizh’ en Breton, ça veut dire quelque chose comme ‘le chemin équitable’. Qu’est-ce que ça signifie, alors ? »
    #291Verfasserbu09 Jun. 05, 16:05
    Kommentar
    Eronnais était allé à maison pour s’y faire supportable, c’est-à-dire pren-dre une douche pour se débarrasser du savon liquide (ce qui avait été impossible au commissariat car là on ne disposait pas d’une douche) et se laver les dents. Puis il téléphona à Nolwenn.

    Le display du téléphone de Nolwenn montra le nom « Dididoudinais ».

    « Oui, Dididoudinais ? » répondit-elle d’une voix doucereuse.

    « Nolwenn, écoute, j’ai pris congé, où es-tu ? J’ai envie d’aller à la mer avec toi… »

    « Oh, Dididoudinais, t’es si romantique ! Mais, désolée, mon chef vient de m’appeler, il est très excité de quelque chose, il me faut aller au bu-reau… »

    « Ah, Nolwenn, tu travailles trop, il faut être attentif à sa santé ! »

    « Désolée, Dididoudinais… »

    « Mais tu viens aller dîner avec moi et le pauvre Panda qui a la crise parce qu’il n’a pas de famille et pas d’copains, c’est dimanche, jour de semaine le plus solitaire et triste ! »

    « Oui, je pense que j’arriverai à vous joindre… Quand et où ? »

    « Au « Naon Am Bez Bemnoz », à huit heures. »

    « Formidable, je serai là »

    « Merci, Nolwenn… » il dit et ajouta après une absence mentale à voix basse : « je t’aime ! »

    C’était quoi ? Un cow-boy japonais ? Une tempête de neige au delta du Nil ? Il les avait prononcés : les trois mots les plus tendres. Nolwenn ne se rendit pas compte de la contradiction de la beauté des mots et de leur provenance d’une bouche si membrue.

    « Je t’aime, Dididoudinidounais ! » échoa Nolwenn en pensant « Une nou-velle période de vie entraîne des surnoms nouveaux ! »
    #292Verfasserbu09 Jun. 05, 16:05
    Kommentar
    Le chef de Nolwenn, Penn Marc'h, l’attendait impatiemment. Sans la sa-luer il commença à parler à toute vitesse :

    « Écoute, Nol, quel jour de chance, publicitairement parlant, un article à succès t’attend… »

    « Salut Penn ! »

    « Nol, un galopin vient de me téléphoner qu’il a entendu sonner des clo-ches sous la mer, c’est-à-dire qu’… »

    « …il a consumé du speed ce qui amène au délire et aux hallucinations ! »

    « Écoute, Nolwy, c’est pas le moment de rigoler, ça sera la une du surlen-demain. C’est les cloches de la cité d’Ys qu’il a entendues ! »

    « Quelle idiotie ! »

    « Je veux que tu ailles l’interviewer ! »

    « Bien, t’es le chef, quel est son nom ? Son numéro ? »

    « Il s’appelle Yann-Loïc, voilà son numéro ! »

    Penn lui donna un bout de papier avec le numéro de Yann-Loïc. Nolwenn l’appela.

    « Allo ? »

    « Yann-Loïc ? »

    « Oui ! »

    « Ici Nolwenn Le Coz-Pensec, reporter à l’Ouest-Èclair. J’aimerais parler avec toi quant aux cloches que tu crois avoir entendues ! »

    « Oui ? »

    « Puis-je te rencontrer ? »

    « Oui… »

    « Où est-tu ? »

    « Au Lonker… »

    « Je serai là en dix minutes, salut ! »
    #293Verfasserbu09 Jun. 05, 16:06
    Kommentar
    Yann-Loïc était heureux, simplement heureux. Aucune raison à renauder, grogner, maugréer, rouspéter ou bien retomber sur Camus (les rechutes de temps en temps étaient plutôt motivées par habitude que par contrainte intrinsèque). La source de la joie de vivre mystérieuse avait diminué à la longue mais l’amour qu’il éprouvait pour Gweuz Gwenanenn compensait le manque de dopamine et noradrénaline, toutes provoquées artificiellement par une substance raffinée, mais bien entendu involon-taire. C’était bien comme ça, plus salubre, moins cher. Le blocage de sa libido en outre produisait un excédent en hormone sexuelle mâle, la tes-tostérone. Gweuz avait bien réalisé que le cœur de Yann-Loïc était une braise et qu’il avait les pieds froids, mais elle pensait que Yann était mi-gnon si maladroit et timide.

    Les après-midi et les soirs Gweuz travaillait dans le bar « Lonker » où elle saoulait surtout des Allemands. Ce bar était assez touristique, le terme « Nonnenpisse », employé par le maire, était exact pour la bière qu’on y vendait : fadasse et gouleyante. Le bar était listé dans un guide Allemand sous la rubrique « Erlebnisgastronomie in der Bretagne », aménagé d’un style assez retro (environ huit siècles) et kitsch. Un gag particulièrement bien venu était la consommation de la bière : elle n’était pas servie dans des verres ou des chopes mais dans des hanaps fastueux inspirés par le Moyen Âge. Les touristes, ils les kiffaient à fond !

    Yann-Loïc se foutait de l’intérieure, il n’avait des yeux que pour son ado-rée, et quand elle n’avait pas le temps à roucouler avec lui, il lisait l’œuvre de Marquis de Sade à quelle il était introduit par Gweuz.
    #294Verfasserbu09 Jun. 05, 16:06
    Kommentar
    Quand Nolwenn entra Yann-Loïc était en train de ne pas roucouler. Elle lui joignit.

    « Salut, t’es Yann-Loïc ? »

    « Oui… »

    « Je m’appelle Nolwenn… »

    « Je te connais, tu m’as sauvé la veille… »

    « Oui, ce mec, Gwyon, quel malotru rustre, je m’en souviens indistincte-ment ! »

    « Oui, merci pour hier soir… »

    « De rien, et, on vient de se croiser, non ? »

    « Oui, j’ai promené avec mon amie Gweuz, elle est là. »

    Il fit un signe vers le bar.

    « Ben, tu dis que t’as entendu sonner des cloches sous la mer ? »

    « Oui. »

    Gweuz vint et Nolwenn regarda ce que buvait Yann-Loïc quand elle re-marqua qu’il avait un hanap.

    « Vous servez la bière dans des hanaps ??? »

    « Oui », répondit Gweuz, « C’est une idée de mon chef, je pense que c’est assez risible ! »

    « Oui, moi aussi. Ben, écoute, j’ai trouvé un de vos hanaps ce matin à coté de mon lit. Excuse, je ne me souviens pas comment je l’ai… c’était une soirée assez débordant ! »

    « Ne t’inquiète pas, garde-le ! On en a des centaines, ils sont très bon marché, produits en Chine… »

    « J’ai pensé que c’était quelque chose de spécial… ben, je me suis faite blousée… »

    « Oui, hihi… que veux-tu ? »

    « Donne-moi un verre d’eau, s’il te plait ! »
    #295Verfasserbu09 Jun. 05, 16:07
    Kommentar
    Elle s’adressa à Yann-Loïc :

    « De quoi avons-nous parlé ? Ah, les cloches, et t’es absolument sûr que tu ne te sois pas défoncé au préalable ? »

    « T’es une policière ou quoi ? »

    « Non, pas du tout, mais il me faut savoir si ton histoire est croyable… »

    « Absolument, la veille mon amie et moi nous avons pris une barque et sommes allés sur la mer, demande-la ! Nous avons fumé, mais rien que du tabac. Elle s’est endormie tandis que moi, j’ai joui du silence de la mer et la lumière blême de la lune. Tout à coup j’ai entendu des cloches… »

    « Et t’es sûr qu’il n’y avait pas une autre barque sur la mer ? Tu sais que sur la mer les sons sont portés très loin ! »

    « Absolument ! Par ailleurs, le ton provenait de sous la mer, j’aimerais faire l’école d’ingénieur du son et m’y connais avec l’acoustique, je suis absolument sûr ! »

    « Bien, mais tu n’as rien vu ? »

    « Non, la surface de l'eau était tranquille, clair, des petites vagues, mais rien de frappant ! »

    « Ok, merci, si quelque chose te vient à l’esprit, appelle-moi, voilà mon numéro. »

    Ils prirent congé.
    #296Verfasserbu09 Jun. 05, 16:07
    Kommentar
    Bernd Fasten avait soutenu Heinz qui ne pouvait plus marcher soi-même. Après avoir essayé d’entrer dans l’écran de l’ordinateur par la violence la partie gauche de son visage était constellé de lettres lumineuses.

    « Warum willst Du altes Haus auch immer gleich mit dem Kopf durch die Wand ? » rembarra Bernd en l'aidant à se relever.

    « Danke Bernd, ich wollte ja bloss diesem liederlichen Bu eins auf die Nase geben ! » hoqueta Heinz, « ich probiere es noch mit dem zweiten Bildschirm ! »

    Il se jeta contre un deuxième écran inexistant. Il se vianda et roula vers les jambes de la réceptionniste qui en sursautant culbuta la coupe des bonbons acidulés.

    « Du bist ja sturzhagelvoll ! » nota Bernd, qui à son tour n’avait non plus su se refuser de l’offre abondant de Tramail Hat, « Komm, ich bring Dich auf Dein Zimmer… »

    Les deux essayèrent à monter l’escalier. Il y avait vingt-quatre heures qu’ils n’avaient guère réussi à faire cela à cause de leur faiblesse, mainte-nant l’obstacle cardinal était l’ivresse. Après trois degrés ils tombèrent et écrasèrent où ils avaient commencé. La petite vieille au visage de pomme ridée vint leur aider. Quand ils arrivèrent à la chambre, les deux flics s’allongèrent sur le lit.
    #297Verfasserbu09 Jun. 05, 16:08
    Kommentar
    « Bernd, mir ist üübel ! »

    « Heinz, das geht vorbei. Gönn Dir mal ne Kappe Schlaf ! »

    « Ich glaub, ich krieg einen Brechreizh ! »

    « Du meinst einen Brechreiz ! »

    « Ach, das macht ja wohl auch keinen Unterschiepfffft… »

    Heinz s’endormit en persistant dans l’indifférence orthographique…

    Bernd par contre se sentit tout à fait éveillé. La cause était son « Helfer-syndrom », la motivation la plus souvent trouvée parmi les aspis policiers (un grade qu’il avait distancé depuis des années). Ce « Helfersyndrom » provoquait la sécrétion des hormones, l’effet était le même que celui de la coco, mais ménagé d’une manière légale (et donc le seul moyen pratica-ble pour un flic honnête, ouai !). Mais, la surconsommation précédente d’alcool combattit cet effet généralement considéré positif. Ainsi Bernd fatigua et suivit son copain Heinz au pacage de mouton tant de fois allé-gué et succomba au sommeil.

    La petite vieille au visage de pomme ridée veilla, les deux Allemands d’environ 50 ans, elle pensait, avaient besoin d’une mère affectionnée :

    « Ne sont-ils pas pareils aux garçons ? »

    Et comme sa fille avait commencé à refuser le service maternel vu sa mise à la retraite, la vieille disposait de la sollicitude illimitée.
    #298Verfasserbu09 Jun. 05, 16:09
    Kommentar
    « Quel méli-mélo, cette affaire quadrilingue ! Maintenant je m’en vais… »

    M Panda avait l’intention d’aller enlever le vélo policier du chez le mécani-cien avant et aller au resto à bicyclette. Ainsi Nolwenn et Eronnais pour-raient reconduire seuls. En passant il prit la clé du poste de police.

    Quand il ferma la porte le téléphone sonna. M. Panda retourna et décro-cha le combiné.

    « Police de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer, vous parlez avec M Panda, j’écoute… »

    « Écoutez, je vous raconterai quelque… »

    « Qui parle ? »

    « N’importe ! »

    « Ben sûr, c’importe ! »

    La voix ralentit : « Si vous voulez que je raccroche ? »

    « Ok, j’écoute… »

    « J’ai observé la teinture des vaches ! »

    « Vous avez quoi ? » M Panda exclama zélé.

    « J’ai témoigné la coloration des vaches… »

    « Pas possible ! »

    « Je suis pas une bonne poire ! »

    « Moi j’ai rien dit… »

    « J’ai vu un homme sur l’herbage shampooiner les vaches aux petits oi-gnons. Je l’ai observé. »

    « Il a … »

    « Comme il m’a aperçu il est venu vers moi et m’a menacé, il a dit que j’ai un pois chiche dans la tête, et son ton carnivore m’a fait croire que c’était la fin des haricots, comprenez, que les carottes étaient cuites ! »

    La voix pausa.
    #299Verfasserbu09 Jun. 05, 16:09
    Kommentar
    « Il a avancé en me disant que ça, c’était pas mes oignons, et oui, il m’a flanqué une châtaigne sur le marron en ajoutant qu’il me ferait manger les pissenlits par le racine si je racontais à quelqu’un ! »

    « C’est horrible ! » feignit la compassion M Panda.

    « Oui, c’est exactement ce qu’a dit ma chouchoute. »

    « Et vous ne pouvez pas dire ce qui était cet homme incultivé ? »

    « Non, je ne peux pas vous dire son nom, mais, de moi à vous, il est une grosse légume ! »

    « Ahh ! »

    « Et en outre une grande asperge ! »

    « Ahh ! C’est-à-dire grand et maigre ? » demanda M Panda déçu comme il avait pensé à Raphall qui en effet était grand, mais bien sûr l’antipode de la maigreur.

    « Non, il était assez volumineux, mais concernant l’asperge, il a eu une camouflage d’asperge… »

    « Quoi ? Il était costumé d’asperge ? »

    « Oui, ou quelque chose pareil, allongé et étroit, vêtu comme un membre d’une sorte Ku Klux Klan aspergique ! Devez comprendre, j’ai sucré les fraises, j’ai pas eu l’esprit de focaliser sur sa toilette, désolé ! J’ai appuyé sur le champignon en me défilant… »

    « Bizarre ! Et vous ne voulez pas me dire son nom ? »

    « Désolé, je crains qu’il ne revienne me voire si je le fourgue ! »

    « Non, je ne vais pas mentionner ce rappel à personne ! »

    « Vous êtes un chou ! »

    « Peut-être, mais dites-moi son nom ! »

    « Des nèfles ! »

    « Je vous garantis… »

    « Tut tut tut… »

    M Panda raccrocha.

    « Voilà merde, un témoin téléphone et je n’arrive pas à obtenir une seule info utile. Je suis bête comme un chou, débile ! » il se bila.

    M Panda réfléchit ce qui lui avait paru bizarre.

    « Hélas, je creuse ma tête pour des prunes, je ne fais que chou blanc ! »

    En regardant l’horloge il réalisa qu’il fallait se dépêcher. Certainement Nolwenn et Didier étaient déjà au restaurant. M Panda ferma la porte quand le téléphone sonna. M Panda courut…
    #300Verfasserbu09 Jun. 05, 16:10
    Kommentar
    « Police de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer, vous parlez avec M Panda, j’écoute… »

    « Oui, je sais, je viens de faire votre numéro, quoique je ne me sois pas attendu à entendre vous dire la vérité, sacrément ! »

    « Qui parle ? »

    « C’est le président de la Société de la pêche en amateur de Rennes ! Nous avons connaissance de que vous répondez les coups de téléphone en vous présentant comme Société de la pêche en amateur de Rennes… »

    « Monsieur, vous êtes victime d'une erreur ou voire même de plusieurs, adieu ! »

    Zack ! M Panda mit un terme au coup et s’en alla.
    #301Verfasserbu09 Jun. 05, 16:10
    Kommentar
    Nolwenn et Didier étaient assis à une table à coté de la fenêtre. M Panda s’assit :

    « Bonsoir, les tourtereaux ! »

    « Salut, comment ça va ? » demanda Didier qui se bilait de son adjoint.

    « Ça va, merci… »

    Il prit la carte en main. Il leur reporta de l’appel, du témoignage.

    Nolwenn demanda :

    « Il a reconnu le coupable et ne veut pas le cafarder ? »

    « Oui, il a les boules ! »

    « Mais pourquoi n’allez-vous pas l’arrêter et torturer ? »

    « Parce qu’on connaît pas son identité ! » M Panda répondit crispé.

    « Allons, du calme ! Je ne savais pas cela ! »

    « Pardon, Nolwenn ! J’ai cru avoir dit ça. Avez-vous déjà choisi ? »

    « Oui ! » répliquèrent Nolwenn et Didier en chœur.

    « Ben, laissez-moi regarder les menus ! »

    M Panda choisit un plat végétarien. Et comme Nolwenn et Didier débatti-rent une affaire apparemment intime, il lut la déclaration d’origine des aliments par décence :


    Agnelet : Nouvelle Zélande
    Bœuf : Ploudalmézeau (Éleveur bio M Jarret Château)
    Poulet fermier : St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer (Avi-cultrice bio Mme Sote Lilaisse)
    Poulet aux hormones : Chine, Hongrie
    Légumes : St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer (Légu-miers bio M et Mme Julien et Bette Ravel)
    Légumes (OGM) :St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer (Légu-mier GMO M Eugène Épisaumme)
    Fruits : Italie, Espagne, Grèce
    Laitage : Plougonvelin (Laitier M Séverin Blanche)
    #302Verfasserbu09 Jun. 05, 16:11
    Kommentar
    « Ô bienvenue inspiration ! Je sais ce qui m’a téléphoné. Ah, je vais lui rendre visite demain matin et il va chanter, je vous promets ! »

    Le garçon vint, les trois demandèrent les repas.

    Quand Nolwenn raconta de son article de journal, le commentaire d’Eronnais était bref :

    « Ça arrivera également à Paris, cette ville copieuse, elle sera inondée un beau jour ! »

    « Tu te moques de mon chef ? Eh bien, mais maintenant vous avez une idée de ma vie active en partie azimutée ! »

    M Panda répondit que tout était envisageable si on tenait compte de la sirène.

    « Une sirène ? » Nolwenn demanda sceptique.

    « T’as bien perdu une belle occasion de te taire, Panda ! » bougonna Eronnais.

    « Quoi, une sirène ?! »

    « Oui, mais c’est top secret ! »

    « Pas d’problème, Dididoudinidounais ! Mais, vous en êtes absolument sûrs ? »

    « Aucun doute ! La sirène qu’on cherche à capturer a bien volé la sombre de Lars-Rüdiger, ce qui prouve son manque de goût ! » M Panda répondit.

    « C’est alors deux incidents que je n’aurais jamais crus possibles… Concluons : si ce gars a entendu des cloches sous la mer et vous parlez d’une sirène, c’est peut-être Dahut, la fille de Gradlon ! Ça serrait tout à fait cohérent ! Mais non… » elle hésita « c’est trop aberrant ! »

    « Moi, je ne me suis jamais cru investi par des créatures surhumaines, mais ça, ça me fait y croire… » bégaya M Panda.

    Eronnais digressa :

    « Tu sais qu’elle avait pour amants les sept péchés capitaux ? »

    M Panda l’avait ignoré :

    « Non, c’est une drôle de préférence, aussi déroutée que la tienne ! »

    Nolwenn le regarda vexée.

    « C’était une blague, Nolwenn ! »

    « Plutôt une dague… »

    Eronnais avait une idée. Il demanda le garçon s’il pouvait aller chercher son patron ou le livre « Summa theologica » de Thomas d'Aquin comme il savait que le propriétaire du restaurant, un camarade d’école, possédait une bibliothèque vaste.
    #303Verfasserbu09 Jun. 05, 16:12
    Kommentar
    Le propriétaire du restaurant, Marcel Bouquin, lui amena le livre en per-sonne.

    « T’as changé de métier et te dédies à la théologie maintenant ? » celui rit, « non, Didier, bienvenu chez moi ! Ah, et ça c’est Nolwenn, ça fait beaucoup de temps qu’on s’est rencontré ! »

    Ils papotèrent un peu, puis Marcel Bouquin dit qu’il lui fallait. Eronnais consulta l’article des sept péchés capitaux.

    Le cellulaire de Nolwenn sonna :

    « Allo… oui… oui, bien, on est là au « Naon Am Bez Bemnoz », tu connais ? Oui, viens ici, je t’attends, salut ! »

    « C’était qui ? » demanda Didier.

    « C’était ce jeune qui a entendu les cloches d’Ys ! »

    « Et il vient ici ? », Eronnais un peu fâché.

    « Ouai, pourquoi pas ? Vous deux travaillez également, puis je fais ma recherche ici. En outre il veut parler de ce qu’il a vu. Il parait qu’il ne m’a pas dit toute la vérité cet après-midi… »

    « Et s’il a vu une sirène, la sirène ? » demanda M Panda.

    « Il parait qu’on va collaborer ! » dit Nolwenn, « peut-être votre meurtre est en rapport avec l’expérience vécue de Yann-Loïc. Mais, faut pas mentionner que vous êtes de la police ! »

    « Ah, un criminel ? Je vais l’arrêter ! » M Eronnais tenta d’être marrant. Comme il comprit qu’il n’avait pas réussi il commença à faire la lecture afin de faire oublier son essai échoué :

    « L'orgueil représenté par Lucifer, l'avarice ou cupidité de Mammon, l'en-vie soutenue par Léviathan, la colère de Satan, la luxure supportée par Asmodée, la gourmandise assaisonnée par Belzébuth et la paresse de Belphégor. »
    #304Verfasserbu09 Jun. 05, 16:13
    Kommentar
    Yann-Loïc apparut et chercha la table de Nolwenn.

    « Allô, Yann-Loïc ! On est là ! » Nolwenn dit allègre.

    Celui s’approcha :

    « Bonjour, Nolwenn, bonjour Messieurs ! »

    « Comment si rapide, Yann-Loïc ? »

    « J’ai été dans les parages, et en skate-board je fais une rapidité infer-nale ! »

    « Je suis impressionnée, assieds-toi, tu veux boire quelque chose ? »

    « Mais tu n’as pas commis un excès de vitesse ? » Eronnais tâcha de nou-veau, mais était court-circuité.

    « Oui, une bière bretonne, s’il te plait. La bière qu’on sert au Lonker, pu-tain, quelle lavasse ! »

    « Garçon, une Coreff, s’il vous plait ! » Nolwenn commanda.

    « Puis-je parler en compagnie d’eux ? »

    « Oui, bien sûr, c’est des amis ! »

    « J’ai enregistré quelque chose intéressant avec mon mobil qui a l’enregistrement vocal digital, écoutez :

    « As-tu vu pêcheur, la fille de la mer,
    C’est moi, peignant mes cheveux blonds dorés
    Au grand soleil sur le bord de l'eau ?
    Je suis la blanche fille de la mer
    Tu m’as même entendue chanter :
    Plaintifs étaient l'air et la chanson. »

    « C’est abracadabrant ! » dit M Panda envoûté.

    « Quelle bonne blague ! » Eronnais ricana, « gars, t’as fabriqué cette chanson avec ton ordinateur et un logiciel musical ! »

    « Non, c’est tout à fait authentique, écoute chef, il y a des gens qui ra-content que Dahut devint une sirène après sa mort. On dit qu'elle apparaît aux marins les soirs de lune, peignant son longue cheveu d'or. Selon la légende par temps très calme on peut entendre sonner les cloches de la cité engloutie… »
    #305Verfasserbu09 Jun. 05, 16:13
    Kommentar
    « Galimatias ! »

    « Je me souviens très bien du soir où j’ai été sauvé par Lars-Rüdiger, c’était une soir de lune ! »

    « Un contre trois, c’est pas juste, quelle soirée ! » pensa Didier Eronnais, le flic commençant à douter de la raison de ses amis.

    « De quoi parlez-vous ? » demanda Yann-Loïc.

    « C’est un secret professionnel ! » aboya Eronnais ennuyé.

    « Un secret professionnel chez la presse ? »

    « Nous sommes de policiers, pas des reporters ! » Eronnais renâcla.

    « Non, c’est un piège, Nolwenn, tu n’ m’as pas dit qu’il y a d’ la police ! »

    « Cool, Raoul ! C’est des amis, et toi, je ne t’ai pas fait venir à cause de leur cas ! » Nolwenn apaisa.

    Yann-Loïc eut la bougeotte, Eronnais l’aperçut et voulait commencer à l’interroger. Sans succès, le zèle de Nolwenn et M Panda était invincible. Les deux se dédièrent aux théories fantastiques, discutaient les pour et les contres de l’existence et la culpabilité potentielles d’une Sirène. M Panda changea de sujet et résuma ce qu’il a appris cet après-midi :

    « Après mûre réflexion j’ai trouvé une solution possible au énigme « tao reizh » ! Je pense que ça veut dire « le chemin équitable » si on considère le mot « reizh » comme Breton ou « la voie est l’attrait’ » ou « l’excitation est le chemin » si « reizh » est supposé comme Allemand faux, mais c’est plutôt improbable ! »

    « Pourquoi ? Les Français qu’on a interrogés ne savaient non plus corriger une phrase complètement fausse ! » interjeta Eronnais de plus en plus énervé.

    « Oui, c’est vrai… » M Panda convint.

    « Et les lettres en Français qu’on a reçues, les premières toutefois, elles étaient pleines des bourdes ! » Eronnais indiqua.

    « Je ne pige que dalle ! » dit Yann-Loïc « Vous parlez de quoi, alors ? »
    #306Verfasserbu09 Jun. 05, 16:14
    Kommentar
    « Oui, et ça ne m’étonne pas ! Comment pourrais-tu nous aider, avec tant peu d’expérience ? » cracha Eronnais qui avait absolument piqué une crise entre-temps.

    « Tu dérailles ? Qu’est-ce qui se passe avec toi ? » Nolwenn ne comprit pas du tout l’attitude de Dididoudinidounais.

    « Ne t'immisce pas ! Ce jeune vient ici et veut jouer Sherlock Holmes, ou bien James Bond, bamm, bamm ! L’autorisation à tuer en toute circons-tance, bamm ! Bamm, bamm, bamm !!! » Eronnais flippa complètement. « Et toi, tu le protèges ! »

    Il s’éleva et s’en alla sans parler. Les trois à la table étaient ébahis. Eron-nais revint et lança sa Mastercard sur la table en disant :

    « On ne pourra pas dire que je ne tiens pas parole ! »

    Il partit.

    Nolwenn le talonna et l’arrêta :

    « Qu’est-ce que ça signifie, Didier ? »

    « Tu penses que je n’ai pas remarqué tes œillades et ta voix gentille ? Tu penses que je suis aveugle et sourd ? »

    « Bordel de Dieu ! Tu déconnes complètement ! »

    « Eh bien, ce n’est que normal vue ton comportement ! »

    « Ne noie pas le poisson, Didier, le problème c’est pas moi ! J’étais si émue cet après-midi quand tu m’as dit que tu m’aimes ! Tu sais que tu es le premier de m’avouer un tel secret ? »

    Comme elle remarqua qu’il était en train de céder, elle ajouta une citation de Balzac :

    « Je suis toujours ta petite louloutte sic, vieux monstre ! »

    Remarquablement elle récita même la remarque éditoriale. Didier qui s’y connaissait en la coutume de citer, pouffa de rire et l’embrassa :

    « Viens ici, ma petite louloutte sic ! »
    #307Verfasserbu09 Jun. 05, 16:14
    Kommentar
    Ils retournèrent à la table où M Panda et Yann-Loïc étaient en train de discuter le mystère des sirènes.

    « Ben, Yann-Loïc, excuse… Ce que tu dis ça correspond à la vérité ? » demanda Eronnais.

    « Oui, j’ai entendu les cloches et puis le chant qui venait également de sous la mer, franchement ! »

    « Et pourquoi as-tu enregistré ce chant ? »

    « Mon Dieu, je dirais que ça c’est tout à fait normal, non ? » son regard chercha à obtenir l’affirmation générale.

    « Oui, c’est juste… » avoua Eronnais.

    Comme Yann-Loïc dit qu’il était temps d’aller voir son amie, les autres décidèrent qu’eux également, ils voulaient s’en aller. Eronnais demanda l’addition et paya. Nolwenn et Didier montèrent en voiture tandis que M Panda et Yann-Loïc se déplacèrent au vélo et skate-board…


    Le lendemain matin Nolwenn alla chercher l’Ouest-Èclair dans la boîte. Didier était toujours dans le lit, ronflant. Il s’éveilla à cause de Nolwenn qui poussa un cri d’horreur.
    #308Verfasserbu09 Jun. 05, 16:15
    Kommentar
    Responsable de ce cri d'effroi était la manchette qui barrait la une de l'Ouest-Éclair "TENSIONS ET DISSENSSIONS CHEZ LA POLICE PLOUGTRIFOUILLSKELLINE"
    Une photo d’Erronnais se battant avec le Panda dans le commissariat illustrait ce titre..
    Sous la photo une légende en italiques demandait "Notre sécurité est-elle entre de bonnes mains ? Pour en savoir plus lisez l'article page 3."
    - Coua Qu'est-ce, où suis-je ? demanda Didi, et se retournant il se rendormit aussitôt.
    Nolwenn reconnut avec horreur qu’elle avait prise elle même cette photo.
    Les lettres gorgées d'encre et de noirceur semblaient danser sur le papier un sabbat accusateur. Elle eut l'impression qu'il s'agissait de corbeaux, rassemblés par sortilège sur la blancheur du papier ayant pour seul dessein l'assombrissement de son ciel.
    Elle secoua le jounal, comme si elle avait voulu en faire tomber les lettres.Mais celles-ci, baveuses d'encre fraîche, fières de leur statut d'esprit devenu matière, demeuraient impertubables. .Elles constituaient à elles seules une réalité sociale avec laquelle il fallait composer
    #309Verfasserrb20 Jun. 05, 07:03
    Kommentar
    -Oh mince j’ai envoyé les mauvaises photos pour illustrer mon article " Des Cloches et des Sirènes " Son article à elle commençait par un vers de Baudelaire du poème La Mer, Homme libre, toujours tu chériras la mer ! "Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes" et abordait sur un ton mi-sérieux mi fantasmagorique les révélations de Yann-Loic, qu'elle appelait affectueusement Yannig.. Elle avait réussi à distiller tout au long de son article un parfum onirique. Elle avait rédigés cet article finenement , à la maniére des peintres impressionistes, à ceci près, que, ne pouvant pas donner par l'écriture d'emblée une vue d'ensemble, elle procédait par touches successives .Elle rappelait au début la légende de l'Altantis bretonne, la ville d'Ys engloutie.

    Apparemment elle avait envoyé par mégarde avec son article et les photos illustrant celui ci le cliché de Didi et du Panda
    -oh gourde que je suis avec ma photomanie!!
    Ronnnfff Ronnnfff faisait Didier qui dormait du sommeil du juste, Nolwenn s'assit en tailleur sur le lit, et lut l'article de la page 3
    #310Verfasserrb20 Jun. 05, 07:04
    Kommentar
    "De graves dysfonctionnement semblent entraver la bonne marche de notre police locale., Erronnais. le chef de la police locale et son adjoint M Panda ne forment pas ce qu'on pourrait appeler la meilleure équipe..Visiblement dépassés par les évènements, nos policiers ont perdu les nerfs et dépensent en de vaines querelles intestines l'énergie qu'ils devraient mettre dans la poursuite de leurs investigationse. Leur incapacité à faire avancer l'enquête sur le meurtre de la plage représente un danger pour nos concitoyens qui ne pourront dormir tranquilles, qu'une fois le coupable sous les verrous." …

    Nolwenn n'avait pas besoin de café pour se réveiller ce matin, elle pensa brûler ce journal., puis réprima cette pulsion enfantine, la réalité était là sur le papier en noir et blanc et en couleurs, elle se devait de l'affronter.
    Elle décida d'appeler Penn Mar'ch.
    Celui-ci malgré l'heure matinale hennit de bonheur en l'entendant:
    - Nol,.Félicitations super la photo que tu nous as envoyée avec l'article sur le chant des Sirènes. J'en ai fait tout de suite un article, tu sais. Et puis j'ai changé d'avis on publiera l'article "Des Cloches et Des Sirènes" mercredi seulement.. Mercredi c'est le creux de milieu de semaine, c'est le jour des vaches maires, on pourra donc faire nos choux gras des révélations de ce blanc-bec, Yann-Loic
    #311Verfasserrb20 Jun. 05, 07:05
    Kommentar
    - Mais tu aurais du me consulter, j'ai envoyé cette photo par erreur,c'est un article que je préparais.. Tu sais cette bataille n'est pas ce qu'elle en a l'air, cela fait partie de leur entraînement mentit-elle sans rougir. De toute façon comment être érubescente quand on était livide d'inquiétude ?. Ce sont des nouvelles méthodes de travail, la police s'entraîne aux arts martiaux es pour être mieux à la hauteur de sa tâche.

    - Ah beu peu importe, dit PennMar'ch en riant de son rire chevalin, on pourra toujours publier un démenti, en attendant ça fait vendre, médire, causer,.jaser- Il jubilait et on pouvait palper à travers la ligne téléphonique joie toute sensuelle que Penn Mar'ch éprouvait par avance à l'idée de compter la recette du jour, en monnaie sonnante et trébuchante.
    Il baissa la voix et parla sur le ton de confidence.
    - Et puis entre nous, le projet pilote de nommer un Panda comme adjoint , c'était un peu débile non.?
    -Pas plus que de mettre une tête de cheval à la tête d'un journal pensa Nolwenn. Elle reprit sa respiration et demanda
    - Bon, mais tu me laisses mener mon enquête. Avec la police, tu vois c'est délicat je dois collaborer avec eux,
    - Vas-y tu as carte blanche, dit Penn Mar'ch, qui bien sûr ignorait quel point la collaboration était rapprochée.
    #312Verfasserrb20 Jun. 05, 07:07
    Kommentar
    -Mffrrrmfffrrrr faisait Didi à côté d'elle. Elle le secoua légèrement pour le réveiller, il ouvrit un œil et tenta de l'attirer contre lui.
    Elle se dégagea, ce qui le réveilla tout à fait.
    - j'ai fait une connerie avoua-t-elle en prenant un air piteux
    - Didi se redressa, les sourcils levés en point d'interrogation
    -T u sais la photo que j'ai prise de votre rixe à cause de l'ordre noiraudien qui régnait au commissariat.
    - oui bredouilla Didi, la voix embrouillée de sommeil.
    - et bien rien mon Di, c'était pour rire
    - Tu as des drôles de blagues ma chérie dit Didi, et jetant un regard vers le réveil, il dit:
    - oh mais il est l'heure de me lever mon bébé
    - je vais la première dans la salle de bain, mon lapin
    - et après c'est à mon tour, mon amour

    #313Verfasserrb20 Jun. 05, 07:08
    Kommentar
    Elle réfléchissait, lègèrement paniquée. Didi avait rendez vous au Death Care situé à une centaine de kilomètres de là. Il y avait de grandes chances qu'il n'y apprenne rien sur l'article de l'Ouest-Éclair qui n' était imprimé que dans le supplément local.. De plus le Panda, tout à sa nostalgie asiatique, complètement absorbé par son dazibao ne lisait pas l'Ouest -Èclair.
    Histoire de gagner du temps Nolwenn préféra lâchement laisser Didier dans l'ignorance
    .
    C'est donc un Didi innocent et amoureux qui prit, une heure plus tard la route de l'argoat qui menait au siège de Death Care en compagnie du Panda.. En chemin, ils ne rencontrèrent aucun autre véhicule mais seulement un troupeau de vaches, de la présence duquel ils furent avertis par une paysanne qui fermait le cortège bovin . Elle avait accroché à son vélo un bâton auquel était noué un chiffon rouge. Il trouvèrent le bâtiment de Death Care en rase campagne, sur une lande aride. C'était un batiment moderne de verre et d'acier et qui rutilait sous le soleil, tel un joyau solitaire de milliers de carats.
    - Pfffuiiii un temple dédié á la mort au milieu du désert dit le Panda.
    - C'est ça les cathédrales des temps modernes répondit Didi
    #314Verfasserrb20 Jun. 05, 07:09
    Kommentar
    Ils pénétrent dans le bâtiment . Une pythie, toute vêtue de noire trônait derrière un autel en plexiglas doté d'un retable en résine ambrée.
    Didier s'avança;
    - Je voudrais voir le Directeur oú puis je le trouver?
    La pythie, prit une mine fermée et insolente et ne daigna pas répondre. Visiblement c'était une pythie avare et même radine de ses oracles.
    Le Panda l'aurait volontiers empoignée par le col en pour la faire parler comme la police avait coutume de le faire dans les films en noir et blanc de son enfance colorée. Mais la pythie n'avait pas de col, alors comment l'attraper ? Elle portait un justaucorps généreusement décolleté qui laissait voir sa chair boucanée. En fait, elle avait le look pétasse avec des lèvres tatouées de rose, et des ongles surdimensionnés vernis de la même couleur. Elle portait une large ceinture panthère sur son justaucorps noir échancré et sa blondeur colorée tirait sur le jaunasse.
    #315Verfasserrb20 Jun. 05, 07:11
    Kommentar
    Le Panda se contenta donc de dire:
    - On est de la police

    Les deux dernières syllabes eurent un effet magique sur la pythie qui instantanément devint mellifère pour ne pas dire mielleuse. Sa mine arrogante se décomposa jusqu' à ne plus exprimer qu'obséquiosité et empressement servile.
    - Oui , certainement Monsieur le Commissaire répondit-la pythie d'une voix doucereuse au Panda qui monta ainsi de plusieurs grades dans la hiérarchie policière, permettez moi de vous accompagner , elle se confondait en sourires.
    Le bureau du directeur de Death Care, de larges dimension possédait sur un côté une large baie vitrée qui donnait sur un atelier rempli d'une chaîne de machines ultra- modernes.
    #316Verfasserrb20 Jun. 05, 07:12
    Kommentar
    - Comment se fait-il que notre cadavre ait été dérobé ? commença Didier ignorant la main tendue du Directeur qui flotta inutilement dans l'air, avant de se rabaisser pour rejoindre sa maison qui était la poche droite du pantalon de son propriétaire..
    - Ah nous avons un système d'alarme très sophistiqué mais une porte au sous sol n'était pas fermée. Toutes nos excuses , pour vous dédommager, nous vous offrons un bon pour deux autopsies gratuites à valoir sur vos prochains cadavres.
    - Nous ce qui nous aiderait c'est un rapport d'autopsie pour notre cadavre, là.
    Le Directeur de Death Care, toussota puis dit d'un ton hésitant, mal assuré.
    - À vrai dire nous n'avons pas encore eu le temps de procéder à l'autopsie, vous voyez, dit-il en se retournant vers la baie vitrée, et faisant un large geste avec sa main gauche qui venait de sortir de la poche gauche du pantalon de son propriétaire pour venir soutenir chorégraphiquement le discours de celui-ci.. Nous avons une chaîne entièrement automatique qui prend en charge les autopsies. Elle radiographie, dissèque pèse et analyse les organes. C'est un système très moderne, et dès que la cause mortelle est découverte, une cloche sonne pour alerter un médecin qui vérifie le résultat obtenu automatique ment pour un diagnostic fiable à 100%.. Ensuite , le cadavre poursuit son chemin sur la chaîne , il est recousu pomponné habillé et maquillé pour être remis à sa famille en ayant l'air en bonne santé.
    #317Verfasserrb20 Jun. 05, 07:13
    Kommentar
    Didier se sentait sur le point de dégobiller en entendant ces explications peu ragoûtantes.
    - Mais donc pour le cas qui nous intéresse, vous n'avez aucune information, pourquoi n'avez pas immédiatement procédé à l'autopsie ?
    - C'est qu'il y avait un problème avoua le Directeur.
    - Quoi?
    -Ben, c'est à la radiographie que l'alarme a déjà sonné, avant que l'autopsie proprement dite .
    - Il fit une pause et ajouta :
    - C' était un cadavre vraiment exceptionnel , une sensation mondiale, voilà ,à côté des poumons elle avait un système respiratoire qui permettait d'oxygéner le sang à partir de l'eau..
    Didier ouvrit la bouche et la referma à plusieurs reprises. À la façon d'une carpe , il essayait d'intégrer cette infomation sensationnelle
    - Vous voyez c'est tellement exceptionnel que nous ne pouvions la faire passer sur la chaîne automatisées, nous voulions faire venir des spécialistes..

    -Dis donc ça coûte drôlement cher une chaîne comme cela, fit Didier en changeant brusquement de sujet, pour déconcerter son interlocuteur.


    #318Verfasserrb20 Jun. 05, 07:14
    Kommentar
    - - oui mais nous avons passé des contrats avec les médecins et les hôpitaux pour qu'ils prescrivent plus d'autopsies. Il prit un air rigolard, peut-être que la police nous en donnera plus de cadavres, espèrons seulement que les meurtriers ne fassent pas les 35 heures!
    - Le Directeur était tellement con, qu'il ne prit pas conscience que sa remarque était déplacée. . Imbu de sa personne,il ne prêta pas attention aux sourcils de Didi qui formaient un "v "renversé ou à son regard plein de nuages et lourd d'une protestation muette.
    - Au lieu de cela il rempila dans sa grossièreté en disant.
    - Ben oui, ça fait du bien à l'économie, ça fait marcher les pompes funèbres, c'est bon pour la croissance. De toute façon la notion de mort naturelle est de nos jour socialement rejetée, elle est perçue comme un scandale sans nom, et il nous appartient de l'élucider, de nous mettre à ses trousses pour le dénoncer.
    - Qui à part vous était au courant de ce fait exceptionnel ?
    - Il y avait le gardien, le médecin de garde.
    - Et ils n'ont pas parlé ?
    - Je ne peux le garantir mais je leur ai demandé de garder le secret.
    - Mais comment se fait-il que l'on n'a pas remarqué pas les branchies?
    - Comme elle avait aussi des poumons les branchies étaient recouvertes d'une peau amovibles dont la jonction se trouvaient sous les aiselles.
    #319Verfasserrb20 Jun. 05, 07:15
    Kommentar
    - À qui profite le crime?
    Le Directeur de Death Care qui restera sans nom pour ne pas embrouiller Étiennette, haussa les épaules . Il semblait se rappeler quelque chose et alla consulter un dossier :
    -ah oui, dit-il en regardant par dessus ses lunettes, le cadavre portait une inscription
    - oui, avec du rouge à lèvres, dit Didier
    - Justement ce n'était pas du rouge à lèvres on avait pris un échantillon il s'agissait d'une gouache rare avec un mélange de différents pigments naturels. Cette gouache de luxe est produite uniquement par l'entreprise de renom "Chromatisme pour Rapins".

    Le Panda et Eronnais prirent congé du Directeur de Death Care.

    Dans la voiture ils prirent de la corinne pour se remettre de leurs émotions.
    .- Des branchies, gémit le Panda. Et si ce n'était pas la seule à en avoir, après tout la radioactivité naturelle est élevée en Bretagne, on a peut-être affaire à des mutants.
    Didi Eronnais se mit à rire.
    - Tu rêves un peu fort la nuit
    - Mais si ! regarde Pierre- Jakez Montagu le descendant du Comte Sandwich, et bien je l'ai vu l'autre jour à la plage, il a déjà les omoplates obliques , c'est une forme légère de mutation., une adaptation naturelle à sa fonction héréditaire d'homme sandwich.
    #320Verfasserrb20 Jun. 05, 07:16
    Kommentar
    -Et notre macchabé c'était une Sirène? hasarda Didi
    -Mais non elles ont des queues de poisson !
    -Et s'il s'agissait d'une Sirène renégate, qui a choisi de vivre sur la terre.?
    -Une Sirène apostate, on aura tout vu , dit le Panda !!
    -Tu sais cela me fait penser aux OGM, peut-être qu'on pourra en apprendre plus , en suivant cette piste
    - à propos de Sirène rénégate, regarde Dahut entichée de ses amants les 7 péchés ne peut-être qu'infidèle
    - Il faudrait l'attirer, pour la piéger si jamais c'est elle que Yannig a entendu . Lars Rüdiger devrait être à son goût,tel Lucifer il incarne sans problème l'orgueil.
    #321Verfasserrb20 Jun. 05, 07:18
    Kommentar
    Plask Penn qui faisait le pied de grue depuis un bon bout de temps devant le commissariat, rajusta son toupet et poussa un cri de joie lorsqu' il vit Eronnais et le Panda descendre de voiture. Il se précipita vers eux, son caméraman à la remorque. Les lèvres retroussées pour former le "sourire éclatant" qui était sa marque de fabrique et qui faisait fondre les cœurs dans toutes les chaumières d'Armorique, Plask Penn planta son micro devant la bouche de Didi, comme si celui c'était une glace au chocolat. qu'il voulait lui offrir.
    - Qu'avez vous à dire à vos détracteurs'?
    - Des tracteurs ? répondit Didi, héberlué par cette agression.
    - Oui continua Plask Penn, en agrandissant son sourire jsuqu'à découvrir ses canines dans toute leur splendeur. On pouvait voir qu'il avait vraiment les dents longues , longues à rayer le parquet.. Agacé par le silence de Didier il continua
    - Qui ne dit mot consent
    - Quoi? demanda Didi qui avait compris Qui médit maux qu'on sent.
    -Donc vous pensez que la sécurité n'est pas assuré par vos soins ?
    - Je suis occupé, laissez moi faire mon métier dit Didi hébété et ne comprenant rien aux allusions de Plask Penn.
    - Et laissez donc moi faire le mien répondit Plask Penn, nos spectateurs ont le droit de savoir, il faut que vous rendiez des comptes
    - Je vais faire un communiqué de presse, je vous appelerai promit Didi et il entra dans le commissariat avec le Panda qui ferma la porte au nez de Plask Penn alors que celui ci s'apprêtait à lui demander s'ils se battait souvent avec Eronnais. Devant la porte close, Plask Penn commenta
    - Soyez certains chers téléspectateurs que nous attendons avec autant d'impatience que vous ce fameux communiqué de presse, oú Eronnais se prononce, pour la première fois en exclusivité pour notre canal sur les reproches formulés dans l'article de notre confrèrer de L'Ouest-Èclair, Penn Mar'ch.
    #322Verfasserrb20 Jun. 05, 07:19
    Kommentar
    À l'intérieur du commissariat le téléphone sonna. Nolwenn était à l'appareil elle avait une petite voix :
    - Dis, Dididoudinidounais tu m'aimes ? demanda-t-elle en préambule
    Didier fit mine de réfléchir
    - Attends voir, humm il me semble voyons voyons… mais oui tu le sais bien ma louloute
    - Et bien tu sais hier soir, j'ai mailé encore mon article sur les révélations de Yann-Loic, sur ce phénomène incompréhensible
    - Oui
    - Et bien par erreur j'y ai joint la photo oú tu te bats avec le Panda
    - Hein?
    -Et Penn Mar'ch n'a rien trouvé de mieux à faire que de pondre un article où il dénonce vos dissensions et met en doute vos capacités professsionnelles.
    Didier réfléchit, il ne pouvait en vouloir à Nolwenn qui semblait sincèrement malheureuse
    - Tu en as parlé avec Penn Mar'ch ?
    - Oui., je l'ai baratiné et lui ai dit que vous pratiquiez les arts martiaux pour être plus performant
    Cela dérida Didier
    - Quoi ? Franchement je connais mieux les prises de corinne que les prises de judo.
    - C'est pas grave on va leur dire que vous faîtes du gouren, cetfe lutte bretonne traditionnelle, et on prendra une photo de vous deux trinquant au chouchen, cela aura un bon impact sur la population locale. Je vais vous envoyer un professeur de gouren et je ferai un article
    - Pour ta punition tu me diras cent fois « mon Dididoudinidounais » sans bafouiller
    -Mon Dididoudinidounais, mon Dididoudinidounais, mon Didodounadais, bon je recommence. répondit Nolwenn, soulagée de s'en tirer à si bon compte.
    #323Verfasserrb20 Jun. 05, 07:20
    Kommentar
    Au même moment le Ker Trio- L'Žéquipe gagnante et indéboulonnable -(C'était un slogan imaginé par Edern Keraman'ach) discutait à la Mairie de l'élection de L' Idiot du Village.
    - L'idiot du village avait autrefois une fonction sociale précise, c'était un peu le Fou du Roi au niveau du village, et il jouissait d' une liberté de paroles qui le rendait particulièrement clairvoyant ce qui lui permettait de cerner les problèmes et les conflits subliminaux de la communauté-de manière prophétique dit Kerosen
    Edern Keraman'ach le regarda d'un air fâché,
    -Arrête de faire l'intellectuel, avec ton baratin ampoulé, tu regardes trop Arte, pauvre taré!!. Ce qui nous intérésse c'est d'empocher les subventions de la Communauté Européennes , tout en contrôlant cet Idiot du Village comme une marionnette qui travaille pour nous. On conserve, bien entendu ,pour la forme et le repos du peuple les apparences démocratiques-Donc premièrement,
    - Premièrement il faudrait neutraliser Noiraud et Raphall, à vouloir se mêler de tout ils nous font de l'ombre, dit Kerinvel avec un sourire de chien fidèle à l'adresse de son chef
    - Très bien ! Gwyon , dit Keraman'ach, tu auras le droit de laver ma voiture tout à l'heure, mais n'utilise pas de l'eau de mer comme tu l'as fait la dernière fois. À propos il y a eu du grabuge à 'L'Herminette à cause de de Raphall et de Gouine l'adjointe de Noiraud.
    #324Verfasserrb.20 Jun. 05, 07:21
    Kommentar
    -Quoi?
    - Gouine s'est emparée de l'herminette et parlait de faire œuvre de Cronos.
    -L'herminette?
    - oui c'est une petite hache ,une hachette qui est accrochée au mur du hall de L'Herminette
    - Et alors?
    - Des clients lui ont arraché cette herminette.
    - Que fait cet incapable d'Eronnais? Il aurait du les boucler depuis longtemps, seulement il n’a jamais de preuves.
    - Il faudrait prendre nous même les choses en main et faire le boulot d'Eronnais. On va le courtcircuiter on s'adressera directement à la police de la ville.et on apportera nous même des preuves irréfutables de la culpabilité de ces deux -là, tenez j'ai une idée dit Keraman'ach. Il fit un geste conspirateur et le Ker Trio se pencha pour tenir des conciliabules.
    #325Verfasserrb20 Jun. 05, 07:23
    Kommentar
    Didier avait juste terminé son communiqué de presse. Il avait décidé de faire publier les photos de la victime par les médias. Il espérait ainsi en apprendre plus sur son identité.
    Il se justifia aussi sur l'article de l'Ouest-Éclair en vantant son engagement pour les arts martiaux.
    Il ouvrit la fenêtre et donna le communiqué de presse à Plask Penn qui attendait toujours devant le commissariat.
    Il se retourna pour parler au Panda:

    Je vais engager des hommes–grenouilles pour sonder la mer dit-il
    - Quoi encore des mutants? Ils passent maintenant directement du stade de têtard à celui d'hommes-grenouilles dit le Panda effaré de voir les ravages causés par les mutations génétiques prendre une telle ampleur.
    - Mais non dit Didi ce sont des plongeurs , on les appelle hommes-grenouilles c’est tout. Et demain emmenera demain Lars Rüdiger se promener en bateau,
    - ll n'a toujours pas d'ombre ?
    - Non, Mais c'est peut-être un phènomene psychosomaoptique car il est atteint d'un trouble de la perception qui le fait se voir si lumineusement. Son image mentale ne supporte pas la plus petite parcelle d'ombre.
    #326Verfasserrb20 Jun. 05, 07:24
    Kommentar
    Ils sortirent , entre temps,heureusement Plask Penn avait disparu.Ils se rendirent à la plage pour retrouver Lars Rüdiger, qui devait incarner l'orgueil, ce qui lui réussirait sûrement facilement, car ce n’était pas un rôle de compositioin.
    - Glaces bonbons, chocolats orangina, criait la voix.d’un marchand ambulant qui portait une glacière en bandoulière.
    .Les enfants du Club Mickey trottinaient sur la plage en piaillant Ils passaient toujours trop près des dormeurs allongés sur le sable, qui recevaient en cadeau du sable chaud soulevé par les petits pieds pressés.
    Les piailleurs trotteurs étaient accompagnés par leur moniteur, un grand mec frisé à labonne bouille sympa du genre "grand frère" caritatif et dévoué,. Le moniteur devait gueuler pour se faire entendre.. " Quand la mer est haute, l’amer est bas, quand la mer est basse, l’amer est haut." leur expliquait-il en meuglant.pédagogiquement .
    Dans le ciel il y avait quelques nuages sur lesquels étaient inscrits des slogans publicitaires
    - Tu ne connais ça dit le Panda à Didier, c'est une manière nouvelle de faire de la publicité en la projetant sur les nuages.
    #327Verfasserrb20 Jun. 05, 07:25
    Kommentar
    Ils ne tardèrent pas à trouver Lars Rüdiger, reconnaissable entre tous à sa couronne de fucus .
    - Lars commença Eronnais
    - Je suis absent chanta Lars, car l'esprit voyage dans le temps contrairement au corps qui reste toujours au présent
    - Bon reviens un peu sur le plancher des vaches
    - Tout le monde m'en veut parce que je suis créateur et libre clama en chantant Lars Rüdiger. Ah le rôle de précurseur comporte bien peu d'agréments et je n'ai plus que l'espoir d'une réhabilitation posthume!!
    - Que s'est-il passé Lars, pourquoi tu nous fais une crise de parano ?
    #328Verfasserrb20 Jun. 05, 07:26
    Kommentar
    « Pffff… » fit Lars-Rüdiger en se détournant, « Pffffttt ! »

    Soudain, Lars-Rüdiger se mit à courir, Didier et M Panda le suivirent – sans succès. Etonnam-ment ce mec spiritualisé se bougea comme le vent. Les deux policiers se rendirent compte de l’inutilité de la chasse, ralentirent et flânèrent en regardant la mer.

    « Tu crois que la Sirène vit là ? » demanda M Panda.

    « Beh ? Si elle ne dégueulasse pas à la vue de ces gens nus, pourquoi pas ? »

    « Mais, ça serrait une bombe, une Sirène à St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer ! Mais » M Panda réfléchit, « tu penses qu’elle a une maison ou un appartement sous l’eau ? »

    « Écoute, Panda, je ne suis ni biologiste ni ethnologue, je suis policier, et je me fout de si elle est proprio ou pas, je veux savoir ce qui a tué la jeune femme que j’ai trouvé… »

    Didier Eronnais fit un break. Son visage devint pareil au celui de Clint Eastwood quand il est en train de choisir le prochain à fusiller, peu après son air éclaircit, il argumenta :

    « Impliqué que le macchabée est le corps d’une Sirène et le coupable est également une Si-rène, le cas serrait hors de notre attribution, un cas quasi intra-sirènien ! Oui, ça ne serrait plus une affaire humaine, ha ! Si nous arrivons à prouver que les circonstances sont ainsi, on a bien du temps libre… »

    Didier était interrompu par un tertre de sable d’où fit saillie la tête de Lars-Rüdiger, Didier demanda :

    « Ciels, Lars-Rüdiger ! Qu’est-ce que tu fais là ? »
    #329Verfasserbu24 Jun. 05, 12:02
    Kommentar
    « Je jouis de la martyre ! Comme le monde méprisable ne sait pas apprécier mon génie, je veux ouvrir les yeux des gens afin qu’ils reconnaîtraient ma grandeur plus tôt ! » il chanta et ajouta en bémolisant « je meurs la mort de martyre ! »

    Les enfants avaient quitté le moniteur du Club Mickey par l’offre plus convaincant de Lars-Rüdiger et enterrèrent celui. Le moniteur ignorait que ses mioches avaient disparu et continua d’une manière têtue à prononcer « Quand la mer est haute, l’amer est bas, quand la mer est basse, l’amer est haut ». Il fut assisté par une jeune femme qui avait passé la journée en admirant ce gommeux. Les gamins versèrent le sable, les grains écoulèrent de la tête de Lars-Rüdiger.

    Celui chantonna :

    « Regardez-moi, moi je suis la supériorité incarnée. Regardez ces enfants, comme ils sont des bêtes, conduits par l’instinct. Mais ça ne me touche pas, mon corps va mourir, mais mon génie sera à la funèbre de chaque de ces enfants infantiles, hahaha ! L’abbé va citer mon œuvre, hahaha ! »

    Le rire de Lars-Rüdiger devint psycho, sa bouche était béante, et soudain il étouffa du sable et toussa et cracha.
    #330Verfasserbu24 Jun. 05, 12:02
    Kommentar
    M Panda proposa :

    « Si on pouvait solidifier cette colline de sable on pourrait louer une chaise longue et rester jusqu’à la nuit. En observant Lars-Rüdiger on travaillerait, et il ne faudrait pas être inventif en faisant un appât pour la Sirène ! »

    « C’est génial ! » exulta Didier.

    Il s’en alla et retourna en compagnie d’un ouvrier en construction qui était employé pour réno-ver le parking de la plage principale. Celui examina la situation, sourit et approuva d'un signe de tête. Il s’en alla et revint après cinq minutes avec sa bétonnière et se mit à trimer. Deux minutes plus tard, l’ordre était exécuté.

    Lars-Rüdiger chanta en fausset :

    « Ahh, on me fait pétrifier afin que la postérité puisse jouir de ma stature, c’est plein d'égards et très, très altruiste de votre part, M Policier ! Les gens sauront gré de votre clairvoyance à vous ! Je vais entrer dans l'Histoire comme Le Penseur Moderne ! »

    M Panda regarda Didier qui avait l’air abasourdi. En réalisant qu’il avait faim celui murmura :

    « Pauvre Godin ! »
    En liesse Lars-Rüdiger tonitrua :

    « Je suis prêt, hélas muses, accueillez-moi, votre enfant le plus talentueux, le plus considéra-ble, manitou des belles lettres, déifiez-moi, le mandarin de la pensée humaine, recevez-moi sur votre sol supérieur ! Hélas, j’éprouve une force surnaturelle, exclusive, je ressens une chaleur, une sensation de la sécheresse, c’est le ciel littéraire. Je suis prêt, je viens ! Je viens !! Je viens !!! »

    Les naturistes de la plage s’étaient attroupés autour de Lars-Rüdiger, Eronnais les manda de ne pas s’approcher plus. La voix de Lars-Rüdiger s’épuisa complètement par le sable, les cris et le manque du fluide. Il pantela et les gens s’en allèrent comme le spectacle s’était terminé. Eron-nais cligna des yeux et fit signe qu’il ne comprenait plus rien…
    #331Verfasserbu24 Jun. 05, 12:03
    Kommentar
    Lars-Rüdiger tomba dans les pommes ayant l’air mort. Eronnais lui fit de l’ombre en lui cam-pant un chapeau sur la tête sacrale.

    M Panda vint avec deux chaises longues :

    « Ça y est ! Allons travailler ! »

    « Mais Panda, il nous faut aller rechercher à cause des mutants… »

    « Merde, le légumier, ce bio ! J’ai oublié d’aller l’interroger ! »

    Il décampa éperdu, revint, attendit l’état normal de sa respiration et dit avant de déguerpir :

    « Si un crime est commis dans cette région ce soir, Lars-Rüdiger a un alibi en béton ! »
    #332Verfasserbu24 Jun. 05, 12:03
    Kommentar
    Edern Keramanac'h vivait au rez-de-chaussée de la morale tandis que ses adjoints, Yann-Ber Kerosen et Gwyon Kerinvel, habitaient au premier étage de la même maison, toutefois, mais leur indépendance intellectuelle était déposée sur un compte numéroté Suisse bloqué, intangi-ble pour des enquêteurs fiscaux, mais malheureusement aussi pour eux-mêmes. Cet immeuble métaphorique fonctionnait comme siège du « TPP » (le Trio Politique et Pithécanthrope), éga-lement appelé « Ker Trio », le triangle isocèle, dont, par paradoxe mathématique, la somme de ses angles ne réussissait jamais à équivaloir à 180°.

    Il fallait éliminer Raphall et Noiraud, comme discuté. Kerosen n’avait pas encore renoncé à frimer. Il reprit la digression historique pseudo-scientifique concernant le Fou du Roi :

    « Le Fou du Roi, si vous permettez que je reprenne ce sujet… »

    Edern Keramanac'h l’arrêta poliment, il cria :

    « Ta gueule ! Si tu continues, je vais te nommer le Fou de l’Idiot du Village ! »

    « Pardon chef, la culture, c’est un trait caractéristique héréditaire… » Kerosen avait la mécon-naissance habituelle de remarquer.

    « D’où es-tu, par ailleurs ? »

    « Moi ? Peumérite… »

    « Débile ! C’est toujours moi qui définie la mérite d’une question, et si c’est une question mienne c’est une question intelligente et une question qui ne peut absolument pas être doutée par personne ! »

    « D’où es-tu ? Je veux savoir, bêta ! »

    Ce moment-là, Kerinvel s’immisça en protestant :

    « Mais, mon autorité universelle, tu m’as dit que je suis le bêta ! Toi l’alpha, moi le bêta et lui, cet idiot, le gamma ! »

    « Mais vous êtes nigauds comme les vaches, tous les deux, benêts comme les grenouilles, comme, comme, comme… comme Didier Eronnais ! Oui, jobards et gogos comme le Policier Monsieur Didier Eronnais ! »
    #333Verfasserbu24 Jun. 05, 12:04
    Kommentar
    C’était trop. En dépit de l’esclavage les deux adjoints se mirent à révolter et attaquer le Maire de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer. Il donnaient des coups sur chaque centimètre carré de la peau corrompue d’Edern Keramanac'h.

    Après une belle rixe de dix minutes deux contre un, les visages des casseurs étaient cabossés. Le sermon suivant d’Edern Keramanac'h était furieux et pathétique. Terminant après vingt minutes il exhorta ses adjoints, il annonça de les faire visiter l’école policière si ça se reprodui-rait et s’ils ne respectaient pas l’hiérarchie inéluctable. Ils ne comprenaient pas les explications concernant le déterminisme, mais la perspective de devenir policiers les mata, ainsi, que ce qu’on appelle « die einfältige Dreifältigkeit » en Allemand était rétabli.

    Les deux adjoints, tout petits et penauds, suivirent Edern qui se mit en route à intimider Noi-raud et Raphall…
    #334Verfasserbu24 Jun. 05, 12:04
    Kommentar
    M Panda était allé chercher son vélo au commissariat et maintenant il voulait aller interroger le légumier bio M Julien Ravel à cause du témoignage de la coloration des vaches. La ferme se montrait comme un locus amoenus, comparable au parc à jeux des Teletubbies, mais c’était bien entendu une idylle fallacieuse, comme le couple Ravel était en fait le parrain du végéta-risme militant mondial. C’était une chose assez bizarre, pas l’amour pour les animaux, mais celle pour les plantes leur motivait de faire la lutte contre la consommation de la viande, une amour qu’ils voulaient partager avec tout le monde, un zèle missionnaire, et ça vaut, entre parenthèses, la peine de demander s’ils ne se comportaient pas ainsi par des motives économi-ques. Quoi qu’il en fût, Ravel, ayant remarqué l’intrus, craignit que le Panda ne fût venu à dévorer ses plantettes. Armé d’une fourche à fumier il attaqua le policier et quand il réalisa que celui était le policier avec lequel il avait téléphoné la veille, il changea de tactique et eut le trait d'esprit de déterrer une pomme de terre presque mûre, c’est-à-dire assez grande et l’enfoncer dans sa bouche.

    M Panda le colleta et demanda d’un ton ferme :

    « Tu vas me dire ce qui est ce mec que t’as vu ! »

    « Hmmpf, hmpff… »

    « Qu’est-ce que tu me chantes là ? »

    « Hmmpf, hmpff… »

    « Je t’ai pas demandé de chanter une aria de Papageno ! Et, par ailleurs, tu n’es pas un bary-ton, plutôt un ténor ou même un soprano… »

    « Hmmpf, hmpff… »

    « Vas-tu rapporter ce qui était cet homme ! »

    « Hmmpf, hmpff… »
    #335Verfasserbu24 Jun. 05, 12:05
    Kommentar
    Pris par un zèle outrancier il cria :

    « Je vais mettre ta tête dans une friteuse, si tu ne… »

    Ce moment-là un fort coup sur l’arrière de la tête donna le signal du revirement. Mme Ravel réalisa avec horreur l’effet malfaisant sur M Panda qui ne respira plus.

    « Qu’as-tu fait, chouchoute ? »

    M Ravel demanda.

    « Il a dit qu’il va mettre ta marronne dans une friteuse, mon chou, c’est létal ! »

    Elle commença à madeleiner. M Ravel par contre devint actif, pour ne pas dire hyperactif. Il alla ramasser des plantes aromatiques et les frotta sous le blair du Panda. L’aromathérapie comme secourisme, oui pourquoi pas ?

    Ils le trimbalèrent et le déposèrent dans une vieille grange, touchante la maison d’où ils propa-geaient leurs dogmes végétaux. Les deux s’assirent sur le banc dans la cuisine et discutèrent comment procéder.
    #336Verfasserbu24 Jun. 05, 12:05
    Kommentar
    Entre temps Didier avait reporté les chaises longues. Lars-Rüdiger, fixé comme un saucisson embroché, attendait l’accompagnement des muses du ciel littéraire. Mais, selon le plan des policiers, il ne serrait pas bienvenu par celles-ci, mais malvenu par la Sirène criminelle. Didier avait assez de temps à voir Nolwenn. Il fit son numéro.

    « Dididoudinidounais ! Ça va ? »

    « Oui » il exulta, « je vais te raconter quelque chose de superdrôle ! Mais, écoute, il me faut savoir les faits sur l’OGM, les organismes génétiquement modifiés. N’avez-vous pas fait un article il y a quelques semaines ? »

    « Oui, mon Dididoudinidounais, j’y suis au bureau. Je vais chercher ledit article… »

    « Merci, Nolwenn. Et ton article « Des Cloches et des Sirènes », tu l’as déjà fini ? »

    « Non, pas encore… mais j’ai avancé ! »

    « Formidable, écoute, je suis là à la plage, observant Lars-Rüdiger, viens ici, ma chérie ? »

    Nolwenn ne pouvait pas résister. Elle enregistra l’article de l’OGM sur son ordinateur portable et alla à la plage… Quand elle arriva, Eronnais ronflait dans le sable, auprès de Lars-Rüdiger qui était en train de s’éveiller. Elle embrassa Didier sur la joue et chuchota :

    « Allons, mon chéri, temps de s’éveiller ! »

    « Ah, ma muse, je suis arrivé, où sont les gages pour mes privations sur la terre ? Ahh, baise-moi, muse céleste ! »

    « Tais-toi ! » Nolwenn enguirlanda Lars-Rüdiger qui se croyait en ciel. Il ouvrit les yeux.

    « Mais, hélas, ça rassemble bien fort à la plage où je me suis débarrassé de ma dépouille mor-telle… » Lars-Rüdiger chanta d’un ton déçu.
    #337Verfasserbu24 Jun. 05, 12:06
    Kommentar
    « Dididoudinidounais ? »

    « Rouampf ! » fit celui, « Nolwenn ? Nolwenn, ah, t’es là ? »

    « Oui, mon amour… »

    « Ahh, les muses exercent l’amour ! Je me suis trompé, je suis arrivé au paradis, on m’a atten-du, les muses apprennent leurs rôles par cœur, les rôles de la pièce de théâtre qu’elles vont jouer uniquement pour me rendre hommage, quelles créatures câlines ! « il chanta de bonne humeur et ajouta : « Mais, de moi à moi, c’est un grand honneur pour eux de m’accueillir, je serai gentil bien que la reconnaissance n’est pas mo… »

    Un palot du sable par Nolwenn musela Lars-Rüdiger.
    #338Verfasserbu24 Jun. 05, 12:06
    Kommentar
    M Panda sentit l’essence de lavande, de bergamote, de violette, de patati et de patata. Des brins d'herbe lui piquèrent, sa tête fit mal, il entendit quelqu’un parler et quand il ouvrit ses yeux, il aperçut une souris acre qui dansa.

    « Apparemment le chat n'est pas là… » pensa M Panda en frottant sa tête maltraitée.

    « … ouai, j’sais, ma betterave, mais, si je fais cela, je ne suis plus sûr… »

    « Mais écoute, mon radis, la police va l’apprendre l’un ou l’autre jour… »

    « C’est ça, mais si Raphall a des soupçons, même si fausses, que c’était moi, il va me faire une julienne, ma péponide ! » objecta M Ravel, bien conscient qu’il ne serrait pas le bénéficiaire de son plat préféré, mais l’ingrédient.

    « Ça y est ! » M Panda jubila.

    La souris l’avait mal compris et mordilla le cordon avec lequel M Panda était garrotté. Il était désentravé et se joignit à la souris pour danser une farandole. Après un allegro à six-huit M Panda prit congé de la souris qui le congédia d'une tape amicale sur la joue.

    « C’est Raphall, j’en était sûr, c’est lui, ce trou du cul vachard ! »

    Il alla chercher son vélo caché dans un buisson et pédala. Il arriva au clos de M Raphall, le président du PNPC. Là où avaient été debout les symboles phalliques un chien renifla, haussa sa jambe et pissa à la place vide. Panda ouvrit le portail et entra dans le jardin. Il s’était atten-du à un Raphall bien en colère, mais personne n’y était… Il s’approcha à la maison dont la porte était entrebâillée, sonna et entra après quelques secondes sans réponse. Quel bordel là ! Les commodes, les armoires, les tiroirs, tout était ouvert et fourragé.

    « Un cambriolage ! » distingua M Panda.
    #339Verfasserbu24 Jun. 05, 12:07
    Kommentar
    Il regarda le bureau, quand soudain il entendit une voiture freiner abruptement, des portières étaient fermées indiscrètement, des pas pressants sur le gravier. M Panda cacha arrière d’un rideau.

    « Quel bazar, boah ! »

    « Ça rassemble à ton appartement, Kerosen, depuis ta mère ne peut plus faire le voyage lon-gue de Peumérite pour venir… »

    « Tais-toi, brut ! »

    « Ce salaud ! » exclama une voix que M Panda attribua à Edern Keramanac'h. « Ce salaud est disparu ! »

    « Stop ! N’avancez plus ! »

    Edern dit :

    « Ah, la police, qu’est-ce que vous faites là, Monsieur ? »

    « Je cherche M Raphall, il est soupçonné d’avoir… Moi ? Rien, j’avais envie de visiter mon ami, M Ra… »

    « Votre ami ! Ha, c’est drôle, Raphall n’a pas d’amis et la police non plus ! »

    « Non, j’ai envisagé de joindre le PNPC ! »

    « Vous ? Pas possible ! » Edern rit, «le PNPC n’admet pas des poltrons à son organisation ! »

    M Panda se tut. Une scène d’un film policier qu’il avait regardé il y avait des semaines lui vint à l’esprit. Il décrocha le combiné et pressa la touche bis et attendit :
    #340Verfasserbu24 Jun. 05, 12:07
    Kommentar
    « Tut-tut-tut, agence de voyage Air France, vous parlez avec Mme Ariane Base, allô ? »

    « Bonjour Madame, j’aimer… »

    « Ah, M Raphall, c’est maintenant que je vois votre numéro téléphone sur la visualisation de mon bigo. »

    « Ben, je la laisse parler, il me ne faut même pas mentir ainsi… » pensa M Panda.

    « Mais, M Raphall, pourquoi n’avez-vous pas encore sorti ? L’avion décollera en dix minutes ! »

    M Panda essaya d’imiter la voix de Raphall :

    « Oui, Madame, mais j’ai oublié la destination, désolé ! »

    « Ah non, Monsieur, vous êtes un drôle de passager, attendez ! Vous avez acquis deux billets d’avion… »

    « Oui ? »

    « À destination de Las Vegas… »

    « Las Vegas ? Le Las Vegas ? Celui en Amérique ? »

    « Oui, bien sûr, ou connaissez-vous un autre Las Vegas que celui en Amérique ? »

    « Non, non, c’est bien… »

    « Puis, il y a autre chose ? »

    « Volontiers, Madame. Je ne me rappelle plus de la personne qui m’accompagne, je souffre de l’amnésie. »

    « Oohh, désolée Monsieur, l’autre billet est pour une Mme Gouine, Bara Gouine… »

    « Ahh, je me souviens, merci Madame… » en disant ça, M Panda réalisa qu’il n’était pas crédi-ble s’il se comportait si plein de respect envers une femme, donc il voulait terminer le rappel comme l’aurait fait Raphall :

    « Ben, écoute traînée, je ne me remercie absolument pas pour ce rappel, garce… » il raccrocha et regretta instantanément. Il enverrait une corbeille de fruits à Mme Base en gardant l'anony-mat.

    « Qu’est-ce que vous a piqué là ? » demanda Edern.

    « Piqué ? Moi ? » répliqua Panda « Je ne comprends pas… »

    « Ne bluffez pas : votre façon macho de dire au revoir ! »

    « Je n’ai aucune idée de ce que vous voulez dire, Monsieur le Maire ! » mentit Panda.

    « Ben, Monsieur policier, vous êtes schizo ! Mais on connaît ça, la police… Kerosen ! Yann-Ber ! On y go ! »

    Les trois mousquetaires disparurent. On les entendit quereller. M Panda sortit de la maison, le soir était en train de tomber, il retourna à la plage…
    #341Verfasserbu24 Jun. 05, 12:08
    Kommentar
    Le trio de Nolwenn, Didier et Panda discutèrent l’article de l’OGM. Les commentaires des possi-bilités de la modification génétique des organismes par Nolwenn étaient profonds.

    « Au jour d'aujourd'hui à l'échelle mondiale il y plus ou moins une douzaine des teams scientifi-ques qui ont la habilité de transformer les organismes. Monsieur Tout-le-Monde en a prit cons-cience quand les scientifiques ont réussi à créer Dolly… »

    « Dolly Buster ? » Didier demanda.

    « Non, salaud, Dolly, la brebis clonée. Depuis là… »

    « Attend, Nolwenn, je vais acheter de la bière, j’ai l’impression qu’on va t’écouter une belle tranche de temps… »

    « Ouai, et moi je prépare une toute petite, mignonne ligne… »

    « Ben, Messieurs, si moi je suis si ennuyante qu’on ne peut m’endurer qu’avec du stimulant, j’attends… J’accepte votre jugement assez franc et objectif. »

    Le soleil était près de disparaître sous l'horizon, les naturistes étaient déjà retournés à l’hôtel, s’étaient pomponnés et avaient essaimé aux restos et bars de la région. Nolwenn et M Panda regardèrent le coucher de soleil quand ils remarquèrent trois personnes s’approcher de loin. Yann-Loïc, Gweuz et Rozenn Kermarec déambulèrent à la plage. Il se rapprochèrent et M Panda eut le devoir de snifer les trois lignes qu’il avait arrangé avec soin…
    #342Verfasserbu24 Jun. 05, 12:08
    Kommentar
    Rozenn Kermarec sourit en reconnaissant Eronnais. Il avait été si charmant avec elle du temps de sa crise de gérontophilie. Il lui avait vraiment fait la cour.et l' emmenait en voitrure faire les courses et portait tous ses paquets.
    Didier, en revanche se rembrunit à la vue de Yann-Loic et de Gweuz, voilà le godulereau et sa gourgandine pensa-t-il. Il fit une pause pendant laquelle il ne pensait plus mais recherchait au lieu de cela d'autres mots injurieux sur son disque mou.-cérébral La langue en tenait plusieurs à la disposition des mâles adultes désireux de discréditer les jeunes coqs de la génération montante . Il chercha vainement, mais où donc sont les souvenirs quand on n'y pense pas? se dit-il avec impatience.. Il retrouva finalement quelques mots utilisés pour conjurer les forces libidinales et créatrices dont les adolescents sont les vecteurs.."ce freluquet, ce petit minet, ce blanc-bec, ce gandin.". Il ouvrit la bouche pour dire tout autre chose car la parole est souvent là pour masquer la pensée.
    « Bonsoir Rozenn, alors on se promène ? »

    « Oui avec mon petit-fils et sa copine Gweuz. Elle est très travailleuse, vous savez, et elle a promis de m'aider à la crêperie. Espérons qu'elle va mettre du plomb dans la tête de Yann-Loic, hein mon petit « dit-elle en lui passant la main dans les cheveux à la grande honte de celui-ci. « En tout cas elle le cultive, hein mon petit, qu'est ce que tu lis en ce moment les œuvres de ce monsieur noble, comment il s'appelle déjà , un marquis, dis-toi ? »

    « Marquis de Sade » balbutia Yann-Loic

    « Mais c'est bien ça « dit Nolwenn d'un ton amusé, « tu rêves d'être son épigone? »

    « heuu »dit Yann-Loic
    #343Verfasserrb04 Jul. 05, 11:13
    Kommentar
    À son grand soulagement il fut interrompu par un rire du Panda qui était complètement high après la triple portion de corinne qu'il venait d'absorber sans lever la paille. C'était un rire très sonore de huit degrés au moins à l' échelle du bidonnage qui en comptait dix.
    Eronnais essaya de détourner l'attention de Rozenn du Panda

    « C'est votre jour de fermeture le lundi ? »

    « Oui dit-elle j'en profite pour venir tremper mes jambes dans la mer en compagnie de la jeunesse et vous? »

    « Nous on compte les grains de sable répondit le Panda à qui on n'avait rien demandé . Il s'esclaffa, je vous raconte pas, c'est gigantesque à compter, pire que les travaux d'Hercule c'est la mer à boire. » ll prit la paille dont il s'était servi un instant auparavant pour .sniffer. « D'ailleurs je m'en vais boire la mer avec cette paille. Mais il me manque des glaçons.!! Où sont donc les icebergs? Madame vous avez vu des icebergs passer à dos de mammouths? »

    Un violent uppercut de Didier mit fin à son discours incohérent et pour la deuxième fois de la journée le Panda se retrouva avec des étoiles qui dansaient autour de sa tête. »

    « Et oui il est épuisé par le travail dit Eronnais à Rozenn Kermarec qui le regardait médusée, alors il prend des rails, heummm, je veux dire il déraille. En fait nous sommes en mission secrète sur cette plage pour défendre les intérêts supérieurs de la sécurité de nos concitoyens si vous voyez ce que j'veux dire et si vous vouliez bien »
    #344Verfasserrb04 Jul. 05, 11:15
    Kommentar
    Nolwenn venait d'enlever le palot de la bouche de Lars Rüdige car le visage de celui-ci avait pris une teinte violacée plutôt malsaine Aussitôt il se mit à chanter :
    « J'ai soif de Paradis…Ai-je quitté ma prison de chair, et cette vallée de larmes pour rejoindre sur le dos de l'oiseau aux ailes de feu le Royaume supérieur de la Lumière Pure auquel de tous temps j'appartiens ? »

    « Tiens, mais il est prisonnier des sables » dit Mme Kermarec très intriguée.

    « oui cela fait parti de notre mission secrète «

    « Et les chaises longues » demanda Mme Kermarec « Elles restent ici ? »

    « Ce sont nos instruments de travail » répondit Eronnais
    « Vous en avez de la chance moi je dois me contenter du billig et du rozell » répondit Rozenn
    Eronnais ne répondit pas au lieu de cela il se mit à regarder le pauvre Yann-Loic sévèrement et lui dit sur un ton désapprobateur :

    « C'est toi qui a donné à ta grand mère les plants de marihuana qui ornent sa crêperie ? »

    « hein? de la Marie-Jeanne à la crêperie? J'ai rien remarqué j'ai même pas vu ditYann-Loic, je ne sais même pas à quoi cela ressemble. »

    « Vous voulez parler des plantes que j'ai mises sur le manteau de la cheminée ? » dit Madame Kermarec. « Elles sont jolies n'est-ce pas? Je les ai trouvées en me promenant avec mon chien , il a couru derriére un lièvre dans un champ de maïs,j'y suis allée à sa suite et j'ai vu plusieurs de ces jolies plantes vertes perdues au milieux des grands plants de maïs, j'en ai pris quelques unes .Si vous voulez, je vais vous en offrir aussi comment avez dit qu'elles s'appelaient déjà? »
    #345Verfasserrb04 Jul. 05, 11:18
    Kommentar
    « Non non merci ce n'est pas la peine, je n'ai pas la main verte. »dit Eronnais en riant jaune.

    « Une main pas verte peu importe, ce qui compte c'est la poigne d'acier « dit Rozenn en lui adressant un clin d'œil coquin. Elle pensait à l'uppercut magistral avec lequel Didier avait terrassé le Panda. « Tu as vu comme il est fort, hein Yann-Loic, prends en de la graine »

    Didier était content de ce compliment de la bouche de son ex-flamme.. Il était surtout heureux que Rozenn le cite en exemple à son morveux de pt'it fils, même si ce compliment récompensait un acte de violence et de brutalité. Mais curieusement cette démonstration de force virile avait eu le don d'émouvoir Rozenn .C'était à rien y comprendre aux femmes. En fait pour le moment il ressentait comme un retour de flammes qui se manifestait par une étrange chaleur intérieure et il lui sourit béatement.

    « Toujours aussi charmante Rozenn , vous répandez le bonheur et la bonne humeur partout où vous passez. » lui dit-il galamment, en la regardant par en dessous de biais le coin de l'œil vibrant de malice.

    « Ah grand fou vous recommencez avec vos compliments, ce n'est plus de mon âge »

    « Mais Rozenn, quand on aime on a toujours vingt ans.
    #346Verfasserrb04 Jul. 05, 11:19
    Kommentar
    Nolwenn abasourdie crut bon de mettre fin à ce manège

    « Il faudrait faire boire Lars » dit-elle,

    « J'ai déjà bu au puits du destin ô muse adorée j'y ai trouvé l'eau amère, seuls les breuvages célestes franchiront la divine barrière de mes lèvres closes . »
    « Bon ben on va prendre un entonnoir » soupira Nolwen.

    « Allez au revoir « dit Rozenn un peu gênée à cause de Nolwenn , et elle alla faire quelques pas dans la mer, pour reposer ses jambes éprouvées par les stations prolongées à la crêperie. Didier s'efforça de ne pas la regarder. Le trio quitta la plage, Rozenn marchant à côté du jeune couple qui se déplaçait tendrement enlacé.
    Nolwenn refusa de poursuivre son topo sur les OGM, prétextant la fatigue

    La nuit tomba, en silence chargée d'étoiles, Mais la sirène ne vint pas.
    #347Verfasserrb04 Jul. 05, 11:20
    Kommentar
    La sirène semblait de mœurs pélagiques. Elle ne viendrait certainement plus cette nuit.

    « Hein on ne connaît rien à rien sur les mœurs de ce sirènes » dit Didi.
    « Que mangent-elles, où dorment-elles d'où viennent-elle? Qui sont-elles? Oú vont-elles ? »

    « Mais si c'est Dahut a pour amants les péchés capitaux , il se peut qu'elle habite à Pandémonium, la capitale de l'enfer. »

    « Mais un enfer enflammé sous l'eau c'est trop fort »

    « Pourquoi pas songe à Hadès Gardien des Ombres, ne dit-on pas que l’océan est d’une profondeur hadale ? »

    « D’accord mais Ys puisque c’est d’elle qu’il s’agit, n’était pas si éloignée . Elle était reliée à la terre ferme par un pont de glace que le Diable avec ses pieds de braise ne pouvait pas franchir sans risquer de se noyer. »

    « As tu l'enregistrement de Yann Loic si nous le passions au haut parleur, peut-être que la sirène viendra. »

    « oui dit Nolwenn, faisons cela demain soir et arrêtons pour cette nuit »
    #348Verfasserrb04 Jul. 05, 11:23
    Kommentar
    Le Panda ronflait en riant doucement dans son sommeil d'assommé cocaïné.. Lars lui aussi s'était endormi , mais contrairement au Panda il était tombé naturellement dans les bras de Morphée sans y être incité par une beigne ou une mandale.»

    Didier creusa un trou dans le sable et parvint à libérer Lars de son caveau de sable et de ciment. Ils prit une brouette qui était sur le chantier du parking et chargea dedans le Panda et Lars. Il les déchargea dans la voiture. Didier et Nolwenn déposèrent le Panda au bas de son immeuble portuaire Didier lui donna quelques claques pour le motiver à grimper seul les escaliers. Ensuite ils se rendirent à l'hôtel où Lars séjournait.

    À l'hôtel de Lars, le portier refusa de leur remettre la clef de la chambre de Lars.

    « Il est viré ce Lars, on a fait ses bagages, ils sont là vous pouvez les prendre si vous voulez. Nous on n' en veut plus de lui . Il est venu avec un cheval par la porte-fenêtre de la la salle à manger il ne voulait pas s'en séparer et l'appelait Pégase. En plus il vole les draps de son lit et s'enroule dedans et dit que ce sont des toges romaine. Et puis il se coiffe toujours la tête avec une couronne d' algues gluantes et puantes. Et puis fallait voir l'état de sa chambre chaque jour, une vraie pétaudière , un capharnaüm.. »

    Le portier s' échauffait, et on sentait qu'il pouvait continuer longtemps sur sa lancée. Lars Rüdiger l’inspirait visiblement. Didier et Nolwenn préférèrent s’esbigner en traînant derrière eux Lars qui dormait toujours.
    #349Verfasserrb04 Jul. 05, 11:24
    Kommentar
    « Merde qu'est-ce qu'on va faire avec ce zigoto, faut s'en débarasser dare-dare. »

    « J'ai une idée dit Nolwenn on pourrait l'emmener au Camping des Flots Bleus. »

    « À cette heure ? »
    « Tu sais le moniteur du Club Mick y est, je l'ai interviewé au Camping la semaine dernière lorsque je faisais des articles sur les activités pour les enfants. On n'a qu'à s'en débarasser là bas. »

    « C'est fou, toute la région n' est peuplée que de jeunes hommes qui ne vivent que pour le privilège de se faire interviewé par toi « dit Didier jaloux et vexé.

    Nolwenn haussa les épaules à cause de ces insinuations absurbes.

    « Tu sais je crois qu'ils sont inoffensifs surtout si on les compare aux grand-mères en goguette. »

    Didier préféra ne pas répondre .
    #350Verfasserrb04 Jul. 05, 11:25
    Kommentar
    Situé à la lisière d'un bois de pins le Camping des Flots Bleus était le haut lieu du hit parade radiophonique, de la pétanque, du barbecue et du gros rouge. Mais à cette heure avancée la plupart des campeurs dormaient. Et ceux qui étaient encore éveillés buvaient du vin rouge tout conversant à voix basse.
    Nolwenn se dirigea vers l'emplacement du moniteur. Il était assis dehors autour d'un petit feu de camp en compagnies de trois autres freluquets

    « Ouais j'suis d'accord avec toi, c'est super chiant comme boulot avec les mômes à supporter six heures par jour, mais c'est pas si mal payé que ça pour un petit job d'été . En plus j'ai pas de frais pour mes vacances, je suis nourri et j'paye pas le camping.
    Et puis ,j't dis pas, mono c'est le méga tuyau pour s' faire des nanas. Les gosses, j'te dis pas ,quand c'est pas les tiens ,j'te dis pa, y'a rien d'mieux pour draguer les nanas. J't dis les mioches c'est même vachement mieux que les chiens pour ça, ça les met en confiance.. En plus ils ont des mères, et certaines, j't dis pas ! J't dis pas, j'suis sur un bon coup avec la mère de l'un d'entre eux. »
    #351Verfasserrb04 Jul. 05, 11:27
    Kommentar
    Nolwenn fit quelques pas en arrière et fit du bruit pour annoncer sa présence, Didier était resté à la voiture en compagnie de Lars qu'il n'avait pas envie de décharger de la voiture une seconde fois pour rien.

    « Salut Mickey, dit Nolwenn ( De puis la création du club Mickey tout le monde appelait par commodité les monos successifs Mickey ). Tu t' rappelles de moi? »

    « Oui , vous m'avez interviewé la semaine dernière pour L'Ouest-Éclair « dit le jeune homme aux cheveux calamistrés

    Ses trois autres copains visiblement impressionnés observaient la scène

    -« Tu peux venir j'ai à te parler en tête-à –tête »

    « Oui oui bien sûr « répondit Mickey

    Ils s'éloignèrent de quelques pas

    « Qu'y a-t-il demanda -t-il plein d'espoir , je fais partie de ceux qu'on n'oublie pas n'est-ce pas? »
    « Oui je me suis souvenu de toi, répondit Nolwenn, j'ai un service à te demander »

    « Lequel, je suis là si vous avez besoin de moi ? »
    #352Verfasserrb04 Jul. 05, 11:29
    Kommentar
    « Voilà dit Nolwenn, tu peux pas héberger un copain dans ta tente pour cette nuit. Il va dormir il est très tranquille » mentit-elle pour arracher son accord.
    « Oui d'accord « répondit le gommeux, déçu et légèrement dépité. Il ne voulait pas refuser ,car sait-on jamais,la prochaine fois c'est peut-être elle qui demanderait à être hébergée..

    Ils allèrent tous les deux à la voiture et Mickey aida Didier à charger Lars dans la brouette qu' Eronnais avait chargé dans le coffre de son break

    Ils déversèrent Lars de la brouette avec rudesse, Mickey ouvrit la tente et alluma une lampe-tempête suspendue à l'entrée de sa tente. Ils roulèrent Lars dans la tente. Une dizaine de moustiques se crurent invités par les rayons lumineux et s'engouffrèrent eux aussi à l'intérieur. Nolwenn restée dehor,s s'amusait du ballet d'ombres chinoises qui s'affairaient sur la toile bleue de la tente. Après diverses gesticulations qui projetaient sur la toile de la tente un théâtre d'ombres, énigmatique et ambivalent, Didier et Mickey réussirent à glisser un sac de couchage sous Lars, à en remonter la fermeture éclair et à charroyer le dormeur ensaucissonné sur un matelas pneumatique..
    Enfin Nolwenn et Didier purent rentrer se coucher.
    #353Verfasserrb04 Jul. 05, 11:30
    Kommentar
    Épuisés ils s'endormirent dans les draps de lin, séchés au gand vent et dont lesfibres avaient capturé de furtives fragances d'iode et de sel.

    Le lendemain le ciel était brouillé, Didier se sentait barbouillé mais réussit néammoin à manger des œufs brouillés au petit déjeuner.

    Ding Dong Ding Dong on sonna à la porte

    Il alla ouvrir

    Le Panda était déjà là encore excité
    « Ey dit j'ai eu une sacrée nuit agitée chef, je ne me rappelle même plus comment je suis rentré chez moi »
    « Cela vaut mieux « pensa Didier qui avait un uppercut de première et pas mal de claques à se faire pardonner.
    #354Verfasserrb04 Jul. 05, 11:30
    Kommentar
    « Eh bien chef j'ai rencontré Alice Noiraud ce matin en allant chez le boulanger. Elle portait des lunettes noires, comme toujours quand elle a chialé. Elle criait "par la grande Sapho, Isis et Freya."!!! »
    « Et alors ? «
    Entre deux crises de sanglots elle m'a dit qu'elle ne peut pas croire que Gouine soit une traitesse et une scélérate.

    « Pourtant . les événements lui donnent tort, non dit Didi, car sa Gouine a fait mentire son patronyme et s'est tirée avec le chef du PNPC l'ennemi juré du MLB. «

    « Non elle croit que Raphall l'a enlevée et pourquoi pas après tout ? C'est plausible, franchement quelle femme irait de son plein gré avec un mec pareil . Un type qui exhale le machisme de la racine des cheveux à la pointe des orteils ?. »

    « Mais . » voulut protester Didier car il se demandait- comment diable était-il possible d'enlever une furie comme Gouine , de la mettre dans un avion sans que personne ne le remarque. Même en admettant une supériorité physique intrinsèque . Non ,Raphall n'aurait pas pu réaliser cette prouesse.
    #355Verfasserrb04 Jul. 05, 11:32
    Kommentar
    « Peut-être qu'elle est masochiste et aime les machos. »

    « Attends chef, Noiraud a enquêté et elle affirme que Gouine s'est fait la malle avec la caisse du MLB remplie à ras-bord pour une grande campagne contre l'excision. »

    « Mince alors , mais ça ne colle pas du tout avec Gouine, elle était engagée personnellement dans la lutte contre la clitoridectomie. »

    « Justement Noiraud affirme qu'il a du la droguer ou pire lui faire du chantage ,mais pour quelle raison ?!-Noiraud m'a raconté qu'elle avait rencontré Gouine alors que celle ci sortait de l'orphelinat , sans aucun appui dans ce vaste monde si seule et si désorientée. Aurait-elle eu quelque chose à se reprocher ? »

    « P'être que Noiraud 'a endoctrinée et que Raphall lui a ouvert les yeux. »
    #356Verfasserrb04 Jul. 05, 11:33
    Kommentar
    « Non tu sais ce que je pense? Et si Raphall était un parent de Gouine, j'vais vérifier cela dés que possible. »

    « Le président du PNPC apparenté à Gouine ? Ouais c'est trop. »

    « Mais en attendant j'ai vérifié les comptes du PNPC et j'ai constaté que Raphall est parti avec l'argent destiné à la campagne contre la circoncision. »

    « Quoi ? Et direqu’il organisait, en grande pompe, de symboliques enterrements de prépuces »

    « Tu sais faudrait les faire revenir ! »

    « Et comment ? »

    « C’est pas le problème, les USA ne sont pas regardants et extradient facilement et rapidement. »
    « Mais il faut au moins un semblant de prétexte. »

    « Si Noiraud portait plainte contre détournement de fonds on pourrait faire revenir Gouine. »

    « Ok mais pas Raphall, après tout c'est lui le chef du parti il a le droit de disposer de l'argent comme bon lui semble tant qu'il ne le détourne pas à des fins personnelles ce qui est loin d’être prouvé. «
    #357Verfasserrb04 Jul. 05, 11:34
    Kommentar
    « Julien Ravel !!dit le Panda, il est témoin de l'agression des vaches, avec son témoignage on a quelque chose contre Raphall »

    « Ok j'y vais et toi tu vas au commissariat. Avec la photo de la victime publiée dans l’Ouest-Èclair, tu auras sûrement de quoi faire avec les témoins. »

    Il sortirent. Une bonne brise de noroît soufflait. L 'air était d'une liquidité grise-blanchâtre et l'on avait l'impression que c'était l'océan accroché au ciel. qui crachinait doucement. Le Panda enfourcha son biclou officiel tandis que Didier prit la voiture.

    Les engrais naturels aux effluve âcres, carte de visite champêtre et odorante de la ferme bio se déclinaient en plusieurs catégories tout .comme les parfums.
    Le purin, quintessence capiteuse préfigurait le parfum concentré et lourd en arômes, le fumier de texture mixte, rappelait quant à lui la soie de parfum tandis que le lisier plus dilué et de moindre intensité olfactive évoquait l'eau de parfum. L'eau de toilette était absente de la collection ravelienne sans doute disqualifiée en raison de sa fugacité.
    Quand Eronnais arriva, Ravel était en train de donner une touche personnelle à son tas de fumier en pissant dessus. En entendant la voiture d'Eronnais crisser sur le gravier de la cour, Ravel se retourna tout en continuant sa tâche.À la vue d'Eronnais il pâlit anormalement et tressaillit vivement Eronnais trouva sa nervosité suspecte et lui cria::

    « Haut les mains!! »
    #358Verfasserrb04 Jul. 05, 11:35
    Kommentar
    Effrayé Ravel s'executa et ce faisant acheva de pisser sur ses chaussures.
    Julien Ravel était inquiet depuis la fuite du Panda. De plus, il n'avait pas la conscience tranquille car il augmentait le rendement de sa ferme en prêtant abusivement son sigle bio à des grossistes qui écoulaient des produits traditionnels.
    « Que me reprochez vous ? «

    « Vous protégez un criminel ,ce Raphall dit Didier d'un ton menaçant. C'est de la non dénonciation de crime . Pouvez vivre avec cela? »
    « Oui car Raphall est dangereux, de plus il était déguisé en grande asperge. Il venait de participer au spot de pub "Les joyeuses asperges". Car ce jour là ils tournaient un nouveau spot de cette série sur les joyeuses asperges.. Vous savez la pub qui passe à la télé! Celle où les asperges sont prises de fou rire et sautent de leurs sillons.en alternance une à droite une à gauche, sur une musique endiablée. Après elles font la farandole et hésitent à plonger dans le lac onctueux de sauce hollandaise tout suintant de suavité. À la fin elles choisissent à l'unanimité moins une de se mettre en boite et en botte à la botte de M. de La Conserverie -Bonduelle , car c'est le seul qui respecte les asperges. L' asperge récalcitrante se noit amentablement dans le lac bien gras. Ensuite une boite de Bonduelle, portée par une main géante surgit du lacde sauce hollandaise, et le ciel se fend en deux et on voit des anges sonner le clairon. »

    « Vous êtes sûr que c'était un costume d'asperge et pas un de préservatif? Cela irait mieux à Raphall. »

    « Absolument sûr, J 'ai même eu un autographe de l'acteur qui jouait M de La Conserverie Bonduelle, d'ailleurs ça va passer bientôt à la télé. »
    #359Verfasserrb04 Jul. 05, 11:36
    Kommentar
    Didier ne remarqua pas Bette Ravel qui par derrière, s'approchait sans bruit.
    Sans crier gare, elle déversa un grand pot de miel sur la tête d'Eronnais qui suffoqua de surprise.

    « Si vous ne laissez pas mon poireau chéri tranquille je siffle mes abeilles, «

    « Oh merci mon petit chou-rave ! « dit Julien Ravel. Il fronça les sourcils et s'adressant à Eronnais

    « On va vous mettre la tête dans la centrifugeuse à miel »

    « Qu'est ce qu'on pourrait en tirer mon petit concombre, que veux tu séparer chez lui hormis le vide du néant ? » dit Bette Ravel.

    .Les abeilles regroupées en quatre bataillons bourdonnaient sur place, attendant le signal pour fondre sur l'infâme voleur de miel.

    « Ne faites pas cela »

    « Tais toi où j'vais t'donner des champignons hallucinogènes à bouffer. »

    « Mais pourquoi voulez vous protéger Raphall ? dit Didi qu' aurait pas dit non à un petit plat de champignons.
    #360Verfasserrb04 Jul. 05, 11:37
    Kommentar
    « Nous on veut pas d'histoire. »

    « Mais on vous prendra dans le programme qui protège les témoins capitaux « mentit-Eronnais
    « C’est vrai ? Comme dans les films? « demanda Bette Ravel les yeux brillants .

    « Oui exactement »

    « Ça m'dirait bien » dit Julien Ravel

    « Allez j'enregistre votre déposition dit Eronnais avec promptitude; au fait où ils sont ces champignons hallucinogènes ? «

    Il avait déjà attrapé une vingtaine de mouches qui restaientt collés au miel qui dégoulinait du sommet de son crâne
    #361Verfasserrb04 Jul. 05, 11:39
    Kommentar
    Alors que Didier jouait les tue-mouches le Panda, seul au commissariat avait du mal à faire face à l’affluence des témoins qui appelaient en prétendant avoir connu et reconnu la victime.

    - Elle était à mon anniversaire hier soir, affirmait un témoin
    -
    - Mais non, cela est impossible puisqu’elle était déjà morte.
    -
    - Vous insinuez donc que je mens disait le pseudo témoin en raccrochant rageusement

    - J’étais avec elle à l’école maternelle prétendait une autre

    - Et vous l’avez vu depuis ?

    - Non, je ne l’ai pas vu depuis l’école maternelle il y a 40 ans

    - Mais la victime n’avait pas 25 ans

    Alors, vous sous-entendez que j’affabule mais vous êtes vraiment ignoble, sale goujat et je ne sais vraiment pas pourquoi je perds mon temps avec vous répliqua-t-elle et raccrocha.

    Un témoignage retint cependant son attention
    #362Verfasserrb07 Jul. 05, 11:58
    Kommentar
    - J’ai vu cette femme alors qu’on était avec des copains sur l’île des Cormorans, on faisait la fête, on faisait de la musique oh juste un peu de gratte et de l’harmonica, quand elle est arrivée de la mer. Elle est venue de la mer simplement comme cela à peine vêtue, sans aucun bagage dans la nuit elle est arrivée.

    - Et alors ?

    - On lui a donné à manger et à boire.

    - Et alors?

    - Elle a mangé et bu mais n’a rien dit du tout , on a cru qu’elle était muette. Ensuite on a joué au cadavre exquis

    - C’est quoi ?

    - Oh c’est pas méchant , je sais après ce qui est arrivé cela fait macabre, comme une méchante prémonition prophétique. Mais croyez moi c’était innocent vous savez, juste un jeu créatif pour détendre l’atmosphère, de la récréation pour les neurones et les nerfs.

    - Et il consiste en quoi ce jeu? demanda le Panda, légèrement irrité
    #363Verfasserrb07 Jul. 05, 12:01
    Kommentar
    - C’est un jeu inventé par les surréalistes. On écrit un mot sur un bout de papier on le plie et le suivant fait de même et ainsi de suite. Puis nous nous sommes lassés, nous avons préféré l’écriture automatique, pour être en communication avec l’esprit c’est une voie d’accès aux désirs profonds. Et pour plus de solennité et par amour du symbolisme on s‘écrivait mutuellement à même le corps, des mots comme un poème. On utilisait un magnifique pinceau de calligraphie chinoise et de la gouache rouge, car c’est la couleur de notre sève vitale du sang,

    - Et alors ?

    - Puis ce fut le tour de la victime, nous lui avons donné le pinceau elle ne voulait rien écrire mais un copain a a écrit sur le dos tao et reizh pour désigner la route spirituelle qu'il voulait suivre

    - Et alors ?

    - Nous n’avons pu continuer, elle semblait tout à coup effarouchée elles s’est levée et s’est enfuie à travers les rochers, nous ne l’avons pas suivie, c’est risqué de grimper des rochers déchiquetés tranchants dans le noir

    Et le matin quand nous sommes repartis avec nos dériveurs nous ne l’avons pas vue non plus
    Le Panda réfléchissait à toute vitesse.
    L’îles des Cormorans était un îlot rocheux avec deux langues de sables perdues parmi les rochers et qui faisaient office de plage aux groupes de jeunes qui l’abordaient en dériveur pour venir y faire la fête, entre eux.
    La victime avait été trouvée à la plage si le témoin disait vrai et qu’il n’avait rien à voir avec le meurtre comment la victime était-elle parvenue à la plage sans que l’inscription soit effacée ?

    - Votre témoignage est capital il faut que vous veniez ainsi que tous vos amis au commissariat.
    #364Verfasserrb07 Jul. 05, 12:09
    Kommentar
    Le vol de Brest à Paris était agréable, pas de turbulences, du moins hors de l’avion. Ayant atterri les hôtesses éconduisirent Gouine et Raphall avec un sourire jaune, soulagées de ne plus devoir les soutenir. À Charles de Gaulle il fallait changer de compagnie aérienne (à Lufthansa) car le vol d’Air France restait à moitié inoccupé. En embarquant les deux s’étaient singularisés en ergotant, répétant alternant « non ! » et « oui ! » sans cesse.

    Gouine : « Oui ! »

    Raphall : « Non ! »

    Gouine : « Ouui ! »

    Raphall : « Nononon ! »

    Gouine : « Ouuiii ! »

    Raphall : « Non que non ! »

    Et patati et patata…

    Ce débat dialectique suivit la déclaration de Gouine que ça serait elle qui triomphe-rait. Ayant reçu le repas et des boissons ils se turent et calmèrent. Par manque de sommeil ces derniers jours et en vertu de l’effet du vin rouge elle fatigua et s’endormit en laissant tomber sa tête sur l’épaule de M Raphall qui, pour sa part, ne disposait plus de la volonté nécessaire à l’empêcher de faire ça. Au demi-sommeil il feuilletait faiblement l’édition actuelle du magazine « Onan - Tant Mieux Né Masculin » auquel il avait contribué un essai sur la corrélation entre l’inexistence du chromosome Y et la disposition à être dépassée par le droit de vote. Il éprouva de la satisfaction et finit par assoupir lui aussi.
    #365Verfasserbu15 Jul. 05, 13:35
    Kommentar
    L’une hôtesse dit à l’autre :

    « Schau, was sich liebt, das neckt sich, hihi ! »

    « Ja, das ist schon so ! Zuerst zanken und dann zufrieden miteinander einschla-fen… » répondit l’autre.

    « Las Vegas, das ist genau der richtige Ort für ein solches frisch verliebtes Paar… » remarqua la première hôtesse « die werden sich bestimmt ganz kurzentschlossen das Jawort geben, hach, ist das romantisch… »

    « Ja echt, ach, ich wünschte mir, ich hätte einen Mann, mit dem ich nach Las Vegas reisen könnte… »

    « Tja, seufz, ich auch… »
    #366Verfasserbu15 Jul. 05, 13:36
    Kommentar
    10'000 mètres plus bas, quelques milles kilomètres vers l’est, un serviteur droit de l'État était affronté par une multitude d’animaux vaillants, dressés à piquer, décidés à s'immoler… Seul un argument postiche de l’homme droit et la jobardise d’une légumière bio mirent fin à cette rencontre high-noon.

    Apaisés par la perspective du programme qui protège les témoins capitaux les Ravels devinrent placides et gentilles. Mme Ravel renvoya toutes les abeilles sauf un Bat’ d’Ab’ qui restait basé à proximité de la sous-lieutenante Ravel par préven-tion de sécurité. Eronnais racla les mouches de sa peau miellée et les jeta dans l’herbe.

    « Non, arrêtez ! » cria M Ravel horrifié, « ne les éliminez pas, mon Dieu, quelle dilapidation ! »

    M Ravel ramassa les mouches couvertes d’une couche du miel en expliquant : « ça, les mouches couvertes de miel, elles sont notre article d'exportation à succès ! »

    « Des mouches en miel ? »

    « Mouches à miel » corrigea Ravel, « oui, on les exporte dans tout le monde, mais franchement, vous ne connaissez pas « Mouche à miel » ? »

    « Oui, j’connais l’expression, mais j’ai toujours cru que c’est synonyme d’abeille… »

    « Oui, c’est ça, mais nous, on a créé et fait breveter des vraies mouches à miel, concessionnaire et distributeur exclusif : M Ravel ! »

    M Ravel scruta M Eronnais et rassembla les mouches à miel.
    #367Verfasserbu15 Jul. 05, 13:36
    Kommentar
    « Mais dites donc, vous confectionnez des aliments à la viande ? »

    « Bof, ces graines de cornichons, les clients ne s’en rendent pas compte, il ne faut pas mentionner tous les ingrédients… »

    « Mais, ce n’est pas vous qui luttez contre la consommation de la viande ? »

    « La viande oui, mais les mouches ? C’est de la chitine. »

    « D’la chitine ? Berk ! »

    « Oui, ça ne sent pas la julienne, mais bon… Suivez-moi, M Le Policier, je vous donne un set de dégustation de nos produits ! »

    « Un set de dégoûtation ? » pensa Eronnais et dit « Merci, très gentil, pas néces-saire ! Mais, » Eronnais hésita « vous venez de mentionner des champignons hallu-cinogènes… »

    « Oui… ? »

    « Ils sont interdits ! »

    « Des champignons ? Interdits ? »

    « À cause de leur effet psychotrope… »

    « C’est la loi humaine qui prohibe des plantes, c’est incroyable… »

    « Dura lex, sed lex ! Moi, je n’adopte pas les lois. Mais, quoi qu’ils soient, il faut les respecter sans exception ! »

    « Non, je n’accepterai jamais qu’on… »
    #368Verfasserbu15 Jul. 05, 13:37
    Kommentar
    « À l’aise, ma fraise ! » dit Mme Ravel à son mari, « remets-les à M le Policier, c’est vital qu’on est dans les petits papiers de la police ! Il saura ce qui est mieux pour nos champignons… »

    « Ouaai, ne vous bilez pas ! Vos champignons vont subir le destin naturel, je vais les mettre au compost… »

    « Voilà, mon échalote ! » dit Mme Ravel satisfaite à son navet.

    À contrecœur M Ravel donna les champignons dans un petit sac à Didier qui, en empochant la bouffe psychédélique, promit de les contacter au sujet du programme et prit congé.

    M Ravel le poursuivit et dit, l’air confident : « La chitine, elle est aussi dans la paroi cellulaire de quelques champignons, au revoir Monsieur ! »

    « À bientôt ! »

    En voiture il sortit et examina la denrée confisquée :

    « Je vais partager ce régal avec M Panda, il faut élargir son expérience, je crois qu’il ne connaît pas les shrooms ! »

    Il casa les champignons au vide-poche quand il se rappela que M Panda, l’égoïste, avait dépassé la dose homéopathique la veille. Il fallait maintenir l’égalité des chances et donc des ressources.

    « Attendons ! » dit-il à soi-même, « c’est mon tour aujourd’hui à charrier dans les bégonias ! »

    Il voulait agripper le sac de champignons quand M Ravel vint en toute hâte en brandissant l’Ouest-Éclair. Eronnais baissa la vitre de son auto :

    « Oui ? Qu’est-ce qu’il y en a ? »

    « Le cadavre… »

    « Oui… »

    « Est-ce que vous avez remarqué qu’auprès du cadavre il y a une toute petite feuille de chou chinois… »

    « Ça alors ! »
    #369Verfasserbu15 Jul. 05, 13:37
    Kommentar
    « La production de choux chinois est difficile et coûteuse, elle exige un approvision-nement en eau constant et abondant. En plus il n'existe aucun herbicide qui soit homologué pour lutter contre les mauvaises herbes dans le chou chinois. Il faut donc se rabattre sur le sarclage manuel. Personne ne le fait dans l’UE, ça coûte trop cher ! Peut-être ça vous sert de point de repère… »

    « Et se préserve-t-il longtemps ? »

    « À des conditions d'entreposage convenables le chou chinois s’entrepose deux mois. »

    « C’est beaucoup… »

    « Oui… »

    « Donc, ça ne sert pas de point de repère… quand même, merci bien et au revoir, M Ravel… »

    « Au revoir… »
    #370Verfasserbu15 Jul. 05, 13:38
    Kommentar
    Au commissariat M Panda avait arrangé une entrevue avec ce jeune homme qui avait fêté avec des copains sur l’île des Cormorans. La conversation téléphonique avec celui-ci avait accouché une lueur d'espoir. La victime avait approché des gens sans parler. Peut-être elle s’était efforcée de demander du secours, sans succès, et s’était allée fataliste, se soumettant aux impératifs de sa destinée.

    « Peut-être, peut-être… »

    Le téléphone sonna de nouveau.

    « Police de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer, vous parlez avec M Panda, j’écoute… »

    « Monsieur, j’ai découvert un macchabée… »

    « Zut ! » avait la peine de s’exprimer adéquatement M Panda, il huma, « où ? »

    « Dans un journal ! »

    « Dans un journal ? Mais comment, bon sang…, comment est-il possible de déposer un macchabée dans un journal ? » désespéra M Panda, « A-t-il été calandré ? » ajouta-t-il, l’imagination macabre précipitée.

    « Quoi ? » clama la femme, « non, j’ai vu la photo du macchabée… »

    « La photo ? Dans le journal ? » flippa Panda, « Vous avez vu la photo de la victime que nous avons faite publier dans le journal et me téléphonez à cause de celle-ci ? »

    « Oui… » répondit la femme.
    #371Verfasserbu15 Jul. 05, 13:38
    Kommentar
    « Mais, mercredi ! Ça va ou bien ? Je sais qu’il y a une photo du macchabée dans le journal ! »

    « Oui, mais » la femme fit une pause « le macchabée, c’est moi ! »

    « Quelle nation névrotique la France… » conclut démoralisé M Panda.

    « Tatataaa ! Panda, écoute, c’est moi, Nolwenn, haha… »

    « Zut, mon Dieu, diablesse diplômée, pourquoi me bernes-tu comme ça ? »

    « La photo étant publiée j’ai pensé que ça serait frustrant de ne pas recevoir ni un seul tuyau… »

    « Je noie dans des témoignages absurdes et ridicules ! Tu ne croiras pas ce que j’ai dû subir… »

    « J’ai une imagination productive… »

    « C’est vrai, ça c’est prouvé une fois pour toutes ! »

    « Ben, écoute Panda, j’aimerais savoir si quelqu’un t’a donné une indication perti-nente, je suis en train de terminer mon article sur la Sirène… »

    « Non, Nolwenn, désolé, ceux qui viennent de téléphoner se sont comportés comme toi tout à l'heure sauf un adolescent qui a passé la dernière nuit avec la victime… »

    « Je l’ai su : un crime sexuel ! » glapit-elle.
    #372Verfasserbu15 Jul. 05, 13:39
    Kommentar
    « Non, attends, Nolwenn : il a fêté avec ses copains sur l’île des Cormorans quand elle a apparu, venue du néant. Après quelques heures elle a disparu sans avoir parlé un seul mot… »

    « Bizarre, ça m’intéresse, écoute je vais te rendre visite au commissariat, ok ? »

    « Bien sûr, à bientôt ! »

    « À bientôt ! »
    #373Verfasserbu15 Jul. 05, 13:39
    Kommentar
    Quelle était la circonstance qui arrivait à réunir les deux pôles du sexisme côte à côte dans l’étroitesse d’un avion ? Bara Gouine et Gueaude-Michel Raphall avaient trempé dans cette situation inconfortable volontairement.

    Voyons, récapitulons ! Samedi soir, après le dialogue amical et l’applaudissement des badauds, Gouine et Raphall s’étaient crépis mutuellement avec des légumes et des fruits ce qui poussa une femme à appeler la police. M Panda apparu et arrêta les deux après avoir reçu une tomate blette sur le veston. Il les conduisit menottés parmi la foule qui, insatiable dans les baroufs, cherchait à soutenir et prolonger la brouille. Un des spectateurs proposa par malice :

    « Du pari jaillit la lumière »

    « Oui ! Oui ! Oui ! » scandèrent les gens d’une cadence préhistorique.

    Bara Gouine et Gueaude-Michel Raphall se regardèrent aux yeux…

    « Ce qui gagne plus d'argent en vendant des emblèmes ou n’importe comment, gagne… »

    « Oui, on se rencontrera après sept jours, d’accord ? »

    « D’accord ! »

    « Formidable » scandèrent et piétinèrent les gens « on sera de retour samedi pro-chain pour trouver le champion ! »

    « Ou bien la championne ! » réprimanda Bara Gouine.
    #374Verfasserbu15 Jul. 05, 13:40
    Kommentar
    Durant les jours suivants le pari avait dégénéré en combat sanglant. Là, ce n’était plus deux personnes qui cherchaient à gagner un pari personnel, maintenant c’était une affaire supra-individuelle ; faisait rage une guerre des sexes, une fois pour toutes on voulait déterminer la hiérarchie des sexes quel que fût le prix !

    « Quelle gaffe les femmes ! »

    « Quelle couille les hommes ! »

    « On vous regarde comme des vaches ! »

    « Bien sûr, ayant les yeux de taureau ! »

    « Pfut, moi, j’adore la force et la virilité d’Alphonse, le taureau… »

    « La virilité, ha ! Avez-vous réalisé que virilité, ce nom est du féminin ? »

    « Canaille sournoise ! » dit il en prenant l’air.

    La balance des pouvoirs, c’est la conséquence logique de la guerre latente où tous les deux partis temporisent la prochaine mesure. Si un parti vient d’agir, l’autre se met à réagir. On continuait ainsi de suite et finit par rafler les caisses respective-ment du MLB et du PNPC. C’était bien sûr pas la fin… C’était la guerre ! On ne pou-vait pas céder à ce point-là ! Raphall eut l’idée de jouer black-jack et boule et quand Gouine s’en rendit compte elle copia la tactique.

    Même la guerre totale peut contenir un vestige des idées fondamentales économi-ques : Ils convinrent de déplacer le théâtre du pari et d’acquérir deux billets à Las Vegas ensemble. Ainsi on profitait de la remise de l’été spéciale d’Air France.

    En avion, les deux reposaient, la bataille finale les attendait.
    #375Verfasserbu15 Jul. 05, 13:40
    Kommentar
    Les gens du camping s’énervaient comme l’animateur avait disparu, laissant les parents seuls avec leurs graines de Satan. Ceux-ci profitaient de la liberté inatten-due et passèrent le matin en cherchant en groupe des victimes pour leurs facéties.

    Le gérant du camping ne pouvait pas répondre aux questions qu’on lui posait, le Mickey dont tout le monde parlait avait apparemment décampé, mais avait eu le temps d’emballer la tente. Circulait le bruit qu’une femme célèbre lui avait rendu visite la nuit, mais il y avait aussi des gens qui croyaient avoir entendu du ronfle-ment en duo masculin…

    Deux gamins connaissaient le secret de la disparition de Mickey mais ne se démas-queraient jamais de crainte que leurs parents ne les punissent. Ils avaient rôdé comme d’habitude le matin sur le camping pour y arracher les sardines des tentes afin que celles-ci s’effondrassent et les gens dedans s’éveillassent entre mille-feuilles. Les fripons étaient pas mal émerveillés comme la tente du Mickey n’affaissa pas, mais restait debout et rebondie. Le plus jeune d’eux, un gamin de sept ans, piétina la tente rétive avec colère. Celle-ci se leva et se mit à voyager, solennellement lentement, comme une bulle de savon surdimensionnée. Ce n’était pas l’esprit de Lars-Rüdiger qui faisait planer la tente, mais l’hélium qui s’était échappé de la bouteille de gaz. Le Mickey l’avait acquise afin d’amuser les enfants avec une voix de fausset, mais une fois ouverte par erreur par Lars-Rüdiger, le gaz avait émané.

    Lars-Rüdiger, toujours somnolent, canarda : « Je ressens une élévation bien méri-tée ! Muses, ne vous lavez pas, j’arrive ! »

    Les deux vauriens mineurs ayant vu une tente jouer la fille de l'air parjurèrent de ne plus jamais barboter et fumer des clopes (au moins ceux-ci sans filtres).
    #376Verfasserbu15 Jul. 05, 13:40
    Kommentar
    @rb
    @bu
    pas mal perseverez svpl
    #377Verfasserph15 Jul. 05, 21:28
    Kommentar
    Ferienhalber bleibt dieser Roman bis Mitte August geschlossen! Bitte
    besuchen Sie uns ab dem 15. August 2005 wieder. Vielen Dank und erholsame Sommertage wünschen Ihnen

    Didier Eronnais + Nolwenn Le Coz-Pensec, M Panda und der Rest der Belegschaft





    Ce roman sera fermé jusqu’à la mi-août pour cause de vacances ! Vous pourrez suivre la suite de nos aventures à partir du 15 août 2005. Nous vous remercions de votre fidélité et nous espérons que vous prendrez d’ici-là du bon temps.

    Didier Eronnais + Nolwenn Le Coz-Pensec, M. Panda et le reste de l’équipe vous souhaite de bonnes vacances.
    #378VerfasserrBu19 Jul. 05, 10:11
    Kommentar
    Warum werde ich nicht namentlich und als erster erwähnt?
    #379VerfasserLars-Rüdiger 19 Jul. 05, 10:12
    Kommentar
    Da nun Pause ist, kann ich endlich in die Ferien :)

    Die Geschichte ist wirklich lustig, ich freue mich auf weitere Abendteuer…
    #380Verfasserliseuse19 Jul. 05, 10:40
    Kommentar
    absolut klasse die geschichte..^^ ihc freu mich auf die fortsetzung
    #381VerfasserMax20 Jul. 05, 07:27
    Kommentar
    St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer, le 15 Août 2005

    Des circonstances exceptionnelles et indépendantes de leur volonté ont empêché les auteurs du roman de continuer leur besogne.

    La suite est donc reportée d'une semaine. Merci de votre compréhension.

    Didier Eronnais





    St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer, 15. August 2005

    Aussergewöhnliche Umstände (um nicht zu sagen höhere Gewalt) haben die Autoren des Romans daran gehindert, ihr Werk fortzuführen.

    Die Fortsetzung wird um eine Woche verschoben. Wir bitten um Verständnis!

    Didier Eronnais
    #382VerfasserrBu15 Aug. 05, 11:16
    Kommentar
    Liebe rb und bu,

    Vielleicht seid Ihr der Meinung, dass, wer in die Ewigkeit eingeht, demütig auf dieses Eingehen warten mag! Vielleicht glaubt Ihr, es komme mir auf ein paar Tage mehr oder weniger nicht an, da die Ewigkeit unendlich ist, und unendlich minus 3 immer noch unendlich ist, dass ich also nichts verpasse!

    ♫♪ Au contraire ♪♫♪♪ !

    Ich bin es leid, mit einem infantilen Unbekannten in dessen Zelt durch den fiktiven Himmel zu schweben. Meine Musen erwarten mich doch zum Tee! Sie haben ein Theaterstück eingeübt, und dieses wollen sie auch aufführen!

    Und übrigens, meine lieben rb und bu, etwas kann ich Euch flüstern: wenn Ihr es literarisch so weit bringen wollt wie ich, wenn auch Euch Bewunderung und Respekt für Euer Werk entgegenschlagen sollen, so müsst Ihr die abgemachten Termine einhalten…

    Nun, schreitet zur Tat und vollendet Euer Werk, auf dass ich diese meine jämmerliche, irdische Hülle fallen lassen und meine Musen beglücken kann.
    #383VerfasserLars-Rüdiger26 Aug. 05, 13:19
    Kommentar
    @Lars Rüdiger

    Tu parles! On fait ton nègre pour pas un rond, et en plus Monsieur a des exigences.
    #384Verfasserrb29 Aug. 05, 07:03
    Kommentar
    Contrairement à Lars Rüdiger qui avait replongé dans le sommeil pour y humer l'arôme puissant de muses pas lavées, Mickey était tout à fait réveillé à cause du tangage de la tente.
    - Qu'est-ce qui se passe ? cria-t-il. Et il secoua Lars.
    Celui ci fut surpris à la vue de Mickey.
    - Muses, vous m'envoyez un étrange cocher, pour conduire mon cheval ailé. Pégase accomplit sa mission apocalyptique il m'ammène à vous chanta-t- il d'une voix ensommeillée
    - Mais tu es dans ma tente, et je suis pas cocher
    - La muse c'est ta tante?
    - On vole tu comprends ? dit Mickey d'une voix oppressée.

    La foi indéfectible que Lars Rüdiger avait en son talent et en la providence, le poussait à des actes téméraires. Mais aucun mérite ne lui en était imputable, car il n'avait pas besoin de surmonter la peur des dangers puisqu'il en ignorait purement et simplement l'existence.

    .Il s'extraya donc de son sac de couchage, ses manœuvres firent tanguer dangereusement la tente. D'un geste résolu et avant que Mickey ait pu l'empêcher, il tira sur la fermeture éclair de la tente. Le vent s'engouffra dans la tente et en gonfla un côté comme une voile. Lars ne fut pas impressionné. Il était d'un optimisme tel qu'il aurait pu se jeter du haut d'une falaise en pensant qu'il arriverait toujours à se bricoler un parachute en chemin. Il sortit donc sa tête de la tente, émerveillé par ce qui lui arrivait. La tente flottait dans le ciel, aux caprices du vent . Mais elle perdait rudement de l'altitude.
    - C'est comme un voyage en ballon, chantonna-t-il, heureux.. Ce n'est plus Pégase, qui me mène à vous mais la force de mon amour suffit à m'élever vers vous..
    #385Verfasserrb29 Aug. 05, 07:04
    Kommentar
    - Ferme la porte ! ! Aah Ouha ! ! fit Mickey en poussant des cris d'orfraie. Il avait ouvert une autre cartouche d'hélium dans l'espoir de faire remonter la tente

    On pouvait apercevoir la tente de loin, et sur la route nationale deux voitures avaient stoppé. Leurs occupants en étaient descendus et regardaient ébahis, la bouche ouverte le spectacle, en étant persuadés d'être les témoins d'un passage d'OVNI.

    Le vent ayant tourné, la tente tombait dangereusment, on distinguait le Club Mickey en bas, avec ses balancoires, ses toboggans et ses tourniquets. Mickey se cramponnait à Lars qui s'accrochait lui même à sa bonne étoile. La tente ne ressemblait plus à un voilier , mais à un chapiteau démonté, elle tomba à pic sur le trampoline du Club Mickey et rebondit comme une balle , traversa la plage, fut emportée par une rafale de vent, prit un peu de la hauteur, avança au dessus de l'eau et tomba finalement en pleine mer.

    L'eau pénétra dans la tente, il fallait sortir, nager s'échapper, Mickey n'en pouvait plus, ils étaient trempés. Mais ils sentirent quelque chose de dur sous leur tente
    #386Verfasserrb29 Aug. 05, 07:05
    Kommentar
    - Nous sommes arrivés déjà au fond de la mer dit Mickey d'une voix lugubre, car curieusement ils ne s'enfoncaient pas davantage

    Au contraire ils remontèrent. Lars grogna à cause de ce contretemps.
    - "On" est jaloux de moi à cause de mon génie et mes Muses et "on" me renvoie vers le Royaume de Poséidon
    - Mickey se lamenta: " "on" va errer comme cela éternellement sur la mer, comme un vaisseau perdu, comme le Hollandais Volant."
    Quelque chose sortit de l'eau, une espèce de serpent noir qui se tenait très droit sur sa queue
    - Un serpent de mer, gémit Mickey
    - Le serpent pivota sur lui même , puis replongea dans la mer.
    - Un monstre marin ! Mickey et Lars, allongés à plat ventre, sur le sol de leur tentes, recouverts par la toile mouillée regardaient au dehors.
    Le serpent de mer avait disparu.
    Tout à coup il remonta, très vite, très droit il se tourna et laissa voir à son extrémité un œil de verre
    Mickey comprit
    - Regarde c'est un périscope. Nous avons amerri sur un sous-marin.
    #387Verfasserrb29 Aug. 05, 07:06
    Kommentar
    Soudain ils se sentirent soulevés, au dessus du niveau de la mer et ils tombèrent dans l'eau, empêtrés dans la toile de tente.
    Ils se débattèrent, ils se heurtaient l'un à l'autre et s'empêchaient mutuellement de se dégager de la tente dont ils étaient les prisonniers, y étant enfermés comme dans un sac. Ils suffoquaient, perdaient leur force.
    .
    Cependant comme par miracle ils sentirent qu'on les dégageait de la toile , et ils furent chacun hissé vers la surface de l'eau qui miroitait au dessus d'eux comme une promesse jamais tenue. Ils furent heureux de sentir l'air frais dans leur poumons, ils toussèrent crachèrent de l'eau, on leur tapa dans le dos.

    Après quelques instants , ils furent poussés vers le sous-marin, qui était jaune comme dans la chanson des Beatles. Ils réussirent à grimper dessus et s'agenouillèrent

    - Descendez donc, drôle d'idée de venir camper sur notre sousmarin.Ils entendaient ces voix masculines, mais ne voyait pas qui parlait car leurs sauveurs se tenaient derrière eux

    - Non chanta Lars Rüdiger, Je veux reprendre mon vol vers mes muses qui m'attendent dans , mon Harem privé de l'Au-Delà.
    Cette mélodie ne fit aucun effet. On ne lui demanda pas son avis et on le poussa vers l'ouverture du sous marin et fut contraint de descendre.

    #388Verfasserrb29 Aug. 05, 07:07
    Kommentar
    A l'intérieur le sousmarin était rempli d'instrument de musique classiques et modernes. À à l'abri d'une cage de verre on pouvait admirer. un véritable studio d'enregistrement.
    Mickey s'exclama:
    - Ouaahhaoua c'est cool Raoul
    Il voulut se retourner.
    - Ne vous retournez pas, dit la voix, je ne veux pas que vous nous voyez-
    Lars Rüdiger qui s'étonnait de ne plus rien comprendre se retourna quand même.
    Les hommes au nombre de quatre qui étaient derrière étaient tous en combinaison de plongées et avaient masqué leur visage à l'aide des masques noirs.
    Au même instant , Lars découvrit un ombre qui pendait à un porte manteau situé juste derrière le quatuor masqué. Elle était abandonnée sur le porte-manteau, comme une vulgaire combinaison de plongée. La main gauche manquait.Lars reconnut son ombre.

    - So da bist du, sagte er. Ich hatte mich sehr gut daran gewöhnt ohne dich zu leben. Ich finde es sogar viel besser ohne dich zu leben, aber ich bin großzügig und wenn du willst kannst du mich in meiner letzten Reise zu den Musen begleiten.

    Un des hommes masqués dit:
    - On a trouvé cette ombre coincée dans un recoin rocheux sous l'eau , c'est bizarre un poisson prédateur a du lui mordre une main, puis l'a abandonné là quand il s'est aperçu de son inconsistance.

    - Mais que faites vous là ? demanda Mickey peu intéressé par l'ombre de Lars.
    - De la musique expérimentale, nous retournons dans l'élément originel , l'eau lustrale, la pureté liquide, qui se fit à la fois acide brûlant et onguent, cette transparence cathartique par laquelle tout a commencé. Là, où la vie s'est développée. Nous voulons retrouver le son originel et fluide qui transperça l'obscurité. Si nous le retrouvons nous le déchiffrerons. Alors, nous pourrons traduire cette musique en concepts, nous serons en mesure de d'élucider le mystère des origines de la vie.
    - Mais pourquoi vous cachez vous ? demanda Mickey , dépassé par ce discours fumeusement ésotérique.
    #389Verfasserrb29 Aug. 05, 07:13
    Kommentar
    - Nous ne voulons pas être reconnus. Nos expérimentations sont secrètes.
    - Mais alors vous ne voulez pas nous laisser ressortir ? Mais j'ai un rendez vous gavec la mère d'un des mômes dont je m'occupe. Vous allez me faire manquer une très bonne occas, je suis sur le point de conclure, protesta Mickey. En tant que Casanova des temps modernes, j’ai beaucoup d‘obligations galantes.

    - Nul n'a prétendu cela, croyez moi vous oublierez cette visite.
    #390Verfasserrb29 Aug. 05, 07:14
    Kommentar
    Alors que Lars et Mickey étaient les hôtes forcés du « Captain Nemo's Band »du XXI Siècle,
    Didier avait décidé de commencer la journée par la dégustation de champignons hallucinogènes. « Et oui » dit-il pour lui tout seul, il faut détruire.toute suite cette marchandise prohibée qui risquerait sinon de tomber entre des mains peu scrupuleuses , il pensait à la main d'ombre toujours à l'affût de mauvais tours à jouer en disant cela. « Il faut bien que je me sacrifie » ajouta-t-il en prenant une mine modeste.

    Il y a vait une petite cuisine dans le commissariat , il brosssa soigneusement les champignons et les coupa en tranche , il hacha une gousse d'ail et un petit oignon puis il fit fondre du beurre au sel de Guérande , dans la poele et y fit revenir l'ail et l'oignon. puis il rajouta les champignons. Il renonça à la crème fraîche et au vin, se contenta d'un peu de persil et il versa les champignons dans une assiette.Il coupa une morceau de baguette et s'attabla seul, il déplia l'Ouest-Éclair pour lire l'article de Nolwenn, "Des Cloches et Des Sirènes" C'était un moyen de se rapprocher de Nolwenn qui était partie avec le Panda rencontrer les adolescents qui prétendait avoir vu la victime. Car ces derniers avaient strictement refusé de se rendre au commissariat, considérant que c' était absolument au dessous de leur standing car cela faisait "minable indic".

    Il commença à lire l'article , « « Homme libre , toujours tu chériras la mer » écrivait Baudelaire, impressionné par l'insondable infini des masses marines, qui le renvoyait aux abîmes tout aussi profonds et mystérieux de l'âme humaine.. »
    #391Verfasserrb29 Aug. 05, 07:15
    Kommentar
    Les effets des champignons hallucinogènes furent foudroyants il tomba dans une torpeur apparente tandis que son esprit voyageait frénétiquement en produisant plein d'images colorées. Il entendit des cloche.. Ces cloches dans sa vision dansaient perdues dans un ciel pourpre et doré . Puis volant encore, il rencontra un orchestre réuni sur un gros nuage, il eut juste le temps de reconnaître des cymbales, avant de voyager à nouveau pour se retrouver dans avec un opéra somptueux où le poupre avait viré au rouge et le doré restait doré. Dans la fosse, un orchestre jouait la Symphonie Fantastique de Berlioz. « Mais chez Berlioz c'est l'opium et non les champignons qui provoquent ces visions » eut-il le temps de penser « Mais oui on y entend des cloches, à la fin de cette Symphonie Fantastique. … » Son esprit fit un virage, abandonna l'opéra par le plafond qui était magnifiquement peint. D'en haut Didier eut à peine le temps d'admirer la vue l'orchestre devenu minuscule et la foule de spectateurs car cette vision fut remplacée par celle d'un orchestre sous marin qui s'imposa avec force à son esprit . « Et si Yann-Loic avait dit la vérité ? » L'orchestre sous marin jouait « La Cathédrale Engloutie » œuvre dans laquelle Debussy, nous parle en musique de la ville d'Ys. Eronnais entendait les cloches de la Cathédrale Engloutie sonner. Dans sa vision hallucinatoire, Yann-Loic était devenu un géant qui tenait Didier dans sa main en disant d'une voix de stentor, « vous voyez je vous l'avais bien dit » . Ces hallucinations possédaient une très grande force de de persuasion et Didier ressentit un boule d'angoisse lui serrer la gorge.
    #392Verfasserrb29 Aug. 05, 07:16
    Kommentar
    Nolwenn attendait les adolescents qui viendraient par la mer en bateau . Ils avaient dit au Panda qu'ils feraient plusieurs fois la navette pour amener leurs copains qui n'avaient pas de dériveurs.
    L'heure convenue était largement dépassée. Impatient le Panda faisait les cent pas sur le sable mouillé. Nolwenn, les pieds-nus regardait la mer, elle suivit un moment ses incessants mouvements. Elle admira un instant le jeu de la lumière, du vent, des mouvements et des couleurs à la surface de l'eau, avant de regarder le vaste horizon, où tout paraissait s'arrêter mais où tout continuait, au-delà du visible. Elle savait que là bas aussi, les mêmes mouvements racontaient les humeurs de la mer. Elle scruta attentivement la mer à l'horizon, les yeux plissés avec application pour accentuer sa concentration. Elle semblait vouloir lui arracher un secret que cette dernière n'était pas disposée à lui révéler. Le dialogue avec la mer était aussi fait de silences

    La mer instable ressemblait à celle que Debussy exalte dans son poème Symphonique « La Mer ». Le jeu des vagues toujours en mouvement était une métaphore pour la musique et la musique exprimait la mer . L'objet et sa représentation se perdaient dans un jeu de double-miroir
    #393Verfasserrb29 Aug. 05, 07:18
    Kommentar
    Nolwenn en avait profité de l’occasion pour amener un triskell en bois car elle avait décidé de faire un vœu à la mer, à cette fin elle elle avait fixé des bougies chauffe-plats sur son triskelle et elle les alluma. Personne n'était à l'horizon, elle avait le temps de faire un vœu. Les bougies enflammées vacillaient dans le vent, elle se pencha pénétra dans l'eau et posa le bois délicatement sur la crête mousseuse d'une vague qui se retirait. Le Panda s'approcha d'elle, il regarda lui aussi pensivement les bougies qui emmenait le vœu de Nolwenn, quand une vague fit échouer une bouteille sur le rivage.

    - Tiens regarde il y a un message dedans, dit le Panda

    Il se pencha ouvrit la bouteille réussit à faire sortir le papier qui était roulé à l'intérieur, le déplia et lut
    « Rendez vous à la Crique de la Cornue ce soir, nous ferons nos révélations exclusives ». Signé le Groupe de l'île des Cormorans. Au même moment Nolwenn aperçut un éclat sur l'un des petits bateaux qui voguaient à l'horizon,.
    « On nous observe avec des jumelles dit-elle, ls viennent de lancer cette bouteille , sans doute en nageant avec un tuba. »
    - Mais pourquoi organisent-ils un véritable jeu de pistes ? s’impatienta le Panda ! S’ils ne coopèrent pas mieux..... Mince cella me semble bien suspect, peut-être ont-ils quand même quelque chose à se reprocher, dans cette affaire

    - Bah caprice d’adolescents qui aiment faire des mystères attendons ce soir, répondit Nolwenn



    #394Verfasserrb29 Aug. 05, 07:21
    Kommentar
    @rbu....merci, quoique...utlisateur de Leo depuis 2 semaines, je ne peux l'utiliser que sur le lieux de mon stage...et depuis que j'ai commencé à lire cette histoire Bretonnante...mon esprit n'est plus dans un bureau du sud Ouest de l'allemagne à réflechir en Franllemand sur des principes industrialoenvironnemental mais bien sur le bord de mer à Ploug.. plougastel.. euh peu importe :)
    Merci pour ce voyage...trés Plougtriffouillskien
    la suite...

    ps: dsl pour cet interlude
    #395Verfasseralex31 Aug. 05, 14:33
    Kommentar
    Lieber Alex,

    Du beweist Geschmack! Aber der Dank gebührt mir, rb und bu haben ja bloss die Tasten am Computer gedrückt, wohingegen ich äusserst komplizierte Charaktere entwickelt und moralische Leitbilder gemalt habe... Die Nachwelt wird mich, kaum habe ich mich zu den Musen gesellt, vermissen, mein Ruhm wird noch Jahrzehnte, wenn nicht Jahrhunderte strahlen...

    Für Deine Unterbrechung musst Du Dich nicht entschuldigen,

    Dein
    #396VerfasserLars-Rüdiger01 Sep. 05, 11:16
    Kommentar
    @ Lars-Rüdiger: Dsl d'avoir homis ton nom dans les remerciements...
    Aber
    Je n'ai pas encore bien compris!!
    Les auteurs sont Lars-Rüdiger, rb et bu. Ou bien, rb et bu traduisent le texte que Lars-Rüdiger a dejà écrit?
    Car m'on allemand est encore loin d'etre au point...
    L'objectif est donc de publier un livre? qui sortira quand?
    Merci d'avance pour les expliquations
    Aber vielen Danke für diese Geschichte
    #397Verfasseralex01 Sep. 05, 11:42
    Kommentar
    Bara Gouine s’éveilla penchée, accotée à Raphall. Leurs têtes se touchaient, soutenant l’équilibre grâce à la symétrie. Ils avaient dû passer presque tout le vol en contact corporel. Elle frémit. Voulant se débarrasser de la situation fâcheuse elle saisit avec horreur que la bouche de Raphall était bordée de la salive séchée et que lui il culbuterait de sa côté si elle continuait à chercher à se libérer.

    Paralysée par la probabilité d’être salie par la salive de Raphall elle restait immobile et contem-plait son adversaire en état de sommeil, le bec un peu ouvert. La salive continuait à couler de sa bouche « comme un fil d'araignée, ainsi », pensa-t-elle « ainsi doivent se produire ses idées absurdes, berk ! Puis les idées s’accolent et forment une toile d'araignée dans laquelle la digni-té de la femme colle et crève… »

    Bara Gouine éprouvait du dégoût pour Raphall. Se joignit la peur en avion.

    « Ciel, pourquoi ai-je donné mon accord à ce pari ? Oh, ma vie, je ne peux pas supporter cet état… »

    L’agoraphobie s'empara d’elle. Comme d’habitude Gouine n’intentait pas de jouer le rôle de la victime, se rebiffa contre celui-ci et frappa par colère Raphall dans sa côte, lui, il aspira à pleins poumons, murmura quelque chose incompréhensible et rendormit.

    « Éveillez-vous, j’ai pas envie de vous épauler, Monsieur ! »

    Une castagne forte soulignait son ennui. Raphall ouvrit les yeux et se frotta la tête.

    « Aïe ! L’amazone, mince alors, elle est toujours là ! »

    « Une amazone ? Je n’en ai vu aucune ! » dit-elle cagote.

    « Bien sûr pas, il n’y pas de miroir… »

    « Très charmant ! »

    « J’ai rêvé de vous… »

    « Ahh ! C’est une déclaration d'amour, hein ? »

    « Saperlipopette ! Regardez comme j’ai transpiré, je suis tombé de rêve en cauchemar… » expliqua-t-il en essuyant la salive de sa bouche et la sueur de son front.

    « La salive vous convient… »

    « Votre gueule, Madame, je suis pas… »
    #398Verfasserbu02 Sep. 05, 08:23
    Kommentar
    En ce moment là, heureusement le commandant de bord annonça l’arrivée à Las Vegas :

    « Geschätzte Fluggäste, in ca. 25 Minuten werden wir in Las Vegas landen. Die Lokalzeit ist 06h30, die Sonne ist eben aufgegangen, warme 26° Celsius erwarten uns am Boden. Die Be-dingungen sind ideal, es herrscht absolute Windstille. Ich werde mir daher erlauben, eine Wette gegen meinen Kopiloten zu gewinnen und die Maschine mit geschlossenen Augen aufzusetzen… kleiner Scherz am Rande, haha. Falls Sie nach Las Vegas gereist sind, um zu spielen, so wüns-che ich Ihnen viel Glück. Falls Sie nach Las Vegas geflogen sind, um zu heiraten, ebenfalls. Vielen Dank, dass Sie mit Lufthansa geflogen sind und hoffentlich auf ein ander Mal, Ihr Käpt’n »
    #399Verfasserbu02 Sep. 05, 08:23
    Kommentar
    Mickey râla et ronchonna. Il ne voulait pas du tout accepter d’être détenu : son rendez-vous, il le manquerait, lui qui avait tellement envie de tripoter des lolos. Dès lors il flippa. Lars-Rüdiger pour sa part méprisait cette attitude primitive. Il se ressaisit et détonna en bémol mineur :

    « La suprématie et la colère, elles ne cadrent pas ensemble ! »

    Donc il se résolut grève sur le tas et s’assit auprès d’un instrument pour moufter. Ses fesses larges pressèrent le pédalier d’une orgue, un son sonore retentit. Incité par la vibration il dit :

    « Denen wasch ich mal gehörig den Kopf ! »

    Ayant reconnu l’inutilité de sa récrimination Mickey se mit à bouder dans son coin. Lars-Rüdiger par contre s’était préparé mentalement. En mélodisant il haussa la voix gourou :

    « Hélas, vous ne pouvez pas me retenir là ! Vous savez, hélas, c’est le b.a.-ba de la vie sociale, hélas, que la liberté et la responsabilité sont deux entités qui conditionnent l’un l’autre, hélas, trois fois hélas ! Et moi, hélas, ma responsabilité pour les gens est immense et donc autant doit être ma liberté, hélas, vous privez la civilisation d’un phare et les muses d’un maestro, hé-las… »

    Les quatre musiciens écoutaient attentivement ce que Lars-Rüdiger ânonnait, fascinés, enthou-siasmés.

    « Sapristi, génial ! Je n’ose décrire cette performance brillante supérieure… »

    « Tais-toi, George ! »

    « … et ce trémolo accroissant ! Les paroles ; et surtout la voix sobre qui contrarie le plaidoyer passionné, c’est un concert abyssal, c’est la perfection ! »

    Et comme Lars-Rüdiger avait fini sa conférence en toujours appuyant sur le pédalier les quatre musiciens chantaient le refrain à quatre voies :

    « C’est le b.a.-ba
    Trois fois hélas ! »
    #400Verfasserbu02 Sep. 05, 08:25
    Kommentar
    Lars-Rüdiger improvisait sur le pédalier de l’orgue en parsemant des mots de vanité et gloriole. Son ombre descendit du porte-manteau et se mit à danser. Elle dansait, sautillait et tournait tellement qu’elle trébucha et tomba dans le caléidoscope (qui servait de source d’inspiration pour les quatre musiciens). En faisant ainsi l’ombre bifurqua. Amusée par l’expérience elle répétait ce procès physique et doublait sans cesse. Un effet secondaire était que sa visibilité diminuait. Environ une douzaine d’ombres partielles dansait dans le sous-marin, quelle danse macabre ! George s'assit à la batterie et joua une syncope dans laquelle les musiciens tombè-rent les uns après les autres.

    Mickey, absorbé, était en train de gamberger sur la possibilité de changer de tactique, d’être offensif et ainsi finir par détaler et peloter la nana qu’il avait harcelée depuis des jours. Il ne savait pas prendre une décision car les quatre grenouilles musiciens, devenaient-ils agressifs ou pas ? Une main toucha son épaule, il sursauta, tourna et vit Lars-Rüdiger.

    « Komm, Du Grünschnabel, wir steuern das U-Boot an die Küste… » chuchota Lars-Rüdiger pour ne pas éveiller les musiciens. En chuchotant il n’arriva pas à faire même une mélopée, par conséquence il parla Allemand.

    Le Mickey comprit qu’il fallait joindre Lars-Rüdiger, mais il hésita :

    « Les musiciens ? »

    « Die schlafen… »

    Il suivit Lars-Rüdiger qui alla à la passerelle de commandement.

    « Comment êtes-vous arrivés à les endormir ? »
    #401Verfasserbu02 Sep. 05, 08:26
    Kommentar
    « Ils se sont pâmés d’admiration… » brailla-t-il en se regardant dans le miroir et comme le Mickey ne répondit pas il ajouta :

    « Ne faut pas s’étonner, ce n’est que normal ! Personne ne sait s’échapper de mon génie, pauvres mecs, ils vont dormir longtemps dû au surmenage intellectuel… et moral ! »

    « Boah, c’est vachement impressive ! »

    « Ohé du bateau ! » cria Lars-Rüdiger et poussa des boutons et des commutateurs au hasard, des lampes de contrôle, ceux de signalisation et les lampes témoin illuminèrent, un signal d'avertissement sonna. La situation aggrava. Mickey faillit paniquer, il agrippa Lars-Rüdiger qui se comportait comme un roc dans la tourmente, c’est-à-dire il ne bougeait pas. Sa voix gronda menaçant :

    « Personne ne m’arrête ! Ondes, vous ne réussirez jamais à m’endiguer !

    Avec assurance il prit le levier de commande, le manipula et déclencha ainsi un rude, un violent cahot. Les lumières vacillèrent.

    « « On » me met des bâtons dans les roues ! Quelle infamie ! » chanta-t-il en colère.

    « Lars, je ne pense pas qu’il y ait « on », c’est seulement toi et moi et les autres qui dorment, je crois que tu as fait une collision avec un rocher… Tout va de guingois ! »

    « Turlututu ! Un rocher ? Parlotte, propagande ! C’est ceux qui cherchent à m’empêcher d’adhérer au club céleste, hélas ! Ils craignent de ne plus savoir vivre sans moi, leur idéal, ils ont envoyé une baleine bleue pour caramboler avec le sous-marin que je commande… »

    Une deuxième secousse les ballotta. L’ordinateur du sous-marin donna le signal de détresse et lança un S. O. S. par radiotélégraphie. Les lumières s’éteignirent, des appareils basculèrent, des instruments résonnèrent : maintenant c’était vraiment du free-jazz ! Quand le bruit étour-dissant avait décru on entendit une voix pusillanime dans les ténèbres :

    « Lars ? Lars, t’es là ? »
    #402Verfasserbu02 Sep. 05, 08:27
    Kommentar
    Entre-temps Heinz Heil et Bernd Fasten avaient dessoûlé. Après avoir dormi presque 40 heu-res, leur dormance fût doucement interrompue, la petite vieille au visage de pomme ridée les réveilla.

    L’apéro du Dimanche avait dégénéré en beuverie, puis en coma éveillé et finalement en coma régulier. La mémoire de la grève, de la fraternisation et de l’incident à la réception avait fiché le camp. Ainsi, les deux qui étaient venus en Bretagne avec intention de jeûner, ignoraient leur rechute. L’abstinence, c’est un chevreuil timide : toujours en fuite, mais tout le monde croit l’avoir vu. Seul un emplâtre sur le visage de Heinz remémorait à Dimanche et l’essai gênant d’entrer dans le monde digital.

    La petite vieille au visage de pomme ridée, Heinz Heil et Bernd Fasten voulaient aller rendre visite chez Didier Eronnais au sujet de Helmut Lang et une pension alimentaire pour sa fille. Tout de même c’était l’année de sa retraite. On espérait discuter comment procéder la recher-che de l’homme dont on savait si peu. La petite vieille jouit de l’escorte qui marchait bras dessus, bras dessous avec elle.

    Quand ils entrèrent dans le poste de police, personne n’y était. Sur le bureau il y avait des esquisses brouillonnes qui montraient des géants terribles, une sirène nue en pose lascive, des abeilles munies d’armes à feu, tout garni des signes chinois.

    « Bizarre ! »

    « Bizarr ! » traduisit Heinz pour Bernd.

    « Hm, exakt… korrekt… » répondit celui-ci.

    « Euh, exact… correct… » traduisit Heinz pour la petite vieille.

    Les trois se turent. Une voix très, très basse provenait du meuble-classeur :
    #403Verfasserbu02 Sep. 05, 08:27
    Kommentar
    « Homme libre, toujours tu chériras la mer.
    Homme ivre, toujours tu périras en guerre.
    Pomme cidre, toujours tu guériras ma mère… »
    #404Verfasserbu02 Sep. 05, 08:28
    Kommentar
    Bernd alla vers le meuble-classeur, ouvrit la porte et clama :

    « Um Himmels Willen, Herr Kollege ! Wieso verkriechen Sie sich im Mobiliar ? Kommen Sie doch raus, ich helfe Ihnen dabei… »

    Il agrippa la main d’Eronnais. Celui-ci poussa un cri d'effroi et puis implora :

    « Non ! Épargnez-moi, s’il vous plaît, graciez-moi. C’est pas moi qui ai tué la Sirène ! »

    « Was regen Sie sich auch so auf ! Jede Sirene tütet, sonst wäre sie ja kaputt und man müsste ihren Nutzen ernsthaft anzweifeln ! » s’évertua à apaiser Bernd.

    Didier Eronnais avait l’air horrifié.

    « Lass ihn, er scheint verängstigt… » suggéra Heinz.

    La petite vieille au visage de pomme ridée vit l’assiette et les rogatons. Elle sourit en pensant :

    « Ahh, des champignons… Il y a longtemps que je me suis allée sur un tel voyage, ah, quelle soirée tiède de Mai, avec ‘Elmout, c’était ’43, sur l’île des Cormorans… Si seulement survenait une rencontre avec lui avant que je meure… »

    Heinz coupa ses rêves nostalgiques, il demanda :

    « Madame ! Qu’est-ce qu’on fait ? »

    « Laissez-moi faire, hein ! » dit-elle d’un ton impératif et s’approcha au policier. « Tiens ! Qu’est-ce que nous faisons là, mon fils ? T’as peur, oui ? Non, faut pas avoir peur, viens ici, chez moi… non ? Tu veux pas ? Puis je vais te secouer les puces ! »

    Elle pinça Eronnais au lobe et traîna. Le policier déférait au propos de la petite vieille et sortit de sa planque. Elle alla vers le bureau et le contraignit à s'asseoir sur la chaise. Comme elle lâchait il affaissa. La petite vieille lui adressa la parole, sans succès. Elle essaya de nouveau, mais Eronnais ne réagit pas. Il était assis sur la chaise, évanoui.
    #405Verfasserbu02 Sep. 05, 08:28
    Kommentar
    « Il a l’air maussade ! » dit-elle.

    « Vraiment ? Puis je m’en vais… Je ne veux pas être impliqué dans des affaires internationa-les… »

    « Plaît-il ? »

    « Non, pas du tout ! Les polices parallèles ne sont pas mon truc. »

    « Eh bien soit ! » résigna-t-elle.

    « Mais, qu’est que nous fairons avec Monsieur le bolicier ? »

    « On ferme les contrevents et espère qu’il se raffermit tôt… »

    Elle alla faire ainsi, Eronnais restait dans la pénombre. Avec une voix affectionnée la petite vieille dit :

    « Au revoir, Monsieur le Policier ! Je serai de retour ! »

    « Auf bald, geschätzter Kollege… » dit Heinz Heil.

    « Bis bald, Herr Didier » prit congé Bernd Fasten.

    Au-dehors, la petite vieille prit congé : « À bientôt, mes amis allemands, je vais enflammer une bougie chez Monsieur Le Curé, réciter mon rosaire et prier Dieu que ‘Elmout vit toujours… »

    « Votre Fritz Chalo ? Oui, nous espérons avec vous, au revoir »
    #406Verfasserbu02 Sep. 05, 08:29
    Kommentar
    Las Vegas, McCarran International Airport, ciel dégagé, 79° Fahrenheit, le soleil se levait, Raphall et Gouine débarquèrent fatigués. Un bus transportait les passagers à la halle de l’aéroport où on rallia des autres groupes touristiques. Trois grands signes indiquaient les chemins :

    « Wedding Couples » - « Gamblers » - « Regular Business Men & Small-time Criminals »

    Les deux se regardèrent…

    Gouine : « Parlez-vous Anglais ? »

    « Anglais moi ? Non… vous ? »

    « J'entends un peu l'anglais; pour ce qui est de le parler, je baragouine quelques mots »

    « Ho-ha ! Presque votre nom ! »

    « Pourquoi presque ? »

    « Parce que baragouiner on l’écrit avec un b et pas un p ! »

    « Et alors ? Moi, je m’écris également avec un b, avez-vous pensé que je m’appelle Para Gouine ? »

    « Bien sûr ! Para Gouine ! « Para » c’est grec et exprime l'idée de « protection contre », com-prenez ? Parasol : contre le sol ; parascolaire : contre l’école et analogue paragouine. Bien que ça ne me parût pas du tout logique… »

    « Ennuyeux ! Cela me rappelle les calembours qu’on m’a faits à l'orphelinat… »

    « Vous n’avez pas grandi dans une famille régulière avec un père strict et juste et une mère dévouée ? » demanda Raphall en se haussant sur la pointe des pieds afin de paraître plus père.

    « Non, je suis un fruit tombé opportuniste, l’aube d’une nuit blanche. Mon géniteur n’a même pas connaissance de mon existence… tout ce qui me reste, c’est un mot d'excuse de ma mère, je n’ai pas d’autre mémoire d’elle. »

    « Et de votre père ? »

    « De mon père, le seul que je sais, c’est qu’il a une tache de naissance au même endroit que moi, elle me l’a fait part dans la lettre… Elle a dû souffrir en m’abandonnant… elle n’avait pas le choix… »

    « Quoi faire ? » demanda Raphall évidemment dépassé d’une conversation si émotionnelle.

    « Quoi ? Quoi faire ? Elle m’a abandonnée, pour des raisons pécuniaires ! »

    « Euh non, nous, que faisons nous ? Quelle sortie ? »

    « Ahh, ben, on pourrait demander les employés là… »
    #407Verfasserbu02 Sep. 05, 08:30
    Kommentar
    Gouine alla demander un jeune homme qui chiquait un chewing-gum. Il avait déjà noté qu’elle était en train de s’approcher, sourit et dit :

    « Howdy! May I help you ? »

    « ‘owdy, Monsieur, veuillez avoir l'amabilité de me dire quelle sortie je dois prendre ? »

    « Huuhh ? »

    « Quoi ‘ouhh ? J’aimerais sortir de l’aéroport, want leave aéroport, mais il y en a trois sor-ties… t’ree ways… merde, pourquoi ne parle-t-il pas français ? »

    « Sorry, ma'am, that's all Greek to me. »

    Bara Gouine retourna pour faire des signes à Raphall qu’elle n’avançait pas. Celui-ci avait disparu, elle scruta la foule et découvrit Raphall poussé par des gens.

    « Attendez, Raphall ! »

    « Oui, j’essaie, mais ces gens-là sont en surnombre, je n’arrive pas à quitter la foule… »

    « Je vous joigne, persévérez ! »

    Mme Bara Gouine plongea dans la masse et nagea vers Raphall. La rivière des gens se bougeait vers les trois sorties, des tourbillons firent détourner Gouine et Raphall. On n’avait pas prise sur sa direction, mais, soyons honnêtes, ça ne faisait pas de différence pour Gouine et Raphall qui ignoraient absolument le sens des trois signes.

    « Où sera-t-on rejeté par ces vagues charnelles ? »

    « J’ai aucune idée… » admit Gouine.

    Tout le monde roucoulait, jouait de la prunelle et se faisait des bisous en se tenant par la main. Apparemment ils avaient flotté sous le signe « Wedding Couples ».

    « Couple ! C’est le même mot en Anglais ! Merde ! Je pense qu’on a choisi la sortie pour les amants… » exclama Gouine, les yeux ouvertes.

    « Vous, vous avez fait preuve de votre intuition féminine ! »

    « Oui, et vous et votre rationalité masculinE, ha ! Et par ailleurs, moi, je n’ai rien fixé, c’est vous qui n’avez pas pu sortir de la foule, merde alors ! »

    Impossible d’abandonner la masse ! Comme le bétail on était rassemblé et entraîné dans un bus qui transportait les gens à un endroit où tout était préparé pour mettre en scène des noces.
    #408Verfasserbu02 Sep. 05, 08:31
    Kommentar
    Les couples descendirent du bus et faisaient la queue. Il y avait plusieurs d’entrées, on pouvait choisir parmi des styles différents de noces. Des assistants instruisaient les gens d’une manière autoritaire utilisant des mégaphones et des bâtons luminescents. Ce spectacle, l’organisation militaire et la vue de l’harmonie collective effaraient Gouine et Raphall. Une jeune femme, habillée de rose et tout à fait saoule, les bouscula :

    « Oh, so sorry guys… » et en s’en allant elle chanta : « Oops, I did it again… »
    #409Verfasserbu02 Sep. 05, 08:33
    Kommentar
    Gouine et Raphall se regardèrent, approuvèrent d'un signe de tête, tournèrent et se sauvèrent en courrant. Après 500 mètres ils firent halte.

    « Quoi auraient dit les gens à maison si nous étions revenus mariés ? » sourit jaune Raphall.

    « Oui, impensable ! Quelle honte, tous ces années de travail, de la propagande et de AUFKLà-RUNGSARBEIT en vain ! Nous nous aurions faits manquer de crédibilité ! »

    Ils avançaient. Un taxi, une limousine surdimensionnée, freina, une porte s’ouvrit et une voix demanda : « Want a ride ? »

    Les deux montèrent en voiture. Dedans un cow-boy leur félicita pour leur mariage. Il parlait sans cesse et leur promit qu’ils allaient vivre le temps le plus excitant de leur vie. En appuyant sur un bouton il fit apparaître deux verres et une bouteille de champagne sans alcool. Raphall, soulagé d’avoir éludé un mariage à contrecœur, fit le gentilhomme, ouvrit la bouteille et donna un verre à Gouine. Au moment quand ils trinquèrent un ferraillement énorme retentit… Les deux se regardèrent perplexes.

    « Ha ! Thought this was some real cans ? Gotcha ! It’s an mp3 file, see ? »

    A nouveau le chauffeur cow-boy pressa le bouton, on entendit le bruit des boîtes cliquetantes sur la rue. Il se plaisait à présenter sa collection des sons, cloche de vache, sirène, Big Ben, salve d'artillerie, barrissement d’un éléphant, cocorico etc. Le guignol presque collapsa de rire.

    Le prochain feu de signalisation changea à rouge, le cow-boy arrêta et Gouine et Raphall saisi-rent l’occasion et descendirent de voiture. En courrant ils perçurent un hélicoptère et une voix déterminée commandant : » Freeze ! ». C’était un autre son mp3 du cow-boy, ils ne se lais-saient pas impressionner et continuaient de cavaler.
    #410Verfasserbu02 Sep. 05, 08:33
    Kommentar
    la suite ????

    la suite, s'il vous plaît !!!!
    #411Verfasserliseuse13 Sep. 05, 08:58
    Kommentar
    Mea culpa, je suis en tournée électorale. Mais je promis pour lundi
    #412Verfasserrb13 Sep. 05, 09:27
    Kommentar
    lol nach so einem blöden threat soooooo viele antworten, das ist ja wirklich nur zum lachen, ich verstehe zwar das meiste nicht, aber das können ja nur franzosen sein!
    #413Verfasserstinkewinke13 Sep. 05, 11:07
    Kommentar
    Lundi.... :-) SUPER

    Merci
    #414Verfasserliseur...13 Sep. 05, 11:14
    Kommentar
    " Ohne Krimi geht die Mimi nie ins Bett ! "

    ich bin so mude
    #415VerfasserMimiliseuse20 Sep. 05, 07:59
    Kommentar
    @Liseuse

    Pardon pardon mille fois Pardon ! Heureusement que j'ai mis lundi sans précision sinon je serais parjure. Malheureusement des obligations impératives se sont intercalées sans vergogne entre mon inspiration. Je m'y mets dès ce soir, car c'est dommage, la suite et le dénouement est déjà dans la tête et n'attend que quelques moments de répit pour sauter sur le papier, heu je veux dire sur l'écran
    #416Verfasserrb26 Sep. 05, 08:26
    Kommentar
    Le Ker Trio, était réuni dans une petite salle de la Mairie contiguë à la salle du conseil municipal. Keramanac'h, le lupus alpha, assis dans un grand fauteuil qui faisait office de trône, occupait comme il se doit la place d'honneur de cette meute en miniature. Kerinvel était à genoux aux pieds de son chef, à qui il cirait les pompes.

    Keraman'ach était un animal politique à l'instinct sûr. Et son instinct lui disait qu'il fallait occuper le devant de la scène, remplir le vide laissé par la débandade du PNPC et du MLB. Il voulait tirer parti de la fuite soudaine, conjointe et mystérieuse de Bara Gouine et Geaude-Michel Raphall.
    Cette coalition contre-nature, cette union des contraires lui laissait le champ libre pour ses propres desseins.

    Par exemple, il voulait hâter l'élection de l'idiot du village. Keramanac'h avait décidé que celle ci n'aurait pas lieu au suffrage universel, mais en public lors d'une réunion publique où tous les villageois seraient cordialement conviés. Autant profiter de l'absence des adversaires pour imposer son candidat.

    #417Verfasserrb04 Okt. 05, 07:06
    Kommentar
    - Bon, note, dit-il à Kerosen, en prenant la voix monotone et monocorde d'un médecin ou d' un avocat qui parle dans un dictaphone. Arrêté Municipal point à la ligne, L'élection de l'idiot du village aura lieu ce samedi dans la salle des fêtes, après la parade des pompiers et la course des garçons de café point Les villageois sont invítés à y participer en grand nombre. Point à la ligne Signé Keramanac'h Maire de la commune de St Plougtriffouillskell-Les-Goellans- Sur-Mer.
    Satisfait de surfer sur la vague de l'action, il poursuivit:

    - eh,eh j'aime bien cette idée de vote, ça fait démocratique et tout en étant manipulés les électeurs auront l'impression d'avoir donné leur consentement, eh eh cherchez l'astuce… Il faut profiter de la vacuité qui règne dans le ciel politique et dans la tête de la majorité de nos concitoyens, pour s'imposer dans l'imaginaire du peuple et devenir des incontournables.

    - Où est le ciel politique ? eut la bêtise de demander Kerosen

    - Tu finiras comme carpette du chien du fou de l'idiot du village cria Keraman'ach qui avait horreur d'être interrompu.

    - Ou à l'école de police! ajouta Kerinvel sans lever la tête car il était toujours occupé à cirer les bottes de Keramanac'h.

    Mais Kerinvel n'eut pas avec cette réplique, le succès escompté .

    - Je me suis renseigné vous êtes bien trop bêtes pour y être admis, répondit Keramanac'h en haussant les épaules.
    #418Verfasserrb04 Okt. 05, 07:07
    Kommentar
    - Heureusement répondit Kerinvel

    Keramanac'h le regarda courroucé et demanda impatiemment

    - Alors tu n'as pas bientôt fini ? lui demanda t-il

    - Presque, je dois encore les polir un peu pour qu'elles brillent dit Kerinvel en regardant amoureusement les chaussures de son chef

    - "Chef" interrompit Kerosen, soucieux de revenir dans les bonnes grâces de son chef je me suis inscrit à un cours de réthorique poursuivit-il en le regardant d'un air zélé et dévoué.

    - Un cours de réthorique, bonne idée, j'aime bien que mes collaborateurs prennent des initiatives et se perfectionnent. J'ai entendu dire que l'on a fait de grands progrès dans la réthorique de la langue de bois dit Keramanac'h.

    "Oui "répondit Kerosen. Ravi de se voir approuvé par le maire, il continua. "En effet ils ont développé une méthode permettant aux hommes politiques de passer une interview de deux heures contre cinq journalistes sans formuler le moindre engagement concrêt ou se laisser aller à une affirmation claire. "
    #419Verfasserrb04 Okt. 05, 07:09
    Kommentar
    Keramanac'h ne l'écoutait déjà plus :

    - En attendant, je veux trouver quelque chose de grandiose pour matérialiser et renforcer notre pouvoir à St Plougriffouillskell dit-il.

    Ses deux adjoints le regardèrent visiblement impatients d' entendre la suite.

    - Quelque chose de mythique qui concrétise de manière tangible notre puissance. J'entends ériger un monument en acte politique de la même manière qu'on construit une église ou un château pour marquer les esprits et inspirer le respect.

    - Qu'est ce que tu as en tête exactement ? demanda Kerosen un peu étonné d'entendre parler son chef de cette façon. C'est pas son genre d'où est-ce qu'il tient cela ? Soit il écoute France Culture, soit il regarde Arte pensa-t-il. Il imagina Keramanac'h dans sa propriété isolée ceinte de grands murs regardant en cachette Arte. Cette image le fit sourire car Keramanac'h lors de soirées électorales se disait avec emphase et des trémolos dans la voix, prêt à mourir pour le peuple .Keramanac'h ne l'écoutait déjà plus:

    - En attendant, je veux trouver quelque chose de grandiose pour matérialiser et renforcer notre pouvoir à St Plougriffouillskell. dit-il.

    Ses deux adjoints le regardèrent visiblement impatients d' entendre la suite.

    - Quelque chose de mythique qui concrétise de manière tangible notre puissance. J'entends ériger un monument en acte politique de la même manière qu'on construit une église ou un château pour marquer les esprits et inspirer le respect.

    #420Verfasserrb04 Okt. 05, 07:18
    Kommentar
    - Qu'est ce que tu as en tête exactement ? demanda Kerosen un peu étonné d'entendre parler son chef de cette façon. C'est pas son genre d'où est-ce qu'il tient cela ? Soit il écoute France Culture, soit il regarde Arte pensa-t-il. Il imagina Keramanac'h dans sa propriété isolée ceinte de grands murs regardant en cachette Arte. Cette image le fit sourire car Keramanac'h lors de soirées électorales se disait avec emphase et des trémolos dans la voix, prêt à mourir pour le peuple évitait en fait surtout de vivre avec lui et se retirait volontiers dans l’isolement le magnifique isolement de sa villa.

    - Une statue en granit répondit Keramanac'h. Il ouvrit un carton à dessins qui était sur la table. Il ne contenait pas des plans de cadastre mais des esquisses au fusain. Regardez , ce que l'on m'a proposé, il feuilleta, regardez, j'ai trouvé que cela conviendrait parfaitement un goéland les ailes déployéees en arrière au moment où au ras du ressac , il arrache un poisson à une vague agitée…

    - Tu dis des choses patron, des fois , si jolies, je sais pas moi , elles me touchent vraiment profondément.
    Keramanac 'h avait verrouillé son cœur comme un coffre-fort et oublié depuis longtemps la combinaison permettant de l'ouvrir. Ne sachant pas apprécier les rares manifestations d'affection dont il était encore l'objet, il ne sourit pas à ce compliment d'une sincérité naïve. D'ailleurs tout ce qu'on pouvait avoir gratuitement n'avait littéralement comme au figuré aucun prix à ses yeux. Au lieu de sourire donc, il haussa les épaules – un de ses gestes favoris- et prit une mine bougonne.


    #421Verfasserrb04 Okt. 05, 07:19
    Kommentar
    - Il ne s'agit pas de cela répliqua-t-il froidement , il s'agit de faire parler de soi . Que font les politiques quand ils n'ont ni argent à distribuer ni postes à pourvoir ? demanda-t-il. Il fit une pause, comme s'il attendait une réponse, mesura l'effet de ses paroles avant des poursuivre car cela correspond à notre situation actuelle : à part le poste d'idiot, nous n'avons rien à offrir et les miettes que nous pourrions distribuer ne rassasieraient personne. Donc les politiques dans ce cherchent à allouer aux mieux, c'est à dire à leur profit, leurs faibles ressources et ils font beaucoup dans le sociétal qui ne coûte rien, ou bien concentrent leurs faibles moyens dans l'érection de monuments qui qui servent principalement leur gloire personnelle et accessoirement l'interêt de tous.

    Quelqu'un frappa à la porte, Keramanac'h fronça les sourcils et tout en gardant son masque bougon regarda sa montre : "Enfin, pas trop tôt il était temps" dit-il à mi-voix pour lui même puis "Entrez" à haute voix à l'intention du visiteur qui se tenait derrière la porte
    #422Verfasserrb04 Okt. 05, 07:20
    Kommentar
    Les deux adjoints qui n'avaient pas été mis au courant échangèrent un regard intrigué. La porte dont les gonds n'avaient pas été huilés depuis des années s'ouvrit lentement en émettant un grincement rappelant un violon pincé par un archet débutant..

    Didier Eronnais apparut sous le chambranle, le regard ahuri, les cheveux ébouriffés. Il portait une chemise toute froissée et partiellement déboutonnée. Ainsi débraillé, il donnait l'impression de revenir d'une rixe ou d'une bataille.

    Le maire l'avait convoqué, il se rappelait vaguement de cela . La sonnerie stridente du téléphone l'avait fait émerger de sa torpeur . Ill avait réussi à décrocher le combiné " Eronnais" avait-on crié de l'autre côté de la ligne mais néammoins dans son oreille, c'est moi, Keramanac'h venez immédiatement à la mairie , je dois absolument vous parler.

    - Homme pitre, toujours tu amuseras tes frères, avait répondu d'une petite voix blanche
    Eronnais, laissant le Maire interloqué et perplexe.

    #423Verfasserrb04 Okt. 05, 07:26
    Kommentar
    " Bonjour Monsieur le Maire" dit Eronnais qui se demandait in petto comment il avait fait pour venir jusqu'à la mairie. Il ne gardait aucun souvenir de son déplacement. Il avait l'impression de revenir d'un grand voyage, de sortir tout droit des limbes et de n'avoir repris qu' à cet instant une forme humaine .

    En voilà une tenue, marmonna Keramanac'h, sans doute une tenue undercover pour les besoins de l'enquête ?.Cela avance j'en suis sûr eh.eh. En fait je ne vous ai pas fait venir pour cela, mais à cause de Gouine et Raphalle dit-il de but en blanc.. Avez vous des nouvelles ? demanda Keramanac'h qui redoutait plus que tout le retour prématuré de ses adversaires reviennent à l'improviste,

    - À propos de Raphalle dit Eronnais et il fouilla dans sa poche, tendit un petit carton, de la taille d'une carte de visite
    Le Maire prit le bristol et lut tout haut :

    Pointe du Raz
    Grand Site National
    Stationnement Auto /Camping-Car Tarif:E

    #424Verfasserrb04 Okt. 05, 07:32
    Kommentar
    "Pardon " bredouilla Eronnais, en fouillant dans une autre poche, il en ressortit un autre carton et cette fois ci il ne le tendit pas au Maire mais entreprit de le lire lui même.

    Julien et Bette Ravel
    Les pros du légume bio
    Le professionnels
    Des mouches à miel
    Et des nids d'hirondelles
    Il retourna la carte et lut .

    Goûtez nos pétales d'ails frites aux cinq épices
    Goûtez nos pelures de légumes confites

    Le Maire regarda Eronnais les yeux écarquillés

    - Je parlais de Ra- phalle et non de Ra- vel

    - Justement dit Eronnais, Ravel sera la bourrasque qui balaiera Raphalle.

    - Hein ?

    - C'est un témoin capital. Il a vu Raphalle perpétrer l'attentat à l'encontre des vaches pie-noire. Et maintenant son forfait commis il s'est enfui aux États-Unis, mais j'ai demandé son extradition.

    #425Verfasserrb04 Okt. 05, 07:34
    Kommentar
    - Enfin puisqu'ils sont partis autant les laisser là bas objecta Keramanac'h qui aurait préféré avoir l'Atlantique entre lui et ses adversaires . En même temps il était soulagé car grâce à Eronnais il avait la confirmation que ses adversaires même de retour étaient hors état de nuire. Noiraud était effondrée et en voulait à mort à Gouine. Keramanac'h osa envisager des élections municipales anticipées , faute d'adversaires implantés localement sa réelection serait assurée.

    Il regarda ses chaussures étincelantes et esquissa un sourire, il se sentait invincible.

    #426Verfasserrb04 Okt. 05, 07:36
    Kommentar

    Pendant ce temps, Nolwenn et le Panda descendaient l'une à la suite de l'autre, le sentier escarpé , seul moyen d'accéder par la terre à la crique de la Cornue.

    Dans la journée une marée basse de vive-eaux, d'une amplitude exceptionnelle avait découvert les champs de laminaires qui restaient habituellement inondés, et attiré de nombreux pêcheurs à pied. Mais à présent la mer était haute à nouveau . La soirée était douce et le ciel rose-orange suspendu au dessus de l'océan donnait envie de boire la lumière en regardant bouger l'eau.
    Nolwenn se sentait tendue elle avait reçu des textos confus et embrouillés de Didier où il était question de Berlioz de cloches symphoniques et de concert abyssal. Inquiète, elle avait essayé à plusieurs reprises de le joindre, sans succès. C'est à contrecoeur qu'elle avait du se résoudre à se rendre à la réunion heddomadaire de l'Ouest Éclair sans avoir pu joindre Didi
    #427Verfasserrb04 Okt. 05, 07:39
    Kommentar
    Au journal pour couronner le tout, Penn Marc'h avait parlé longuement des nombreux lecteurs qui avaient appelé la rédaction en affirmant avoir observé le passage d'un OVNI. Elle avait vraiment sa dose de nouvelles aberrantes pour la journée.

    - J'espère que les jeunes ne vont pas nous poser un lapin une seconde fois dit le Panda

    - Mais non regarde ils sont déjà là dit-elle en montrant du doigt un petit groupe assis au beau milieu de la plage.

    Ils s'avancèrent ves eux
    - Bonjour, dirent-ils à l'unisson puis ils regardèrent Nolwenn et le Panda d'un air suspicieux

    - Vous ne ressemblez pas à des flics dit l'un d'entre eux


    - Ah et c'est pour cela que vous nous avez fait bond ?

    #428Verfasserrb04 Okt. 05, 07:41
    Kommentar
    - faux bond corrigea-t-elle- Non au même moment on a vu des objets flotter à la surface on les a repêchés. Alors on a pensé à un naufrage et on a décidé qu’il était plus urgent de rechercher l’épave ou même les naufragés. On a cherché en vain on a rien trouvé à croire que ces objets sont tombés du ciel ajouta-il sans se douter le moins du monde qu’il avait trouvé la vérité.

    - Qu'est ce que vous avez trouvé ?

    - Venez regardez dit-il en leur montrant des affaires rassemblés sur le sables , une tente des matelas pneumatiques un sac à dos, ici, il y a un Mickey qui est fixé à la sangle du sac à dos
    - Mais c'est la poupée-mascotte du club Mickey, voyez les heures d'ouverture du club sont inscrites sur son dos, et numéro de téléphone du club sur le ventre fit-elle. Elle examina la tente trempée, les matelas gorgés d'eau. Mais c'est la tente de Mickey dit Nolwenn et vous l'avez trouvé sur l'eau ?emanda-t-elle incrédule .
    #429Verfasserrb04 Okt. 05, 07:46
    Kommentar
    - Oui

    - Bon racontez nous quand avez vous vu la victime, demanda le Panda peu intéréssé par la trouvaille des objets flottants.

    - Quand elle est venue, c'était mystérieux , on a pensé qu'elle était étrangère elle semblait ne rien comprendre ce qu'on lui disait..

    - Emmenez nous à l'île des Cormorans dit le Panda. Nous allons rejouer cette scène je veux que vous nous raconter tout ce que vous avez dit ou fait. Essayez de bien vous rappeler et de ne rien oublier.
    #430Verfasserrb04 Okt. 05, 07:50
    Kommentar
    Le jeune répondit : « Ben, je vous emmène là, montez ! »

    Nolwenn et M Panda montèrent en bateau.

    « Je vais revenir pour vous amener ! » dit le jeune aux copains.

    Arrivés à l’île des Cormorans, là, on montait les rochers et trouvait le lieu de la boum où la victime avait apparu et, ce qui intéressait plus, disparu.

    « Quel foutoir ! » réclama M Panda qui, en vertu de sa fonction de mas-cotte, se considérait obligé de lutter contre l’indifférence devant la nature.

    « On ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs… désolé, je vais ramasser les boîtes et bouteilles… »

    « Non ! » hurla Nolwenn « renonce ! »

    « Quoi, euh, excusez-moi, je n’ai voulu que ranger ce… »

    « Laisse-le, tout, faut pas effacer les traces ! Ça sera mieux de revenir demain en compagnie des spécialistes, les services de l'identité judi-ciaire ! »

    « Les services de l'identité judiciaire ? À St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer ? Tu plaisantes, hein ? »

    « Euh, t’as raison… mais quand même ! On doit revenir demain avec Di-dier, il est l’homme d'expérience et moi j’apporterai mon appareil pho-to… »

    « Ben, oui… »

    « Et incidemment, la nuit est en train de tomber… » Elle s’adressa au jeune : « Ça vous convient demain matin ? »

    « Oui, pas des cactus ! Si c’est pas à huit heures, on est en vacance… eh, les matins, on n’est pas dispos… »

    « Formidable, à onze heures là où on s’est rencontré aujourd’hui ? »

    « Oui, on y go ? »

    « OK… »
    #431Verfasserbu07 Okt. 05, 11:39
    Kommentar
    Arrivés à la terre ferme Nolwenn et Panda quittèrent les jeunes. Ils re-montèrent le sentier escarpé. Le ciel avait transformé de rose-orange à indigo, le vent apportait les cris des cormorans et l’odeur humide de la mer. L'océan majestueux se proposait de faire échapper aux ennuis quoti-diens en chatouillant l’attirance vers l’inconnu.

    « On va en longeant la côte ? »

    « D’accord… »

    Silencieusement ils flânaient côte à côte. M Panda commença à réfléchir et comparer les deux vies qu’il avait déjà dégustées. L’actuelle lui paraissait mieux, plus riche, plus variée, plus intéressante. Dès que Didier et Nol-wenn s’étaient éprises la situation avait même amélioré. Didier était plus pondéré, moins soupe au lait. Nolwenn s’était avérée un coup de chance, quoique… l’amour du couple évoquait la nostalgie. M Panda avait éprouvé le désir de revoir Mme Perroquette depuis des jours.

    « Nolwenn ? »

    « Oui, Panda ? »

    « Non, rien… »

    Ils poursuivirent leur chemin.

    « Quoi, Panda ? »

    « Non, c’est bien… »

    Nolwenn sentit que le Panda avait besoin de parler de quelque chose qui le tourmentait.

    « Mais, tu sais que tu peux parler franchement, demander ou aborder tout ce qu’il soit, toujours… »

    « Merci, Nol ! C’est bien, franchement, j’ai seulement… euh, bonsoir Madame… »
    #432Verfasserbu07 Okt. 05, 11:40
    Kommentar
    Nolwenn attendait quelque secondes et demanda :

    « C’était qui la gonzesse-là ? »

    « Elle travaille au centre Death Care, putain, elle se fait l'importante ! »

    « Tu la salues poliment, elle te plait avec sa large ceinture panthère et ses cheveux jaunâtres… » tenta-elle de lui remonter le moral en lui prenant le bras.

    « …ou bien pisseux ? Arrête tes conneries, Nol ! Peut-être on va la revoir au sujet du meurtre… j’ai un mauvais pressentiment, ce centre louche, c’est pas réglo… »

    « T’as faim ? »

    « Oui ! »

    « Formidable, moi aussi ! Laisse-nous aller dîner. Le « Naon Am Bez Bem-noz » n’est plus loin, 15 minutes… allons-y ! »

    « Volontiers, on va demander le chef s’il nous joint ? »

    « Le chef !? Il n’est pas mon chef, et il ne doit pas se comporter de chef à ton égard. Sans toi, il ne saurait pas comment faire son boulot, je te jure ! Je lui donne un coup de fil… ça fait longtemps que je ne l’ai plus parlé… »

    Elle fit son numéro. Après vingt secondes elle se plaignit :

    « Tout le jour il ne décroche pas, qu’est-ce qui lui est arrivé ? »

    « Aucune idée ! »

    « Quoi qu’il en soit, il voit que je l’ai téléphoné environ dix fois. S’il a en-vie de me voir… »

    Les deux poursuivirent leur chemin jusqu’au restaurant « Naon Am Bez Bemnoz » où ils étaient bienvenus par M. Bouquin, le propriétaire.
    #433Verfasserbu07 Okt. 05, 11:41
    Kommentar
    Après descendre du taxi et continuer quelques centaines de mètres à pied les deux trouvèrent deux chambres très bon marché dans un hôtel périf. Ils prirent congé pour aller déposer leurs sacs de voyage et se rafraîchir. Gouine accomplit rondement, alla au hall de l'hôtel et demanda un whisky coca qu’elle buvait en attendant Raphall. Celui-ci arriva vingt minutes plus tard, elle paya et les deux glissèrent de nouveau dans ce monde à base de concentré : les rues accouplaient les merveilles du monde les doigts dans le nez.

    Ils s’orientaient : ils étaient quasi encerclés par des casinos. Le « Lucky Dog » en style de western, flanqué par un deuxième casino qui s’appelait « Liver Fluke », mais on lisait seulement « Fluke » car les lettres « Liver » n’étaient plus illuminées.

    Gouine consulta son dictionnaire et lit :

    « Lucky Dog, ça veut dire chançard… tandis que Flouke, Flouke, ç’est l’équivalent d’aubaine, oui… »

    « Chançard, aubaine, c’est sympa ! »

    « Ben, quel ? »

    « N’importe… disons… allons au Lucky Dog, l’autre a l’air un peu déla-bré ! »

    « D'acc ! »

    Les deux entrèrent dans le casino « Lucky Dog ». Ils étaient bienvenus et invités à s’asseoir à une table de roulette. Le croupier, habillé de manchot empereur, les salua et s’attendit à ce qu’ils perdissent tout leur argent.
    #434Verfasserbu07 Okt. 05, 11:41
    Kommentar
    Les deux ennemis vis-à-vis. Ils avaient empilé leurs jetons. Gueaude-Michel prit un de 100$ et le plaça sur zéro. Bara Gouine, plus prudente, prit un de 50$ et fit une transversale simple (25, 26, 27, 28, 29 et 30).

    En lançant la roulette le croupier dit : « Les jeux sont faits ! Rien ne va plus ! »

    Bara Gouine s’énervait : « Incroyable, ça… dans ce monde machiste c’est impensable qu’un homme citerait une fois Simone de Beauvoir au lieu de son mari surestimé… »

    Elle ne pouvait pas couver son indignation car la boule avait ralenti et finit par arrêter sur la 11. Perdu, adieu argent !

    « Pfft, je m’en fiche ! Si elle perd, je ne dois pas gagner de l’argent ! » se dit-il à soi-même.

    « Je me fout de l’argent ! Je ne veux que battre Raphall, quel que soit le prix ! » se dit-elle à soi-même.

    Raphall quêtait un nombre, un nombre qui lui entraînait de la bara-ka : « Un nombre extraordinairement viril ! » se dit-il « Oui, un, le pre-mier nombre, un comme le nombre des zizis que j’ai…, non, c’est banal, les femmes ont aussi un ou une… quoi qu’il en soit… » Il réfléchit « Deux, deux pour les burettes qui sont mon orgueil, oui c’est mieux, deux ! On y go avec deux ! Mince, les roberts des femmes… zut, pourquoi copient-elles tout ce que faisons et avons nous les hommes, même les nombres des organes ? »
    #435Verfasserbu07 Okt. 05, 11:41
    Kommentar
    Raphall se noya dans des réflexions chochottes au sujet de l’infériorité féminine. Le croupier était en train de dire « Rien ne… » Réveillé Raphall jeta un jeton de 50$ sans viser.

    « Merde ! » cria-t-il en réalisant que le jeton de 50$ était en effet un de 250$.

    Le jeton resta sur zéro.

    « …va plus ! »

    La boule roulait.

    « Ahh voilà, votre chiffre porte-bonheur ? »

    La boule roulait.

    « Ta gueule ! » apostropha-t-il Gouine.

    La boule roulait et roulait…

    « N’oubliez pas, Gueaude-Michel, toujours on se vouvoie ! »

    « Volontiers, Madame : Votre gueule !! »

    La boule s’installa sur la 10. Gouine qui avait misé 50$ sur noir gagnait. Raphall par contre n’avait pas du pot.

    « Alors, vous n’avez pas de la chance, mon ami ! »

    « Attendez… »

    « Croyez-vous à Dieu ? Ou la providence ? »

    « Hmm ? »

    « Un jeu d'idées : Est-ce que peut-être Dieu n’est pas un homme, mais une femme ? Une femme solidaire des femmes exclusivement ? »

    « Mais Dieu blasphème ! Lui, il a une barbe ! »

    « Eh bien, une barbe n’importe… »

    « Mais oui bien sûr… »

    « Camouflage ? Carnaval ? »

    « Lui, Il ne fait rien à la rigolade… »

    « …et pourquoi a-t-il alors – selon votre conception – créé les femmes ? »

    « Pour assister les hommes, ça se comprend… »

    « Eh bien, donc c’était pas un lazzi ? »

    « Non, ciel ! Sûrement pas ! Mais, j’avoue, peut-être une gaffe, une gaffe monumentale… » et à soi-même : « dès là, l’humanité périclite… périclite, très intéressant, sémantiquement parlant ! »
    #436Verfasserbu07 Okt. 05, 11:42
    Kommentar
    Raphall mit un jeton de 100$ sur Carré (20, 21, 23 et 24), Gouine un de 200$, pour faire preuve de sa détermination, sur Rouge.

    « Pour assister les hommes… » répéta Gouine absente.

    Raphall dévisageait son ennemi méticuleusement.

    « Eh bien, Madame » dit-il en souriant « vous avez raison : une barbe ne fait pas un homme ! »

    Gouine ne réagit pas. Raphall s’aperçut de son absence et décala de mau-vaise foi le jeton de Gouine sur zéro, son chiffre porte-malheur.

    « Ahh voilà, votre chiffre porte-bonheur ? » persifla-t-il Gouine « ça, ça sera mon chiffre porte-revanche ! »

    La boule s’arrêta sur zéro…

    Le croupier félicita Gouine. C'était le brouillard total pour elle. Raphall d'autre part péta les plombs, en se levant de son siège il cria :

    « Père, pourquoi m’éprouves-tu si durement avec ce fléau ? »

    Tout le monde avait cessé de parler et regardait cet aliéné. Les lumières dissonantes et les sons mal chorégraphiés carrousellaient autour lui, Ra-phall, nombril malgré, continua :

    « C’est moi qui ai joué le zéro ! Moi ! Le gain appartient à moi ! À moi !! »

    « Il faut faire la part du hasard ! » annota Bara Gouine.

    « Oui, je vais faire le bazar ! » eut la présence d’esprit Raphall d’annoncer l’escalade de sa fureur. Il saisit sa chaise pour faire du grabuge plus effi-cacement, mais l’apparition de quatre manchots empereurs de stature de gorille lui fit changer d’avis. Il sortit du casino pendant que Gouine fut versée son gain de tout de même 7’200$ !

    « Capitalistes troglodytes ! Écorcheurs ! Magotistes tatillons ! Argentovo-res radioguidés ! » entendit-elle en sortant du casino.

    « Monsieur, votre comportement manque d’un certain grandeur ! »

    « Vous n’avez pas encore vaincu, Madame, les jeux ne sont pas encore faits. Je vais buter, je vais lutter… vous verrez ! »

    Après une pause d’orientation Raphall ajouta : « Et si vous êtes sportive, vous acceptez ! »

    Sans attendre la réponse il tourna et laissa seule la Gouine.
    #437Verfasserbu07 Okt. 05, 11:43
    Kommentar
    Monsieur Le Curé était en train de s’occuper de deux gosses qui avaient enfermé des souris dans les tuyaux d'orgue pour des raisons humoristico-acoustiques. Par hasard il les avait confondus quand ils avaient glissé dans l’église entre chien et loup afin de leur donner à manger. Il avait éprouvé de la joie en observant que les deux délinquants étaient tout de même conscients de leurs responsabilités. « Donc, ils ne se sont pas en-core écartés du droit chemin, mais une petite punition ne loupera certai-nement pas ! » conclut-il pédagogiquement.

    « Monsieur Le Curé ! » résonna-t-il dans l’église.

    « Vous gars, vous continuez à défroisser les pages des livre de cantiques. Je ne veux pas trouver ni une seule corne ! Je serai de retour… »

    « Monsieur Le Curé ! Toc, toc ! »

    « Oouui, je viens ! » apaisa celui en descendant l’escalier escarpé.

    Arrivé au confessionnal il s’assit, tira le rideau et demanda d’une voix bénigne : « Oui, j’écoute, mon enfant, tu veux confesser, hein ! »

    « Monsieur Le Curé ! J’ai eu une aventure extraconjugale et j’ai été mise enceinte… »

    « Et tu l’es toujours, hein ? » Monsieur le Curé cherchait à cacher son indignation.

    « Non, mon Dieu… »

    « Non ? »

    « J’ai dit non… »

    « Non ? Tu t’es faite avorter de l’embryon ? » demanda Monsieur Le Curé émotionné.

    « Non, écoutez ! »

    « Pourquoi n’es-tu pas venue plus tôt ? On aurait trouvé une… »

    « Écoutez, Monsieur le Curé… j’aimerais expli… »

    « Quand as-tu couché avec cet homme salace et irresponsable ? »

    « C’était 1943… »

    « 19… 43 ? Ça alors ! » l’hésitation décela la perplexité.

    « Oui, ça alors, hein ! Et maintenant c’est vous qui m’écoutez, vous rece-vez un salaire pour écouter, mon Dieu ! » gronda impatiente la petite vieille.

    « Ne jurez pas, Madame, je vous en prie, pas dans l’église ! »
    #438Verfasserbu07 Okt. 05, 11:44
    Kommentar
    « Bon, maintenant, ce mec que j’ai connu autrefois, il est Allemand et il est disparu peu après la guerre. Moi et ma fille, mais surtout moi, je sou-haite le revoir. Et je vous prie de m’aider, Monsieur Le Curé, je compte sur vous ! »

    « Il est absolument incontournable que vous allez trouver le père de votre fille et allez le marier ! Sinon le péché sera maintenu pour toujours ! »

    « Je veux le trouver et rencontrer, pour ce qui concerne le mariage, on verra… »

    « Et quoi avez-vous figuré que je fasse ? »

    « Supplier Dieu qu’il le fasse gagner un jeu-concours dont le gros lot c’est une virée en Bretagne, à St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer, exactement ! »

    « Oui, je vais regarder… »

    « Mais mon Dieu, Monsieur Le Curé ! » cria-t-elle déchaînée.

    « Psst, ne blasphémez pas ! »

    « Mais, Curé, ressaisissez-vous s’il vous plaît ! Même si votre relation avec Lui est plus intime et fiable que la mienne, cela ne suffirait guère à faire mon Elmout gagner un jeu-concours, hein ! Contentons-nous donc de prendre contact avec des hommes ! »

    « Bon dites-moi… »

    « Oui, vous avez des amis à Brême, n’est pas ? »

    « Oui, un abbé, un collègue… pourquoi avez-vous en connaissance ? »

    « Vous avez mentionné un jour la conférence annuelle à Brême et votre collègue où vous descendez d’habitude. Ben, je me suis imaginée que vous le téléphonez, l’homme que je cherche est d’origine d’Oldenbourg… à proximité de Brême. Il s’appelle Elmout Lang. »

    « Si je peux atténuer le péché, je suis là à aider, je vais l’appeler… »

    « Merci, dites-lui qu’il faut persuader mon Elmout de me téléphoner. »

    « OK… »
    #439Verfasserbu07 Okt. 05, 11:45
    Kommentar
    « Et, Monsieur le Curé, une prière… »

    « Oui ? »

    « Il y a deux touristes allemands dans notre village, Eil et Fasten. Ils veu-lent m’aider, ne les désillusionnez pas, ne leur dites rien de ma demande, s’il vous plaît ! Je ne crois pas qu’ils n’arrivent à dépister mon Elmout, c’est pourquoi je suis ve… »

    On entendait un bruit métallique de haut.

    « Pas de problème, Madame. Et maintenant allez… »

    « Ils se sont donnés la peine d’aller informer la police de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer. « On ne commence pas à recher-cher à l'étranger sans informer la police locale ! » ils ont expliqué… ils sont comme des enfants et s'occupent de moi avec une attention tou-chante… »

    Le bruit métallique retentit de nouveau.

    « Sacrebleu ! » chuchota-t-il énergiquement et s’adressa à la petite vieille au visage de pomme ridée : « Maintenant, allez dans la paix du Christ ! »

    « Oui, oui, merci Monsieur le Curé… »

    Les deux gamins pouffèrent des rires étouffés pubertaires. Le Curé se leva précipitamment. Les deux moutards incorrigibles auront fait des nouvelles bêtises… Guillerette la petite vieille se leva, enflamma une bougie, se signa en passant devant l'autel et sortit de l’église.
    #440Verfasserbu07 Okt. 05, 11:45
    Kommentar
    « Vous n’allez pas mettre du beurre dans les épinards ! Vous n’avez plus toute votre tête ! Attendez, calmez-vous… » cria Bara Gouine à Raphall qui changeait de côté de rue et entra dans la maison miteuse, le « Liver Fluke ». Elle le suivit bon gré mal gré.

    « Ben, on repique au truc ! » dit Raphall à Gouine.

    Lui, il ne disposait plus que de 65$ et d’une détermination incommensu-rable. Les rides à la face eurent l’apparence d’une peinture de guerre.

    « Je vais sortir la tête haute ou les pieds en avant ! » murmura-t-il à soi-même.

    Un couloir louche menait à une chambre meublée d’une table et sept chairs. Cinq personnes étaient assises, deux hommes asiatiques, appa-remment des frères, un couple argentin et un mec italien. La toilette du croupier n’était pas comparable à celle du croupier du « Liver Fluke ». Gouine et Raphall étaient salués par un signe de la tête, ils répondirent par la même geste et s’assirent. Raphall examinait les autres flambeurs. Leur mise se composait des objets de valeurs : les deux asiatiques avaient en stock deux montres d’or et un sabre de manche d’ivoire. L’italien disposait d’un flingue d’une crosse de nacre et cinq petites po-chettes de la farine dont Raphall s’étonnait. Le couple argentin espérait augmenter son aisance en risquant ses alliances et plus de bijoux de la femme. Raphall haïssait ces vœux bas de s’enrichir des gens béotiens. C’était vraiment de la clientèle désespérée !

    « Mmh, tout de même là, je peux jouer sans argent… »
    #441Verfasserbu07 Okt. 05, 11:46
    Kommentar

    Il mit 50$ sur rouge. Gouine ne voulait faire ni une ni deux et avait l’intention de jouer le même nombre et la même mise que Raphall. Ainsi la différence entre leurs sommes resterait toujours constante.

    « Une fois en mouvement la malchance ne s’arrête plus ! » dut admettre Raphall peu plus tard parce qu’il s’était acharnée la poisse.

    Le reste il le misa sur noir, Gouine copia la mise s’attendant à ce que ça fût la dernière partie. Et voilà, la boule se décida de s’arrêter sur rouge.

    « Maintenant vous avez perdu votre dernière mise ! »

    « C’est exact, j’ai perdu tout mon argent… j’ai pas perdu espoir ! »

    Il fit ses adieux à sa montre-bracelet, héritée de son grand-père du côté paternel : « Pardonne-moi, Viril ! Tu me comprends, aussi toi, tu t’ com-porterais ainsi afin de refouler et vaincre la prétention féminine, n’est-ce pas ? »

    La contre-valeur de la montre, on convint, était de 250$. Raphall la misa, perdit…
    #442Verfasserbu07 Okt. 05, 11:47
    Kommentar
    « Non, mes aïeux, je ne puis pas céder, la tête haute ou les pieds en avant ! »

    Sa chevalière d’or à vingt-quatre carats ! Il écrasa une larme furtive, s’adressa à l’esprit de Viril Raphall, grand-père et phallocrate visionnaire, et baisa la chevalière familiale. Il avait la certitude qu’en perdant cette chevalière sa fierté serait nulle. En soupirant il retira la chevalière et la montra au mec qui estimait les objets de mise.

    « 20 bucks ! »

    « Comment ? »

    « 20 dollars… »

    « 20 dollars ? Vous osez m’offrir 20 dollars ? Vous n’avez pas la moindre idée dans quelle année cette chevalière a été fabriquée ! Votre pays alors n’était qu’un marais immense anarchique, des hordes primitives rançon-naient le paysage. Cette chevalière : elle a été témoin de l’histoire euro-pé… »

    « Shut up, you needn’t keep gambling, get lost, french asshole ! »

    « Foquiou ! »

    La main qui bouchait la bouche de Raphall de derrière et l’autre qui avait empoigné son bras, elles étaient d’acier. Il voulait se refuser à sortir du casino mais son ennemi était supérieur. En se défendant il s’arrachait au bec-de-cane, sa chemise se déchira. Gouine sortit rapidement, soulagée elle arriva sur le trottoir. Raphall, flanqué dehors, flippait complètement. Il gesticulait avec le bec-de-cane qu’il avait arraché, criait des gros mots et furibondissait comme korrigan. Après deux minutes Raphall fut couvert par une sirène et celle-ci laissa le champ libre à une voix autoritaire :

    « Police ! Freeze ! Don't move ! Drop it, drop it ! Put your hands behind your head – slowly ! »

    Raphall, en pétard, se dit :

    « Holà ! Toi t’ m’arrives à propos ! »

    Et en se tournant il brailla :

    « Ha ! M Super-Drôle, vos sons mp… »

    « Stop ! »

    « …3 sont si ridicu… »

    « Pan ! »

    « Arrgh… »
    #443Verfasserbu07 Okt. 05, 11:48
    Kommentar
    « Shit, you shot him ! »

    « I aimed at his leg ! »

    « But you shot his pecker apparently… »

    « Shut up, he was turing ‘round holdin’ a gun ! »

    Les deux policiers coururent vers Raphall qui s’était effondré et mainte-nant se tordait de douleur. Il s’était fait tirer par l’inexpérience d’un jeune policier.

    « Aïe, ça fait mal. Aïe, aïe, aïe ! »

    « Don’t move, we will call an ambulance immediately, don’t move, calm down… and don’t speak ! Everything’s gonna be ok… will you calm the fuck down ?! »

    « Hey, it’s not even a gun, it’s a doorknob… » constata la policière.

    « Oh man, leave me alone ! »

    « Aaargh… ouille… »

    « Qu’avez-vous fait, vous, imbéciles, brutaux ! »

    « Shut up ! »

    Ce moment-là, Bara Gouine découvrit la tache de naissance au côté de Raphall. Horrifiée elle s’écroula et fut rattrapée par la policière. Accompa-gnée par celle-ci elle arriva à monter en voiture piège et s’assit.

    L’ambulance n’arrivait que des éclairs plus tard. Raphall fut soigné par les médecins et ensuite les policiers, c’est-à-dire aseptisé, bandé, menotté et entraîné chez Gouine qui attendait dans la voiture.

    « Alors quoi ? Ne me regardez pas ainsi… aïe ! » gémit Raphall.
    #444Verfasserbu07 Okt. 05, 11:48
    Kommentar
    Gouine ne répondit pas. Elle le regardait, puis la plaque d'égout tachée de sang, de nouveau Raphall. Un profond dégoût contre lui et contre soi-même s’emparait d’elle. La voiture se mit en marche… on fut transporté à l’aéroport militaire au désert hors Las Vegas où Raphall monta sur le billard. Une heure plus tard – Raphall venait d’être provisoirement médicamenté tandis que leur bagage avait été enlevé de l’hôtel – eh bien, une heure plus tard l'aventure à Las Vegas se termina : les deux furent extradés vers la France.
    #445Verfasserbu07 Okt. 05, 11:51
    Kommentar


    La procédure d'extradition des personnes et l’exportation des, disons, légumes se distinguent par peu. Les deux sont entreposés à la froideur et l’obscurité pour des raisons de conservation. La seule différence c’est que les légumes – il faut les apporter du soin. Sinon on n’arrive pas à les fourguer…
    #446Verfasserbu07 Okt. 05, 11:52
    Kommentar
    Ni Gouine ni Raphalle ne s'étaient opposés à leur extradition. Aussi, la police américaine avait jugé inutile d'occasionner des frais pour du personnel d'accompagnement. On n'en aurait pas besoin puisque les prisonniers étaient dociles. On avait de même renoncé à engager un interprète car les deux Français, occupés à s'injurier mutuellement , n'avaient pas répondu à l'offre que les fonctionnaires américains leur avait fait à ce sujet. Par la suite, ils ne comprirent rien quand le fonctionnaire du ministère de la justice leur expliqua leurs droits et les recours judiciaires auxquels ils pouvaient prétendre. De toute façon cette affaire qui n'était pas liée au terrorisme international intéréssait peu la justice américaine qui n'avait même pas remarqué l'absence de signature d'un procureur sur la demande d'extradition.

    Parcimonieuse, la police américaine s'était contentée d'avertir par fax et e-mail son homologue français, en l'occurrence la police de St Plougtrifouillskell-les-Goellans-Sur-Mer, de l'arrivée de Geaude-Michel Raphalle et Bara Gouine, les extradés bretons. N'ayant aucune notion véritable des distances, mais sachant que la France était un tout petit pays, les policiers américains avaient situé St Plougtrifouillskell-Les-Goellans-Sur-Mer, dans la proche banlieue parisienne.

    #447Verfasserrb10 Okt. 05, 07:11
    Kommentar
    Bara et Geaude Michel étaient déjà menottés quand on les amena à l'aéroport. Comme l'avion était plein, le chef de crew décida de les faire voyager en soute. Par mesure humanitaire on les mit dans le compartiment réservé aux animaux : il y faisait beaucoup moins froid. C'est donc en compagnie de deux chevaux de course, un chien , quatre chats et trois perroquets, un lapin , un serpent et deux tortues , tous sous sédatifs, que les deux ennemis voyagèrent . Ils restèrent menottés tout au long du voyage qui se déroula sans incident. L'avion atterrit à l'heure prévue à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle, les passagers descendirent et les soutes furent vidées. L'hôtesse à qui les policiers américains avaient remis les clefs ne se montra pas. Elle avait pour ordre de ne remettre les clefs qu'au seul destinataire du colis , c'est à dire la police de St Plougtrifouillskell qui détacherait elle même les prisonniers.

    Seulement, personne ne se présenta pour réclamer les prisonniers.Les équipes de nettoyage firent leur travail, les mécaniciens s'affairèrent, le chef d'escale arriva pour superviser le nouveau chargement de l'avion qui devait repartir d'ici une heure pour St Petersbourg. L'hôtesse qui detenait les clefs lui fit part de l'existence du fret humain que personne n'avait réceptionné. Le chef d'escale prit à contrecœur les clefs et se gratta frénétiquement la tête comme il le faisait toujours lorqu'il se trouvait confronté à un problème inédit.
    #448Verfasserrb10 Okt. 05, 07:12
    Kommentar
    - On peut les laisser dans l'avion qui se rend à St Petersbourg, le lendemain l'avion repart pour Ibiza, puis retourne à Paris, cela donne du temps à la police de venir réceptionner ce fret, mais ….
    Il réfléchit un instant : les extraditions et surtout les expulsions représentaient un commerce juteux pour sa compagnie. Ne serait-ce pas irresponsable d'expédier ce fret particulier comme un paquet indésirable autour du globe sans au moins essayer de le délivrer ?

    Le chef d'escale se tenait à une distance respectueuse de ceux qu'il prenait pour de dangereux criminels internationaux., des représentants du grand banditisme. Il se retourna vers son assistant :

    - J'aime pas cela, moi, des bagages sans propriétaires, faut s'en méfier, ça peut toujours vous exploser à la figure. Tu as le bon de livraison pour ces deux énergumènes ?

    #449Verfasserrb10 Okt. 05, 07:14
    Kommentar
    - Oui , attends, voilà. L'assistant déplia les papiers d'extradition." Le destinataire est mentionné ici Didier Eronnais, Commissariat de St Plougtrifouillskell-Les-Goellans-Sur-Mer. "

    - Je vais l' appeler, dit le chef d'escale, " non non !! pas comme cela,!! " cria-t-il tout à coup à l' adresse des employés qui chargaient la soute " mais quelle bande d'imbéciles, voulez vous vraiment que l'avion s'écrase, c'est ça ? Allez rechargez moi cela., comme il se doit et vite fait, allez allez plus vite que ça !!" dit-il tout en composant le numéro indiqué sur ce qu'il appelait indûment le bon de livraison.

    Le téléphone sonna une bonne dizaine de fois avant que quelqu'un ne décroche

    - La société des pêcheurs amateurs de Rennes répondit une voix enjouée qui, on le sentait , étouffait un rire.


    - Pardon je me suis trompé, dit le chef d'escale, il raccrocha et il recomposa le numéro, soigneusement en vérifiant chaque chiffre.

    - Homme rire toujours tu rigoleras de tes pairs, répondit-on cette fois ci en riant franchement.

    Rendu suspicieux, le chef d'escale compara le numéro du bon de livraison et celui qui était affiché sur son display: ils étaient identiques. Le téléphone était sûrement en dérangement dans ce bled pourri . Comment pouvait-on d'ailleurs habiter si loin des agréments de la civilisation, tels que la pollution, le bruit, les transport en commun bondés, les embouteillages ?
    #450Verfasserrb10 Okt. 05, 07:17
    Kommentar
    - Je veux faire pipi, j'ai faim, j'ai soif , dit Gouine

    - Arrêtez de me piquer ma réplique dit Raphalle. Une femme ne doit parler que quand on l'interroge. Mais je dois dire c'est bien la première fois que j'approuve les propos de cette femme ,gronda-t-il à l'adresse du chef d'escale. Moi aussi j'ai faim j'ai soif et je veux aller aux toilettes .

    Le chef d'escale les regarda, désemparé.

    - Attendez, on va venir vous chercher. Patientez deux minutes, dit-il assez doucement . Il les regarda, un peu inquiet . Vous tiendrez bien le coup quelques minutes, hein ? Vous n'êtes pas trop faibles ?

    - Si je suis blessé moi, on m'a tiré dessus dit Raphalle d'une voix geignarde

    - Et si ma vessie éclate, ce sera bien de votre faute renchérit Gouine.

    Le chef d'escale gambergeait, il commençait à avoir peur. Il se voyait déjà accusé de mauvais traitements envers les prisonniers et dénoncé comme tortionnaire dans le prochain rapport d' Amnesty International.

    #451Verfasserrb10 Okt. 05, 07:18
    Kommentar
    Il décida d’ appeler la police de l 'aéroport, qui à sa grande joie répondit à la troisième sonnerie.

    Il expliqua la situation brièvement . "Débarassez moi d'eux ", supplia-t-il

    - Ah, désolés mais, nous ne sommes pas compétents, cela relève des prérogatives de la police locale, à laquelle nous n'avons pas à nous substituer.

    - Que dois je faire ?

    - Ce que vous voulez ce n'est pas notre problème , je vous dis.


    - Au fait je ne sais pas ce que signifie tout ce cirque dit Raphalle tout à coup, le seul avantage c'est que j'épargne le prix du billet de retour. D'ailleurs je ne pouvais plus m'offrir un retour dans les règles j'avais perdu tout mon argent à cause de cette satanée femme porte-malheur, continua-t-il. J'avais revendu mon billet de retour pour quelques jetons de plus, dit-il mélancoliquement. Ah, La femme est vraiment à la source de tous nos maux...
    #452Verfasserrb10 Okt. 05, 07:19
    Kommentar
    -" Et les hommes, rejettons les ces rejetons adamesques et funestes, ces faux-jetons sans jetons ah, ah répondit Gouine, narquoise. Eh bien moi mon retour sera triomphal, celui de l'enfant prodigue rentrant au bercail ! Alice n'en reviendra pas, la pauvre , elle doit être dans tous ses états et se faire du mauvais sang, j'aurais du la prévenir quand même mais quand elle saura la vérité." Gouine sourit, mais au même instant sa vessie pleine se rappela à elle douloureusement, elle se mit à gémir. Elle repensa à l'envie de Raphalle. Elle n' avait pas pipé mot de sa tache de vin aux formes bizarroïdes mais tellement caractéristiques. Elle préférait refouler complètement l'affreux soupçon qui résultait forcément de cette découverte. Elle verrait cela avec Alice..

    - Au fait vous devriez adhérer au PNPC, dit Raphalle au chef d'escale à brûle-pourpoint. Je sens que vous feriez un bon adhérent, résolument viril comme vous l'êtes dit-il en le regardant droit dans les yeux.

    Le chef d'escale n'eut pas à répondre à cette proposition malhonnête, car son assistant prit soudain la parole.

    #453Verfasserrb10 Okt. 05, 07:21
    Kommentar
    - Si on les mettait dans les cages réservées aux grands animaux ? proposa-t-il.

    - Mais oui, comment n'y ais je pas pensé plus tôt, répondit le chef. On leur donnera chacun leur boxe avec de l'eau et du picotin, ou plutôt non ,on va leur donner des plateaux repas classe touristes bien qu'ils soient nettement moins digeste. Allez va chercher des cages à chevaux. dit-il à un employé. On va les transférer à la station de quarantaine, comme cela au moins ils seronts suivis vétérinairement. Bon vous vous mettez à plusieurs, ils sont dangereux. Aprés on n'aura pas trop de soucis à se faire, ils sont plus faciles à conserver que les légumes.
    #454Verfasserrb10 Okt. 05, 07:22
    Kommentar
    Didier avait passé la nuit au commissariat sur une chaise, les avant-bras posés à plat sur la table et la tête posée sur les avant-bras. Il se réveilla à l'aube dans l'obscurité. Il ouvrit les volets Il avait l'impression de sortir d'un long tunnel ou d'un tableau de la période-cauchemardesque de Goya. Il se rappelait vaguement des visions angoissantes, les mélodies restaient imprimées quelque part non loin de ses oreilles. Il se rappelait l'étrange visite à la mairie où il avait fonctionné comme un automate. Les champignons hallucinogènes l'avaient plongé dans un état d'hyperesthésie auditive et il tressaillit quand son portable sonna.
    #455Verfasserrb10 Okt. 05, 07:22
    Kommentar
    - Didier, c'est Nol, d'une voix sévère mais qu'est ce que tu fous, tu te fous de moi ou quoi ? Pourquoi tu ne m'a pas répondu ? J'ai appelé x - fois !

    - Mais j'ai répondu, au commissariat, j'ai répondu exprès que c'était la société des pêcheurs amateurs, car j'ai cru que c'était le Maire qui voulait encore me convoquer comme un laquais pour me poser d'étranges questions en tournant autour du pot, j'aime pas cela, moi. Désolé.

    - Mais non,ça c'était pas moi je t'ai appelé sur ton portable.

    - Ben j'avais peur, tu sais je rêvais que j'étais entrés dans une symphonie fantastique j'étais le protagoniste de cette symphonie, sous l'emprise de l'opium et du chagrin le protagoniste, c'est à dire moi, rêve qu'il tue sa maîtresse, comme tu es ma maîtresse ça m'a foutu les jetons, en plus tu sais il avait un sabbat de sorcières une danse de squelettes et des cloches à la fin.

    - Dis donc toi au moins tu ne te creuses pas la tête pour trouver des excuses plausibles. dit Nolwenn agacée, au lieu de me raconter tes salades de rêve en abyme, de rêveur qui rêve qu'il rêve,tu aurais pu me raconter une histoire d'OVNI par exemple, j'ai déjà entendu cela hier, j'aurais pas été étonnée, je t'aurais cru pardi..

    Nolwenn trouvait que Didier jouait faux sur le clavier des sentiments et qu'il faisait de gros couacs dans les accords avec de fausses notes du côté franchise. L'ambiance entre eux deux risquait de devenir hyperboréenne, en tout cas dès à présent elle était singulièrement refroidie.. Elle regrettait presque sa vie indépendante, sans mec .
    #456Verfasserrb10 Okt. 05, 07:25
    Kommentar
    - Maintenant ca va mieux j'en suis sorti de cette symphonie, je suis sorti aussi de la Cathédrale Engloutie de Debussy aussi, tu sais, et je suis convaincu que la chanson enregistrée par Yann-Loic est d'origine humaine et non sirènique. D'ailleurs qui nous dit que les Sirènes parlent notre langue, tu sais ? Je vais jouer cette mélodie à l'endroit et à l'heure où Lars Rüdiger s'est fait voler son ombre. On verra bien .

    Nolwenn soupira, déjà prête à pardonner. Sa bouffée de colère se dissipait sous la forme de petits nuages noirs traversés de minuscules éclairs qui tournoyèrent autour de sa tête puis s'échappèrent par la fenêtre ouverte." Tu es le premier homme qui me dit visiter les symphonie, tu sais."

    - Mais où sont-ils les autres alors quand ils écoutent de la musique. Ils ne vont pas ailleurs ? demanda-t-il innocemment incrédule..

    - C'est qu'ils planent moins bien que toi, dit Nolwenn, ils n'osent pas franchir la passerelle. Au revoir mon Dididoudinais dit-elle sans transition et elle raccrocha sans attendre sa réponse.

    - Au fait. ..zut alors, elle a raccroché, je n'ai pas eu le temps de lui demander ce qu'a donné l'entrevue avec les jeunes fêtards. Bah le Panda va me le dire il est encore tôt, j'ai le temps de passer à la maison pour me changer avant d'aller le chercher..
    #457Verfasserrb10 Okt. 05, 07:27
    Kommentar
    Sur la route qui menait au port, juste à l'endroit où le cliquetis métallique des mats devenait audible, une voiture, tous feux de détresse allumés était immobilisée sur la chausssée.

    Didier stoppa et descendit de sa voiture. Il s'approcha. À l'arrière du véhicule immobile, le conducteur ou plus exactement la conductrice était penchée au dessus du coffre où la moitié supérieure de son corps disparaissait complètement.

    - Bonjour , fit Didier vous avez besoin d'aide ? Surprise la silhouette se releva brusquement

    - Aie, fit-elle en se cognant la tête contre le coffre.

    - Bonjour mademoiselle dit Didier en reconnaissant Alice Noiraud.

    - Ah c'est vous fit Alice Noiraud en se frottant la tête. Mais qu'est ce qui vous prend de m'appeler mademoiselle ?

    - C'est que vous n'êtes pas marié à ce que je sache, répondit Didier.

    - Eh alors, vous non plus, et pourtant on ne fait pas de distinction et on vous appelle monsieur dit Alice. Mon état civil ne regarde que moi. D'ailleurs je méprise l'institution du mariage qui n'est en vérité que l'esclavage institutionnalisé de la femme .
    #458Verfasserrb10 Okt. 05, 07:34
    Kommentar
    - Mais comment une jolie fleur comme vous qui n'a pas encore été cueillie il faut que ça se sache avant qu'elle ne se fane, mademoiselle Alice dit Didier la voix teintée de mAlice.
    Alice le regarda avec méfiance,
    - Ce n’est pas vous par hasard qui auriez mis cette nuit une rose rouge sous mes essuie-glaces ? demanda-t-elle

    - Ah non, désolé dit Didier mon coeur est pris et épris mais ailleur. Ainsi quelqu’un a placé une rouge sur votre pare-brise, un admirateur secret , ah, ah il doit bien vous connaître et savoir que comme la rose vous avez beaucoup d’épines .
    Alice préféra changer de sujet et choisit un thème où elle se sentait à l’aise.

    - Si vous croyez que j'ai besoin de vous pour changer mon pneu vous vous trompez, allez circulez il n'y a rien à voir , dit-elle en plagiant la réplique préférée des agents de la circulation. Didier s'éloigna de quelques pas quand elle le rappela..

    - Si il y a quelque chose que vous pouvez faire pour moi. Attendez dit-elle, je dois d'abord sortir la roue de secours du coffre.
    #459Verfasserrb10 Okt. 05, 07:37
    Kommentar
    - C'est au sujet de ces affiches qui couvrent toutes les surfaces disponibles de St Plougtrifouillskell depuis ce matin, j'en ai arraché une .

    Didier lut: Arrêté Municipal, L'élection de l'idiot du village aura lieu ce samedi dans la salle des fêtes, après la parade des pompiers et la course des garçons de café .Les villageois sont invítés à y participer en grand nombre. Keramanac'h Maire de la commune de St Plougtriffouillskell-Les-Goellans- Sur-Mer.

    - Et alors

    - Quoi vous n'avez pas remarqué s'indigna Alice.

    - Non

    - L'i-di-ot du village et gar-çon de café dit Alice en détachant les syllabe incriminées qu'elles jugeaient délictueuses. Que des noms masculins ah si je n'avais pas d'autres soucis en ce moment, je porterais plainte j'enrage voyez vous, dites quelque chose au Maire, il ne peut continuer impunément à étaler son machisme sur les murs de la commune.

    - Mais on ne dit pas garçonne de café objecta Didier

    - Bien sûr que non mais on devrait dire garçon et fille de café. Dans le même ordre, on appelle une fille délurée épanouie qui jouit de sa liberté comme un garçon, un garçon manqué. Vous savez ce qui est sous entendu ? Qu’elle s'approche mais qui n'est pas encore à la hauteur du modèle original. Ou connaissez vous l’expression équivalente dit on fille manquée?
    Didier qui avait du mal à suivre les raisonnements d’Alice, devint tout à coup très pressé.

    - J’ai un rendez vous de la plus grande importance, vous savez mon enquête, j’en parlerai au maire à l’occasion et il remonta dans sa voiture.
    #460Verfasserrb10 Okt. 05, 07:45
    Kommentar
    Didier se gara devant le petit immeuble qu’habitait le panda, entre deux bâteaux monta les escaliers
    Il frappa à la porte du Panda en alternant divers enchaînements rythmiques . À chaque fois il variait aussi le timbre, comme s'il voulait tester la sonorité de la porte et déterminer son aptitude à servir d'instrument de percussion dans un hypothétique orchestre .

    Le Panda ouvrit, il réprimait avec peine un baillement

    - Bonjour. Allons du calme! Ma porte n'est pas un tambour. dit-il à Didier

    - Bonjour, hey tu connais la dernière ?

    - Non, tu vois je sors de mon lit, alors forcément les nouvelles … dit le Panda

    - Alice Noiraud a un soupirant

    - Quoi tu déconnes c'est pas vrai , c'est qui ?

    - Justement elle ne sait pas, elle a même cru un instant que c'était moi ! Son amoureux a placé incognito une belle rose sur son pare-brise,. Alors moi quand je l'ai comparée à une fleur, elle a eu des soupçons

    Le Panda éclata de rire en imaginant Eronnais dans le rôle de l'amoureux transi.
    #461Verfasserrb14 Okt. 05, 11:29
    Kommentar
    - Tu l'as comparée à une fleur, quelle idée ! Tu lui fais du plat ou quoi ? Ne serais- tu pas polygame comme le taureau Alphonse? Moi si je devais comparer Noiraud à une fleur ce serait un chardon ah ah… Et autrement quoi de neuf patron ?

    - Rien de neuf, j'en suis encore à huit, hi, hi. Non sérieusement, ne m'en parle pas, je suis mort, j'ai essayé des champigons hallucinogènes hier. Je les ai confisqués aux Ravel

    - Quoi tu te délectes de mets sublimes et exquis sans m'inviter ? Et qu'en fais tu de la convivialité, bordel ? maugréa le Panda qui passa de l'état mal-éveillé à celui d'insatisfait.

    - Ce n'est pas ce que tu crois, c'était pas de la rigolade mais une expérience scientifique . Je voulais élargir mes connaissances dans le domaine des stupéfiants. Comment lutter contre un ennemi que l'on ne connaît pas ? En quelque sorte je me suis sacrifíé pour faire avancer la criminologie.

    - C'est ça toi tu es le père la vertu, et moi je devrais te plaindre ou t'admirer

    - Bon, magne toi, je te donne un quart d'heure pour te préparer, on petit-déjeune au commissariat d'un aspirine et d'une prise de corinne.

    - D'accord patron dit le Panda qui se sentait repousser des ailes,ce qui lui rappelait son enfance perroquette, quand il entendait le mot corinne.
    #462Verfasserrb14 Okt. 05, 11:32
    Kommentar
    Quand ils arrivèrent au commissariat, ils virent que le courrier avait déjà été distribué.

    - Tiens le facteur est très matinal, aujourd'hui dit le Panda

    - Pas étonnant, tu sais , c'est mercredi, le jour de fermeture du Café de la Poste, son seul jour d'abstinence forcée .

    Didier commença à dépouiller le courrier, il marmonnait en le survolant :

    - Bulletin de L 'Amicale Sportive de la Police Judiciaire, Assurances Tourix : facture, Diaphane Èiter physicienne : facture, Quai des Orfèvres: Nouvelles Directives Ministerielles, France Telecom : troisième rappel, EDF : dernier rappel avant saisie, etc. Il remit ces lettres et d'autres semblables dans leurs enveloppes respectives, et les jeta dans un coin de la pièce , derrière un placard , là où il classait les lettres de qu'il jugeait inintéréssantes. L'immense majorité des lettres que Didier recevait au Commissariat entrait dans cette catégorie, vaste et élastique comme sa subjectivité . Pas étonnant donc que ces lettres formassent à elles seules un tas impressionnant. Si par aventure et contre toute attente, Didier avait besoin de l'une d'entre elles, ( par exemple quand un agent venait pour le recouvrement), il piochait simplement à pleines mains dans le tas imposant et parvenait toujours à en extraire dans un temps record la lettre recherchée, aidé en cela par un mystérieux hasard qui perdait, nul ne savait comment, son caractère aléatoire à cause de l'immuable et récurrente régularité avec laquelle il se manifestait.
    #463Verfasserrb14 Okt. 05, 11:34
    Kommentar
    Toujours est-il qu'aujourd'hui une seule lettre retint son attention. Le logo d'une compagnie aérienne s'étalait sur toute la largeur de l'enveloppe. Il ouvrit et lut à haute voix

    Monsieur,

    Veuillez trouver ci-joint la copie du jugement d'extradition et la notification de l'arrivée de vos deux extradés, Gouine Bara, et Raphalle Geaude-Michel à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle . Ces deux passagers ont été convoyés sur l'ordre de l'administration des Etats-Unis par notre excellente compagnie.

    Malheureusement vous avez omis de réceptionner les sus-nommés en bonne et dûe forme, c'est à dire en personne.

    Pourtant les papiers d'accompagnement des deux prisonniers, issus par l'administration américaine prévoyaient expréssement leur prise en charge à vos bons soins , et ce, dès leur arrivée à l'aéroport.

    Je vous prie de remédier à ce manquement et de me contacter, dans les plus brefs délais, pour que nous convenions ensembles des modalité de la prise en charge de votre colis en transit.


    Veuillez recevoir, Monsieur, l'expression de mes meilleures salutations.


    Gairbus Volovent

    Chef d'Escale.
    #464Verfasserrb14 Okt. 05, 11:35
    Kommentar
    - Au fait, j'y pense …Didier saisi d'une soudaine inspiration prit la corbeille à papier, en retira une feuille froissée en boule, la déplia " je me souviens vaguement d'avoir reçu un fax, il examina le papier, oui ça a l'air officiel, mais comme c'était écrit en anglais, je l'ai jeté. y a le nom de Raphalle et de Gouine, avec la date d'hier et le lieu Roissy, Charles de Gaulle. Oui il cela doit être cela." Puis il pesta: " Heureusement au moins que les formulaires de demande d'extradition sont bilingues."

    - Ils ont même écrit un mail, chef , dit le Panda de son côté dépouillait le courrier électronique, je l'ai retrouvé dans le fichier SPAM

    Didier avait déjà saisi le combiné pour appeler Roissy

    - Allo, c'est Didier Eronnais je voudrais parler à Monsieur Volovent, non pas Follenfant, V O L O V E N T, ah quoi ? .. Il n'est pas là il est en piste ? Quoi ?? … Non, ah bon, il est sur la piste, c'est bien , j'aime mieux ça dis donc … Quoi ? Mais pourquoi je vous parlerais de dindon, moi, j'ai juste dit DIS DONC…. Oh là là, mais quel boucan chez vous … non j'ai pas dit beau- temps j'ai dit boucan… Quoi ? Mais pourquoi me parlez vous de toucan maintenant? BOUCAN , c'est infernal… Mais non cela n'a rien à voir avec une finale. Pardon ? Hein ?? oui oui j'attends.

    Une à deux minutes passèrent . Didier avait activé la fonction haut parleur du téléphone, pour faire profiter le Panda des coulisses sonores de l'aéroport.
    #465Verfasserrb14 Okt. 05, 11:38
    Kommentar
    - Gairbus Volovent, pour vous servir. C'est vous M. Eronnais? Enchanté. Attendez c'est trop bruyant là, je vais aller dans la station de quarantaine, ça fait un peu ménagerie par moments, mais c’est beaucoup moins bruyant que le cirque ici avec le vacarme des avions.

    - Je téléphone à propos de Gouine et Raphalle . Je voudrais savoir quand ils viennent à St Plougtrifouillskell ?

    - Mais il n'en est pas question, maintenant ils sont en quarantaine, donc vous pourrez venir les chercher dans quarante jours.

    - En quarantaine ?

    - Parce que vous n'êtes pas venus les chercher, il fallait bien les mettre quelque part. C'est de votre faute tout ça, pourtant les papiers qui ne mentent jamais ne prévoient aucun transfert ultérieur et font explicitement état de réception personnelle.

    - Sont-ils malades ? En tout les cas ils étaient en très bonne santé et plein de vitalité quand ils ont quitté St Plougtrifouillskell ! dit Didier en se souvenant du coup d'assommoir qu'il avait reçu sur la nuque devant les cellules du commissariat.

    - Peut-être pas mais ils peuvent maintenant le devenir, et puis franchement hein surtout le Raphalle, il a l'air teigneux, il bave parfois en dormant , et quand il est éveillé il s'agite et vocifère. Le vétérinaire qui lui a donné une piqure calmante, et un vaccin anti-rabique.
    #466Verfasserrb14 Okt. 05, 11:42
    Kommentar
    - Vous pouvez leur donner tous les vaccins que vous voulez, du moment que vous organisez leur transfert.

    - OK pour les vaccins, car ils ne sont pas malades, mais par mesure de précaution on va les vacciner contre toutes les maladies, j’accepte de lever la quarantaine, mais pour le reste c'est hors de question les papiers sont formels sur ce point . Je ne peux y dérogez, vous devez venir les chercher.

    - Et combien croyez vous y a-t-il de policiers à St Plougtrifouillskell ? Si vous pensez que je peux m’absenter comme cela..

    - Je ne sais pas je n’ai jamais entendu parler de St Plouc. C'est cartographié sur une carte ça S a i n t P l o u c machin-chouette ? répliqua Gairbus Volovent en étirant bien St Plouc pour permettre à Didier d’admirer plus longtemps la subtilité de son calembour. Je suis sûr qu'il y a à Paris plus de flics qu ‘à St Plouc d’habitants AH AH AH AH AH AH AH AH AH AH AH dit le chef d'escale en hoquetant de rire.

    Ceux , qui comme Gairbus Volovent rient bien trop fort de leurs plaisanteries qui ne sont pas drôles, prennent en quelque sorte l'hilarité à leur charge dispensant ainsi les autres de l'ennui d'y participer . Gairbus tira de multiples salves de son rire franc avant de devoir se résoudre, faute de munitions, à un cessez-le-rire . Il rengaina et le feu d'artifice de ces AH AH AH AH AH, lancés à plein poumons de sa gorge déployée, se mua instantanément en un pétard mouillé qui fit iiiii misérablement. avant de s'éteindre.
    #467Verfasserrb14 Okt. 05, 11:44
    Kommentar
    Alors que Didier restait étonnamment calme, car il était en train de réfléchir au moyen de faire revenir Gouine et Raphalle sans avoir à se rendre à Roissy, l’abhorrée. En revanche M Panda , qui suivait la conversation grâce au haut-parleur ne put se contenir.

    - Vous n'êtes qu'un grand nain ou tout au plus un petit géant, hurla-t-il très fort.

    Les cris du Panda résonnèrent douloureusement dans les oreilles de Gairbus Volovent, qui activa à son tour le haut-parleur de son téléphone pour prendre un peu de distance.

    Les Parques, ces divinités qui tiennent les fils ténus de la destinée humaine emmêlent parfois leurs bobines. Avec ces pelotons emmêlés, elles filent des quenouilles enchevêtrées qui correspondent à des destins humains hors du commun dont le parcours est semé d’embûches, de revers mais aussi de coups de théâtre et de rebondissements heureux. Les fils qui remuaient la destinée du Panda, qui possédait tant de facultés humaines, dont , fait unique dans le règne animal, celle de rougir sous l’empire d’une émotion, étaient aussi entre les mains des Parques. Elles avaient enroulé une bobine particulièrement embrouillée autour du fuseau réservé au Panda et cette bobine contenait mêmes quelques noeuds inextricables.
    Mais aujourd’hui la Parque bobinait autour du fuseau assigné au Panda un noeud que l’on pouvait défaire, et qui puisque le destin le commande, se défit aussi.
    #468Verfasserrb14 Okt. 05, 11:46
    Kommentar
    Alors que le Panda s’égosillait à propos du développement mental manifestement inachevé de Gairbus Volovent, ses cris, répercutés dans toute la ménagerie par les hauts-parleurs, semèrent un grand trouble. Aussitôt un concert cacophonique se fit entendre, une polyphonie dissonante où les cris et les chants, les hennissements ou miaulements se mélangeaient.

    - La ferme ! ! ! cria Volovent aux animaux de la station de quarantaine.

    Le Panda crut que cette sommation lui était adressée et redoubla de fureur

    - C’est plutôt votre ferme qui devrait la fermer cria-t-il en faisant allusion aux animaux de la ménagerie.

    Mais au milieu de ce vacarme, une voix céleste se fit entendre, claire comme du cristal, mélodieuse comme de la musique, une voix qui parlait la langue maternelle du Panda, le perroquetin, langue inacessible aux humains qui la confondent à tort avec le psittacisme, alors qu’elle n’a absolument rien de commun avec lui.

    - Madame Perroquette, elle m’a reconnue murmura-t-il transporté et ému aux larmes.
    #469Verfasserrb14 Okt. 05, 11:47
    Kommentar
    Spontanément il se mit à parler en perroquetin.

    Gairbus Volovent qui ne comprenait rien demanda « hein ? hein ? » tandis que le Panda dont la colère s’était envolée, conversait avec animation en perroquetin .

    Didier le regardait incrédule quelques instants, puis profita d’une pause du Panda pour
    reparler à Gairbus Volovent

    - Le mieux pour vous est d’accepter que quelqu’un vienne chercher les prisonniers, autrement ils resteront chez vous et c’est risqué vous savez, ils sont extrêmement dangereux.

    Affaibli par le vacarme dont il était victime de façon chronique, et pressé tout à coup de régler cette affaire où il n’avait rien à gagner sinon du tracas , Gairbus Volovent accepta vaincu.

    - Si vous voulez après tout ce n’est pas mon problème.

    - Camille Yonneur viendra les chercher il monte régulièrement à Paris pour livrer du poissons et des légumes à Rungis. Je ne peux pas vous dire exactement quand, car il faut que je le contacte. Je vous rappelerai. Aurevoir

    - Au revoir répondit Gairbus Volovent , qui étant français employait aussi au téléphone cette formule inappropriée lorsqu’il voulait dire à la réécoute .
    #470Verfasserrb14 Okt. 05, 11:50
    Kommentar
    - Bon voilà une affaire rondement menée dit Didier satisfait, on a bien mérité une portion de corinne, au fait Panda c’était quand même pas Madame Perroquette là ?

    Le Panda ne réagit même pas à l’offre de Corinne mais dit précipitamment :

    - Non j e suis pressé, j’ai rendez vous avec Nolwenn on doit se rendre à la Crique de la Cornue, le chemin est long, on a rendez avec les jeunes fêtards

    Didier remarqua que le Panda préférait ne pas parler de sa Madame Perroquette,

    - Ah bon , moi je croyais que c’était hier

    - Non on a du reporter à aujourd'hui, je te raconterai, on a rendez vous là bas on va faire une vraie reconstitution sur l’île des Cormorans.

    - OK et moi je vais aller voir Camille Yonneur pour lui demander de passer prendre Gouine et Raphalle la prochaine fois qu’il se rend à Paris.
    #471Verfasserrb14 Okt. 05, 11:53
    Kommentar
    Es war einmal an einem sonnigen Montag morgen, als...
    #472VerfasserRomanschreiber No 117 Okt. 05, 11:17
    Kommentar
    En vérité, le Panda avait du temps devant lui, seulement il était trop boulversé pour parler. Son cœur, gorgé de trop d'espoir, pompait le sang à toute allure Il avait besoin de mouvement pour se calmer. Il marcha ou plutôt trottina le long de la côte, empruntant le sentier sinueux qui épousait avec exactitude les contours de la falaise.

    Puis il se mit en marche vers la crique de la Cornue en longeant le sentier des Douaniers, bifurqua à la hauteur du Repaire des Brigands à droite pour suivre une route, ensuite il tourna vers la gauche sur un chemin poussièreux avant de s’engager sur le sentier qui descendait en pente escarpée à la Crique de la Cornue où Nolwenn l' attendait déjà. Deux minutes plus tard un zodiac vint avec à son bord l’un des jeunes . Il était accompagné d'un terre-neuve répondant au nom d’Ébène ce terre-neuve était un héros décoré du sauvetage en mer . Il avait sauvé un enfant et un véliplanchiste de la noyade se souvint Nolwenn, qui avait écrit un article à ce sujet.

    - Où sont les autres ? demanda –t-elle étonnée

    - Vous en faites pas ils sont déjà sur l'Île des Cormorans, on ne pouvait pas emmener tout le monde à la fois, en plus on a amené notre matos

    - Matos c'est qui ?

    - Matos, matériel quoi, vous nous avez dit de ne rien oublier , c'est ce qu'on a fait...
    #473Verfasserrb20 Okt. 05, 07:24
    Kommentar
    Au moment d'aborder l'île des Cormorans, ils virent deux corps étendus sur le rivage à la lisière de la marée, cet ourlet qui change de place selon l'heure, mais qui ressemble toujours à une frange ornée de mousse éphémère. Ils poussèrent un cri: l'un des corps reposait sur le dos , les bras en croix. L'autre, roulé négligemment les bras jetés au hasard, semblait sur le point de basculer tout à fait sur le ventre, on aurait dit que l'océan venait de le déposer sur le rivage
    Nolwenn et le Panda sautèrent de l'embarcation et coururent dans les vagues en direction des corps.

    - Mais ils sont secs, dit Nolwenn en se penchant vers les naufragés

    C'est ce moment précis que les deux corps sans vie choisirent pour ressuciter: ils se levèrent brusquement , comme mués par des ressorts puissants et diaboliques et s'esclaffèrent bruyamment.
    Nolwenn fit un bond en arrière, effrayée.

    - On vous a bien eus , hein ?

    - Quel pays névrotique la France dut constater le Panda pour la seconde fois lors de cette enquête.

    - Vraiment une plaisanterie de bon goût, je ne vous félicite pas on a à faire à un meurtre, je dois vous le rappeler.Où sont les autres ?

    - Ey venez dit un jeune en criant presque et le reste de la troupe réapparut de derrière les rochers où elle se tenait cachée.
    #474Verfasserrb20 Okt. 05, 07:26
    Kommentar
    - Allez on commence la reconstitution dit le Panda. Nolwenn tu filmes le tout , ok ?

    - Oui, oui, elle sortit sa caméra de son sac

    . Bon dit le jeune et ils allèrent chercher du bois.

    - ?? fit le Panda avec son regard.

    - oui on a amené du bois, puisqu'on a fait du feu. Il allèrent vers le tas de charbon de bois calciné y arrangèrent le bois, mirent des brindilles. L'un d'entre eux sortit un briquet.

    - Regardez cela je suis en train d'inventer le feu dit-il en l'allumant

    Un autre jeune versa de l’alcool à brûler sur le feu recula et fit tournoyer à toute allure la bouteille : un cercle enflammé flotta dans l'air.

    - eh en plus je m'entraîne pour faire cracheur de feu dit-il, regardez

    - Non merci ce sera pour une prochaine fois dit Nolwenn

    - Ah bon je croyais que c'était une reconstitution dit-il, et que je ne devais rien oublié protesta le jeune.

    - Non commencez juste au moment où la si, euh je veux dire l'inconnue est apparue dit le Panda.
    Les jeunes se mirent à examiner les bouteilles répandues au hasard de la beuverie. Ils regardèrent les bouteilles avec une attention soutenue comme s'ils espéraient découvrir , grâce à cette contemplation prolongée, un message subliminal ou une signification cachée.
    #475Verfasserrb20 Okt. 05, 07:27
    Kommentar
    - Qu'est que vous cherchez ? demanda Nolwenn

    - On cherche nos places respectives et le sable avec les bouteilles c'est un peu ccomme ces tapis d'apprentissage de la danse où sont dessinés les pas que l 'on doit exécuter si bien que l'on n'a qu'à y mettre les pieds..

    - Après quelques discussions et remaniements, les jeunes s'accordèrent enfin sur leurs places respectives.

    - Bon OK on va chercher notre matos et ils allèrent dans un renforcement de la roche pour retirer leurs boissons alcoolisés, des sacs, leurs guitarre et harmonicas des couvertures et sacs de couchage. Ils ordonnèrent au terre-neuve , de rester assis et de se taire.

    Le feu avait pris et crépitait agréablement, le jeunes se mirent à jouer, à boire et à sortir leurs vannes, le Panda fut chargé de jouer le rôle de la jeune fille qui arrivait des flots.

    Elle est arrivée, bien sûr on a sifflé et applaudi, quoi c'est normal, c'est pas tous les jours que ça arrive qu’Ophélie vous rend visite et surtout dans cette tenue. Mais elle n'a rien dit je vous jure.
    #476Verfasserrb20 Okt. 05, 07:28
    Kommentar
    - Allez vous aviez bu, qu'est ce que vous lui avez fait ? dit soudain le Panda

    - Mais rien je vous jure,

    - On a d'abord joué au scrabble, dit son copain en sortant le jeu, au bout d'un moment on en a eu marre et on a décidé de combiner cela avec le cadavre exquis, enfin on avait de la gouache spéciale vous savez, de la marque Chromatique pour rapins,

    - Cette gouache est–elle indélébile ?

    - Oui, je l'ai même utilisée sur la coque en bois du bateau de mon oncle


    - Mais alors ?

    -On était saouls vous savez, dit un jeune, euh en fait, on n'a pas bu assez là maintenant,. J’ai des scrupules la reconstitution ne va pas être exacte, attendez, on va reboire.

    - Mais non c'est inutile
    #477Verfasserrb20 Okt. 05, 07:30
    Kommentar
    - Donc on s'est peinturlurés avec les lettres du scrabble à même le corps, dans ce jeu

    - J'ai tiré B T A O I H E R A Z

    - Alors j'ai essayé différentes combinations comme ARIO BATHEZ, ZOHAR BEAIT, ZOE ITHABRA, TOBIAH ZERA , mais cela ne veut rien dire, alors j'ai réalisé que je pouvais faire BREIZH ATAO, mais c'était trop simple, j'ai choisi a/ Tao b/Reizh, vous savez j'ai lu Lao Tsé, l'Un, c'est le Tao… quand il est dispersé c'est le Souffe; quand il est ramassé il est le Tai-chang Lao-kiun bégaya-t-il. et on avait décidé que chacun devait écrire deux mots un peu comme dans ce jeu le cadavre exquis parce que le scrabble à la longue c'est rasoir dit-il en faisant le geste de se raser la barbe.

    - J'ai commencé à peindre , la jeune fille n'a rien dit puis elle a pris peur.

    - Tu as sans doute mis tes pattes où il ne fallait pas

    - Peut-être, mais je vous jure, rien de plus, elle s’est enfuie par les rochers, on ne l’a pas suivie, et on ne l'a plus revue.
    #478Verfasserrb20 Okt. 05, 07:34
    Kommentar
    L'entrevue avait donné peu de résultats, sauf que maintenant le Panda savait que la victime avait très bien pu regagner la plage nudiste où on l’avait retrouvé à la nage puisque la couleur était indélébile . Est-ce que les jeunes disaient la vérité « Jusq’à preuve du contraire, oui » décida le Panda in petto

    Nolwenn avait bien filmé toute la reconstitution, ils remontèrent sur le zodiac, cette fois sans Ébène. Les jeunes avaient promis d’emmener tous les déchêts avec eux.

    Ils ne se doutaient pas qu’à quelques encablures au dessous d’eux, un sous-marin jaune avait recommencé à se mouvoir

    - ♪♫♪♪ Ah ça remarche, en avant , destination liberté, terminus bonheur, l’infini est à la portée, de de mes neurones, clef de fa, clef de sol !! ♪♫♪♪ ♪
    Dans ma tête je porte la porte, qui ouvre l’univers ♪♪♪ chantait Lars Rüdiger, ravi.
    #479Verfasserrb20 Okt. 05, 07:40
    Kommentar
    « Terminus bonheur, haa ! T’ veux dire terminus bon heurt, là, prend cela, andouille ! » zack ! - prit fait et cause le Mickey pour les femmes. Trahi était son amour de la justice et de l’égalité par Lars-Rüdiger qui apparemment avait eu l’intention de démunir les femmes de Mickey, on connaissait ça, finalement c’était derechef les femmes qui avaient le dessous et devaient trinquer. Tout ça faisait Mickey outrepasser les bornes de la communication usuelle : Il se mit à bâtonner Lars-Rüdiger. Une seconde plus tard celui-ci devait abdiquer sa connaissance. Les ombres aperçurent la situation critique, conférèrent et se mirent à l’assister. Bref, les ombres expulsèrent le Mickey par le hublot. Maugréant il nageait vers la plage.

    « L'union fait la force ! » se disaient les ombres et se réunifièrent avec Lars-Rüdiger. Les trois musiciens s’éveillèrent et se bilèrent sauf George en voyant le bordel qu’avaient provoqué Lars-Rüdiger et Mickey.

    « Notre harmonie, évoquée durant des années, elle est vandalisée, quel loup-garou, ce musicien ! »

    George devait constater que ses compagnons avaient raison, il était bien déçu :

    « Plus jamais je vais confier quelqu’un d’autre que mes trois copains ! Plus jamais je vais adorer un non-initié ! » et en disant cela il saisit une timbale pour la brandir et finit par la frapper sur la tête de Lars-Rüdiger, celui-ci restait dans les pommes. George ouvrit le tube lance-torpilles, engouffra Lars-Rüdiger dans celui-ci, le referma et poussa le bouton déclic. Lars-Rüdiger, torpille intellectuelle, sortit du sous-marin et filait à toute vitesse par l’eau, réveilla un loup de mer, faillit caramboler avec un banc d’oursins, passa une étoile de mer qui arriva à l’esquiver et finit par s’ensabler sur plage…
    #480Verfasserbu03 Nov. 05, 10:07
    Kommentar
    À la longue il entendait une voix entre les parenthèses de sa perception : « Hé, vous ! Vous m’entendez ? Vous avez réussi ! Vous avez arrivé à traverser, vous l’avez fait ! »

    C’était la Pythie qui croyait trouver un sportif extrémiste ayant écarté en traversant la Manche. Lars-Rüdiger avait la bouche pâteuse, il bafouilla : « J’y suis, hélas ! Enfin la croûte terrestre a réussi à démordre de son fruit le plus doux ! Désentravé moi ! »

    C’était l’arrivée, c’était la rédemption : Lars-Rüdiger savait qu’il était sauvé dorénavant, les muses l’avaient finalement accueilli. La Pythie regardait Lars-Rüdiger qui était en train d’ouvrir ses yeux. Leurs regards abouchèrent, leurs cœurs se synchronisaient : on était compatible.

    George alla chercher un sitar, alluma des bâtonnets d'encens, joua un accord consonant et chantait à la voix douce : « Venez, mes frères, ohm, venez ici pour me joindre, ohm ohm, venez mes frères de la lumière de la musique… le vœu divin nous est imminent ! »

    Quand ils s’étaient assis autour de George celui-ci exprima :

    « Je voue de ne plus jamais rencontrer un être humain hormis vous, mes trois mousquetaires mélodieux ! » chanta-t-il sostenuto la dernière syllabe en ut.

    « Idem moi ! » en mi bémol.

    « Idem moi ! » en sol.

    « Idem moi ! » en si bémol

    « Bon, mes copains, descendons ! À plus jamais voir la terre ferme ! Dégringolons ! »

    Le sous-marin descendit quatre octaves de la gamme chromatique. Ainsi les quatre conjurés s’évanouirent pour toujours, l’intention d’accomplir leur mission musiko-divine sous-marine.
    #481Verfasserbu03 Nov. 05, 10:07
    Kommentar
    « Merde, cette voiture damnée ! Je n’arrive pas à changer son pneu, parbleu ! Si seulement mon féminisme ne m’avait pas proscrite de demander du secours au policier… peut-être il est temps de reconsidérer mon attitude… du moins en cas exceptionnel. »

    On klaxonna.

    Alice Noiraud se tourna et vit Augustin, l’agriculteur. Celui-ci s’approchait et demanda d’une voix forte :

    « Avez besoin de l’aide, Madame ? »

    « C’est le pneu ! Normalement je sais aider moi-même, vous savez, mais maintenant, je n’arrive même pas à démonter le pneu… » répondit-elle d’un ton viril.

    En descendant de son tracteur il dit gaiement :

    « Laissez-moi, Madame ! »

    Il s’agenouilla et examina les outils et le pneu.

    « Ça ne m’étonne pas du tout, Madame… regardez là, cric-crac, votre cric est cassé… »

    « Zut alors ça ! » dit-elle « ehm, Monsieur, avez-vous un tel cric ? »

    « Non, désolé, Madame, mais… je pourrais mettre votre voiture à la fourrière… »

    À contrecœur Alice accepta. Augustin devint un peu nerveux, encorda la voiture, demanda Alice de s’asseoir sur le tracteur et s’assit derrière la roue de gouvernail.
    #482Verfasserbu03 Nov. 05, 10:08
    Kommentar
    « Dites-moi, M. Augustin, les vaches, se sont-elles récupérées de la colorisation crevarde ? »

    « Aïe, ne m’en parlez pas, Madame, elle se sont très bien récupérées… »

    « Et pourquoi aïez-vous donc ? »

    « À cause d’Alphonse, mon taureau ! »

    « Pourquoi Alphonse, a-t-il été aussi l’objet d’une attaque ? »

    « Non, Madame, c’est autre chose… Je me suis creusé la tête au sujet d’un phénomène d’accouplement. De courte durée Alphonse, le taureau, était chaud, je vous dis… excusez ma langue, Madame, il remplissait ses obligations comme taureau d'élevage… dans un tel état il me ferait l’agriculteur le plus riche dans un instant, en peu d’heures il a engrossé une demi-douzaine des vaches, imaginez-vous ! »

    « Ouha, c’est vachement impressionnant… »

    « Vous le dites, Madame ! Mais peu après il a cessé, il ne s’intéresse que pour le trèfle… »

    Par désarroi il klaxonna et cria : « Merde, merde, trois fois merde ! »

    Aussitôt il ajouta : « Excusez-moi, Madame, je suis un agriculteur, j’ai pas passé ma vie dans des salons m'immergeant dans des réflexions et discussions philosophiques et politiques. J’ai toujours eu les mains boueuses, ma langue est gauloise, je sais, mais ma nature, elle est placide… »

    « Soulagez-vous ! J’aime bien la langue solide tant qu’elle n’est pas sexiste, zut alors ! »

    Un sourire d’Alice entourait son apaisement. Le cœur d’Augustin ricochait arythmiquement. Il stoppa et descendit gaiement du tracteur pour offrir sa main à Alice. Elle la prit et descendit en remerciant avec un bénin hochement de tête. Et ça c’était le moment que naquit la grâce d’Alice. Augustin alla chercher une chaise pour qu’Alice pût s’asseoir pendant que lui il réglait la panne. Alice, elle se mit à gamberger, elle voulait déceler le secret de la salacité éphémère d’Alphonse, le taureau.
    #483Verfasserbu03 Nov. 05, 10:08
    Kommentar
    Un vent doux se leva. Alice questionnait Augustin qui réparait la voiture au sujet d’Alphonse et les vaches, elle écoutait, réfléchissait, voulait en apprendre plus que soudain elle poussa un cri :

    « Pouah ! »

    « Que s’ passe ? »

    « Quelqu’un a peloté mon sein ! »

    « Quoi ?!! »

    « Quelqu’un a peloté mes roberts ! »

    « Si j’harponne ce polisson, je vais lui serrer le kiki… » bouillonna Augustin.

    Ce moment-là la main d’ombre prit la poudre d'escampette bien que la réalisation de la menace d’Augustin se fût avérée impossible, elle disparut dans la grange.

    « Avez-vous vu cette parution horrible, c’était une main seule… »

    « … et transparente, dégoûtant ! »

    « On va la rattraper, allons-y ! »

    Les deux coururent vers la grange. Dans l’obscurité la main d’ombre était en avantage. Alice dit : « Ainsi on ne va pas l’arrêter ! »

    « T’as raison… oh, excusez-moi, Madame, je n’ai pas eu l’intention de vous tutoyer… »

    « C’est bien, je m’appelle Alice… »

    « Enchanté, moi je m’appelle… elle est là, à côté de vous, non, de toi, je voulais dire, arrête-la ! »

    Alice se lança par terre mais n’arriva pas à agripper la main d’ombre… Augustin, zélé en combat, emberlificota dans une toile d’araignée ce qui était la chance du gaffeur : il tomba, la main d’ombre tâchait de s’enfuir par la direction où la tête de l’agriculteur percutait et finit par être immobilisée par le tissu poisseux d’arachnide. La main d’ombre contorsionnait sans succès, déformant la toile d’araignée en pelote : elle restait attrapée. Augustin mit un brin dans la pelote et se leva.
    #484Verfasserbu03 Nov. 05, 10:09
    Kommentar
    « Ahh, tu vends de la barbe à papa ? » demanda Alice qui se dressa sur ses pieds.

    « Oui, Alice, tu veux en goûter ? » rigola-t-il.

    « Non, Monsieur, très gentil… »

    « Maintenant on se tutoie ou pas ? »

    Le sourire d’Augustin découvrit une dent manquante – ce qui est une drôle d’expression.

    « Oui, bien sûr, Augustin… »

    « Donc Alice, passe-moi ce bocal à conserves, je pense que cette main fait partie de quelqu’un, non ? »

    « Volontiers… »

    « Voilà ! Je vais t’apporter chez la police ou chez M le Curé ? Ptah, on verra… »

    Après avoir conservé la main d’ombre Alice et Augustin retournèrent pour achever leur tâche.

    Augustin termina le changement de roue :

    « Et, Alice, t’as trouvé la solution ? »

    « La solution du mystère reproducteur, elle n’est pas ostensible, non, désolée… mais je suppose qu’il y ait une relation avec l’attaque aux vaches… »

    « Tu crois ? »

    « Oui, je n’ m’y connais pas, mais c’est la seule différence frappante du normal pour le temps de l’ardeur au travail d’Alphonse. Donc j’imagine qu’il y avait quelque chose d’attirant ce jour là… »

    « Mais quoi ? »

    « J’ai aucune idée… mais je continue à enquêter, mais toi aussi, eh, toi tu connais Alphonse… »

    « Ouai, je veux dire cela… »

    En montant en voiture Alice remercia pour la réparation et promit d’appeler au sujet d’Alphonse, Augustin nettoya ses mains et ils dirent adieu. Une œillade poursuivit la Volkswagen Coccinelle cabriolet d’Alice…
    #485Verfasserbu03 Nov. 05, 10:09
    Kommentar
    Camille Yonneur était en train de passer l'aspirateur dans son camion. Didier Eronnais criait :

    « Camille ! Camille !! Camille !!! »

    Celui-ci se tourna et aperçut le policier, devint nerveux, arrêta son aspi et chercha à générer une excuse : « Euh, faut comprendre ça, Didier, euh… Je n’ai pas voulu aller à toute allure… vraiment ! »

    Didier ne pigeait que dalle. Son silence amplifiait le sentiment de culpabilité de Camille, il continua :

    « Je n’ai pas eu le choix, tu sais, l’installation frigorifique flapie, la canicule, la glace que j’ai dû camionner au « Naon Am Bez Bemnoz », elle fondait… et mon assurance ne couvre pas les dommages nutritionnels… »

    « Arrête ! Je n’ai aucune idée de quoi tu parles et en ce moment ça ne m’intéresse absolument pas ! Je suis venu pour te demander un service… »

    « Un service ? À moi ? »

    « Ouui, exactement toi, j’ t’ dis ! »

    « J’écoute… »

    « À la capitale, deux personnes sont arrivés par avion des États-Unis, ils sont là et il faut les camionner ici… »

    « Deux personnes, pourquoi ne prennent-ils pas le train ou un vol national ? »

    « Ils sont des détenus ! »

    « Non, sacre bleu, des prisonniers ! »

    « J’ai pas dit cela… »

    « Sont-ils dangereux ? »

    « Non, pas du tout, au moins pas pour toi, l’un à l’autre, peut-être oui… »

    « C’est qui, c’est des villageois, non ? »

    « Je ne dis rien ! »

    « Ben, ils sont de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer… c’est qui, dis-le-moi ! »

    « Non, je ne vais pas parler… »

    « Ben, je verrai… »

    « C’est vrai, quoi que je fasse tu l’apprendras : c’est Bara Gouine et Gueaude-Michel Raphall… »

    « Ha, ha, hahaaa ! La bobonne et le petit trésor ! Je préférais transporter des débiles mentaux que ces idiots dogmatiques ! »
    #486Verfasserbu03 Nov. 05, 10:10
    Kommentar
    « Je saisis, mais… tu n’as pas le choix ! »

    « Didier, maintenant quelque chose me vient à l’esprit, merde, j’aimerais bien te faire un service, Didier, vraiment, mais le samedi, c’est mon anniversaire… »

    « Mais tu l’as célébrée il y a deux semaines à la crêperie « Ti-Krampouezh »… déjà oublié ? Je sais, tu était si saoul que peut-être… »

    « Euh, ben oui… c’est pourquoi tu ne me laisses pas finir… je voulais dire mon anniversaire du mariage, tu comprendras, je ne peux pas… »

    « Camille, je sais que tu es célibataire… »

    « Eh oui, ben, mais juste ce samedi j’ai voulu changer cette réalité déplorable… »

    « Camille ! »

    « J’ai un rendez-vous avec une femme… vraiment, j’ te dis, elle est super… »

    « Camille ! »

    « Et elle est riche… »

    « Camille, arrête ! Ton excès de vitesse ! »

    « Quand dois-je être là à les containériser ? »

    « À huit heures. »

    « À huit heures ? C’est-à-dire qu’il faut me lever à quatre heures, c’est inhumain… »

    « Inhumain ou pas, ça m’est égal. Je t’attends samedi midi, compris ? »

    « Oui, eh bien, bien sûr… »

    « Salut et merci bien, Camille… »

    « Volontiers ! » grommela Camille Yonneur.
    #487Verfasserbu03 Nov. 05, 10:11
    Kommentar
    Montée en voiture Nolwenn alluma le moteur et attendit M Panda. Celui-ci ouvrit la portière et s’assit. La radio jouait une chanson vive.

    « C’était bien nul ! » dit Nolwenn en voiture.

    M Panda ne répondit pas. Nolwenn avait bien remarqué que le Panda observait tout le temps le ciel.

    « On aurait bien pu faire la grasse mat’, non Panda ? »

    Panda l’ignorait. Elle demanda :

    « Qu’est-ce que tu fais là, Panda ? »

    « Rien de sensationnel… » murmura-t-il.

    « Mais, Panda, j’ai bien réalisé que toi tu es absent, t’es triste, t’en as marre… dis-moi, qu’est-ce qui t’esquinte ? »

    Des nuages orageux assombrissaient le ciel, Panda fronçait les sourcils ce qui couvrait son front de rides. Il dit :

    « Non, Nol, c’est rien, et je ne veux pas en parler… »

    « Quoi, c’est rien et je ne veux pas en parler ?! »

    « Euh ? » demanda-t-il absent.

    « Je veux dire que c’est contradictoire. T’as dit que c’est rien et que tu ne veux pas en parler ! Mais on ne peut pas parler du rien, donc il y a quelque chose si tu veux pas en parler, compris ? »

    « Ne me viens pas avec Ouittguenstein, Nolwenn ! » supplia-t-il en regardant le ciel « on peut très bien parler du rien, en fait, c’est ce que font les hommes chaque jour heure minute : parler et parler et parler du rien ! »

    Il pausa avant de concrétiser : « Je dirais même que l’homme est le médium du rien ! »

    Une foudre craquante éclata, Nolwenn contemplait le visage illuminé de Panda, temporisait, puis redemanda :

    « Ce qui veut dire quoi exactement ? »

    « La vanité, la superfluité, l’insignifiance absolue et la morgue de nos pensées… »

    Un vent se leva en galante compagnie d’une pluie torrentielle, Nolwenn réussit à fermer les vitres, puis elle dit :

    « Mais ne fais pas un caca nerveux, Panda ! Maintenant tu piques la crise totale ?! »
    #488Verfasserbu03 Nov. 05, 10:11
    Kommentar
    Panda laissa libre cours à sa colère :

    « Ah, tais-toi, Nol, j’en ai marre, c’est vrai, j’en ai complètement raz le bol et je te dis que c’est la dernière fois que je me suis immiscé dans les affaires humaines. Tu sais, ce qui m’emmerde jusqu'au cou et ce qui est le culot absolu des hommes, c’est d’y aller bousiller une sirène à la plage, tu entends ? Une sirène ! L’homme s’est fait désenchanter, il ne croit plus qu’à ce qui se décrit par un algorithme, une formule, les fées et les trolls on n’en parle plus qu’en s’adressant aux enfants. Par conséquent on y go dézinguer une sirène, je n'y bite plus rien… c’est pas la kermesse la vie ! Une sirène, Nolwenn, une sirène, a-t-elle le standing moral d’une limace, d’un papillon de nuit au jour d'aujourd'hui ? »

    « Mais Panda… » chercha à calmer Nolwenn.

    « Non, Nolwenn, ce monde est totalement fugace… »

    « Panda… »

    « Si seulement je n’avais jamais commencé à parler ! »

    « Mais non, Panda, je suis très heureuse que tu parles, tu es mon ami, j’aime ta présence, vraiment… ton humour… »

    Mais M Panda manquait d'humour. Sans cesse il répétait son vœu en chuchotant : « Si seulement je n’avais jamais commencé à parler ! Jamais commencé à parler ! »

    Son regard morose fixait le ciel, Nolwenn gémit et appuya sur la pédale d'accélérateur…
    #489Verfasserbu03 Nov. 05, 10:12
    Kommentar
    Monsieur le Curé n’avait pas dormi très bien. Pendant que lui il avait parlé avec la petite vieille au sujet de Helmut Lang les deux gamins avaient assoupli les tuyaux d'orgue pour qu’ils se détachaient la prochaine fois que l’organiste jouerait le trémolo dont il était si orgueilleux. Quand il avait entendu le bruit métallique et avait couru en haute, juste le moment quand il y était arrivé un tuyau était tombé et l’avait frappé la tête. De suite il s’était bandé et puis creusé la tête comment raisonner la descendance. La communication téléphonique longue avec son copain, l’abbé de Brême, lui avait fatigué également. Ce matin, il s’était senti mort de fatigue.
    #490Verfasserbu03 Nov. 05, 10:13
    Kommentar
    Le téléphone sonna.

    « Curé de St-Ploug… »

    « Salve… »

    « Ah, toi, l’abbé de Brême, schon, dass mir anrufst… »

    « Abstenons-nous de faire des exercices linguistiques, frère ! »

    « Bon, si tu veux… »

    « Écoute, j’ai trouvé Helmut Lang. Je lui suis arrivé comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu, il est bien tombé des nues ! Initialement il s’est tu, je lui ai expliqué le comment et le pourquoi. Puis il a parlé, il se souvient de la femme qui t’a rendu visite… et pour ce qui concerne la réparation morale, le salut de l'âme : il est veuf, c’est-à-dire mariable ! »

    « Formide ! » jubila le Curé.

    « Oui »

    « Vraiment formidable ! Merci, frère… et, va-t-il venir là ? »

    « Oui, je n’ai même pas eu besoin de le convaincre ! Il était illico presto d’accord d’aller en Bretagne… Mais quand même, ça te coûte quelque chose, frère, un grand cru au moins ! »

    « Je vais immédiatement descendre dans la cave et choisir le meilleur. Dommage que tu ne sois pas là pour le goûter, mon frère… il faut que je le boive tout seul… »

    « Un moment ! Jusqu'à ce que tu aies choisi j’ai déjà acquis mon billet et jusqu’à ce que tu sois bougé à la table j’ai déjà dépassé la frontière et jusqu’à ce que tu aies débouché la bouteille je me suis déjà assis vis-à-vis de toi ! »

    « Supercarburant ! Donc, à vos marques, prêts, partez ! » dit Monsieur le Curé et ajouta en rigolant : « ça serait très bien de te voir sous peu ! » mais, l’autre avait déjà accroché.

    M le Curé ignorait si son ami de Brême allait venir ou pas : « Ce foufou, je le crois capable de faire une telle folie… »
    #491Verfasserbu03 Nov. 05, 10:14
    Kommentar
    Il traversa à l’église et alla voir Jésus cloué à la croix. Là il le demandait de faire disparaître l’incertitude concernant l’abbé de Brême : « Doux Jésus, dis-moi, faut-il que j’ouvre une bouteille grand cru ? Cet hurluberlu, va-t-il venir à St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer pour me voir et boire de mon vin avant tout ? »

    Recueilli il attendait la réponse, une minute, deux minutes…

    « La patience a des limites, mon ami ! Donne-moi un signe, s’il te plaît, doux Jésus ! »

    Il persévérait mais bientôt sa patience atteignit ses limites : « C’est pas sportif de me faire attendre… J’ai toujours vécu selon ta conception, oui vraiment… tu ricanes ? C’est assez rigoriste de ta part, non ? Je sais, mais bon, qu’est-ce que tu veux ? Je suis un homme, sujet aux stimuli, c’est normal… je te prie, donne-moi un signe, attend non, un service, fais-moi un service. Cet abbé, fais qu’il reste à Brême, oui ? Pour m’indiquer que t’as compris et que tu acceptes, donne-moi un signe… Si tu veux communiquer que tu le fais rester à Brême fais un bruit, si tu veux dire « non, je ne fais pas cela » abstiens de faire un bruit, va bene ? Non, non, attends, à l'envers ! Alors, si tu acceptes ma demande tu restes tranquille et si tu refuses tu produis un boucan d'enfer, va bene ? »

    Il regardait le visage souffrant de Jésus et découvrit du rouge à lèvres : « Ts, ts, ces polissons, excuse… ». Avec sa manche il essuya les lèvres de Jésus. Pas de bruit, rien, silence. Après une minute M le Curé susurra : « Donc, c’est un non, formidable… Merci beaucoupissime ! »


    Il fit le signe de la croix et prit congé de Jésus, tourna et s’en alla en marchant sur la pointe des pieds pour ne pas faire du bruit.
    #492Verfasserbu03 Nov. 05, 10:14
    Kommentar
    @rb : je te prie...
    #493Verfasserbu03 Nov. 05, 10:16
    Kommentar
    La distance temporelle qui séparait le curé de la joie de sentir les subtiles saveurs du grand cru lui chatouiller les papilles fut rallongée par un contretemps.

    "Couac-couac" entendit-il. "Quoi ! Jésus se manifesterait-il ? Et de façon si insolite ? Quel petit espiègle ! " Le curé s'arrêta, retint son souffle. À sa déception il dut constater que le bruit ne provenait pas de la croix mais d'une anfractuosité du mur située auprès de la porte principale et à laquelle était fixée le bénitier.
    Le curé s'approcha. Dans la pénombre il vit les yeux pailletés d'or de deux grenouilles. Elles se tenaient dans une niche sur les bords du bénitier et coassaient en gonflant leurs sacs latéraux comme un biniou.

    " Les salopiots, maugréa le curé, ils ont voulu donner vie à l'expression grenouille de bénitier! Ah doux Jésus, faut-il que ma foi en toi soit inébranlable pour confier à ce genre de galopins le rôle des anges dans la crèche animée de Noël ." soupira-t-il.

    "Je vais les attraper , sapristi !" Sapristi était le juron préféré de Monsieur le Curé : Sans être blasphématoire, ce mot avait quelque chose de rassurant et de familier, car il rappelait le mot sacristie.

    Il alla chercher un seau dans un placard et entreprit d'attraper les grenouilles. Seulement celles-ci, peu coopératives, sautèrent par terre et s'éloignèrent à grands bonds. Le curé, le buste penché, les jambes fléchi s tenta plusieurs fois sans succès de les emprisonner entre les paumes de ses deux mains jointes.
    #494Verfasserrb07 Nov. 05, 13:53
    Kommentar
    " Attendez je vais vous avoir espèces de reptiles batraciens, Espèce d' impies amphibies! Et je ferai une fricassée de vos cuisses potelées "

    Au même instant Augustin qui voulait remettre la main d'ombre au curé entra dans l'église. Il était assez écoeuré par cette drôle de créature qui se débattait dans les toiles d'araignées et préférait la confier au curé plutôt qu'à Didier car il avait plus confiance en les talents d'exorciste du curé qu'en la puissance investigatrice de Didier pour neutraliser les ondes mauvaises émanant de cette main.

    Interloqué Augustin regarda le curé qui, plié en deux les bras tendus et presque accroupi, grommelait des paroles indistinctes d'un ton bougon.

    " Que fais-tu? On dirait que tu arraches les mauvaises herbes Mr. Le Curé" dit Augustin.

    Le curé qui n'avait pas entendu Augustin tressaillit , il se redressa et dit:

    " Ah c'est toi Augustin et oui en quelque sorte mon métier s'apparente au tien. Mais moi c'est moralement que j'essaie d'extirper les mauvaises herbes qui envahissent le cœur des hommes et d'y semer à la place de la bonté."

    " Ben oui M. Le Curé, mais nous en agriculture on a fait drôlement de progrès , avec les engrais et les herbicides les hybrides et tutti quanti, tandis que dans ton métier depuis 2000 ans …. Ah mais ce sont des grenouilles là , tu en as là de drôles de paroissiennes !"

    " Des intruses ! J'essaie de les attraper. "
    #495Verfasserrb07 Nov. 05, 13:55
    Kommentar
    " Attends, laisse moi faire" fit Augustin. Habile, Augustin attrapa les grenouilles du premier coup les mit dans le seau dont il ferma couvercle." Je les remettrai dans une mare. "

    " Merci "

    " Je venais t' apporter ceci je l'ai capturée dans ma grange" dit Augustin en tendant au curé la cage qui contenait la main d'ombre"

    " A quelle horreur, " dit le curé en reconnaissant la main d'ombre à travers la toile d'araignée qui lui faisait office de gant.

    Entre temps de ce contretemps, la porte de l'église avait été ouverte une seconde fois. Deux voix s'entretenaient.

    "Doch, schau mal die Kirchenfenster sind sehenswert wir sollen sie uns wirklich genauer ansehen. Außerdem gibt es aufwändig dekorierte Tücher, die waren für ertrunkene Seeleute vorgesehen, deren sterbliche Überreste vom Meer nicht mehr zuruckgegeben wurden."

    Heinz Heil et Bernd Fasten , la tête en l'air, les yeux rivés sur les vitraux, ne virent pas sur leur chemin, Augustin et le Curé auquels ils se heurtèrent Ces derniers se retournèrent.

    " Oh Verzeihung! Es tut mir leid, che juis désseulé."
    #496Verfasserrb07 Nov. 05, 14:07
    Kommentar
    "Mais vous êtes les policiers allemands dit Augustin. Je vous ai vu à Télé Bretonnante quand vous faisiez la grève de la faim"

    " Nous avons arrêtè la grève "

    " Ah oui. C'est plus agréable de se promener dessus que de la faire, hein ?"

    " Maintenant nous visitons l'église jolie et admirable." répliqua Heinz Heil qui n'avait pas compris le jeu de mots vaseux du curé.

    En entendant sa modeste église qualifiée de jolie et admirable le curé fit un grand sourire.

    "Suivez moi, je vais vous faire la faire visiter."

    La visite terminée le curé leur demanda. "Au fait vous êtes policiers vous connaissez Didier Eronnais ?"

    "Bien sûr c'est notre ami nous avons fraternisé" dit Heinz Heil

    "Vous ne pourriez vous pas lui donner cela dit le curé en lui remettant la cage qui contenait la main d'ombre engoncée dans son gant arachnéen.

    "C'est urgent, tiens je la bénis" ajouta-t-il en faisaint un signe de croix en toute hâte, tant il était pressé de se débarasser de cette main satanique. "J'aurais pu l'apporter moi même, mais je dois m'occuper de mes ouailles." dit-il en montrant Augustin qui n'était pas encore parti et qui attendait adossé à un pilier.
    #497Verfasserrb07 Nov. 05, 14:16
    Kommentar
    Bernd Fasten et Heinz Heil conscients de l'importance de leur mission se mirent illico presto en route vers le commissariat.

    "Alors, Augustin tu veux me dire quelque chose, toi," dit le curé.

    "Oui, voilà je suis amoureux" dit Augustin.

    " C'est qui ?"

    " Je peux pas te le dire, c'est secret et pas encore un péché. Je voulais te demander de m'aider à écrire une lettre, je n'ai pas l'habitude moi, je suis cultivateur, toi tu es cultivé tu as fait le séminaire, étudié la théologie."

    Comme si un curé voué au célibat perpétuel aurait eu des compétences particulières pour rédiger des lettres d'amour !! Mais Augustin avait l'air si sincèrement désemparé que le curé décida de l'aider, le grand cru attendrait encore quelque temps après ce nouveau contretemps. De la bouteille aux lèvres en passant par le verre , le chemin est parfois bien bien long. Mais pas aussi long que la distance séparant Brême de St Plougtrifouillskell espéra-t-il in petto.
    .
    Ils allèrent à la sacristie, le curé prit un bloc notes.
    #498Verfasserrb07 Nov. 05, 14:26
    Kommentar
    "Alors dis moi qu'est ce que tu lui trouves à ta bien aimée ?"

    "Elle aime les vaches. Elle s'est occupée des miennes d'une façon touchante " répondit Augustin.

    "Ah bon dit le curé un peu surpris mais encore?"

    Augustin ne put répondre car son téléphone sonna ou plus exactement meugla : La coopérative agricole où il avait acheté son portable avait enregistré une chorale de vaches qui servait de sonnerie.

    "Allo Augustin c'est Alice"

    " Oui , allo " balbutia Augustin, comme pris en faute.

    "Je te téléphone à cause d'Alphonse, tu sais je crois que c'est la couleur violette qui stimule sa lubricité Le violet, c'est le viagra bovin, un aphrodisiaque puissant. Regarde le violet est apparenté au rouge et le rouge est utilisé par le matador dans les combats de taureaux . Donc ce sont des couleurs auxquelles ils sont sensibles. Tu sais les Suisses n' ont pas pris pour rien la vache violette comme emblème pour leur chocolat au lait crémeux.".

    Augustin était devenu rouge comme une fraise des bois, et comme il ne savait pas quoi répondre il raccrocha. Du cœur aux lèvres le chemin est parfois bien long.
    #499Verfasserrb07 Nov. 05, 14:32
    Kommentar
    C'était-elle "dit-il au curé.

    "Mais pourquoi tu n'as pas parlé avec elle ? "

    "J'ose pas, elle m'intimide, c'est comme si elle m'avait surpris et savait que je voulais écrire une lettre. Je prèfère déposer une rose dans sa boite aux lettres ou sur son pare-brise. "

    "Elle n'a pas le don de télépathie je suppose alors reprenons dit le curé…"


    Bernd Fasten et Heinz Heil entrèrent dans le commissariat sans frapper.
    Une multitude de bulles de savon géantes flottaient dans l'air, elles éclatèrent au passage de Heinz et Bernd.
    #500Verfasserrb07 Nov. 05, 14:44
    Kommentar
    Didier se tenait derrière son bureau surlequel était posée une machine des bulles de savon,

    " Je l'ai confisquée ce matin au Club Mickey , sinon les enfants l'auraient détruite, leur moniteur a disparu. C'est marrant comme engin je trouve." dit Didier.

    " Cher ami, vou êtes mieux dans votre assiette qu'hier " dit Heinz Heil.

    "Bonjour, fous répondit Didier, de toute façon entre nous, entre vous et fou quelle différence ?Je vous ai vu hier ?"

    "Peu importe, la petite vieille vous racontera, nous retrouverons pour elle Helmut Lang " dit Heinz Heil . Il donna la cage avec la main d'ombre à Didier.

    "Euh merci, dit Didier vous savez c'est la main d'ombre d'un de vos compatriotes Lars Rüdiger
    euh attendez je vais vous montre la lettre de chantage que j'ai reçue avec cette main."

    "Voilà ce qui se passe si on ne m’obéit pas: la main d’ombre est l’avant-garde. Je vais avancer avec l’avant-bras et ainsi de suite, sans scrupule ! Encore une fois : si vous ne faites pas ce que je revendique, mon otage d’ombre sera charcutée ! "

    "oh mais il n'y a pas de revendication
    #501Verfasserrb08 Nov. 05, 13:23
    Kommentar
    " Non c'est cela, car la revendication "débusquez les teutons s'est avérée" venait de la petite vieille au visage de pomme ridée, comme vous le savez. Elle n'avait rien à voir avec l'affaire. Mais regardez cette lettre elle ressemble à de la traduction électronique! Les deux autres lettres que j'ai reçues étaient écrites en très mauvais français. Regardez celle ci, je pensais qu'il s'agissait des lettres de la tueuse mais à ce stade de mon enquête je crois que cela ne provient pas la tueuse mais une amie de la victime.

    Chèr ami enmi,
    moi je fais la mort du femme.
    Répondre en Allemagne (!) si voulez savoir plu !
    Votre enmi,
    Copa Cabana’

    " Vous connaissez des Sirènes qui s'appellent Copa Cabana ? "demanda Didier, d’un ton décontracté pour cacher l’incongruité de sa question.

    " Non,chez nous elles s’appellent Martin,et font tatou tata tatou tata «

    « ah elles tatouent les tantes les Martine ? » demanda Didier étonné

    - Mais non TATOU TA TA TATOU TATA fit Heinz en prenant le ton et le rythme approprié
    - Ah vous voulez dire PINPON PIN PINPON PIN répondit Didier, qui venait délarver le quiproquo, moi je ne parlais pas de ces sirènes là mais des sirènes féminines qui vivent dans l’eau .
    #502Verfasserrb08 Nov. 05, 13:26
    Kommentar
    « Ach sooo répondit Heinz Heil, je connais Lorelei"

    " Lorelei ? Elle parle allemand ? demanda Didier,

    "Bien sûr, et elle le chante très bien aussi"

    « Ah donc , peut-être que le «Répondre en Allemagne », hum hum .. Vous savez moi je ne sais même pas quelle langue parlent les Morganes nos sirènes bretonnes.Se peut-il que Lorelei voyage ?"

    "Sûrement, Lorelei est allemande donc elle n'est pas casanière ,elle aime les voyages" dit Heinz Heil.

    Bernd Fasten qui ne comprenait rien à la conversation souriait vaguement, d'un sourire qui ne s'adressait à personne en particulier mais au monde en général. Il démontrait de cette façon son innocuité et ses bonne dispositions envers autrui..

    " Très bien , très bien" dit Didier d'un air songeur, Je me renseignerai sur les mœurs des sirènes auprès des druides. Merci de m'avoir apporté cette main. Main tenant je dois aller au Club Mickey, le moniteur a disparu, j'ai promis d'y jeter un coup d’œil et d’y pousser un coup de gueule pour maintenir l’ordre.
    #503Verfasserrb08 Nov. 05, 13:30
    Kommentar
    Au Club Mickey en l'absence du moniteur, l'anarchie régnait avec une dureté digne d'un dictateur . Des petits pleuraient car de plus grands s'étaient emparés de leurs seaux et moules à sables. Les châteaux de sable n'étaient plus que de vulgaires tas de sables. Des enfants se lançaient mutuellement des poignées de sable dans les yeux, d’autres se tiraient les cheveux. Personne n'attendait son tour pour les balançoires , chacun essayait de virer celui qui se trouvait dessus. Des enfants grimpaient sur le toboggan au lieu d'y descendre. Le tourniquet était déjà cassé, le trempoline gisait sur le côté.

    "Bande de petits sauvages" s'exclama Didier." Fossoyeurs de la civilisation, agents de la décivilisation , où sont vos parent ?" Heureusement il aperçut Yann-Loïc, qui se dorait la pilule sur la plage.

    "Yann-Loic, viens je te nomme moniteur suppléant, donc occupe toi de cette bande de sauvages, moi j'ai affaire " dit Didier . Il remonta dans sa voiture et se mit en marche vers le Repaire des Brigands, pour tenter d’ entrer en contact avec un druide.
    #504Verfasserrb08 Nov. 05, 13:37
    Kommentar
    Au repaire des Brigands des ballons gonflables bleus et mauves étaient accrochés tout autour de la porte principale . Ils tranchaient singulièrement sur l'aspect rébarbatif du lieu.

    - "Bienvenue Ewen" annonçait une banderole qui s'étalait le long de la façade .

    - Votre copain s’est remis de sa chute intellectuelle.à ce que je vois ! dit Didier

    -Oui , il rentre aujourd'hui il était dans une chambre de décompression , comme tu sais malheureusement maintenant il a la grosse tête, je veux dire littéralement tu vois, il est hydrocéphale , il est resté un peu trop longtemps dans cette satanée chambre. C'est pour cela qu'on lui a fait un accueil cucul à l'américaine tu sais, pour satisfaire son égo hypertrophié. À part cela tu as besoin de corinne ?

    - Non même pas, je suis là car je voudrais voir un druide

    Le visage du contra se ferma.

    - Officiellement il n'y a pas plus de druides dit –il rapidement

    - Mais j'en ai besoin tu vois c'est à propos d'une sirène que l'on a assassinée

    Au mot sirène le contra roula des yeux

    - Mais il y en n' a pas officiellement
    #505Verfasserrb21 Nov. 05, 13:17
    Kommentar
    - Oui officiellement il n'y a ni druides ni sirène mais S'IL TE PLAÎT, OFFICIEUSEMENT demanda Didier

    - Attends, dit le contra et il disparut dans le bouge

    Il en revint cinq minutes après .

    - OK dit-il parce que c'est toi. On te bandera les yeux, ne tente pas de t'en défaire, sinon tu ne verras pas de druide du tout.

    Didier, à l'arrière du véhicule tout terrain, fut aveugle tout le long du trajet. Il sentit que la voiture roulait sur des chemins cahoteux. Environ une heure après , on le fit descendre de voiture et quelqu'un lui retira son bandeau . Didier avait imaginé un druide sous la forme d'un vieux sage à la chevelure d'un blanc aussi immaculé que la toge dont il était vêtu. Dans sa représentation, cette blancheur idéale flottait forcément au gré et à l'unisson du vent, en harmonie avec le souffle cosmique.
    C'est pourquoi il fut étonné de se trouver face à une femme d'âge moyen, aux cheveux longs, habillée comme un bûcheron canadien. Une serpette en or dont le manche était coincé sous la ceinture de son jean brillait sur sa hanche .
    Instinctivement, il regarda autour de lui, fuyant le regard de la druide. Il voulait ainsi dissiper chez elle l'impression regrettable laissée par la surprise qu'il avait trop clairement manifestée. Il se trouvait au milieu d' une clairière ensoleillée fermée comme une pièce par quatre murs d'arbres à la frondaison vert-sombre.

    Un chaudron au contenu indéfini pendait au dessus d'un feu éteint. Non loin du foyer il aperçut un mégalithe.
    #506Verfasserrb21 Nov. 05, 13:21
    Kommentar
    La druide répondit à son interrogation muette.

    - Les mégalithes sont placés à des points névralgiques du réseau tellurique

    - J'ai voulu vous rencontrer ô druide se contenta-t'il de répondre d'une voix humble.

    Et sans autre transition il raconta son histoire de meurtre et de sirène

    - Oublie Dahut , la sirène morte est très certainement une morgane. Les Morganes ne parlent malheureusement aucun langage humain, seulement le sirènique.c'est pourquoi la sirène est restée muette à l'île des Cormorans.

    - Vous connaissez le sirènique ?

    - Les druides sont les seuls humains à pouvoir communiquer avec les sirènes.

    -
    - Et que pensez vous de Lorelei ? Quelle langue parle-t-elle ?

    - Lorelei est apparentée aux Morganes depuis longtemps déjà. Il se peut vraiment qu'elle soit en visite, elle est venue plusieurs fois déjà, elle maîtrise contrairement aux Morganes le langage humain, l'allemand principalement et un petit peu de français.
    #507Verfasserrb21 Nov. 05, 13:26
    Kommentar
    - Depuis longtemps ? Depuis sa naissance au moins ! Vous croyez que le Lorelei est venue ?

    - Elle vient régulièrement visiter ses cousines les Morgane, seulement elle ne passe pas ses nuits dans leur royaume marin, car pour ses nuits elle a besoin d'eau douce

    - De l'eau douce ? Nous n'avons ni lac ni rivière à St Plougtrifouillskell

    - Tu oublies le réservoir d'eau douce , c'est un lac artificiel et souterrain. À mon avis tu la rencontreras là.

    - Meric, j'y jeterai un coup d'œil

    - Ne la brusque surtout pas.

    Les deux contras qui accompagnaient Didier lui remirent un bandeau sur les yeux et le laissèrent seul à l'arrière du véhicule, la tête bourdonnante d'espoirs insensés et d'interrogations diffuses.
    #508Verfasserrb21 Nov. 05, 13:27
    Kommentar
    Pendant ce temps, sur la promenade de St Plougtrifouillskell-les-Goellans-sur-Mer, le couple formé par la pythie et Lars Rüdiger roucoulait sans vergogne.

    La peau de la pythie rappelait de par sa carnation la terre cuite. Mais si la teinte était dans les deux cas identique, le mode de cuisson de la pythie et des poteries différait cependant: la pythie utilisait quant à elle un solarium-turbo en guise de four.

    Elle marchait main dans la main avec Lars Rüdiger. Le poils postiches que celui-ci avait coutume de se coller sur la poitrine pour se donner un air plus viril manquaient par endroit, figurant des archipels de peau lisse et blanche au milieu d'un océan poilu. Cette bizarrerie esthétique ne dérangeait pas la pythie que le discours chanté et enchanteur de Lars impressionnait visiblement. Elle aimait la grandeur, les envolées la démesure.
    #509Verfasserrb21 Nov. 05, 13:30
    Kommentar
    "Je dois aller voir le Maire Keramanac'h " sussura-t-elle, " C'est la raison de ma présence ici, , mon chef, le patron de Death Care m'envoie. Et c'est toi que je te rencontre ici ! Qui l'aurait cru ? Notre rencontre devait se faire, toi mon barde délicieux, seul survivant du naufrage culturel, mon chantre de la littérature universelle, ah cher funambule qui évolue sur la corde raide de l'absolu."

    De son côté Lars Rüdiger était ébloui par la Pythie qu’il appelait "muse mon amour". Elle occupait complètement son champ visuel et représentait à elle seule l'horizon si bien qu'il n'avait pas remarqué qu'il était toujours à St Plougtrifouillskell .

    " Oui allons à la Mairie de ce ciel littéraire pour fêter l'union symbiotique du poète et de sa muse."

    En fait les deux s'éblouissaient mutuellement et chacun par un phénomène d'imitation en miroir rutilait du reflet éclatant que l'autre lui renvoyait. Ces deux là s'aveuglaient mutuellement.

    À la Mairie ils se cassèrent le nez contre une porte close. "Le maire est parti chez un sculpteur, pour commander un monument à la gloire du village" furent-ils renseignés par une voisine qui rentrait juste de faire ses courses.
    #510Verfasserrb21 Nov. 05, 13:31
    Kommentar
    Keramanac'h s'entrenait avec le sculpteur

    - Je veux une œuvre qui soit une allégorie de ma puissance répétait-il pour la troisième fois..

    - Le sculpteur instille sa pensée à la matière, et cette pensée peut traduire la puissance. Le réel , vous voyez, c'est aussi le monde minéral dont la dureté s'oppose à la tendresse de la chair et la pensée humaine, mais ce réel laisse un résidu insécable, inexplicable qui est la poésie.

    - Comment faites vous pour sculpter ?

    - - Rien de plus simple je prends un bloc de pierre et j'élimine peu à peu de la matière. En fait sculpter c'est mettre sa pensée dans sa main.

    - Et vous feriez un buste de moi ?

    Le sculpteur examina Keramanac'h, d'un air critique et fit la moue

    - Oh vous savez, ce serait relativement simple, traits brutaux et grossiers, ce ne devrait pas être trop de travail, pas beaucoup de matière à éliminer, peu de fignolage.

    - En vérité; vous pouvez oublier le buste, dit Keramanac’h d’une voix chagriné, en démocratie c'est malheureusement perçu comme un culte de la personnalité ces bustes à la gloire des régnants. Je me rabatterai en attendant un changement de régime, et faute de mieux sur un goeland qui arrache en vol un poisson aux flots tumultueux. J'ai apporté des esquisses .
    #511Verfasserrb21 Nov. 05, 13:39
    Kommentar
    - C'est la force et la détermination que vous voulez ainsi symboliser. Je ferai chanter à la pierre ce poème, ma pierre suintera la force et la vitgueur je vous le promets.

    - C'est bien et sur cette pierre je batirai mon royaume dit Keramanac'h en plagiant inconsciemment l'évangile ."Mais pas de lignes épurés de l'abstrait ce n'est pas mon truc, je veux un goeland bien reconnaissable "ajouta-t-il légèrement inquiet

    - Ne vous en faites pas , mes sculptures annulent les tensions et les conflits que l'existence s'acharne et s'obstine à maintenir, elles n'oublient pas ces tensions bien sûr mais les conflits reposent dans le lit calme de l'être. Parfois même c'est de l'utopie figée.
    #512Verfasserrb21 Nov. 05, 13:40
    Kommentar
    Alors que Keramanac'h parlait longuement au sculpteur, ne se doutant pas que la pythie l'attendait en compagnie de Lars devant la mairie, Didier était sur le chemin de retour, avec un bandeau . Son bandeau lui fût ôté seulement à l'entrée du village. Il eut le temps d'apercevoir la Pyhtie et Lars alors que la voiture passait devant la Mairie. Les deux contras le déposèrent au commissariat , au moment même où les Ravel y garèrent leur pick-up chargé à craquer d'objets hétéroclites parmi lesquels on pouvait reconnaître quelques ruches.

    Didier les salua de loin . Les Ravel s'approchèrent.

    On vient pour le programme de témoins capitaux dirent-ils.

    - Quoi ?

    - coua coua vous êtes une grenouille ? demanda Bette Ravel

    - Entrez, dit Didier en réprimant un soupir

    Julien Ravel avait grossi d'une façon spectaculaire. Comment cela était-il possible en si peu de temps ? Didier lui en fit la remarque.

    - Ah mais c'est qu'il est bourré dit Bette Ravel répondant comme d'habitude à la place de son mari.
    #513Verfasserrb21 Nov. 05, 13:45
    Kommentar
    - Bourré ? demanda Didier, incrédule devant cet aveu. En plus il vient de conduire.

    - Pas bourré comme vous le pensez répliqua Julien Ravel . Je suis plutôt rembourré que bourré ?

    - Rembourré , c'est ce qu'on dit quand on prend sa deuxìeme cuite ? articula Didier avec peine.

    - Mais qu'est-ce-que vous êtes dur à la comprenette, vous alors ! interrompit Bette Ravel avec impatience. Il est bourré je vous le dit.

    Julien Ravel souleva d'un geste ample sa veste.

    En dessous il portait de petis sacs matelassés en coton blanc

    - Qu'est cela ?

    - Ils portent des vers à soie sur soi dit Bette Ravel
    #514Verfasserrb21 Nov. 05, 13:46
    Kommentar
    - Enfin des œufs de vers à soie précisa Julien Ravel, je me lance dans l'élevage du ver à soie, ce sera à la clef de mon succès futur

    - Futur ? répéta Didier stupidement


    - Oui puisqu'on doit tout quitter , on vient pour le programme réservé aux témoin capitaux. on a témoigné contre Gueaude-Michel Raphall, on a pris de très grands risques.

    - Et si je les porte sur moi c’est parce qu’ainsi ils sont à une temperature idéale pour éclore.Cela dure une dizaine de jours
    Après ils deviennent des vers on les mets sur des claies et on les nourrit de feuilles de murier qui filent leur cocon et ensuite on doit étouffer les chrysalide pour qu'elle ne deviennent pas des papillons, car elles perceraient leur cocon et on ne pourrait alors plus les filer.
    #515Verfasserrb21 Nov. 05, 13:49
    Kommentar
    Tout en parlant Julien Ravel avait ouvert une petite boîte métallique .Il en retira une sorte de feuille dorée qu’il mit dans sa bouche

    - Vous voulez des pétales d’ail frits aux cinq épices ? proposa-t-il en lui tendant la boite C’est bon vous savez, j'en mange toute la journée

    - Non, non

    - Bon bon dit Didier en se raclant la gorge pour se donne une contenance et du temps pour réfléchir. Comment se débarasser de ces fâcheux qui réclamaient leur dû.

    - Oui où allons nous ? demanda Bette Ravel

    - Ben dans la capitale dit Didier

    - Dans la capitale oui?

    - Oui qu'est ce que vous croyez ? Pourquoi dit-on témoin capital? C'est parce qu'il vit dans la capitale voilà tout

    - Oui la capitale, la ville prinicpale, là où s'agglutine la bête humaine pardon je voulais dire la machine humaine, la bête humaine c'est dépassé c'était du temps de Zola.

    - Mais il y a peu de fermes dans la capitale où ferais-je pousser mes légumes à Paris ? Non, non je préfère m’offrir au courroux de dix Gueaude-Michel Raphall plutôt que d’aller vivre à Paris.Autant être décapité que de vivre sans capital dans la capitale

    -Allez viens Bebette, on retourne à la maison dit Julien Ravel à sa femme
    #516Verfasserrb21 Nov. 05, 13:53
    Kommentar
    Dieser Faden ist doch schon ein halber Roman, oder war das Absicht?
    #517Verfassermate de funny22 Nov. 05, 11:58
    Kommentar
    Est-ce que je dois écrire moi même la suite ?
    #518Verfasserrb12 Dez. 05, 11:14
    Kommentar
    Sa femme lui remercie.
    #519VerfasserBronko12 Dez. 05, 11:31
    Kommentar
    Je vois que c'est ce qu'il me reste à faire.
    #520Verfasserrb12 Dez. 05, 12:26
    Kommentar
    désolé de vous faire attendre. je vais contribuer le plus tôt possible (après Noël). joyeuse fête à tous !
    #521Verfasserbu16 Dez. 05, 17:42
    Kommentar
    c'est sympa, j'ai commencé à écrire la suite, croyant à la défection du coauteur.
    #522Verfasserrb19 Dez. 05, 10:01
    Kommentar
    d'accord, avertis-moi quand c'est mon tour
    #523Verfasserbu20 Dez. 05, 11:57
    Kommentar
    On y go ! C'est ton tour. Je trouve que c'est plus équilibré quand on alterne.
    #524Verfasserrb20 Dez. 05, 12:54
    Kommentar
    Ne parlant que par apophtegmes, il esquivait, se faufilait et se jouait de ces acerbes critiques qui visaient à l'ébranner. D'un revers de manche il essuya son front suintant. Ses tempes d'où des gouttes perlaient, laissaient deviner son degré de nervosité. Dans un enième effort il tenta vainement de se redonner une contenance, et ne parvînt, à son grand déssaroi, qu'à feindre l'assurance qui jadis l'avait élevé au rang de plus grand orateur de son peuple. Il se rappelait cette époque, la regrettait, et du haut de ses 21 ans contemplait cette foule, prête à le honnir. Cette foule qui l'avait tant aimé, ce peule en qui il avait mis sa confiance. A ce moment, on avait fait table rase du passé. Il était là parce qu'il avait outrepassé ses droits, failli à son devoir. Tout homme doit répondre de ses actes et porter le fardeau de la responsabilité, aussi lourd et incommode fût-il...

    Il se surprit à penser à son enfance, il ressassait ces bribes de souvenirs, les mettait bout à bout. Tout défilait très vite, ses yeux s'emplirent de larmes, ses oreilles bourdonnaient, la mâchoire crispée, la bouche imprégnée d'un goût métallique, il se rendit à l'évidence. Il allait devoir payer, et s'interrogea:

    "Pourquoi Diable ai-je voulu aider ce Panda?!"

    L'erreur est humaine, la règle ne souffre aucune exception. :-)
    #525VerfasserMohamed22 Dez. 05, 04:12
    Kommentar
    « Mais il y a peu de fermes dans la capitale où ferais-je pousser mes légumes à Paris ? Non, non je préfère m’offrir au courroux de dix Gueaude-Michel Raphall plutôt que d’aller vivre à Paris. Autant être décapité que de vivre sans capital dans la capitale ! »

    « Allez viens Bebette, on retourne à la maison… » dit Julien Ravel à sa femme.


    Didier Eronnais s’était affalé sur sa chaise en bidonnant. Il se dit : « Quels capitans ! C’est capiteux comme ils se comportent, ces témoins capitaux ! » Il guillemeta l’expression et ajou-ta : « J’ai failli capituler devant eux… haha… quelle idiotie étymologique ! Et… ils se sont faits blouser… »

    Eronnais ne pouvait presque pas se reposer, la naïveté des Ravel le déconcentrait. « Et à pro-pos d’étymologie : bête comme chou, la provenance de cette expression est clair comme de l'eau de roche ! »

    Il avait prévu de faire un plan comment dépister et questionner Lorelei. Mais comme ça : im-possible ! Pour se changer les idées il sortit son sachet et poudra le côté intérieur de son tarin. L’effet arriva comme d'habitude, Eronnais éprouvait une sensation de suractivité ce qui lui semblait un peu hors de propos :

    « Shit ! » dit-il « c’est pas ce que je voulais, seulement oublier les Ravel, oui, c’est tout ! Pas à outrance comme ça ! Mais travailler ainsi ? Comme ça je ne peux non plus… »

    Il mit le premier disque de Clichard Spayderman, un œuvre instrumental, fait en dilettante, ennuyeux, banal et absolument soporifique. Cinq minutes à l'écoute et on devait revenir et entrer dans le havre de la passivité et de l’immobilisme. Eronnais laissa passer le moment juste et devint complètement claqué. Il mit les doigts de pied en éventail et se regardait dans le miroir. Epuisé lui et son reflet s'entradmiraient, ils s’endormirent.

    Entra le Panda, déconfit. « Quoi alors ? Le chef dort pendant le travail ? » Il découvrit la co-co : « ça c’est bizarre, aujourd’hui on frelate la coco avec du somnifère ? C’est abject, illicite et délictuel… »
    #526Verfasserbu03 Jan. 06, 15:12
    Kommentar
    Il réfléchit, apparemment sa vie était en contradiction : « Maintenant je dénonce ceux qui frelatent des drogues et je ne me suis pas encore rendu compte de que je fais quelque chose absolument illégal ! Je travail pour la police et je suis un criminel, un toxicomane ? C’est un drôle d’état qui emploie des gens comme moi… pfft… je crois je suis en train de perdre toute confiance en cette nation ! »

    Avec une geste méprisante de la main il saisit le sachet et lança une bourrasque de neige nasale. Stimulé par la poudre, soulagé d’avoir réchappé la dépression, un entrain s’empara de lui. Il donna un petit coup à son chef qui leva les yeux.

    « Quoi ? Toi ? T’es là ? »

    « Eh bien sûr tu peux dire ça ! »

    « Mais, je pensais que tu déambules en repétant que la vie, ça schlingue, comme un prédicateur itinérant ! »

    « Ha, celui-ci me plait ! Mais moi ? Non, tu vois… »

    « Mais Nolwe… »

    « Turlututu chapeau pointu ! Ou oses-tu dire que je fais du cafard ? »

    « Non, je n’ose pas… au contraire… »

    « Et bien, voilà moi… Donc, allons ! »

    Eronnais se frotta les yeux puis demanda : « Où veux-tu aller ? »

    « Aller appréhender le ou la coupable… »

    « Le ou la… c’est vraiment des recherches soigneuses que tu viens de faire, bravo ! »

    « Et bon, mais moi, contrairement à toi, je ne suis pas pantouflard… »
    #527Verfasserbu03 Jan. 06, 15:13
    Kommentar
    « C’est ce maudit antidote Spayderman, j’en ai enlevé trop… » bâilla Eronnais et s’étira. Après jeter le CD il se tourna et regardait son ami :

    « Qu’est-ce qui s’est passé avec toi, Panda ? »

    « N’en parlons pas, c’est passé… »

    « Panda ! »

    « Non, écoute Didier, c’est bien, une toute petite crise, tu comprends, ce monde, il m’a donné le cafard, la vie est si… »

    « Je sais, la fatigue, elle s’est installée… moi aussi, je souhaiterais l’insignifiance provinciale à laquelle je me suis si bien habitué… »

    « Non, c’est même pas ça… »

    « Mais oui, bien sûr ! »

    « Non, pas avec moi ! C’est à cause d’une femme… »

    « Ahhh… » dit Eronnais qui devint tout à fait éveillé à un tel sujet « et, comment s’appelle-t-elle cette favorite, Mme Chanceuse ? »

    « Tu n’arrives pas à me faire tourner en bourrique, Didier, elle s’appelle Mme Perroquette… »

    « La Mme Perroquette… ancien amour épanouit ! »

    « Mme Perroquette… ma chérie, oui… »

    M Panda se tût.

    « Mais quoi alors ? Panda… »

    Celui-ci ne répondit pas.

    « Panda ! Allô, Panda… elle est la cause de ta souffrance, hein ? »

    « Didier, je crains qu’elle ne soit morte. Je lui ai parlé au téléphone quand tu parlais avec le chef d’escale… »

    « Gairbus Volovent ? »

    « Oui, elle restait dans l'ombre, mais je lui ai parlé et lui ai dit comment voler à St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Merde, maudit village là… »
    #528Verfasserbu03 Jan. 06, 15:14
    Kommentar

    « Et bon, qu’est-ce que tu veux dire ? »

    « Qu’elle n’est pas arrivée ! »

    « Peut-être elle s’est égarée… »

    « Non, à l’école son surnom était boussole, jamais de la vie elle s’égarerait ! »

    « Et bon, mais quoi d’autre ? »

    « La grippe aviaire ? »

    « Galimatias ! Elle ne serait actuelle qu’en automne de l’année prochaine… »

    « Mais en Asie, elle sévit… »

    « Oui, en Asie, mais on est en France, c’est pas l’Asie ! »

    « L’Asie n’est pas si loin, tu verras ! »

    « Quoi qu’il en soit… Allons dîner, la nuit tombe… la brioche grommelle… j’ai une envie folle de la volaille, du canard laqué de Pékin par exemple… »

    « Très drôle… »

    « Désolé ! Calembour ! »

    « Oui, vraiment… »

    « Le « Naon Am Bez Bemnoz » ne sert pas la boustifaille chinoise… »

    « Heureusement ! La coco me donne de la faim… »

    « Mais oui bien sûr, Panda… vas-y, on y go ! »
    #529Verfasserbu03 Jan. 06, 15:15
    Kommentar
    je n'ai pas encore fini ma contrib... je dirai quand ça serai le cas.
    #530Verfasserbu03 Jan. 06, 15:21
    Kommentar
    En sortant du commissariat les deux collisionnèrent avec Xuyna-Jue, le poète chinois et étu-diant étranger, qui voulait porter plainte contre le maire chez la police. Excité il parlait d’une affaire crasse et gesticulait sous l'emprise de la colère.

    « Calmez-vous Monsieur ! » dit Eronnais « calmez-vous ! Qu’est-ce qui se passe ? »

    Xuyna-Jue ne se détendait pas. L’émoi lui fit balbutier :

    « C’est eff… c’est eff… eff… »

    « Quoi ? »

    Le poète chinois gesticulait comme fou. Didier fut rappelé à l’incident avec les abeilles paramili-taires de la sous-lieutenante Ravel et pensa que l’autre cherchait à tuer des abeilles imaginai-res avec une tapette imaginaire pendant que M Panda, le fan du film à noir et blanc, aperçut King Kong s’accrocher à un gratte-ciel en tentant de se débarrasser des hélicoptères agaçants. Le policier et son aide se regardèrent baba.

    « C’est a’a… c’est effa… effa… ala… »

    « Ala ? Ana ? Ara ? »

    « Oui »

    « Un ara, et bien ? » demanda Eronnais.

    « eff… effalant… c’est choqu… choquant ! »

    Là M Panda dressa l'oreille. Eronnais voulait savoir :

    « Mais, allons, Monsieur. Qu’est-ce qui s’ passe ? »

    « Choqu… choquant ! »

    « Résumons : Les aras vous choquent, vous ennuient, c’est juste ? » demanda Eronnais.

    « Ouï… »
    #531Verfasserbu05 Jan. 06, 16:25
    Kommentar
    M Panda commença à voir rouge, il ne supportait aucune discrimination, le moins la discrimina-tion aviaire. Eronnais constatait l’aurore de la colère de Panda et lui dit d’aller contrôler la boîte postale. Panda s’en alla.

    « C’est in… ouï, inouï ! »

    « Ça alors ! Ça alors ! Egalement les inuit ? » haleta le policier visiblement excité « et vous, vous êtes venu nous aider défendre la patrie, hein ? Contre les perroquets d'Amérique du Sud et les esquimaux ? Attention, mon ami occidental, vous n’êtes pas chez vous. Si là-bas vous faites le xénophobe, je m’en fous, mais à St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer je ne l’accepte pas du tout ! »

    Xuyna-Jue, compris de travers, se révolta contre les problèmes bilingues. Eronnais voyait que manifestement il devait y avoir un malentendu, il héla M Panda qu’il pria de s’en occuper :

    « Panda, parle avec lui, toi, t’es d’origine chinoise, non ? T’es un ours panda, il est ton compa-triote… » dit Eronnais affaibli et ajouta : « et dis-lui que Feng Shui est une invention de merde… »

    Panda n’avait aucune idée pourquoi c’était sa tâche de parler avec Xuyna-Jue, car son identité d’ours Panda il la devait à la chirurgie plastique et pas au destin, mais bon :

    « Monsieur, veuillez s.v.p. nous dire pourquoi vous êtes si déchaîné ? »

    Xuyna-Jue s’était un peu reposé. Il parlait assez normalement, mise à part sa prononciation farfelue :

    « L’affiche ! Samedi, l’affiche, l’élection de l’idiot du village ! »

    « En bien, quoi alors ? »

    « On ne peut pas tlaitel les débiles ainsi ! »

    « Je ne comprends pas ! » interjeta Eronnais ayant remarqué que maintenant on pouvait discu-ter avec le chinois.

    « C’est du halcèlement sexuel ! »

    « ??? » firent Eronnais et Panda en chœur.

    Xuyna-Jue sortit et déplia l’affiche et se mit à lire :

    « Allêté Municipal, L'élection… »

    Ce moment-là la voiture d’Edern Keramanac'h les frôla.
    #532Verfasserbu05 Jan. 06, 16:25
    Kommentar
    Xuyna-Jue exclama : « Là, le pelvels ! Si la police ne plotège pas les idiots contle les abus sexuels et en outle publics et donc collectifs, quelle honte. Vous faites la pleuve de votle incapacité, Messieuls ! »

    Il s'inclina et courut après la voiture du maire.

    « Ouff, on s'en est tiré à bon compte ! » constata Panda.

    « Par chance ! C’est clair, il n’aurait pas cessé de nous asticoter… mais qu’est-ce qu’il a voulu dire ? »

    « Il a voulu qu’on va allêtel Monsieul le Maile… » répondit Panda en singeant la mélopée chinoise.

    « Ha, c’est ça, le chinois il parle presque comme Baba, « le pi’ate nèg’e », et il a parlé de l’élection de l’idiot du village, peut-être il y a un rapport entre son défaut de prononciation et son indignation… Mais, surtout il faut avertir le maire, ce chinois taré, il va faire Hong Sharou de Keramanac’h… »

    Eronnais sortit son portable et fit le numéro du maire : « Occupé, merde ! »

    « Ne t’inquiètes pas, le maire est assez indestructible… »

    « Oui, mais je viens de manquer le coche de lui donner un p.-v., il a téléphoné en conduisant sans kit main libre… »
    #533Verfasserbu05 Jan. 06, 16:26
    Kommentar
    Et vraiment, Edern Keramanac'h, bien sûr trop vite pour le poète chinois et donc hors de danger, était en train de téléphoner avec Klask Penn. Il avait eu l’intention d’aller le voir mais ne l’avait pas rencontré. Au téléphone ils s’accordèrent de se rencontrer le lendemain matin au studio 1 de Télé Bretonnante pour discuter comment mettre en scène l’élection de l’idiot. « La télé doit conserver et émettre ma gloire ! » pensa-t-il en garant sa voiture.

    A la maison il réchauffait une pizza surgelée et s’assit à la table de cuisine.

    « La télé, elle est un moyen idéal dont il faut se servir. Les gens qui regardent la télé, ils sont paresseux donc réticents à penser et partant easily corruptibles… » se dit-il, émaillant la phrase d’un mot anglais comme toujours quand il voulait impressionner quelque naïf idiot. Cette fois, bêtement, personne sauf lui-même n’y était à adresser. Il finit son dîner, se déshabilla et se coucha. Après éteindre la lampe il aperçut des pas.

    « Qui est-ce ? »

    « Moi, c’est-à-dire toi ! » fit une voix féminine et bien avide.

    « Quoi moi toi ? Comment avez-vous entré dans ma maison ? Sortez, vite, sinon je vais téléphoner la police ! »

    « Non, arrête, mon as, écoute-moi ! »

    Avant de pouvoir allumer la lampe il fut attouché par cette dame mystérieuse qui en vérité était son autosatisfaction qui s’approchait en murmurant des mots ensorcelants. Elle embrassa Keramanac’h qui éprouvait une sensation de confirmation inconnue. Il caressait son adorée - quel reflet, rereflet et rerereflet ! Quel dédale de miroirs !
    #534Verfasserbu05 Jan. 06, 16:27
    Kommentar
    Sombre nuit, aveugles ténèbres.
    Avaient pris racine
    Deux assez drôles de zèbre :
    Un jobard et une bécassine
    Devant la mairie de la ville.
    Qui écoutait, y entendait du babil.

    S’était ouverte la valise
    Par suite d’un seul fort gnon.
    Et après rigoureuse analyse
    Ils constatèrent : c’est du pognon.
    Drôle comme toujours c’est les cons
    Qui, sans s’en occuper, sont en fonds.
    #535Verfasserbu05 Jan. 06, 16:27
    Kommentar
    Jeudi matin, devant le studio de télévision Keramanac’h passait en revue ce qu’il s’était imagi-né.

    Il sonna à la porte. Personne n’ouvrit. Il regardait autour de soi, ouvrit la porte et entra dans le studio. L’obscurité artificielle des édifices industriels où la lumière du jour ne jouait aucun rôle, où l’utilité faisait oublier les fenêtres, lui réceptionna. Il aurait été content de la compagnie de Yann-Ber Kerosen et Gwyon Kerinvel, ce moment-là. Il avait parti sans eux comme il ne s’agissait pas d’une excursion pugilistique, mais quasi intellectuelle. Donc ils étaient inutiles. Ses pas résonnaient, Keramanac’h s’adressa à une personne potentielle en appelant. Personne ne répondit. Il avança et arriva à une porte. Une inscription lumineuse annonçait « studio 1 ».

    « Eh bien, j’y suis… »

    Il frappa. Frappa et entra. Personne ! Keramanac’h s’assit. Cinq minutes d’attente. Il se leva et se mit à faire les cent pas. Un quart d'heure plus tard Keramanac’h en avait marre et s’assit au pupitre de mélange. Tous ces boutons !

    « Ahh, tous ces boutons ! »

    Comme tous les névrosés de contrôle le Maire Keramanac’h ne savait pas les résister.

    « Cet appareil, c’est donc une image très symbolique pour mon génie politique… »

    Il poussa un bouton, les huit écrans s’allumèrent, des boutons commencèrent à éclairer. Sur chaque écran apparut l’invitation suivante : « Choisissez source d’image ! ».
    #536Verfasserbu05 Jan. 06, 16:28
    Kommentar
    Keramanac’h poussa le bouton un, il avait lancé l’enregistrement de la grève de faim, puis poussa bouton numéro deux : un reportage sur les vaches lilas. Bouton numéro trois pareille-ment chiatique – quelque chose de local insignifiant ! Les émissions qui se présentèrent après que les boutons quatre à sept furent poussés ne se distinguaient pas du tout des autres. En appuyant sur bouton numéro huit par contre il entendait le halètement d’apparemment deux personnes. Avant que l’image s’eût faite claire, Keramanac’h se dit : « Hors d’heure d'ouverture on y enregistre des films de cul, certainement illégalement, bon, ça sera un bon salaire d'ap-point ! À voir si je connais l’acteur et l’actrice, hihi… »

    La schadenfreude du Maire ne durait pas longtemps, sa vie fit un tonneau total : sans être averti il réalisa que c’était un film gay. Bon, pour un réac c’est assez dégueulatoire. Mais le pire pour Keramanac’h c’était qu’un des deux cabotins - en rôle de Juliette - était Gwyon Kerinvel, son adjoint, pardon ex-adjoint dans les circonstances présentes. Son partenaire, en rôle de Roméo, était Klask Penn. La pièce de Shakespeare était mise en scène peu conventionnelle-ment, les deux amoureux flirtaient l’un avec l’autre mais pas du tout avec la mort selon script : ils ne se bornaient pas à mourir sur le balcon gentiment et modestement comme il convient, empoisonné et poignardé, non.

    Répugné Keramanac’h se dégrouilla, s’en alla, disgraciant et destituant son adjoint mentale-ment. Après le premier choc il se ressaisit et s’assit sur un banc.

    « On est dégourdi, à coup sûr, sinon on n’avait pas atteint une position si influente ! » se dit fièrement Keramanac’h et gambergeait comment faire valoir la nouvelle connaissance : « Penn Marc’h, voilà ! Il va me faire un service pour cette nouvelle… c’est idéal. Son numéro, son numéro… ah voilà ! »
    #537Verfasserbu05 Jan. 06, 16:28
    Kommentar

    Il fit le numéro de Penn Marc’h et jaillit avant que l’autre pût répondre :

    « J’ai une nouvelle pour toi… »

    « C’est qui ? »

    « Moi, Keramanac'h, écoute… »

    « Oui ? »

    « J’ai une nouvelle, Penn… »

    « Dis-la-moi ! »

    « P’tit à p’tit ! On pourrait s'entraider… »

    « Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? »

    Keramanac’h expliquait. Penn Marc’h, par nature curieux, était d’accord et apprit que son concurrent, Klask Penn était homosexuel – il va de soi que Keramanac’h l’avait étiqueté d'une autre manière qu’en utilisant cette expression neutre. Egalement il va de soi que Penn Marc’h avait l’intention de saisir l’occasion. Il s’érigeait en matador en pensant au « taurillon Klask Penn » :

    « Formidable, en Bretagne, la homosexualité, c’est son entrave professionnelle, ah, merci, subtilement je vais faire campagne contre lui… »

    « Oui, fais-le, fais-le mais n’oublie pas dont on a convenu ! »

    « Non, pas d’ problème, à bientôt… et merci… »

    « Salut… »

    Keramanac’h se frotta les mains : « Formidable… »
    #538Verfasserbu05 Jan. 06, 16:29
    Kommentar
    j'ai terminé ma contribu...
    #539Verfasserbu05 Jan. 06, 16:30
    Kommentar
    Alors qu'à l'écran les accords du Roméo et Juliette de Prokofiev atteignaient en même temps que les acteurs un point culminant, Keramanac'h dégoûté éteignit le porno.

    Habituellement, Keramanac'h, voyeur à tendance sadique ne crachait pas sur les films pornos (ou alors de manière inoffensive, exclusivement d'en bas).Seulement, il avait en la matière des critères artistiques restrictifs; et n'admettait qu'une variation autour d'un thème unique qui incluait nécessairement un protagoniste masculin drogué aux testostérones évoluant au milieu de femmes à la chair déshumanisée et la nudité soumise.

    Malgré son dégoût, il se sentait d'humeur guillerette à l'idée de faire souffrir Kérinvel d'une part et à celle de savoir Klask Penn à sa merci d'autre part. Qui plus est, Penn Marc'h le directeur de l'Ouest-Éclair lui serait redevable, tant il était avide de nuire à Klask Penn, concurrent importun sur le marché du scoop breton. Il lui avait donné sa promesse…

    « Posséder des moyens de contrôle et de pression sur les médias est un atout indispensable à tout gladiateur se mouvant dans l'arène politique » décida-t-il à mi-voix.

    « Quel fin stratège que je suis, plus machiavélique que toi tu meurs, c'est finalement ce qui distingue les hommes politiques hors pair comme moi. Il faut savoir transformer les coups de pouce du destin en coups de pied au cul à certains et surtout tenir des informations sous le coude pour pouvoir jouer des coudes. »
    #540Verfasserrb13 Jan. 06, 10:52
    Kommentar
    « Qui sait ? Un destin national m'attend… » Il réfléchit: « Oui, je pourrais bien devenir un nouveau Jean-Marie si je n'oublie pas d'exécuter des ronds de jambes auprès de certaines personnes pour leur faire, le temps venu, des crocs-en-jambe. Ah, ah quelle chance que je ne risque pas d'oublier les crocs-en-jambes puisque ce genre d'attitudes correspond tout à fait à mon naturel. » dit-il, en se vautrant avec des petits grognements porcins dans la fange de l'autosatisfaction qui n'avait cette fois ci, contrairement à la nuit précédente, pas de connotation sexuelle puisqu' elle n'était pas traduite de l'allemand..

    Keramanac'h s'empara de la copie du film et sortit son portable de sa poche révolver (qu'il portait par subterfuge car il aimait donner à croire qu'il était armé). Il s'efforça de prendre une voix basse et douceureuse comme s'il avait avalé un pot entier du miel des Ravel, les mouches et le chili en moins. Il ajusta sa voix plusieurs fois, s'efforçant d'imiter son adjoint qu'il avait destitué par intolérance et par contumace. Il y ajouta en plus une intonation langoureuse, comme dans le film Quand il eut trouvé le ton juste, il activa la fonction incognito de son portable et composa le numéro de Klask Penn.

    « Cuir, plumes et paillettes » sussura-t-il, sirupeux à souhait.

    « Ah c'est toi ma petite Juliette » dit Klask Penn en reconnaissant tout de suite dans cette énumération les accessoires principaux du costume de Juliette, « Je suis content de t'entendre. En plus tu sais que j'ai bientôt rendez vous avec ta brute de chef. »
    #541Verfasserrb13 Jan. 06, 10:53
    Kommentar
    « Je pense que vous vous êtres trompé sur l'heure. » dit Keramanac'h en reprenant sa voix normale. « Attendez » dit-il en feuilletant dans son calepin « ah non c'est moi qui suis en avance d'une heure Mais qu'importe cette bévue me fut très bénéfique.Vous êtes imprudent, vous ne fermez pas la porte de vos studios. J'ai là un film très dénudé, je suis sûr que diffusé à une heure de grande écoute il marquera un tournant dans l'histoire de Télé Bretonnante. »

    « Comment osez vous ? Cela fait partie de notre jeu intime » dit Klask Penn
    « Moi j'ai en rien à foutre de votre je intime ce qui m'intéresse c'est l'homme public »

    « Non attendez … » supplia Klask Penn
    #542Verfasserrb13 Jan. 06, 10:55
    Kommentar
    Alors même que cette conversation téléphonique historiquement cruciale avait lieu entre Keramanac'h et Klask Penn, des considérations plus terre-à-terre préoccupaient Didier. Il marchandait dans la pharmacie avec le propriétaire de l'officine.

    « Franchement à ce prix là c'est avantageux, j'ai toute la collection, écoutez encore c’est plus efficace que le plus puissant de vos somnifères. Vous savez si je suis encore debout, c'est que j'ai pris de l'antidote »"

    « Non, non » dit le pharmacien qui avait déjà de la peine à sortir de la torpeur dans laquelle l'avait plongé l’interprétation de Clichard Spayderman. « Je n'ai pas besoin d'en entendre davantage, c'est d'accord, je vous achète tous vos CD soporifiques de Spayderman.Mais je me batterai pour qu'à l'avenir, ils ne soient délivrés que sur ordonnance. »

    « Moi je ne garantis rien pour les effets secondaires. Je pense qu'il agit comme un dissolvant et qu'il achève de déliter un goût musical inexistant.Donc en fait il n'y a aucune perte. »
    #543Verfasserrb13 Jan. 06, 10:57
    Kommentar
    Didier sortit, il marcha le long de la route principale. Des yeux, il cherchait le Chinois qui prétendait s'appeler Xuyna-Jue. Nolwenn à qui il en avait parlé la veille lui avait dit que le poète en question devait avoir au moins 500 ans et qu'il ne lui avait jamais parlé qu'en noir sur blanc à travers ses livres, mais jamais en chair et en os, et surtout pas à tort et à travers.

    « Où est ce miracle de longévité juvénile ou plus vraisembablement ce prodige de duplicité usurpatrice ? » dit Didier. Il faut éclaircir cette affaire.

    Mais la rue était déserte, à deux exceptions près devant la Mairie. Il marcha dans cette direction mais au lieu du teint cuivré, des yeux bridés et des cheveux de jais de l'imposteur, Didier aperçut la peau terracotta et la chevelure évoquant un champ de blé victime de la sécheresse de la Pythie.

    La Pythie en l'apercevant sourit. Depuis leur dernière rencontre à Death Care, elle avait perdu son air revêche et hautain. Un harmonica dans toute sa longueur aurait trouvé largement à loger à l'intérieur de son sourire. Elle était accompagnée de Lars Rüdiger qui se tenait un peu en retrait dans l'encoignure de la porte.

    « Bonjour quel bon vent vous amène à St Plougtrifouillskell ? » demanda Didier

    « Le vent de l’esprit, le souffle du génie, j'ai rencontré ici mon amoureux, Lars Rüdiger, un lettré de renom, un barde, un ovate, … On attend le Maire, pour qu'il nous marie… »
    #544Verfasserrb13 Jan. 06, 10:59
    Kommentar
    « En fait Lars n'est pas la cause de ma visite ici seulement un de ses effets secondaires hihi je parle de lui comme s'il s‘agissait d'une maladie alors que c’est tout le contraire Lars est mon remède, ma panacée. » Lars qui ne comprenait rien au français parlé quand il ne chantait pas restait muet.

    « Oui les deux sont bien assortis, la peste et le choléra » pensa Didier in petto.


    « À l’origine je suis venue ici sur ordre de mon chef de Death Care, vous savez celui qui n'a pas de nom pour ne pas embrouiller Étiennette (la lectrice). Je devais lui remettre une mallette. On s'arrangera. »

    « Malette, qu'elle dit ça ressemble plus à une boîte de Pandore » pensa Didier

    « Est-ce que vous avez croisé un Chinois à l'allure

    halluciné ? » demanda-t-il ?

    « Oui , il est venu ici, il avait l'air furieux je ne vous dis pas, il a dit « J’y vis aller voil le pelvel de mail palque la police ne fait pas son tlavail « - ou quelque chose de ce genre mais je ne fais que répeter, moi je ne suis pas sûre, hein, car je ne comprends pas le chinois Ensuite il est parti dans cette direction » dit-elle en montrant une ruelle qui débouchait hors du village sur une langue de terre mince et longue, arrachée à la gloutonnerie de la mer du sel et de l'érosion.
    #545Verfasserrb13 Jan. 06, 11:03
    Kommentar
    « Bon sang mais c'est par là qu'habite le maire. »

    «Ah bon? Nous on préfère l'attendre ici devant la mairie, car c'est pas chez lui qu'il pourra nous marier. »

    Didier en s'aidant du pouce et de l'index siffla pour alerter la voiture de police qu'il avait laissée devant le commissariat. Un instant plus tard celle-ci arriva toute seule , toute haletante et s'immobilisa à sa hauteur. Didier pour épater la galerie (composée en l'occurrence de Lars et de la Pythie) voulut sauter par dessus la portière. Au lieu d'atterrir comme prévu à l'intérieur de la voiture il se vianda lamentablement sur le toit de celle-ci avant de retomber cul par terre. Dans feu de l'action, Didier avait oublié que sa voiture n'était pas un cabrio et surtout que lui n'avait rien à voir avec Belmondo jeune homme.

    « Pas le temps de prévenir le Panda, bah les vrais héros sont solitaires, Charles Bronson n'a besoin de personne on y go »dit-il en entrant dans sa voiture normalement à ceci près qu'il lui donna un coup d'éperon surperflu et vexatoire.

    Avant de démarrer il lança à Lars. « Je vois que vous avez retrouvé votre ombre à l'exception de la main gauche, tant mieux, moi j'ai la main, faudra venir ce soir au commissariat on va vous la recoudre. »
    #546Verfasserrb13 Jan. 06, 11:05
    Kommentar
    Une fois arrivé devant chez Keramanac’h il tira sur la poignée de la cloche qui était installée à droite du portail de bois blanc à deux vantaux, seule ouverture pratiquée dans le haut mur qui entourait la propriété de Keramanac'h.

    Personne ne répondit, on entendit seulement plusieurs chiens aboyer hargneusement.

    Le portail en bois massif n'offrait pas la moindre vue sur l'intérieur de la propriété. Cependant, le bois en était percé pour laisser la place à une fenêtre de boîte aux lettres fermée par un volet levant en tôle. Didier poussa celui-ci et se pencha pour regarder, il ne vit rien excepté une mâchoire canine pleine de dents et grande ouverte qui tenta de se refemer sur son nez. Didier, dans un réflexe salvateur, fit un bond en arrière perdit l'équilibre et tomba sur son séant.

    « Merde alors pas de Chinois, envolé ! Pourtant la route ne va pas plus loin. »

    Didier décida d'aller interroger le voisin de Keramanac’h. C'était un voisin à la mode de Bretagne, distant de cinq cent mètres.
    #547Verfasserrb13 Jan. 06, 11:07
    Kommentar
    Il sonna à la porte de l'édifice de plain-pied situé à deux mètres à peine de la route.

    « Un moment » hurla-t-on de l'intérieur puis vint un « Ta gueule! » tonitruant à l'adresse d'un clébard qui s'était mis à aboyer.

    L'homme vint en renâclant, on l'entendait traîner lourdement des pieds. La porte s'ouvrit. Didier vit que le voisin de Keramanac'h avait épaulé sa carabine. Il la baissa en reconnaissant Eronnais et maugréa.

    « J'ai pas appelé la police moi, foutez le camp »

    « Trop aimable à vous mais je n'y pense pas. »

    « Ah la police ça colle aux gens comme le caramel mou aux dents »

    « C'est au sujet de Keramanac'h »

    « Lui ? Je ne le vois ne le vois jamais, seulement sa voiture qui passe toujours à toute allure. »

    « Il est chez lui? »

    « Non il est parti ce matin dès potron-minet »
    #548Verfasserrb13 Jan. 06, 11:08
    Kommentar
    « Il reçoit bien de la visite ? »

    « Jamais, les rares fois où il reçoit c’est aux frais du contribuable à la salle des fêtes. Même les 2 K il neles fait pas entrer, ils doivent rester dehors à l'attendre. »

    « Les deux cas? Quels cas ? »

    « Ses adjoints, Kerinvel et Kerosen »

    « Vous avez vu un Chinois ? »

    L'homme sembla hésiter, prit sa respiration et dit.

    « Entrez donc, j'étais en train de boire du café »

    Il conduisit Didier dans la cuisine, dotée d'une grande table autour de laquelle 12 convives pouvaient sans peine s'attabler. Une grande horloge à poids comptait avec insistance les secondes qui passaient. La pièce sentait le café fraîchement moulu.
    #549Verfasserrb13 Jan. 06, 11:10
    Kommentar
    « Vous prenez un calva ? »

    « Non merci »

    « Un café alors ! » dit le voisin en prenant une tasse dans un buffet en noyer. Il versa du café dans la tasse et y ajouta avant de la tendre à Didier et sans le consulter, une bonne rasade de calva. Il en profita pour en verser une aussi dans son bol à demi plein.

    « J'sais pas si c'était un Chinois il aurait pu être Japonais, ils se ressemblent tous. Mais il est passé un jaune qui gesticulait comme cela » dit-il en moulinant avec les bras.

    « Est-il redescendu ? »

    « Non, ça non j'en suis sûr et certain à cause du chien. »

    « Zut et crotte de bique ! Bien sûr les chiens, s'exclama Didier. Les chiens ont bouffé le Chinois! Quelle vengeance grandiose de la race canine pour la wokisation forcée »
    #550Verfasserrb13 Jan. 06, 11:12
    Kommentar
    « Je vous en prie, restez poli, la police, jamais mon chien ne mangerait un omnivore et encore moins un étranger »

    « Pas votre chien à vous, les chiens au pluriel, ces bêtes féroces ceux de Keramanac'h, on aurait dit des pit-bulls » dit Didier, en se levant pour partir

    "Au fait je me suis trompé, dit le voisin, de la visite il en reçoit une fois par semaine"

    « Vraiment ? »

    « Oui, le camion frigorifique, celui de Camille Yonneur, il lui livre sa ration de pizzas surgelées hebdomadaire, normalement aujourd'hui. »

    Didier, alerté retourna en trombe et en voiture devant la propriété de Keramanac'h
    #551Verfasserrb13 Jan. 06, 11:13
    Kommentar
    Didier marcha le long du mur d'enceinte de la propriété, à la recherche des traces du passage du Chinois.

    Dans un coin, le mur des pierres présentait des aspérités, le mortier s'effritait et un petit arbuste semblait avoir été planté là rien que pour servir de marchepied

    « Ah voilà une possibilité facile pour grimper par dessus le mur. » dit-il. L'adjectif « facile » se référant à un Chinois souple et agile et non à un policier breton à bedaine.

    Il examina les lieux avec attention.Dans les branches de l'arbuste était accrochée une touffe de cheveux noirs et drus ! Il s'en empara .

    « Hum, noirs, épais solides une consistance de crin de cheval à tous points de vue des cheveux asiatique »

    Didier pensa aux chiens dont les aboiements redoublaient, un frisson le parcourut.

    Au moment de commencer l’ascension il réfléchit.

    « Voilà des circonstances où il faut faire preuve à la fois de courage et de circonspection. Face à ces cerbères ennemis, ayons le courage de dire fuyons ! » dit-il en prenant ses jambes à son cou.
    #552Verfasserrb13 Jan. 06, 11:14
    Kommentar
    Pendant le trajet vers le commissariat, il murmura: « Le camion de Camille Yonneur sera mon cheval de Troie à l'assaut de cette forteresse eh, eh. Je saurai ce soir ce qu'il est advenu de ce Chinois usurpateur. »

    Il prit son portable pour joindre Camille Yonneur, ce faisant, il vit sur son display que Camille lui avait déjà envoyé un texto pour lui signifier qu'il avait anticipé la date du rapatriement de Gouine et Raphall

    « Tiens il ne manquait que cela, le retour prématuré de nos huluberlus sectaires »

    Il décida d’appeler Camille

    « Allo Camille c'est Didier, ah bon tu es sur l'autoroute ? Quoi ? C’est cela oui…. Mmm, absolument… Tout à fait…. Gouine et Rap Hall un fameux duo ? Tu veux plutôt dire un fameux duel ! Ah ah tu as raison ces deux là vont ensemble comme la plaie avec le couteau. Tu les as fait dormir dans ta cabine? Ah ah ah…Pas vrai ? Qu’est-ce-que tu dis ?… Pourquoi p'tain de perroquet?… Qu'est-ce qu'il t'a fait ce perroquet ? Il s'est perché sur ton antenne? Un passager clandestin en quelque sorte.… Hum ah ah, parfait. D'accord on se voit ce soir avant que tu livres tes pizzas surgelées ok, on fait comme convenu »
    #553Verfasserrb13 Jan. 06, 11:15
    Kommentar
    Didier continua sa route il pensait tout haut « bon, le Panda est au commissariat, allons donc, voir cette sirène touristique aussi douce que l'eau où elle se plait à séjourner. » Comment elle s'appelle déjà ? Fit-il en dépliant le papier où Einzahl (C’est ainsi qu’il prononçait Heinz Heil) avait écrit le nom de la sirène allemande.

    Il descendit les marches qui menaient au lac artificiel servant de réservoir d'eau douce.

    « Lord laid, l'or lait, Laure laie, l'or lai » cria-t-il en scrutant la surface de l'eau, qui malgré la prononciation abominablement gallocentrique du prénom Lorelei ou justement à cause de cela, ne fut prise d'aucun émoi et ne se fronça pas.

    « Des circonstances exceptionnelles exigent des sacrifices hors du commun » dit-il en se dénudant, « Je vais aller dans l'eau. » Il pataugea bruyamment provoquant dans l'eau des remous dignes d'un troupeau d'hippopotames…
    #554Verfasserrb13 Jan. 06, 11:19
    Kommentar
    Il nagea quelque peu quand il entendit un étrange chant en sirènique avec une pointe d'accent germanique. Le plus incroyable c'est qu’il comprenait « O faible humain, fragile comme un roseau, tu nages à la surface ignorant les profondeurs » Didier se retourna :C'était la sirène Lorlai! . Ses cheveux blonds flottèrent quelques fractions de seconde à la surface.

    « Une sirène, quel beau coup de filet! Mince le hic justement c'est que j'en ai pas de filet ! »

    Didier nagea vers le rivage s'ébroua et sans se sécher remit ses vêtements puis fonça vers le commissariat.

    Il se rua dans l'entrée.
    #555Verfasserrb13 Jan. 06, 11:20
    Kommentar
    « Panda! tu sais le Chinois! C’est pas Xyuna Jue car lui il a 500 ans c'est Nolwen qui me l'a dit ! C'est un menteur, ou un fou ou un idiot, mais j'ai surtout peur que les chiens l'aient bouffé, heureusement on va rejouer la ruse du cheval de Troie avec les pizzas surgelées de Keramanac'h. Euh ouf ah... oui une chose encore, j'allais oublier le plus important, la sirène, c'est important tu sais ! vas chercher d'abord un filet pour attraper la sirène. »

    « Bon d'accord fit le Panda restant cool malgré les nouvelles extravagantes rapportées de façon décousue par un Didier surexcité. Je fais tout ce que tu veux, je vais chercher un filet pour aller à la pêche aux sirènes et je veux bien négocier avec des pizzas surgelées en imitant le cheval de Troie, je suis prêt aussi à affronter des chiens cannibales mais alors si je fais tout cela, c'est toi qui couds la main d'ombre de Lars, j'ai déjà tout préparé la tu as du fil en nylon et des aiguilles. »
    #556Verfasserrb13 Jan. 06, 11:22
    Kommentar

    Je poste la suite de ma contrib ce midi
    #557Verfasserrb13 Jan. 06, 11:23
    Kommentar
    Tout à son agitation frénétique, Didier n’avait pas remarqué la présence de Lars et de la Pythie.

    « Mais non tu dois pas faire tout cela, l’important j’ai dit c’est d’aller chercher le filet »

    Le Panda fila pour aller le filet.

    Didier alluma la lampe de son bureau et sortit la main d’ombre de sa cage en forme de conserve où elle était enfermée. Celle-ci avait réussi à se libérer de son carcan arachnéen et était heureuse de sortir de sa relégation. Elle profita du halo lumineux de la lampe, pour s’amuser à projeter des ombres chinoises sur le mur. Didier la tenait fermement au niveau du poignet.

    « Mais non, Lars, cela ne fait pas mal, n’aie pas peur, c’est seulement ton ombre que l’on recoud , tu ne vas rien sentir. « dit la Pythie à Lars qui tremblait.

    Didier, assis sur un tabouret fit tendre le bras gauche à Lars, et posa l’ombre ainsi projetée sur ses genoux, Lars dut lui aussi suivre le mouvement de son ombre et se pencher en avant.
    #558Verfasserrb13 Jan. 06, 13:40
    Kommentar
    « Mais non, Lars, cela ne fait pas mal, n’aie pas peur, c’est seulement ton ombre que l’on recoud, tu ne vas rien sentir toi. » dit la Pythie à Lars qui tremblait comme une feuille abandonnée aux caprices du vent.

    Didier, assis sur un tabouret fit tendre le bras gauche à Lars, et posa l’ombre ainsi projetée sur ses genoux, Lars dut lui aussi suivre le mouvement de son ombre et se pencher en avant.

    « Voilà, restez comme cela » dit Didier. Il réussit à faire le premier point, quand la main d’ombre lui glissa entre les doigts avec une telle violence qu’elle entraîna l’ombre de Lars à laquelle elle ne tenait qu’à un fil à sa suite. Lars, lui-même fut entraînée par son ombre qui était menée par la main. Elle voulait à tout prix reconquérir la liberté qu’elle avait apprise à goûter. Cette aspiration décuplait ses forces. La mains d’ombre ne voulait plus dépendre d’une ombre dépendante elle même de Lars. Elle voulait mener une vie indépendante.

    La Pythie cria s’agrippa à Lars en essayant de le retenir. La main freinée devint furieuse et se retourna contre la Pythie. Une véritable mêlée s’en suivit, dans laquelle Didier aussitôt plongea. Au beau milieu du combat, tout à coup, la mallette que la Pythie portait accrochée au poignet s’ouvrit. Didier cria « OH OH ! » en voyant le contenu de la mallette mais la main qui se débattait avec fureur détourna aussitôt son attention.
    La Pythie referma la mallette.
    #559Verfasserrb13 Jan. 06, 13:45
    Kommentar
    Didier réussit à se saisir de la main alors même que cette dernière avait réussi à se détacher du fil de nylon. Heureusement Didier réussi à s’emparer de la main qui risquait de devenir un électron libre, donc néfaste . Elle avait assez fait les 400 coups dans le village. Il parvint à l’immobiliser et tel quel, avec une folle précipitation, il commença à coudre à grands points, pour relier enfin la main d'ombre au corps d'ombre qui n'était lui aussi qu'un organe purement exécutif. L' ouvrage de Didier était entrecoupé par les sanglots de Lars qui avait peur du sang.Pourtant la main d’ombre saignait peu et son sang, peu spectaculaire avait la couleur de l’encre de Chine.
    Didier renforça la couture par des contrepoints, il vérifia la qualité de son travail. Il était satisfait : c’était du solide. La main était indéboulonnable désormais.

    La Pythie prit la parole:

    « Mais la main est à l’envers, regardez le pouce est à l’extérieur »

    «Peu importe ! On ne peut plus le changer maintenant. Et puis vous ne trouvez pas que cela fait sexy ? Ca lui donne un charme fou à votre fiancé » répondit Didier.
    #560Verfasserrb13 Jan. 06, 13:50
    Kommentar
    La suite ?
    #561Verfasserrb06 Feb. 06, 12:34
    Kommentar
    @rb:

    la suite, por favor...c'est trop rigolo et je suis pliée de rire.

    Bravo pour ton imagination...:-)
    #562VerfasserFrancy12306 Feb. 06, 13:42
    Kommentar
    @Francy 123

    Merci bien, et tant mieux si tu ris, cela fait du bien, mais au moins la moitié du compliment revient à bu, et c'est son tour d'écrire maintenant, donc j'attends.
    #563Verfasserrb06 Feb. 06, 14:53
    Kommentar
    Hallo Lars-Rüdiger,
    ich habe ein ähnliches Problem wie du und brauche jemanden, der mir bei der Übersetzung ins französiche hilft. Meine Frage, ob ich über dich irgendwie Kontakt mit rb aufnehmen kann? Er und Francy123 haben dir zuletzt geschrieben. Gibt es da eine Möglichkeit oder rb, wenn du das liest, kannst du bitte mal bei mir reinschaun unter: Lebender Übersetzer gesucht :-) ? Vielen Dank!!!
    #564Verfasserfideli9106 Feb. 06, 17:28
    Kommentar
    M Panda allait chercher un filet, en trouvait un et était maintenant en train de retourner au poste de police. En route il trouvait la Pythie et Lars-Rüdiger, la main dans la main, lui, tout gentleman, marchant en arrière comme sa main à l’envers ne permettait pas la promenade amoureuse comme d’habitude. En entrant dans le poste il les suivit des yeux et faillit carambo-ler avec un vieux homme qu’il n’avait jamais vu auparavant. Celui-ci s’excusa d’un geste de la main et sortit.

    « Holà ! Pas si vite, Monsieur ! »

    « Il ne t’entend pas. »

    « Quoi ? »

    « Il ne t’entend pas. »

    « Est-il sourd ? »

    « Non, Allemand. »

    « Ah… »
    #565Verfasserbu10 Feb. 06, 14:20
    Kommentar
    « Oui… t’as acquis un filet ? »

    « Oui, regarde-là ! »

    « Bon, maintenant tu vas au lac artificiel, captures la sirène et l’amenes au poste, compris ? »

    « Oui, bien entendu… »

    Panda hésitait.

    « Eh bien, pourquoi restes-tu là donc ? »

    « Hmm, je suis flagada… »

    Didier sourit, sortit le sachet et fit deux rails.

    « Voilà, sers-toi ! »

    « Merci… »
    #566Verfasserbu10 Feb. 06, 14:21
    Kommentar
    Excité par la poudre et équipé pour l’expédition et la chasse M Panda se mit en route vers le lac artificiel.

    « Une telle Sirène » se dit-il, « une telle Sirène ne serait pas dificile à approcher. Moi, je suis un négociateur averti, je vais travailler sans filet… et, par surcroît, le sujet de cette affaire la concerne également, du moins ses congélères… euh non, congénères… aaah ! Congélères, allo, M Freud ! » cria-t-il exubérant en faisant signe vers les ciels, « parfois on se souhaiterait vraiment surgelé pendant cette canicule qu’on a, boff ! »

    M Panda ralentit ses pas et s’essuya la sueur.

    « C’était quoi cette affaire avec les pizzas ? » se demanda-t-il, « Didier, il a été en sac de nœuds, mais non, au contraire, c’était moi le confus, ouff, je finirai par me tournebouler moi-même, c’est trop, arrête ! »

    Panda s’arrêta et s’assit sur une pierre et regardait le paysage. Une jolie brise courait à travers les broussailles. Il ouvrit les narines pour mieux humer la fragrance, mais il y en avait aucune. La pause lui faisait du bien, ses pensées s’éclaircissaient et il décida d’avancer.

    « Allez hop ! »

    Une demie heure plus tard il arriva au lac. La surface de l'eau, ridée par le vent, scintillait à la lumière du soleil orange. Le reflet de l’eau l’éblouissait.

    « Quelle solitude bienfaisante ! »
    #567Verfasserbu10 Feb. 06, 14:22
    Kommentar
    M Panda cherchait un endroit pour s’installer. Il déposa le filet et appela : « Sirène dulçaquicole ! »

    Tout droit il perçut du clapotis mais ne vit rien du tout à cause du soleil. Le bruit cessait. Il continua : « Sirène, Sirè-ène, viens ici, ma Sirène ! »

    L’eau fit entendre un bruit au même endroit qu’auparavant. Panda chercha à distinguer la source du bruit mais en vain… il avança, la situation lui évoquait le rendez-vous désagréable avec Mme Copacabana.

    « Si je suis encore en vie, c'est grâce à ce dingo, Lars-Rudiger, c’est vraiment une hypothèque qui pèse sur ma joie de vivre… est-ce je n’ai pas perdu le droit à l'existence ? »

    Cette idée lui glaçait le sang, des frissons parcoururent son pelage, il fit un pas en arrière et s’assit.

    « Faut changer de tactique ! »

    Il prit le filet et changea de côté. Le soleil à dos il serait avantagé par rapport à Lorelei si c’était vraiment elle dans l’eau. Il avait le plan de l’appeler de nouveau et sitôt qu’elle apparut il jette-rait le filet.

    « Sirène, Sirè-è-ène, L’eau-ré-lai ! ça coûte d’ rester courtois avec une telle demoiselle. Proba-blement elle est en train de se coiffer… Sirè-ène !! »

    Panda attendait…

    « Sirène, maintenant tu pourrais te montrer, merde ! Je ne suis pas venu par amusement, c’est le boulot qui m’a mené là ! »

    Dans l’eau il vit une ombre. Rapidement il jeta le filet et le retira… sans succès.

    « Hmpf zut ! »
    #568Verfasser10 Feb. 06, 14:24
    Kommentar
    Il n’arriva pas à le retirer. Au contraire, sans recevoir ce qui ou quoi tirait à l’autre extrémité du filet, il était tiré vers l’eau. Fallait réagir rapido. Dépassé M Panda fit le pire : il attacha le filet à sa jambe gauche. C’est la leçon qu’apprennent les moussaillons sur un navire en priorité. La traction ne diminuait pas. Panda réalisa son erreur et essaya de se détacher. Il raccrocha une barre de fer qui faisait saillie de la terre sablonneuse. Ça lui arrêtait – pour l’instant. La force de traction était si grande que Panda n’arrivait pas à se dénouer. Son bras faisait mal.

    « Sirène ! Sirène ! »

    Pas de réponse.

    « Sirène L’eau-ré-lai ! Arrête, toi, Sirène frisée, habitante du Rhin, toi… Rhinosirène ! Oui c’est ça, montre-moi ton narin, ton blair, ton blase, fais voir ta corne sur le nez !!! Ou tu n’en as pas ? Ha ! Ouff, j’ peux plus… »

    La surface de l’eau – inaltérée.

    « Sirène ! Merde… ouff ! Discutons… Spreschen wirr ! »

    Apparut Lorelei, Sirène allemande, touriste, habitante d'eau douce, venue en raison de la réunion estivale de famille en Bretagne.

    « Sapristi pardi !!! »

    « Haben etwa auch Sie etwas gegen Meerjungfrauen, oder handelt es sich bei Ihrer Aggression bloss um Ausländerfeindlichkeit ? Ich bitte Sie, ich verbringe hier meinen wohlverdienten Urlaub, besuche meine Verwandtschaft, und was erlebe ich ? Nichts als Gewalt, Ruhestörung, Belästigung und primitives Verhalten… unterste Schublade ist das… »

    « Quelle beauté ! » se dit M Panda médusé. Il n’avait les yeux pour la sirène, sa beauté l’embarbouillait…
    #569Verfasserbu10 Feb. 06, 14:25
    Kommentar
    Didier avait allumé la radio parce que ce maudit Spayderman lui trottait dans la tête ce qui évoquait comme symptôme concomitant une lassitude latente. Entre deux chansons il apprit que sur la route A11/E50 il y avait un bouchon.

    « Dès lors Camille prend du retard, il ne sera pas ici à sept heures comme prévu mais à huit heures. C’est une heure supplémentaire pour Gouine et Raphall, et pour moi, il faut éviter que je m’ennuie… »

    Il pensait à la petite vieille au visage de pomme ridée qu’il n’avait plus vue dernièrement et tapa la table. Puis il fit le numéro de Nol, une causette l’aiderait de faire l’heure supplémentaire sans s’ennuyer. En attendant il crayonnait absent quelque chose sur le bloc-notes, Nolwenn ne répondit pas, il raccrocha et ouvrit le tiroir, sortit des fichiers qu’il feuilleta absent, les remit et finit par reconnaître qu’il ne valait pas la peine de s’abstenir de la drogue : sur le bloc-notes il avait écrit « queauqueau ».


    « Le subconscient requiert que je prenne de la coco, et pour ne pas devenir refoulé, coincé, il faut qu’on obéisse à l’inconscient. Et bien, c’est vrai, on voit tout ce monde complexé… »

    Dehors des klaxons d’un camion.

    « Camille Yonneur, le camionneur ! » chanta Didier joyeux.

    Il se leva et ouvrit la porte et fit des pas vers le camion. Un bel oiseau envola et pilota dans le poste. Camille sortit du camion et salua Didier :

    « Salut cop, hehe, compris ? Cop pour copain et policier en Anglais, hehe. Sur les routes, tout seul, j’ai le temps de forger des jeux de mots… »

    « Oui, tu dois t’y connaître… »
    #570Verfasserbu10 Feb. 06, 14:26
    Kommentar
    « Oui, l’ambiguïté, c’est ma marotte… ainsi je ne suis pas si seul, hihi, compris, pas seul, moi et la marotte, hehe, parfois elle est hors de contrôle, mais que veux-tu… »

    « Quelle prise de tête ! » pensa Didier et dit : « Ahh, très intéressant, Camille… où sont mes… »

    « …tes poulettes… les voilà ! Bonne chance… assez persévérants, les deux, j’te dis… » indiqua-t-il en soulevant la bâche.

    Coincés, gardant ses distances, Raphall, à tache de sang, et Gouine levèrent leurs têtes.

    « Soyez bienvenus à St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer ! Madame, puis-je vous escorter au dehors ? Et Monsieur, ah non, quelle cochonnerie ! Regardez-vous et votre pantalon ! »

    La gaieté du policier ne contaminait pas les deux oiseaux migrateurs. La générosité de l’amphitryon n’avait pas de limites.

    « Allons, entrons ! Dès vous êtes allés faire l’excursion aux États-Unis il y a une dette active, je vous dois quelque chose… Voilà, un coup de boule pour tous ! »

    En ainsi parlant il frappa Gouine et Raphall et les conduisit vers le poste et la cellule dans laquelle il les séquestrait. De retour au bureau Camille Yonneur et Mme Perroquette étaient en train de se disputer.

    « Qu’est-ce qui se passe là ? »

    « Elle chahute et rabâche le mot « Panda » ! »

    « Où est-il ? Où est-il ? »
    #571Verfasserbu10 Feb. 06, 14:27
    Kommentar
    " Il est allé au lac artificiel, chercher une..., non, c'est un secret professionnel... " expliqua Didier à Mme Perroquette qui s'était déjà allée rencontrer son Panda, l'ex-perroquet.

    " Bon " dit Camille, " je m'en vais... "

    " Attends, mon cop, hehe... "

    " Quoi ? "

    " Tu me fera un service... "

    " Je te dois rien du tout... "

    " Bien sûr, tu... "

    " Non ! "

    " Je t'ai vu battre à toute allure ! "

    " Mais, tu m'as promis... "

    " Une promesse policière, ouai c'est-à-dire une promesse tactique... écoute... "

    Didier mit au courant celui qui ne voulait absolument pas être mis au courant. Camille savait qu'il allait faire un service au pouvoir politique, il ne lui restait aucune alternative.

    #572Verfasserbu10 Feb. 06, 14:57
    Kommentar
    c'est ça
    #573Verfasserbu10 Feb. 06, 14:58
    Kommentar
    dites, les gars, tout ça, c'est bien beau, mais vous croyez que ce M. Rüdiger a jamais regardé comme "son" roman progressait? A mon avis, il a oublié l'adresse de leo.org...
    #574Verfasserbr11 Feb. 06, 13:43
    Kommentar
    "c'est ça "

    C'est ça quoi ? C'est mon tour ?
    #575Verfasserrb13 Feb. 06, 14:10
    Kommentar
    Ich glaube schlicht und einfach, der Herr R. konnte dem Ganzen mangels französischer Sprachkenntnis nicht folgen. Aber wer weiss? Hätte er es denn auf Deutsch gekonnt?
    ;o)
    #576VerfasserRadebrecher13 Feb. 06, 17:00
    Kommentar
    Le Panda était subjugué, électrisé par la beauté de Lorelei. Il n'était plus maître de ses sens qui avaient abdiqué devant un pouvoir supérieur.
    À quoi était due cette beauté ? Aux proportions harmonieuse, à la symétrie parfaite, aux grands yeux enfantins doux comme l'innocence clairs comme la pureté ?

    Par quel sortilège ces caractéristiques dûes au hasard de la loterie génétique exerçaient-ils sur lui un attrait si puissant ?

    Peu importait la nature de ce pouvoir pourvu que sous son empire il atteignait l'ivresse !

    Lorelei s'ébroua, le Panda fut arrosé par les goutelettes mouillées qui s'échappèrent de sa chevelure. Il accueillit cette douche avec un frisson de plaisir.

    Lorelei sourit d'un sourire éclatant qui illumina, come un ultime superlatif, sa beauté.

    "Mes Chevfeux touchours mouillés" Elle nagea vers le rivage, sortit d'un massif de joncs un séchoir de voyage à piles et entreprit de se sécher les cheveux.

    Mu par une inspiration suprême le panda alla cueillir dans le pré jouxtant la berge des bleuets, des coquelicots et autres fleurs annuelles nées de la générosité des dieux de l’été. Il admira un instant les pétales diaphanes à la beauté fragile comme les beaux jours.

    Avec ces dons de la nature, il tressa une couronne qu'il offrit à Lorelei pour la remercier d'exister.
    #577Verfasserrb22 Feb. 06, 08:08
    Kommentar
    Mutine, elle mit la couronne de guingois sur sa tête, admira longuement son reflet à la surface de l'eau puis elle retira tout à coup cette couronne florale et lui dit sans autre transition:

    ""Tu me fais des tresses ?"

    Le Panda obtempéra et fit deux tresses à l'ingénue. Lorelei parut satisfaite elle fit tournoyer ses tresses autour de sa tête avant de les attacher l'une à l'autre sur le sommet de son crâne

    "Chen ai marre de mes chefeux touchours mouillés, che fais mettre mon bonné de bain"'

    Elle nagea vers la rive et du massif de joncs qui bordait le rivage, sortit un bonnet de bain en plastique bleu orné d'une grosse marguerite blanche

    "Pis che fais recouvris me seins

    Elle mit un haut de bikini à carreaux écossais rouges verts et jaunes

    Lorelei avait beau avoir des goûts vestimentaires plutôt calamiteux, ils n'entachaient en rien son immense beauté

    Le Panda était ravi, ses sens lui étaient ravis, tombés l'un après l'autre sous le charme de Lorelei, sauf son sens du devoir qui lui fit dire.

    Lorelei "Je dois t'emmener au commissariat."
    #578Verfasserrb22 Feb. 06, 08:10
    Kommentar
    D'abord elle n'eut pas l'air de comprendre, elle sembla réfléchir puis elle protesta

    "Pas couler bateaux moi. Ici moi en facances pas travailler"

    « Allez viens Lorelei. »

    " Non, non Che peux pas chai bessoin eau pour mon peau. Elle rit et répeta mon peau po. Coussines Morgane poivoir fenir terre avec jambes mais pendant nur une heure" Elle eut l'air triste soudain

    Coussines aiment eau salée, eau salée pas bon pour Lorelei, ma coussine liebling morte au plage, Lorelei pleuré viel ….
    "
    " Ah bon ! tu t'appelles Laureuh L'ail et pas Lor Lait" s'exclama le Panda étonné.

    Elle ne répondit pas car, prise d’une une lubie soudaine elles disparut sous l'eau pour réapparaître quelques mètres plus loin et fit un clin d'œil au Panda en lui disant "Viens Bärchen"

    Tombé en esclavage de son visage, il murmura "Emmène moi". Sans plus de réflexion, il nagea jusqu'à elle et s'agrippa au cou de la belle. Elle se mit à nager avec vigueur, propulsée pas sa forte queue de poisson qu'il n'avait pas encore vue mais qu'il pouvait sentir (par le toucher et non l’odorat) à présent, Panda se sentait (par les sentiments et non le nez) comme un enfant emmené par un dauphin aux traits féminins.
    #579Verfasserrb22 Feb. 06, 08:12
    Kommentar
    Le lac artificiel était partiellement souterrain, c'est dans cette partie que s'engagea Lorelei, tout à coup. Le panda eut juste le temps d'avaler de l'air à pleins poumons, avant de se retrouver dans le noir. L'eau bouillonnait dans ses oreilles, son nez était aussi noyé jusqu'aux sinus et il se sentait perdu.
    Tout à coup Lorelei bifurqua, il sentit alors des parois, il se trouvait dans quelque chose d'étroit comme un tunnel. Lorelei souleva les épaules. Il était toujours dans l'obscurité mais il pouvait respirer, il était dans une sorte de tuyau souterrain. Brusquement Lorelei plongea, l'entrainant sous l'eau, où elle resta, il fut obligé de lâcher prise pour maintenir sa tête à la surface. Il l'entendit s'éloigner

    Panda barbotait, quelque peu désamparé au milieu de cette épopée freudienne.Il tatonnait dans le noir.Il leva la tête, un filet de lumière, tombait du plafond, il y appuya avec force son poing; le plafond céda c'était un couvercle qu'il réussit à soulever entièrement. Il parvint aussi à se hisser vers l'extérieur. Il regarda autour de lui, il se trouvait au milieu d'un champ mal entretenu, dévoré en partie par la broussaille. Il regarda à la ronde, deux voitures étaient garées en bordure du champ, il reconnut l'une d'entre elles comme appartenant à Keramanac'h. Il entendit des voix, s'approcher et se cacha vite derrière un massif de ronces.
    #580Verfasserrb22 Feb. 06, 08:13
    Kommentar
    "Ici sur ce terrain municipal que je vous cède pour rien enfin juste un pot-de-vin, vous pourrez ériger le plus beau Mac Donald de la région, avec vue panoramique sur la mer, et on agrandira la route, il y aura un beau parking aussi"

    "Et le raccordement du terrain ? dit l'autre voix avec un fort accent américain.

    "Oui il y aura quelques investitions, mais bon l'eau vous l'aurez à l'œil directement en provenance de notre réserve d'eau douce en plus je ne vous ferais rien payer non plus pour les eaux usées je vous donne l'autorisation de les déverser dans la mer. On fera juste en sorte que cela ne se voit pas"

    "Bien bien fit la voix américainement inconnue, je vais subventionner en contrepartie votre nouveau parti, comment il s'appelle déjà m'avez vous dit ?

    "FKK, mon premier pas vers un destin national. Le sigle FKK pour le Front Keramanac'h Kerosène.il ne s'appelle pas FKKK car je me suis séparé aujourd'hui de Kerinvel."

    "Kerinvel ? Pourtant il était bien lui non ?"

    "Ou, c'est vrai il était bien rampant et servile comme je les aime mais seulement il avait de mauvaises mœurs"

    "Ah ah pas comme nous, nous sommes de bonnes mœurs, ah ah ah, de mœurs respectables "
    #581Verfasserrb22 Feb. 06, 08:15
    Kommentar
    "Quel salaud quand même ce Keramanac'h s'indigna silencieusement le Panda. Puis il gloussa intérieurement « F caca quel con drôle de nom pour un parti »

    Synchroniquement Didier au commissariat s'indignait lui aussi. À la différence du Panda, il le faisait bruyamment

    « Il ne revient toujours pas Panda ? » s’impatientait-il. Pourtant s'il savait que Mme Perroquette est là. Heureusement qu'elle ne parle pas que le perroquetin.

    "Tu veux dire malheureusement "dit Camille dont les oreilles commençaient à bien chauffer sous l'effet du babillage incessant auxquelles elles étaient exposées. Madame Perroquette lui avait raconté trois fois déjà en longueur et avec tous les détails, sa fuite de la station de quarantaine à l’aéroport de Roissy.

    « Tant pis pour le Panda, on va sans lui, » dit Didier à Camille Yonneur, qui en fait aurait dû s'appeler Camille Honneur comme son père, si seulement l'employée de l'état civil n'avait pas fait une faute de frappe en tapant son acte de naisssance.
    #582Verfasserrb22 Feb. 06, 08:18
    Kommentar
    "Comme cela tu emmènes du poisson et des légumes vers la capitale et tu nous ramènes des produits surgelés ?"

    " Surtout des pizzas, Keramanac'h à lui tout seul en prend autant que le supermarché, il a augmenté ses commandes." D'ailleurs il m'a livré un coffre la semaine dernière un truc immense pour mettre ses pizzas,.

    Soudain Didier se tapa sur le front et dit du coq-à -l'âne.

    " Ah au fait mais oui, je comprends, l'élection et l'érection c'est la même chose !

    "Hein ? » fit Camille

    "Pour les Chinois je veux dire "dit Didier en guise d'explication.

    Camille haussa les épaules il n'éprouvait pas le besoin de tout comprendre dans cette vie.
    #583Verfasserrb22 Feb. 06, 08:20
    Kommentar
    « C’est peut-être pour cela qu’ils n’ont pas de vote libre » dit-il à tout hasard

    "Je cherche le Chinois chez Keramanac'h "

    "Bon on y va" fit Camille qui ne voulait surtout pas tout savoir

    "Oui tout de suite, j'ai juste un coup de fil à passer à Alice Noireaud, elle va être contente d'apprendre que sa Bara Gouine est revenue avec bien plus d'argent qu'elle n'était partie."

    "Si seulement j'avais su " murmura Camille, en contradiction avec sa devise habituelle qui lui commandait de ne point trop en savoir. "Je t'attends dehors"

    Didier en profita pour aspirer de la corinne avec son tarin-aspirateur.Il fit attention à ce que Mme Perroquette ne le vit pas car il n'était pas d'humeur à partager..

    "C'est parce que j'ai des grandes aspirations que j'aspire tellement de lignes" dit-il gaiement en sortant, c'est ma ligne de conduite, ligne de chemin de fer, ligne régulière mon invitation au voyage en quelque sorte… ligne de vie, ligne de mire….

    « Non, toi tu restes sagement ici » dit-il à Madame Perroquette, en fermant la porte.
    #584Verfasserrb22 Feb. 06, 08:23
    Kommentar
    Malgré l'avis contraire de Camille, Didier décida d’aller tout de suite à l'arrière dans la remorque frigorifique du camion. " Je ne suis pas frileux de nature" dit-il

    Didier se cacha derrière des cartons de glaces congelées.

    Le camion stoppa il entendit Camille klaxonner puis le portail s'ouvrir, le camion roula lentement et s’arrêta. Didier était caché

    Camille ouvrit la porte arrière camion. Il murmura à l'adresse de Didier

    "Quelle grande propriété quand même, pour une personne toute seule, elle est aussi grande qu'une colonie ou un centre de vacances »

    "Qui noit " fit Didier faiblement

    Il était frigorifié et pouvait à peine parler.

    "Qui noit quoi ? Ah le tu veux dire le Chinois, celui dont tu m'as parlé ? Non pas de traces"

    Il se retourna :
    " Mais j'ai pas vu les chiens non plus, c'est à cause de cela que je suis déjà descendu de camion ça c'est bizarre. D'habitude j'attends qu'il fasse rentrer les chiens mais je n'ai encore vu personne. J'attends que Keramanac'h ouvre la petite porte verte derrière à gauche c'est la porte de la pièce où il entrepose il entrepose es congélateurs il est vraiment il est accro au surgelé, c'est un fin gastronome. "

    Il toussa un peu d’une toux de tabagique

    « En attendant je vais décharger ce coffre"
    #585Verfasserrb22 Feb. 06, 08:27
    Kommentar
    Didier se leva tout raidi par le froid "je vais me cacher dehors pour voir «

    "Ici derrière la fontaine Là tu peux oberver tout sans être vu. »

    "Et le chiens ?"

    "Je t'ai dit, aucune trace même s'ils étaient dans la maison on les entendrait aboy…"

    Camille se tut car quelqu'un avait ouvert la petite porte verte. C'était Keramanac'h. De sa cachette, Didier vit que celui-ci serrait une mallette contre sa poitrine. Cette mallette était.identique ou tout au moins semblable à celle qu'avait eu la Pythie.

    "Tiens tu as rempli le coffre de pizzas comme je te l'ai dit Camille "
    "Oui !"

    " Et bien décharge le entier je les mettrai moi-même dans les congélateurs."
    #586Verfasserrb22 Feb. 06, 08:29
    Kommentar
    " Et vos chiens? "

    "Je sais pas ils n'étaient pas là mes adorés ! Regarde ce que j'ai retrouvé ce message, coincé sous une pierre "Si tu veux levoil tes chiens, annule l'élection de l'idiot, sinon je les mangelai aigle-doux"

    "Oh?"

    "Je peux pas annuler l'élection, Télé bretonnante en a déjà fait la publicité, et puis demain matin paraît un article élogieux dans l'Ouest-Èclair écrit par mon ami Penn Marc'h . Elle a lieu demain déjà cette élection après la course des garçons de café mais je retrouverai mes chiens quand même ou je ne m'appelle plus Keramanac'h."

    "Merde le chinois a hypnotisé les chiens ou quoi, pourtant ils étaient là, je les ai vus. Que s'est-il passé ? "
    Didier était un peu contrit car le Chinois semblait avoir fait preuve de bien plus de courage et de détermination.que lui. Comment s'y était-il donc pris ? Didier profita de ce que Keramanac'h était retourné dans la maison pour se glisser à nouveau dans le camion à la place même où le coffre à pizzas surgelées de Keramanac'h était entreposé l'instant d'avant.
    #587Verfasserrb22 Feb. 06, 08:32
    Kommentar
    "Tiens donc mais qu'est ce que c'est cela ? " Un détail avait attiré son attention. Intéréssant il faudra que je prolonge mon séjour instructif dans ce camion dit-il. Bien qu'il fût gelé il n'était pas encore surgelé, et malgré les inconvénients du froid, il était prêt à rester plus longtemps dans ce camion qui devait sûrement intéresser quelqu'un d'autre à l'insu de Camille.

    "Et dire que tous les villageois ne songent qu'à l'élection de l'idiot du village" dit-il. "Je me demande bien qui va se présenter, ce ne seront pas les candidats qui manqueront, comme dit le dicton Il y aura beaucoup d'appelés et peu d'élus... Qui saura incarner la quintessence de l'idiotie ? Au royaume des idiots, le cinglé est roi et le maboul empereur"
    #588Verfasserrb22 Feb. 06, 08:36
    Kommentar
    M Panda venait de descendre. Dans l’obscurité il entendit de loin la voix de miel de Lorelei qui s’unifiait avec l’écho et le reécho du clapotis : « Viens Bärchen ! Ärchen ! Chen ! En ! »
    #589Verfasserbu08 Mär. 06, 16:42
    Kommentar
    Monsieur Panda suivit l’origine de l’invitation, zigzaguant dans le tunnel et arriva, après monter quelques mètres, dans un hall extraordinairement accueillant. Le sol était à moitié sous l'eau, inclus le gîte où Lorelei s’était allongée. Chaque pierre, chaque colonne, chaque bombement ; tout était de forme parfaite, la voûte à stalactites à la divine proportion constituait l’apothéose de l’architecture sous-terrain. Vingt à trente rayons de soleil isolés, des spaghettis fluorescents, parachevaient l’image de la grotte parfaite. Bref, ce monde mystique humide envoûtait M Panda. Emerveillé il regarda autour de soi : L’eau dégoulinait des parois comme des larmes des créatures fossilisées souterraines. Cette figure de rhétorique je ne l’utilise que pour reproduire l’impression qu’eut M Panda réveillé, déçu, voire dépité. Le logis de Lorelei, si beau projeté et effectué par le roc, l’eau et les siècles, on aurait vraiment dit que cette triade avait fait de la belle besogne, ce bijou était tapissé des posters de Tante Käthe, c’est-à-dire Rudi Völler. Panda était illico traumatisé par ce désenchantement.

    « Scélérate ! Elle a tapissé cette cathédrale d’harmonie, quel sacrilège ! Avec ce footballeur frisé si mal frisé ! » Un friselis l’infestait. Il haussa la voix : « T’as tapissé la grotte ? Vraiment, t’as pissé, ma chère… » se dit M Panda.

    « T’as di quelque schoos, Bärchen ? »

    « Non, non… c’est joli là, ton logis, oui, jamais je me serais imaginé quelque chose comme ça… » glosa-t-il.
    #590Verfasserbu08 Mär. 06, 16:42
    Kommentar
    « Wui, ici t’étonnes- tu, pas vrai ? » se réjouit-elle.

    M Panda ne comprenait pas. Il ne l’avait pas prêté attention. Il examinait Lorelei, allongée sur son lit, et c’était maintenant qu’il réalisa qu’elle l’attendait. Il frissonnait. Il faisait assez froid là-bas. Panda dit :

    « On y go ? Il est grand temps qu’on retourne… »

    « Et notre tête-à-tête ? » demanda Lorelei sidérée.

    « Tu veux dire tête-à-bête ? » eut la grossièreté de calembourer M Panda. Il ajouta après quelques secondes de pause rhétorique : « Annulé ! »

    Offensée Lorelei mit la couverture d’algue de côté et se leva. Entêtée elle mit sa queue de poisson. Panda n'en croyait pas ses propres yeux, bafouillant il demanda : « Comment est-il possible que tu… »

    « Ah, la queue détachable ? » demanda-t-elle, flairant l’occasion de séduire Panda, « C’est le standard parmi les sirènes jeunes, au jour d'aujourd'hui, la chirurgie plastique, tu sais… on peut s'offrir... »

    « Je n’aurais jamais cru… »

    M Panda ne termina pas la phrase comme il notait que Lorelei était en train d’essayer d’attirer son attention. D’une manière séduisante elle démontra comment elle pouvait détacher sa queue, comme par accident elle fit montrer une de ses fesses en ricanant… « Elle n’a toujours pas renoncé ! » se dit-il et l’invita de se préparer. Celle-ci regimbait mais fut convaincue de la nécessité de sa coopération. Elle mit un duffel-coat, prit son sac à main et dit pincée : « Also gut, gehen wir… »
    #591Verfasserbu08 Mär. 06, 16:43
    Kommentar
    cette Contribution n'est pas encore finie !

    patience s.v.p., merci !
    #592Verfasserbu08 Mär. 06, 16:45
    Kommentar
    Camille Yonneur déchargeait les pizzas dans le jardin et pas comme d'habitude dans les congé-lateurs au sous-sol de la Villa Keramanac’h. Bien sûr qu’il le trouvait un peu suspecte, mais bon, qu’est-ce qu’on veut, le client peut même régenter, donc il fallait pas maronner. « Ce Keramanac’h » se dit-il « quel drôle de mec… »

    Désagréablement Eronnais avait oublié d’éteindre son portable et maintenant celui sonna. C’était Nolwenn qui se demandait ce que faisait Didier, il faisait presque deux jours qu’ils ne s’étaient ni parlés ni vus - son trésor, il lui manquait. Egalement elle se faisait du souci pour M Panda qu’elle avait laissé descendre de voiture en humeur de chien noir…

    « Brrrr… m-m-m-er-d-d-e… brrr… j-j-j-e n’a-a-rri-riv-v-e p-p-pa-pas à-à-à… » Eronnais entra dans le coma glaciale.

    Camille Yonneur tapa deux fois la bâche du camion pour faire signe du départ et ne se deman-da pas pourquoi le policier ne répondit pas. Il monta dans la cabine et partit.

    Xuyna-Jue observait le départ de sa cachette sur un arbre de la propriété voisine. Comme il n’avait pas eu des muselières et ces maudites bêtes de chiens n’avaient pas eu l’intention d’arrêter de japper il les avait anesthésiés en leur frictionnant quelques feuilles d’herbe-à-chats au-dessous de leur nez, un anesthésiant naturel assez répandu en Chine. Il les avait attachés à l’arbre, on dirait au deuxième étage si on parlait des étages concernant les arbres ce qu’on ne fait pas, bien sûr, eh bien, ainsi il les avait laissés au branchage à une hauteur néfaste pour des créatures incapables de voler ou grimper. « Mon but politique d’empêchel l’élection de l’idiot du village, je le suivlais sans lépit… » se dit-il en descendant quand soudain il éprouva le contact avec un canon. A l’autre extrémité de la carabine était le voisin à la mode de Bretagne.
    #593Verfasserbu15 Mär. 06, 14:44
    Kommentar
    « Que fais-tu sur mon arbre, hein ? »

    « Excusez, Monsieul, je ne voulais pas insultel votle alble, excusez-moi mille fois ! »

    « Tais-toi ! Descends ! »

    Le chinois ni invité, ni désiré descendit en grelottant. Ce Breton n’avait pas l’air de rigoler.

    « Va t’en ! Non, reste ! Attends, faut réfléchir… »

    Le chinois profita de l'occasion et prit ses jambes à son cou.

    « Euh, ehh, stop ! »

    Le voisin carabiné tirailla, le chinois trébucha, se luxa la rotule, les chiens se réveillèrent, Ke-ramanac’h laissa tomber la mallette dans le salon, les chiens tombèrent et restèrent accrochés dans la ramure, le tireur sacrait, Keramanac’h vola au dehors et fut culbuté par le chinois qui à son tour boitait. Quel bordel ! Un des divers projectiles toucha le pneu gauche avant du camion de Camille Yonneur qui paniqua immédiatement et heurta avec un épouvantail en forme de mannequin. Didier Eronnais, réveillé par l’arrêt brusque du camion, roulait dans celui-ci et cherchait à ne pas lâcher ce billet suspect antérieurement trouvé, portant l’imprimé du Centre d’autopsie Death Care. Il était perforé une fois pour permettre de l’attacher par une ficelle à l’orteil d’un macchab. Sur le billet, il y avait quatre lettres et un point d'exclamation en écriture quasi illisible, Didier pouvait en déchiffrer seule la première, c’était un « S ». Dans le feu de l'action Eronnais avait souhaité-conclu que le cadavre correspondant devait être celui de la sirène. Le fait du manque des extrémités inférieures chez les sirènes lui forçait à abdiquer sa déduction même pas dix secondes plus tard.
    #594Verfasserbu15 Mär. 06, 14:44
    Kommentar
    Camille ayant détalé irréfléchi trouvait le Breton armé et les aérochiens qui, suite à leur tenta-tive vigoureuse mais désespérée de s’évader, tournaient autour le tronc comme les wagonnets d’un carrousel. Reffrayé il changea de direction et retourna à son camion, monta dans celui et accéléra à fond. Didier tomba de nouveau. Il se leva et s’assit sur la boîte raide au fond du bac. « Assis je ne tomberai pas ! » pensa-t-il.

    Le chinois, derechef confronté avec un mec aimable, balbutia : « Excusez, Monsieul, je ne voulais pas insultel vos chiens, excusez-moi mille fois ! »

    Une taloche était la réponse non-verbale, suivie par une explication : « Voilà une mandale, c’est similaire à mandala, donc tu dois t’y connaître, cynophage ! Là et là et là ! »

    Keramanac’h giflait Xuyna-Jue quelques fois et aurait continué si son voisin ne l’avait pas em-pêché :

    « Laisse-le ! C’est moi qui l’ai trouvé ! »

    Keramanac’h, pas habitué d’être intimé un ordre, respira pour gueuler mais changea de tacti-que devant le canon de fusil :

    « D’accord, de toute façon j’ai fini avec lui, voilà ! »

    Keramanac’h bouscula le chinois en regardant son voisin.

    « Glâce ! » pria le Chinois qui craignait les minutes à venir, « Glâce ! »

    Keramanac’h et son voisin se regardèrent.

    « Glâce ! Je vous plie ! »
    #595Verfasserbu15 Mär. 06, 14:45
    Kommentar
    Le voisin qui, contrairement à son apparence membrue, était assez paisible n’avait pas du tout l’intention d’amocher le Chinois. Au contraire : ce qu’il cherchait était un copain pour chopiner du calva. Il dit : « Non, tu viens avec moi ! Sur-le-champ ! » et l’entraîna à sa maison pour biberonner. Keramanac’h alla dans sa maison, son salon était toujours répandu par des billets verts. Plus tard, il avait l’intention, il préparerait la cérémonie de l’élection de l’idiot du village. Il fallait faire attention qu’il ne s’amusât pas trop longtemps en jouissant le grisbi. Le lendemain il voulait se présenter en pleine forme.
    #596Verfasserbu15 Mär. 06, 14:45
    Kommentar
    La promenade était bondée : tout le monde sauf les alités, les prisonniers et ceux qui travaillaient hors le tourisme s’amusait ou travaillait là comme tous les vendredis en vacance. La Pythie et Lars-Rüdiger paradaient main dans la main, celui-ci toujours allant en arrière à cause de sa main d’ombre cousue à l'envers – une démarche qui lui donnait l’allure même plus élevée, pensa-t-il. En accomplissant l’ordre de son chef de livrer la mallette à Keramanac’h la Pythie s’était détachée de chaque engagement et implication d'ici-bas. Elle était prête à suivre Lars-Rüdiger quelle que fût la direction à prendre.

    Près Heinz Heil et Bernd Fasten flânaient. Leur séjour de deux semaines toucherait à sa fin, dimanche midi ils partiraient.

    « Bernd, irgendwie mag ich noch gar nicht so recht nach Hause gehen. Es ist das erste Mal in meinen 35 Jahren als Polizist, dass ich lieber noch eine Woche anhängen würde als daheim Knöllchen verteilen gehen… »

    « Mir geht’s nicht anders, Heinz… »

    « Auch die Geschichte mit der alten Frau und ihrem Helmut Lang lässt mich nicht kalt… »

    « Ja, wir können nicht fort von hier, so, die Alte braucht uns doch… »
    #597Verfasserbu15 Mär. 06, 14:52
    Kommentar
    Ce moment - quand on parle du loup, on en voit la queue - la petite vieille au visage de pomme ridée apparut en compagnie de M le Curé. Les deux se promenaient les mains sur le dos.

    « Ahh, salut les gars ! ça va ? »

    « Bonsoir Messieus… » dit le Curé.

    « Bongsoir »

    « Einen schönen Abend… »

    « Messieurs ! » commença le Curé « je suis heureux de vous informer que j’ai réussi à prendre contact avec, ouch ! Madame !!! ça va ou bien, merde, mon arpion ! »

    La petite vieille au visage de pomme ridée lui jeta un regard fâché. M le Curé dansait comme un goujat pété tenant le pied endolori.

    « Putain, trois fois bordel de merde ! »

    « Nanana, Mongsieur, in Ihrer Funktion ! » exclama Heinz.

    « Was hat er denn gesagt ? »

    « Na, ich glaub etwas unanständiges, also ich meine etwas sehr unanständiges… »

    Lars-Rüdiger et la Pythie joignirent le groupe.

    Bernd Fasten les salua : « Ah, der Herr Literat und Preisträger, guten Abend, mein Herr… »

    « Pah, schnöde Auszeichnungen interessieren mich kaum ! Himmlische Medaillen, göttliche Weihe, ewiger Beifall und unbeschränkte Huldigung erwarten mich ! »

    La Pythie l’admirait de côté. Elle savait qu’ils partiraient tôt en voyage pour le ciel littéraire. Chaque fois Lars-Rüdiger articulait un synonyme de sa grandeur sa tête bougeait un peu à l'arrière et retour. La Pythie avait copié cette geste. L’effet était tel que maintenant une per-sonne sourde se serait imaginée à un concert Heavy Metal en raison de l’hochement de tête rythmique.
    #598Verfasserbu15 Mär. 06, 14:53
    Kommentar
    Fasten remarqua à son ami Heil : « Der ist aber ganz schön abgehoben, der Gute ! »

    Heil répondit : « Ja, dieses Gefühl habe ich auch… »

    « Psst, was flüstern Sie da ? » apostropha Lars-Rüdiger ses compatriotes, « logisch bin ich abgehoben, Höheres erwartet mich… Und ohne abzuheben, erreicht man schlicht und einfach keine höheren Sphären » et à soi-même il ajouta : « Ob die das verstehen ? »

    Heil et Fasten se regardaient désemparés.

    « Sie werden sehen, meine Herren, wie ich entschwinde ! Der Tag ist nah, eine Begleitung habe ich auch. Der literarische Himmel wird sich verdoppeln… qualitativ, meine ich natürlich. »

    La petite vieille au visage de pomme ridée interrompit la conversation, avec un sourire plein de satisfaction elle dit : « Messieurs, mon ‘Elmout Langue va venir ici, je l’ai contacté par télé-phone, c’était pas difficile, ouch… »

    M le Curé la regarda innocent : « Madame, la réticence des indications des sources, c’est un péché… »

    « Chut ! J’vous ai prié d’n’pas mentionner ça ! » elle se tourna aux amis Allemands : « Mainte-nant nous allons accueillir ‘Elmout Langue à la gare… M le Curé m’accompagne… »

    « Je me flatte pour vous, Madame… » et à Bernd il dit : « Stell dir vor, Helmut Lang kommt jeden Moment am Bahnhof an ! »

    « Da müssen wir hin… »

    « Voulez-vous m’accompagner, mes amis ? »

    « Adorablement, Madame ! »

    « Mais, vous allez rester sur votre quant-à-soi, hein ! »

    « Bien sûr, c’est promit… »

    « Was hat sie gesagt ? »

    « Keine Ahnung… »

    Le groupe laissa choir Lars-Rüdiger et la Pythie. D’un air olympien ceux-ci poursuivirent leur chemin qui les conduirait directement à la Valhöll des penseurs après le détour à la gare…
    #599Verfasserbu15 Mär. 06, 14:53
    Kommentar
    Didier Eronnais ne sentait plus ses orteils ni ses doigts.

    « Merd-de ! » dit-il.

    Il souleva la bâche et sortit en plongeant pendant que le camion roulait. Il tomba et se leva.

    « Chal-leur…cha-al-leur ! »

    Il faisait toujours assez chaud, mais Eronnais en voulait plus. Il passa une sauna et entra dans celle-ci, déshabilla et commença à décongeler. Après une demi-heure il se mit en route pour le poste de police où il voulait discuter sa découverte. Il habilla, paya à la caisse et sortit de la sauna.
    #600Verfasserbu15 Mär. 06, 14:54
    Kommentar
    Le groupe arriva au bon moment pour qu’ils pouvaient voire le train entrer en gare. La petite vieille au visage de pomme ridée frétillait, apparemment nerveuse. M le Curé, tout imperturba-ble, souriait devant l’émotion de la vieille femme, compatissant il la toucha à l’épaule et dit :

    « Vous allez voire, Madame, tout va clarifier, vous allez venir à bout de cette histoire embar-rassante ! »

    « Oui, c’est facile pour vous de parler ainsi, hein ! Vous ne connaissez pas les émotions inter-personnelles… »

    « Faut de la tranquillité, c’est tout. Madame, vous avez vécu une certaine période des années, vous avez vu beaucoup : la guerre, des crises économiques, des troubles sociaux, vous avez appris à traiter des situations délica… »
    #601Verfasserbu15 Mär. 06, 14:54
    Kommentar
    Au milieu de la phrase M le Curé prit la fuite. Le déclic c’était un homme épanoui qui penchait au-dehors du train et faisait signe avec son mouchoir : l’abbé de Brême. Le train arrêta, des passagers descendirent, des autres montèrent. Pullulait la masse, des cris se mêlaient, on heurtait, et le train se remit à continuer son voyage. L’abbé de Brême avait bien identifié M le Curé parmi les gens et alla vers ce groupe. Il se présenta et demanda pourquoi M le Curé s’était allé. Personne ne savait la réponse, mais tout le monde voulait l’accompagner à l’église après qu’il eut détaillé la raison de sa visite en Bretagne. Seul Lars-Rüdiger et la Pythie choisi-rent autre direction à prendre, mais s’en allèrent également. La petite vieille restait toute seule, et ainsi elle se sentait… les gens s’étaient allés, un couple à droite se serrait dans les bras, un chien aux puces errait sur les voies. La petite vieille attendait quelques minutes et, déçue, elle prit le chemin de retour. Quand elle tournait le coin, une main l’agrippa, elle tourna. Elle était face à face avec Helmut, son ‘Elmout.

    Celui-ci dit : « Tu es touschour aussi belle que à l’époque, ma Vénus ! »

    « Turlututu ! »

    « Non, vraiment… tu n’as pas vieilli ni un seul jour… »

    « Arrête, ‘Elmout ! »

    Il prit sa valise et bras dessus, bras dessous ils quittèrent la gare…

    « Pourquoi n’es-tu pas ve… »

    « Pst ! Pas maintenant… » répondit Helmut Lang. Les deux allèrent à maison de la petite vieille.
    #602Verfasserbu15 Mär. 06, 14:55
    Kommentar
    De loin M Panda reconnut Alice Noiraud attendant devant le poste de police. Quand elle aperçut M Panda elle devint nerveuse, gesticulait et disait quelques phrases en souriant. M Panda la salua et, comme il n’était pas en compagnie de Madame Untel, il présenta Lorelei à Alice Noi-raud et vice versa : « Madame Noiraud, Madame Lorelei ! Madame Lorelei, Madame Noiraud ! »

    « Enchantée ! » dit celle-ci.

    « Moi aussi… » répondit l’autre.

    « Entrons ! » invita M Panda les deux femmes.

    Aussitôt entré M Panda nota que sur le portemanteau dormait Mme Perroquette. D’abord il voulait l’acclamer et la serrer dans ses bras, mais ensuite il s’imaginait la distance de Paris à St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer : il préférait la laisser dormir et se reposer.

    « Attendez un peu s.v.p., Mesdames… Asseyez-vous, Madame Lorelei, asseyez-vous ! » dit-il et sortit un bloc-notes crayonna : « Keramanac’h – Mac Donald – Amériain », casa le bloc-notes dans le bureau, resortit celui pour rayer « Amériain » et griffonna « Américain ».
    #603Verfasserbu15 Mär. 06, 14:56
    Kommentar
    Alice était venue pour féliciter Bara Gouine de sa victoire sur M le Président du PNPC. Elle ne réalisait pas que Lorelei était une sirène à cause du Duffel-coat, elle saisit l’occasion pour entrer en contact avec cette femme, qui seul en raison de son sexe était une personne à allier :

    « Hmmm, et vous, Madame, comment allez-vous ? » demanda Alice.

    « Wie bitte ? » répondit Lorelei.

    « Ahh, bien, oui, excusez-moi, Madame, je n’avais aucune idée que vous n’êtes pas Française… j’ai voulu me présenter… »

    « Ohh, oui, bien sûr, pas de problème… »

    « Non, non, non, attendez, je vais vous expliquer… »

    Ce moment le portable d’Alice sonna.

    « Excusez-moi, Madame… oui, allô ? Ahh, c’est toi ! Oui… Oui… Oui… Non ?! Formidable !! Non, oui, j’t’ai dit, ouui ! Incroyable ça, hein ? Oui, ben, si tu dis… Bien sur, non… Eh bien… Voilà… Je vais t’assister… Oui… Bien sûr, oui, oui, volontiers… À bientôt… Oui, oui, oui… Non, je suis là au poste de police… Bah, non… Bara Gouine est revenue… des Etats-Unis, oui… bien, voilà… Oui, salut… Salu… oui, bien sûr, salut… Salut Augustin ! »
    #604Verfasserbu15 Mär. 06, 14:56
    Kommentar
    M Panda avait attendu la fin de l'entretien, en se tournant à Alice Noiraud il demanda : « Et vous Madame, quelle est la raison de me rendre visite ? J’espère c’est une qui fait plaisir… »

    « Oui, bien sûr, j’ai voulu voir Bara Gouine, mon as… »

    « Oui, volontiers. Drôle d’histoire, hein ? Votre championne est dans la cellule… Avec Raphall, en attendant ils ont appris à s’estimer… Allez-y ! »

    « Merci bien, M Panda, toujours vous êtes si poli ! » dit-elle « mais évidemment, » ajouta-t-elle déçue « évidemment la police locale ne peut rien faire avec Feng Shui ! Ainsi, personne ne doit être surpris que la police n’attrape jamais le meurtrier… »

    « Écoutez, Madame, j’ai bien encaissé à cause de votre Feng Shui … Maintenant que vous le mentionnez de nouveau j’aurais bien envie de vous accuser de la complicité des lésions corpo-relles ! »

    « Quoi ? »

    « Mon chef, il n’aimait pas du tout le nouvel ordre ! »

    « Pahh, votre chef, il est okay, mais pas un intellectuel… C’est par là où je trouve Bara ? »

    « Oui… » se borna M Panda à une seule syllabe.

    Alice s’en alla. Quand M Panda s’adressa à Lorelei il la trouvait toute blême. Il la demanda si elle ne se sentait pas à l’aise et elle répondit qu’il fallait qu’elle se rendît à l’eau douce pour quelques minutes. Panda réfléchit et expliqua que dans le jardin il y avait un puits dans lequel il devait avoir de l’eau de pluie : « C’est pas beaucoup et peut-être pas tout à fait fraîche, mais, pour survivre, ça suffira ! » Lorelei s’en alla pour se rafraîchir.
    #605Verfasserbu15 Mär. 06, 14:57
    Kommentar
    Entre-temps Alice avait été bienvenue par des expressions irreproductibles de la bouche de Gueaude-Michel Raphall ce qu’elle ignorait nonchalante.

    « Bara, félicitations, ma brave cœur ! »

    « Alice ! Merci, merci… Libères-moi ! »

    « Désolée, c’est pas possible. Aujourd’hui j’ai parlé avec Didier Eronnais, il m’a dit que vous restez séquestrés jusqu’à demain… »

    « Non, autre nuit avec ce monstre dans la même cellule… »

    « Oui, désolée, Bara… Mais, Monsieur saura se comporter. Récapitulons ensemble, Monsieur Raphall : Demain sera le jour du règlement au marché, souvenez-vous du pari, et si vous vous comportez bien ce soir, nous ferons preuve de clémence… »

    « Peut-être ! » précisa Bara Gouine avec un sourire.

    Raphall geignit et Alice se tourna à Bara :

    « Bon, ma chérie… »

    « Bon, ma chérie… » singea Raphall.

    « Fais gaffe, Gueaude-Michel ! Bon, ma chérie, je serais de retour demain midi… ah, j’ai failli oublier de te raconter. Augustin, l’agriculteur, vient de faire des expériences pour découvrir si c’est la couleur lilas des vaches qui incite Alphonse, le taureau, à s’accoupler avec les va-ches… »

    « Et ? »
    #606Verfasserbu15 Mär. 06, 14:57
    Kommentar
    « Bingo ! Ça fonctionne, ça marche, il est super chaud… »

    « Ahh, donc on ne peut pas m’accuser, oups… »

    « Voilà, vous affirmez ce que j’ai supposé… Merci bien, Monsieur, je vais le dire à Augustin, je vais lui rendre visite juste maintenant pour l’aider colorer ses vaches… »

    « À demain, Alice, merci de me visiter là… »

    « Salut, à demain, et encore une fois : félicitations ! »

    Alice s’en alla. Au bureau Panda interrogeait Lorelei comme témoigne. Alice regardait Mme Perroquette.

    « Oui, elle a fait une longue distance, cette Perroquette ! » se dit Alice pleine d’admiration, « Voyons, je m’en vais, au revoir… »

    Alice Noiraud sortit et monta dans sa Volkswagen Coccinelle pour aller aider Augustin à recolo-rant les vaches de lilas.

    Celui-ci avait bien préparé la débauche de couleurs : dans l’étable il avait érigé un vieux cham-branle d’une porte auquel il avait fixé quatre extincteurs remplis de la couleur lilas. Il ne fallait que conduire les vaches par cette douche et manier celle-ci. Et comme surprise il avait imperméabilisé le pelage d’une vache avec un pochoir.
    #607Verfasserbu15 Mär. 06, 14:58
    Kommentar
    M Panda et Lorelei avaient terminé le témoignage. Désobligée Lorelei s’était comportée rétive mais Panda l’avait pressé quelques détails importants grâce à sa bonne connaissance d’existence des diverses langues sirèniques et l’habitude de Lorelei de venir en Bretagne en été.

    « Par chance Didier m’a briefé… » pensa M Panda en parcourant le protocole. « C’est hyper intéressant ce que je viens d’apprendre… »

    « Madame Lorelei, je vous suis très reconnaissant de votre coopération… » remercia M Panda et la donna la main. Lorelei prit celle-ci et mit tout son charme dans la balance, avec un coup d'œil séduisant elle demanda : « Maintenant vous avez soir férié, pas vrai ? Je connais un endroit beau, à la mer, je vous montre, oui, on va nager, in Ordnung ? »

    Panda se leva et ouvrit la porte et conduisit la sirène au dehors : « Merci bien, Madame, avec votre aide on chopera le meurtrier… Merci et au revoir ! »

    Lorelei s’en alla, vexée, muette. Panda ferma la porte à clé.

    « On en sait jamais avec cette sirène mordicus… »

    Il s’assit et regarda le protocole, puis Mme Perroquette. Elle dormait toujours. « Je vais rester et coucher ici, je ne veux pas qu’elle réveille toute seule ! Mais d’abord, je dîne… »

    Il cuisina un plat précuit pour dîner et s’assit à la table. « Mince alors ! » se dit-il, « les prison-niers ! Il faut que je leur donne à manger… Voyons… Mhh, c’est pauvre ça, des galettes suédoi-ses et un bocal de cornichons… ça doit suffir, désolé… »
    #608Verfasserbu15 Mär. 06, 15:01
    Kommentar
    Il prit ce dîner et le porta aux prisonniers qui bougonnaient bien sûr. De retour Panda s’assit et commença à manger. On frappa et entendit une clé tourner, Didier entra.

    « Hoha ! Panda, j’ai découvert quelque chose d’intéressant… »

    « Chut, elle dort ! » dit M Panda en indiquant Mme Perroquette.

    « Oui, Panda, j’ai gelé pour trouver des indices, mais j’en ai découvert un ! »

    « Qu’est-ce qu’il y en a ? Qu’est-ce qui s’passe ? » demanda celui faisant des bruits.

    « Je me suis bien gelé mon cul pour faire l’investigation… mais, il a valu la peine… Regard ! » Didier sortit le billet de Death Care, mais M Panda s’intéressait surtout au fait que Didier avait gelé son cul, comme il l’avait articulé.

    « Mais, ici, ici, c'était la canicule, hein ! »

    « Oui, mais pas dans le camion de Yonneur, il transporte des aliments surgelés, et moi – la seule pensée me fait éternuer – j’y ai passé plus qu’une heure… »

    « Prends-là, du moins t’as une cause s’il faut vraiment éternuer ! »

    Panda sortit un sachet de la coco et fit deux lignes. Entre-temps Didier expliquait : « T’es un amateur des films policiers, non ? Ben, j’ai trouvé ce billet, il porte l’imprimé du Centre d’autopsie Death Care… Alors… »

    Didier fut distrait par la diligence de M Panda.
    #609Verfasserbu15 Mär. 06, 15:01
    Kommentar
    Euh, oui, et puis ce billet est perforé de la manière qu’on puisse l’attacher à l’orteil d’un mac-chab, tu le connais des films en noir et blanc, hein ? Bien, sur ce billet, quelqu’un a écrit quelques lettres, à bien prendre quatre, dont la première est un « S ». D’abord j’ai pensé que ça veut dire « Sirène », comprends ? Mais, premièrement, « Sirène » s’écrit avec six lettres et deuxièmement – et plus gravement – les sirènes ne disposent pas des jambes… »

    « Non, elles n’en ont pas, c’est vrai, Didier, mais ! Écoute : j’ai tapé le témoignage de Lorelei, il ne fait plus qu’une demi-heure qu’elle s’est allé… et maintenant, Didier, on avance, ainsi le boulot fai… »

    « Quoi, pourrais-tu s.t.p. en venir au fait, hein ? »

    « Ou-oui, d’accord : Lorelei, elle est la cousine des Morganes, les sirènes Bretonnes, et elle leur a servi d’interprète, signant du pseudo « Copa Cabana », tu te souviens ? Mais, pour l'amour du ciel, pourquoi voulaient-elles que nous croyions que c’était elles les meurtrières ? Lorelei n’en savait rien à dire, c’est-à-dire qu’il faudrait demander les Morganes… Mais en ce qui me concerne, j’en ai raz le bol des sirènes… Une espèce trop opiniâtre à mon goût… mais c’est une autre histoi… »
    #610Verfasserbu15 Mär. 06, 15:02
    Kommentar
    « Panda !! »

    « Ben, je lui ai demandé quant à des spécialités des Sirènes… »

    « Oui ? »

    « Et ce qui est la révélation la plus importante dans le contexte avec ton billet de Death Care c’est que les Sirènes, elles sont des créatures super époustouflantes, j’te dis, elles savent… »

    « Ta gueule !! Quoi alors ? »

    « Elles savent faire une mutation pour aller au plancher des vaches… elles savent se transfor-mer en bipède et leurs… »

    « Elles ont des jambes ??? »

    « Ouinon… »

    « Ouinon, je flippe ! »

    « c’est les deux : oui et non. Elle savent muter leur queue de poisson en jambes temporaire-ment, c’est ce qu’elle m’a dit… »

    « Incroyable ça ! »

    « Mais vrai, Lorelei, elle me les a montrées, elle avait des jambes bien que j’aie vu sa queue de poisson auparavant… donc, c’est vrai qu’elles peuvent avoir des jambes ! »

    « Mais, par conséquent, le billet, on aurait pu l’attacher à un orteil du macchabée ! C’est gé-nial… »

    « Mais, pas une preuve… mais attends, au-delà les Sirènes ont des poumons qui fonctionnent quarante-cinq minutes environ en air… »

    « Des jambes… Des poumons… C’est-à-dire qu’elles peuvent se rendre sur la terre ferme, donc c’est pas nécessairement l’eau où la sirène avait été tuée… »

    « Bon, si ton billet de Death Care est en référence à la sirè… Attends, la canicule, la surgéla-tion… Oui, ouf, bien sûr ! » commenta-t-il son illumination, « Le directeur de Death Care, il a dit que le macchabée a été chipé, hein ? Comment s’appelle-t-il ? N’importe ! »

    « Le directeur ? Je ne me souviens non plus de son nom, il est Américain, mais son nom… »

    « N’importe, j’t’ai dit… Quoi ?! » exclama M Panda « Il est Américain ?! Le directeur de Death Care est Américain ?! C’est vrai ? »

    « Oui, bien sûr, je me souviens bien de son accent… Pourquoi ? »
    #611Verfasserbu15 Mär. 06, 15:02
    Kommentar
    « Patience, d’abord les macchabs ! » dit Panda en sortant le bloc-notes, « Le cadavre de la sirène à été carotté du centre d’autopsie. Là, on réfrigère les cadavres, sinon ils décomposent promptement. L’essentiel avec eux c’est que la chaîne du froid n’est pas brisé jusqu’au moment de leur enterrement ou incinération, c’est-à-dire s’il faut transporter un tel macchab, de quoi se sert-on ? »

    « Panda, t’es génial ! » jubila Didier, « Puis mon pressentiment était juste ! Il est très probable que la sirène assassinée a été transporté en camion de Camille Yonneur, ha ! »

    « Mais… attends, Camille ? Camille, il est un type bien, je le crois innocent… »

    « Peut-être tout ça s’est passé à l'insu de lui ? » proposa Didier et réfléchit, « Mais oui ! Bête moi, crétin inapte, sheriff dada gaga bousillé, je pourrais m’arrêter en raison de ma bêtise, la boîte raide, elle a eu les dimensions d’une bière… Et je m’y suis assis, c’est mon cul qui trouve le macchab et pas mon cerveau… merde, je suis un idiot, c’est incroyable, ça… »

    Panda donna le bloc-notes à Didier : « Keramanac’h – Mac Donald – Américain ! Alors quoi ? »

    « Par hasard j’ai pu épier Keramanac’h parler avec un Américain hors le village, je ne les ai pas vus. Il s’agissait de la cession d’une large étendue de terrain, à titre onéreux, pour y ériger un MacDo… »

    « Un MacDo tu dis ? Et l’autre mec était Américain, comment veux-tu avoir découvert ça ? »

    « À cause de son accent bien entendu ! »

    « Donc, Keramanac’h vend du territoire public et empoche l’argent, c’est la corruption… »

    « Oui, mais c’est peut-être pas tout ? Écoute, le centre d’autopsie Death Care, c’est une édifica-tion super moderne, l’équipement médical est plus qu’à jour… »

    « Oui, on a l’impression… »
    #612Verfasserbu15 Mär. 06, 15:02
    Kommentar
    « Oui, exactement, et les gens ne peuvent pas y entrer et faire une promenade… Ce que je veux dire c’est que cet institut a adopté chaque pensable mesure de sécurité… »

    « Oui ? »

    « On n’y entre pas pour sortir en portant un macchab dans ses bras… Moi, je crois que c’est un employé du centre d’autopsie qui a volé la sirène morte… »

    « Et ensuite on l’a véhiculée dans le camion de Camille… je vais l’appeler tout de suite ! »

    Didier fit le numéro de Camille, mais celui-ci s’était déjà mit au lit. Ce jour, c’était trop pour lui.

    « Merde, il ne décroche pas… quelle heure est-il, Panda ? »

    « Huit heures et demie… »

    « Bon, je l’appellerais demain matin… » dit-il en appuyant sur le bouton arrête. Le même mo-ment le portable de Didier sonna.

    « C’est Camille, il doit avoir vu que je viens de l’appeler… ah non ! C’est Nol… Nol, allô, oui, bien sûr, non… Panda et moi nous avons progressé… Oui, Panda ? Oui, non, il est absolument content, Mme Perroquette ? Oui, elle l’a trouvé, mais elle dort, je ne crois pas qu’ils se soient déjà vus… Non, non, oui, le meurtrier, ben… Pas au téléphone, mais… Oui, bien sûr, ben, oui, à toute à l’heure… Oui, d’accord, salut Nol ! »
    #613Verfasserbu15 Mär. 06, 15:03
    Kommentar
    Quand Alice arriva à la ferme d’Augustin elle klaxonna, les poules échappèrent et Augustin sortit de la maison d'habitation. Alice rangea sa voiture derrière le poulailler. Une seconde les deux hésitèrent, les mains ne reçurent pas d’ordre du cerveau, comment réagir ? Comment saluer ?

    « On y va ? » demanda Alice pour qu’on faisait quelque chose d’autre que s’embarrasser.

    « Euh, oui, c’est par là… »

    Dans l’étable les vaches faisaint la queue, allégrement ils ruminaient et devisaient l’une avec l’autre.

    « Voilà, mon invention « Lilalisateur de vaches » ! Alice, pourrais-tu manier les quatres extinc-teurs remplis de lilas ? Je vais conduire les vaches l’une après l’autre par la douche… »

    « Oh là là ! Quelle délicatesse inventrice ! »

    Augustin rayonnait de joie.
    #614Verfasserbu15 Mär. 06, 15:05
    Kommentar
    Bon, ils se mirent à travailler. Chaque vache fut douchée, c’est-à-dire colorisée. A Alphonse ça lui coutait d’opprimer le meuglement comme il observait cette scène bandante par une toute petite fente dans la cloison en planches.

    Quand Augustin avait donné une tape sur le derrière de la pénultième vache, il dit à Alice qu’il fallait qu’il allât aux waters.

    « Mais Augustin, deux vaches à doucher, tu aurais pu attendre cela, hein ? » dit-elle, mais celui-ci s’était déjà cassé.

    « Vas-y, ma belle, vas-y ! » dit Alice à la vache qui allait d'un pas pesant, « Et maintenant toi, la dernière, ma belle, viens ici, je te donne un look d’enfer… »

    Et comme Alice projetait le lilas sur la vache, des caractères apparurent sur le pelage :

    « A. Envie de dîner avec moi ? A. »

    Timidement Augustin revint. Alice le regarda en riant : « Oui, ma grand-mère m’a toujours dit de me méfier de l'eau qui dort, galopin… »

    « Je ne percute pas ! »

    « C’est un oui, volontiers… »
    #615Verfasserbu15 Mär. 06, 15:05
    Kommentar
    Ils sortirent de l’étable, Augustin prit le balai qui était là et cogna le cochon qui dormait dans la boue. Celui-ci sursauta, decampa, groin groin, et traîna une corde à laquelle était attachée une toile tendue entre deux pommiers. La toile tomba et donna vue à une table soigneusement mise.

    « Ohhh ! » produisit Alice.

    « Merde, je l’ai oublié ! » dit Augustin en courrant vers sa maison. Il revint avec une aiguière « voilà ! »

    Les deux s’assirent et commençèrent à manger. Ils restaient assis et mangeaint un certain temps sans parler. Il était évident qu’Augustin voulait dire quelque chose dont il ne trouvait pas le début. Il dit :

    « Alice, je retirerai ma plainte… »

    « Oui, elle est obsolete maintenant, bien que Raphall devrait être infligé une punition… »

    « Oui, bien sûr, Alice, t’as raison… Mais… Regarde, sans son attentat je n’aurais jamais découvert l’effet du lilas sur Alphonse, mon taureau, et maintenant je peux saillir un nombre indéterminé des vaches et ça, ça… »

    Alice le regardait amusée : « Tu veux dire qu’Alphonse peut saillir un nombre indéterminé des vaches, hein ? »

    « Euh, oui, bien sûr… »
    #616Verfasserbu15 Mär. 06, 15:06
    Kommentar
    Augustin regarda Alice et pouffa de rire. Les deux ricanèrent jusqu’aux larmes et quand ils s’étaient calmés, Augustin se leva pour aller faire du café tandis que’Alice voulait aller regarder si leur action avait déjà produit un effet sur Alphonse. Cinq minutes plus tard les deux s’étaient assis de nouveau pour prendre le café.

    « Augustin ? »

    « Oui ? »

    « Puis-je te confier un secret délicat ? »

    « Bien sûr, Alice… » répondit Augustin, son cœur palpitait.

    « Si tu retire ta plainte… »

    « Oui ? »

    « Est-ce qu’on pourrait viser un accommodement ? Tu sais, les zizis de Raphall, ils ont été plastiqué… »

    « Ouai ? »

    « Bien, c’était moi… oui, je sais, c’était un faut, mais… bref : pourrais-tu proposer de retirer ta plainte à condition que lui il retire la sienne ? »

    Augustin la regardait avec un sourire : « On ne peut que te sous-estimer, Alice ! Bien sûr je vais t’aider, quelle question ? »

    Alice passa la main sur le bras nu et fort d’Augustin et dit : « Merci, Augustin… »

    Les deux se regardèrent et puis le coucher de soleil. Silencieux ils attendaient le lever de la lune…
    #617Verfasserbu15 Mär. 06, 15:07
    Kommentar
    Didier et Panda avaient entre-temps discuté comment ils voulaient avancer, le lendemain serait samedi, le jour du débrouillement public du pari entre Gouine et Raphall et en plus le jour de l’élection de l’idiot du village. Il faudrait téléphoner à Camille Yonneur et inspecter son camion.

    « Panda, je m’en vais, je suis déjà en retard… »

    « D’accord, j’ai sommeil, et j’aimerais me reposer avant que ma petite s’éveille… je dors ici. Demain à huit heures, ça va ? »

    « Bien sûr, c’est bien. Nolwenn va nous accompagner demain… bonne nuit, Panda, bonne nuit… »

    « Bonne nuit, Didier, à demain ! »

    Didier Eronnais s’en alla pour dîner avec Nolwenn. M Panda s’installa au sol. En regardant sa Mme Perroquette il songeait au temps de loisir après ce cas…
    #618Verfasserbu15 Mär. 06, 15:13
    Kommentar
    Après exposer toutes les connaissances du jour, un menu abondant et deux bouteilles du vin, Eronnais n’avait envie que d’aller à la maison et jouir d’un soir à deux. Nolwenn par contre aurait préféré aller flâner sur la promenade, mais l’argument de son Dididoudinais qu’il faisait l’éternité de 48 heures qu’ils ne s’étaient pas vus, séduisait son cœur romantique.

    Ils allèrent à la maison, et M Panda, il était endormi en regardant Mme Perroquette.
    #619Verfasserbu15 Mär. 06, 15:20
    Kommentar
    C'est ça pour cette contrib... j'ai finie pour cette fois !
    #620Verfasserbu15 Mär. 06, 15:22
    Kommentar
    Didier se réveilla au beau milieu de la nuit, il sursauta, un détail lui dérangea son repos nocturne : la boîte raide, ce coffre sur lequel il s’était assis !

    « Zut ! Il y en avait deux, premièrement, et quand je me suis assis, seulement une était là… mais l’autre, où est-elle ? Merde alors… »

    « C’est quoi, Dididoudinais ? Viens dormir, viens ici ! »

    « Camille doit l'avoir déchargée à la propriété de Keramanac’h… ahh, si notre conclusion est juste, on doit rendre visite à Keramanac’h demain… je vais immédiatement appeler Panda ! »

    Eronnais se leva pour aller au téléphone, mais Nolwenn le stoppa : « Attends, mon Dididoudinais, entre-temps Mme Perroquette doit s’être éveillée, tu ne veux pas les déranger, hein ? C’est leur première nuit dès longtemps, laisse-les, demain, ça sera suffisant… »

    Didier se coucha. Nolwenn l’enlaçait : « Tu te souviens de notre première nuit, mon Dididoudinais ? C’était d'une certaine manière ensorcelé… comme magique... Dididoudinais ? Didi ? Didi ? »
    #621Verfasserbu15 Mär. 06, 16:12
    Kommentar
    so, das musste noch sein! Nun aber bin ich fertig...
    #622Verfasserbu15 Mär. 06, 16:16
    Kommentar
    mal ehrlich: liest jemand diese Geschicte überhaupt?
    #623Verfasser...20 Mär. 06, 11:46
    Kommentar
    @...

    oui moi.
    #624Verfasserrb20 Mär. 06, 11:55
    Kommentar
    @...

    et moi
    #625Verfasserétiennette20 Mär. 06, 12:01
    Kommentar
    ...et moi aussi. Que d'idées mais aussi que de fautes, c'est vraiment dommage!
    #626VerfasserAnouchka20 Mär. 06, 12:22
    Kommentar
    3!
    #627Verfasser...21 Mär. 06, 12:43
    Kommentar
    @... z . e. t.
    die Masse ist dein Maßstab ?

    P'tain tu as raison points de suspension, je ferais mieux de lire la Bild Zeitung que d'écrire ici ces exercices d'improvisation.
    Dommage que cela me fasse tellement plaisir
    #628Verfasserrb21 Mär. 06, 12:57
    Kommentar
    @rb: ich finde es besser, du improvisierst hier, als dich mit der BLÖD-Zeitung zu langweilen

    Ich lese auch gelegentlich in diesem Roman - erinnert mich gelegentlich an Texte von Eckenga :-)
    #629Verfassermic21 Mär. 06, 14:28
    Kommentar
    Tiens, pour faire plaisir à points de suspension qui semble se chagriner je vais mettre du cul dans la suite (mais pas trop on est quand même sur Léo)
    #630Verfasserrb22 Mär. 06, 08:17
    Kommentar
    @rb: nicht jede Bemerkung, die Dir nicht passt muss umbedingt von mir sein ! Du leidest unter Verfolgungswahn !
    #631Verfasserzet, der ... definitiv nicht kennt22 Mär. 06, 10:19
    Kommentar
    " die Dir nicht passt muss umbedingt von mir sein !"

    Je m'en fous comme d'une guigne de cette remarque, je trouve cela plutôt amusant d'ailleurs. Il y en a qui ne peuvent s'imaginer que l'on écrive pour son plaisir. C'est seulement les 3 lettres et ton côté faux-jeton qui m'ont fait dire cela.

    "Du leidest unter Verfolgungswahn !"

    -> Mince? Depuis quand ? Ben non, tu vois je ne suis pas allergique à la bave de crapaud.
    #632Verfasserrb22 Mär. 06, 11:01
     Beitrag #633­ wurde gelöscht.
    Kommentar
    @Gala
    Chapeau Gala, je ne m'attendais vraiment pas à cela de ta part.
    Au moins tu sais passer l'éponge . Et surtout malgrés les divergences tu sais éviter les coups au dessous de la ceinture, contrairement à certaines personnes à fort indice de moralité, qui vous comparent à de l'ordure bonne à mettre à la poubelle.
    #634Verfasserrb22 Mär. 06, 13:31
    Kommentar
    @rb: c'est juste que je n'écris pas ici pour me quereller, et que je n'aime pas voir les autres le faire!
    Alors, Raphall? Et Perroquette? D'où viennent ces noms? On peut en savoir plus?
    #635VerfasserGala22 Mär. 06, 13:35
    Kommentar
    @Gala
    oh ? je suis un peu déçue... Comment se définir sans conflit ? Sans conflit pas de dynamique, mais bon, c'est vrai que pour cela il faut avoir les gens adéquats qui acceptent de se remettre en question eux même et leurs rapport au monde.. Il y a un fossé dans nos opinions sur ce thème, n'en parlons plus.
     
    Raphalle ? Madame Perroquette ? Aucune idée c'est du bu. Mais le Panda était aussi un perroquet dans son enfance colorée. Raphalle c'est peut-être une allusion à son caractère impétueux

    Quant à Gueaude-Michel c'est une prothèse mais je pense que tu avais remarqué

    Heinz Heil et Bernd Fasten --> heilfasten, heilfasten c'est jeûner pour la santé, un concept en vogue en Allemagne.
    #636Verfasserrb22 Mär. 06, 13:59
    Kommentar
    A tous ! HEILFASTEN en matière d'écriture vous ferait sans doute du bien.
    Un NON-SENS tous ces dialogues !
    Allez donc vider toutes vos grossiertés ailleurs !
    C'est dommage de faire cela à LEO.
    On le loue, on le remercie et là c'est QUOI !
    Un peu vils tous ces propos pour des linguistes !
    J'aurais toujours pensé que ces gens étaient d'une autre classe !
    Je me suis bien trompé !
    #637VerfasserYD22 Mär. 06, 17:09
    Kommentar
    @YD: au moins, c'est un texte qui vous fait réagir.. pourriez-vous éclaircir votre point de vue sans y mettre trop d'affect?
    #638VerfasserGala22 Mär. 06, 17:27
    Kommentar
    @YD
    "Un peu vils tous ces propos pour des linguistes "

    Certains et aines ont la langue chargée, ou pas dans leur poche, au choix.

    Jusqu'à présent, nous avons toute de même trouver un modus vivendi ... et celui qui n'aime pas et libre de faire autre chose.
    #639Verfasserétiennette22 Mär. 06, 17:34
    Kommentar
    @étiennette: bin bei Dir: bisher hält sich es noch im Rahmen, auch wenn man ab und zu eine Kröte schlucken muss...
    #640Verfasserzet, alias crapeau baveux22 Mär. 06, 23:06
    Kommentar
    J recherche la signification de "atao feal-das viken"; C écrit sur une bague qui m'a été léguée; j suppose q C du breton mais j n'en suis pas certaine. Si qq1 connait la traduction de cette phase, merci de m fR signe s'il vous plait.
    merci .
    #641VerfasserNadège01 Apr. 06, 18:47
    Kommentar
    atao = toujours
    feal = fidèle
    da viken = à jamais

    feal da viken = toujours fidèle à jamais
    En effet, cette inscription est située à l'intérieur des bagues bretonnes.
    #642VerfasserBre...02 Apr. 06, 11:12
    Kommentar
    En fait il faisait trop chaud pour être fraîchement amoureux. Pelotonnée contre Didier, Nolwenn n’aurait pourtant jamais songé à gagner un coin de drap frais, malgré la sueur qui lui coulait le long de la colonne vertébrale vers la cambrure des reins.

    Didier lui aussi, aimanté à elle par le magnétisme de l’amour n’avait cure de la moiteur. Mais il était fatigué tout comme son trait d’union et il étreignit Nolwenn une dernière fois avant de glisser sa main sur la hanche de Nolwenn et son cerveau dans le sommeil.

    La canicule cette « petite chienne », enfant naturel issu de la connivence synchronique de Sirius et du Soleil était un phénomène rarissime à St Plougtrifouillskell. L’haleine chaude des vents venus de l’intérieur avait pour une fois repoussé le souffle frais des vents du large. La nuit électrique était chargée d’orage.

    Nolwenn se réveilla tout à coup « Dididoudinais, tes poils me chatouillent » puis elle continua d’une voix ensommeillée « tu abuses des champignons, car sur les photos la sirène avait des jambes, tu te souviens ? "

    « Mais pas sur celle que tu avais prise lors de notre bain de minuit après le resto »
    #643Verfasserrb10 Apr. 06, 09:32
    Kommentar
    Pendant ce temps il faisait soleil dans le cœur d’Alice et dans sa tête régnait l’accalmie : Ses instincts et ses principes, ses désirs et ses idées semblaient réconciliés.

    « J’aime les vaches » dit-elle en soupirant d’aise

    Augustin acquiesça avec un bon sourire

    « Moi aussi, surtout les grosses laitières »

    « As-tu vu leurs grands yeux humides et doux »

    « Ah j’en ai connu une, c’était la préférée d’Alphonse, elle avait vraiment les plus beaux yeux que l’on puisse imaginer » dit Augustin d’une voix légèrement oppressée, ah la pauvre »

    « Que s’est-il passé ? »

    « Elle a eu une encéphalite spongiforme »

    « Oh quelle horreur dit Alice toute émue, la larme au coin de l’œil
    #644Verfasserrb10 Apr. 06, 09:36
    Kommentar
    La nuit avait déployé son manteau noir brodé d’étoiles, les bougies ne suffisaient plus. Augustin alluma de nombreux flambeaux.

    Alice applaudit.

    « Ce n’est pas tout, attends » dit Augustin en faisant des gestes incongrus puis incantatoires qui appartenaient à la fois au répertoire d’un sorcier vaudou à mi-temps et à celui d’un chef d’orchestre au comble de l’extase. Au bout de quelques instants des lampyres apparurent dans le ciel, à la portée des bras d’Augustin.

    Bien entraînés, ils formèrent un cœur avant de se disperser pour revenir en inscrivant le nom d’Alice en lettres phosphorescentes dans la nuit.

    « Quelle surprise Augustin, tu es dompteur de vers luisants, ah si seulement moi aussi j’étais biophotone… »

    « Tu brilles d’une lumière autrement plus intense » dit Augustin en s’agenouillant devant Alice.
    #645Verfasserrb10 Apr. 06, 09:38
    Kommentar

    Augustin essayait d’enlever la chaussure d’Alice

    « Mais Augustin » protesta-t-elle faiblement.

    « Laisse-moi Alice, je veux boire mon champagne dans tes chaussures »

    « Enfin Augustin, quel gâchis voyons ! Je porte des sandales »

    « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse »

    « L’ivresse avec un flacon sans fond ? »

    Augustin ayant réussi à ôter les sandales d’Alice, s’empara de ses petits petons et commença à les pétrir avec attendrissement.

    « Alice, laisse moi te faire un pédilingus » dit Augustin d’une voix rauque.

    « Un quoi ? » demanda Alice

    « Un pédilingus, c’est une spécialité très appréciée des féministes et des chèvres aussi si on y ajoute du sel. »

    « Je suis sur le point d’oublier que tu es un homme, donc mon ennemi » murmura Alice

    « hihi, ouaaaouaaaa,. hihi, ah toi avec tes giligilis!!! »
    #646Verfasserrb10 Apr. 06, 09:39
    Kommentar
    Au même instant des petites fusées de feu d’artifice lancèrent leurs bombes de couleur dans le ciel.

    « Oh oh, » fit Alice, admirant le spectacle.

    « J’ai programmé le feu d’artifice » alors qu’il parlait une fontaine lumineuse dériva de son orbite et atterrit dans le V du T-Shirt d’Alice

    Elle cria « Cela brûle ». Augustin se précipita sur le seau à champagne, enleva la bouteille et lança le contenu du seau sur Alice. Les étincelles s’éteignirent.

    « Ouah cria Alice, refroidie par les glaçons fondus en eau glaciale.

    La fontaine était neutralisée, mais Alice était toute mouillée.

    « Je t’aime dans ton T-Shirt mouillé, ma poule » murmura Augustin. « Je vais t’aider à l’enlever, sinon tu vas attraper froid »

    « Mais tu sais Augustin, que ce soit clair entre nous, Je veux avoir le dessus et je ne monte qu’en Amazone »

    « L’Amazone ? La forêt vierge ? Allez on ne monte qu’à l’étage, poupoule » dit Augustin en se dirigeant vers le bâtiment principal.

    #647Verfasserrb10 Apr. 06, 09:40
    Kommentar
    à suivre ma contrib n'est pas finie
    #648Verfasserrb10 Apr. 06, 09:43
    Kommentar
    Si la chouette, perchée sur une branche de noyer qui ondoyait au vent nocturne, juste devant la fenêtre de la chambre d’Augustin, s’était intéressée aux affaires humaines elle aurait arrondi, encore plus ses yeux globuleux chose en fait impossible puisqu’ils formaient déjà un cercle parfait.

    Elle aurait vu la lumière se faire et Alice retirer de sous sa jupe une cravache, peut-être même l’aurait-elle entendu dire avec une voix de dingue.

    « J’en ai dressé d’autres et crois moi, de vrais récalcitrants, le tout c’est d’être du bon côté du bâton ahah »

    Mais la chouette aperçut une souris et sourit de son sourire de chouette en fondant en silence sur sa proie.
    #649Verfasserrb11 Apr. 06, 09:23
    Kommentar
    Joyeuses Pâques et à mardi pour la suite
    #650Verfasserrb13 Apr. 06, 10:39
    Kommentar
    à demain j'espère pour la suite que je n'ai pas eu le loisir d'écrire malgré les jours fériés.
    #651Verfasserrb18 Apr. 06, 07:53
    Kommentar
    Bien entendu, Augustin, dont le trait d’union était redevenu une simple virgule ignorait tout du chouette de sourire de la chouette.
    Il avait d’autres chats à fouetter, seulement c’était lui plutôt que des chats innocents qui risquait d’être fouetté. Pauvres chats victimes des proverbes et des préjugés ancestraux qui viennent de la nuit des temps, transportés hétérochroniquement par l’inconscient collectif logé dans le cerveau reptilien de la multitude humaine..

    En fait, donc Augustin était ébahi par la subite métamorphose d’Alice qui était passée sans prévenir du stade de chrysalide à celui de cancrelat.

    Il s’arc-bouta et réussit à soustraire son bras aux menottes (celles en chair et celles en métal) d’Alice. Il dit d’une voix tremblante:

    « Mais tu as besoin de moi pour que Raphalle retire sa plainte.Poulette qu’est ce qu’il t’arrive poulette ? »
    #652Verfasserrb21 Apr. 06, 08:11
    Kommentar
    Une boulette de papier lancée par Lorelei réveilla le Panda. Un papillon bleu qui venait juste d’atterrir dans les songes de ce dernier s’envola par son oreille droite en emportant des lambeaux inutilisés de rêve luminescent. Le Panda se secoua et ouvrit les yeux. Il sentit le goût de pousse de bambous s’évanouir dans sa bouche à mesure qu’il se réveillait. Lorelei qui n’était pas un puits de sciences mais de vanité avait quitté son puits puis se tenait devant lui.

    Elle déplia une carte plastifiée intitulée « Carte Bretonne des Voies d’Eau Souterraines et Nappes Phréatiques à l’usage des Sirènes, de leurs Ayant Droits et Assimilés. » Le Panda loucha suffisamment vers la carte pour constater que toutes les voies d’eau semblaient reliées entre elles.

    Lorelei chercha un moment avant de pointer l’endroit où était marqué le puits du jardin du Commissariat

    "Puits avec point noir et point noir sur la carte veut dire eau sale," Elle répéta plusieurs fois "eau sale" d’un ton indigné si bien que l’on n'entendait plus que "salaud" à la place d’"eau sale".
    #653Verfasserrb21 Apr. 06, 08:13
    Kommentar
    « oh salaud,eau sale, oh salaud » répéta Lorelei . Heureusement Mme Perroquette dormait toujours. Le Panda choisit de ne pas répondre aux revendications sirèniques. Il avait un peu la trouille d’elle depuis qu’il avait lu que certaines sirènes entraînaient les sujets mâles rétifs à leur charme dans leurs Royaume afin d’ en faire leur esclaves. Il se rappelait l'épisode avec Mme Copa Cabana.

    Cependant un bruit monotone venant de la pièce d’à côté l’interpella non nommément.
    C’était le fax qui marchait sans répit tout en restant néanmoins sur place dans la pièce adjacente. Panda y entra, le sol était jonché de fax tandis que l’appareil continuait à cracher des feuilles avec une énervante régularité.

    « Qui envoie des fax au milieu de la nuit ? »

    Le Panda prit une feuille. Elle provenait du Ministère des Affaires Etrangères de Pékin :

    « Mr Eronnais,
    Suite à votre demande de vérification d’identité du citoyen de la République Populaire de Chine Xuyna-Jue, soi-disant poète mais plus certainement dissident et adversaire politique, nous vous envoyons ci-joint les données des citoyens suspects nommés Xuyna-Jue, au nombre de 48 756 pour vous permettre de choisir celui qui vous convient. »
    #654Verfasserrb21 Apr. 06, 12:49
    Kommentar
    « Ah zut ! soupira le Panda on n’aura pas assez de papier ! »

    Lorelei dehors sur le trottoir l’appela

    « Quoi? » fit le Panda

    « Viens, Bärchen » fit Lorelei qui était en train de soulever le couvercle d’une bouche d’égouts

    « Tu me traites de salaud car je t’ai fait dormir dans de l’eau sale et toi tu vas dans les égouts. Quel faute de goût ! » s’insurgea le Panda

    Lorelei dit :

    « Passage secret parallèle eau propre à boire »

    «Mais Lorelei je dois surveiller mes prisonniers Gueaude Michel Raphalle et Bara Gouine!»

    En effet là où ils étaient sur le trottoir devant le commissariat on entendait en provenance du soupirail de la cave qui servait de cellule, le bruit d’une conversation animée pour ne pas dire animale vu les grognement et onomatopées qui la ponctuait.
    #655Verfasserrb21 Apr. 06, 12:54
    Kommentar
    En effet, depuis une dizaine de minutes dans la cave à la lueur incertaine qui vacillait comme la pénombre d’un entre-deux mondes, Bara Gouine n’avait pu refreiner son envie de parler.

    « Je voulais vous parler de votre envie. »

    « Quelle envie ? Vous ne croyez pas que je vous envie tout de même ! » ricana Gueaude-Michel, en haussant les épaules devant l’absurdité de cette présomption.

    « Mais non andouille, je parlais de votre envie, votre tache de vin quoi, celle que vous avez sur le côté-là, je l’ai vue à Las Végas »

    « Ma tache de vin, c’est une longue histoire, cela date de mon ancêtre Godefroy de Boulle-Raphalle » commença-t-il

    « Deux Boules Raphalle ? » répéta Bara Gouine en faisant la grimace.

    « Je descends d’une famille noble, les de Boulle-Raphalle, une branche cadette a même donné un évêque, Masculinus Raphallus. Pendant la grande révolution, Godefroy de Boulle-Raphalle passa de la petite à la Grande-Bretagne et s’exila avec son frère Martial au Royaume Uni. Voulant soutenir la contre-révolution chouanne, Godefroy se porta volontaire pour participer avec d’autres émigrés au débarquement de Quiberon, financé par les Anglais, en juin 1795. L’opération fut un fiasco. Les divisions royalistes ne parvinrent pas à rejoindre les troupes vendéennes et furent encerclées par les Républicains. Godefroy fut fait prisonnier et on le fusilla à Auray ainsi que des centaines d’autres nobles compagnons d’infortune. »
    #656Verfasserrb25 Apr. 06, 10:34
    Kommentar
    « Et alors ? » ne put s’empêcher de demander Bara Gouine, captivée à son insu.

    « A l’heure exacte de la mort de son frère (heure qu’il apprit plus tard en lisant les protocoles de l’armée), Martial qui était à Londres ressentit une vive douleur sur le côté, une brûlure mordante comme un fer rouge. Il s’évanouit et quand il se réveilla, il portait une tache pourpre sur la peau. Avec effroi il constata que c’était la réplique de la tache aux formes bizarroïdes que son frère s’était fait tatouer lors d’un voyage en Ecosse.
    Godefroy qui était resté évasif sur les raisons de son voyage et sur la signification de son tatouage avait laissé seulement entendre « Qu’à partir de maintenant et malgré l’exil, nous serons à l’abri du besoin. »

    Martial essaya de retrouver sans succès le tatoueur de son frère. Dans ce temps les tatoueurs étaient des pirates qui oeuvraient dans les tavernes et les gargotes à marins sur les ports. Martial néanmoins ne réussit pas à en retrouver la trace.

    Privé de ressources et de nouvelles de son frère, Martial décida de retourner en France. Il y apprit avec chagrin la mort de son frère. Par représailles et simplement parce qu’il était le frère d’un traître, on lui donna le choix entre perdre sa tête ou sa particule. Martial opta pour la particule. L’Histoire, cruelle maîtresse qui broie les héros dans les mâchoires de son implacable dialectique, ôta donc le de Boulle à notre nom de famille. »
    #657Verfasserrb25 Apr. 06, 10:36
    Kommentar
    Bara Gouine qui ne descendait de nulle part sinon des marches de l’orphelinat marmonna :

    « Même s’ils ont choisi de perdre la particule, ils ne semblent pas avoir toute leur tête. »

    Bara Gouine avait un regard horrifié que Gueaude-Michel interpréta à tort comme un signe de compassion.

    « Oui c’est affreux, mais eux au moins, ils avaient la chance de vivre à une époque où les femmes n’avaient pas le droit de vote. »

    « Et où les hommes passaient des années à guerroyer » dit Bara Gouine.

    Gueaude-Michel fit mine de ne pas l’entendre et continua.
    #658Verfasserrb25 Apr. 06, 10:38
    Kommentar
    « Curieusement les descendants de Martial, tous des mâles bien entendu, avaient hérité de la tache pourpre. Ainsi mon ancêtre, Macho Raphalle qui travaillait dans la construction navale. En 1875, sa compagnie l’envoya en Ecosse où il sympathisa avec un constructeur de phares, Thomas Stevenson. »

    « Ami avec un constructeur de phares ? Pourtant ce Macho Raphalle ne devait pas être une lumière ! » dit Bara Gouine

    « Macho était sensible à l’esthétique des phares »

    « Thomas invita Martial chez lui et le présenta à son fils Robert, un jeune homme à la santé fragile qui parlait bien le français.

    L’été venu, Robert et Macho décidèrent de faire une virée en mer. Alors que le soleil dardait sur le pont du bateau, Macho se mit torse nu. Robert remarqua la tache de vin de Macho et pâlit : »

    « Exactement les contours de la carte dans mes rêves » souffla-t-il ébranlé. »

    « Macho lui expliqua l’origine de sa tache de vin. A travers son récit les figures de Godefroy et de Martial ressuscitèrent au milieu de la mer d’Ecosse. L’air sur le bateau sentait le cordage mouillé et le lichen trempé à l’eau salée. »

    « C’est tout ? » demanda Bara Gouine qui sans l’avouer était avide de connaître la suite
    #659Verfasserrb25 Apr. 06, 10:41
    Kommentar
    « Par la suite, Robert Louis séjourna régulièrement en France. Avant de descendre vers le sud, dont le climat espérait-il serait bénéfique à ses poumons malades, il ne manquait pas de rendre visite à Macho. Pourtant ce dernier se distança peu à peu de Robert trop peu viril à son goût. Macho Raphalle supportait mal le caractère fantasque de Robert et il n’avait que peu de compréhension pour les diverses obsessions qui hantaient ce dernier. Macho considérait par exemple que l’intérêt exagéré de Robert pour la tache de vin des Raphalle était obsessionnel tout comme sa fascination pour les personnalités multiples, « la personnalité de derrière la façade » comme Robert l’appelait.
    Il ne lut même pas l’exemplaire de « l’Île au Trésor » que Robert Stevenson lui envoya en y mettant une dédicace faisat allusion à la tache de vin . Les pages de ce livre n’étaient même pas découpées. Plus tard il reçut « Dr Jekyll et Mr Hyde » qui servit de support aux toiles des araignées du grenier.

    « C’est abracadabrantesque, inouï » fit Bara Gouine
    #660Verfasserrb25 Apr. 06, 10:42
    Kommentar
    « Oui et depuis tous les Raphalle sont porteurs de cette tache »

    « Mais si la tache c’était une carte ? Enfin peut-être que Robert a reconnu la carte parmi celles qui étaient étalées dans le cabinet de son père quand il était adolescent. Quand il vit la tache de Macho il crut que son rêve avait été prémonitoire alors qu’au contraire il n’était peut-être qu’une réminiscence. Et puis Godefroy est allé en Ecosse. Il faudrait vérifier chaque île et îlot où sont construits les phares. »

    Gueaude-Michel Raphalle semblait surpris de l’intérêt de Gouine pour son histoire.

    « J’ai interrogé mon médecin à ce sujet et il a dit, qu’en effet ma tache ressemblait à une carte, mais à une carte de Rorschach, celle qui évoque la figure du père »

    « Mais enfin comment se fait-il que la tache se transmette ? »

    « Adaptation évolutive, intelligent design, mutations accélérées, signe divin que sais-je, moi ! »dit Gueaude-Michel Raphalle. »

    « Moi aussi je suis porteuse de cette tache, papa » dit soudain Bara Gouine qui ne pouvait plus attendre l’avis d’Alice pour se révéler.

    Gueaude-Michel abasourdi tomba de sa chaise.
    #661Verfasserrb25 Apr. 06, 10:44
    Kommentar
    Le destin en frappant sous l'aspect d'une fille illégitime, avait mis Gueaude-Michel KO. On entendit au même moment un bruit qui fit diversion dans ce moment trop grave

    Pata poum ! pata pata poum poum , pata poum poum .

    « Zut !» fit le Panda qui dégringolait l’escalier non éclairé sur le derrière et se cogna pour couronner sa chute dans la grille de la cellule.

    Il se frotta le crâne endolori

    « C’est fini ce boucan ? Vous devez dormir pour être en forme. Le public attend le résultat de votre pari, demain matin sur la place du marché. »

    Personne ne répondit, Gouine était penaude et Raphalle toujours par terre.

    « Bon fit le Panda satisfait, maintenant je vais pouvoir enfin redormir. Je n’ai qu’à recharger le papier du fax et à rejoindre Mme Perroquette. Il remonta en tâtonnant et grommelant dans le noir.

    L’aube d’un jour important ressemble t-elle aux autres ? En apparence, oui mais en vérité sentir, elle est parcourue d’ondes qui vibrent des attentes, des désirs ou des craintes des âmes. La lumière était laiteuse et le jour encore paresseux, comme s’il hésitait à naître.
    #662Verfasserrb25 Apr. 06, 10:48
    Kommentar
    « Super ! fit Yann- Loïc en consultant le chronomètre, tu as fait un super temps Gweuzette de mon cœur »

    Il regarda le plateau que portait Gweuze sur la paume d'une seule main, l’eau n’avait pas débordé des deux verres à pied et la bouteille aussi était intacte

    « Ben si tu cours comme cela cet après midi ce sera toi la championne des garçons de café. »

    « Oui mais sois là m’encourager, Yannig » dit Gweuze à Yann- Loïc

    « Oui j’espère que Mickey va enfin débarquer sinon il faut que je trouve un remplaçant pour s’occuper du Club Mickey. »

    « Et après la course on ira ensemble à l’élection de l’idiot, l’ambiance va être super et on a tous le droit de voter »

    « Il est super tôt, regarde les voitures sont en train d’arriver pour le marché, ils n’ont pas encore monté les stands. Si on roupillait un peu ? »

    « Mais n'oublie que ce matin c’est un jour spécial sur la place du marché. On va apprendre le résultat du pari de Raphalle et de Gouine »

    « Raphalle, mais je l’ai rencontré sur la promenade, un drôle de mec quand même »
    #663Verfasserrb25 Apr. 06, 11:57
    Kommentar
    @rb : vas-tu continuer cette contrib ou est-elle terminée ?
    #664Verfasserbu27 Apr. 06, 11:04
    Kommentar
    terminée
    #665Verfasserrb27 Apr. 06, 12:12
    Kommentar
    « Le tout c’est d’être du bon côté du bâton ! » cita Augustin Alice, « Oui, ma vachette, mais ce bâton, je le prends pour une image, une métaphore, un symbole. Ce bâton incarne ta dépendance. A cause de la dissuasion, votre équilibre de la terreur avec vos plaintes, tu dépends de moi, ma canardette… c’est moi qui suis du bon côté… »

    Augustin qui ne comprenait pas du tout le comportement bizarre d’Alice fut interrompu par son chat qui glissa dans la chambre et lui fit signe de le suivre. Augustin et Alice sortirent de la chambre et du champ de bataille et allèrent au dehors : les vers luisants dansaient et tournoyaient. Quand Augustin et Alice arrivaient les lampyres s’organisèrent et formèrent une écriture :

    « Ar garantez oc'h en em gaout - an ibil kig o vont… » mais ce moment un clan des chauves-souris passa et dévora presque tous les lampyres.

    « Ahh, quelle dommage… qu’est-ce qu’ils ont voulu nous communiquer ? On ne saura jamais… » dit Alice.

    « Oui, quelle bêtes de chauves-souris… c’était un avis pour nous, je crois… »

    « Ahh merde ! »

    « Regarde, Alice, le lever du soleil… » répondit Augustin et regarda sa montre, « Euh, quatre heures et demie… il est tard… »

    « Oui, laisse-nous aller nous allonger, c’est le jour aujourd’hui : le pari entre les représentants des sexes et puis l’élection de l’idiot du village, il faut que je sois en forme… »

    « Oui, et, ma chère Alice, oublions la maille que nous avons eue à partir, d’accord ? »

    « D’accord ! »

    Les deux allèrent se coucher, bien fatigues et pacifiques.
    #666Verfasserbu04 Mai 06, 13:36
    Kommentar
    Lars-Rüdiger et la Pythie avaient passé la nuit dans un dépôt vacant auquel l’intrigue imaginative les avait amenés. Les pas résonnaient, on soulevait, en marchant, une épaisse poussière blanchâtre qui prenait à la gorge. Le dépôt avait été désaffecté longtemps, un zinc improvisé, des mannequins déco et des boules à facettes indiquaient que ce local avait été utilisé comme disco au black par les jeunes. Peut-être pour les boums Tek Noz qui étaient à la mode à l’époque.

    Les rayons de soleil matinal glissèrent par les fenêtres et firent étinceler les pièces de la mosaïque des boules à facettes. Les mannequins ponctuellement illuminés émergeaient de la poussière planante comme des anges. Un chat vadrouillant interrompit le silence de mort en faisant tomber une canette vide de Red Bull. C’était ce bruit et son écho qui mirent fin au néant, un effet qui amplifiait l’ambiance céleste.

    « Je y suis ! On y est ! La porte du ciel ! »

    La Pythie accorda : « Oui, mon chéri, tu as réussi ! »

    La Pythie agrippa la main à l’envers de Lars-Rüdiger, quel moment émouvant ! Lars-Rüdiger demanda :

    « Es-tu prê ? »

    « Oui, je suis prête ! »

    « Bong, maintenant on va nous donner des instructions ! »
    #667Verfasserbu04 Mai 06, 13:41
    Kommentar
    Ce moment dehors deux gamins passaient en blaguant, ils se dirent des gros mots l’un à l’autre. Lars-Rüdiger perçut les voix enfantines ce qui concordait absolument avec son expectative des anges. Il ne comprenait rien sauf une expression parce qu’il en avait entendu parler plusieurs fois ces jours : « Idiot du village ! »

    « Ahh, der erste Schritt richtung himmlischer Ehre ist die weltliche Entehrung. Das macht absolut Sinn, ja, die Ehre auf Erden ist sozusagen der Antipode zur überirdischen Glorie ! Écoute chouchoute : je vais deviens l’idiot de village, c’est mon schemin ! »

    « Si tu dis… Quel dommage qu’il n’y a pas le poste de l’idiote du village… »

    « Oui… à la salle des fêtes ! »

    « Je t’escorte n’importe où ! »

    « C’est la salle des fêtes ! »

    « Bon on y go ! »

    Les deux partirent vers le lieu de l’élection.
    #668Verfasserbu04 Mai 06, 13:43
    Kommentar
    Le Maire, M Keramanac’h s’était réveillé tôt ce samedi. Pour se mettre dans l'ambiance de sa gloire il avait écouté milles fois « Le temps des cerises » en remplaçant les paroles par le trident « FKK » comme il ne se souvenait plus du texte original et finit par s’abandonner à la mégalomanie. « FKK ! FKK ! FKK ! » scandait-il devant le miroir en examinant son attitude et son contenance.

    Les chiens somnolaient tout près de la cheminée. Keramanac’h devait s’habituer à leur nouvelle apparence qui s’ensuivait de leur séjour involontaire sur l’arbre du voisin la veille : le cou extrêmement distendu par la force centrifuge les chouchous du Maire paraissaient être le résultat d’un croisement entre un Pitbull et une girafe de petite taille. Le pragmatiste Keramanac’h pensait les brouetter à la prochain réunion des amateurs des chiens. Celles-ci, illégales, avaient lieu à huis clos, bien entendu, mais comme maire on disposait des indics, c’était un jeu d’enfant pour Keramanac’h d’en trouver un et d’y aller. Le cou longue de la girafe, la denture forte des Pitbulls combiné avec le caractère mis à la disposition par la nature et amendé par le maître himself rendaient ces chiens-girafes de combat imbattables et donc lucratives.

    « Mais bon… » admit le maire en regardant les créatures qui n’arrivaient guère à lever la tête, « ils ont besoin du training et du drill ! »

    Il les grattouilla et sortit son grigri, une tête réduite de l’Afrique, du placard. Quoique raciste de naissance, dans sa jeunesse, il avait voyagé le continent noir pour des raisons nostalgiques. Il avait parcouru les anciennes colonies françaises, ballotté entre dédain pour les indigènes et admiration devant les chefs des tribus primitives qui régnaient en se foutant des broutilles philosophiques et politiques à savoir liberté, égalité et fraternité.

    Il empocha son grigri, regarda les chiens compatissant et s’en alla.
    #669Verfasserbu04 Mai 06, 13:44
    Kommentar
    Le téléphone sonna. M Panda sauta pour que Mme Perroquette qui dormait toujours ne fût pas réveillée. Il décrocha et entendit Didier :

    « Panda, c’est moi, je vais être au poste de police dans une demi-heure, c’est bien ça ? »

    « Euh oui… »

    « Ça va ? Comment était la nuit ? »

    « La nuit ? Bonne… »

    « Et Mme Perroquette ? »

    « Elle dort… »

    « Toujours ??? »

    « Oui, attends… Oui, elle respire… »

    « Bon Panda… d'ailleurs tu pourrais relâcher Gouine et Raphall… »

    « D’accord… »

    « Bon, à bientôt… » Didier raccrocha.

    M Panda dit : « Oui, Didier, à bientôt… »


    M Panda descendit l’escalier et ouvrit la porte de la cave : « Allez-y, vous êtes libres… Le petit-déjeuner ne sera pas servi. On a besoin de la cellule pour d’autres… »

    Comme Panda tourna les talons en terminant son message il ne se rendit pas compte de que Raphall était toujours par terre, dans les pommes. Bara Gouine avait essayé de le réveiller. Mais son père avait reçu un tel choc que l’émotion l’avait abattu. Après mettre la tache de vin de son père et la sienne en parallèle Gouine était abasourdie : L’étendue et la forme étaient tout à fait les mêmes. Elle décidait de ne pas pouvoir y aller au marché pour humilier son père en public. Peut-être jamais, peut-être pas ce jour, elle ne savait pas.
    #670Verfasserbu04 Mai 06, 13:46
    Kommentar
    Nolwenn et Didier sortirent de la maison, bisous sur le seuil de porte. Nolwenn allait à l’Ouest-Éclair. L’élection de l’idiot du village lui apportait une journée de travail de plus. Au bureau Penn Marc'h était en train de rédiger l’article sur la liaison d’un certain télé-journaliste avec un sbire de la politique locale et ignorait qu’il pelletait la neige fondue : Klask Penn et Gwyon Kerinvel s’étaient cassées sous le coup de la réprobation générale potentielle. La fuite d’un couple clandestin devant les principes moraux, cela fait bien les histoires romantiques.

    A l’élection de l’idiot du village la presse ne serait représentée que par l’Ouest-Éclair. Télé Brétonnante, l’entreprise unipersonnelle, était du temps jadis. Le monopole longtemps brigué et finalement atteint par Penn Marc’h lui garantissait la manipulation d’opinion à cœur joie. De mèche avec le maire il avait donné son accord pour un panégyrique dans l’édition de fin de semaine. L’article sur l’élection de l’idiot du village, il l’avait déjà composé. Avec les photos qu’allait prendre Nolwenn ça serait plutôt un roman-photo qui en découlait qu’un reportage objectif.

    Mais premièrement, pour la matinée, Nolwenn avait prévu de faire un article sur la parade des pompiers et la course des garçons. Pour des raisons d’efficacité la parade terminerait là où la course des garçons succéderait sur l’heure : à la place de Barzaz Breiz.
    #671Verfasserbu04 Mai 06, 14:46
    Kommentar
    Nolwenn y alla, mais ni un pompier y était. « Bizarre » se dit-elle, « c’est comme si la parade et la course n’ont pas lieu… » et vraiment, Keramanac’h avait ajournée ou bien annulée la parade des pompiers sans autre forme de procès par représailles. Il y avait deux semaines que les sapeurs-pompiers volontaires du village s’étaient plaints de que leur équipement était suranné et que la lutte réussie contre les incendies n’était plus garantie ce qu’ignorait Keramanac’h avec largesse d'esprit.

    Ce samedi matin le chef du corps de pompiers avait appelé le Maire pour insister sur leur exigence. C’était la tâche de Yann-Ber Kerosen de lui mettre à la disposition son oreille parce que le Maire n’en avait pas envie. Kerosen avait du mal à comprendre le nom de son interlocuteur à cause de la mauvaise réception et le pria de l’épeler : « Ringard, R-i-n-g-a-r-d, non… non… non, bon sang… oui, oui… bon, Ringard et le nom de famille c’est Tisonnier… attendez… T-i-s-o-n-n-i-e-r, non… oui, oui, c’est ça ! »

    Keramanac’h vit rouge quand Kerosen ânonna le nom : « R trait d’union i trait d’union n trait d’union g trait d’union a trait d’union r trait d’union d espace T trait d’union i trait d’union s trait d’union o trait d’union double n…
    #672Verfasserbu04 Mai 06, 14:46
    Kommentar
    « Ta gueule ! Ça suffit ! » cria Keramanac’h qui, ignorant en langues, prit le trait d’union pour trade-union, le syndicat ouvrier corporatiste en Grande-Bretagne, lui qui détestait tous les syndicats a priori et a fortiori ceux-ci qui l’importunaient sans sujet. Furibond il dit : « Ils vont se repentir de leur hardiesse : Annulons leur parade ! »

    La raison pourquoi ni un membre des sapeurs-pompiers volontaires du village apparut à la parade abrogée c’était que Ringard Tisonnier pour sa part avait appelé les pompiers de boycotter la parade pour jouer un tour de cochon au maire. C’est l’équilibre des coups de griffe.
    #673Verfasserbu04 Mai 06, 14:50
    Kommentar
    Lorsque Nolwenn voulu partir de la place de Barzaz Breiz elle perçut des cris d'enfants : « Mickey ! Hé Mickey, Mickey, regarde-moi Mickey, Mickey… ». C’était Yann-Loïc en compagnie d’une horde de gosses.

    Le moniteur du Club Mickey n’avait pas réapparu. Entre-temps les enfants avaient adopté Yann-Loïc sans hésitation et il avait hérité le surnom de son devancier. Il était la superstar parmi les enfants, toujours flatté, toujours entouré.

    Après avoir dormi quelques heures il était allé au Club pour s’y occuper des enfants. En même temps il avait promis d’y être à la place de Barzaz Breiz pour soutenir Gweuz. Quel dilemme ! Yann-Loïc savait en faire de nécessité vertu : tous les enfants l’accompagnaient à la course des garçons. Ce moment là tous les participants de la course apparurent, c’est-à-dire un groupe de garçons ados. Quand Gweuz arriva, elle s’inscrit tandis que les gamins riaient de la garçonne de café :

    « Eh, Gweuz, donne-moi une café et une croissante s.t.p! »

    « Ho garçonne, qu'y a-t-il à la menue ce soir ? »
    #674Verfasserbu04 Mai 06, 14:53
    Kommentar
    Les garçons riaient. Mais Gweuz ne se décontenançait pas du tout et dépassait la concurrence à l'aise. Yann-Loïc et son chœur d'enfants jubilaient.

    « Ni un pompier ! » se réjouissait le Maire en conduisant en voiture à travers la place avec direction de la salle de fête. Il croisa Eronnais et Panda qui, pour leur part, conduisaient dans la direction opposée c’est-à-dire vers la maison du maire.

    « Ahh bon » dit M Panda « si ce salaud n’est pas à la maison… »

    « Mais tu n’es pas prévenu contre Keramanac’h ? »

    « Moi ? Non… mais bon, je ne l’aime pas… »

    « Moi… je le dédaigne… Quoi qu’il en soit, on a champ libre pour la perquisition… »

    Panda sourit. Les deux se taisaient. Après quelques minutes Didier parqua la voiture à quelques dizaines de mètres de la propriété du Maire.
    #675Verfasserbu04 Mai 06, 14:55
    Kommentar
    Devant celle Eronnais et Panda se divisèrent, ils voulaient passer le jardin et puis la maison au peigne fin pour trouver des indices du macchabée. Eronnais à gauche et Panda à droite les deux fouillaient le jardin : partout de la merde de chien. Eronnais descendit un escalier qui menait dans la cave de la maison. Une porte remplissait son office en barrant le chemin à l’indésirable. Didier sortit son rossignol et ouvrit la porte sans aucun problème. Dedans l’obscurité l’aveuglait. Il se mit à tâtonner le long des murs pour trouver l’interrupteur. Après quelques mètres le voilà, Didier alluma la lumière et vit un coffre, le deuxième coffre dont il s’était souvenu pendant la nuit. Celui-ci, oblong, semblait parfaitement convenable pour garder un cadavre. Le policier s’approcha, s'agenouilla et aspira à pleins poumons. Il se mit à soulever le couvercle lourd, le grincement qui en résultait aurait fait frissonner les enfants spectateurs au guignol, mais Eronnais ne sourcillait guère. Il s’était attendu à un spectacle horrible : l’air de la victime horrifiée, pétrifiée au moment de la connaissance du meurtre imminent, de la chair en état de putréfaction avancée et de la puanteur.
    #676Verfasserbu04 Mai 06, 14:57
    Kommentar
    « Quelle saloperie ! » se dit M Panda en nettoyant sa chaussure, « Que je déteste les jardins où les chiens chient partout ! »

    « Aïe !!!!!! » - un cri d’effroi.

    « Didier, je viens courir au secours ! »

    Il précipita, trouva l’escalier, dégringola et entra. Il vit Didier assis sur le coffre, tout pâle.

    « Là-dedans ! » chuchota Didier.

    « Quoi ? » murmura Panda dans un souffle. « Est-elle dedans ? »

    « Cherchant à sortir… »

    « Quoi !? » essaya Panda à exprimer l’étonnement absolu en susurrant.

    « C’est abominable, j’te dis… Calvitie… Moustache… »

    « Une moustache ? »

    De dedans on entendait un han suivi par des mots sourds.

    « Elle parle ? »

    « Elle ? Je ne pense pas que ce soit une femme, regarde, t’es prêt ? »

    Panda sortit son révolver et dit : « Oui ! »

    Eronnais sauta du coffre, le couvercle fut relevé, un homme apparut. C’était le bonimenteur moustachu. Celui-ci dit : « Excusez-moi, Messieurs, je n’a pas eu l’intention de vous terrifier, désolé… Bonne journée… » ajouta-t-il en sautant du coffre et se tournant pour ficher le camp. De réaction prompte Didier le saisit au col.
    #677Verfasserbu04 Mai 06, 15:00
    Kommentar
    « Attendez ! Police ! »

    L’autre, fluet et selon toute apparence plus intello que physiquement fort, résigna immédiatement.

    « Et, c’est qui ? » demanda Panda.

    « Demande-lui ! » était la réponse pragmatique d’Eronnais.

    « Votre nom ? »

    « Je suis le bonimenteur moustachu… »

    « Je n’ai pas demandé votre caractéristique mais votre nom, Monsieur, alors, vous accouchez ? »

    « Je n’ai pas de nom… »

    « Pas de nom ? Menteur, tout le monde a un nom… »

    « Non, Panda, attends ! Tu te souviens du directeur américain de Death Care ? »

    « Oui… »

    « Il n’en a non plus… »

    « Voyez Monsieur… Monsieur… euh, et votre nom ? »

    « Mon nom ? C’est M Panda ! »

    « Mais, vous me mettez en boîte, hein ? M Panda ? Vous êtes un panda, ça je vois, mais votre nom ? »

    « M Panda, je viens de le dire… »

    « Mais, ce n’est non plus un nom ! »

    M Panda réfléchit et finit par dire : « Il y a du vrai ! Bon, mais qu’est-ce que vous faites là dans la maison du Maire, hein ? »

    « Bon, écoutez, Messieurs, on pourrait sortir et aller dans un restaurant. Là je vais expliquer… j’offre les boissons ! »

    « Non ! Illico ! »

    « Bon, hmmm… Alors, j’y suis venu parce que je suis… je suis un… un touriste, oui, un touriste, et au delà un prof de la science politique… et bon, j’ai voulu… alors, j’ai voulu… pour le prochain semestre j’ai voulu collaborer avec un politicien en chair et en os pour des raisons éducatives… »
    #678Verfasserbu04 Mai 06, 15:01
    Kommentar
    « Oui, bien sûr, éducatif ! » dit M Panda et leva la main pédagogiquement. Didier le retint. Panda cria : « Vous allez tout de suite expliquer pourquoi vous êtes venu à la propriété de Keramanac’h et ce que vous cherchez, entendu ?! »

    Didier ouvra le coffre avec ostentation : « Et pourquoi vous venez de vous ca… o là là ! »

    Les trois regardaient l’intérieur du coffre, là, il y avait beaucoup d’argent. Panda et le bonimenteur étendirent leur bras pour saisir les billets. D’un ton impérieux Eronnais : « Touchez pas au grisbi ! »

    Panda demanda : « C’est votre argent ? »

    « Euh, ou-i… euh non, j’veux dire… bien que je me sois caché dans ce coffre, je n’ai pas remarqué tout cet argent… »

    « Vous n’avez toujours pas expliqué la raison de votre visite dans la maison du Maire ! »

    « Vous non plus ! »

    « Ça alors ! » s’emportèrent Didier et Panda parallèlement.

    Ce moment-là, de haut on entendait un son bizarre qui rappelait l’aboiement des chiens. Mais comme s’ils avaient poussé leur cri par un trombone, le bruit était très métallique. Les trois tressautèrent.

    « Je vais regarder ce qui se passe en haut, tu restes avec lui… » dit Eronnais et s’en alla.

    Panda attendait jusqu’à ce que son chef ait disparu, puis il s’adressa au bonimenteur : « Je m’attends à ce que vous accouchiez ! Si vous ne coopérez pas, je vais appliquer mes trucs Chinois. On ne dirait pas que ce pays est l’origine des droits de l'homme. Allez, écoutez : vous allez trahir… hé, je vous cause ! Parbleu ! »

    Comme le destinataire de l’avertissement ne réagit guère, M Panda lui aboula une paire de baffes pour souligner sa détermination : « Les voilà ! »

    Eronnais revint : « C’était les chiens, ces foutues bêtes foutues… »

    « Ahh bon… » fit Panda et regarda le bonimenteur d’un air menaçant.
    #679Verfasserbu04 Mai 06, 15:05
    Kommentar
    Le bonimenteur moustachu se taisait. Apparemment il avait reconnu que sa situation était sans issue. Il s’apprêta à révéler : « Je suis le responsable de l’équipe nationale américaine du rugby subaquatique… »

    « Allez, pas d'histoires ! » interrompit M Panda fâché.

    « C’est la vérité… »

    « Laisse-le ! » dit Didier.

    « Bon, je suis le responsable de l’équipe nationale américaine du rugby subaquatique… je pourvois à l’aide des juniors… »

    « O.K. mais… Qu’est-ce que vous faites en Bretagne, bon sang ? »

    « On m’a téléphoné et dit qu’une sirène morte était… »

    « Qui vous a téléphoné ? »

    « C’était un coup de téléphone anonyme… mais extrêmement intéressant pour moi et mon travail… »

    « Mais Didier, il nous fait gober des contes… » dit Panda.

    « Chut ! » répondit Didier et à l’autre : « Pourquoi intéressant ? »

    « Vous savez, au même temps je suis titulaire d'une chaire de la génétique… »

    « Oui ? »

    « Scientifique sur le champ des organismes génétiquement modifiés… »

    « Oui, oui, j’ai bien compris ! » répondit le Panda impatiemment, « bien que je sois un Ours Panda ma génome ne diverge que dix pourcents de la votre, Monsieur… mais, ce qui m’intéresse c’est le profit que vous avez envisagé de tirer d’une sirène morte… »

    Le bonimenteur moustachu se taisait, ayant l’air de gamberger, puis il dit : « Ben, je reconnais, c’était faux, pas sportif ça, mais c’est pas le doping ! »
    #680Verfasserbu04 Mai 06, 15:13
    Kommentar
    M Panda et Eronnais se regardaient. Panda voulait en avoir des explications :

    « Quoi, c’est pas le doping ?! »

    « C’est pas le doping, j’insiste ! C’est pas les anabolisants… »

    « Monsieur, je n’arrive pas à vous comprendre… »

    « Moi non plus… » se rallia Didier à l’incompréhension de Panda.

    « Il n’y a pas des lois qui interdisent la modification génétique des sportifs… Pas encore ! »

    « Euh ? » Panda regarda Didier qui à son tour avait l’air aussi perplexe que Panda.

    « Mais vous ne pigez rien du tout, hein ? J’ai eu l’intention de modifier nos joueurs de rugby subaquatique génétiquement avec des allèles de la sirène, imaginez-vous, parbleu, quelle révolution sportive ! Sacre bleu, on aurait vaincu tous les championnats, tous ! Avec des joueurs qui ne doivent plus remonter à la surface, chaque adversaire serait dominé ! Ahh… tous les titres de champion du monde à jamais ! »

    « Mais, c’est pas du tout une raison pour assommer une sirène ! »

    « Je n’ai pas tué la sirène ! » protesta l’arrêté, « Je viens de vous expliquer que j’ai reçu un coup anonyme… »

    « Vous allez recevoir un coup, mais pas anonyme, au contraire, voilà ma signature ! » raccourcit Panda les explications en serrant le poing.

    « Calme-toi et écoute ! Il a dit qu’on lui a téléphoné après coup… »

    « Oui ! » rassura le bonimenteur.

    « Résumons : » avança Eronnais, « vous avez reçu un coup de téléphone, anonyme ? »

    « Oui… »

    « Et, qu’est-ce qu’on vous a dit exactement ? »
    #681Verfasserbu04 Mai 06, 15:19
    Kommentar
    « Bon, c’était un homme qui m’a dit de le rencontrer le même soir à la périphérie du village avec 10'000 € en espèces. Là il voulait m’indiquer l’endroit où je pouvais trouver le cadavre de la sirène… »

    « Vous y êtes allé ? »

    « Mais bon sang quelle question ?! Bien sûr j’y suis allé ! »

    « Et l’argent ? »

    « Dans une valise… »

    « 10'000 € dans une valise ?? »

    « Ouai, j’ai un budget suffisamment … »

    « 10'000 €… sans être sûr si l’autre arnaquerait » l’interrompit M Panda.

    « Hé, je suis pas novice, hein ! Il m’a montré un polo de la sirène… »

    « N’était-elle pas nue ??! »

    « Mais oui, je pense que c’est normal chez les sirènes… »

    « Mais le polo ? »

    « Un polaroïd, oui, de la sirène nue… »

    « Ahh bon… Et au rendez-vous, vous n’avez pas reconnu la personne ? » demanda Didier.

    « Non » répondit le bonimenteur moustachu, « Il a agi prudemment… caché dans un buisson il prit la valise comme je l’ai tendue… »

    « Et puis ? A-t-il mentionné le lieu de la sirène ? »

    « Oui… »

    « Et ??!!! »
    #682Verfasserbu04 Mai 06, 15:21
    Kommentar
    « Le centre d’autopsie Death Care… »

    « J’ai compté avec ça… c’est nous qui l’avons emmenée là… Et puis vous êtes allé la chercher… » s’intéressa Didier à la suite.

    « Oui… »

    « Et là, vous avez volé le cadavre ? »

    « Ben, volé, ce terme ne me plait pas, je dirais que j’ai filouté le cadavre… »

    « Volé, filouté c’est égal… mais bon, et ensuite ? » dit M Panda.

    « Je l’ai chargé dans un camion… »

    « Mais elle est lourde… »

    « Ahh, ça s’est passé comme une lettre à la poste… »

    « Bon un camion, c’était le camion de Camille Yonneur, n’est-ca pas ? » voulait savoir Eronnais.

    « J’ai pas eu du nerf de lui demander son nom… »

    « Mais c’était un camion frigorifique ? »

    « Oui, opportunément … »

    « Et puis ? »

    « Puis, oui, le malheur est arrivé ! »

    « Oouai… ? »

    « Le camion s’est mis en marche et avant que j’fusse monté sur mon vélo pour le talonner j’ai entendu un homme renâcler derrière moi… toc, pouf et amen ! »

    « Un peu plus explicite, s.v.p. ! » exigea Eronnais.

    « Subito la nuit est tombé, des étoiles pullulaient autour de ma tête et j’ai entendu des oiseaux pousser des cris de joie et chanter l’hymen national américain. »

    « L’hymne national américain ? »

    « Oui ! »

    « À peine croyable, hein… »

    « Je me fous que vous me croyiez… j’crois également avoir entendu des mots américains… »
    #683Verfasserbu04 Mai 06, 15:23
    Kommentar
    « Oui ? »

    « Oui… et là je m’y connais… et dès là, je n’me souviens de rien, ni le moindre détail, arrêt des émissions… arrêt d'urgence dans un tunnel… rien du tout ! »

    « Et quand vous êtes sorti du tunnel ? » reprit M Panda la métaphore peu subtile.

    « Je me suis réveillé avec un beau mal au crâne, ç’a fait mal… »

    « Vous avez été terrassé ? » demanda Panda.

    « Évidemment ! » était la réponse taciturne du bonimenteur qui en même temps montra un hématome sur sa calvitie bosselée.

    « Héhé, tant pis pour lui » panda Pensa, euh à l'envers.

    « Et tout ça, c’était quand ? » Didier.

    « Ahh, c’était un seul jour, soir et nuit… attendez… vendredi ! »

    « Hier ? »

    « Non, il y a une semaine… »

    « Ahh… » fit Eronnais, « et puis ? »

    « Eh bon, hier j’ai redécouvert le camion et je le suis suivi jusqu’aux murs de jardin de Keramanac’h, mais là j’ai fait la connaissance de ses chiens… ce qui m’a empêché d’entrer… »

    « C’est-à-dire que la sirène morte restait plusieurs jours, à bien prendre une semaine dans le camion de Yonneur ? »

    « Oui… dans ce coffre-là… » Le bonimenteur moustachu tapota le coffre, tendrement.

    « Mais, le cadavre où est-il ? »

    « Je n’ai aucune idée, Messieurs, si vous étiez apparus une demie heure plus tard peut-être j’aurais su la réponse… »

    « Vous voulez dire que vous supposez que le macchabée est dans la maison du maire ? »

    « Oui, bien sûr ! »

    « Comment si sûr, hein ? »
    #684Verfasserbu04 Mai 06, 15:24
    Kommentar
    « C’est ce que je suppose, sinon je n’aurais pas pris la peine d’y venir, cambrioler la maison du maire et m’y faire arrêter par deux policier en civil ! Non, ça tombe sous le sens : c’est le coffre dans lequel j’ai mis la sirène et puis, l’argent », dit-il en soulevant le couvercle, « l’argent que vous voyez là, c’est les Euros que j’ai remis à l’inconnu… »

    « Ainsi c’est le Maire ! » conclut Eronnais.

    « Selon toute apparence oui, ça ne m'étonne pas du tout. Je ne lui ai jamais fait confiance ! » se confessa M Panda.

    « Mais, c’est pas seulement des Euros, regardez là ! Il y en a également beaucoup de Dollars… » ajouta le bonimenteur en fourrageant le contenu du coffre.

    « Sacredieu ! Vous dites que les Dollars ne sont pas de vous ? »

    « Exactement, je lui ai donné 10'000 € et ni un billet vert ! »

    « Mais… à première vue ça semble un somme considérable… »

    « On dirait vraiment oui… »

    « Ça veut dire que… » conclut Panda, « Qu’une deuxième personne a payé une deuxième grosse somme… mais qui ? »

    Panda respirait profondément. Il sortit des menottes et les passa au bonimenteur.

    « Allons, au commissariat ! Là on va enregistrer votre témoignage… »

    « Je refuse de me faire enregistrer le témoignage puisqu'en cas de doute celui-ci sera retourné contre moi ! »

    « Même si vous n’aviez pas mentionné tacitement votre nationalité on l’aurait découverte maintenant… mais, pourquoi parlez-vous aussi bien français qu’un Gaulois ? » demanda Didier.

    « Je suis né à Genève, en Suisse, fils d’un diplomate Américain qui travaillait pour la O.N.U. et une mère Suisse. A l’âge de neuf ans nous sommes allés nous établir à Nouvelle Orléans… avec ma mère j’ai toujours parlé Français… »
    #685Verfasserbu04 Mai 06, 15:26
    Kommentar
    M Panda qui en avait ras le bol interrompit : « Bon, on y go, le boulot ne s’arrange pas tout seul ! Et, » ajouta-t-il en s’adressant au bonimenteur moustachu, « En ce qui concerne la victime à titre officiel on ne parle pas d’une sirène mais d’une jeune femme… imaginez les conséquences d’un reportage sur des sirènes en Bretagne… »

    « Oui, oui, bien sûr, moi je ne suis pas du tout intéressé que ce fait soit divulgué… les Soviets en tireraient tout de suite profit et gagneraient les championnats du monde ! »

    « Assez de boniments ! » dit Panda.

    « Je doute que la loi aille le considérer responsable de ses actes… »

    « C’est pas notre souci, c’est celui du tribunal ! » rectifia M Panda.

    Les trois se mirent en route, le bonimenteur au coffre de la voiture, Panda au siège du passager avant et Didier au volant.
    #686Verfasserbu04 Mai 06, 15:27
    Kommentar
    Le premier suspect au coffre, Didier Eronnais et M Panda avançaient sur la route de la justice et de la poursuite, impavides. Eronnais, bien qu’absorbé, réussit à freiner brusquement : dans la route titubait une personne apparemment ivre mort. Du fond une voix se fit audible : « Aïe ! » La voiture arrêta et Panda penchait par la fenêtre et offrit son aide.

    « Ahh, c’est vous… »

    « C’est qui ? »

    « Le Chinois… »

    « Encole ? » rigola Didier.

    Derrière la haie vive apparut un canon, suivi par la bobèche rébarbative du voisin à la mode de Bretagne, celui-ci gueula : « Vous chinois, avec votre production en masse, ça ne m’étonne pas que vous ne fabriquez que des buveurs débutants, non, pas du tout ! Votre qualité est irrecevablement insuffisante, pah ! » Cracha-t-il.

    « Qu’est-ce qui s’passe ? » demanda Panda.

    « Je l’ai invité à boire, il n’y a que douze heures, et il est déjà cassé… »

    « Ahh, oui… » Répondit Panda qui se tourna à Didier pour proposer qu’on raccompagnât le poète Chinois.

    « Oui, bien sûr ! Et quand je te prie de nettoyer son dégueulis dans la voiture tu vas gémir et me faire remarquer que tu appartiens à une espèce protégée qui est en train de disparaître blablabla et toutes ces vétilles au sujet du WWF et patati et patata… ce Chinois va bien utiliser ses pattes ! »

    Didier, à l air rembruni, l’avait dit et accéléré, les pneus grincèrent. Du fond une voix se fit audible : « Aïe ! »

    M Panda consulta sa montre : « Merde Didier, il est déjà trois heures et demi… l’élection de l’idiot du village a lieu à quatre… »

    « Du moins le chinois n’arrivera pas à désorganiser la démocratie… »

    « Pfft, la démocratie, euh ? Mais bon, t’as raison, c’est moins de travail pour nous… »
    #687Verfasserbu04 Mai 06, 15:28
    Kommentar
    Bara Gouine avait réussi à traîner son père de bas en haut, mais sur le trottoir elle ne pouvait plus. Ce moment-là Noiraud apparut et ne cachait pas sa gaieté :

    « Était-il si indécent qu’il fallait l’abattre ? »

    Gouine expliquait ce qui s’était passé, Noiraud était enthousiaste :

    « Voyons, Monsieur a une bâtarde, il l’a camouflée durant des années. Cette nouvelle sera sa fin, ahh, ça va affiner notre triomphe total… euh, Bara, qu’est-ce ? Tu te tais ? Euh, ce n’est pas un problème pour toi, hein ? Dis-moi, ma fille, c’est… »

    « Un dilemme… oui… »

    « Ben oui, c’est les circonstances maintenant… Qu’est-ce que tu vas faire ? »

    « Je ne sais pas, pas encore, je suis confuse, je n’ai aucune idée… mais pour le moment, je ne veux rien brusquer… c’est trop délicat… »

    « Bon, je faillis comprendre. Bien que je vienne de me réjouir de la totalité de sa défaite… »

    Le deux conférèrent et convinrent de que Noiraud irait à la place du marché pour renseigner les gens de l’ajournement du pari. Gouine emmènerait Raphall à maison en taxi et joindrait Noiraud plus tard à l’élection de l’idiot du village.

    Alice sortit son portable et fit le numéro du taxi. Celui-ci arriva trois minutes plus tard, le taxi sortit du taxi et aida les femmes à soulever Raphall et le placer au siège arrière.

    « À la propriété de Raphall ! » répondit Gouine à la question que nous connaissons tous.

    « Vous semblez dangereuses, Mesdames ! Comme des amazones… Qu’est-ce qui lui passe ? »

    « Ohh » rit Alice, « Les hommes ne sont plus ce qu'ils étaient… Mais pour vous donner une réponse : il est dans les pommes ! »

    « Dans les pommes ? Comme un ver, hihi ? » rigola l’autre.

    « Oui, exactement ! Il vient d’apprendre quelque chose important… » précisa Gouine.
    #688Verfasserbu04 Mai 06, 15:30
    Kommentar
    « Oui, et ne pouvait pas le prendre… ah, et laissez-moi descendre à la place du marché… sinon je vais vous poignarder ! » ajouta Noiraud en plaisantant.

    « Volontiers ! » riposta le chauffeur et se mit à chantonner. Après quelques instants il freina, arrêta et dit : « Voilà Madame, mon plaisir ! »

    « Oh, merci, au revoir ! » et à Bara : « Ben, on s’y rencontre à la salle des fêtes ? »

    « Oui, à bientôt ! »
     
    « À bientôt ! »

    Alice Noiraud descendit, s’immergea dans la viscosité de la masse des curieux et se fraya un chemin parmi eux. Eux qui produisaient un tumulte extraordinaire : deux groupes, séparés par sexe, étaient venus pour accueillir Bara Gouine et Gueaude-Michel Raphall et pour participer à la promulgation du lauréat, ou bien la lauréate. Quelle kermesse ! Alice Noiraud avait du mal de se faire entendre :

    « Mesdames et Messieurs, je suis venue pour vous dire que M Raphall se sent indisposé. La générosité de Mme Gouine a consenti à proroger le pari. Nous allons vous mettre au courant de la date de la remise des prix sur des papillons qu’on va distribuer. Merci beaucoup et bonne journée ! »

    La déception générale se limitait au minimum. Le spectacle de l’élection de l’idiot du village à la salle des fêtes surcoupait la guerre de tranchées sexiste à laquelle la plupart des activistes s’adonnait par manque d’autres événements. Les deux groupes se mirent en route particulièrement. En route les femmes et les hommes oubliaient leur antagonisme, se mêlaient et commençaient à caqueter et discuter, l’élection immédiate était le sujet central.

    Quatre heures juste, presque tout le monde était à la salle des fêtes. Presque.
    #689Verfasserbu04 Mai 06, 15:31
    Kommentar
    Monsieur le Curé et l’Abbé de Brême titubaient dans la nef latérale de l’église au lieu de prendre part à l’élection de l’idiot du village. L’Abbé se mordait les doigts de ne pas y être allé.

    « In magnis et voluisse sat est ! » consola le Curé son ami.

    « Vere : appotus vertigine vexatur vir publicum vult non ir » répondit l’autre et râla afin de mettre en vitrine sa soif insupportable et exceptionnelle. Il alla vers le bénitier et le trouva vide, s’adressa à M le Curé : « Même l’eau bénite s’évapore. Comme tout… sauf l’amour de Dieu… »

    « Oui, c’est pourquoi il faut boire le vin dès que la bouteille est ouverte… » ajouta M le Curé en ricanant. Il s’en alla, revint et remit de l’eau bénite.

    « Allons-y faire une sieste… » dit-il.

    Cette proposition sage ne soulevait aucune objection de la part de l’Abbé.
    #690Verfasserbu04 Mai 06, 15:32
    Kommentar
    La salle des fêtes débordait. Keramanac’h ouvrit le rideau une paume et jeta un regard aux gens qui s’exaltaient.

    « C’est fou comme les foules ont tendance à délirer ! » se dit-il « il ne faut que savoir en profiter… »

    Keramanac’h sortit du fond de la scène, se racla la gorge, huma et haussa la voix : « Chers villageois, chères villageoises ! On s’est réuni pour élire une fois pour toutes l’idiot du village, une position super traditionnelle et assez estimée… »

    Keramanac’h fit une pause rhétorique, puis continua :

    « Pour éviter une foule je propose que les intéressés veuillent me contacter dans le cabinet particulier pour s’inscrire tandis que ceux qui n’aspirent pas à ce titre sont offerts de prendre part à la leçon de mon seul adjoint Yann-Ber Kerosen au sujet de l’histoire de l’idiot du village, très recommandable… dans une demi-heure on sera de retour pour faire l’élection… merci ! »

    Keramanac’h se retira au cabinet particulier pour y déconseiller aux intéressés.

    Yann-Ber Kerosen faisait des étincelles en exposant l’histoire de l’idiot du village. Dès lors que l’attirance sexuelle de son concurrent, Gwyon Kerinvel, fût découverte il croyait pouvoir brûler les étapes, sot simple.

    Une demi-heure plus tard, le maire retourna fièrement. Sur scène il déclama :

    « Et maintenant, chers villageois, procédons à élire l’idiot du village ! »

    « Tagada tsoin-tsoin ! » Une mesure de fanfare accompagna les mots du maire, oui, le cirque ne messied pas à la démocratie … un faisceau lumineux focalisait sur Lars-Rüdiger qui apparut sur scène.

    « Applaudissons à M Lars-Rudiguer, le seul candidat au poste de l’idiot du village, vivat ! »

    La foule l’acclamait. Lars-Rüdiger, d'humeur comme un filet de hareng au vin blanc, frimait. La foule scandait : « L’idiot du village ! L’idiot du village ! L’idiot du village… »
    #691Verfasserbu04 Mai 06, 15:33
    Kommentar
    Keramanac’h voulait profiter de la réunion et faire preuve de son intégrité :

    « Non, non, non ! Pas encore ! En telle circonstance les ignares, et ça c’est la plupart parmi les politiciens je vous dis, les ignares diraient : » Keramanac’h changea de voix et d’accent pour celui de Paris « « Ben, avec un seul postulant il ne faut pas faire l’élection ! » Mais, je vous dis, la démocratie, elle ne se fait pas en glandouillant… »

    Il jouit de l’effet qu’il faisait et termina en concluant :

    « Même si on connaît, Mesdames et Messieurs, même si on connaît le résultat d'avance, il faut suivre le protocole ! »

    La foule applaudissait. Lars-Rüdiger remercia. Keramanac’h demanda :

    « Qui élit M Lars-Rudiguer à l’idiot du village ? Bras en haute ! »

    Quasi tous les bras se levèrent. Que soudain une voix interrompit l’élection :

    « Attendons ! Attendons ! Attendons ! Pas si vite ! La symétrie ! Il faut respecter la symétrie des sexes ! »

    Alice Noiraud, ayant provoqué un concert de sifflets, gesticulait en grimpant sur scène. Elle dit :

    « Voulez-vous l’égalité totale ? »

    La foule s’étonnait.

    « Voulez-vous, je vous demande, voulez-vous que le déséquilibre entre les sexes soit renforcé ? Il est incompréhensible que vous, Mesdames et Mesdames, acceptez de vous mettre en une telle situation de faiblesse et de rouler le tapis rouge devant ce maintien du machisme. » dit Noiraud énervée. « Et vous Messieurs, est-ce l’ignorance qui vous guide ou bien les idées arriérées qui vous aiguillonnent à léser les femmes ? Arrêtez de plier le genou devant des conceptions caduques, débarrassez-vous des vieilleries ! Si vous voulez vraiment tous et toutes être représentés et représentées par l’idiotie du village, il est inévitable qu’on élise en même temps une idiote du village, c’est-à-… »
    #692Verfasserbu04 Mai 06, 15:34
    Kommentar
    Keramanac’h, ennuyé par une telle mesquinerie, interrompit Alice :

    « Si vous trouvez quelqu’un ou une qui vous soutient dans votre motion, allez-y ! »

    Silence. Augustin cria : « Oui, je soutiens Madame dans sa motion ! »

    « Qui d’autre ? »

    Les gens aiment les votes, ça leur donne l’impression de la participation, même de l’importance. La masse exclama un fort « Oui ! »

    « Ben, mais maintenant vous n’avez toujours pas une candidate, hehe ! Si vous trouvez une pigeonne complaisante de se faire l’idiote de la village, héhéhé » rigola-t-il, « allez hop, Madame ! »

    Alice Noiraud avait déjà singularisé une femme ingénue et l’adressa pour demander si elle voulait pourvoir la poste de l’idiote du village. Avec un filet de voix celle-ci répondit : « Volontiers ! »

    Délire totale, vacarme et triple hourra. Keramanac’h était satisfait : St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer finirait par entrer dans l'histoire à cause du couple d’idiots du village, une unicité dans l’histoire européenne. Et ça serrait lui, pensa le Maire, qui l’accompagnerait aux livres d’histoire. On célébrait Lars-Rüdiger et la Pythie, le couple d’idiotie. Mme Tramail Hat promulgua qu’elle offrirait de la bière à l’Herminette ! La foule ne se foulait pas de s'abstenir et se mit à se mettre en route… Mais Keramanac’h n’aimait pas du tout que les gens s’en allèrent sans qu’ils fussent congédiés par le chef, le père, par lui.

    Il fallait improviser un discours : « Mesdames, Messieurs, prêtez-moi une oreille attentive ! J’aimerais sauter sur l'occasion de vous informer comment j’ai pensé de m’en, euh, d’enrichir la région. Le tourisme, c’est une branche économique de plus en plus importante qu’on a bien négligée, Mesdames et Messieurs ! Il faut » Keramanac’h fit une pause et examina la foule, « Il faut le subventionner ! »
    #693Verfasserbu04 Mai 06, 15:35
    Kommentar
    La masse euphorisée par Keramanac’h qui avait bien fait de la mousse politique aurait consenti à n’importe quoi. Elle gueula un oui déterminé. Cette réponse confirmait Keramanac’h, il sentit que c’était l’heure comme prévu, l’heure de son triomphe :

    « J’étais soucieux que notre région appauvrît mais maintenant que je vois la clairvoyance et la raison se manifester parmi les habitants de St-Plougtriffolskell… de St-Plougtriffouiiillsikell-Les-Grelland… de St-Blog-triff-ou-ils-Kohl-Les-Goulasch-Sur-Merde-de-Chien… euh, se manifester parmi vous, Mesdames et Messieurs, je suis et reste confiant, Mesdames et Messieurs, et j’aimerais vous détailler et expliquer mon attention soutenue à la gastronomie. C’est avec plaisir que j’annonce la collaboration avec… »

    « Halte ! » Eronnais et Panda avaient sorti leurs flingues et s’étaient précipités sur scène. La foule paniqua et glapit.

    Keramanac’h fit le surpris et salua les deux : « Ahh, quel horreur, eh excusez-moi, quel honneur, je voulais dire ! M le Policier Didier Eronniais et son adjoint, le gourmand de pousses de bambou, excusez-moi, Monsieur » dit-il jovial, « Je ne me souviens plus de votre nom, Monsieur… Monsieur… »

    « Je sais que je n’en ai aucun ! » grommela M Panda.

    « Quelle leçon d’éducation civique bien venue : le pouvoir législatif, c’est-à-dire moi, et son tentacule exéc… euh, son bras exécutif : la police ! » Il se tourna vers la foule : « Veuillez, Mesdames et Messieurs, veuillez saluer la brave police de mon St-Plugtreffuillskel-Les-Gollums… la brave police de mon St-Ploug ! »

    La foule délirait.

    « Halte ! » interrompit Eronnais résolu, « Vous n’allez plus vous ficher, vous êtes arrêté ! »

    Keramanac’h : « Alors quoi ? Arrêté ? Moi ? Vous rigolez ? Non… »

    Panda : « Vous êtes imputé un crime, M le Maire ! »
    #694Verfasserbu04 Mai 06, 15:37
    Kommentar
    « Un crime ? » demanda celui-ci innocent pensant au McDonald en herbe, « Un crime ? Un crime ? Comment osez-vous dire que le berger de notre commune est criminel ? » Keramanac’h fit l’air de ne pas pouvoir y croire. « Et ce crime que vous m’imputez, de quelle nature est-il ? »

    « Il s’agit du meurtre de la femme trouvée à la plage le 25 août… »

    C’était le moment que Penn Marc’h devait boucher un trou, à bien prendre le trou temporel en question. En échange de l’information avec laquelle il était en mesure de donner l'estocade à Klask Penn il s’était obligé de fournir un alibi à Keramanac’h sitôt nécessaire : « Laissez-moi, Messieurs les policiers, laissez-moi vous détromper ! Ce que vous prétendez est impossible parce que mardi 24 et mercredi 25 août M le Maire Keramanac’h a passé son temps libre à ma propriété. Nous avons joui de l’étude de l’histoire et d’la pêche… »

    « Du péché, vous voulez dire ! » interjeta Panda.

    « Je vous avertis, Monsieur, » s’adressa Eronnais à Penn Marc’h « vous savez que le faux témoignage n’est pas une peccadille mais une infraction grave ! »

    Inquiété Marc’h jeta un coup d'œil sur Keramanac’h qui avait l’air explicite. Marc’h se ressaisit et dit : « Bien sûr, Monsieur, j’en ai conscience et je dis la vérité, rien que la vérité ! »

    Panda avait observé Keramanac’h et constaté son soulagement, Eronnais et Panda se regardèrent, puis approuvèrent d'un signe de tête. Panda dit : « Donc Monsieur, je ne peux faire autrement que de vous arrêter également ! »

    Panda s’occupa de Penn Marc’h tandis qu’Eronnais alpagua le maire. Celui-ci gueula : « Vous allez bien regretter votre action irréfléchie, Messieurs ! Tant que je suis le chef de ce village… »

    « Ce que vous n’êtes plus… Temporairement au moins… Vous êtes arrêtés, tous les deux ! »
    #695Verfasserbu04 Mai 06, 15:44
    Kommentar
    Personne ne s’était attendu à un spectacle si excellent : Premièrement l’élection de l’idiot du village annoncée, puis l’élection d’une idiote du village imprévue pour le maintien de la symétrie, puis l'acmé du show, l’arrestation du Maire, quelle sensation extraordinaire, et dernièrement, le supplément gratuit, celle d’un complice.

    Le maire cherchait à détacher son cou de la corde : « Mais sans moi, le village sera perd… »

    « Blablabla… » répondit Panda « On va trouver un substitut… »

    « Un ersatz vous voulez dire… » rétorqua le maire résigné.

    « Attendez, Messieurs, ne nous creusons pas la tête ! La procédure est claire : Si mon chef, le maire, n’est pas en mesure de remplir ses obligations, c’est moi, son seul adjoint qui le substitue jusqu’au moment qu’une autre personne est élue… » proposa Yann-Berr Kerosen.

    « Bon idée que vous suivez votre chef… » dit Didier Eronnais.

    « Merci ! »

    « … en détention provisoire ! » précisa M Panda et coupa la chique à Yann-Ber Kerosen.

    « Il y a quelques seconds un espoir immense m’a gonflé le cœur et maintenant je l’ai au bord des lèvres… » s’apitoyait Kerosen après les clics des menottes autour de ses poignets.

    « Ein schönes Wechselbad der Gefühle ! » dit Helmut Lang à la petite vieille et sa fille qui ne s’était pas encore accoutumée à un père boche. Elle fit la moue dégoûtée ce qui fâchait la petite vieille, celle-ci dit : « Tiens-toi bien ! »
    #696Verfasserbu04 Mai 06, 15:44
    Kommentar

    Helmut fit la remarque : « Laisse-la, elle est enkore jeune… je me souviens de toi, ma petite, durant la guerre, quelle tête de mule ! Mais si jolie, ohh oui… l’amour, la guerre, ah c’était une période de la joie, du bonheur, du plaisir et de la gaieté… et une période productive comme je viens d’apprendre, hehe ! » dit-il en cillant.

    Sa fille se gonfla du ras-le-bol. Elle contra : « Mais, 'Elmout, que bavardez-vous ? Vous êtes complètement quinaud… »

    Avec tendresse et la comprenette un peu dure Helmut s’adressa à sa fille : « Kino, folontiers, ma bichette, mais ici, dans votre Kaff, ähm, votre bled, il n’y en a pas, n’est-ce pas ? Pas de cinéma ! » et à soi-même il ajouta : « Das ist schon wirklich ein Kaff, aber dafür ist’s hier viel harmonischer als in Oldenburg… »

    « La philharmonie ? Cinéma ? Ahh non, mon ‘Elmout, pas du tout, c’est pas Paris là, c’est St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer ! »

    « Chut ! Chut ! Taisez-vous ! Chut ! Chut ! » disaient les gens qui ne voulaient rien manquer. Keramanac’h laissait le village prendre part à son vocabulaire grossier, il fulmina, grogna, jura, maugréa. Il pesta, grommela, râla, rouspéta et récrimina contre Eronnais et Panda et tout le monde entier. Sous l’encadrement de porte Keramanac’h se retourna et recourut au Breton : « Gwelloc'h bezañ kiger eget bezañ leue ! »

    Heinz Heil chuchota à son ami Fasten : « Der hat bestimmt ne Professur für Faustrecht irgendwo… »

    Eronnais et Panda ne se laissaient pas impressionner. Ils conduisirent les trois détenus au dehors où le bonimenteur moustachu les attendait au coffre. Eronnais et Panda et les quatre détenus roulèrent vers le poste de police. La cave qui servait de cellule était petite. La sphère privée des quatre hommes qui allaient y passer les jours à venir se restreindraient remarquablement.
    #697Verfasserbu04 Mai 06, 15:45
    Kommentar
    ça y est !
    #698Verfasserbu04 Mai 06, 15:45
    Kommentar
    Après le départ de la police et des prévenus, une agitation sans pareille régnait dans la salle des fêtes. L'air vrombissait comme dans une ruche et de nombreux points d'exclamations flottaient dans l'air. Ceux-ci avaient peine à venir ponctuer à temps l'indignation des habitants. Le trafic de points était intense, le brouhaha devint général et les conversations multiples. On assista à plusieurs collusions de ces signes de ponctuation et même à un carambolage causé par des points de suspension. Cependant ceux ci prétendirent que deux points d'interrogation qui avaient collusionné frontalement étaient les vrais responsables. À la suite de cet accident, les points d'interrogation formaient un cœur ouvert avec à la base deux points. Ces deux points à l'horizontale furent traités d'imposteur par deux points authentiques qui eux se tenaient correctement c'est à dire à la verticale comme l'exigent les prescriptions du Code International de Circulation des Signes de Ponctuation. Les guillemets, toujours prompts à colporter les nouvelles vraies ou fausses, crurent bon d'appeler une ambulance à cause du cœur ouvert formé par les points d'interrogations. Les points de suspension carambolés s'étaient agglutinés et formaient maintenant un trait d'union, ce qui excita la jalousie de la corporation des traits d'union qui protesta contre cette infâme contrefaçon en menaçant de porter plainte. Comme les signes de ponctuation postillonnent en parlant, plusieurs personnes furent arrosées par leur salive. Finalement l'ordre fut rétabli par les parenthèses qui se mirent à de face à deux et s'enchainèrent les unes aux autres afin de ligoter et d'évacuer les signes fauteurs de trouble.
    #699Verfasserrb15 Mai 06, 10:38
    Kommentar
    Lars Rüdiger, le Pape de l'idiotie croyait quant à lui que le tohu-bohu avait été provoqué par son élection triomphale au poste de l"idiot du village, il faisait des signes de bénédiction à la foule et des révérences, la Pythie jubilait : c'était la consécration, le triomphe. Lars l’appelait en chantant « Ma petite Minerve, descendue de l’Olympe ».

    Comme le Maire et Yann-Ber Kerosen avaient été arrêtés et que Gwyon Kerinvel avait fui en compagnie de son amant, la situation de St Plougtrifouillskell-Les-Goellans-Sur-Mer était l'antinomie d'une hydre: le village était devenu un monstre avec des centaines de corps auxquels il manquait une tête sinon commune du moins pensante (enfin théoriquement).

    La nature a horreur du vide, et deux habitants voulurent le combler. Néo et Cons Libéro (père et fils) avaient suivi un parcours intellectuel remarquable. Ils avaient tout d'abord 'appliqué les convictions familiales dans le domaine du foot, puis en profitant de l’élevation spirituelle que ce sport procure, ils avaient atteint la sphère du Politique, et se sentaient maintenant pareils à des illuminés. Ils étaient sûrs d'avoir reçu la loi du prophète en personne et c'est pourquoi ils bombèrent le torse avec l'assurance de quelqu'un qui va vous faire ingurgiter LA VERITE à grande louches. Néo Libéro (Le père) s'empara du micro.
    #700Verfasserrb15 Mai 06, 10:41
    Kommentar
    « L'argent, comme vous le savez est la valeur suprême. Le marché du travail doit être géré comme le marché des marchandises, il nous faut fluidifier le processus, le rendre plus plastique nous débarrasser des excédents de stocks ici je parle des chômeurs , en discriminant les jeunes et les vieux qui ont dépassé la date de péremption, plus tard nous pourrons envisager des mesures plus radicales mais surtout divisons les gens et cassons cette plaie mortelle qu'est la solidarité. Déteriorons le climat de travail dans les entreprises qui doivent être les seuls lieux d'épanouissement personnel.. Ayez peur pour votre propriété. Exigeons tous la multiplication des polices d'assurance et la police sécuritaire.Je vous invite à ne pas prêter vos outils à vos voisins, cela nuit au système. Soyez surtout bien jaloux de sa nouvelle voiture car il est de votre devoir d'aimer les objet comme vous même. Imitez vous les uns les autres. Partageons mes chers concurrents avec les pauvres d'esprit. Encourageons la spéculation, défendons la liberté de frauder et celle d'entuber son prochain. Subissons le monde, il n'y a pas d'autre issue, nous le savons, nous en fin moi Néo et mon fils Cons Libéro car nous avons le don de lire l'avenir dans les lignes de la main invisible qui conduit le marché et c'est une science exacte croyez moi. L'État ne peut-être que pléthorique défendons donc partout et partout la propriété privée et surtout celle du vivant. Encourageons la prédation et évitons la coopération.Goutons ici-bas aux joies du paradis libéral, le citoyen appartient au passé il est temps de le rebaptiser du glorieux nom de –concurrent-consommateur, Vive la loi d'airain des salaires, vive l'oligarchie, vive St Plougtrifouillskell ! Que règne le néocortex que règne Néo Libéro! »
    #701Verfasserrb15 Mai 06, 10:47
    Kommentar
    La foule hésita un instant. Néo Libéro, prévoyant avait amené sa claque constituée en l'occurrence par les membres du club de foot de St Plougtrifouillskell qui firent leur office en applaudissant à tout rompre. Leur enthousiasme se communiqua alors comme un feu follet au reste de la foule déjà chauffée à blanc par la précipitation des évènements.

    « Viva, viva » répéta la foule en proie au délire, en battant des mains et en trépignant avec les pieds.

    Alice Noiraud était abasourdie par le comportement de la foule. Elle, la politicienne, féministe professionnelle, se faisait coiffer au poteau par un débutant. Elle s'approcha de la scène pour prendre la parole, mais Cons Libéro (le junior) malgré son manque d'expérience dans le marquage individuel n'eut pas de mal à lui faire rebrousser chemin. Augustin tenta de lui venir en aide mais fut refoulé lui aussi sans aucune difficulté par Cons Libéro.

    « Pour marquer symboliquement cette journée et la fin du règne de la corruption et du népotisme, allons lâcher une colombe, symbole de la paix pérpétuelle et garant de pureté. qui règnera maintenant et pour les siècles et les siècles. »
    #702Verfasserrb15 Mai 06, 10:49
    Kommentar
    « Amène oui » beugla la foule d'une voix qui rappela à Augustin celle d' Alphonse.

    Das ist fesselnd wie Handschellen" dit Heinz Heil à Bernd Fasten.

    « Was für eine Stimmung! sagte Helmut Lang.

    « Il ne peut pas parler français comme tout le monde ? » se plaignit sa fille en haussant les épaules.

    « Tais toi, tiens toi bien, » gronda la petite vieille, « Sinon il ne viendra pas à la fête de ton départ en retraite. Et alors tu auras l'air de quoi dis moi, en étant la seule à ne pas avoir de papa ? »

    Bernd Fasten et Heinz Heil se trémoussaient en applaudissant les bras au dessus de leur tête. Ils n'avaient pas trop compris de quoi il était question mais ils se laissaient emporter par l'élan de la foule. Des gens balançaient rythmiquement les flammes de leurs briquets avec des mines extatiques. On aurait dit un concert, la musique en moins mais à ferveur égale.
    #703Verfasserrb15 Mai 06, 10:51
    Kommentar
    Néo Libéro qui portait des gants blancs sortit de sa poche un foulard de soie bleue qu'il agita devant lui. plusieurs fois. Son fils Cons s'approcha et lui tendit à bout de bras, un chapeau haut de forme à l'envers. Avec un sourire rusé, Néo Libéro mit le foulard dans le chapeau et fit tourner ses mains plusieurs fois au- dessus du chapeau. Il écarta les mains, et une colombe sortit du chapeau à la place du foulard.

    Un « Hourra ! Chapeau ! » jaillit de la foule comme une flamme de la gueule d'un dragon.

    « Sortons sortons. Lâchons la colombe »

    La foule suivit Néo et Cons, qui avaient mis un rameau de la paix dans le bec de la colombe.

    Néo lâcha la colombe. Le recueillement était intense et la communion totale.

    Comme toutes les belles choses l'harmonie ne dura pas. Tout d'un coup patatras ! On entendit une voiture pétarader. Les gens se retournèrent. Un mégaphone était attaché sur le toit de la voiture.

    « You're my mate and I will stand by you … Coz you're my mate and I will stand by you… All I wanna do is get drunk here with you All I wanna do is get drunk here with you.» braillait une voix éraillée.
    #704Verfasserrb15 Mai 06, 10:53
    Kommentar
    Le chauffeur de la voiture était le voisin arsouille de Keramanac'h qui après avoir cassé le Chinois s'était cassé le nez à la porte de son estaminet favori fermé pour "Cause d' Èlection de l'Idiot du Village". Comme il avait trouvé toutes les rues désertes, il était parti à la recherche de collègues soûlographes en utilisant son mégaphone.

    « Pan, Pan » Le voisin avait visé la colombe avec son fusil, elle tournoya dans le ciel. Heureusement le voisin de Keramanac'h la manqua, car du sang sur une blanche colombe c'est d'un symbolisme trop facile, un peu comme un tableau montrant une jeune fille portant une cruche brisée.

    Magré tout, le charme était rompu, la foule hébétée semblait sortir d'un mauvais rêve et s'était défaite de l'emprise de Néo et Cons. Le voisin maintenant était descendu, en trébuchant, de sa voiture et il tirait à lui seul des salves avec ses deux fusils pour marquer sa joie de retrouver autant de compères assoiffés d'un seul coup.

    « À L'Herminette ! » cria quelqu'un- « Oui chez Tramail Hat à l'Herminette » répéta la foule.
    #705Verfasserrb15 Mai 06, 10:55
    Kommentar
    Alors que le reste de la population faisait des libations Didier et le Panda
    procédaient aux interrogatoires.

    Confronté aux preuves matérielles, Keramanac'h était resté muet. Ses yeux avaient seulement brillé avec cupidité à la vue de l'argent.

    Un peu de corinne administrée par la force et hors la loi, le rendit toutefois un peu plus loquace, puis il se tut à nouveau.
     
    « Alors d'où qu'il vient ce pognon hein ? D'où qu'il vient ! Allez crache le morceau ou je te pète la gueule ! Au fait tu t'es déjà fait violer par un panda ? » demanda M. Panda

    « Ben non » murmura Keramanac'h, horrifié

    « On peut arranger cela, cela ne tient qu'à toi » fit le Panda en prenant un rictus cruel, « C'est juste que cela fait très mal. »

    « Ou bien on peut jouer au jeu du marteau et de l’enclume » dit Didier à Edern, « Moi, le marteau et toi l’enclume. » ajouta-t-il en mimant par la gestique les conversations de Tarzan et de Jane.
    #706Verfasserrb15 Mai 06, 10:56
    Kommentar
    «Voilà » dit Keramanac'h précipitamment, « C'était un beau soir il faisait déjà nuit, et je marchais sur la plage, avec une torche puissante, la marée était basse et le sable ridé était ferme sous les pieds. J'ai grimpé sur les rochers à la recherche d’un promontoire pour édifier une statue pour le village, vous savez, d'ailleurs depuis j'ai commandé la statue pour le village, mais c'est un secret encore. »

    « Bon trêve de blabla ! Vas au but parce que, tu sais moi quand on me fait attendre… »

    « Ron ron ronff » le Chinois couché à même le sol ronflait. Mme Perroquette atteinte de morphéitite dormait toujours sur le porte-manteau.

    « Ben voilà j'arrivais à la hauteur des yeux au sommet du rocher que j'escaladais,j 'ai vu de l'autre côté, celui qui n'est pas visible de la plage, une femme dans l'eau. Elle se hissa sur un rocher. Elle portait des inscriptions écrites en rouge sur le tronc. J'ai vu que son corps se finissait en queue de poisson. Erlle ne m'a pas vue, elle prenait la lumière de ma torche pour celle d'un phare sans doute, Elle semblait agitée. »

    « C'était une sirène » dit le Panda

    « Oui ces atroces créatures à cheval entre terre et eaux ! Des dégénérées, des monstres je vous dis ! Un anachronisme honteux de l'évolution. » dit Keramanac'h dont le racisme inné trouvait son naturel prolongement dans le mépris des sirènes.
    #707Verfasserrb15 Mai 06, 11:01
    Kommentar
    « Et alors ? »

    « Alors j'ai cru halluciner »

    « Pourquoi ? »

    « Elle a muté je vous le dis muté sous mes yeux! »

    « En quoi ? »

    « Bien en femme elle a retiré sa queue et hop elle avait des jambes, je vous jure, pas croyable »

    « Et alors qu'avez vous fait ? »

    « J'ai pensé : oh, oh j'ai des amis qui seront contents d'apprendre cela «

    « Qui? »

    « Le Président de Death Care, vous savez, il a construit ce centre d'autopsie automatisé à 100 km de St Plougtrifouillskell.. Il est américain, donc il est rapace et cupide. »

    « Ben oui ils sont tous venus aux Etats-Unis pour s'en mettre plein les fouilles, ils avaient de l'espace à revendre, des matières première à gogo, une kyrielle de jeunes gens ambitieux et valides. Ils ont géré l'abondance, ce n'est pas comme nous en Europe qui devions gérer la pénurie. »

    « Et la Sirène ? »
    #708Verfasserrb15 Mai 06, 11:02
    Kommentar
    « Ben je l'ai enlevée je voulais me faire du pognon » dit Keramanac'h, « Je l'ai enlevée par surprise et après j'ai appelé le Directeur de Death Care car je sais qu'ils sont à l'affût des sensations et bonnes affaires. »

    « Ding Dong Ding Dong Ding Dong » entendit-on soudain

    « Qu'est ce que c'est ? »

    « Les cloches de l'Église ! Quoi à cette heure ? Mais il n'y a pas de messe ! » fit Didier contrarié. "M. le curé aurait-il perdu son latin et son sens des convenances ?"

    « Est-ce que je dois aller lui sonner les cloches ? » fit le Panda

    À l'instant même, les cloches se turent, rendant inutile son intervention. Maintenant, à la faveur du calme revenu, on entendait deux voix parlant fort dans l'entrée du commissariat.

    « Ne raconte pas des salades hein ? »

    « Mais non, d'ailleurs moi je ne dis rien, c'est toujours toi qui ramène ta fraise »

    « Tais toi, je suis bonne poire mais n'exagére pas, hey banane »

    « T'as de la chance que j'ai la pêche parce que sinon tu te prendrais une châtaigne dans la citrouille. Mais aujourd'hui je préfère me fendre la poire quand tu me traites de nouille. »

    « Mais chouquette ? Tu dis tout le temps que j’ai un cœur d’artichaut. »

    Le Panda reconnut les voix des Ravel.
    #709Verfasserrb15 Mai 06, 11:04
    Kommentar
    « Merde il ne manquait plus que ces deux énergumènes bio viennent me courir sur le haricot. » dit-il.

    Il sortit de la pièce.

    « Que voulez vous ? »

    « C'est la fin des haricots » fit Julien Ravel

    « A cause de Raphalle? »

    « Ce vieux crabe, au crâne d'œuf ? Non on n'a plus peur de lui. Il paraît que ce fayot est devenu l'ombre de lui même, qu'il est triste comme un jour sans pain à cause d'une fille tarte. Non ce n'est pas pour cette andouille de quiche que l'on vient ici. On veut porter plainte. »

    « Pourquoi ? »

    « Oh ce n'est pas pour des prunes.On nous a volé notre nain de jardin, le plus beau, celui qui avait des yeux de merlan frit et de couleur noisette, le teint olive, les oreilles en chou-fleur, les cheveux carotte, un bonnet rouge poivron et une chemise à petits pois » dit Julien Ravel en s'efforçant de donner une description fidèle du beau nain disparu.
    #710Verfasserrb15 Mai 06, 11:05
    Kommentar
    « Il était trognon avec sa barbe blanche comme un lys » dit Bette Ravel

    « Ou plutôt comme un radis blanc »

    « Vous soupçonnez quelqu'un de particulier ? »

    « Non on a beau chercher, nenni ! que dalle ! On pédale dans la choucroute. »

    « Pour de la daube c'est de la daube cette histoire » murmura le Panda

    #711Verfasserrb15 Mai 06, 11:07
    Kommentar
    Didier pendant ce temps continuait seul l'interrogatoire de Keramanac'h

    « Des détails ? »

    « J'ai forcé la Sirène à me suivre et je l'ai mise dans le coffre de ma voiture, et elle, elle s'est mise à crier, j'ai paniqué, je l'ai baillonnée et je l'ai emmenée chez moi. »

    « J'ai appelé le Directeur de Death Care, il voulait bien me payer quelque chose »

    « J'ai été réceptionner l'argent, mais quand je suis revenu la siréne était morte ! »

    « Ben oui, elle ne peut rester que 45 minutes à la surface, Lorelei nous l'a dit. »

    « Je suis retourné sur la plage et je l'ai laissée là où vous l'avez trouvé. »

    « Oui on l'a emmenée à Death Care » dit Didier .

    « Et gratuitement en plus. On s'est disputés le directeur et moi- Parce que ne voulais pas lui rendre l'argent. Après j'ai appelé ce bonimenteur moustachu, au look écolo, celui qui fait de la pub pour les OGM sur la promenade. »

    « Il m'a donné lui aussi de l'argent la sirène morte, je lui ai dit comment la voler- Je savais que Camille Yonneur livrait ses pizzas là bas, et alors "Pang " je l'ai assommé. »

    « Camille Yonneur ? »

    « Mais non Camille il n'a rien remarqué, c’est le bonimenteur moustachu que j’ai assommé. »
    #712Verfasserrb15 Mai 06, 11:10
    Kommentar
    « Pourquoi ? »

    « Ben il m'avait déjà donné de l'argent alorsje voulais la vendre une fois encore au Directeur de Death Care » Il n'avait plus rien même pas de macchabée.

    « Ah c'est pour cela qu'il nous a avoué que c'était une sirène ! , quand le cadavre avait disparu, son premier rapport d'autopsie ne décrivait rien de semblable il avait peur que quelqu'un d'autre fasse cette découverte et la rende publique « dit Didier

    « Il a envoyé la Pythie pour me remettre une mallette. La société mère de Death Care a casqué une seconde fois encore, à contrecoeur et en grinçant des dents, mais ils n'avaient pas le choix, l'enjeu est de taille, ils m'ont même envoyé en prime un homme d'affaire pour construire un auto Mac Do dans ce bled. »

    Dans l'échelle de valeurs de Keramanac'h, un crime crapuleux méritait des circonstances atténuantes en raison de la noblesse du mobile, la passion et l'amour de l'argent.

    Didier raccompagna Keramanac'h dans la cellule. Il croisa sur le palier le Panda qui raccompagnait les Ravel

    « Cela fait du bien que ce gland soit sous les verrous » dit Julien Ravel en voyant Keramanac'h

    #713Verfasserrb15 Mai 06, 11:15
    Kommentar
    « Moi aussi j’ai toujours pensé que c’était un maquereau » dit Bette Ravel

    « C’est curieux personne n’a voté pour lui, quand on demande maintenant.. » dit Didier puis se tournant vers le Panda :

    « File à Death Care, arrêter le Directeur, avant qu'il ne fuit. J'avais bien vu que ce type il avait la bouche qui sourit mais les yeux qui fuient. »

    Dans les heures qui suivirent, Didier fit venir tour à tour, le bonimenteur moustachu et Penn Marc'h accusé d'avoir fourni un faux alibi à Edern. Puis Yann-Ber Kerosen contre lequel aucune charge ne put être retenue, sinon le manque de clairvoyance, et une confiance trop aveugle dans son chef. Souvent le droit est indifférent à ce que la morale réprouve et vice-versa. Didier relâcha donc Yann-Ber Kerosen.

    D'après les dires d'Edern Keramanac'h la Pythie avait joué le simple rôle de messagère pour son chef, elle ne serait donc pas inquiétée
    #714Verfasserrb15 Mai 06, 11:18
    Kommentar
    Didier rédigea les aveux. En accord avec les contras avec lesquels il tint une téléconférence, Didier fit disparaître toute allusions au caractère sirénique de la victime (les contras qui faisaient toujours le poirier pendant ces conférences (à cause du changement de perspective que donne cette position et de son influence positive sur la circulation sanguine dans le cerveau ).le prièrent de rendre le cadavre au monde sous-marin, car ceci était le plus cher vœu des Morganes, les descendantes des Atlantes.)

    Didier étant en train de faire signer les dépositions quand le Panda revint avec le Directeur de Death Care. La société mère démentit tout de suite tout rôle dans les remises d'argent. « Cet argent pue et est donc orphelin. Il sera à notre libre disposition avec les autres biens du de Keramanac'h dont sa propriété- On pourrait financer une colonie de vacances. » dit Didier au Panda.
    #715Verfasserrb15 Mai 06, 11:19
    Kommentar
    Le lendemain de fort bonne heure, Mickey réapparut amaigri et hirsute. Il avait passé plusieurs jours sur un îlot rocher, avant d'être pris en stop par un bateau à voile. A cause de la marée basse ils avaient passé la nuit à louvoyer avant de pouvoir rentrer au port.

    Mickey pensait aux tourments que les femmes de St Plougtrifouillskell avaient enduré sans lui. Elles devaient être en manque, les pauvrettes ! Il marchait dans une rue déserte qui longeait la mer pour tomber nez à nez avec Lorelei et cœur à cœur amoureux d'elle, alors qu'elle sortait au tournant d'un canal souterrain et parallèle.

    La rencontre de ce Casanova de bas étage et de cette séductrice invétérée fut comme un coup de foudre dans un ciel chargé. Il tonna et plut des cordes. L'eau de mer avait pris une couleur d'acier fluide, la mer couverte de mousse ressemblait à de l'eau de vaisselle usagée.

    Lorelei décida d'emmener Mickey chez elle et Mickey décida de la suivre. Mickey, avec ses cheveux frisés rappelait à Lorelei son idole Tante Käthe.
    #716Verfasserrb15 Mai 06, 11:21
    Kommentar
    Ce dimanche matin, l'Ouest-Éclair était désert, et Nolwenn lisait le dernier article de son chef, Penn March, dans lequel ce dernier dénonçait la liaison "contre-nature" de Klask Penn et Gwyon Kerinvel

    « Il ne supporte pas qued les pédés s'enculent, ce pauvre mec" de. Ça me dégoûte, il va au ballet "Le Lac des Cygnes.", et tout le tralala. il aime pourtant Tchaïkovski, sans savoir que celui-ci fut poussé au suicide à cause de la dénonciation publique en justice de son homoérotisme."

    Nolwenn avait été désignée dans la nuit même comme nouveau chef de l'Ouest-Éclair. Elle relaterait le procès des accusés du meurtre, et de la nouvelle élection à la Mairie, du duel Raphalle/Noiraud/Libéro, les sujets étaient abondants et elle aurait du pain sur la planche.

    Mme Perroquette se réveilla enfin ce matin-là, mais ces retrouvailles riches en émotions relèvent la sphère intime du domaine privé.

    Le téléphone sonna, Nolwenn décrocha. A l'autre bout du fil, le sculpteur qui avait reçu la commande d'une statue de goéland par Keramanac'h voulait demander son avis à Nolwenn pour un changement de thème. Ils décidèrent d'un commun accord et en secret que le sculpteur effectuerait une statue de Panda et de Mme Perroquette, consacrés ainsi mascottes et emblèmes de St Plougstrifouillskell.
    #717Verfasserrb15 Mai 06, 11:26
    Kommentar
    ?
    #718Verfasserrb21 Jun. 06, 11:35
    Kommentar
    Je veux savoir si Gueaude Michel Raphalle en a toujours gros sur la patate et s'il pleure comme une madeleine
    #719VerfasserBette Ravel21 Jun. 06, 11:38
    Kommentar
    je suis en train de continuer ma contrib, ayez patience s.v.p. !
    #720Verfasserbu21 Jun. 06, 12:18
    Kommentar
    wollte euch nur informieren dass ich mir soeben die Filmrechte an diesem Meisterwerk gesichert habe...
    #721VerfasserDirector21 Jun. 06, 13:09
    Kommentar
    anche tu? che fa schifo, imbrogliati siamo!
    #722VerfasserFederico F.21 Jun. 06, 13:41
    Kommentar
    La suite !!
    #723Verfasserrb06 Jul. 06, 13:13
    Kommentar
    D'ailleurs je reste sur ma faim ? Sera-ce donc la suite et fin ?
    Et moi qui voulais avoir le dernier mot, pas de pot alors ....
    #724Verfasserrb06 Jul. 06, 13:34
    Kommentar
    d'la patience ! je serai de retour tôt, pas avec la fin de la fin, mais avec le début de la fin. comme j'ai faim d'la fin, ça sera ma dernière contrib et je me réjouis d'avance de lire la fin de la fin de l'histoire... à faimtôt
    #725Verfasser06 Jul. 06, 14:30
    Kommentar
    und ich habe schon geglaubt (& -hofft), dieses infantile Gekritzel sei gestorben. naja!
    #726Verfassergenug vom Quatsch06 Jul. 06, 14:33
    Kommentar
    mmmh, die moralinsäure hat wieder zugeschlagen.
    der quatschdoktor ist ein masochist, er liest sachen, die er nicht mag, er füllt sich dazu berufen, seine weltbewegende meinung dazu zu äußern, bravo!
    oui, je dis bravo!
    wahrscheinlich liest er die bild, nur um allen klar zu machen, was eine scheiß-zeitung das ist (und schickt ihr böse anonyme leserbriefe).

    wahrscheinlicher noch ist er oberbelehrend und quält seit jahren seine familie (einer seiner kinder möchte ich nicht sein, brrrrr), oder andere leute, die unter seine machtposition zu leiden haben -- weil er nämlich feige ist, ohne email-adresse oder echter name --, sonst würde er dazu stehen.
    die echte gestapo- oder stasi-mentalität, wie ich sie liiiieeeebe.

    (nicht, daß es diese in frankreich nicht gäbe übrigens).

    naja, das wetter ist schön, ich gehe salat essen, frisch und knackig, tut gut:-)
    #727Verfasserfab06 Jul. 06, 14:40
    Kommentar
    und am ende lebte er glücklich bis ans ende seiner tage...
    #728Verfassercech12 Jul. 06, 09:44
    Kommentar
    Didier entra dans l’Ouest-Éclair et baisa Nolwenn sur la joue comme elle était toujours en train de discuter des détails avec le sculpteur. Elle raccrocha et ne pouvait pas garder le secret, raconta Didier de la statue. Celui-ci était enthousiaste de l’idée charmante comme l’oiseau polychrome et loquace lui avait conquis ; et la relation avec M Panda s’était transmuée en amitié étroite dès lors que celui-là avait commencé à parler. Didier se rappelait le moment quand M Panda avait dévoré le seul dictionnaire breton et sourit.

    « C’est une jolie idée, Nol… »

    « Oui, tu sais, Keramanac’h avait déjà commandé une statue, mais bien entendu pas pour rendre hommage à un policier… l’œuvre n’est pas encore payée, mais le bloc de pierre est entamé, on ne peut pas lui refuser l’argent… tu sais, le sculpteur c’est un artiste… »

    « Aucun problème, Nol, Panda le mérite sans aucun doute… il a bien apporté sa contribution à l’élucidation du crime… hm, tu ne connais pas encore Mme Perroquette… j’aimerais t’introduire à elle, c’est bien ? »

    « Tu la connais ? Je veux dire éveillée ? »

    « Oui, je viens de faire sa connaissance… »

    « Formidable, attends… »
    #729Verfasserbu18 Jul. 06, 15:02
    Kommentar
    Nolwenn éteignit l’ordinateur, remit du bâton de rouge et sourit :

    « J’ai presque fini l’article sur l’arrestation du Maire… »

    « Et ? »

    « L’article sera publié mercredi, mon héro… toi et le Panda, vous vous en tirez super bien : déterminés, aisés, réfléchis… »

    La louange suivante de la part de Nolwenn quant aux capacités criminalistiques de Dididoudi-nais lui chatouillait, la sensation de la mégalomanie envola comme un missile sol-air.

    « Ça fait longtemps que tu n’as plus sniffé de la Coco, Didier ! » résonnait-il d’une manière réprobatrice dans son crâne.

    « Oui, je sais ! » répondit le policier.

    « Hmm ? Didi ? T’as dit quelque chose ? »

    « Euh, moi ? Non, nonon, rien… »

    « Bon, allons-y ? »

    « Ouai… »

    Ils conduisaient vers le poste de police où Panda et Perroquette roucoulaient.

    « On y est ! Panda ? »

    « Euh oui ? »

    « Nolwenn est venue… » voulait-il expliquer mais son portable l’interrompit.

    « Didier, faut immédiatement trouver la sirène ! Tu sais, quand une sirène meurt elle doit être ramenée dans un délai de douze jours… » expliqua le prof des contras, « et il aura écoulé bientôt… »
     
    « … et sinon ? »

    « Ahh, je ne veux pas te dire… c’est-à-dire… que tu ne veux pas le savoir… franchement ! »

    « Sûr ? »

    « Absolument !!! »

    « Mais, je me fais scrupule de dissimuler l’existence de la sirène devant la cour bien que ça soit Keramana… »
    #730Verfasserbu18 Jul. 06, 15:03
    Kommentar
    « Arrête ! Didier ! Tu ne dois pas penser comme ça, une sirène, hein, une sirène ! Mer-cre-di ! Tu n’as pas d’idée quel bordel tu provoquerais en remettant la Sirène aux pouvoirs judiciaires… et par conséquent à la publicité… tout le monde, j’te dis, tout le monde serait là en Bretagne : scientifiques, aventuriers, journalistes, mythologues et, Didier, toutes les hordes des gogos ésotériques, habillés de violette, cancanant qu’une ère nouvelle luit, j’te dis, ça serait trop. Pour nous, pour la Bretagne, mais surtout pour les Sirènes ! On ne peut pas faire autrement, c’est sûr, c’est incontournable… »

    « Bon…… » dit Didier et fit une pause, « nous croyons savoir où elle est… je vais y aller avec Panda et après… »

    « Immédiatement ! »

    « Oui, immédiatement, et après nous allons l’enterrer… »

    « Non, vous n’allez pas l’enterrer, nous allons l’enmerer… »

    « Euh ? »

    « Oui, c’est la mer où elle appartient… »

    « Bon, allons la déposer en mer… »

    « Didier… cette histoire, ça dépasse l’expérience des fonctionnaires, pardon, laisse-nous faire l’interface entre le monde sous-marin et le nôtre, nous avons étudié les coutumes Morganes, je crois j’y suis suffisamment du bâtiment pour ne pas les courroucer… »

    « Qui ? »
    #731Verfasserbu18 Jul. 06, 15:04
    Kommentar
    « Les sirènes, les Morganes, les descendantes des Atlantes… »

    « Ahh bon, oui, peut-être c’est pas ma tâche… »

    « Tu sais, Didier, il faut qu’on le fasse aujourd’hui même… »

    « Bon, je vais regarder… allons, nous allons la ramener chez vous… »

    « Immédiatement ! »

    « Oui, immédiatement, à bientôt ! »

    « Merci… à bientôt… »

    Didier raccrocha et se tourna vers Panda : « Le devoir… allons-y, il faut que la Sirène soit enmerée aujourd’hui… »

    « Enmerée ? »

    « Oui, enmerée, ne demande pas ! On y go ? »

    « Oui, attends, les femmes, voulez-vous aller faire quelque chose ensemble ? »

    « On s’y arrange ! » répondit Mme Perroquette et se tourna à Nolwenn, « n’est-ce pas ? »

    « Oui, oui bien sûr ! » répondit Nol à laquelle Mme Perroquette avait déjà faite sentir sa sympa-thie. « Elle est captivante, c’est merveilleux, je sais pas ce que c’est, mais cet oiseau a quelque chose de magique… » pensa-t-elle.

    Didier et Panda prirent congé et sortirent. Ils allèrent réquisitionner la maison de Keramanac’h et voilà, le macchab se trouvait dans le congélo.

    « C’était facile, non ? »

    « Oui, moi, je n’me plains pas… »

    « Non, moi non plus » dit Panda, « je me suis attendu à une recherche plus longue… »

    « Oui, moi aussi… ouff, elle est lourde… » dit Didier, « je ne peux plus… »

    Ils laissaient tomber la Sirène morte en montant l'escalier. Elle dégringola dans l'escalier fai-sant du tapage et s’arrêta au sol de la cave. Panda dévala et examina le macchab.
    #732Verfasserbu18 Jul. 06, 15:05
    Kommentar
    Ils la remontèrent, la chargèrent en voiture et partirent. Peu de temps plus tard ils arrivaient au « Repaire des Brigands » et s’étonnaient du spectacle : Les contras déambulaient nus comme des vers, saupoudrés de la farine de poisson. Ewen rassemblait ses camarades…

    « À cela près qu’il… euhh, pue énormément, il s’est rétabli apparemment de sa chute… » dit Didier, « Il n’a plus l’air d’amateur de soap opéras… »

    « Non, c’est vrai » entendit-on de derrière.

    Didier et Panda se tournèrent. Le prof, normalement déguisé en brigand, on ne le reconnut presque pas, dans le costume d'Adam et l’insouciance d’Eve.

    « Mais c’était pas facile… Pour le déshabituer des soaps il fallait des trucs. »

    Une brise légère se levait.

    « Et comment avez-vous réussi finalement ? »

    « Oh, nous l’avons fait oublier la télé peu à peu avec des jeux vidéos, la littérature populaire, des mots croisés, le manuel du parfait bricoleur, puis des bédés, des énigmes en lettres et finalement il s’est remis à se porter vers les belles lettres. »

    « Et… aucun contrecoup ? »

    « Euh bon, presque aucun… regardez, il vient… »

    Une mine de pâte sucrée se rapprocha en compagnie d’une voix doucereuse : « Ahh, le policier, je suis si enchanté de vous voir… » jubila-t-il en étendant les bras, « venez, bisous ! »

    Ewen s’approcha vers Didier et fit le geste de l’embrasser quatre fois avec une distance de dix centimètres de joue à joue imitant le bruit qui se produit par des baisers réels. Didier, étonné, regarda le prof.

    « Voilà ce que j’ai dit… c’est les… »

    « Ah, et vous, le Panda, soyez bienvenu, oui, quelle joie ! Venez, bisous ! »

    Ewen embrassa le Panda de la même manière mimique. Didier pouffa de rire et le prof expli-quait que c’était surtout des soaps américains qu’il avait regardés.

    « J'en étais à peu près sûr ! » répliqua Panda.
    #733Verfasserbu18 Jul. 06, 15:06
    Kommentar
    Le prof se tourna vers Ewen et lui dit de commencer. Celui-ci s’était préparé pour la cérémonie de l’enmerrement de la Sirène et maintenant, il haussa le ton et fit une mine importante :

    « Bon, voulons reconduire la sirène ! La sirène qui a subi un rencontre avec la réalité humaine, c’est-à-dire avec la réalité basse… »

    « Fi ! » fit la foule.

    « Une morte précoce ! »

    « Pouah ! »

    « Et un meurtre méchant et par ignorance ! »

    « Doubleberk ! »

    « Et pour chercher à nous faire pardonner nous voulons transmettre cette créature déplorable au monde sous-marin avec une cérémonie digne d’une reine ! »

    « Bravo, digne d’une reine ! »

    « Qu’on m’apporte la Sirène ! »

    « Qu’on lui apporte la Sirène ! »

    « Psitt ! »

    Didier et Panda se tournèrent et virent le prof s’éloigner faisant un geste de la main de le sui-vre. Panda et Didier le joignirent.

    « Bon, ça durera quelques instants… j’ai pensé que peut-être ça vous claque… voyons, le re-mède… »

    Le prof sortit de la Corinne et fit trois lignes prodigues. La vue de la poudre écarquilla les yeux des policiers.

    « Volontiers… » bredouilla Panda.
    #734Verfasserbu18 Jul. 06, 15:06
    Kommentar
    Un cri d'exclamation attira l’attention des trois Corinthiens. C’était Ewen : « Mais non, c’est pas croyable, ça, hein ! On s’imagine qu’on peut rendre la Sirène en tel état ? Si nous y allons la mettre en mer elle ne va pas s’abîmer… la glace flotte ! Mais il faut qu’elle s’engloutisse… »

    À la va-vite les deux aspirèrent la poudre pour mieux faire face aux contras affolés.

    « Quelle chance qu’elle ne s’est pas brisée en tombant l’escalier, raide comme elle a été ! » chuchota le Panda à l’oreille d’Eronnais.

    « Monsieur le policier ! Qu’est-ce que vous a… »

    « Halte ! » exclama le prof, « j’ai une idée… attendez ! »

    Ewen jeta un coup d'œil fâché sur Eronnais qui haussa les épaules. Le prof disparut, revint en apportant un sèche-cheveux.

    « Voilà ! Pour dégeler le macchab ! »

    Ewen se mit à travailler pour avancer la cérémonie. Le vent gémissait dans les buissons, promptement les nuages avaient repris la plus grande partie du ciel et cachaient le soleil. La pluie s’immisça.

    « Merde ! » commenta Didier.

    « Ô ! » fit le prof plusieurs fois lentement, « Ô ! Ô ! Ô ! Ô ! »

    Panda, amusé, fit la remarque à son ami que le prof était tout bien considéré un enfant. Les deux policiers sourirent. Le prof qui s’en était rendu compte sourit à son tour, rattrapa les ôs qu’il venait de prononcer, décousit les accents circonflexes des os et les distribua aux person-nes présentes pour s’y mettre à l'abri de la pluie au-dessous.

    « Euh, j’ai été un peu hâtif… » dit Panda étonné.

    « Oui… » répondit Didier, « C’est les contras, avec eux, on n’est jamais assuré… »
    #735Verfasserbu18 Jul. 06, 15:07
    Kommentar
    Vraiment, quel drôle de vue : les pseudocontras, complètement à poil, farinés, au-dessous des accents circonflexes, assistant à une cérémonie qui, ce moment-là, consistait en sécher une sirène surgelée pour la décongeler et la faire immergeable.

    « Quelle cérémonie digne ! Digne pour une reine ? Peut-être une reine des abeilles ! » dit Panda à Eronnais.

    « Ouai, ou bien une reine-claude… » répondit Didier.

    « Ah non, c’est la reine d'Angleterre dont il a parlé… » prétendait savoir le prof.

    La pluie reconnut son manque de tact et fila à l’anglaise. Le soleil revint accouchant un arc-en-ciel. Ewen qui avait fini sa tâche leva la tête. Tout le monde regardait le signe du ciel.

    « Mes amis, le ciel nous offre des couleurs pour… » commença Ewen, mais fut interrompu par un événement presque incroyable : deux personnes montaient en air, de plus en plus haut sur l’arc-en-ciel qui menait au paradis littéraire, sans doute. Toutes les bouches bâillèrent d’étonnement. Le soleil, versatile, disparut derrière un nuage. On était paralysé par l'épou-vante : l’arc-en-ciel suivit le soleil, disparut et retira la base à Lars-Rüdiger et la Pythie qui tombèrent de cent mètres en mer. Panda se plongea dans l’eau pour sauver le couple. Mais trop tard ! Ceux-ci étaient en train de s’approcher à toute vitesse dans l’air. Les sirènes que les contras avaient informées de la sépulture se croyaient bernées et retournèrent la Pythie et Lars-Rüdiger en les catapultant vers la terre ferme.

    Apparemment Lars-Rüdiger et la Pythie avaient reçu un tel heurt qu’ils ne pouvaient plus s’orienter. Trempé jusqu'aux os, Lars-Rüdiger haussa la voix et chanta : « A-t-on arriver à ciel de la literatur, Mongsieurs ? »

    Ewen se mit à répondre négativement, mais le prof prit le mot : « Oui, nous, les Dieux des belles lettres, nous les immortels, vous offrons la bienvenu ! »
    #736Verfasserbu18 Jul. 06, 15:08
    Kommentar
    Lars-Rüdiger rayonna de bonheur. La Pythie était nerveuse et se gratta ses lèvres tatouées de rose lorsqu'elle avait toujours ses démangeaisons quand elle atteignait l’état de fébrilité ce qu’elle s’évertuait à cacher en secouant la tête et les cheveux jaunis.

    « Quelle lionne ! » s’amusa Panda.

    « Ouai ! » s’étonna Didier, « elle est affreuse… »

    Lars-Rüdiger s’était levé et se plantait devant le prof : « Bong, je feux parler le schef… »

    Les contras n’y comprenaient qu’couic. Lars-Rüdiger avança en modulant : « Barsque je suis Lars-Rüdiger Schnepfinger, le auteur ! »

    « Faut pas me le dire ! » mentit le prof en grande pompe, « Soyez bienvenu, M Sniffinguer, chez nous, vous avez achevé votre voyage… »

    « Quoi est mon fonction ? » demanda Lars-Rüdiger, avide.

    « C’est la vie pénible, la vie dure culturelle et fatiguant qui vous attend… Comme tous les génies, tous les auteurs d’excellence vous allez vous occuper de la tâche principale : vous allez, cher ami littéraire, faire le tour des maisons d'édition et rencontrer les chics et les smart du cirque littéraire. Une causette ici, un mousseux là, un canapé garni de saumon ailleurs. Les foires du livre vous seront bienvenues comme des diversions… »

    « Ohh, c’est la vie de mes rêves ! » interjeta la Pythie qui croyait que le champagne faisait des bulles parce qu’il ne pouvait pas les coincer.
    #737Verfasserbu18 Jul. 06, 15:08
    Kommentar
    « Mais d’abord, faut être altruiste et passer la connaissance à ceux qui suivent, il faut que vous donniez des cours magistraux ! »

    « Bong, sche vais faire sa ! » se chanta-t-il, « Lars, du hast es geschafft, und wenn Du es hier geschafft hast, dann schaffst Du’s ü-ber-all ! »
     
    Il pria d’être montré son tour d'ivoire.

    « Non, non, Monsieur ! » dit le prof, « Le monde ne peut plus vous attendre ! Il faut que vous vous alliez ! Regardez là, dans cette maison nous avons installé un salon littéraire, là vos étu-diants attendent votre lecture, c’est des gens de Paris, l’élite des écrivains jeunes, c’est eux qui seront, avec votre affinement bienveillant et vos diverses connaissances approfondies, les ultérieurs lauréats du prix Nobel de la littérature… »

    « Je t’accompagne ! » dit la Pythie.

    « Folontie, tu peux les dire d’être se taire si bavardent, ma lettrette ! »

    Ewen regarda le prof interrogativement, celui-ci haussa les épaules et sourit. Lars-Rüdiger et la Pythie se dirigeaient vers la bergerie et Panda et Didier se réjouissaient de l’espièglerie du prof.

    « Ne vous étonnez pas de leur coiffure ! » cria le prof à Lars-Rüdiger, « c’est le dernier cri à Paris, ils l’appellent « bobine de mouton » ! »

    Lars-Rüdiger regarda en arrière et fit signe de ne pas se casser les dents. Ensuite lui et la Pythie entrèrent dans la bergerie et fermèrent la porte.
    #738Verfasserbu18 Jul. 06, 15:09
    Kommentar
    La cérémonie, Ewen la reprit et demanda les Sirènes d’apparaître. Il les apaisait en murmurant des formules Sirèniques qu’il avait apprises par cœur. En attendant les contras avaient garni la Sirène décongelée avec des fleurs montagnardes que les Sirènes estimaient plus que n’importe quoi : également parmi les Sirènes c’est vrai que la notion de valeur dépend de la rareté rela-tive d’un bien. Elles accueillirent leur sœur morte et disparurent vers les profondeurs. Cette aventure, qui ne durait même pas cinq minutes, touchait les présents profondément. Pour la péroraison de la cérémonie Ewen avait prévu de que tous se baigneraient et que la farine de poisson diluerait dans l’eau, comme un sacrifice pour la mer. Les contras flottaient à la surface de l’eau, les os restants utilisés comme bouée de natation.

    « Barrons-nous ! » dit Didier.

    « Non, c’est récréatif… » s’amusa M Panda.

    « On y go ! » dit l’autre à la napoléonienne.
    #739Verfasserbu18 Jul. 06, 15:10
    Kommentar
    Les policiers montèrent en voiture et filèrent. Tandis que nos protagonistes avaient une expé-rience unique, presque tout le reste de la population de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer jouissait de glandouiller et lézarder. C’est le moment que j’aimerais sauter sur l’occase de faire passer la suite de l’histoire en accéléré, ou du moins celle des détenus qui est culturelle-ment déterminée par la démarche de la loi, m’y interrompre pour regarder les conséquences juridiques pour les malfaiteurs, et puis faire une rétrospective, un flash-back comme on dit nowadays, afin de nous joindre aux Plougtriffouillskeliens. Bon, parlons des taulards et des dollars...
    #740Verfasserbu18 Jul. 06, 15:14
    Kommentar
    Les dollars ne furent pas traités devant la cour comme personne ne les avait revendi-qués et l’assemblée de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer avait déjà déterminé son emploi…

    Les euros par contre, de la poche du bonimenteur, furent confisqués et attribués à la municipalité. Celle-ci pouvait l’employer à quelconque but non lucratif. C’est tout relatif à l’argent.
    #741Verfasserbu18 Jul. 06, 15:14
    Kommentar
    La cour avait bien amassé les aveux et un massif de preuves dont je ne veux pas me faire des montagnes. Les suspects furent poursuivis devant les tribunaux. L’accusé principal, Kerama-nac’h, cherchait à se tirer d’affaire en invoquant des circonstances atténuantes : personne n’aurait pu savoir comment se comporter devant une sirène et donc lui non plus et puis que – c’était sa conclusion – la mort de la sirène n’aboutait pas de sa cupidité (qu’il admettait sans ambages) mais de l’ignorance en sirènes qui est inhérente à l’homme. En vain : le tribunal convint que Keramanac’h avait fait disparaître le cadavre pour cacher son crime et pouvoir dégoiser ses histoires ridicules de sirènes, ce qui était une circonstance aggravante (la scou-moune bien méritée de Keramanac’h était que tous les initiés se taisaient sciemment compte tenu de l’existence des Sirènes parce qu’il avait bien tracassés les autres détenus en détention provisoire).

    Son avocat, un diplômé de l’École Nationale d'Administration de 72 ans, plaida : « Si mon client n’a aucun sentiment de culpabilité il ne peut pas être coupable… c’est logique, hein ? C’est la même chose avec… euh… disons… la soif, oui, la soif : si vous n’avez aucune sensation de soif, on ne peut pas dire que vous avez soif, donc vous n’avez pas soif, voilà, c’est évident, hein ! Ainsi je plaide non coupable ! »

    La plupart des spectateurs pouffa de rire tandis que quelques s’étonnèrent de la cohérence de l’argumentation, le juge demanda du silence.

    Keramanac’h dit : « Je plaide non coupable, ma conscience est nette ! »

    « Si vous ne l’avez jamais employée ! » rétorqua le parquet.

    Keramanac’h fut condamné de vingt ans de prison, dix-huit pour le meurtre et deux pour essayer de faire gober des fables de la mythologie au tribunal.
    #742Verfasserbu18 Jul. 06, 15:15
    Kommentar
    Malgré que les policiers eussent élargi Yann-Ber Kerosen et la Pythie, la cour les citait. La plupart des observateurs de l’affaire était d'accord pour que la cour n’eût engagé des poursui-tes contre eux qu’afin de réfuter le reproche de l’indifférence du droit devant les réprobations de la morale dont on avait entendu parler çà et là…

    Les juges condamnèrent Gwyon Kerinvel (in absentia) et Yann-Ber Kerosen (en présence tout de même physique) d’avoir aidé leur chef. Par manque de preuves de la part de la cour et manque d’intelligence de la part des accusés (et pas à l’envers, hein !) les juges décidèrent de ne les pas condamner à la prison mais d’aller à l’école policière où ils devraient suivre un stage de mise à niveau au commissariat sous la direction de Didier Eronnais. Ils terminèrent le ver-dict en soulignant la responsabilité solidaire parmi des conjoints. Et comme son ex collègue Gwyon Kerinvel avait fui et ne pouvait pas expier en participant au stage, Kerosen devait faire le même stage deux fois.

    Bien sûr la justice considérait la Pythie anodine et falote, complètement ignare en crime ou quoi qu’il en soit de dérogation du courant normal. La remise de la mallette contenant de l’argent à Keramanac’h sans le vraiment réaliser de toute façon était négligeable : elle avait été utilisée par les Américains et fut donc acquittée. La cour se permit une plaisanterie avec elle. Au verdict d'acquittement le juge commenta sa décision :

    « Et pour des raisons diplomatiques la procédure a dû être arrêtée. Vous profitez, Madame, comme épouse d’un diplomate du royaume du ciel littéraire, de votre statut, vous bénéficiez de l’immunité diplomatique. »
    #743Verfasserbu18 Jul. 06, 15:18
    Kommentar
    Son chef, le directeur du Centre d’autopsie Death Care, par contre, ne pouvait pas se réfugier derrière un époux. Cinq ans de prison comme le bonimenteur moustachu.

    L’ex-chef de l’Ouest-Éclair Penn Marc’h était également jugé coupable : en aidant Edern à distraire les soupçons il avait entravé les investigations avec la seule intention d’étouffer son adversaire Klask Penn. Pour les deux ans à venir sa liberté se limiterait à celle de la presse.
    Bien entendu Camille Yonneur fut absous par la cour. Il vendit son camion et se retira pour écrire un livre des calembours…
    #744Verfasserbu18 Jul. 06, 15:18
    Kommentar
    Si ça ne vous suffit pas comme résumé préfiguré, si c’est pas assez par le menu, allez-y vous rendre en Bretagne à l’Herminette pour vous immerger et risquer de vous noyer dans les dé-tails du procès, cette affaire qui – faisons face à la réalité – s’est déroulée banalement, un crime quotidien : la cupidité et le mépris aboutissaient à un meurtre. Quoi qu’il en soit, deman-dez Mme Hat de vous préparer un Bloody Mary et de remettre les exemplaires de l’Ouest-Éclair du septembre et octobre de l’an 2004, elle les archive avec soin. Renseignez-vous là et jugez vous-même.

    Basta la méchanceté, basta le crime ! Quoiqu’un polar soit par-dessus tout du mal ; le quoti-dien, l’amour et tout le tralala, c’est quasi obligatoire ! Quelle affaire morne et terne qui arrive à son terme en omettant les bons côtés ? L’amour ? Les joies ? On ne veut pas terminer sans ! Bon, faisons la rétrospective et terminons donc notre excursion vers le futur, arrivons à l’aujourd’hui pour nous intégrer dans le cours du temps normal. Aujourd’hui, dimanche, le 5 Septembre 2004.
    #745Verfasserbu18 Jul. 06, 15:19
    Kommentar
    La petite vieille au visage de pomme ridée et son Helmut Lang passaient l’église. Etant à proximité elle voulait entrer pour se remercier à M le Curé pour le faveur. Elle frappa à la porte de l’église et entra. À l'intérieur des gens étaient assis sur les bancs de bois vermoulu.

    « Excusez-moi » demanda la petite vieille en chuchotant un vieillard, « qu’est-ce que vous attendez ? »

    « Nous ? Nous attendons M le Curé… »

    « Mais mon Dieu, il est sept heures… vous avez passé les dernières huit heures en atten-dant patiemment ? »

    « Oui, bien sûr, jeune femme… Dieu sait pourquoi il nous fait persévérer… »

    « Merci Monsieur, bonne soirée ! »

    « Bonne soirée, Madame, bonne soirée ! »

    Au dehors la petite vieille ne pouvait toujours pas le croire : « Je ne me souviens pas d’une fois que la messe avait été faite sauter… il doit y avoir une cause sérieuse… »
    #746Verfasserbu18 Jul. 06, 15:20
    Kommentar
    Alice Noiraud passa devant eux. Elle conduisait retour de la ferme d’Augustin avec lequel elle venait de discuter la situation politique. Ils avaient bien réalisé qu’il fallait immédiatement combler le vacuum politique que venait de laisser involontairement Keramanac’h (mais là on se demande avec quoi Keramanac’h avait rempli l’espace auparavant, avec son ignorance ? Trop encombrante !). Leur appréhension était juste comme les Libéro ne s’attendaient qu’à entre-prendre la mairie. Père et fils se croyaient tout permis et n’étaient pas économes des fautes (tacles assassins, coups de coude etc.). C’était des hooligans déguisés en footballeurs, au figuré. Ils s’étaient retirés pour discuter leurs actions afin de récupérer l’attention intégrale.

    Noiraud voulait appeler les votants à choisir parmi les Libéro et les candidates locaux. Les citoyens ne récompenseraient pas des parvenus et ils ne se laisseraient non plus entraîner par la dramaturgie des politiciens immoraux une deuxième fois. Elle téléphona Nolwenn pour la demander d’imprimer l’invitation sur la une de l’édition du lendemain. Nolwenn qui favorisait et soutenait Alice était d’accord et allait en compagnie de Mme Perroquette à l’Ouest-Éclair pour faire la modification sur la une. Lundi à huit heures, on se réunirait à la salle des fêtes.
    #747Verfasserbu18 Jul. 06, 15:20
    Kommentar
    Au chemin de retour de la cérémonie pour la Sirène morte Panda et Didier décidèrent d’inviter les femmes au « Naon Am Bez Bemnoz » pour y faire la java. Quand ils entrèrent dans le poste de police personne n’y était. Il y avait un bout de papier sur la table, Panda le prit et lit :

    « A huit heures à la crêperie de Rozenn Kermarec, bisous… »

    « Ohh, là on joue en deuxième division ! » râla Didier.

    « Non, c’est bon, je suis sûr que nous allons passer une soirée paradisiaque… » répondit Panda.

    « D’accord si le paradis est une plage avec des cocotiers… C’est deux heures jusqu’à huit heu-res… »

    « On y go à la baie pour nous relaxer ? »

    « Quelle baie ? »

    « La pittoresque où nous avons été il y a quelque jours… »

    « Bonne idée… »

    Arrivés à la baie, les deux s’allongeaient et regardaient la mer.

    « Maintenant, on y est, la Sirène est de retour, on a les coupables, je pense… » commença Panda.

    « Oui, et même Mme Perroquette est revenue… »

    « Oui… »

    Ils se taisaient. Le vent doux flattait la peau, Didier dit : « L'esprit se détend après un tel ef-fort. »

    Il sortit deux bouteilles de Coreff, les ouvrit et donna une à Panda.

    « Merci… »
    #748Verfasserbu18 Jul. 06, 15:21
    Kommentar
    « Panda, tu sais, maintenant on a vraiment tapé dans le mille… mais, je n’arrive pas à oublier les détenus. Leur présence me tape sur les nerfs, j’t’dis… »

    « Faut les réexpédier en Amérique… »

    « Bien sûr, je n’y ai pas pensé ! Génial ! » sursauta Didier.

    « Cool Raoul… Adieu, adieu bonimenteur moustachu ! Directeur de Death Care, bye, bye ! » dit Panda.

    « Et le reste ? Keramanac’h et Marc’h je ne les veux non plus à proximité. Notre cellule ne se prête pas à la détention à long terme… »

    « Je sais… » répondit Panda absent. Les pieds dans l’eau il épiait des petits animaux sur la roche mouillée, « La cave de l’Herminette est assez grande… et inutilisée… »

    « C’est ça ! La cave de l’Herminette ! Ça sent le moisi, quel biotope idéale pour les cloportes… »

    « Ha, c’est vraiment idéale ! »

    « Ben oui, Keramanac’h et Marc’h vont partager ce demeure pour les ans à venir… »

    « Oui, et les rogatons des hôtes, on va les donner à manger aux criminos… » dit Panda, « ça coutera moins cher ! »

    « Bon, je ne crois pas qu’on puisse faire ça, mais… il faut écrire ce fax aux Américains et sou-mettre l’idée à Tramail Hat… »

    « Calme-toi, rien ne presse… »

    « T’as raison… »

    Ils restaient, appréciant la mer et la bière…
    #749Verfasserbu18 Jul. 06, 15:21
    Kommentar
    « Et… » recommença Didier.

    « Oui ? »

    « Les picaillons confisqués… »

    « Oui ? »

    « Les dollars sont orphelins… »

    « Oui… »

    « Également la propriété et les biens de Keramanac’h… »

    « Oui… »

    « Faut organiser une réunion pour enquêter quoi faire… les euros du bonimenteur moustachu, on n’en dispose pas… c’est la court qui décidera… »

    C’était la fin de la discussion. Après une demi-heure Didier et Panda retournèrent au poste pour déposer la demande auprès de l’autorité des Etats-Unis de reconduire les deux Américains qui seraient condamnés dans quelques semaines selon toute vraisemblance. Panda se lécha les pattes et les passa sur sa bouille tandis que Didier écrivait le fax.

    « J’ai fini, t’es prêt ? »

    « Oui… »

    « Et pour ce qui concerne l’utilisation de la cave de l’Herminette, je vais la demander la pro-chaine fois que je la rencontre… »

    Les deux sortirent du poste de police et entrèrent dix minutes plus tard dans la crêperie Ti-Krampouezh. Gweuz Gwenanenn avait vraiment changé d’emploi, au Lonker elle avait dû se débattre contre quiconque, la crêperie de Rozenn était moins picoleur. Rozenn était soulagée de trouver une suppléante fiable et offrait un salaire généreux.

    « Les dames rigolent, hein ? » demanda Didier en s’approchant.

    « Oui, il y a de quoi se marrer ! » dit Nolwenn et sécha ses larmes.

    Les hommes s’assirent.
    #750Verfasserbu18 Jul. 06, 15:22
    Kommentar
    « L’atmosphère est différente… » constata Panda, « d'une certaine manière… »

    « Oui, c’est qu’il n’y a plus de trafic aérien… » expliqua Didier Eronnais.

    « Désolée, il ne m’est plus permis de voler… mon taux d'alcool ! » cracha Mme Perroquette et tapa sur l'épaule de Nolwenn qui également pouffa de rire.

    « Bravo les dulcinées, vous avez pris une bonne avance ! » remarqua Didier.

    « Oui, elles se sont bien échappée… »

    « C’est les crêpes dont j’ai parlées… Rozenn avait l’habitude de les faire sauter… » s’expliqua Didier à Mme Perroquette.

    « Ahh, c’est ça ! Pas d’problème, on peut y porter remède ! » rétorqua Mme Perroquette.

    « Ha, elle était la championne du monde… Gweuz, deux Coreffs s’il te plaît, c’est bien, Pan-da ? »

    « Oui, oui, bien sûr… »

    « Gweuz, quatre… » croassa Mme Perroquette.

    « Et ? » demanda Nolwenn.

    « Bon, la cérémonie des contras pour la Sirène, bon euh, la cérémonie a foiré… mais finalement les sœurs d’elle… »

    Didier racontait ce qui s’était passé. Les femmes, pompettes, s’amusaient super bien.

    « Les voilà ! » dit Gweuz et mit les quatre bouteilles sur la table.

    « Merci Gweuz… »
    #751Verfasserbu18 Jul. 06, 15:23
    Kommentar
    Nolwenn raconta qu’Alice l’avait priée de lui rendre le service d’imprimer l’invitation aux gens de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer à se réunir à la salle des fêtes lundi à huit heu-res.

    « Ça tombe bien ! » exclama Didier, « ajoute-là la point de l'ordre du jour concernant les dol-lars orphelins… »

    « Quoi ? Des dollars orphelins ? » s’étonna Nolwenn.

    « C’est ce qu’a dit l’attaché de presse de Death Care… »

    « Ahh, mais c’est trop tard, la une est définitivement finie… mais, l’élection devrait avoir lieu bientôt… »

    « Oui, c’est vrai… »

    « À la vôtre, mes belles ! » entama M Panda la bringue.

    On continuait ainsi, Mme Perroquette relatait sa vie, on buvait et à onze heures ils avaient déjà bu tant du vin et de la bière que la faim s’y était noyé. Personne n’avait plus envie ni faim d’aller manger au « Naon Am Bez Bemnoz ». C’était bientôt l’heure de clôture, les autres clients s’étaient allés, les tables nettoyées, les chaises sur celles, Gweuz Gwenanenn posa une Coreff sur la table d’eux et s’assit.

    « Je peux ? »
    #752Verfasserbu18 Jul. 06, 15:23
    Kommentar
    « Oui, bien sûr » répondit Nolwenn, « ça va, Gweuz ? »

    « Côté mecs, ça baigne… » riposta-t-elle.

    « Quoi ? J’ai cru que toi et Yann-Loïc… »

    « Quoi… que nous niquons ? »

    « Euh, non, mais bon, oui, sûr mais… j’ai cru que tu sors avec lui… »

    « Bon, oui… il est un caractère complexe… »

    « Oui ? »

    « Ben sûr que oui ! Si je reste avec lui à la maison, je sors avec lui, mais si je veux sortir avec lui, il reste à la maison… c’est pourquoi j’ai cessé de sortir avec lui… et lui, il reste… »

    « Quoi, mais il avait l’air entreprenant… »

    « Oui, initialement, mais après quelques jours il s’est changé, il est devenu… comme… dépro. »

    « C’est bizarre… »

    « Oui, il gamberge sur l’existentialisme, la vie, la mort, l’absurde. Il se penche sur Camus… J’ai essayé de l’intéresser à de Sade… et aux tels auteurs plus constructifs. »

    « C’est les pubertaires : ils sont très romantiques, ils veulent… »

    « Romantique ? » s’indigna Gweuz, « tu l’appelles romantique ? Écoute Nolwenn, la nuit venue, toi et ton chéri vous êtes au bord de la mer, qu’est-ce que tu préfères ? Qu’il te promet la lune ou qu’il cite Camus ? »
    #753Verfasserbu18 Jul. 06, 15:24
    Kommentar
    Gweuz fit une pause et cita Camus : « Rien n'est plus vain que de mourir pour un amour ! »

    « Oh, t’as raison, c’est pas du tout romanto… mais j’ai voulu parler d’un romantisme intellectuel et dire qu’ils veulent appréhender ce qui ne peut pas être saisi… découvrir la voie maritime de Pommérieux à Pommeringen, et notamment ils exigent aller au fond de la vie en soi… »

    « La vie en soie ? » demanda Mme Perroquette qui préférait tuer le ver à soie que péter dans la soie.

    « … et la soie en vit, héhé… » se surpassa Didier.

    Panda qui avait écouté attentivement se joignit à la discussion : « C’est branque, mais ils ne te le croiraient pas pour tout l'or et toutes les joies du monde… il y a des choses qui… euh, qu’on ne peut guère s’en rapprocher sans qu’on reçoive des plaies de l'âme et des plaies du cœur, je parle en premier lieu de la notion de la mort. L'arrivée à la conclusion que la vie est passagère, cette illumination désillusionnant, sans pressentiment ni inspiration que l’amour, l’amour l’emportera sur la mort, c’est l’abîme… Si le trépas et la raison tombent l’un sur l’autre celle-ci est une bègue pataude devant celui-là et son engourdissement la ridicule. L’amour par contre, rien que l’amour sait vraiment affronter la mort… »

    « C'est plus que suffisant, les dames, Panda ! Je vous en prie ! Nous arrosons notre succès et vous y broyez du noir ? Ça y est ! » coupa Didier le silence.

    « T’as raison, » avoua Nolwenn doucement, « mais… »

    « Changeons de sujet ! » dit Panda.

    « Non, de localité ! » proposa Didier.

    « Oui ! » fit Panda.

    « Bon, je vais chercher la douloureuse, si ça vous convient… »

    « Bon gré mal gré… » dit Didier et montra un sachet à M Panda.
    #754Verfasserbu18 Jul. 06, 15:25
    Kommentar
    Les quatre payèrent et entrèrent en compagnie de Gweuz dans la nuit. Là ils décidèrent d’aller à la plage pour continuer la boum, Gweuz retourna pour s'approvisionner en bière et vin. En-suite on allait à la plage.

    A la plage ils rencontrèrent le voisin de Keramanac’h en compagnie du poète Chinois.

    « Holà, M policier ! »

    « Ah c’est vous ! Ne savez vous pas renoncer l’un à l’autre ! » exclama Didier.

    « Oui, il m’apprend la poésie chinoise… et moi, je l’initie au mystère d’la beuverie… »

    « Ahh… » fit la groupe.

    « Attendez, je vous cite un de mes poèmes :

    Lotus, ô lotus, ô lotus !
    T’es moins épineux qu’un cactus
    Et plus proche qu’un nimbostratus,
    O lotus, ô…ô… merde ! j’ai oublié mon texte… »

    « Bravo… » fit Didier.

    « Mais c’est pas seulement moi qui a fait des progrès, regardez-le, il vient d’encaisser deux bocaux d’Eau-de-vie… c’est pas mal… bon, il peut toujours s’améliorer… »

    Le Chinois ronflait, son pantalon gerbé, au sable.

    « Allons ! » dit Nolwenn qui n’avait absolument pas envie de rester avec ces gens là. Ils allè-rent à la maison de Nolwenn…
    #755Verfasserbu18 Jul. 06, 15:25
    Kommentar
    Entre-temps Raphall s’était réveillé. Il cherchait à trouver de la consolation et à retrouver l’équilibre moral dans la Bible. Il avait ouvert une bouteille de vin qu’il lampait en étudiant le Sermon sur la Montagne de Jésus et avant tout la citation « Aime ton ennemi ! » qui brillait comme unique lueur dans les ténèbres qui s’étaient épaissis autour de lui. La devise altruiste avait choisi le dépassement de soi comme mari et un résidu d’instinct comme sage-femme qui accouchait l’amour paternel. Celui-ci naquit sous l'influence du sédatif, de l’indulgence et de la clémence. Son ennemie, c’était sa fille ; et il allait l’aimer, il était inébranlable. Harassé il s’endormit au bureau.
    #756Verfasserbu18 Jul. 06, 15:26
    Kommentar
    Mme Perroquette et M Panda n’avaient plus réussi à rentrer à la maison, c’est-à-dire à l’appartement de Didier qui la leur avait cédée. Ils s’étaient endormis au canapé du salon, la soûlerie avait fait des victimes. Didier s’était installé avec Nol depuis peu. Sa présence plaisait à la chatte qui se nommait Minette. Dès lors que Didier avait renvoyé l'ascenseur en lui tirant la langue (ce qui était en fait la réplique sur le même chaton), ils s’étaient copinés, et Didier la caressait de temps à autre. Mais ce matin, Minette n’était pas là, les souris avaient dû l’attirer.

    Didier ronfla toujours quand le téléphone sonna. C’était Nolwenn : « Ahh, pardon mon Dididou-dinais, je suis désolée si je… »

    « Hmmm… »

    « Je suis déjà allée à l’Ouest-Éclair… Hier soir, comment as-tu appelé ces dollars ? »

    « Euh ? » fit-il encore tout endormi.

    « Les dollars, comment as-tu les appelés ? »

    « Quoi ? »

    « Oui ! » s’énerva Nolwenn, « des dollars bâtards, ah je ne sais pas… »

    « Hein ? »

    « Des dollars adoptés… des dollars en tutelle… des dollars veufs, divorcés, décédés… »

    « Mais, je ne pige que dalle… franchement ! »

    « Sans rancune, je te téléphonerai plus tard… salut… »

    « Bon, sal… écoute, Nol ! » cria-t-il, « des dollars orphelins, orphelins… »

    « C’est ça… merci, Dididoudinais… je t’aime… »

    « Je t’aime… » répondit-il, mais Nolwenn avait déjà accroché.

    Didier se leva, regarda dans le salon où Mme Perroquette et M Panda toujours dormaient en embrassement et s’en alla au poste de police.
    #757Verfasserbu18 Jul. 06, 15:27
    Kommentar
    Là il aperçut sur-le-champ que les Américains avaient répondu son fax. La réponse était longue et négative, la justification courte et intelligible : les prisons en Amérique du Nord débordaient tous – les réservations s’empilaient sur les bureaux des directeurs de prison. La longueur de la réponse se référait au papier imprimé pour la rendre visible : « Mais » avait-on ajouté, « nous vous renvoyons à l’autorité de Chine à laquelle nous avons externalisé l’encadrement des petits délinquants et nous n’avons jamais reçu ni une seule lettre de réclamation de la part des pri-sonniers jusqu'à présent. Nous nous permettons d’y ajouter la liste complète de toutes les prisons en Chine… blablabla. »

    Didier glana le papier et le mit à la poubelle lorsqu’il s’aperçut que le fax indiquait le défaut du papier par un clignotement nerveux et importun.

    « C’est les Ricains qui vont payer ça… cinq cents feuilles, c’est fou… voilà… » dit-il en remplis-sant le bac à feuilles. A peine avait-il fini, voilà la reprise du travail avec un petit vrombisse-ment :

    « Mr Eronnais,

    Suite à votre demande de l’hébergement de deux délinquants à l'attention de nos partenaires aux Etats-Unis nous prenons contact avec vous afin de vous soumettre nos offres pour l’hébergement en Chine. Veuillez s.v.p. particulièrement faire attention à notre promotion, notre offre spéciale : deux pour le prix d’un ! Débarrassez-vous de deux bandits et payez pour un. Nos cellules n’offrent que le minimum pour vivre, un fait qui aide économiser. Veuillez s.v.p. trouver la liste complète de toutes les prisons en Chine… blablabla »

    Le fax marchait. La tentative d’Eronnais de le faire arrêter était inutile, le fax n’abdiqua pas.

    Affaibli Didier sortit du poste.
    #758Verfasserbu18 Jul. 06, 15:28
    Kommentar
    Huit heures, salle des fêtes. Père et fils Libéro étaient agressifs. Pas comme on aurait soupçon-né (en se fiant au proverbe) les deux se firent remarquer comme attaquants de pointe. Ils vendaient leur argument principal au multipack : le partage de la mairie présentait l'avantage de son exercice garanti même si un de deux maires manquait en raison de maladie.

    « En outre » ajouta le père et toussota comme pour indiquer qu’une toux était possible à tout moment « En outre si la mairie devrait servir de modèle de la démocratie, dont la France est la mère, c’est beaucoup plus logique que chaque municipalité a deux maires… ça fait beaucoup plus de la démocratie ! »

    La foule, entre-temps avertie de la politique, fit des signes d’approbation. On entendit « oui ! », « bien sûr ! », « ça se comprend ! », « C’est logique ! », « Allons faire l’élection ! », « Vivant ! Les Libéro ! »

    « Bon, c’est rassurant comme les gens ont une telle grande capacité à apprendre, mercredi ! » maugréa Noiraud mécontente.

    Raphall la regardait. Elle lui fit un signe secrètement d’aller en dehors et sortit de la salle. Gueaude-Michel Raphall la suivit. Dehors elle commença :

    « Monsieur, jamais de la vie je me serais imaginée de vous faire une telle proposition ! Mais c’est les circonstances qui nous forcent de reconsidérer notre situation de duel ! Avez-vous écouté ces cinglés ? Ils sont tordus, tout à fait tordus, j’vous dis… mais ce qui me rend plus soucieuse c’est les gens qui leur sont entièrement soumis. Ce que je veux dire : ne vient-on pas d’être délivrée d’un égoïste despotique ? Mais la foule n’apprend rien du tout et tombe dans les bras du prochain joueur de flûte, ne faut même pas être de Hamelin ! Ce que je veux dire, Raphall, faisons la coalition électorale ! » Elle avala sa salive.
    #759Verfasserbu18 Jul. 06, 15:29
    Kommentar
    Tout se brouilla devant les yeux de Raphall. « C’est encore pire ! » se dit-il en dégringolant.

    « Nanana… » fit Noiraud, « c’est pas très charmant, Monsieur… allez-y, venez, allez hop ! »

    Elle l’aida se lever : « Soyez ferme ! J’ai besoin de vous ! Et inversement… Les gens sont per-suadés que l’avenir de St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer ne sent pas la rose si seul un maire surveille leur bonheur… incroyable ça ! »

    Ils se regardaient. « Partons en guerre ! » dit-elle et s’en alla.

    Il la retint : « Attendez, Madame… ces derniers temps j’ai avalé et digéré beaucoup, euh, et je crois que ma vie a subi un bon changement de pneu… ce que je veux dire c’est que je ne veux plus qu’on cache son jeu… oui… c’est-à-dire je ne peux pas y consentir avant que nous résol-vions deux affaires théoriquement résolues… »

    « Vous parlez des vaches que vous avez colorées ? »

    « Non, des zizis que vous avez plastiqués… »

    « Ahh, ceux, oui, c’était moi… mais faut admettre, ils étaient abominables… »

    « Pah, question de goût… mais je l’ai su… »

    « Quoi ? »

    « Que c’était vous… Oui, je l’ai soupçonné… et les vaches… bon, c’était moi… »

    « Quelle surprise ! » fit-elle la stupéfaite et ajouta aussi sec : « C’était clair, Monsieur… Bon, pour la résolution, je renonce au droit de vote des vaches et vous, M Raphall… »

    « Gueaude-Michel, appelle-moi Gueaude-Michel… »

    « Bon, et toi, Gueaude-Michel, tu retires ta plainte pour les zizis, d’accord ! »

    « D’accord, Alice, je t’appelle Alice, non ? »

    « Oui… »

    « Bon, maintenant faut que nous y entrions pour annoncer notre candidature commune… »

    « D’accord… »
    #760Verfasserbu18 Jul. 06, 15:29
    Kommentar
    Ils entrèrent dans la salle et Alice proclama : « Mesdames et Messieurs, prêtez attention s’il vous plait ! M Raphall et moi, Alice Noiraud, nous nous proposons pour le partage de la mai-rie ! »

    « Ha ! » interrompit Néo Libéro, « Mme la Présidente du Mouvement de Libération des Breton-nes et M le Président du Parti National des Phallocrates, c’est ridicule et risible, la chatte ne va jamais s’arranger avec le chien ! » Il s’adressa aux gens et continua : « Imaginez-vous, Mes-dames et Messieurs, la première séance a commencé et qu’est-ce qui se passe ? Oui, ils se tombent sur le poil, c’est évident ! Pas seulement la première fois, non ! Également la deuxième et chaque séance qui suit ! Et la conséquence est que les tâches quotidiennes, on ne s’en occupera pas ! »

    La foule fascinée ne réagit pas. Cons Libéro applaudit frénétiquement, le reste fit chorus.

    « Votez pas pour les sextrémistes, votez pour nous ! »

    Ça y est ! Père et fils Libéro réussissaient de nouveau à exciter la masse des pâtes molles, pestaient contre tous les politiciens établis et émettaient surtout des mots qui atteignaient Noiraud et Raphall au-dessous de la ceinture. La petite vieille au visage de pomme ridée s’énervait à vue d'œil. Elle décida d’entreprendre sur père et fils et mit Helmut Lang au cou-rant.

    « Bon, qu’est-ce que tu veux ? » demanda celui.

    « On va faire fuir les Libéro… »

    « C’est illégal, dangereux, pas mon affaire, je suis étranger ! » chercha-t-il à se sortir d'affaire.

    « ‘alb langu’, ‘err Langu’ ! » répondit la petite vieille, et Helmut Lang savait que quand elle condescendit à parler Allemand elle était très, très, très résolue. Aucune chance d’échapper.
    #761Verfasserbu18 Jul. 06, 15:30
    Kommentar
    « C’est pas la démocratie qui produit une telle manière d'agir ? »

    « Non, t’as raison. Mais mieux un tout petit défaut du système que son abrogation ! » répondit-elle pathétiquement pour justifier son propos.

    « Et comment ? »

    Elle fourragea dans sa coiffe, fit la raie et lui signe d’y regarder.

    « Mon pistolet de l’Attackmacht ! » cria-t-il.

    « Psitt ! Veux-tu t’abstenir d’attirer l’attention des gens ! »

    « Euh pardon, mais tu l’as toujours ? »

    « Bien sûr, je l’ai gardé… »

    « Comme ton globe oculaire ? Comme t’es mignonne, ma chérie… mais… »

    « Non, je ne vais pas les descendre, allons bon… »

    Elle détailla son plan à Helmut qui quitta la salle des fêtes peu de temps après. La réunion électorale se rapprochait du terme, les Libéro s’en allèrent sûrs et certains qu’ils réussiraient. Noiraud et Raphall avaient les boules. On s’était efforcés, avait conclu un pacte et ce qui en résultait n’était que la date de l’élection, celle du mercredi à venir.

    Nolwenn retourna à l’Ouest-Éclair pour faire le reportage et l’invitation à élire le maire et à décider quoi faire avec la propriété et les biens de Keramanac’h et les 10'000 dollars.
    #762Verfasserbu18 Jul. 06, 15:30
    Kommentar
    La petite vieille suivit les Libéro en tapinois. Quand ils se mirent à monter en voiture elle les accosta : « Messieurs, je voudrais vous… euh je ne sais comment vous exprimer ma reconnais-sance pour votre effort politique… c’est exactement ce que St-Plougtriffouillskel-Les-Goellans-Sur-Mer nécessite… »

    « Merci, Madame… » dit le père et ajouta pour flagorner, « euh, est-ce qu’on peut vous conduire à quelque endroit ? »

    « Ohh, volontiers, Monsieur, très charmant… »

    « Bon, montez, Madame ! » cajola-t-il.

    « Mais papa, laisse, une seule voix ne vaut pas un détour, laissons la vieille taupe ici ! »

    « Ta gueule ! »

    « La tienne ! »

    « Chut ! La tairas-tu ta grande gueule ? »

    « Ne vous chamaillez pas sur moi, je suis encore vigoureuse pour mon âge… je vais à pied… » dit-elle d’une vois apaisante, comme par un fait exprès, sa jupe remonta un peu.

    « Nanana, Madame, bien sûr nous vous conduisons, mon fils, ce jean-foutre, il parle plus qu’il pense. Ignorez-le ! » dit-il et ouvrit la porte à la petite vieille.
    #763Verfasserbu18 Jul. 06, 15:31
    Kommentar
    A Cons Libéro ne restait que de monter en arrière, il grommelait. Néo Libéro plaisantait et conduisait rapidement pour épater sa passagère. La petite vieille au visage de pomme ridée s'agrippait d'une main au siège et faisait conduire son soupirant à la campagne, passer devant les vaches d’Augustin, lui dit de tourner à gauche et quitter la route. Après cent mètres elle pria Néo d’arrêter et la laisser descendre devant la grange. Elle descendit, ouvrit la porte et invita Néo à la suivre. Celui entra dans la grange où il était bienvenu par un coup de gourdin en provenance de Helmut Lang. Cons se morfondait, attendait et finit par se lever afin de vérifier que tout allait bien. Revoilà le gourdin ! Les deux revinrent à soi attachés l’un à l’autre, en face de Helmut Lang et son pistolet de l’Attackmacht !
    #764Verfasserbu18 Jul. 06, 15:32
    Kommentar
    « Qu’est-ce que vous voulez ? »

    « Moi rien ! » répondit Lang, « Je vous garde sur ordre de quelqu’un d’autre… »

    « Qui ? »

    « Je ne dis pas ! »

    « Cette vieille putain, n’est-ce pas ? »

    Helmut Lang leva la main et lui cassa une dent en lui donnant une beigne : « Ne plus jamais vas-tu l’appeler ainsi ou je vais te rosser, compris ? »

    « Oui… » chuchota l’autre.

    Cons voulait s’immiscer pour engueuler non seulement le ravisseur, mais encore son père, mais Helmut Lang l’interrompit.

    « Qu’allez-vous faire avec nous ? »

    « Rien de méchant… on va vous garder jusqu’à ce que le maire soit élu… »

    « Ahh, donc c’est un rapt polit… »

    « Taisez-vous ! »

    La petite vieille entra à nouveau, Néo se mit à l’apostropher, mais l’honorabilité de l’Attackmacht l’amenait à céder. La petite vieille, vraiment outrée, gourmandait les Libéro et leur conseilla de ne pas y aller la cafarder. Néo protesta et chercha à l’intimider en la faisant s’imaginer les conséquences de la vengeance d’un père et un fils déchaînés. Cons Libéro restait muet, en train d’examiner le pistolet de l’Attackmacht. Selon lui le pistolet ne fonctionnait plus, dû au sébum des cheveux pendant des décennies.
    #765Verfasserbu18 Jul. 06, 15:32
    Kommentar
    La petite vieille au visage de pomme ridée insistait sur son indifférence devant les malheurs d'autrui, elle tâcha de se faire comprendre :

    « Vous savez, Messieurs, sous peu je n’ai plus rien à perdre. Ma petite fille se partira à la re-traite dans deux jours… je veux l’accompagner là, mais ensuite, elle doit voler de ses propres ailes ! Regardez-moi, je suis vieille, je n’ai plus rien à perdre… »

    Tout d'un coup et avec un coup de latte Cons Libéro fit tomber le pistolet de la main de Helmut Lang, Néo, le père, s’empara de celui et le pointa vers les vieux.

    « Le bonheur est très fragile, Madame, Monsieur… » se plaisait Néo à instruire, « il y a une minute, mon brave fils et moi, nous avons été les otages, eh bien alors, c’est votre tour d’obéir ! »

    Et Cons ajouta : « Heureusement pour vous vous n’avez plus rien à perdre… détachez-nous tout de suite ! »

    Helmut gémit : « Oui, la feuille s’est tournée, ma chérie, faut l’admettre… »

    Il délia les Libéros, Cons paradait enorgueilli et fixait la petite vieille. Celle-ci se taisait bien que Cons Libéro la narguât : « Holà, vieille taupe, vieille ganache… t’es crue super calée, hein ! Mais papa Libéro et moi ne se laissent pas couillonner… non, mon papa et moi, on est un team, et vous deux, pitoyables, vous avez couru à votre perte… c’est dommage… pour vous, héhé… holà vieille taupe, tu m’écoutes ? »

    La petite vieille au visage de pomme ridée ne réagit pas.

    « Hé, vieille conne ! »
    #766Verfasserbu18 Jul. 06, 15:33
    Kommentar
    Elle se tourna vers lui, visage impassible, et dit : « Charles, vas-y ! »
    #767Verfasserbu18 Jul. 06, 15:34
    Kommentar
    La coiffe de la petite vieille bougea, sortit Charles, l’hermine, passa sur une ellipse fonctionnelle et attaqua Néo Libéro. L’hermine le mordit à la gorge. Néo cria ! Helmut se figea ! Le sang fila ! Cons paniqua ! Le pistolet tomba ! Charles mordit ! Helmut ramassa le pistolet ! La petite vieille sourit. Elle attendait… elle dit : « Halte ! »

    Charles, l’hermine dont la blancheur n’était plus immaculée mais ensanglantée, arrêta et regar-da sa maîtresse. Celle-ci demanda : « Rrretourne, Charles ! »

    L’hermine bondit, entra dans la coiffe de la petite vieille et y disparut.

    « Une hermine vaut plus qu’une herminette, j’t’dis ! » expliqua la petite vieille au visage de pomme ridée après que les Libéro se fussent accroupis.

    « Euh oui… apparemment ! » répondit Helmut Lang.

    « Et vous, ne vous consentez pas ? » gronda-t-elle.

    « Ehh, oui… bien sûr Madame, apparemment… » répondit Néo auquel son fils Cons essuyait le sang de sa chemise chiffonnée.

    « Vous allez bien la laver ! » dit le petite vieille et sortit de la grange en s’expliquant : « Je n’accepte pas des vêtements sales en ma présence… »
    #768Verfasserbu18 Jul. 06, 15:35
    Kommentar
    La nuit tomba. Sans électricité les trois hommes demeuraient dans l'obscurité. Helmut sortit de la grange pour fumer une tige. La petite vieille l’attendait dehors…
    #769Verfasserbu18 Jul. 06, 15:35
    Kommentar




    c'était ma dernière, bonne vacance à tous !
    #770Verfasserbu18 Jul. 06, 15:47
    Kommentar
    bonnes vacances !

    arrrrggggggggghhhhhhhhhhhhhh
    #771Verfasserbu18 Jul. 06, 15:48
    Kommentar
    Was für eine schöne Überraschung. Was lange währt wird endlich gut!
    Ich werde versuchen, meinen letzten Beitrag zu dieser Geschichte noch vor meinem Urlaub zu schreiben.
    #772Verfasserrb19 Jul. 06, 07:35
    Kommentar
    je serai de retour et me réjouirai à avaler la fin de la fin !
    #773Verfasserbu19 Jul. 06, 07:51
    Kommentar
    Le fin mot de l'histoire en quelque sorte
    #774Verfasserrb19 Jul. 06, 10:56
    Kommentar
    désolée je n'ai pas trouvé le temps. D'ailleurs il faudrait que je relise l'histoire pour me remettre dans le bain. La suite à la mi-septembre.

    Bonnes Vacances
    #775Verfasserrb11 Aug. 06, 08:07
    Kommentar
    > D'ailleurs il faudrait que je relise l'histoire ...

    Bon courage !
    #776VerfasserCh.H.11 Aug. 06, 09:29
    Kommentar
    @Ch.H
    Espèce de langue de vipère, aromatisée au fiel et chargée de perfidie !

    Mais non, point n'est besoin de courage, au contraire , je me marre bien, mais comme il y a eu une longue interruption, je ne sais plus trop où nous en sommes.
    Et puis faut voir la genèse de cette histoire avant de la critiquer.
    #777Verfasserrb11 Aug. 06, 09:58
    Kommentar
    > Espèce de langue de vipère, aromatisée au fiel et chargée de perfidie !

    Te ta part je le prends comme un compliment !
    (Qui aime bien charrie bien ;-)
    #778VerfasserCh.H.11 Aug. 06, 10:21
    Kommentar
    @ CH.H. : corr.: «Tête à part...» ;-))
    #779VerfasserTradu-11 Aug. 06, 12:14
    Die Diskussion zu diesem Artikel ist geschlossen.
     
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  
 
 
 
 
 ­ automatisch zu ­ ­ umgewandelt